ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

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Ar Brav
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

ESPERANTO Cargo caboteur de la Compagnie Générale Transatlantique (1910 - 1945)

La fiche Miramar du cargo :

IDNo: 1123735
Year: 1906
Name: PROMPT
Type: Cargo ship
Launch Date: 21.08.1906
Date of completion: 11.1906
Flag: GBR
Tons: 209
Yard No: 561
Country of build: G-B
Builder: Hepple
Location of yard: South Shields

1910 : ESPERANTO pour le compte de la Compagnie Générale Transatlantique
1945 : Démoli.

Cordialement,
Franck
www.navires-14-18.com
Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
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Ar Brav
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Ar Brav »

Re,

ESPERANTO Compagnie Générale Transatlantique

Petit cargo construit en 1906 pour l'armement anglais J. H. BECKWITH & Co sous le nom de PROMPT.
Acquis en 1910 par la TRANSAT, renommé ESPERANTO et affecté comme stationnaire aux Antilles.

La suite ici :
http://www.frenchlines.com/ship_fr_136.php

Cordialement,
Franck
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
olivier 12
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

ESPERANTO

Navire appartenant à l’armateur Sylvestre, d’Oran.
168 tx JN.
Armé d’un canon de 47 mm matricule 1902 à berceau. Hausse 3700m sans hausse additionnelle.
Transporte 70 tonnes de divers

Image

Rencontre avec un sous-marin le 14 Décembre 1917. Rapport de la commission d’enquête

ESPERANTO, bâtiment à vapeur appartenant à Monsieur Sylvestre, a quitté Cette le 13 Décembre 1917 pour Marseille. Le 14 Décembre à 05h30, arrivé à 2,5 milles du Planier, le capitaine, en montant sur la passerelle, aperçut par son travers à 1500 m environ, une masse noire, aperçue en même temps par le maître d’équipage, officier de quart, et le canonnier de veille à la pièce arrière. Cette masse faisait route à l’Est comme le bâtiment. Au bout de quelques secondes, la silhouette d’un sous-marin fut reconnue. Le bâtiment vint sur la gauche pour lui présenter l’arrière. L’équipage fut mis au poste de combat, mais aucun ordre ne fut donné pour ouvrir le feu et on ne tira même pas un seul coup de canon, laissant passer une occasion superbe de détruire un ennemi.

« J’ignorais si j’avais à faire à un français ou à un ennemi », nous dit le capitaine. « Je n’ai pas demandé à ouvrir le feu », nous raconte le chef de pièce, « car on m’a toujours dit que nous avions un armement défensif et que nous ne devions pas attaquer les premiers. Je n’ai fait aucune supposition sur la nationalité du sous-marin. Pour moi c’était un sous-marin allemand. J’ai pointé la pièce dans sa direction et je suis allé réveiller les hommes qui devaient servir au poste de combat, puis je suis revenu».

Ce n’est malheureusement pas la première fois que la commission entend des réponses pareilles, aussi elle émet l’avis qu’il y aurait lieu de prévenir les capitaines de tous les navires de commerce des prescriptions prévues par la note secrète du 17 Août 1917, qu’ils ne connaissant pas, et de les informer que :
- Les navires de commerce doivent considérer comme ennemis tous les sous-marins aperçus et les attaquer
- Qu’il appartient aux sous-marins français et alliés de se défiler.
- Que même lorsqu’un sous-marin arbore un pavillon français ou allié, il y a lieu de se méfier de lui et de manœuvrer afin d’être en mauvaise position pour un torpillage
- Que si l’artillerie mise à bord est en principe une artillerie défensive, un capitaine n’a pas le droit lorsqu’il se trouve à proximité des batteries comme l’était ESPERANTO de laisser passer l’occasion de détruire un ennemi qui peut quelques instants plus tard s’attaquer à des bâtiments de grande valeur militaire ou commerciale et occasionner des pertes sérieuses pour la défense nationale.

Rapport de l’officier AMBC

La veille était assurée à l’arrière parer un canonnier veillant un secteur de 90° de chaque bord et à l’avant par l’officier de quart et le timonier.

Veille rudimentaire, non conforme à la directive du 23 Avril 1917.
Le chef de pièce prétend avoir reçu l’instruction de ne tirer que défensivement. Le centre AMBC ne donne pas de consignes semblables. Il appartient du reste au capitaine d’ordonner le feu.

ESPERANTO vient pour la première fois à Marseille. Sa pièce a une hausse insuffisante de 3700 m. Le centre AMBC n’a pu remplacer ce matériel par un autre à hausse additionnelle. Ce matériel manque à Marseille.

Silhouette du sous-marin

Image

Le jour n’était pas levé et on n’a pu distinguer que cette silhouette surmontée d’un dôme.

Le sous-marin aperçu

N’est pas identifié.
Il semblerait d’ailleurs qu’aucun sous-marin allemand ne se soit trouvé à proximité ce jour-là.

Cdlt
olivier
kgvm
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par kgvm »

L'"Esperanto" d'Oran est très probablement pas le cargo de la CGT. Peut-être le bateau construit comme "De Hoop" en 1896 (mais selon BV 1914 c'était un drague, utilisé comme cargo pendant la guerre??)
http://digishelf.de/content?action=imag ... 1100593637

Cordialement
Klaus Günther
Rutilius
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Rutilius »

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Bonjour à tous,

Je partage entièrement la réserve exprimée par Klaus : l’annexe de l’ouvrage de Marthe Barbance « Histoire de la Compagnie générale transatlantique. Un siècle d’exploitation maritime » (Art et métiers graphiques, 1955) ne fait aucunement état d’une cession du cargo Espéranto, ex-Prompt, à un autre armement. D’autant qu’ayant été acquis par cette compagnie en Octobre 1910 pour remplacer le cargo Matouba comme annexe aux Antilles (Navigazette, n° 1.122, Jeudi 27 oct. 1910, p.7, en rubrique « Navigation »), il est peu vraisemblable que ce bâtiment ait été revendu quelques années plus tard.

