DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » mar. juil. 10, 2018 8:02 am

Bonjour à tous,

DUQUESNE

Trois mâts carré, de type E, lancé aux chantiers de la Loire le 15 Juin 1901 pour la Compagnie Maritime Française dont il est la 7e unité.
2174 tx JB
Identique à HOCHE, FAIDHERBE …etc

Premier capitaine Edouard Rozé qui y restera 10 ans avec quelques interruptions.
Voyage 1 : Nantes – Portland – San Francisco – Limerick (10 mois 11 jours)
Voyage 2 : Limerick – Philadelphie – Hobart – Kobe – Portland – Ipswich
Voyage 3 (Capitaine J.F. Lemaître)
Ipswich – Dunkerque –Philadelphie – Kobe – Saigon – Sainte Hélène – Ascension – Nantes
Voyage 4 : Nantes – New York – Sydney – Tsing Tau – Shanghai (Avril 1906) – Hawai – Tacoma – Pitcairn – Hull - Nantes
Voyage 5 : Nantes – Hull – Rochester – Hobart – San Francisco - Liverpool

1912 : San Francisco Europe en 150 jours
1914 – 1918 Capitaine Constant Ménier (erreur initiale) . Voyages sur Australie, San Francisco et Bahia Blanca. Canons embarqués à Bordeaux avec matelots AMBC
Traverse la Grande Guerre sans dommage.
1919 Capitaine Constant Ménier
1919 -1921 Capitaine François Bernot. Deux voyages de blé sur Buenos Aires puis Adélaïde. Revient à Bordeaux le 25 Mai 1921 et désarme dans le canal de La Martinière.
Réarmé en 1923 Capitaine Constant Ménier, Second De La Monneraye, Lieutenant Geoffroy.
1924 Capitaine Allain. Voyage de bois sur la Guyane
1925 Voyage de bois avec GENERAL DE NEGRIER et EUGENE SCHNEIDER sur le Cameroun.
Désarmé le 26.05.25 et remorqué par TOURBILLON vers La Martinière
27 Juin 1927 devient ponton à charbon à Arcachon jusqu’à fin 1928.
Démoli en 1948 à Bayonne

(Source Laurent Gloaguen. Alan C. Green. http://vergue.com/post/98/Trois-mats-carre-Duquesne )
(2e source Picard)


Voici deux vues du DUQUESNE

Image

Image

Cdlt
Dernière modification par olivier 12 le mar. juil. 10, 2018 5:16 pm, modifié 3 fois.
olivier

Memgam
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par Memgam » mar. juil. 10, 2018 8:30 am

Bonjour,

Il existe un tableau de Duquesne en sortie du Havre.
Il existe une photo de l'équipage de Duquesne avec le CLC Edouard Rozé.
Il existe un texte du CLC Edouard Rozé sur sa carrière maritime.
Pierre Edouard Rozé, né le 5 octobre 1874 à Saint-Briac, inscrit à Saint-Malo n°617.

Ces trois éléments se trouvent en pages 44 à 51 de l'ouvrage collectif:

Comité du patrimoine de Saint-Briac,
Le Cap Horn, une épopée briacine,
Editions Cristel, Saint-Malo, 2011.
ISBN 978-2-84421-088-3.
192 pages, Illustrations N&B et couleurs. Annexes.

Cordialement.

olivier 12
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » mar. juil. 10, 2018 11:44 am

Bonjour à tous,

Pour l'instant je n'ai plus sous la main cet ouvrage que voici (et à l'élaboration duquel j'ai d'ailleurs participé). Je ne peux que conseiller de le lire :)

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Mais en attendant, voici un autre cliché du DUQUESNE (parmi de nombreux autres)

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Je mettrai prochainement sur le forum une histoire intéressante d'un marin du DUQUESNE. A suivre...

Cdlt
olivier

Memgam
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par Memgam » mar. juil. 10, 2018 4:02 pm

Bonjour,

Contrairement à ce qui a été écrit par Olivier 12 ci-dessus, le capitaine Edouard Rozé n'a pas commandé le trois-mâts carré Duquesne en 14-18, mais c'est le capitaine au long cours Constant Menier qui en a été le maître à bord couvrant largement la Grande guerre puisqu'il a été à bord du 17 janvier 1914 au 22 octobre 1919, effectuant trois voyages de 15 mois et 3 jours, de 7 mois et 28 jours, puis de 30 mois et 6 jours.

