YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

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Ar Brav
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,
Bonjour Marc,

Merci pour ces nombreux liens et références :)

Amicalement,
Franck
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
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Ar Brav
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

En pleine tempête, un canot de sauvetage de la SCNS (ancêtre de la Société Nationale de Sauvetage en Mer) se dirige vers la haute mer, à la force des avirons :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 04 décembre 2009, rubrique "Mémoire de l'histoire", page 30.
Photo : Collection Jean-Yves Brouard.


Le canot de l'île d'Yeu Paul Tourreil sort de son abri à Port-Joinville :

PAUL TOURREIL - Canot de sauvetage
PAUL TOURREIL - Canot de sauvetage
yeucanotpaultourreilscn.jpg (40.23 Kio) Consulté 731 fois
Image

Sources :
Le Marin du vendredi 04 décembre 2009, rubrique "Mémoire de l'histoire", page 30.
Photo : Collection Delpeyroux.


Le canot descend le long de la cale. Il s'agit d'un canot classique construit chez Augustin Normand, insubmersible :

PAUL TOURREIL - Canot de sauvetage
PAUL TOURREIL - Canot de sauvetage
yeucanotpaultourreilscn.jpg (40.23 Kio) Consulté 731 fois
Image

Sources :
Le Marin du vendredi 04 décembre 2009, rubrique "Mémoire de l'histoire", page 30.
Photo : Collection Dr. Courtois.


Bien cordialement,
Franck
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Memgam
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Memgam »

Le canot Paul Tourreil est le quatrième canot de la station de l'île d'Yeu, ouverte depuis 1868 par la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Il mesure 9,80 m de long pour une largeur de 2,60 m et il possède une dérive centrale pour améliorer la marche à la voile. C'est le numéro 125 des chantiers Augustin-Normand.
"On a beaucoup écrit sur ce drame, en particulier au sujet des raisons qui ont retardé le départ du canot et sur le fait que le vapeur de service, sous-pression à Port-Joinville, n'a pas été envoyé prendre en remorque le canot...Mais il faut en chercher les vrais raisons dans le froid affreux, la tempête, la grande marée et ses courants violents, et aussi le médiocre état physique de l'équipage. Il faut en tout cas rendre justice au canot qui démontre tout au long de ce drame des qualités étonnantes de tenue à la mer, en particulier sous voile".
Ces lignes sont du docteur Jean Pillet, dans son ouvrage de référence : Le sauvetage au temps des avirons et de la voile, éditions le chasse-marée, 1986, ancien des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et à l'origine de la remise en état du canot à avirons Philippes de Kerhallet (1897).
Memgam
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Ar Brav
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

Merci Memgam pour ces précisions.

Voici la suite du récit, parue dans l'hebdomadaire Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, en rubrique "Mémoire", page 38. L'auteur n'est pas cité.

Bien cordialement,
Franck

Le canot de sauvetage Paul Tourreil, de l'île d'Yeu, revient au port avec les naufragés d'un cargo norvégien. Mais nous sommes en plein hiver 1917 et il faut avancer contre un puissant courant...

Pour illustrer le propos, un cliché de l'équipage du canot de sauvetage de la station SCNS (ancêtre de la SNSM) d'Audierne.
Les marins portent l'équipement classique des sauveteurs : ciré, pantalon large, suroît protégeant la nuque, une ceinture de sauvetage.

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 38.
Photo : Collection SNSM.


En ce 26 janvier 1917, c'est jour de grande marée. Or, dans la nuit, le canot de sauvetage Paul Tourreil, de l'île d'Yeu, sorti chercher l'équipage du cargo norvégien Ymer, ne peut plus revenir au port avec une partie des naufragés car il doit faire face à un puissant courant et du vent contraire. Le patron décide de stopper et d'attendre la fin du jusant. Mais la marée ne remontera que dans 5 heures.
On mouille l'ancre, qui croche dans le fond et retient le canot par une seule amarre. Pour le moment, personne ne s'inquiète. Personne n'a d'ailleurs de raison de s'inquiéter : ni les marins, ni les veilleurs du sémaphore qui observent la scène aux jumelles et comprennent l'action en cours, ni le bateau à vapeur qui transporte des passagers entre Fromentine et Port-Joinville. Comme ce dernier vient d'arriver et n'a pas encore mis bas les feux, il pourrait d'ailleurs venir
à la rescousse.

