Notre dame des tranchées

GuillaumeG85
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Re: Notre dame des tranchées

Message par GuillaumeG85 »

Un énorme merci pour toutes ces infos !
Ingouf a écrit : dim. mars 29, 2026 10:44 am Bonjour,

Peut-être faut-il distinguer, sur les extraordinaires photos proposées par Guillaume au début de ce fil, deux apports distincts. Le 3e BCP a ajouté la cloche le 21 juin 1916 ; le 21e RIT avait construit l’édifice religieux auparavant.

L’historique du 21e régiment d’infanterie territoriale, "Souvenirs de Campagne, 1914 - 1918", imprimerie Lucien Wolf à Rouen (1921), donne quelques indications sur la position de cet édifice. On est en décembre 1915 :

"Vers le milieu de décembre, notre situation commença à s'améliorer. La 21e Division étant revenue du repos, nous allâmes la rejoindre dans le secteur voisin, à l'ouest, celui de Perthes-Tahure ; le 12 décembre, l'État-Major et une partie du Régiment allaient à Somme-Suippe, siège de la division, et, quelques jours après, le 26, nous transportions notre principal établissement à quatre kilomètres environ au nord-est dans un camp, dit le camp G, où nous devions passer quatre mois. Outre l'État-Major et la compagnie de mitrailleuses, la valeur d'un bataillon environ y cantonna par roulement entre les compagnies. Une compagnie à tour de rôle également était à Somme-Suippe à la disposition du chef du 2e bataillon remplissant les fonctions de major de cantonnement; les autres occupaient différentes positions de deuxième ligne dans le secteur. Le 1er bataillon était resté à la Voie Romaine, à la disposition du génie de l'Armée, toutefois les 2e et 3e compagnies vinrent par la suite s'installer à l'est du camp G."

Il faut donc chercher sur les communes immédiatement au nord de Somme-Suippe. Dans le fonds Valois, on retrouve une série de clichés localisés à Perthes-lès-Hurlus qui concernent le 21e RIT, dont la photo présentée par Michelstl. Ces photos sont attribuées à un capitaine "Trubtil", qui avait déjà photographié le 21e RIT à Hébuterne, et dont je me demande s'il ne répond pas plutôt au patronyme "Truptil", qui est aussi le nom d'un photographe de Rouen. Ces clichés sont d'émouvants témoignages de la guerre de ces soldats normands ; on s’étonne d’y retrouver des visages de braves gars, avec une tête bien de cheu nous.

Photo des alentours de l’édifice :


Perthes-lès-Hurlus (près). Camp de repos. La chapelle du camp - VAL 117 061 - Lot 1 - Média 1 - L'Argonnaute - Bibliothèque numérique de la Contemporaine.jpg



Le JMO de l'unité, disponible sur le site Mémoire des Hommes du ministère des Armées, note qu'à l'arrivée, ce qui subsistait des baraquements du camp précédent avait été enlevé par les régiments voisins. "Cette façon de faire a été de règle pendant toute la campagne. Dès qu'une unité quitte son camp, tout est démoli par d'autres, toujours en quête de matériaux qu'ils ne peuvent obtenir que par ce moyen." On perçoit une certaine aigreur contre cette forme de cannibalisation des matériaux. Qu'à cela ne tienne, ils construisent tout eux-mêmes, et beaucoup mieux. Je cite la description dans le texte de 1916 trouvé plus haut dans ce fil par Yves :

"En Artois, les poilus avaient dédié un autel à Notre-Dame des Tranchées ; ici, en Champagne, non loin des premières lignes, dans les bois, au milieu de leur camp, ils ont bâti une église, l'église de Notre-Dame des Tranchées.
On y accède en traversant une jolie place ornée de parterres aux couleurs variées, c'est le parvis Notre-Dame. Puis, par un superbe perron, on descend à 2 mètres 50 de profondeur. On a creusé pour plusieurs raisons : la prudence, le désir d'un plus grand recueillement, l'économie de matériel. Le portail, de style ogival, est très beau, quatre grands panneaux surmontés de deux imposantes ogives encadrant une jolie rosacе, аvес, au sommet, l'inscription en lettres dorées : A Notre-Dame des Tranchées, le ... territorial.

