Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Rutilius
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Samuel Titoni (& Élie Alain Alfred Dagory).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,

□ Au 1er janvier 1919, Élie Alain Alfred DAGORY, promu au grade d’ingénieur de 1re classe du corps des ingénieurs d’artillerie navale par un décret du 22 octobre 1918 (J.O. 23 oct. 1918, p. 9.210), était affecté à la Fonderie de la Marine de Ruelle (Annuaire de la Marine 1919, p. 814).

Il fut radié de ce cadre d’activité le 7 août 1919, puis fut alors versé dans la réserve de l’Armée de mer (Annuaire de la Marine 1920, p. 404-405). Il passa donc uniquement en activité dans ce grade 9 mois et 14 jours (Ibid.).

Promu au grade d’ingénieur principal de l’artillerie navale de réserve par un décret du 13 février 1933 (J.O. 15 févr. 1933, p. 1.517), ayant Cherbourg pour port matriculaire, il figurait toujours dans l’Annu-aire de la Marine de l’année 1940 (p. 883).
Dernière modification par Rutilius le lun. août 24, 2026 9:20 am, modifié 1 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.
loloastre
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Re: Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Message par loloastre »

Bonjour,
Je suis à la recherche de Samuel Titoni depuis que Guy François l'a mentionné dans son "Petit Quizz de révision".
J'ai d'ailleurs émis, dans le sujet en question, l'hypothèse que le nom pourrait être Titoui.

Je reviens sur des hypothèse du début pour Titoni :
Scolari a écrit :il n'est pas décédé durant la Grande Guerre
il n'est pas dans l'annuaire LH 1929 , aucun ordre, coté Français, Italien, ou Suisse.
il y a une mauvaise concordance Prénom Nom, prénom francisé ? ou l'inverse, le patronyme est déformé masquer pour dissimuler une origine Alsacienne ou Lorraine (AL) ?

On doit élargir vers les hypothèses hasardeuses :
un silence dans les archives peut traduire, un oubli volontaire - l'inventeur ne serait pas français - et sa nationalité pourrait gêner son pays d'origine et le pays qui utilise son invention.

La piste Suisse me séduirait, proche du Doubs. je ne vous cache pas que l'horlogerie suisse me fait de l'œil avec les montres Titoni, mais elles datent de 1919 et fondées par Fritz Schluep à Granges (Grenchen).

Bien sur, une famille d'ingénieur d'origine italienne est fortement possible.
Et prends le temps de partager quelques idées ou réflexions qui me sont venues :
  • "il n'est pas décédé durant la Grande Guerre"
    Certes, le seul résultat en recherchant titoni dans la base des Morts pour le France ne correspond pas (soldat d'un régiment de tirailleurs décédé en 1915), mais il me semble que "notre" homme peut aussi être un civil.
  • "il y a une mauvaise concordance Prénom Nom"
    Je dirais plutôt que l'association d'un nom qui fait penser à une origine italienne et d'un prénom qui fait penser au judaïsme n'est pas des plus courantes. Mais je pense avoir déjà rencontré de telles associations dans les recrutements de l'Algérie, du Maroc ou de la Tunisie. Je n'ai pas trouvé de correspondance dans les indexations des registres matricules des recrutements de l'Algérie. Quant aux recrutements du Maroc et de la Tunisie, les registres sont numérisés, mais pas encore indexés, donc je garde cela pour plus tard si besoin.
  • "le patronyme est déformé masquer pour dissimuler une origine Alsacienne ou Lorraine"
    Les noms sont généralement choisis comme étant a priori français et passe-partout (Duval, Martin, …). Je ne vois pas trop comment un nom à consonance italienne pourrait donner le change… Mais il y a peut-être quelque chose qui m'échappe, donc je garde en tête cette hypothèse.
  • "l'horlogerie suisse me fait de l'œil avec les montres Titoni, mais elles datent de 1919 et fondées par Fritz Schluep"
    Peut-être faudrait-il, avant d'éliminer cette piste, explorer pourquoi un nommé Schluep aurait donné le nom Titoni à ses montres. Il avait peut-être un Titoni dans son entourage ?
  • "une famille d'ingénieur d'origine italienne est fortement possible"
    J'y ai aussi pensé, peut-être en lien avec l'homme politique italien (ministre, ambassadeur à Paris, président du sénat italien) ? qui, d'après Geneanet, aurait un fils ingénieur.
Je me remets à la recherche…
En tenant compte du fait qu'il pourrait y avoir un lien entre Titoni (ou Tittoni, ou Titonni, ou Tittonni) ou Titoui et le sieur Dagory.

Cordialement,
loloastre
Scolari
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Re: Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Message par Scolari »

re-

Je pense que Samuel Titoni est plus proche de l'industrie métallurgique : https://books.openedition.org/igpde/4966?lang=fr

qu'un lieutenant de réserve dans l'artillerie, même venant de X - et pas encore ingénieur de l'artillerie navale.

