Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

olivier 12
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

SAINT ANTOINE

Goélette française de Tunisie appartenant à Monsieur Victor BERIBI, demeurant à Sfax.
43 tx JB

La perte de SAINT ANTOINE

L’enseigne de vaisseau BROTONS, commandant le torpilleur 350 de la flottille des torpilleurs de Bizerte appareille de Bizerte le 24 Juin 1918 à 12h30 pour une surveillance de la côte.
Au retour, vers 20h30, alors qu’il fait route pour prendre le mouillage de Mahedia, un canot portant plusieurs Arabes vient accoster le torpilleur.
C’était l’équipage de la goélette SAINT ANTOINE, attaquée et coulée par un sous-marin à 15 milles de Mahedia ce matin même du 24 Juin 18.

Le patron, Mansour LOURIEMMI, raconte à l’enseigne les faits suivants :

« Nous faisions une traversée Djerba – Tunis avec un chargement de gargoulettes (ou alcarazas)
(nota : il s’agit de vases en terre poreuse dans lesquels on met l’eau à refroidir par évaporation) et des sacs de henné.

La goélette faisait route au N 30 E lorsqu’à 06h00 un sous-marin fut aperçu à 3000 m se dirigeant sur nous. Nous avons viré de bord pour nous rapprocher de la terre, mais le sous-marin nous a suivi et a tiré quelques coups de canon. Nous avons alors quitté la goélette et pris place dans un canot. Le sous-marin est venu nous rejoindre et nous avons du monter à bord. Nous y sommes restés deux heures.

Pendant ce temps, un officier et des marins allemands sont allés sur la goélette avec un arabe. Ils ont pris 40 litres d’huile, 2 chaises, des gargoulettes, une voile complète, des cordages et 3 pavillons tunisiens.

Puis le canot est retourné une 2e fois sur la goélette avec des pétards et une équipe de démolition. Le voilier a sauté à 500 m du sous-marin, à 09h00.

Pendant notre séjour sur le sous-marin, nous n’avons pas été maltraités. Le commandant a demandé si nous connaissions l’anglais et, sur notre réponse négative, n’a pas engagé la conversation. »

L’enseigne ajoute :

« Les indigènes parlent du reste fort mal le français et je crois qu’un Allemand, même comprenant bien notre langue, aurait pu difficilement les comprendre. »

Bref, aucun renseignement précis n’a pu être donné sur le sous-marin qui ne portait aucun pavillon. Il y avait un mât TSF et la peinture était gris foncé et vieille. Le sous-marin avait tout de même une petite embarcation sur le pont et deux périscopes.
Il est parti vers l’est à petite vitesse après avoir remis les Arabes dans le canot.

L’enseigne pense qu’il s’agit d’un sous-marin du type UB 18.

Il signale aussi que le commandant du sous-marin a inscrit sur le carnet du patron de la goélette la date et quelques mots. Il fait parvenir l’original de ce carnet à son supérieur.
Malheureusement, ce carnet ne figure pas dans les archives.

Le sous-marin attaquant

N’est pas identifié et cette goélette, peut-être considérée comme tunisienne, ne figure pas sur uboat.net.

Encore une recherche à effectuer ;)

Cdlt
Dernière modification par olivier 12 le dim. févr. 11, 2018 8:36 am, modifié 2 fois.
olivier
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Yves D
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Yves D »

Bonjour Olivier, bonjour à tous
Potentiellement il y aurait UC 73, Oblt Gerke qui a effectué une patrouille entre le 19.6 et le 14.7 avec pour destination la côte libyenne où, à Misrata, il déposait armes et personnels le 26 avant de transporter des officiers turcs de Misrata à El Ageila puis de poursuivre avec la guerre au commerce. Parti de Pola le 19 et rendu en Libye le 26, il peut fort bien s'être trouvé au large de Mahdia (Al Madiyah, S de Monastir) le 24 au matin et parcourir en deux jours les quelques 250 nautiques restant jusqu'à Misrata.
Cependant ni Spindler ni Bendert ne mentionnent cet épisode... Reste le KTB pour arbitre et je vais donc rechercher dans ce sens.
Amts
Yves
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Yves D
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Yves D »

