NANTES Trois-mâts barque

olivier 12
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par olivier 12 »

Bonsoir à tous,

Trois-mâts barque NANTES

Lancé le 16 Mai 1899 aux chantiers de Grand Quevilly à Rouen, pour la compagnie Nantaise de Navigation à Vapeur dont c’est le seul voilier.
Voilier du type D dit à baignoire.
Un des plus beaux voiliers nantais. Longue dunette, appartements spacieux et bien aménagés, grande voilerie où l’on pouvait élonger une voile entière, atelier bien outillé.
Superbes qualités nautiques ; navires atteignant 13 nds qui fera de nombreuses traversées records (Australie, Japon, Nouvelle Calédonie)

Pris au neuvage par le capitaine Ricordel.
Aura quatre abordages accidentels, dont un par le paquebot anglais ARAMAC, alors qu’il était au mouillage de Port Philips (Australie).
Le capitaine Ricordel quitta le NANTES après un séjour de cent mois à bord, pour prendre le commandement du vapeur L’ERDRE.

Après 13 voyages, racheté par la compagnie Générale d’Armement de Nantes.

Extrait du rôle

Trois-mâts NANTES 2679 tx JB 2263 tx JN
Armement à Nantes en date du 23 Février 1916. Equipage embarqué le 23/02 à Bristol.

Capitaine Auguste CARMENE CLC né le 17 Juin 1881 à St Pierre et Miquelon Inscrit à Toulon
Second François PURNI CLC né le 8 Octobre 1884 à Plouezec Inscrit à Paimpol

Quitte Bristol pour Iquique via Port Talbot, pour un voyage d’un an.
Quitte Iquique en Octobre 1916 avec un chargement de 3550 t de nitrate pour une poudrerie de Londres.

Le trois-mâts NANTES a été capturé et coulé en mer le 26 Décembre 1916 à 14h00 par 12°37 N et 34° W. L’équipage a été embarqué sur le corsaire allemand du 26 Décembre 1916 au 12 Janvier 1917.
Il a été transféré sur le vapeur japonais HUDSON MARU le 12 Janvier et débarqué à Pernambouc le 19 Janvier.
Il est parti pour Bahia-Blanca où il a embarqué sur le SEQUANA le 22 Janvier.
Arrivé à Bordeaux le 13 Février 1917.

Récit des marins du NANTES

Le 26 Décembre, vent frais et tempête de sable à l’horizon. A 13h00 apparait un vapeur battant pavillon anglais. C’est en fait un corsaire allemand. Un équipage d’arraisonnement monte à bord, prend du matériel et dispose des bombes.

Après l’explosion, le navire s’enfonce lentement, voiles hautes, puis l’avant apique brusquement et le voilier chavire. Il disparait en quelques secondes et aucune épave ne surnage à la surface.

Récit du commandant comte Nicolas zu Dohna-Schlodien, du corsaire MÖWE

« La destruction du NANTES s’opéra rapidement. Elle ne dura que vingt minutes entre le moment de l’explosion et celui de la disparition. Si l’on fait abstraction de la douleur qui saisit le cœur de tout marin à la vue d’un tel spectacle, le tableau fut pour nous quelque chose de merveilleux. Le joli navire s’enfonça lentement, toutes voiles dehors, par l’avant. Lorsque la moitié avant de sa coque se trouva sous l’eau, il se coucha sur le flanc et, dans le fracas des vergues et des mâts qui se brisaient, descendit dans l’abîme. Dans un silence haletant, angoissé, tous les spectateurs suivirent la magnifique grandeur de cette tragédie ».
(Récit aux accents particulièrement lyriques)

Le corsaire MÖWE (La Mouette)

Etait un ancien bananier de la compagnie Laiesz de Hambourg, vétéran des lignes du Cameroun.

Il quitta Kiel le 22 Novembre 1915 et entre Décembre 1915 et Mars 1916 mouilla plus de 500 mines. La moitié de ces « œufs de mouette » fut larguée sur la côte d’Ecosse où elle provoqua la perte du cuirassé King Edouard VII, et l’autre moitié aux embouchures de la Loire et de la Gironde.