Constant Marie Menier, né le 30 mars 1878 à Saint Lunaire (Ille et Vilaine), inscrit à Saint-Malo, n° 691

Source, AD de Loire-Atlantique, Marine, rôle de bord 7R4/781-787, 7R6/256.

Cordialement.
Memgam

olivier 12
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » mar. juil. 10, 2018 5:08 pm

Bonjour à tous,

Une autre vue de DUQUESNE en ponton à charbon

Image

Cdlt
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olivier 12
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » jeu. juil. 19, 2018 10:07 am

Bonjour à tous,

Histoire d’un jeune marin du DUQUESNE

Lors du voyage n° 4, DUQUESNE fit une escale à Shanghai. Deux jeunes marins de 18 et 20 ans désertèrent alors le bord. Ils se nommaient René Barré et Armand Jobard.
Voici une brève histoire du matelot léger René Barré et des aventures qu’il a alors vécues.

René Barré était né à Chantenay, section de Nantes, le 17 février 1886, fils de Charles Barré et Anne Porhiel. Il était domicilié à Nantes, rue de la Hautière, tout près de la Butte Sainte Anne qui domine la Loire.
A 15 ans, il embarque comme mousse successivement sur GLOIRE DE MARIE et NOTRE DAME DE FRANCE, deux petits voiliers caboteurs de Nantes et des Sables d’Olonne. Embarquements très courts de quelques jours. En 1904, il est novice sur BREIZH IZEL, puis matelot léger sur PRESIDENT ARMAND, voilier armé au long cours, et sur ADOLPHE NAUX, goélette de 73 tx de l’armement Naux et Fils de Nantes, capitaine Querric.
En 1905, il passe deux mois sur le vapeur VILLE DE BAYONNE de l’armement D’Orbigny et Faustin et embarque enfin comme matelot léger sur DUQUESNE. Mais en Mars 1906, après 10 mois et 9 jours de bord, incompatibilité d’humeur avec le capitaine ou autre raison, il déserte à Shanghai en même temps qu’un camarade de 18 ans, Armand Jobard.

Les deux garçons vont errer dans Shanghai, ville réputée dangereuse, à la recherche d’un autre embarquement. Se rendant au Consulat de France, ils sont arrêtés, jugés par un Tribunal Maritime Commercial réuni sur la canonnière DECIDEE, commandant LV Armand Le Blanc, second EV Louis de Carné, et condamnés à 1 mois de prison avec sursis pour désertion à l’étranger. Remis en liberté, ils errent à nouveau, dans une grande misère, dans Shanghai. Le 27 Avril, ils tentent d’embarquer clandestinement sur le vapeur des Messageries Maritimes ERNEST SIMONS. Reconnus comme clandestins à bord, ils sont débarqués à Hong Kong et ramenés à Shanghai par le paquebot CALEDONIEN de la même compagnie. Ils comparaissent alors devant le Tribunal Consulaire de Shanghai, dont voici des extraits du jugement (Source : archives du Ministère des Affaires Etrangères de Nantes)

Tribunal consulaire de Shanghai
25 Mai 1906

Au nom du peuple français le tribunal consulaire de France à Shanghai siégeant en correctionnel et composé de Monsieur Batard, Consul Général de France à Shanghai, Président, Messieurs Gaillard et Tillot, assesseurs, Monsieur Berk-Desmoulières, Vice Consul, greffier a rendu le jugement suivant concernant :
- René Barré, 20 ans, né à Chantenay le 17 Février 1886, matelot léger
- Armand Jobard, 18 ans, né à Besançon le 12 Février 1888, matelot léger
Sur plainte du capitaine Grégory, commandant le paquebot des Messageries Maritimes CALEDONIEN.