Après investigation sur ce sujet par Oliver (Gastolli sur le forum), il apparait que c'est UB 68, Oblt von Heimburg, qui a coulé cette goélette. L'incident figure bien dans Spindler mais il est tellement vaguement signalé comme coulé "dans le Détroit de Sicile", en plus sous le nom de SAN ANTONIO, que j'étais passé à côté de cette ligne...
Pour la petite histoire, à l'issue de cette mission, c'est un certain Karl Dönitz qui devait prendre le commandement de ce sous-marin pour sa dernière patrouille.
Yves
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Rutilius
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Rutilius »


Bonjour Olivier,
Bonjour à tous,

« L’enseigne de vaisseau BROTONS, commandant le torpilleur 350 de la flottille des torpilleurs de Bizerte appareille de Bizerte le 24 Juin 1918 à 12 h 30 pour une surveillance de la côte. »

Basé à Calais, le Torpilleur 350 se trouvait amarré dans ce port dans la journée du Lundi 24 juin 1918 (Torpilleur 350, Journal de bord – 29 avril / 11 août 1918 – : S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 576, p. 418). Il doit donc s'agir d'un autre bâtiment.

Bien amicalement à vous,
Daniel.
olivier 12
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous, Bonjour Daniel,

J'ai beaucoup hésité avant de mettre ce numéro, tant le document est peu lisible. Il pourrait en fait s'agir du 330, mais là encore sans certitude. Pendant la Grande Guerre, le 330 était basé à Bizerte. Il faudrait savoir quel bâtiment commandait l'enseigne Brotons, car son nom est plus lisible...

Cdlt
olivier
Rutilius
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Rutilius »


Bonjour Olivier,
Bonjour à tous,

Malheureusement, les documents de bord du Torpilleur 330 ne sont pas accessibles en ligne, de sorte que la vérification est matériellement impossible. En revanche, il convient d'exclure le Torpilleur 360, qui appartenait à la Division des patrouilles de Provence : le 24 juin 1918, il se trouvait en effet à Port-Vendres.

Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Rutilius »

.
Bonsoir à tous,

Le rapport mensuel d'activité de la Direction française des route de la 1re Armée navale se rapportant au mois de Juin 1918 qualifie cette goélette de « voilier tunisien » et la dénomme expressément « San Antonio » [The National Archives, Kew, London, cote ADM 137/2177 ― Document aimablement communiqué par Gastoldi (Oliver) ―, p. 622]. A ne pas confondre, toutefois, avec le voilier italien San Antonio, coulé le 3 juin 1918 à 16 h par 38° 02' N. et 18° 42' E. (ibid., p. 627).


« Ire ARMÉE NAVALE Bord, Eros, le 5 juillet 1918

Direction générale française
des routes

N° 1031 Le Contre-amiral RATYÉ, Délégué
général français des routes en Méditerranée
Objet : Rapport mensuel de Juin. à
Monsieur le Vice-amiral Commandant en
SECRET Chef de la Ire Armée navale

Amiral,

J’ai l’honneur de vous adresser le rapport du mois de Juin :

................................................................................................................................

TITRE II.
OPÉRATIONS DES SOUS-MARINS ENNEMIS

MÉDITERRANÉE OCCIDENTALE


.................................................................................................................................