Au-dessus, le clocher, avec une horloge qui marche ! et donne l'heure à tout le régiment; trois cloches qui furent jadis trois douilles d'obus de 105, tout étonnées de leur nouvelle destination puis un coq qui tourne au gré du vent sur la pointe d'une vieille baïonnette qui lui sert de pivot.
"

On pourra comparer cette description avec le cliché posté plus tôt par Michelstl et avec la description qui figure dans l’historique du régiment :

"Cependant, notre camp s’efforça de prendre, malgré tout, un décor plus riant ; des plates-bandes furent improvisées le long des baraquements et, chaque compagnie rivalisant de zèle, l’ensemble finit par avoir un petit air de cité-jardin. Mais ce qui contribua surtout à donner au camp un aspect agréable, c’est la chapelle qui y fut édifiée et qu’on inaugura le jour des Rameaux. Comme par miracle, cette chapelle sortit de terre au beau milieu du camp, ou du moins son toit et son clocher puisque, chapelle de guerre, ses murs étaient dans le sol même. Elle n’avait cependant pas un air "engoncé", au contraire sa façade et son clocher de bois, bien dégagés par un grand escalier en pente douce tenant toute la largeur de l’édifice, lui donnaient plutôt l’air élancé qui plaît aux églises de village.

Bien que tout cela fût improvisé, on y reconnaissait le travail soigné des meilleurs ouvriers du Régiment qui avaient offert leurs services pour une tâche nullement réglementaire, on le devine ; la façade s’ornait de motifs empruntés au style gothique et d’une rosace qui était une pièce d’ébénisterie tout à fait réussie. Pour que rien ne manquât, le clocher à quatre pans offrait aux regards étonnés un cadran, renfermait un carillon fait de douilles de divers calibres et était surmonté d’une flèche, avec le glorieux coq gaulois. L’intérieur était à l’avenant ; les ornements de l’autel avaient été faits avec goût par nos artistes aussi habiles à travailler le cuivre des obus que le bois pacifique.

Cette chapelle plaisait à tous, même à ceux qui ne la fréquentaient pas ; on aimait qu’elle ait été édifiée là, à portée des canons ennemis, comme un défi à la sombre réalité ; on aimait qu’elle donnât au camp, dont elle marquait harmonieusement l’achèvement, comme une allure des pays habités que nous avions depuis si longtemps désertés ; on se plaisait à évoquer à sa vue le clocher natal … celui près duquel les êtres chers nous attendent !
"

Un texte empreint de nostalgie de la terre natale pour ces soldats territoriaux confrontés à l’enfer des combats et qui aspirent à revoir leur Normandie. Mon arrière-grand-père, lui aussi père de famille, a combattu en 1914 dans un régiment normand similaire, le 25e RI de Cherbourg.

La chapelle peut contenir 500 personnes. Dans le même fonds Valois, une photographie :


Perthes-lès-Hurlus (près). Camp de repos. La chapelle du camp intérieur - VAL 117 063 - Lot 1 - Média 1 - L'Argonnaute - Bibliothèque numérique de la Contemporaine.jpg



Description dans l’historique du régiment :
"L'intérieur était à l'avenant ; les ornements de l'autel avaient été faits avec goût par nos artistes aussi habiles à travailler le cuivre des obus que le bois pacifique."

Le tabernacle est décrit par l’abbé Boudon, je cite, comme "un vrai chef-d'œuvre". Il ne s’agit pas ici des autels portatifs utilisés au front par les aumôniers militaires. L’autel est fleuri, orné de drapeaux tricolores, du symbole du Sacré-Cœur, du monogramme IHS (Iesus Hominum Salvator), d’une inscription où l’on croit lire "Protégez le 21e".

On peut supposer que le religieux qui apparaît sur le cliché, dans une attitude de recueillement, est l’abbé Paul Boudon, qui est cité dans de nombreux textes plus haut dans ce fil. On observera qu’il ne porte pas sur sa soutane de brassard à la Croix-Rouge, comme sur la photo publiée en 2018 par le quotidien régional Ouest-France, brassard qui le signale comme aumônier militaire rattaché au service de santé, brancardier relevant d’une section d’infirmiers militaires. Sa fiche matricule révèle qu’il a été dispensé d’une partie du service militaire en qualité d'"élève ecclésiastique", conformément à l’article 23 de la loi du 15 juillet 1889 portant sur le recrutement de l’armée française.

J’ai la chance de passer le week-end dans la bibliothèque de mon père, professeur d’histoire et normand, ce qui me permet de vérifier quelques sources normandes. L’ouvrage de référence "Des catholiques normands sous la Troisième République" de Nadine-Josette Chaline contient quelques lignes sur ce passionnant sujet :
"Dans un esprit plus orthodoxe, Marie devient la mère de tous les soldats, "Notre-Dame-des-tranchées", et le chapelet est récité avec ferveur, l'oeuvre du "Rosaire vivant" avançant le chiffre de 86.000 adhérents dans l'armée française."

Peut-être l’analyse est-elle plus poussée ailleurs ? Mais je trouve le sujet lancé sur ce forum par Guillaume tout à fait extraordinaire.