En revanche, l’hypothèse de la reconversion en cargo de la drague Espéranto semble parfaitement plausible. Initialement employée à l’extraction de sable en baie de Seine et ayant Le Havre pour port d’attache, cette « suceuse » fut acquise en 1913 par un sieur Verdier, d’Oran, pour être affectée au même usage sur le littoral oranais, ce que révèle cette brève.

Les Travaux [Organe des travaux publics et particuliers en Algérie, en Tunisie et au Maroc, publié à Alger], n° 158, Samedi 24 mai 1913, p. 1.

« Une suceuse à Oran. — M. Verdier, d’Oran, vient de se rendre acquéreur, après visite au Havre, de la suceuse à vapeur Espéranto, qui sera affectée à l’extraction du sable sur le littoral oranais. »
Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Rutilius »

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Bonsoir à tous,


■ Le commandant du cargo Espéranto demeurant à identifier.


— OHIER Auguste Charles, né le 19 avril 1873 à Saint-Lunaire (Ille-et-Vilaine) et décédé le ... à ... (...). Lieutenant au long-cours, inscrit au quartier de Saint-Malo, n° 5.618 ; classe 1893, n° 1.740 au recrutement de Saint-Malo.

Fils de Jean-Marie OHIER, né le 7 mai 1843 à Plérin (Côte-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –) et d’Adèle Amélie Berthe BOINET, née le 14 septembre 1850, couturière ; époux ayant contracté mariage à Saint-Lunaire, le 15 juin 1870 (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Lunaire, Année 1870, f° 2, acte n° 3 – Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Lunaire, Année 1873, f° 2, acte n° 5).

Époux d’Héloïse Marie VERDIER, née le 19 octobre 1885 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), employée de commerce, avec laquelle il avait contracté mariage à Saint-Malo, le 22 août 1908 (Registre des actes de mariage de la ville de Saint-Malo, Année 1908, f° 41, acte n° 77). Fille de Jules François VERDIER, né vers 1859, maçon, et de Florence Marie GOUAULT, née vers 1860, cuisinière, son épouse (Registre des actes de naissance de la ville de Saint-Malo, Année 1885, f° 42, acte n° 164). Épouse en secondes noces de Jean LE GOUIC, avec lequel elle avait contracté mariage à Argenteuil (Seine-et-Oise – aujourd’hui Val-d’Oise –), le 11 mars 1933 (Ibid.).

En 1920, embarqué comme second sur le trois-mâts carré Adolphe [IV], ex-Peleus, de l’armement Antoine-Dominique Bordes & Fils, de Dunkerque, dont c’était le 17e et dernier voyage.
Bien amicalement à vous,
Daniel.
olivier 12
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

ESPERANTO figurant dans l'affaire du 14 Décembre 1917 est à l'évidence la drague suceuse acquise par Verdier, puis probablement par Sylvestre pour draguer le sable à Oran. La preuve formelle en est fournie par le brevet de son capitaine, brevet de lieutenant au long cours. Or ce brevet n'est en aucun cas un brevet de commandement. Jamais Mr. Ohier n'aurait pu prendre le commandement d'un cargo de haute mer, même pratiquant le cabotage, et donc de l'ESPERANTO de la Compagnie Générale Transatlantique.
En revanche, il lui était possible d'être le patron d'une drague suceuse demeurant dans les eaux portuaires.

Il est d'ailleurs étonnant que, lorsque cette drague a été utilisée comme cargo et a commencé à naviguer au large, personne ne se soit penché sur l'anomalie que constituait le brevet de son capitaine. Même la commission d'enquête ne semble pas avoir eu son attention attirée par ce fait anormal.

Cdlt
olivier
Rutilius
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par Rutilius »

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Bonjour à tous,


Subsiste néanmoins un doute sérieux quant à l’identité véritable de ce navire. Par une décision du Commissaire aux Transports maritimes et à la Marine marchande en date du 27 novembre 1918 (J.O. 30 nov. 1918, p. 10.344), furent en effet félicités pour la bonne tenue et le bon entretien d’un « vapeur Esperanto », et ce au titre de la Direction de l’Inscription maritime de Marseille, Jean Martin PINELLI, capitaine au long-cours, inscrit à Marseille, n° 756, et Auguste Marie TURCO, inscrit à La Ciotat, respectivement capitaine et chef mécanicien dudit bâtiment.

Or force est de constater qu’aucun navire de ce nom ne se trouve identifié dans l’ouvrage de Paul BOIS : « Armements marseillais. Compagnies de navigation et navires à vapeur (1831~1988) » (Chambre de commerce et d’industrie de Marseille-Provence, 3e éd., 2003)...
Bien amicalement à vous,
Daniel.
kgvm
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par kgvm »

Peut-être l"anomalie que constituait le brevet de son capitaine" est découverte entre décembre 1917 et novembre 1918 et il y avait un changement de commandement?
olivier 12
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Re: ESPERANTO - Compagnie Générale Transatlantique

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Klaus a sans doute raison. C'est très probablement ce qui s'est produit et a conduit dans le courant de 1918 à la nomination d'un Capitaine au Long Cours, Jean Pinelli, au commandement de cette drague qui n'appartenait pas à un armement marseillais.

Cdlt
olivier
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