Croisière (d.) ―

Se signale pour la première fois le 4 au large d’Alger où il est aperçu à 3 reprises entre 15 heures et 17 heures aux environs du point 37° 10 et 03° 10 par le dirigeable A.T.-7 ; celui-ci lance deux bombes.
Le sous-marin (d.) ne se manifeste pas au cours des journées suivantes, mais c’est à lui que, le 10 juin (22 h. 30) nous croyons pouvoir attribuer le torpillage du vapeur français Nivernais, en convoi escorté par Gracieuse et Fier (L. = 38° 10 / G. = 04° 08 E.).
Le 12 à 23 heures, (d.) lance trois torpilles contre le vapeur anglais Penhallow qu’il coule.
Restant toujours dans les mêmes parages, il est attaqué le 16 par le chasseur C-28, par 38° 30 et 04° 25. Le chasseur parvient à conserver le contact par hydrophone jusqu’à ce qu’un changement de l’état de la mer le lui fasse perdre. Le chasseur lança plusieurs grenades, mais sans succès probable.
Le sous-marin (d.) paraît à partir de ce moment se déplacer vers l’Ouest. A deux reprises, il est signalé le 18 à 12 heures par 36° 16 et 05° 01, et à 20 heures par 38° 07 et 06° 40.
Peut-être est-ce lui que l’on retrouve le 24 à 8 heures au large du Ras Matedia, où il coule à la torpille le voilier tunisien San Antonio. Il est de nouveau signalé le 25 à 9 heures au large de la Grande Kuriat.
[...] »
_________________________________________________________________________________________

Nota : Autre voilier qualifié de « tunisien » ― et considéré comme tel par uboat.net, à la différence du San Antonio ― : le Poincaré, coulé le 12 juin 1918 par l'UC-20 (Oberleutnant zur See Heinrich Kukat).
_______________________

Bien amicalement à vous,
Daniel.
Dernière modification par Rutilius le lun. févr. 12, 2018 8:24 am, modifié 1 fois.
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Yves D
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Yves D »

Bonsoir à tous

San Antonio ou Saint Antoine ? Français ou tunisien ?
Le dossier ouvert à cette occasion par la Marine porte bien le nom de Saint Antoine (c'est celui qu'Olivier a consulté à Vincennes).
Le doute subsiste. Il se pourrait bien que la situation de Protectorat français pour la Tunisie soit à l'origine de ces divergences de nationalité

Selon son dossier à Vincennes, le Poincaré est bien tunisien.

Peut-être est-ce lui que l’on retrouve le 24 à 8 heures au large du Ras Matedia, où il coule à la torpille le voilier tunisien San Antonio
Décidément, ces torpilles !

Cdlt
Yves
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Terraillon Marc
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par Terraillon Marc »

Bonjour

Le navire a l'indice (2) dans la base de données

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
olivier 12
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Re: SAINT ANTOINE Goélette française de Tunisie

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Complément sur le naufrage de la goélette SAINT ANTOINE le 24 Juin 1918

Précisions apportées par le rapport officiel de l’EV 1 BROTONS

La goélette naviguait bâbord amures le 24 Juin à 06h00 du matin et il faisait beau temps avec une jolie brise de NW et une mer peu agitée.

Voici les positions relatives du sous-marin et de la goélette

Image

Un officier et des marins allemands ont été pilotés par un Arabe sur la goélette. Le sous-marin mesurait 50 m de long environ et portait un canon sur son avant. Les indigènes ont aussi reconnu un coupe-filet. A mon avis, le sous-marin était du type UB 18 à UB 47. Le sous-marin est ensuite parti vers l’Est, en surface et à petite vitesse.

Voici le mot inscrit par le commandant du sous-marin sur le carnet de l’indigène patron de la goélette :

Image

(Nota : sans doute est-il possible pour des spécialistes de reconnaître la signature de ce commandant –peut-être VH pour von Heimburg- et la signification des mots inscrits…En tous cas, la goélette est bien nommée SAINT ANTOINE par l’Allemand)

Rapport du LV LUCAS, Commandant les chalutiers du SUD Tunisien au CV Chef de Division

Je vous rends compte de l’ensemble des faits qui ont accompagné le passage d’un sous-marin dans le Sud Tunisien les 24 et 25 Juin 1918.