Sans preuve, je pense même qu'ils ne sont jamais rencontrés -
le ministère de la Guerre avait un problème pour le décuivrage des canons - UIMM/CFF pouvait apporter une réponse industrielle, un savoir faire et une maitrise du processus, en utilisant le brevet Dagory que l'armée venait de recevoir.
UIMM/CFF a ses accès aux différents ministères - et la capacité de gérer l'import de matières premières.
Je perçois davantage Samuel Titoni comme un fabriquant des rondelles - suivant les 4 standards définis par l'armée - est-il membre de l'UIMM/CFF? - ou en partenariat avec l'UIMM/CFF ? difficile, voir impossible à dire.
la matière première, le plomb (venant des états unis) et l'étain (venant des colonies de l'Empire Britannique) en temps de guerre est l'une des pistes que je tente de suivre, sans doute à tord.

On est sur un des bords de la Grande Guerre que je n'avais jamais vraiment exploré : le coté industriel, logistique - production - interaction entre les ministères pour arriver au Parc de Munitions de Brienne.

Cordialement,

Frédéric
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Scolari
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Re: Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Message par Scolari »

Bonjour,
loloastre a écrit : dim. août 23, 2026 6:23 pm Bonjour,
Je suis à la recherche de Samuel Titoni depuis que Guy François l'a mentionné dans son "Petit Quizz de révision".
J'ai d'ailleurs émis, dans le sujet en question, l'hypothèse que le nom pourrait être Titoui.

[*]"il y a une mauvaise concordance Prénom Nom"
Je dirais plutôt que l'association d'un nom qui fait penser à une origine italienne et d'un prénom qui fait penser au judaïsme n'est pas des plus courantes. Mais je pense avoir déjà rencontré de telles associations dans les recrutements de l'Algérie, du Maroc ou de la Tunisie. Je n'ai pas trouvé de correspondance dans les indexations des registres matricules des recrutements de l'Algérie. Quant aux recrutements du Maroc et de la Tunisie, les registres sont numérisés, mais pas encore indexés, donc je garde cela pour plus tard si besoin.

Cordialement,
loloastre
J'ai élargi encore les hypothèses hasardeuses :

j'ai suivi la piste du plomb et des mines de plomb - il y a à cette période des mines de plomb exploitées également en Algérie - Tunisie et en Espagne et un envoi important vers la France.

Pour le coup, la déformation du patronyme Titoui et le prénom Samuel, nous ramène en Nord Afrique , voir Espagne dans la communauté juive. J'ai une réponse avec le patronyme Touitou https://gw.geneanet.org/flitox?lang=fr& ... muel+henri -
ce n'est pas bien sur le bon, époque contemporaine et la déformation phonétique du patronyme est trop importante - mais la famille coche les 3 cases : Samuel - Algérie - Communauté juive -

mais je pense que c'est une impasse -

ST est associée à la rondelle 55% d'étain et de 45% de plomb : je tente une piste locale :
voici une discussion avec IA Gemini :
Cette description correspond précisément à la réalité industrielle de la Première Guerre mondiale, particulièrement lors de l'effort de guerre intensif de 1917.
L'alliage composé de 55 % d'étain et 45 % de plomb correspond à une variante très courante de la soudure de plombier/robinitier (proche du point eutectique). En raison de sa souplesse, cet alliage était massivement utilisé pour concevoir des joints d'étanchéité malléables, capables de s'écraser sous la pression pour confiner les gaz des fusées d'obus.
La banlieue parisienne, notamment la ceinture allant de Saint-Denis à Ivry-sur-Seine, concentrait à l'époque de grands sous-traitants de la métallurgie qui alimentaient les arsenaux de l'État :
## 1. Le pôle de Saint-Denis (Métaux non ferreux et Armement)

* Les Tréfileries et Laminoirs du Havre (TLH) : Bien que leur siège historique soit normand, le groupe possédait de gigantesques ateliers de laminage et de tréfilerie en région parisienne. Dès 1915, [l'usine d'armement installée à Saint-Denis] (qui reprendra des locaux de Delaunay-Belleville) tournait à plein régime pour fournir des métaux laminés, des douilles et des composants de projectiles. [1, 2, 3]
* La Compagnie Française des Métaux (CFM) : Implantée fortement à Saint-Denis, cette entreprise majeure coulait et laminait des alliages de cuivre, de plomb et d'étain à destination de l'artillerie française. Elle a fusionné plus tard avec les TLH pour devenir le géant Tréfimétaux. [2, 4]
* Les Aciéries et Fonderies de Saint-Denis : Entièrement réquisitionnées sous le contrôle du [ministère de l'Armement en 1917], elles fournissaient la matière brute sous forme de barres ou de bandes en bandes continues. [5, 6]

## 2. Le pôle d'Ivry-sur-Seine (Plomb et Robinetterie industrielle)

* Les Fonderies de Plomb et Métaux Blancs d'Ivry : Ivry-sur-Seine était historiquement spécialisée dans les industries chimiques et la transformation des métaux lourds. En 1917, les fabricants de plomberie et de tuyauterie d'Ivry ont cessé leur production civile pour fondre et laminer des rubans de plomb/étain destinés au poinçonnage de rondelles et au ceinturage des munitions.
* La Robinetterie Industrielle et Fonderies de Bronze : Des usines privées et sous-traitants de robinetterie de précision (habituellement utilisateurs de soudure étain-plomb) ont été intégrés à l'effort de guerre. Leurs presses mécaniques servaient à estamper et à percer instantanément des milliers de rondelles à partir des bandes métalliques reçues.