Les sieurs Barré et Jobard sont accusés d’avoir dans la journée du 27 Avril 1906 réussi par des manœuvres frauduleuses à embarquer clandestinement sans être munis d’un billet de passage, sachant qu’ils n’en pouvaient payer le prix, sur la rade de Woosung, sur le paquebot des Messageries Maritimes ERNEST SIMONS se rendant à Marseille via Hong Kong et escales habituelles. Ils ont, au moyen des dites manœuvres et d’embarquement clandestin, mis le capitaine de l’ERNEST SIMONS dans la nécessité de leur fournir non seulement leur transport gratuit, mais aussi la nourriture suffisante pendant le transport de Woosung à Hong Kong.

L’instruction de cette affaire a été confiée au Consul suppléant du Consulat Général de Shanghai. Audience le 25 Mai 1906 à 09h00, les inculpés étant en état d’arrestation et défendus par Maître Bourgras, avocat à Shanghai.

Le sieur Thevez, témoin dûment cité, second capitaine du CALEDONIEN ne s’étant pas présenté a été excusé suivant les explications du capitaine Gregory, commandant le dit vapeur, le CALEDONIEN étant sous pression en grande rade et prêt à partir. La présence du témoin à bord était absolument nécessaire pour assurer la sécurité du dit navire. Après appel, les autres témoins ont été renvoyés de la salle d’audience pour être interrogés ensuite séparément. Lecture des procès-verbaux et rapports par les greffiers. Interrogatoire des témoins à charge. Aucun témoin à décharge.
Interrogatoire des prévenus. Puis exposé de leur défense par l’avocat.

Prononcé du jugement

De leur aveu même, Barré et Jobard ont embarqué subrepticement et sans billet de passage sur la chaloupe des Messageries Maritimes WHAMPOA, et ont embarqué clandestinement, sans billet, sur le paquebot ERNEST SIMONS sur rade de Woosung. Ils se sont dissimulés parmi les autres passagers du navire et n’ont révélé leur présence à bord que lorsque le bateau était loin de terre et qu’il était impossible de les débarquer. (Témoignage du capitaine du CALEDONIEN, du sieur Parez, capitaine d’armes, auquel le commandant a confié les prévenus à l’arrivée sur rade de Hong Kong pour qu’ils soient ramenés à Shanghai.)
- Attendu que les manœuvres pour obtenir des aliments qu’ils savaient pertinemment ne pouvoir payer constituent un délit d’escroquerie
- Attendu qu’il est certain que pendant leur séjour à Shanghai les sieurs Barré et Jobard ont fait tout leur possible pour trouver un embarquement, qu’ils se sont adressés dans ce but à plusieurs reprises au Consulat Général de France, mais que ne parlant pas anglais leurs recherches sont restées vaines
- Attendu que Barré a même voulu contracter un engagement militaire sur le bâtiment de guerre français présent sur rade (nota : la canonnière DECIDEE)
- Attendu que malgré leur triste état aucune plainte n’a jamais été portée contre eux au Consulat Général et que cette bonne conduite leur mérite des circonstances atténuantes pour le fait, répréhensible il est vrai, qu’ils ont commis mais auquel ils ont été poussés par la misère
- Attendu qu’au terme d’un jugement du Tribunal Maritime Commercial dressé à bord de DECIDEE le 11 Avril 1906 les sieurs Barré et Jobard, auparavant matelots sur le voilier français DUQUESNE avaient déserté ce bâtiment dans le port de Shanghai et ont été condamnés à 1 mois de prison pour désertion à l’étranger
- Attendu qu’en cas de nouvelle condamnation la première peine sera exécutée sans être confondue avec la nouvelle
- Vu l’article 405 du code pénal
- Vu le $ 9 de l’article 463 du code pénal
- Vu l’article 3 de a loi du 26 Mars 1898 (tous ces articles sont longuement énoncés)

Pour ces motifs déclare Jobard et Barré coupables, en employant des manœuvres frauduleuses pour persuader de l’existence d’un crédit imaginaire, de s’être fait délivrer gratuitement un passage sur le paquebot ERNEST SIMONS. Sachant qu’ils étaient dans l’impossibilité de le payer, ils ont escroqué la fortune d’autrui.