Le 24 Juin à 07h15 du matin, le poste de Chebba entend une dizaine de coups de canon à 8 milles environ dans le NE. J’en suis averti à 09h00 par l’aviation de Sousse et lui demande une reconnaissance, mais à cause du fort vent de NW, elle ne peut voler et l’aviation de Mahdia pas davantage. L’aviation de Sfax va faire à 09h30 une reconnaissance au-delà du canal de La Luza, jusqu’à Chebba et ne voir rien d’anormal.

Voici, en trait plein, le graphique de cette reconnaissance.

Image

La situation des bateaux à la mer est la suivante

- Entre la bouée Ouest de Kerkenah et Chebba se trouve le chalutier MARGOT, sans TSF, attendant un convoi du Nord, parti de Trapani mais retardé par le mauvais temps. Il doit rester jusqu’à 14h00 et rentrer à Sfax à la nuit s’il n’a rien vu.
- J’envoie la vedette 15 sur les lieux de l’alerte. Départ à 09h10 avec ordre de venir prendre mes instructions au téléphone à Chebba à 16h00.
- Deux sections de torpilleurs, 330 et 364 de passage, allument leurs feux.
- Section BROTONS appareille à midi pour aller croiser entre Chebba et Kuriat avec surveillance spéciale des mouillages.
- Section torpilleurs 329 et 361 et section PELLE DESFORGES allume ses feux prêts à tout évènement.
- La mahonne armée JEANNE D’ARC est en route depuis la veille pour protéger La Thonnaire et Chebba.
- 3 mahonnes se trouvent dans le Sud, 3 mahonnes au Sisan, 2 mahonnes entre Gabes et Djerba, 1 mahonne en transit vers Zarzis avec convoi, 1 mahonne rentre du Sud vers Sfax.
- La vedette 25 (EV d’ANSELME) est en instance d’inspection des diverses mahonnes des groupes Sisan-Zarzis.

J’établis pour la nuit en grands gardes mobiles avec écoute :
- Vedette 15 qui reçois mes ordres par téléphone à 16h00, à Chebba. Elle croisera pendant la nuit entre les bouées 0 et 1 où elle remplace le chalutier MARGOT rentré.
- Vedette 16 à bouée 7 ;
Je cherche par ce dispositif à gêner le mouillage de mines aux atterrissages de Kerkennah. Le chalutier SUZ est à la mer, parti à14h00 de Kuriat pour Lampedusa. A 22h00, j’apprends par téléphone, de l’EV BROTONS qui est à Mahedia, l’attaque d’une goélette à 08h00 du matin. Devant ce fait précis, lancé le ALLO.

- Ordre à la section BROTONS de continuer à croiser entre Kuriat et Chebba.
- Section PELLE DESFORGES appareille à minuit pour faire le tour de Kerkennah par le Sud.
- Suspendu la navigation côtière de Sousse jusqu’à la Tripolitaine pour éviter d’autres attaques.

Le 25 Juin :

Voir en pointillé le graphique de la situation des bâtiments à la mer.

Image

- Appareillage à 04h00 du dragueur E.RESAL pour draguer autour des bouées de Kerkenah par le Nord.
- Aviation de Sfax fait 2 reconnaissances, une vers le Nord de 06h30 à 08h30 et une vers le Sud vers Gabes.
- A 07h45, avisé par le LV commandant l’aviation de Sousse qu’on entend une détonation du côté de Kuriat. Je lui demande de prévenir aussitôt par TSF les torpilleurs et le TARTARIN.
- A 10h15, Sousse prévient que le sous-marin a été aperçu faisant route à l’Est par 35°40 N et 11°12 E. Deux sections d’avions sont lancées dessus. Fais émettre un ALLO par poste TSF de l’aviation de Sfax et demande à Monsieur le LV de MORCOURT d’en faire autant avec le poste de Sousse. Dans ce cas particulier, il était de mon devoir d’enfreindre les consignes des communications de la 4e zone. Les communications, même par fil téléphonique, sont lentes. Il faut 1 heure entre Chebba et Sousse, 1h30 entre Chebba et Sfax.
- RESAL a continué ses dragages sans rien trouver.
- Avions de Sfax ont fait une reconnaissance, mais le sous-marin ne s’est plus manifesté.

