Bonjour Marc,
Merci pour ces nombreux liens et références
Amicalement,
Franck











Bonjour à tous,
Voici la suite et la fin de la relation du drame telle que parue dans l'hebdomadaire Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34. L'auteur n'est pas cité.
Bien cordialement,
Franck
Les Norvégiens de Névez.
Le canot Paul Tourreil de l’île d’Yeu, poursuit sa dérive vers le nord, fin janvier 1917. Dans la tempête, le froid extrême, ses occupants décèdent les uns après les autres.
La navigation se poursuit. Les Glénan se devinent sur la gauche. Le canot se dirigeant vers le nord, on pense arriver sur la gauche de l'embouchure de l'Aven. Un autre marin français décède. La côte se devine loin devant. Un autre Norvégien meurt à son tour. Le canot passe par le travers d'un îlot, l’île Verte.
Devaud le connaît et sait qu'il est désert ; il préfère continuer sa route. Bientôt il élonge Raguénès. Ce bout de terre devient une presqu'île à marée basse. Un pêcheur qui y habite seul avec sa famille, Jean-Marie Marrec, aperçoit le canot. Il comprend la situation. Il fait signe de venir aborder par le nord-ouest.
Le secteur de Raguénès où a atterri le canot de sauvetage. La photo est d’époque :
http://img269.imageshack.us/img269/6954 ... uratte.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.
Le second capitaine norvégien, malgré son épuisement, réussit à se traîner vers la terre ferme, jusqu'à un hôtel où il va faire appel aux secours. Devaud descend du canot et aide Marrec à débarquer ses camarades. Les frères Pillet sont presque inanimés. Le pêcheur breton les emporte sur une charrette jusqu'à sa maison mais Émile rend l'âme sur le seuil de la porte (Edmour décédera à son tour douze heures plus tard).
Les premiers soins sont prodigués aux marins ; le fils Marrec, Pierre, racontera plus tard : "Je n'avais que 7 ans à l'époque. Il a fallu que je quitte la maison pour faire de la place. Les naufragés ont pris mon lit. Il fallait les mettre au chaud."
Pierre Marrec, 87 ans au moment de cette photo, était un témoin de l’arrivée des naufragés dans la maison de son père sur l’île de Raguénès :
http://img94.imageshack.us/img94/593/pa ... temoin.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.
Cinq marins norvégiens et six marins de l'île d'Yeu sont enterrés dans le cimetière de Névez.
La tombe des marins du cargo norvégien Ymer, aujourd’hui dans le cimetière de Névez (Finistère). L’un d’eux n’a été identifié qu’en 1998. On aperçoit au pied de la croix, une plaque portant le nom des canotiers ogiens également morts dans l’aventure :
http://img44.imageshack.us/img44/5648/y ... snorve.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.
Pour exprimer sa reconnaissance pour le dévouement dont ont fait preuve les hommes du canot se portant au secours de l'équipage de l'Ymer, le gouvernement norvégien décerne la médaille d’or du sauvetage au patron Noé Devaud et la médaille d’argent du sauvetage à ses équipiers, Olivier Plessis, Pierre Girard, Baptiste Tonnel, Alexandre Gouillet et Emmanuel Tourbé. Jean-Pierre Marrec, le pêcheur, inscrit maritime de Concarneau, se voit également attribuer la médaille d’argent du sauvetage.
Noé Devaud, le patron du canot Paul Tourreil, après le drame de janvier 1917. Il a effectué 17 sauvetages qui lui ont valu diverses médailles, dont la Légion d’Honneur :
http://img193.imageshack.us/img193/6247 ... nnoede.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 38.
Photo : Collection SNSM.
Les sauveteurs rescapés, après le drame : le patron Noé Devaud est à gauche :
http://img138.imageshack.us/img138/6185 ... pescan.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.
Un canot de sauvetage de l’île d’Yeu s’est appelé plus tard Patron Noé Devaud, en hommage au héros de l’aventure :
http://img694.imageshack.us/img694/8575 ... aucano.jpg
Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.
En 1922, la Norvège finance également l'érection d'un monument sur l'île d'Yeu. Œuvre du sculpteur Stephan Siding, remplacé par une autre sculpture (lire le Marin du 4 décembre), il est inauguré le 5 juillet de cette année-là, conjointement par le Baron de Wedel Jarlsberg, ministre de Norvège, et M. Rio, sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande (parmi l'équipage du cargo norvégien Ymer, figurent au moins un marin suédois et un néerlandais).
En 1997, pour le 80ème anniversaire de la dramatique aventure, le club des rameurs de Port-Joinville a organisé un pèlerinage sur le même trajet que le Paul Tourreil, entre l'île d'Yeu et la côte sud du Finistère. Le canot de la SNSM de l'île d'Yeu, le Président Louis Bemard, a accompagné une embarcation mue à l'aviron qui a effectué le voyage avec 8 rameurs et un barreur et qui a été rejointe en mer par une autre unité de la SNSM, la vedette Ar Beg.
À l'arrivée, un officier mécanicien de la Marine norvégienne, diverses associations et personnalités ainsi que Pierre Marrec, l'attendaient pour un ensemble de cérémonies émouvantes.
Fin de l’article.