Ils sont condamnés à

- Deux mois de prison, sans imputation de la détention préventive
- Aux frais de la poursuite engendrée, soit 52 francs
- A l’exécution préalable de la peine d’un mois de prison infligée par le tribunal maritime commercial de Shanghai qui ne peut être confondue avec celle du présent jugement.

Suite de l’aventure de René Barré

En étudiant les dates du jugement de Mai 1906, on constate que les deux matelots devaient être internés à Shanghai pendant 3 mois, soit jusqu’au 26 Août 1906. Or René Barré arrivera à Aberdeen à bord de KOHALA le 15 Septembre 1906 soit moins de 3 semaines après la fin de sa peine. Il est donc très probable que son avocat lui aura trouvé un embarquement sur ce navire, qu’il obtiendra peut-être une libération anticipée de quelques jours et lui fera quitter Shanghai au plus vite. Peut-être son jeune camarade, le sieur Jobard a-t-il aussi embarqué sur le KOHALA, mais rien ne vient le confirmer. Une traversée Shanghai – Aberdeen à 10 nœuds doit prendre entre 28 et 30 jours.

Toujours est-il qu’il arrive à Aberdeen, au Nord de la Rivière Columbia, dans l’Etat de Washington, à bord du KOHALA mi-Septembre 1906. KOHALA était un schooner à 4 mâts (barkentine disent les Américains) lancé en 1901 et qui naviguait surtout le long de la côte Ouest des USA, transportant du bois, du divers ou du charbon. Mais il dut aussi traverser le Pacifique à plusieurs reprises car le 2 Novembre 1903 il est signalé comme ayant fait escale à l’île de Pitcairn, l’île des mutins du BOUNTY, sous les ordres du capitaine F.H. Dedrick. En Février 1905 il avait passé une visite de sécurité à San Francisco.
En 1906 c’était toujours le même capitaine qui le commandait d’après l’American Bureau of Shipping.
Une autre aventure lui était arrivée sans doute avant 1906. Il se trouva immobilisé à Grays Harbor (rade d’Aberdeen) avec un plein chargement de divers pour San Francisco. Le capitaine ne trouvait pas à recruter un équipage à moins de 10$ /jour/homme. Plutôt que d’avoir à payer des salaires exorbitants, le capitaine appareilla avec la seule assistance de son épouse, de deux lieutenants et d’un cuisinier japonais. Il arriva sans encombre à San Francisco alors qu’il aurait fallu un équipage de 11 hommes pour conduire le navire. On peut donc penser que s’il a bien embarqué à Shanghai sur ce navire, le salaire du matelot français René Barré ne dut pas être très élevé et ne lui permit pas de financer son retour au pays ! Sacré capitaine qui faisait travailler gratuitement son épouse… !

Voici deux images du KOHALA.

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Le fichier matricule de René Barré ne mentionne d’ailleurs pas cet embarquement sur le KOHALA. René Barré va alors s’installer à Cosmopolis, petite agglomération faisant face à Aberdeen, au Sud de la rivière Chehalis. Les deux ports de la rivière sont Aberdeen sur la rive Nord et Grays Habor sur la rive Sud. Voici une carte de la région.

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Ne pouvant pas rentrer dans son pays natal, René Barré va faire une demande de naturalisation américaine. Voici cette demande, « Declaration of Intention », datée de Septembre 1907.

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René Barré ne reviendra jamais en France et ne reverra jamais sa famille. A Aberdeen il va rencontrer des Bretons du Finistère, originaires de Léchiagat (près de Le Guilvinec). Parmi eux, André Le Roy, marin, dont l’épouse Marie Corentine, née Queffelec, vient le rejoindre à Cosmopolis. Elle est accompagnée de sa sœur Marie Jeanne Queffelec, célibataire, qui épousera René Barré le 26 Octobre 1909 à Aberdeen.

Elles avaient embarqué à Cherbourg sur le paquebot PHILADELPHIA et étaient arrivées au poste d’immigration d’Ellis Island, New York, le 28 Août 1909.
Voici le paquebot PHILADELPHIA, ex PARIS, le navire le plus rapide de l’époque.