Je tiens à signaler la grande lenteur des communications. J’en ai instruit Monsieur le CV chargé des batteries côtières et Monsieur le CA BARNOUIN, en tournée d’inspection le 27 Juin. Je demande qu’on autorise exceptionnellement les postes aviation de Sfax et Sousse à lancer des ALLOS.
D’autre part, un poste d’hydravions avec pilotes, appareils et hangars serait très utile à Chebba. Il serait mieux placé pour surveiller les abords de Kerkennah et les routes des convois. Sousse, avec sa rade sûre et son ravitaillement par chemin de fer est une excellente base, mais située au fond du golfe d’Hammamet. Un poste détaché en permanence à Chebba serait très utile.

J’insiste sur la nécessité de gagner du temps pour lutter efficacement contre les sous-marins dont les manifestations sont essentiellement fugitives.

Note du CV VINDRY, Chef de Division, au VA Commandant en Chef, Préfet Maritime Bizerte
11 Juillet 1918


1) Le rapport du LV LUCAS Commandant les chalutiers du Sud indique les mesures prises pour rechercher le sous-marin qui a coulé la goélette indigène SAINT ANTOINE. Le rapport de l’EV BROTONS, commandant la section 330, donne les renseignements fournis par l’équipage de la goélette.
2) Il est nécessaire d’améliorer les communications téléphoniques et de faciliter par tous les moyens la transmission des renseignements relatifs aux sous-marins aux bâtiments à la mer qui seuls peuvent les utiliser pour l’action. Les consignes trop rigides peuvent avoir des inconvénients. Je propose que le Commandant des chalutiers du Sud soit autorisé ainsi qu’il le demande à se servir des postes de Sfax et Sousse pour émettre des ALLOS.

Note du CV RAVOUX, Chef du Service des communications de la 4e zone

1) Le rapport de Monsieur le LV LUCAS signale la lenteur des communications entre le poste de Chebba d’une part et les postes de Sousse et Sfax d’autre part. Nous faisons procéder à une enquête près des bureaux postaux de Sousse et Sfax.
2) En ce qui concerne l’autorisation demandée par le chef des patrouilles de Tunisie pour l’émission d’ALLO par les postes de Sfax et de Sousse, le service des communications ne peut à lui seul donner satisfaction, les consignes qui ont été données à ces deux postes étant absolument conformes à des ordres généraux que seul un ordre du Commandant en Chef de l’Armée Navale permettrait de changer.

Dans le cas particulier du 25 Juin, l’ALLO émis directement par Sousse et Sfax contrairement aux règlements a été lancé à 10h30.
D’après les indications fournies par le Bureau des Renseignements de Bizerte, prévenu par Sousse télégraphiquement et d’une façon régulière par fil, ce service n’aurait pu décider de l’émission de l’ALLO qu’à midi.
Etant donné la situation particulière du Commandant des chalutiers du Sud Tunisien et les grosses difficultés rencontrées pour la transmission des télégrammes et des téléphones dans toute cette région de la Tunisie, il paraît évident d’avoir un intérêt militaire réel à modifier cet état de chose. J’ai l’honneur de demander que le présent dossier soit transmis au Commandant en Chef de l’Armée Navale en lui formulant la proposition suivante :

« Dans les cas comportant des indications certaines sur la présence de sous-marins ennemis dans la région de surveillance, le Commandant des Chalutiers du Sud Tunisien est autorisé à utiliser les postes de Sfax et Sousse pour émettre des ALLOS. »

Le sous-marin attaquant

C’était donc l’UB 68 du Kptlt Heino von HEIMBURG comme rapporté par Yves et Oliver en Novembre 2010.

Cdlt
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