DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » jeu. mai 02, 2019 10:44 am

Histoire de René Barré (suite)

Les navires mentionnés dans cette affaire

Canonnière DECIDEE Voir ce lien viewtopic.php?t=44472

Mise à flot en Juin 1899
680 t. 1800 cv Longueur 56 m Largeur 3,8 m 1 hélice 13 nœuds
1900-1913 Saigon, Chine, Japon
1914-1917 Indochine
1917 Côtes du Liban
1920 Oran
1922 Ponton école TSF à Toulon
Condamnée en 1931

Voici trois photos de cette canonnière

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HYDRA

Il s’agit d’un vapeur anglais construit en 1902 au chantier Ropner de Stockton. Longueur 106 m, largeur 15 m, 4062 tonnes, 1 hélice.
L’armateur était en 1906 Glasgow Nav Co Ltd, de Glasgow.

Renommé RETLAW en 1915 par l’armateur londonien Imperial Oil Co Ltd, il fera naufrage le 5 Février 1917 à Jeddore Head, près de Halifax (Nouvelle Ecosse), lors d’une traversée New York – Le Havre avec du pétrole en fûts.

YORK CASTLE

Vapeur de 5310 t construit en 1901 au chantier Laing de Deptford. Longueur 124 m. Largeur 15 m.
Armateur Union Castle Mail SS Co Ltd de Londres
Devenu SAN TERENZO en 1925. Démoli à Gênes en 1932.

Voici deux images du YORK CASTLE

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(à suivre)

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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » sam. mai 04, 2019 8:36 am

Histoire de René Barré (suite)

Les navires mentionnés dans cette affaire

ST LOUIS

Paquebot américain construit en 1894 au chantier Cramp & Sons de Philadelphie.
14910 tonnes. Longueur 169 m Largeur 19 m Deux hélices 20 nœuds
A servi de transport militaire pendant la guerre hispano-américaine en 1898. Bataille de Santiago de Cuba.
A servi de transport de troupes pendant la Grande Guerre sous le nom de USS LOUISVILLE.
A brûlé en Janvier 1920 au cours de travaux de transformation à Hoboken (New Jersey). Remis à flot et démoli à Gênes en 1925.

Voici quelques photos de ce paquebot.

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MADONNA Voir ce lien viewtopic.php?t=43770

Paquebot mixte anglais construit en 1905 au chantier Swan, Hunter & Richardson de Low Walker.
5537 t. Longueur 131 m. Largeur 14,7 m. 2 hélices 15 nœuds

Armateurs

1905 – 1906 Richmond SS Co Ltd Liverpool
1907 Cie Française de Navigation à vapeur Marseille

Démoli à Gênes en 1934

Voici deux images de MADONNA sous pavillon français, donc après 1907.

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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » mer. août 28, 2019 8:23 am

Bonjour à tous,

Complément à l’histoire de René Barré

J’avais signalé en Juillet 2018 que, juste avant sa mort, René Barré avait été très éprouvé par la disparition de son jeune frère, mort pour la France. Cette tragédie avait sans doute accéléré sa maladie et provoqué son décès.

Jean Barré était en effet soldat au 128e Régiment d’Infanterie. Il avait été gravement blessé le 11 Octobre 1915 à La Croix en Champagne (Marne) et était décédé des suites de ses blessures.
Le 25 Septembre 1915, le régiment qui était au repos dans le secteur de Bois Bouchot avait quitté la région de Verdun pour participer à la 2e offensive de Champagne, l’une des plus sanglante de la Grande Guerre. Le 6 Octobre, dans un élan resté légendaire, il avait enlevé à lui seul la butte et le village de Tahure. Il avait résisté victorieusement à toutes les contre-attaques de l’ennemi, puis avait quitté la Champagne le 22 Octobre. C’est au cours de ce combat que Jean Barré avait été tué. Le régiment avait été cité à l’Ordre de l’Armée, ayant perdu 6 officiers et 287 hommes en quelques jours dans cette seule bataille de Tahure. (Source : historique du 128e RI. Lavauzelle)

Voici une image de la bataille de Tahure
source http://laurent59.canalblog.com/archives ... 33573.html

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Les descendants de la famille Barré ont recherché sa tombe pendant longtemps en Champagne. Il ne l’on retrouvée que très récemment. En réalité, le corps avait été ramené à Nantes en 1922 et Jean Barré avait été inhumé au carré militaire du cimetière de La Bouteillerie, à Nantes. Voici sa tombe, placée entre celles de deux autres soldats de la Grande Guerre, Arthur METAYER, canonnier au 17e régiment d’artillerie tué en Champagne le 8 Octobre 1915 et Ludovic MOREAU, soldat au 65e régiment d’infanterie, décédé le 16 Février 1919. Notons qu’elle ne semble pas figurer sur le site « Mémoire des Hommes ».