Outre la ferveur de ces soldats de 14-18 et l’habileté artistique des ébénistes, on pourra également admirer le prodigieux "coup de pub" de cet abbé ornais et de son évêque, qui ont fait connaître cette dévotion consacrée à Notre-Dame des Tranchées à une vaste audience catholique en France et bien au-delà. "Savoir-faire et faire savoir."

Pour le seul diocèse de Rouen, 64 religieux trouvent la mort de 1914 à 1925 sur les 450 mobilisés (prêtres et séminaristes). Pour qui s’intéresserait aux fonctions et attributions de ces aumôniers militaires catholiques, je mets en pièce jointe un document sur les "pouvoirs et privilèges des prêtres soldats", document datant de la guerre et provenant d’une publication destinée aux prêtres aux armées ; elle est disponible sur le site BnF / Gallica.

Bonne lecture.
Bien cordialement,
Eric
Ingouf
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Re: Notre dame des tranchées

Message par Ingouf »

Bonjour Guillaume,
bonjour à tous,

Un bref complément : j’ai essayé d’établir plus haut que vos images prouvent des apports successifs de différents régiments français dans les aménagements architecturaux qui apparaissent sur vos remarquables photographies.

Il semble que cette chapelle / église Notre-Dame des Tranchées a été construite par le 21e RIT et inaugurée en avril 1916 ; la cloche extérieure a été posée le 21 juin 1916 par le 3e BCP. Vous signalez sur une photo la présence d’un soldat du 18e RI.


JMO de l'unité. <br />Source : Mémoire des Hommes.
JMO de l'unité.
Source : Mémoire des Hommes.
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Le JMO de ce régiment, disponible sur le site Mémoire des Hommes, mentionne sa présence dans le secteur de Somme-Suippe en octobre 1917, avec une présence attestée dans le camp G dès les 26 et 27 octobre 1917. S’agit-il de la date de vos photographies ?

Ceci tendrait à prouver que cet édifice, ainsi que son petit beffroi en bois, étaient encore debout fin 1917.

Pierrefitte-Nestalas, Hautes-Pyrénées. <br />Source : TripAdvisor.
Pierrefitte-Nestalas, Hautes-Pyrénées.
Source : TripAdvisor.
eglise-saint-pierre-de.jpg (218.22 Kio) Consulté 972 fois


Ce régiment était basé à Pau (Pyrénées-Atlantiques). La photo d'un soldat du 18e RI près de l'église Notre-Dame des Tranchées n'est peut-être pas anodine. Certains de ces hommes proviennent d'un autre bastion catholique du pays, où la dévotion mariale est très vive.

Source : collection La Contemporaine, Nanterre, France.
Source : collection La Contemporaine, Nanterre, France.
Mesnil-lès-Hurlus. L'église bombardée intérieur. Au premier plan, les cloches de l'église - VAL 118 164 - Lot 1 - Média 1 - L'Argonnaute - Bibliothèque numérique de la Contemporaine.jpg (547.78 Kio) Consulté 972 fois


Une cloche de l'église du Mesnil-lès-Hurlus apparaît à terre sur des photos de novembre 1915. Une cloche est toujours au sol en avril 1916. Se pourrait-il que cette même cloche ait été récupérée par les hommes du 3e BCP pour l'église Notre-Dame des Tranchées, et plus tard transmise à une paroisse voisine ?

Bien cordialement.
Eric
GuillaumeG85
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Re: Notre dame des tranchées

Message par GuillaumeG85 »

Ah merci beaucoup ! Je pensais que les photos étaient de 1916, mais effectivement, on m'a fait remarquer que certains soldats portaient la fourragère. Or le 18ème RI a reçu la fourragère aux couleurs de la Croix de guerre suite à ses faits d'armes au plateau de Craonne début mai 1917. Donc la date d'Octobre 1917 collerait parfaitement.
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alain51
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Re: Notre dame des tranchées

Message par alain51 »

Bonjour,
texte effacé par son auteur.
Au revoir.
Alain
Dernière modification par alain51 le jeu. avr. 23, 2026 10:02 pm, modifié 1 fois.
Ma vision de la Grande Guerre en 100 photos personnelles :
https://lagrandeguerre.1fr1.net/t148513 ... nde-guerre
Ingouf
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Re: Notre dame des tranchées

Message par Ingouf »

Bonjour à tous,

Sanctuaire éphémère de Grivillers (Somme). La chapelle souterraine Notre-Dame des Tranchées à Grivillers, près de Montdidier dans la Somme, citée plus haut dans ce fil par Michel : le 365 RI est dans ce secteur d'août 1916 à novembre 1916. Cette chapelle est donc postérieure de quelques mois à l'église Notre-Dame des Tranchées de Perthes-lès-Hurlus édifiée par le 21e RIT.