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(A suivre)
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Re: DUQUESNE Compagnie Maritime Française

Message par olivier 12 » ven. juil. 20, 2018 8:20 am

Suite de l'histoire de René Barré

Elles vont traverser les Etats-Unis et s’installer à Cosmopolis. Voici Marie Corentine avec son époux et leurs 5 enfants

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Et leur maison de Cosmopolis. Elle symbolise le « rêve américain ».

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Sur cette côte Nord-Ouest des Etats-Unis les hommes pratiquent la pêche au saumon ou travaillent dans les exploitations forestières qui manquent de bras. Les marins et les pêcheurs sont très recherchés dans cette région, d’où une forte immigration scandinave, basque et bigoudène.
René et Marie Jeanne, née en 1885, auront 4 adorables enfants dont voici la photo prise en 1916.

Ce sont
- Charles 1910-1996
- Bernard 1912-1991
- Francis 1913-2000
- Delphine 1915-2007

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La branche américaine des Barré s’est bien développée car ses enfants lui donneront de nombreux petits enfants et arrières petits enfants. Malheureusement, René Barré ne les connaîtra jamais car, très malade, il décèdera au Western State Hospital Fort Steilacoom-Lakewood en 1916, quelques semaines seulement après la prise de cette photo. Cet établissement fut un fort militaire de 1849 à 1868, avant de devenir un hôpital en 1871. Voici cet hôpital tel qu’il existe aujourd’hui.

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Est-on autorisé à penser que le fait de ne pouvoir rentrer en France, que l’annonce de la mort « Pour la France » de son frère cadet en 1915 lors de la Grande Guerre, que la dureté et « l’urgence » de vie éprouvées aient pu influer quant à son décès à seulement 30 ans… ?

Voici sa tombe (avec une erreur sur la date de sa naissance). Tous ses enfants ont aussi été inhumés à Cosmopolis.

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Ainsi se termine la brève histoire de ce jeune marin nantais qui aura connu, dans sa courte carrière maritime, plusieurs navires de la Grande Guerre :

- VILLE DE BAYONNE (coulé)
viewtopic.php?t=46611

- DECIDEE
viewtopic.php?t=44472

- ERNEST SIMONS (coulé)
viewtopic.php?t=43129

- CALEDONIEN (coulé)
viewtopic.php?t=43100

- DUQUESNE (qui se sortit sans dommage du conflit.)

Il mérite donc de figurer sur le forum.

Mais son histoire révèle beaucoup sur la vie des marins de cette époque. Les jeunes, surtout, qui ne connaissaient pas encore bien le métier, étaient parfois vite dégoutés par la dureté d’un tel apprentissage. Il leur arrivait aussi de subir la hargne, voire les vexations ou même les violences des capitaines ou des seconds s’ils ne se montraient pas assez performants ou, pire, un peu rebelles. Certains ne le supportaient que très difficilement (Voir sur le forum l’histoire du jeune pilotin Fernand Lemerle, 18 ans, qui reçut un coup de pied au visage de l’irascible capitaine du BELEM, pourtant son propre père, et préféra débarquer en cours de voyage tant l’atmosphère du navire était devenue pénible).
Bien sûr, on ne connait pas le motif de la désertion des deux matelots légers à Shanghai, mais il devait être sérieux car on ne se retrouve pas sans raison perdu à Shanghai et sans aucune ressource.

Aujourd’hui, les branches françaises et américaines de la famille Barré ont renoué des relations et se fréquentent très chaleureusement, conscientes en permanence d’être ralliées par René et Marie-Jeanne, tous deux originaires du Finistère. En effet, Charles Barré, le père de notre matelot, et Anne Porhiel, sa mère, étaient nés à Briec de l’Odet et étaient venus à Chantenay à la fin du 19e siècle pour y trouver du travail. La plus grande partie de la branche américaine demeure dans l’Etat de Washington, et la branche française dans la région nantaise, vers Pornic.


Tous mes remerciements à Monique et Daniel PENEAU pour les renseignements et documents qu’ils m’ont communiqués et qui ont permis de retracer dans les grandes lignes l’histoire de ce marin.

Cdlt
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