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Rutilius
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DUQUESNE — Trois mâts carré — Compagnie maritime française.

Message par Rutilius » lun. sept. 02, 2019 7:46 am

Bonjour à tous,


BARRÉ Jean Marie


Né le 30 janvier 1892 à Chantenay-sur-Loire — désormais quartier de Nantes — (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique), décédé des suites de ses blessures le 11 octobre 1915 à La Croix-en-Champagne (Marne) (Acte de décès transcrit à Nantes, le 4 avril 1916). Soldat de 2e classe, 128e Régiment d’infanterie, matricule n° 8.674 au corps, classe 1912, n° 3.589 au recrutement de Nantes.

• Fils de Charles BARRÉ, né le 13 avril 1853 à Briec (Finistère), manœuvre, et d’Anne PORHIEL, née le 7 juillet 1857 à Briec, « ménagère » ; époux ayant contracté mariage à Chantenay-sur-Loire, le 3 septembre 1881 (Registre des actes de mariage de la commune de Chantenay-sur-Loire, Année 1881, f° 41, acte n° 79 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Chantenay-sur-Loire, Année 1892, f° 7, acte n° 36).

Signalement : Cheveux châtains. Yeux marron clair. Front moyen. Nez cave. Visage long. Taille : 1,68 m. Marque particulière : tatouage au bras droit. Degré d’instruction générale : ...

**********

Incorporé le 13 octobre 1913 au 4e Bataillon d’infanterie légère d’Afrique ; arrivé au corps et soldat de 2e classe le même jour, matricule n° 5.436 [Avait été condamné le 22 mai 1911 par le Tribunal correctionnel de Nantes à 8 mois de prison pour vols, d’où son affectation à ce bataillon disciplinaire.]. Passé le ... au 93e Régiment d’infanterie ; arrivé au corps le ..., matricule n° 6.242 Passé au 128e Régiment d’infanterie le 12 janvier 1915, matricule n° 8.674 ; arrivé au corps le même jour. Blessé le 10 octobre 1915 à Tahure (Marne)« Large plaie pénétrante de la hanche droite par éclats d’obus. » ; décédé des suites de ses blessures le 11 octobre 1915 à La Croix-en-Champagne (Marne). [A compter du 7 octobre 1915, le 128e R.I fut commandé par le lieutenant-colonel Camille Guillaume MEAUDRE de SUGNY, en remplacement du colonel Eugène CHARDOILLET, tué à l’ennemi la veille lors de l’attaque de la butte de Tahure.]

Nota. — Jean BARRÉ fut très probablement blessé le 6 octobre 1915, date de l’attaque de la butte et du village de Tahure, et non le 10. Du 8 au 11 octobre 1915, en effet, le 128e R.I. se reformait à environ 2 km de Perthes-lès-Hurlus. [Cf. Journal des marches et opérations du 128e Régiment d’infanterie — 2 décembre 1914 ~ 7 octobre 1915 —, Journée du 6 octobre 1915, Service historique de la Défense, Cote 26 N 686/7, p. num. 28 et 29 — Ibid. — 8 octobre 1915 ~ 31 décembre 1916 —, Service historique de la Défense, Cote 26 N 686/8, p. num. 3.]

Distinctions

□ Cité à l’ordre du régiment le 7 juillet 1919 dans les termes suivants : « Bon soldat qui a eu au feu une belle attitude le 11 octobre 1915. Est mort glorieusement pour la France à la Croix-en-Champagne des suites de ses blessures. »

□ Par arrêté du Ministre de la Guerre en date du 18 octobre 1919 (J.O. 8 déc. 1919, p. 14.183 et 14.190), inscrit au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants :

BARRÉ Jean Marie Joseph - M.M. - .jpg
BARRÉ Jean Marie Joseph - M.M. - .jpg (35.89 Kio) Consulté 770 fois
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » dim. sept. 08, 2019 8:54 am

Bonjour à tous,

Complément sur l’histoire du DUQUESNE

Voici un récit intéressant fait par Jean-Baptiste CODET, lieutenant sur le DUQUESNE en 1920.

Jean-Baptiste Codet (1900-1991) fut l’un des derniers capitaines au long cours Trentemousins. Il était entré à l’école d’hydro de Nantes en 1916. En 1931-32 il fut lieutenant sur le paquebot NORMANDIE dont il avait suivi la construction à Saint Nazaire, sous les ordres du commandant Pugnet.

En 1991, peu avant son décès, il a raconté à son fils François son embarquement à bord du trois-mâts DUQUESNE. Ce récit a été publié par Michel Kervarec, historien rezéen, dans le bulletin n° 84 « L’Ami de Rezé ». Ce bulletin parait 3 fois par an depuis 1984.