Mais, à bord du Paul Tourreil, ça se gâte. Le canot, toujours retenu par l'ancre, remue beaucoup sur la mer en furie. Les hommes fatiguent. Trempés jusqu'aux os, harassés, ils ressentent de plus en plus la faim. Le froid mordant commence à les saisir. Le second capitaine norvégien est relativement protégé par ses vêtements imperméables mais ses hommes n'ont pas cette chance. Le grésil tombe, emprisonnant tout sous une gangue de glace.
Et à un moment, catastrophe, l'amarre de l'ancre casse net. Son câble de chanvre a été scié par l'usure. Voilà le canot qui part à la dérive, s'éloignant de l'île. Il est certain que, dans ces conditions, l'équipage n'est pas près de pouvoir revenir...
Les intrépides marins recommencent à s'arc-bouter sur les avirons. Or, plusieurs d'entre-eux, n'ayant pas imaginé passer autant de temps en mer, ne sont pas vêtus convenablement pour une telle épreuve par temps glacial, sans compter qu'ils ont déjeuné léger, ou que leur repas a été interrompu par l'alarme. Rien n'y fait, le canot est poussé vers le large, vers l'ouest-nord-ouest. Sur quelle distance et pendant combien de temps cela pourra-t-il durer ? On pense rallier... Belle-Ile. On hisse la grand-voile et la misaine. Le canot se dirige vaillamment vers sa nouvelle destination. Mais la tempête enfle. Un paquet de mer éteint le fanal et fausse le compas. L'évacuation de l'eau ne se fait plus en raison de l'arrêt des soupapes des tubes ; l'intérieur du canot se remplit à chaque paquet de mer.

Heureusement, il ne coule pas grâce à ses caissons d'insubmersibilité. La grand-voile, finalement inutile, est amenée. Puis c'est le tour de la misaine. On met à l'eau l'ancre flottante, sorte de poche parachute qui s'ouvre dans l'eau et retient le canot, bout au vent. Du givre recouvre tout le canot, ses mâts, les avirons, les bancs, les hommes. On apprendra que cette nuit du 26 au 27 janvier, à terre, il fait -15° C...

Croquis d'une ancre flottante retenant un canot de sauvetage de la SCNS. Image extraite du "Manuel du canotier". DR.

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 38.


Bientôt, trois hommes décèdent de froid : deux des marins étrangers rescapés de l'Ymer, qui sont en mer depuis trois jours, et Adolphe lzacard, un des sauveteurs français, père de 7 enfants, qui s'était porté volontaire alors qu'une bronchite carabinée le tenait cloué au lit depuis des semaines.

Soudain, l'ancre flottante est arrachée. Le canot va se perdre. Vite, on en fabrique une autre, sous la forme d'un cadre fait avec les deux mâts et un grand aviron, liés ensemble. Mouillée à l'avant, elle maintient elle aussi le canot face au vent et atténue les effets des vagues, La journée passe ainsi, sous les rafales de neige.
La nuit arrive et le froid augmente. Le feu de Belle-Ile apparait dans le nord-est, à environ 15 milles selon l'estimation des hommes. À minuit, deux marins norvégiens décèdent. Le froid devenant intolérable, le patron décide d'atterrir. Mais il faut replanter les mâts, et pour cela démonter l' "ancre" artificielle, puis hisser les voiles. Ceci ne peut se faire qu'au prix d'efforts surhumains. Or, à peine établie, la grand-voile doit être abattue à cause de la houle et des paquets de mer. On reprend un ris à la voile de misaine. Le canot se dirige vers le nord, très bas sur l'eau.
Les hommes continuent d'agoniser puis de mourir les uns après les autres. Le patron, Noé Devaud, toujours cramponné à la barre, scrute l'horizon. Il attend que la côte du sud Bretagne apparaisse. Mais à ses pieds reposent les corps de trois Norvégiens et de quatre de ses hommes, morts de froid et d'épuisement. Ne faudrait-il pas les jeter à la mer, pour sauver le canot surchargé et les survivants ?
Groix apparaît dans le nord-est mais trop loin. L'île défile petit à petit, à l'est. Puis disparait dans le sud-est...