Tableau du MÖWE par Willy Stower -1925

Image

Cordialement

Olivier
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Terraillon Marc
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par Terraillon Marc »

Bonjour

D'aprés l'ouvrage de RANDIER

NANTES

3 mats barque
Type D (modéle)
Jauge brute : 2679
Construit en 1900
Chantier : Quevilly - Rouen
Compagnie Nantaise de navigation à vapeur
Coulé par Moewe en octobre 1916

A bientot

Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
olivier 12
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,
En réalité, Octobre 1916 est la date de l'appareillage du Chili. Le NANTES a bien été coulé le 26 Décembre.
Cela fait partie des nombreuses petites imprécisions que l'on trouve souvent chez Lacroix, et que Randier a reprises sans contrôle préalable.
Le capitaine Lacroix ( qui ne disposait pas d'internet) a quand même fait un travail de titan en travaillant surtout avec les souvenirs des marins de l'époque. Il écrivait à toutes ses connaissances pour amasser des données. Ses ouvrages demeurent donc incontournables.
C'est d'ailleurs tout l'intérêt de ce forum de reprendre l'ensemble des données -et les rôles de désarmement sont une source extraordinaire qui fourmille de renseignements- pour essayer d'avoir le récit le plus précis possible.

Cdlt
Olivier
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Voici un témoignage intéressant sur la destruction du voilier NANTES et sur le séjour de son équipage à bord du corsaire MÖWE.
Il s’agit d’extraits du journal tenu par le capitaine Carmené. Les photographies ont été prises par un matelot américain, prisonnier lui aussi, mais qui se trouvait sur le vapeur SAINT THEODORE, de Liverpool, capturé peu avant et armé par un équipage de prise.
J'ai regroupé dans ce 2e post l'ensemble des clichés.

On peut noter qu’à l’époque où l’équipage revint en France, début 1917, on ignorait le nom de ce corsaire alors appelé VINETA. Mais le capitaine Carmené reconnut sur le périodique illustré allemand « Illustrite Zeitung », de Leipzig, la photo du capitaine de corvette, comte zu Dohna-Schlodien, commandant du MÖWE, auquel il avait eu à faire et dont on ne prononçait jamais le nom à bord. Le doute fut alors définitivement levé sur l’identité du navire corsaire.

20 Décembre 1916
A 10h30, vapeur signalé sur bâbord. 11h00 Il s’approche et bat pavillon anglais. Je hisse mon pavillon et mon numéro. Il répond alors avec le pavillon de guerre allemand et me demande de stopper immédiatement. Mis en panne.
Voici l’arraisonnement

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11h45
Il envoie un canot avec dix hommes armés et deux officiers. L’un d’eux me demande ma provenance et ma cargaison. Sur la réponse que je viens d’Iquique avec 3350 tonnes de salpêtre pour Londres, il me dit :
«- Prévenez l’équipage de faire ses bagages et donnez-moi les papiers du bord. Nous allons couler votre navire »
Les marins allemands visitent le navire et emportent conserves, liqueurs, poules, cochons, outils, cartes et chronomêtres.
12h30 Un autre navire nous approche. C’est le SAINT THEODORE, prise de guerre.
Voici le canot allemand revenant vers le MÖWE

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13h00 J’accoste sur le corsaire et suis mandé à la passerelle. Le commandant allemand me dit que l’endroit où je vais être logé n’est pas très confortable, mais que dans quelques jours nous serons conduits dans un port, qu’il y a un officier spécialement chargé des prisonniers et que je peux m’adresser à lui pour toute réclamation.
A noter que tant sur le NANTES que sur le corsaire, il n’y a eu aucune arrogance. Nous sommes certes traités avec froideur, mais avec correction ce qui me surprend beaucoup.

Prisonniers à bord : équipage du SAINT THEODORE allant de Norfolk à Savone avec 7000 tonnes de charbon, pris le 13 Décembre ; équipage du DRAMATIST allant de San Francisco à Liverpool avec saumons, fruits et 5000 caisses de trinitrotoluol, coulé par 39°N et 40 S.