Voici un extrait de ce récit concernant le DUQUESNE.

En Janvier 1920, j’étais en attente à Nantes, au quai des Salorges, sur le BUFFON, qui lui-même attendait une chaudière auxiliaire en provenance d’Angleterre, qui n’arrivait pas.
Un jour que j’étais sur la dunette à faire les cent pas, un « brasse-carré » (gendarme) est monté à bord et m’a dit que l’Administrateur voulait me voir. « Vous allez bientôt avoir 20 ans, âge de la levée pour le service militaire, et je ne sais pas si je dois vous laisser partir à la voile. » Or le trois-mâts DUQUESNE était en partance à Saint Nazaire pour charger du blé, du maïs et de la graine de lin à Buenos Aires. Il fallait un mois pour y aller, un mois sur place et un mois pour revenir. Cela signifiait que j’aurais un mois et demi de retard. « Partez, mais partez vite » m’a dit l’Administrateur.

Le voyage a duré 83 jours à l’aller et 89 jours au retour, plus deux mois à Buenos Aires. A bord, nous appliquions le régime de quart par bordée, soit douze heures de service par jour avec 4 à 8 heures de sommeil entre les quarts. L’effectif était de 32 hommes sur un trois-mâts (36 sur un quatre-mâts). Il y avait toujours du travail hors quart tel que laver le pont, le maintenir humide, réparer les voiles (la moitié des matelots savait coudre). Tous les Dimanches, les officiers visitaient la mâture, vérifiaient les enfléchures dans les haubans, contrôlaient le passage des chaînes d’écoute dans les bouts de vergues, les marchepieds… Au port, on travaillait de six heures du matin à six heures du soir.

Trois voiliers se sont retrouvés à Buenos Aires : DUQUESNE, AMIRAL CECILE et CHAMPIGNY. J’ai toujours eu du regret de ne pas avoir été embarqué sur CHAMPIGNY. Son capitaine était apprécié et son équipage bien nourri. J’aurais passé les trois caps alors que sur DUQUESNE le capitaine Bernot était si pingre qu’on avait faim. Le commandant allait au marché. Il nous parlait de la viande et des fruits qu’il avait vus, mais il n’en achetait jamais. Le soir, nous allions sur les autres bateaux pour avoir des vivres frais. En mer, le menu était essentiellement composé de lard salé, de haricots, de pommes de terre et, le Dimanche de « singe », l’endaubage, un régal qui nous changeait de la morue. Nous avions droit à un quart de vin par repas. Les légumes verts ne duraient pas. Il n’y avait pas de fruits. Nous partions avec des poules et deux cochons. Le jour où l’on tuait un cochon, il y avait de la viande fraîche. Mais le reste était mis en baril salé et était réservé. Le navire disposait d’une réserve de 18 tonnes d’eau douce : nous avions droit à un seau par semaine et le cuisinier en recevait deux par jours pour la nourriture. La pompe à eau était cadenassée et un charnier était installé sur la dunette pour l’eau de boisson. Au carré, nous étions trois. Le capitaine avait son couteau Pradel et il nous coupait une tranche de viande à chacun, puis il disait au novice : « Jean, tu mettras ça sur la cheminée du salon, c’est plus frais ».Il ne fallait pas compter en avoir d’autre. Le Dimanche, nous avions un verre de vin blanc.
Sur DUQUESNE nous avions des pigeons. A la mer, la claire-voie du carré était ouverte et nous sentions l’odeur des œufs et du lard que le capitaine se faisait cuire. De temps en temps, il mangeait un pigeon. Il n’en restait plus qu’un auquel le novice donnait un peu de maïs. Un beau jour, il s’est envolé alors que le novice faisait du bois d’allumettes en coupant des cageots en fragments de taille déterminée et en remplissant des boites de conserves. Le pigeon s’est mis à voler et vers dix heures du soir il était perché sur la vergue de perruche. Un matelot est monté tout doucement l’attraper. Pour le 14 Juillet, nous l’avons fait cuire. Mais ça ne faisait pas gros pour chacun : nous étions quatorze.

Au bout de six mois d’absence, j’ai pu mettre sac à terre à Rotterdam en Septembre 1920. Il fallait que je rentre, sinon j’aurais été accusé de désertion. Après une année d’instruction d’élève officier de réserve sur le MAGELLAN à Brest, je suis parti pour trois ans de service à Constantinople.

Commentaire


On ne peut que constater que l’ordinaire ne s’était guère amélioré sur ce voilier, après la Grande Guerre. Le capitaine Bernot était dans la droite ligne de son prédécesseur le capitaine Rozé qu’avait connu René Barré en 1905-1906. Pas de vivres frais, ni légumes ni fruits, peu de viande et, pour le 14 Juillet, un pigeon pour 14 hommes …. On reste sur sa faim !

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