(à suivre)






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Ar Brav
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

Un lien vers un sujet sur le drame du Paul Tourreil, dans l'Encrier du Poilu :

http://lencrierdupoilu.free.fr/index.ph ... &Itemid=63

Et également, à la Bibliothèque du Musée national de la Marine,sous la référence Bib mnM P324/U, un article de Jean-Yves Brouard, « Le drame du "Paul Tourreil" ».
Navires et histoire, n° 26, oct. 2004, p. 109-111.

Bien cordialement,
Franck
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Ar Brav
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

Voici la suite et la fin de la relation du drame telle que parue dans l'hebdomadaire Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34. L'auteur n'est pas cité.

Bien cordialement,
Franck

Les Norvégiens de Névez.

Le canot Paul Tourreil de l’île d’Yeu, poursuit sa dérive vers le nord, fin janvier 1917. Dans la tempête, le froid extrême, ses occupants décèdent les uns après les autres.

La navigation se poursuit. Les Glénan se devinent sur la gauche. Le canot se dirigeant vers le nord, on pense arriver sur la gauche de l'embouchure de l'Aven. Un autre marin français décède. La côte se devine loin devant. Un autre Norvégien meurt à son tour. Le canot passe par le travers d'un îlot, l’île Verte.
Devaud le connaît et sait qu'il est désert ; il préfère continuer sa route. Bientôt il élonge Raguénès. Ce bout de terre devient une presqu'île à marée basse. Un pêcheur qui y habite seul avec sa famille, Jean-Marie Marrec, aperçoit le canot. Il comprend la situation. Il fait signe de venir aborder par le nord-ouest.

Le secteur de Raguénès où a atterri le canot de sauvetage. La photo est d’époque :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.



Le second capitaine norvégien, malgré son épuisement, réussit à se traîner vers la terre ferme, jusqu'à un hôtel où il va faire appel aux secours. Devaud descend du canot et aide Marrec à débarquer ses camarades. Les frères Pillet sont presque inanimés. Le pêcheur breton les emporte sur une charrette jusqu'à sa maison mais Émile rend l'âme sur le seuil de la porte (Edmour décédera à son tour douze heures plus tard).
Les premiers soins sont prodigués aux marins ; le fils Marrec, Pierre, racontera plus tard : "Je n'avais que 7 ans à l'époque. Il a fallu que je quitte la maison pour faire de la place. Les naufragés ont pris mon lit. Il fallait les mettre au chaud."

Pierre Marrec, 87 ans au moment de cette photo, était un témoin de l’arrivée des naufragés dans la maison de son père sur l’île de Raguénès :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.


Cinq marins norvégiens et six marins de l'île d'Yeu sont enterrés dans le cimetière de Névez.
La tombe des marins du cargo norvégien Ymer, aujourd’hui dans le cimetière de Névez (Finistère). L’un d’eux n’a été identifié qu’en 1998. On aperçoit au pied de la croix, une plaque portant le nom des canotiers ogiens également morts dans l’aventure :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.



Pour exprimer sa reconnaissance pour le dévouement dont ont fait preuve les hommes du canot se portant au secours de l'équipage de l'Ymer, le gouvernement norvégien décerne la médaille d’or du sauvetage au patron Noé Devaud et la médaille d’argent du sauvetage à ses équipiers, Olivier Plessis, Pierre Girard, Baptiste Tonnel, Alexandre Gouillet et Emmanuel Tourbé. Jean-Pierre Marrec, le pêcheur, inscrit maritime de Concarneau, se voit également attribuer la médaille d’argent du sauvetage.