13h30 Première explosion sur tribord arrière du NANTES. La bombe avait été fixée sur le grand galhauban de cacatois. La navire prend de la bande sur bâbord. L’eau passe par dessus la lisse et vient sur la dunette. La vergue de perroquet fixe est tombée et ne tient plus que par les écoutes de perroquet volant.
Voici la 1ère explosion avec l'eau qui envahit la dunette

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Deuxième explosion sur l’avant du grand panneau.Le navire pique du nez, se mâte et s’enfonce lamentablement.

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Mon malheureux navire aura coulé en dix minutes. Position 12°37 N 34°01 W

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15h00
Nous pouvons monter sur le pont pendant une heure et demie. Nous sommes logés dans le faux pont arrière. Il y a des portes étanches et des factionnaires révolver au côté.
Parmi les prisonniers on trouve Arabes, Italiens, 1 Grec, 2 Russes, nous 23 Français, les noirs du SAINT THEODORE, 55 Indiens du DRAMATIST et les officiers des trois bateaux soit 131 prisonniers en tout, plus 13 neutres, mais qui travaillent de leur plein gré.

27 Décembre
Passé une mauvaise nuit, mangé par les puces.
Déjeuner à 07h00 Café atroce, pain noir et confiture. Une heure le matin et une heure le soir sur le pont.

28 Décembre
Le SAINT THEODORE reste toujours en vue. Les Indiens sont contraints de travailler à bord s’il veulent manger. Il semblerait qu’on le transforme aussi en corsaire.

29 Décembre
Une demi-heure seulement sur le pont et deux alertes dans la journée, pendant lesquelles nous sommes enfermés dans nos locaux. Pour le diner, tasse de thé très clair, pain noir et confiture.
Un officier allemand vient nous prévenir qu’après 20h00 il est interdit de fumer. C’est d’ailleurs une bonne chose car tout le monde fume à outrance et le matin on se réveille avec un mal de tête terrible. Et puis, il fait une chaleur !

30 Décembre
Navire stoppé et pas de montée sur le pont.

31 Décembre
Quelle triste fin d’année. Une heure sur le pont l’après midi. Un officier vient s’excuser de ne pas nous faire monter plus souvent sur le pont, mais il doit suivre les ordres de la passerelle. Aperçu un voilier, mais le veinard s’échappe car aucune manœuvre n’est entreprise.
Nous pouvons acheter à la cantine du tabac et des bouteilles de bière. Ne tenant guère à échanger mon argent contre du mark papier, je m’en tiens à l’eau.

1er Janvier 1917
On nous prévient que nous aurons droit à du vin et du cognac. Les neutres, qui ont travaillé, ont été payés de leurs salaires la veille. Ils ont largement dépensé cet argent et ont fait un bruit effrayant toute la nuit . Impossible de dormir !
A 1100, alors que je suis avec les autres capitaines, l’officier en charge des prisonniers vient à notre table. Il nous dit
« - Gentlemen, I wish you a Happy New Year ! » Nous nous levons et le remercions.
A midi, nous sommes gâtés : grande gamelle de macaronis et bœuf bouilli ! » Puis une tasse de cacao, assez bon d’ailleurs. C’est le Nouvel An et on veut marquer le jour !
Les neutres entament une partie de poker.

2 Janvier
Le ciel devient clair. Je pense que nous avons quitté le pot-au-noir.
09h45 alerte. Le navire stoppe. Sans doute une autre victime.

3 Janvier
Mon vieux camarade Ybert est à bord. Quel chagrin j’ai eu en le voyant apparaitre dans notre chambre où il fait si noir. Il venait de Bahia Blanca avec l’ASNIERES, 29 hommes d’équipage et 4000 tonnes de blé. Il est demeuré sur le pont quand son pauvre navire a coulé en dix minutes. Il en est meurtri. Il m’apprend que MARECHAL DE VILLARS a été coulé par un sous-marin et MARIE par abordage en Manche.
Au déjeuner, chou et pommes de terre séchées. Ce soir nous aurons ce qu’ils baptisent thé, avec pain noir et saindoux.

