Bonjour à tous,
Événements de mer
□ Le 17 décembre 1916, le dundée Alma-Jeanne recueillit et débarqua aux Sables-d’Olonne l’équi-page du trois-mâts goélette terre-neuvier Immaculée-Conception, de l’armement F. Delisle, de La Houle (Cancale), coulé au canon par le sous-marin allemand l’UC-18 (Oberleutnant zur See Wilhelm KIEL), à 9 milles dans le N. 52 W. du phare de La Coubre, par 45° 49’ N. et 1° 34’ W.
□ Le 5 janvier 1917, le dundée Alma-Jeanne recueillit successivement :
— Les 16 hommes d’équipage du cargo britannique Allie, de l’armement Stone & Rolfe Ltd., de Llanelly (Royaume-Uni), coulé au moyen de charges explosives par le sous-marin allemand UB-39 (Oberleutnant zur See Heinrich KÜSTNER), à 10 milles dans le S.-W. du phare des Baleines, par 46° 15’ N. et 1° 48’ W., alors qu’il allait de Swansea (Pays de Galles, Royaume-Uni) à Bordeaux avec un chargement de sul-fate de cuivre ;
— Les 19 hommes d’équipage du cargo norvégien Markland, de l’armement ⅍ D/S Markland (O. & A. Irgens & Co.), de Bergen (Norvège), coulé au moyen de charges explosives par le même sous-marin, à 6 milles du phare des Baleines, par 46° 14’ N et 1° 41’ W., alors qu’il allait de Bayonne à Cardiff (Pays de Galles, Royaume-Uni) avec un chargement de poteaux de mine ;
— Les 21 hommes d’équipage du cargo britannique Easgate — non identifié.
Soit, au total, 56 hommes.
RemIt en cours de route l’équipage de l’Easgate à un patrouilleur — non identifié — de la 5e Escadrille des patrouilles de l’Atlantique et débarquA aux Sables-d’Olonne ceux de l’Allie et du Markland.
_________________________________________________________________________________________
□ F. YDIER, Secrétaire-trésorier de la Société Olona, Instituteur public : « A la gloire
des Marins Sablais et Chaumois. Épisodes de la lutte sous-marine en 1917 ~ 1918 »,
monographie de 16 p., s.l.n.d.
« IV. — Sauvetage de naufragés
.............................................................................................................................
L’Alma-Jeanne, des Sables-d’Olonne
La Guerre suscite le dévouement entre les Combattants et nous savons tous quelles amitiés profondes naquirent chez ceux qui vécurent en commun des heures tragiques.
Si le fantassin ramène à l’abri le camarade blessé, le marin, lui, empêche son voisin de couler ou le ra-mène au port, sans songer que tout retard qu’il s’impose peut lui être funeste.
Tel fut l'humble rôle que joua l’Alma-Jeanne du port des Sables-d’Olonne.
Le 17 décembre 1916, à 8 h. 30, le trois-mâts Immaculée-Conception de Cancale quittait le mouillage du Verdon, faisant route au N.-W. ¼ N., à une vitesse de 6 à 7 milles environ, de concert avec le Saint-Yves, à bâbord.
A 14 heures 30, l’Immaculée recevait 2 coups de canon qui lui criblaient son hunier : à 1 mille, entre les deux navires, émergeait un sous-marin ennemi.
Or, à cette époque, nul bateau de commerce n’était armé. Devant une résistance impossible, le capi-taine fit embarquer son équipage dans trois doris, en sauvant les papiers du bord et le sextant. Té-moins impuissants, ils virent couler un vapeur de nationalité inconnue (n° 38 de la carte des épaves), le Saint-Yves et enfin, à 15 h. 25, leur propre navire s’enfonça dans les flots par 45° 49' N. de latitude et 1° 34’ 3’’ de longitude W. de Greenwich.
Lorsque le sous-marin, satisfait de son œuvre destructrice, quitta la scène pour attaquer un vapeur qui sortait de la Gironde, les trois doris songèrent à leur propre sauvegarde et, apercevant au loin quel-ques barques, se dirigèrent sur elles.
Le premier doris atteignit l’Alma-Jeanne à 3 milles au Nord. Le patron, sans se soucier du danger, recueillit les naufragés, alluma un fanal pour signaler sa présence et permettre aux retardataires de le rejoindre dans la nuit sombre ; il s’immobilisa ainsi dans cette zone dangereuse jusqu’à 18 heures. A ce moment, tous ayant rallié, l’Alma mit le cap vers les Sables-d’Olonne.
*
* *
Un second sauvetage s’inscrit à l'actif de cette même barque.
Le vapeur norvégien Marckland, chargé de poteaux de mines, quittait Bayonne le 4 janvier 1917, à destination de Cardiff. Le 5, à 14 h. 30, il se trouvait à 6 milles environ des Baleines (Longitude W., 1° 41’ de Greenwich, Latitude N., 46° 13’) quand il aperçut un sous-marin qui se dirigeait vers lui.
Le capitaine ordonna alors à tous les hommes disponibles de descendre à la chaufferie pour forcer de vitesse et fit mettre cap à terre en zigzaguant [color=#cBF0000](*)[/color]. Mais, vers 15 heures, l’Allemand s’en approcha à 2 milles et ouvrit le feu. Un premier coup de canon coupa le mât principal ; un second troua le kiosque, blessant 3 hommes et le capitaine eut sa botte coupée par un éclat de bois.
Le sous-marin arriva à 150 mètres du vapeur, et, de la voix, le capitaine allemand ordonna de stopper. Il fallut s’exécuter, abandonner le navire. Le sinistre travail s’accomplit ensuite : visite du navire par les ennemis, dépôt de trois bombes ; et, sous les yeux de l’équipage réfugié dans les doris, coula le Marckland.
L’Alma-Jeanne croisait dans ces parages ; il recueillit les naufragés et les ramena sains et saufs dans le port hospitalier aux Infortunés qu’est celui des Sables-d’Olonne.
Honneur à ce capitaine qui tenta d’échapper par tous les moyens mis à sa disposition ; honneur au patron et aux matelots de l’Alma-Jeanne dont l’humble secours sauva des vies humaines ! (op. cit., p. 8 et 9)
_________________________________________________________________________________________
(*) Cf. F. Ydier : " Au Large des Côtes Vendéennes. Croisière à bord du Cuirassé Diderot ". §. II. – Les Manœuvres. — (Préface de l’Amiral Merveilleux du Vignaux). » .
_________________________________________________________________________________________
Prix Henri Durand (de Blois) accordés aux hommes d’équipage du dundée Alma-Jeanne
Sauvetage des équipages des navires Allié, Markland et Eastgate
[5 janvier 1917]
□ Par décision du 18 mars 1918 (J.O. 9 mai 1918, p. 4.040), prise après avis de la section permanente du Conseil supérieur de la Marine, furent accordées par le Ministre de la Marine aux hommes d’équi-page du dundée Alma-Jeanne les prix Henri Durand (de Blois) suivants :