365e RI. Citation aumônier militaire. <br />Journal de la Meurthe et des Vosges, 5 janvier 1916.<br />Source : BnF / Gallica.
365e RI. Citation aumônier militaire.
Journal de la Meurthe et des Vosges, 5 janvier 1916.
Source : BnF / Gallica.
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Concernant l'abbé Ferdinand Noël, "du diocèse de Verdun" dans la publication de Michel, il s'agit d'un homme d'église connu.
Curé de Bazincourt et Lavincourt, pendant la guerre soldat de 1ère classe, brancardier au 365e régiment d'infanterie, il sera après-guerre le premier chapelain de l'ossuaire de Verdun, et nommé en 1932 chanoine honoraire de la cathédrale de Verdun. Ce religieux a fait l'objet d'un article de Marie-Thérèse Bastien-Scaya dans le numéro 106 d'octobre 2012 de la revue Connaissance de la Meuse.

Nomination abbé Noël. La Croix, 17 juillet 1932.<br />Source : BnF / Gallica.
Nomination abbé Noël. La Croix, 17 juillet 1932.
Source : BnF / Gallica.
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Pour rejoindre les propos d'Alain, ce prêtre est lui aussi un "intellectuel, ayant poursuivi de longues études", un homme d'envergure, l'abbé Noël a joué un rôle important dans la préservation de la mémoire de ce conflit. En témoigne cette lettre publiée par la revue enseignante l'École Lorraine le 25 décembre 1920 qui permet de mieux cerner son action à Douaumont. On la trouve sur le site BnF / Gallica.

Un écho du pèlerinage des Instituteurs de Metz-Ville et de Metz-Campagne à Verdun.

Chacun se rappelle le pieux pèlerinage organisé par les Instituteurs de Metz-Ville et Metz-Campagne, les 6 et 7 octobre 1920, et ayant pour but la visite du champ de bataille et de la ville de Verdun : l'Ecole Lorraine a rendu compte de ces deux journées qui ont laissé chez nos Collègues un souvenir ineffaçable.
On sait aussi que les membres du corps enseignant de Metz et de sa banlieue n'ont pas voulu quitter Verdun "l'Inviolée", sans laisser derrière eux une trace de leur passage ; ils ont apporté individuellement leur obole à ceux qui veulent que jamais l'on n'oublie les héros inconnus dont l'Ossuaire de Douaumont recueillera les glorieux restes.
Notre Groupement professionnel lui-même a souscrit, au nom de tous ses adhérents, une importante somme pour l'édification du monument dédié aux Héros de Verdun.
M. l'abbé Noël, ancien aumônier militaire, vient d'adresser à M. Matz, Trésorier, la lettre suivante, que nous nous faisons un devoir de porter à la connaissance des membres de notre Association :


Douaumont, le 28 novembre 1920

Cher Monsieur,

Vous voudrez bien excuser mon retard à répondre à votre aimable lettre du 20 courant, retard dû à une absence de quelques jours occasionnée par un voyage sur le front de l'Aisne où j'allai à la recherche des restes d'un brave tombé à l'Ailette devant le Chemin des Dames en 1918.

Je vous remercie bien sincèrement, ainsi que ces Messieurs et Demoiselles, vos collègues, de votre offrande généreuse pour nos grands Morts de Verdun. Il ne faut pas que les injures de l'oubli puissent jamais les atteindre après tout ce qu'ils ont fait et donné pour la Cause sacrée de la Patrie et de la civilisation. Vous l'avez parfaitement compris et votre geste si noble en témoigne. Permettez-moi de vous en féliciter cordialement, vous, cher Monsieur, et vos excellents collègues qui avez réuni cette offrande pour l'Œuvre du Souvenir.

Soyez assez bons pour la faire connaître de plus en plus autour de vous afin de lui gagner chaque jour des sympathies nouvelles et quelque obole qui nous aide à la réaliser au plus tôt.

Je vous envoie en un seul rouleau les 7 diplômes du Maréchal Pétain parce qu'ainsi ils arriveront en meilleur état. Vous voudrez bien les remettre à chacun de ces Messieurs et Demoiselles. En vous priant d'être mon interprète auprès de vos excellents collègues pour leur offrir mes sentiments de respect et de gratitude.

Veuillez, cher Monsieur, agréer pour vous-même l'expression de mes religieux et profonds respects joints à celle de ma vive gratitude de la part de nos sublimes Héros de Verdun.

Ferdinand Noël,
Chapelain de l'ossuaire de Douaumont.



Œuvre du Souvenir des Défenseurs de Verdun – Monument de Douaumont. <br />Source photo : Wikicommons.
Œuvre du Souvenir des Défenseurs de Verdun – Monument de Douaumont.
Source photo : Wikicommons.
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En synthétisant les apports des forumeurs dans ce fil, on peut esquisser un calendrier du développement de ce culte. Ce phénomène n'est pas homogène, il varie selon les unités, les aumôniers, les secteurs, il est fragmenté et local.