4 Janvier
Déjeuner : une pleine marmite de pâtes sentant la colle de farine et du pain noir pas cuit et immangeable. Si cela continue, nous ne serons pas bien forts dans quelques jours. Deux heures sur le pont l’après midi. Je commence à m’abrutir et j’ai faim.

5 Janvier
Aujourd’hui au diner : macaroni et chair à saucisse ; ce n’est pas le rêve, mais c’est quand même meilleur qu’hier.
Capture d’un vapeur japonais d’environ 6000 tonnes qui nous suit à 400 m avec un équipage de prise à bord.

6 Janvier
Le vapeur japonais est dans le sillage avec ses deux embarcations débordées. Les Indiens travaillent toujours au transport du charbon dans les soutes.

7 Janvier
Voici le décompte des prisonniers
13 Arabes du YARROWDALE
39 hommes du SAINT THEODORE
55 Indiens et 13 officiers du DRAMATIST
25 hommes du NANTES
29 hommes de l’ASNIERES

soit 174 prisonniers au total plus les 30 Japonais du vapeur.

8 Janvier
Alerte et appel aux postes de combat. Toutes les portes sont fermées et les factionnaires ont le révolver au poing.
Les pavois sont rabattus pour dégager les tubes lance-torpilles. Le navire augmente sa vitesse. Coup de canon. Puis le navire stoppe.
Vers minuit, l’équipage nous informe que le vapeur capturé est le RADNORSHIRE de Royal Mail Post, venant de Bahia avec un chargement de haricots, café et sucre. 72 hommes d’équipage dont 15 blancs et 57 Indiens. Il était armé, mais heureusement n’a pas utilisé son canon.
Le commandant du RADNORSHIRE nous rejoint au petit matin.

9 Janvier
Le vapeur japonais vient à nous toucher . C’est le HUDSON MARU.
Ce cher Ybert est atteint de rhumatismes et ne peut plus marcher. Il est admis à l’hôpital du bord.
Au diner : macaronis et bœuf bouilli.
15h30 alerte.
21h00 le navire capturé est le MINIEH , 6380 t, 35 hommes d’équipage dont 5 Japonais, transportant 2000 tonnes de charbon pour l’escadre anglaise. Le commandant nous apprend que les croiseurs AMETHYST, MACEDONIAN et ORAMA sont dans les parages à la recherche du corsaire.
Notre situation est déplaisante. Un seul coup de canon d’un navire allié enverrait le corsaire par le fond. Enfermés comme nous le sommes, aucune chance de nous en sortir. Espérons que la délivrance se présentera autrement.

10 Janvier
Nuit sans incident.
Les neutres restent sur le pont toute la journée.
Le commandant du MINIEH nous dit que 4 croiseurs français sont à 100 millles plus à l’ouest et que les croiseurs anglais courent sur une ligne parallèle.
14h30 Nouvelle alerte. C’est le NETHERBY HALL, de Liverpool, qui est pris. Chargé de riz. Coulé à coups de canon. Le commandant du NETHERBY HALL fait son entrée dans notre poste. Il allait de Rangoon à Cuba et aux Antilles avec 6000 tonnes de riz. Equipage 80 hommes dont 12 Européens. Position 07°37 S 30°W
Diner : thé, pain noir et graisse de mouton.
Tout le monde devient nerveux.

11 Janvier
Très fatigués. Pas montés sur le pont depuis 26 heures. Repas avec juste pommes de terre et carottes de conserve. A peine de quoi tenir debout. Mal de tête terrible pour tout le monde.
18h00
Nouvelle sensationnelle. Tout le monde embarquera demain matin à 05h00 sur l’HUDSON MARU .