Noé Devaud, le patron du canot Paul Tourreil, après le drame de janvier 1917. Il a effectué 17 sauvetages qui lui ont valu diverses médailles, dont la Légion d’Honneur :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 38.
Photo : Collection SNSM.


Les sauveteurs rescapés, après le drame : le patron Noé Devaud est à gauche :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.


Un canot de sauvetage de l’île d’Yeu s’est appelé plus tard Patron Noé Devaud, en hommage au héros de l’aventure :

Image

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.


En 1922, la Norvège finance également l'érection d'un monument sur l'île d'Yeu. Œuvre du sculpteur Stephan Siding, remplacé par une autre sculpture (lire le Marin du 4 décembre), il est inauguré le 5 juillet de cette année-là, conjointement par le Baron de Wedel Jarlsberg, ministre de Norvège, et M. Rio, sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande (parmi l'équipage du cargo norvégien Ymer, figurent au moins un marin suédois et un néerlandais).
En 1997, pour le 80ème anniversaire de la dramatique aventure, le club des rameurs de Port-Joinville a organisé un pèlerinage sur le même trajet que le Paul Tourreil, entre l'île d'Yeu et la côte sud du Finistère. Le canot de la SNSM de l'île d'Yeu, le Président Louis Bemard, a accompagné une embarcation mue à l'aviron qui a effectué le voyage avec 8 rameurs et un barreur et qui a été rejointe en mer par une autre unité de la SNSM, la vedette Ar Beg.

À l'arrivée, un officier mécanicien de la Marine norvégienne, diverses associations et personnalités ainsi que Pierre Marrec, l'attendaient pour un ensemble de cérémonies émouvantes.

Fin de l’article.






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Jens
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Jens »

Bonjour à tous les participants de ce post.

Le propriétaire de l'Ymer n'était autre que mon arrière grand père norvégien.
Je reviens de Bergen où j'ai commencé des recherches sur une branche lointaine de mon histoire familiale que la lecture de vos écrits m'a révélé. Encore merci à vous.

J.Lund


Jens
Rutilius
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Message par Rutilius »

oOo
Dernière modification par Rutilius le dim. mai 10, 2026 12:10 pm, modifié 4 fois.
Jens
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par Jens »

Merci pour toutes ces nouvelles informations.

Je rentre tout juste de Berlin, et surtout de la visite de son fameux musée Deutsche Technik Museum où sont exposées des maquettes et des bateaux (remorqueur à vapeur) grandeur nature du début de siècle.
Beaucoup d'infos sur la marine allemande avec un sous marin de poche authentique pour un seul équipage.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant du développement de mes recherches et de la concrétisation d'un projet qui m'est cher.

Bien à vous.

Jens
lannroz
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Re: YMER - Cargo norvégien et les Sauveteurs de l'ile d'Yeu

Message par lannroz »

Bonjour à tous,

Voici la suite et la fin de la relation du drame telle que parue dans l'hebdomadaire Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34. L'auteur n'est pas cité.

Bien cordialement,
Franck

Les Norvégiens de Névez.

Le canot Paul Tourreil de l’île d’Yeu, poursuit sa dérive vers le nord, fin janvier 1917. Dans la tempête, le froid extrême, ses occupants décèdent les uns après les autres.

La navigation se poursuit. Les Glénan se devinent sur la gauche. Le canot se dirigeant vers le nord, on pense arriver sur la gauche de l'embouchure de l'Aven. Un autre marin français décède. La côte se devine loin devant. Un autre Norvégien meurt à son tour. Le canot passe par le travers d'un îlot, l’île Verte.
Devaud le connaît et sait qu'il est désert ; il préfère continuer sa route. Bientôt il élonge Raguénès. Ce bout de terre devient une presqu'île à marée basse. Un pêcheur qui y habite seul avec sa famille, Jean-Marie Marrec, aperçoit le canot. Il comprend la situation. Il fait signe de venir aborder par le nord-ouest.

Le secteur de Raguénès où a atterri le canot de sauvetage. La photo est d’époque :

http://img269.imageshack.us/img269/6954 ... uratte.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.