Chronologie de la dévotion à Notre-Dame des Tranchées (esquisse)

1er mai 1915 : autel dans une tranchée à Hébuterne (Pas-de-Calais), érigé par les hommes du 21e RIT.

Intense travail de propagande dans la presse catholique et les bulletins paroissiaux.

1915 : chapelle Notre-Dame des Tranchées à Saint-Dié-des-Vosges, bâtie par les poilus de la 41e division.
Cette chapelle existe encore en 1921.

Deuxième moitié de l’année 1915 : statue de la Vierge à Virginy (Marne), réquisitionnée par les Bretons du 88e RIT (Lorient, département du Morbihan) pour le culte de Notre-Dame des Tranchées. Cette statue existe toujours.

Avril 1916 : église Notre-Dame des Tranchées dans le camp G de Perthes-lès-Hurlus (Marne), édifiée par le 21e RIT.
Des photographies laissent penser qu’elle est encore debout à la fin de 1917.

Intense travail de promotion dans la presse catholique.

Deuxième moitié de l’année 1916 : chapelle souterraine à Grivillers (Somme), mise en place par les hommes du 365e RI et leur aumônier, l’abbé Noël.

Après-guerre : édification de vitraux dédiés à cette dévotion mariale dans une poignée de villes et de villages éloignés du front.


On peut voir dans cette dévotion mariale un outil de cohésion dans des régiments issus de régions catholiques. Au-delà de la foi religieuse de ces soldats de la Grande Guerre et de leurs aumôniers, on se doit de ne pas oublier le rôle de consolation d'un tel culte, qui s'adresse à des hommes au combat, confrontés au quotidien à la mort, et qui ont besoin d'espérer. Reformulation de ce concept de "consolation" en langue française militaire : " ... susceptible de remonter le moral des troupes." On peut cependant convenir qu'il existe d'autres moyens de remonter le moral des troupes, par exemple les marraines de guerre qui font l'objet d'une remarquable réflexion sur cet excellent forum. Ou encore dans un passage du JMO du 365e, où l'on voit en septembre 1916 les hommes s'enthousiasmer pour un combat aérien impliquant la chasse française et le sous-lieutenant Guynemer.

Bon week-end.
Bien cordialement.
Eric
Pièces jointes
Extrait JMO 365e RI. Capture d'écran. Source : Mémoire des Hommes.
Extrait JMO 365e RI. Capture d'écran. Source : Mémoire des Hommes.
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michelstl
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Re: Notre dame des tranchées

Message par michelstl »

Bonjour
Merci beaucoup Éric (Ingouf) pour votre apport édifiant à ce sujet.
Salutations
Michel
Scolari
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Re: Notre dame des tranchées

Message par Scolari »

Bonjour à tous,
michelstl a écrit : ven. avr. 03, 2026 10:36 pm Bonjour
Merci beaucoup Éric (Ingouf) pour votre apport édifiant à ce sujet.
idem, je me joins à Michel pour la qualité de votre apport et également la qualité des échanges de ce post.

Cordialement,
Frédéric
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alain51
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Re: Notre dame des tranchées

Message par alain51 »

Bonjour,
texte effacé par son auteur.
Au revoir.
Alain
Dernière modification par alain51 le jeu. avr. 23, 2026 10:04 pm, modifié 2 fois.
Ma vision de la Grande Guerre en 100 photos personnelles :
https://lagrandeguerre.1fr1.net/t148513 ... nde-guerre
Ingouf
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Re: Notre dame des tranchées

Message par Ingouf »

Bonjour à tous,

Merci pour votre intérêt.

La dévotion mariale est bien attestée chez les anciens combattants après la guerre. Lorsque j'ai dépouillé, il y a quinze jours, la presse française après que Guillaume a publié ses photos, j'ai relevé cet article de 1936 qui prouve que l'abbé Boudon organisait des pèlerinages d'anciens combattants à Lourdes.


Pèlerinage anciens combattants à Lourdes, abbé Boudon. Ouest-Éclair, 22 août 1936. Source : BnF / Gallica. <br />Bibliothèque nationale de France.
Pèlerinage anciens combattants à Lourdes, abbé Boudon. Ouest-Éclair, 22 août 1936. Source : BnF / Gallica.
Bibliothèque nationale de France.
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Tout en bas de l'article, on peut lire :
"Pour tout ce qui concerne le pèlerinage, s'adresser à M. le chanoine Boudon, 27 rue Conté, à Sées."