13 Janvier
Nous voici depuis hier sur l’HUDSON MARU, en route pour Pernambouc.
La nuit du 11 au 12 avait été une nuit blanche. A 08h00 le 11, transfert sur le japonais dans l’ordre des prises, SAINT THEODORE en premier, NETHERBY HALL en dernier ( la rigueur allemande) .
Capitaines et seconds partent en dernier après une rencontre avec le capitaine allemand ; physionomie souriante, mais il n’est pas sympathique…
Il s’adresse surtout au commandant japonais :
« -J’ai gardé le HUDSON MARU pour pouvoir renvoyer les prisonniers. Il est pourvu en vivres, eau et tout ce qu’il vous faut. Suivez-nous jusqu’à 22h00, puis mettez le cap sur Pernambouc. Ne cherchez pas à fuir avant, sinon… » mais il ne dit pas ce qu’il ferait !

Le capitaine anglais du RADNORSHIRE lui indique qu’il fera part de la façon courtoise dont nous avons été traités.

« -J’ai pour principe d’être aussi bienveillant que possible pour les prisonniers civils. Je suis heureux que vous me disiez cela. «

Il nous salue et nous nous quittons. Sur le pont, on nous prend en photo. D’ailleurs, j’ai noté que toutes les opérations comme embarquement des équipages capturés, destruction des navires étaient cinématographiées.
Le pauvre Ybert a fait des efforts pour venir sur le spardeck. Mais il doit être débarqué sur un cadre car il n’en peut plus. Le médecin allemand me passe un flacon d’alcool camphré pour lui et je le remercie.
Un officier nous dit « Good luck to you » et le canot pousse.

A l’arrivée des commandants sur l’HUDSON MARU, l’officier allemand et les six hommes constituant l’équipage de prise quittent le navire.
Le vapeur suivra le MÖWE jusqu’à 22h00, puis mettra le cap sur Pernambouc où il arrivera le 16 Janvier sans incidents.
Le 19 Janvier les équipages du NANTES et de l’ASNIERES embarqueront sur un navire brésilien à destination de Bahia. Là, ils prendront un paquebot de la Compagnie Sud Atlantique en partance pour Bordeaux.


MÖWE

Voici quelques renseignements sur le MÖWE

Lancé le 9 Mai 1914 aux chantiers Tecklenburg de Geestemünde
9800 tpl Longueur 124,5 m Largeur 14,44 m TE 6,80 m
Machine de 3200 cv donnant une vitesse de 14 nds

Croiseur auxiliaire le 1er Novembre 1915

Image

Armement

4 canons de 150 mm
1 canon de 105 mm
2 tubes lance-torpilles
500 mines

Ancien navire frigorifique PUNGO, il fut converti en croiseur auxiliaire en Décembre 1915. En 18 mois, il effectua deux croisières dans l’Atlantique, coulant ou capturant 38 navires dont les voiliers français NANTES et ASNIERES.

Remis aux Anglais en 1920 et rebaptisé GREENBRIER
Revendu à l’Allemagne en 1933 et rebaptisé OLDENBURG
Coulé en Norvège le 7 Avril 1945 lors d’un raid aérien britannique

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Olivier
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Un document intéressant, la note d'informations que dès Mars 1916 le commandement de la Marine avait fait passer à tous les commandants de navires. Le commandant du navire corsaire avait même été identifié. C'était, contrairement à ce qui fut déclaré à l'époque (et qui est encore repris à tort dans certains ouvrages), bien avant la capture du NANTES.

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Rutilius
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par Rutilius »


Bonjour Olivier,
Bonjour à tous,

Le 19 janvier, les équipages du Nantes et de l’Asnières embarqueront sur un navire brésilien à destination de Bahia. Là, ils prendront un paquebot de la Compagnie Sud-Atlantique en partance pour Bordeaux.

Ce bâtiment brésilien n'aurait-il pas été le paquebot Céara, évoqué dans cette brève ?