Le second capitaine norvégien, malgré son épuisement, réussit à se traîner vers la terre ferme, jusqu'à un hôtel où il va faire appel aux secours. Devaud descend du canot et aide Marrec à débarquer ses camarades. Les frères Pillet sont presque inanimés. Le pêcheur breton les emporte sur une charrette jusqu'à sa maison mais Émile rend l'âme sur le seuil de la porte (Edmour décédera à son tour douze heures plus tard).
Les premiers soins sont prodigués aux marins ; le fils Marrec, Pierre, racontera plus tard : "Je n'avais que 7 ans à l'époque. Il a fallu que je quitte la maison pour faire de la place. Les naufragés ont pris mon lit. Il fallait les mettre au chaud."

Pierre Marrec, 87 ans au moment de cette photo, était un témoin de l’arrivée des naufragés dans la maison de son père sur l’île de Raguénès :

http://img94.imageshack.us/img94/593/pa ... temoin.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.


Cinq marins norvégiens et six marins de l'île d'Yeu sont enterrés dans le cimetière de Névez.
La tombe des marins du cargo norvégien Ymer, aujourd’hui dans le cimetière de Névez (Finistère). L’un d’eux n’a été identifié qu’en 1998. On aperçoit au pied de la croix, une plaque portant le nom des canotiers ogiens également morts dans l’aventure :

http://img44.imageshack.us/img44/5648/y ... snorve.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection Jean-Michel Robert.



Pour exprimer sa reconnaissance pour le dévouement dont ont fait preuve les hommes du canot se portant au secours de l'équipage de l'Ymer, le gouvernement norvégien décerne la médaille d’or du sauvetage au patron Noé Devaud et la médaille d’argent du sauvetage à ses équipiers, Olivier Plessis, Pierre Girard, Baptiste Tonnel, Alexandre Gouillet et Emmanuel Tourbé. Jean-Pierre Marrec, le pêcheur, inscrit maritime de Concarneau, se voit également attribuer la médaille d’argent du sauvetage.

Noé Devaud, le patron du canot Paul Tourreil, après le drame de janvier 1917. Il a effectué 17 sauvetages qui lui ont valu diverses médailles, dont la Légion d’Honneur :

http://img193.imageshack.us/img193/6247 ... nnoede.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 11 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 38.
Photo : Collection SNSM.


Les sauveteurs rescapés, après le drame : le patron Noé Devaud est à gauche :

http://img138.imageshack.us/img138/6185 ... pescan.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.


Un canot de sauvetage de l’île d’Yeu s’est appelé plus tard Patron Noé Devaud, en hommage au héros de l’aventure :

http://img694.imageshack.us/img694/8575 ... aucano.jpg

Sources :
Le Marin du vendredi 18 décembre 2009, rubrique "Mémoire", page 34.
Photo : Collection SNSM.


En 1922, la Norvège finance également l'érection d'un monument sur l'île d'Yeu. Œuvre du sculpteur Stephan Siding, remplacé par une autre sculpture (lire le Marin du 4 décembre), il est inauguré le 5 juillet de cette année-là, conjointement par le Baron de Wedel Jarlsberg, ministre de Norvège, et M. Rio, sous-secrétaire d'État à la Marine Marchande (parmi l'équipage du cargo norvégien Ymer, figurent au moins un marin suédois et un néerlandais).
En 1997, pour le 80ème anniversaire de la dramatique aventure, le club des rameurs de Port-Joinville a organisé un pèlerinage sur le même trajet que le Paul Tourreil, entre l'île d'Yeu et la côte sud du Finistère. Le canot de la SNSM de l'île d'Yeu, le Président Louis Bemard, a accompagné une embarcation mue à l'aviron qui a effectué le voyage avec 8 rameurs et un barreur et qui a été rejointe en mer par une autre unité de la SNSM, la vedette Ar Beg.

À l'arrivée, un officier mécanicien de la Marine norvégienne, diverses associations et personnalités ainsi que Pierre Marrec, l'attendaient pour un ensemble de cérémonies émouvantes.

Fin de l’article.





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