Un autre aumônier militaire, promoteur pendant la guerre de cette dévotion mariale martiale à Notre-Dame des Tranchées, est l'abbé Ferdinand Noël, ancien aumônier militaire du 365e RI et fondateur de la chapelle souterraine Notre-Dame des Tranchées à Grivillers, pointée plus haut dans ce fil par Michel. Il est surtout l’une des chevilles ouvrières de l’ossuaire de Douaumont.

Il apparaît régulièrement dans la presse, reçoit les vétérans à Douaumont, recueille des fonds et relance le projet lorsqu’il bat de l’aile :
"C'est l'abbé Noël qui se consacre avec un zèle infatigable à cette œuvre pour l'édification de laquelle un comité, composé de hautes personnalités, a été formé. Mais l'abbé Noël se désole parce qu'on paraît n'y plus penser. Les débris de nos héroïques soldats sont là, dans des cercueils grossiers recouverts d'un lambeau de toile blanche, entassés les uns auprès des autres ... Et les touristes qui visitent avec l'émotion qu'on devine ces lieux historiques et les reliques sacrées s'étonnent, pour ne pas dire plus, que la France puisse paraître oublier le respect et l'honneur dus à ceux de ses fils qui sont morts pour elle. Ne fera-t-on donc jamais rien ?"
Ce texte paraît dès juin 1921, non pas dans la presse confessionnelle ou régionale, mais dans l’un des principaux titres de la presse nationale française : Le Figaro. On a changé de braquet : on est passé à la vitesse supérieure. L'audience est nationale.

Monseigneur Gattinot / Monseigneur Ginisty / abbé Noël, ossuaire de Douaumont, 11 novembre 1920. <br />Sur le panneau &quot;ossuaire provisoire des champs de bataille&quot;. <br />Source photo Wikicommons.
Monseigneur Gattinot / Monseigneur Ginisty / abbé Noël, ossuaire de Douaumont, 11 novembre 1920.
Sur le panneau "ossuaire provisoire des champs de bataille".
Source photo Wikicommons.
Ossuaire_provisoire_de_Douaumont.jpg (566.35 Kio) Consulté 272 fois
Détail même photo :
Détail photo, Monseigneur Gattinot / Monseigneur Ginisty / abbé Noël, ossuaire de Douaumont, 11 novembre 1920. <br />Source photo Wikicommons.
Détail photo, Monseigneur Gattinot / Monseigneur Ginisty / abbé Noël, ossuaire de Douaumont, 11 novembre 1920.
Source photo Wikicommons.
Ossuaire_provisoire_de_Douaumont (1).jpg (1.1 Mio) Consulté 272 fois


En 1927 un quotidien lorrain dresse le portrait de l'abbé Noël :
"Le pèlerin des champs de bataille de Verdun peut rencontrer par hasard un prêtre dont la soutane est ornée du ruban de la Médaille Militaire et de la Croix de Guerre. Il consacre tout son temps, toutes ses forces, à la recherche des disparus, lorsque les familles peuvent lui donner quelques indications. Il s'en va portant quelques outils et sa maigre besace. Il connaît par cœur les moindres replis de cette terre glorieuse ; il pourrait vous dire qu'en plusieurs endroits, c'est par étages, en marches superposées, qu'il a trouvé les combattants gisants de plusieurs journées, de plusieurs semaines de luttes. Il arrive à l'endroit signalé par la famille, il cherche, il s'agenouille, il creuse, il s'acharne à sa tâche de pitié, il recommence un peu plus loin, et il trouve ... Oui, mais, maintes et maintes fois, il ne trouve pas le corps qu'il cherche : il en découvre d'autres, pour la plupart anonymes ; et pour une famille qui n'attend plus rien et sera aussi étonnée que consolée, c'est une pleine bière d'ossements qu'il recueille pieusement et qu'il fait remettre à l'ossuaire de Douaumont. Ce prêtre, c'est l'abbé Noël, le chapelain de Douaumont."

L'abbé évoque la chapelle catholique, mais également une ouverture à d'autres cultes. Le projet n'est pas borné à une seule religion. Lien vers cet article :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bd6t51183323k/f2

Compte tenu de son engagement dans l'œuvre mémorielle durable que constituent l'ossuaire et la nécropole nationale de Douaumont, il n'est pas surprenant que l'abbé Noël n'ait pas cherché à entretenir spécifiquement la mémoire de la dévotion à Notre-Dame des Tranchées. Il dit vouloir consacrer à Douaumont "non pas un monument vide, mais une chapelle en quelque sorte vivante". Le projet aboutit en 1932. L’abbé Noël repose dans la chapelle de l’ossuaire de Douaumont.