Ouest-Eclair - éd. de Rennes -, n° 6296, 26 janv. 1917, p. 4, en rubrique « Nouvelles maritimes » :

« LES TORPILLAGES. – […] RIO-DE-JANEIRO, 25 janvier. – On mande de Bahia que 29 membres de l’équipage du navire français Asnières, commandant Ibeubert [lire : Ybert] et 25 membres de l’équipage du voilier français Nantes, commandant Carrère [lire : Carméné], sont arrivés à bord du paquebot Céara. Ils racontent que les Allemands leur ont infligé des punitions, que la nourriture était mauvaise et la chaleur insupportable. Ils avaient été enfermés à fond de cale. Les matelots ajoutent qu’à bord du croiseur allemand se trouvent 400 prisonniers, provenant de plusieurs navires. »

Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par Rutilius »


Complément :

CÉARA - Cargo mixte de 3324 t, lancé le 16 mars 1907 à Belfast, pour le compte de l'armement Lloyd Brasileiro ; sera renommé Commandante Ripper en 1927 (Source : Miramar Ship Index, ID n° 5602831).
Bien amicalement à vous,
Daniel.
olivier 12
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous, Bonjour Daniel,

Il est effectivement très possible que le CEARA ait rapatrié les équipages sur Bahia.
Quant au paquebot de la Sud Atlantique qui les ramenés à Bordeaux, c'était le SEQUANA.
(Il faudrait quand même s'assurer que le journaliste n'a pas confondu les deux noms. Avec ces gens-là, je me méfie toujours... :) surtout en voyant les noms qu'il donne aux commandants)

Il y a d'ailleurs une inexactitude dans la rédaction de l'article de Ouest Eclair. Quand paraît l'article, les 400 prisonniers (en fait un peu moins) ne sont plus sur le MOËWE, puisqu'ils ont été transférés sur l'HUDSON MARU et libérés.

Il est certain qu'avec 400 prisonniers, la nourriture n'était pas terrible et sans doute insuffisante sur le MOËWE. C'est confirmé par le capitaine Carméné.
La chaleur, sous l'équateur, est aussi difficilement supportable sans climatisation, confiné dans des locaux étroits (l'expression "enfermés à fond de cale" est tout à fait passe-partout et, à mon avis, ne correspond pas vraiment à une réalité). Le capitaine Carméné n'écrit pas que lui et son équipage sont enfermés à fond de cale, et je le croirai plus volontiers que le journaliste. En revanche, il se plaint effectivement de la chaleur.
Ayant moi-même passé des semaines au mouillage, en Malaisie, dans les îles de la Sonde ou sur les rades de côte d'Afrique, sous un cagnard pas possible et sur des cargos non climatisés, je sais combien c'est éprouvant, même lorsqu'on n'est pas prisonnier!
Quant aux mauvais traitements (punitions infligées par les Allemands) ils ne correspondent pas non plus au récit du capitaine du NANTES; ainsi le capitaine Ybert, de l'ASNIERES, est admis à l'hôpital du bord et reçoit des médicaments; le capitaine anglais du RADNORSHIRE remercie même le cdt Zu Dohna pour sa courtoisie...
Il est possible qu'officiers et équipages n'aient pas eu toujours le même traitement, et donc la même vision des choses; mais s'il y avait réellement eu mauvais traitements, les capitaines ne l'auraient certainement pas passé sous silence dans leurs rapports.

Cdlt
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Rutilius
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par Rutilius »


Bonjour Yves,
Bonjour à tous,

Soyez rassuré : je n'avais retenu de cette brève - qui, du reste, me semble se borner à reprendre une information transmise au journal par son honorable correspondant à Rio-de-Janeiro - que le nom de ce paquebot brésilien, le Céara, qui aurait acheminé jusqu'à Bahia les prisonniers du commandant du Möwe, le Burggraf Graf Nikolaus zu Dohna-Schlodien...

Comme vous, j'estime que le décompte total de ces prisonniers est manifestement exagéré : en reprenant les données qui figurent dans le Journal du commandant Carmené - document que vous avez retranscrit et mis en ligne ci-dessus -, on parvient au chiffre maximum de 311, auquel il convient d'ajouter les « retenus » ayant qualité de ressortissants d'Etats neutres. Dans l'ordre chronologique des prises du Möwe, ce chiffre se décompose comme suit :

- Yarrowdale : 13 (marins arabes non transférés en Allemagne à bord de ce bâtiment)
- Saint Theodore : 39
- Dramatist : 68
- Nantes : 25
- Asnières : 29
- Hudson Maru : 30
- Radnorshire : 72
- Minieh : 35
----------------------
TOTAL : 311

Quant aux mauvais traitements subis par les prisonniers et aux supposées punitions qui leur auraient été infligées, je partage bien évidement vos réserves.

Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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Re: NANTES Trois-mâts barque

Message par Rutilius »


Bonjour à tous,

MÖWECorsaire allemand.

Les captures effectuées par le Möwe au cours de sa seconde croisière,
entre le 22 novembre 1916, date de son départ d’Allemagne, et le 10 janvier 1917.


Sources :

– E. Keble Chatterton, Capitaine de corvette de réserve : « Les coureurs de mers. Le Dresden. - Le Karlruhe. - Le Wolf. - Le Kronprinz Wilhelm. - Le Prinz Eitel Friedrich. - Le Moewe. », éd. Payot, Paris, 1931, p. 236 à 241).

Miramar Ship Index.

Journal du commandant Carmené (V. ci-dessus).

-----------------------------------------------------------

2 déc. 1916 : Voltaire

- Cargo mixte de 8406 t, lancé le 31 juillet 1907. Armement : Liverpool, Brazil & River Plate S.N. Ltd (Lampor & Holt) (Miramar Ship Index, ID n° 1124049)

- Allant en Amérique sur lest.

- Capturé et coulé à 650 milles à l’Ouest du Fastnet.

- 95 hommes d’équipage recueillis à bord du Möwe.

4 déc. 1916 : Vapeur norvégien (non identifié).

- Transportait des pièces de machines et des tubes d’acier, vraisemblablement destinés à la fabrication de canons de fusils.

- Capturé et coulé.

6 déc. 1916 : Mount Temple.

- Cargo mixte de 8790 t, lancé le 18 juin 1901. Armement : Elder, Dempster & C°, Liverpool (Miramar Ship Index, ID n° 1113496).

- Allant à Brest avec un chargement de chevaux et une cargaison de blé et autres marchandises.

- Capturé, canonné puis coulé au moyen de bombes à 620 milles à l’Ouest du Fastnet.

- Trois hommes tués, les autres faits prisonniers.

6 déc. 1916 : Duchess of Cornwall.

- Voilier anglais de 152 t.

- Allant à Gibraltar avec un chargement viande salée.

- Capturé et coulé.

8 déc. 1916 : King George.

- Cargo de 3852 t, lancé le 7 août 1906. Armement : Glasgow King Sg C° Ltd (J. A. Walker), Glasgow (Miramar Ship Index, ID n° 1124129).

- Chargé de 600 t de poudre et autres marchandises.

- Capturé et coulé à 700 milles du cap Race (Terre-Neuve).

9 déc. 1916 : Cambrian Grange.

- Cargo anglais de 4234 t.

- Transportait du blé.

- Capturé et coulé à 90 milles du Cap Race.

10 déc. 1916 : Georgic.

- Transport de bétail de 10.077 t, lancé le 22 juin 1895. Armement : Oceanic S.N. C° Ltd (Ismay, Imric), Liverpool (Miramar Ship Index ID n° 1105326).

- Transportait 1200 chevaux, du blé, du pétrole et autres marchandises.

- Canonné puis coulé par une torpille à 500 milles à l’E. S.-E. du cap Race.

- Un tué.

11 déc.1916 : Yarrowdale

- Cargo anglais de 4652 t.

- Transportait 100 camions et 3200 t d’acier.

- Capturé à 50 milles de la côte.

- Armé par un équipage de prise commandé par l’officier de marine Badewitz ; transbordement sur ce bâtiment 440 prisonniers qui seront débarqués à Swinmunde (Allemagne), le 31 décembre 1916.

- 13 hommes d’équipage arabes recueillis à bord du Möewe.

- Transformé en corsaire, déguisé en vapeur norvégien et armé de neuf canons ; renommé Rena.

12 déc. 1916 : Saint Theodore

- Cargo de 4992 t, lancé le 22 avril 1913. Armement : British & Foreign S.S. C° (Rankin, Gilmour), Liverpool (Miramar Ship Index ID n°1135461).