## Le processus de fabrication en 1917

1. La Fonderie et le Moulage : L'alliage (55% étain / 45% plomb) était coulé en lingots.
2. Le Laminage : Les lingots passaient dans les laminoirs des usines de Saint-Denis ou d'Ivry pour être transformés en longues bandes minces (l'épaisseur exacte du futur joint).
3. Le Poinçonnage : Ces bandes de métal tendre étaient passées sous des presses à découper (souvent opérées par des femmes, les "Munitionnettes", venues remplacer les ouvriers mobilisés). La machine découpait la rondelle d'un seul coup (diamètre extérieur et trou central). [7]
4. L'Assemblage : Les caisses de rondelles étaient expédiées vers les usines de chargement (comme Renault à Billancourt ou Citroën au Quai de Javel) pour être insérées sur les têtes de fusées d'obus.


[1] [https://patrimoine.seinesaintdenis.fr](https://patrimoine.seinesaintdenis.fr/U ... s-du-Havre)
[2] [https://fr.wikipedia.org](https://fr.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9f ... s_du_Havre)
[3] [https://en.wikipedia.org](https://en.wikipedia.org/wiki/Tr%C3%A9f ... s_du_Havre)
[4] [https://en.wikipedia.org](https://en.wikipedia.org/wiki/Compagnie ... %C3%A9taux)
[5] [https://archives.saintdenis.fr](https://archives.saintdenis.fr/ark:/153 ... 017e07543b)
[6] [https://fr.scribd.com](https://fr.scribd.com/document/61907717 ... nde-Guerre)
[7] [https://pop.culture.gouv.fr](https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA76000145)


Cordialement,
Frédéric
Modérateur technique
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Ingouf
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Re: Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Message par Ingouf »

Bonjour,

Ah, Touitou Samuel, je l'avais repéré depuis quelques jours, mais il était au Centre de matériel automobile de Lyon en 1916. Il est né en 1874 à Khenchela en Algérie.
Malgré la profession de "cordonnier" inscrite sur sa fiche matricule, il appartient à une famille d'orfèvres séfarades. Par définition, des gens capables de travailler des alliages de métaux.
J'avais trouvé l'hypothèse trop échevelée, mais, puisque quelqu'un d'autre la mentionne ...

Le prénom "Samuel" semble bien établi. Difficile de se tromper là-dessus.
Pour ce qui est du patronyme, ceux qui, comme moi, portent un patronyme peu courant en France, ou "à consonance étrangère", savent qu'ils sont régulièrement déformés. Alors, "Titoui", "Touitou", finalement, pour une oreille française, c'est très proche ...

Concernant le candidat Samuel Touitou, il conviendra de prouver que c'est le bon. Et ça, ça ne va pas être facile ...

Merci pour cette passionnante enquête.
Puisse-t-elle déboucher !
Bonne journée.
Bien cordialement.
Eric
Pièces jointes
Lien entre Khenchela (Algérie) et la famille de bijoutiers Touitou. &quot;La plupart des bijoutiers de Khenchela étaient juifs, notamment la famille Touitou&quot;. &quot;De nombreux Juifs de la ville servirent l'armée française pendant la Première Guerre mondiale et sont tombés au champ d'honneur&quot;.<br /><br />Source : Richard Ayoun, Encyclopedia of Jews in the Islamic World, 2010.
Lien entre Khenchela (Algérie) et la famille de bijoutiers Touitou. "La plupart des bijoutiers de Khenchela étaient juifs, notamment la famille Touitou". "De nombreux Juifs de la ville servirent l'armée française pendant la Première Guerre mondiale et sont tombés au champ d'honneur".

Source : Richard Ayoun, Encyclopedia of Jews in the Islamic World, 2010.
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loloastre
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Re: Samuel Titoni & (Alain Elie Alfred) Dagory

Message par loloastre »

Bonjour,
Ingouf a écrit :Concernant le candidat Samuel Touitou, il conviendra de prouver que c'est le bon. Et ça, ça ne va pas être facile ...
… surtout qu'ils sont potentiellement deux :
  • TOUITOU Samuel (fils de Judas)
    Classe 1894, matricule 92 au recrutement de Constantine : voir fiche au registre matricule dans le message d'Eric ou en suivant ce lien
    Cordonnier, y compris lors de son mariage, le 11 septembre 1901 à Kenchela (Algérie) avec Rabika Hadjadj [acte consulté sur le site des ANOM]
  • TOUITOU Samuel ben Isaac
    Né vers 1873 à Nefta (Tunisie), bijoutier (ainsi que son père) lors de son mariage, le 21 mars 1900 à Tébessa (Algérie) avec Sehma Touitou, fille d'un autre Touitou bijoutier.
    Lien vers l'acte de mariage : http://anom.archivesnationales.culture. ... stre=24903
Je continue la recherche… (à l'ancienne… avec mon "intelligence naturelle")
Cordialement,
loloastre
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