L'abbé Noël est cité en page 2, &quot;chapelain de Douaumont&quot;. L'Est Républicain, 7 août 1932, source BnF / Gallica.
L'abbé Noël est cité en page 2, "chapelain de Douaumont". L'Est Républicain, 7 août 1932, source BnF / Gallica.
L'Est_républicain___quotidien_régional__bpt6k82789812_1.jpeg (887.25 Kio) Consulté 272 fois

Une hypothèse :
Il me semble que ces aumôniers ont trouvé mieux à faire que de maintenir la mémoire du culte de Notre-Dame des Tranchées. L'abbé Noël a été acteur de la transition entre une dévotion de guerre et une mémoire nationale structurée. Loin de s'enorgueillir de son expérience personnelle des tranchées, cet ancien aumônier militaire s'engage par son implication dans le projet de Douaumont dans une œuvre d'une tout autre portée : inscrire durablement le souvenir de la guerre 14-18 dans un cadre institutionnel, organisé et inclusif. L'absence de traces du culte de Notre-Dame des Tranchées, qui peut étonner un forumeur lecteur de l'Almanach du Combattant, n'est peut-être pas un oubli, mais un choix conscient et structurant.

À Saint-Dié-des-Vosges, on a cependant essayé de conserver l’un de ces lieux de culte. Un forumeur intrigué par cette affaire gagnerait certainement à interroger les érudits de Gironde, qui pourraient peut-être expliquer pourquoi l’on retrouve à Puisseguin un vitrail à Notre-Dame des Tranchées.

Je crois qu’il faut encore remercier Guillaume d’avoir partagé ici ses photos. Il reste désormais à espérer que d’autres contributions viendront enrichir ce fil avec des informations éclairantes qui préciseront ces pistes d'interprétation.

Bonnes recherches à toutes et à tous.
Bien cordialement.
Eric
Yann LE FLOC'H
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Re: Notre dame des tranchées

Message par Yann LE FLOC'H »

Ingouf a écrit : lun. mars 23, 2026 1:30 pm Bonjour,

L'aumônier militaire mentionné dans les premiers textes relatifs à la création des sanctuaires dédiés à ND des Tranchées est l'abbé Paul Boudon (1880 - 1954), prêtre du diocèse de Séez (département de l'Orne, Normandie).

L'abbé Boudon sert en tant qu'aumônier militaire du 21e régiment d'Infanterie Territoriale. Ce régiment normand est effectivement déployé en Artois, dans le secteur d'Hébuterne, du 24 janvier au 18 juillet 1915, puis en Champagne, dans le secteur de Mesnil-les-Hurlus, du 17 août 1915 au 11 juin 1916, souvent dans des tranchées de première ligne, selon l'historique du régiment disponible sur le site BnF / Gallica.

La presse locale disponible sur le site BnF / Gallica permet de se faire une idée de ses fonctions successives, directeur au Grand Séminaire de Séez, systématiquement qualifié après-guerre d' "ancien aumônier militaire du 21e Territorial", il se montre actif auprès des anciens combattants. Aumônier d'une Ligue de Défense patriotique, religieuse et sociale, aumônier diocésain des œuvres de jeunesse, à la tête de mouvements catholiques de jeunesse de type Jeunesse Agricole Catholique (JAC). Il est nommé en 1937 curé-doyen de Bellême (Orne), d'où il est originaire. Lors de cette nomination, il est inséré "M. le chanoine Boudon veut bien continuer à s'occuper de l'Œuvre des Retraites de Conscrits et des Soldats. Prêtres et soldats sont priés de lui écrire à sa nouvelle adresse." Il y exerce encore ses fonctions lors d'événements publics majeurs de l'après-guerre, notamment au moment du décès du général Philippe Leclerc de Hauteclocque en 1947.

Un religieux capable et influent par conséquent, ce qu'on appelle par chez moi "un homme à poigne". Il me paraît fort intéressant que, parallèlement à son engagement dans les milieux patriotiques et d'anciens combattants, l'abbé Boudon joue un rôle actif dans l'implantation de la Jeunesse Agricole Catholique dans l'Orne, ce qui l'inscrit dans le développement du catholicisme social et des mouvements d'Action catholique en milieu rural. La lettre ci-dessous laisse deviner un niveau d'instruction bien supérieur à celui du conscrit moyen.



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On trouve dans La Croix du 27 mai 1915 une version du texte indiqué plus haut dans ce fil par Yves. Ce texte est assorti d'une lettre de l'abbé Boudon à son supérieur hiérarchique. Vous en trouverez ci-dessous une transcription :