- Transportait 7000 t de charbon américain de Norfolk à Savone.

- Capturé à 520 milles à l’Ouest de Flores.

- 39 hommes d’équipage recueillis à bord du Möewe.

- Armé par un équipage de prise commandé par de l’enseigne de vaisseau Kölher puis par le lieutenant de vaisseau Wolf.

- Après tranbordement de son charbon sur le Möwe, coulé le 14 février 1917, par 21° 02 S. et 37° 32 W.

18 déc.1916 : Dramatist.

- Cargo de 5415 t, lancé le 11 décembre 1913. Armement : Charente S.S. C° Ltd (T.& J. Harrison), Liverpool (Miramar Ship Index ID n° 1135544).

- Allant de San Francisco à Liverpool avec une cargaison de fruits de Californie et 5000 caisses de trinitrotoluène.

- 68 hommes d’équipage, soit 13 officiers et 55 matelots indiens recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et coulé par 33° 08 N. et 37° 32 W. (Miramar Ship Index).

26 déc. 1916 : Nantes.

- Trois-mâts barque de 2679 tx JB, lancé le 16 mai 1899. Armement : Compagnie nantaise de navigation à vapeur, Nantes.

- Allant d’Iquique à Londres avec une cargaison de 3350 t de salpêtre.

- 25 hommes d’équipage recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et coulé au moyen de bombes, par 12° 37 N. et 34° 01 W. (Journal du commandant Carmené).

2 janv. 1917 : Asnières.

- Quatre-mâts barque de 3230 tx JB, lancé le 7 juin 1902 pour le compte de la Société anonyme des long-courriers français, Le Havre. Ultérieurement cédé à la Société générale d’armement, Nantes.

- Allant de Bahia-Blanca à Bordeaux avec une cargaison de 4300 tx de blé (Lacroix, « Les derniers grands voiliers », p. 285).

- 29 hommes d’équipage recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et coulé au moyen de bombes par 3° 16 N. et 29° 10 W. (Lacroix, ibid.).


2 janv. 1917 : Hudson Maru.

- Cargo de 3679 t, lancé le 30 mars 1900 sous le nom d’Hudson, pour le compte de l’Anglo-American Oil. Cédé en 1912 à l’armement japonais K. Fujioka et renommé Hudson-Maru (Miramar Ship Index ID n° 1112704).

- 30 hommes d’équipage recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et armé par un équipage de prise composé d’un officier et de six hommes.

7 janv. 1917 : Radnorshire.

- Cargo de 4302 t, lancé le 22 mai 1913. Armement : Royal Mail S.P. C°, Londres (Miramar Ship Index ID n°1135237).

- Chargé d’une cargaison de café.

- 72 hommes d’équipage, soit 15 européens et 57 indiens recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et coulé au moyen de bombes, à 110 milles à l’Est de Pernambouc.

9 janv. 1917 : Minieh.

- Charbonnier de 3806 t, lancé en 1916 sous le nom de Mersey River pour le compte de l’armement Houlder Bross & C° ; cédé la même année à l’armement J. Moss & C° et renommé Minieh (Miramar Ship Index ID n°1137511).

- Venait récemment d’approvisionner en charbon le croiseur anglais Amethyst.

- 35 hommes d’équipage, dont 5 japonais, recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et coulé par 7° 03 S. et 32° 10 W. (Miramar Ship Index – qui, curieusement, le donne coulé par un sous-marin –).

10 janv. 1917 : Netherby Hall.

- Cargo de 4461 t, lancé le 10 novembre 1905 sous le nom de Glenearn pour le compte de l’armement Mc Gregor Gow & C° ; cédé la même année à l’armement Ellermn Lines et renommé Netherby Hall (Miramar Ship Index ID n°1120643).

- Allant de Rangoon à Cuba et aux Antilles avec un chargement de 6000 t de riz.

- 80 hommes d’équipage, dont 12 européens, recueillis à bord du Möwe.

- Capturé et canonné par 7° 37 S. et 30° W. (Journal du commandant Carmené).

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Bien amicalement à vous,
Daniel.
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