Monseigneur,

Que d'excuses je vous dois de vous donner si peu souvent de mes nouvelles ! Ma vie est si occupée et si mouvementée ! Les balles et les obus pleuvent ici continuellement : nous sommes dans les tranchées de toute première ligne ; pas de combats violents, chaque jour cependant quelques tués et blessés. Ici, l'église est complètement détruite ; c'est dans la salle de danse que nos chers "poilus" se réunissent pour assister à la messe et pour prier. Je suis content de mes chers soldats : le bon Dieu en a converti beaucoup. Tous les six ou huit jours, les compagnies de première ligne sont relevées par d'autres et vont se reposer un peu à l'arrière où j'ai trois églises pour les réunir. Je vais, grâce à un solide vélo, de l'une à l'autre, ou plutôt je vole ! Le dimanche, j'ai deux réunions en chacune de ces églises, et même quelquefois une messe chantée en plein bois ; je me propose de vous envoyer bientôt quelques photos où vous me verrez prêchant, en plein bois, me démenant au milieu de mes chers paroissiens. J'espère que la Très Sainte Vierge, en ce beau mois, va m'aider à toucher le cœur de quelques endurcis. La Sainte Vierge doit bien cela à mon cher régiment où son culte est en honneur.

Vous pourrez en juger, Monseigneur, par l'initiative qu'ont eue, en tranchée de première ligne, plusieurs de mes soldats d'élever un autel à la Sainte Vierge. Le récit m'a été fait, sur ma demande, par l'un d'eux, et je serais heureux, Monseigneur, que ce récit, si simple, si vrai et édifiant, fût publié dans la Semaine catholique, si vous le jugez bon et utile. Je me propose de vous adresser la photo de cet autel ; tous mes soldats d'ailleurs veulent l'avoir en carte postale pour l'envoyer à leurs femmes.

Monseigneur, je suis toujours en excellente santé, je n'ai jamais été aussi heureux d'être prêtre. Séparé du 4e corps depuis que je suis aumônier, je ne vois plus de confrères sagiens*.

Je me recommande instamment, Monseigneur, à vos bonnes prières, ainsi que mon cher régiment ; de mon côté, j'offre mes sacrifices quotidiens pour que la mort épargne le plus possible votre grande famille diocésaine et que Dieu vous ramène bientôt, s'il est possible, vos chers prêtres et séminaristes.

Je suis plus que jamais, Monseigneur, de Votre Grandeur, le fils reconnaissant et soumis,

P. BOUDON, aumônier du ... territorial
Le 11 mai 1915


*Sagiens : habitants de Sées, département de l'Orne, Normandie, France.



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CITATION A L'ORDRE DU JOUR

M. l'abbé Boudon, directeur au Grand Séminaire de Séez, vient d'être cité à l'ordre du jour.

Voici le texte de la citation :

"Abbé Boudon Paul, aumônier du ... territorial d'infanterie. Aumônier remarquable de bravoure, de dévouement, d'activité et d'entrain. A rendu les plus grands services dans les situations les plus difficiles, notamment aux durs combats de Toutvent, du 6 au 14 juin 1915, et dans les tranchées de Mesnil-les-Hurlus, pendant les opérations de septembre et octobre 1915, en allant, avec le plus absolu mépris du danger, partout où sa présence était utile pour réconforter les hommes, relever, soigner les blessés et donner la sépulture aux morts".
Cette citation donne droit à la Croix de Guerre.



Ce religieux est certainement connu des spécialistes puisque je vois qu'il apparaît en 2018 dans une exposition dans l'Orne. Mon niveau religieux est bien insuffisant pour déterminer si ce culte de Notre-Dame des Tranchées s'enracine dans une quelconque tradition propre au catholicisme normand. Je me contente de remarquer que Lisieux n'est pas loin. Du point de vue qui nous concerne sur ce forum de passionnés d'histoire, on peut aussi se demander jusqu'à quel point ce culte est spontané de la part de ces soldats normands, de toute évidence solidement encadrés au niveau religieux.

Bien cordialement.
Eric
Bonjour,

J'apporte ma petite pierre à l'édifice avec cette modeste carte postale envoyée en septembre 1916 chinée récemment qui nous montre un bas relief taillé dans le plâtre ou la craie de Champagne (?) et qui mentionne la "N.D. des Tranchées".
On y voit un poilu priant devant un autel où trône une statue de la la Vierge Marie.
Cette carte postale écrite en septembre 1916 par un poilu au repos près du front a été éditée à Sées (Orne) par un libraire local ce qui n'est pas anodin puisqu'il s'agit de la ville où officiait avant la guerre l'abbé BOUDON. Il s'agit sans doute d'une de ces cartes que réclament les soldats comme l'évoque l'abbé BOUDON dans sa lettre à son évêque retrouvée ci dessus par Ingouf.
L'abbé BOUDON en bon "communiquant" a sans doute fait jouer ses réseaux locaux en Normandie pour les faire éditer et les diffuser ensuite sur le front aux soldats fréquentant le lieu de culte.
Je n'arrive hélas pas à déchiffrer de façon sûre le nom du poilu, Charles MAS (?) ou ALLA... (?).
Cordialement

Yann LE FLOC'H
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