CORSE - Patrouilleur

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Ar Brav
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par Ar Brav »

Bonjour à tous,

CORSE Patrouilleur auxiliaire (1915 – 1918)

Chantier :
Thomson J & G, Clydebank, Glasgow, Grande-Bretagne.
Commencé : 1894
Mis à flot : 04.09.1894
Terminé : 10.1894
En service : 1915 (MN)
Retiré : 24.01.1918 (MN)
Caractéristiques : 1 160 t ; 1 145 tjb ; 3 790 cv ; 83 x 10,4 m ; machine alternative ; 2 hélices ; 19 nds ; 99 h.
Armement : II de 100.

Observations :

Paquebot transmanche construit sous le nom de Columbia par un armateur anglais, la London & S Western Railway C°, Southampton
1912 : vendu à un armateur espagnol, devient le Sitges, utilisé sur la ligne Alger-Alicante
1915 : acheté par la Marine française qui le renomme Corse, affecté à Bizerte
24.01.1918 : torpillé au mouillage de La Ciotat par le sous-marin allemand UC 67 (OL Karl Neumann), l’épave est relevée par le Goliath puis envoyée à la démolition.

Cordialement,
Franck
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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.
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Yves D
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par Yves D »

Bonjour à tous
Ci dessous une vue de l'UC 71, sistership en tous points identique à UC 67 (même chantier, même série, même sous-type)

Image

Cdlt
Yves
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La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
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Terraillon Marc
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par Terraillon Marc »

Bonjour

Voici l'adresse d'un site mais avec des erreurs certaines :

http://www.netmarine.net/bat/er/corse/ancien.htm

Notamment, je n'ai pas connaissance d'un navire "CORSE" ayant appartenu à la Compagnie FRAISSINET (CORSICA, CORTE I et II, CAP CORSE) mais je peux me tromper

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.
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Terraillon Marc
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par Terraillon Marc »

Bonjour

Voici une image du CORSE (quand il naviguait sous pavillon anglais et qu'il s'appelait COLUMBIA) :

Image


A bientot :hello:
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Yves D
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par Yves D »

COLUMBIA BR 2T (19)
1,145 London & South Western Railway Co., Southampton 270.7 x 34.0
P J. & G. Thomson, Ltd., Glasgow (10) #274 104043
12 - SITGES J. J. Sitges frères, Alicante SP
15 - CORSE French Navy - transport FR
Torp. and sunk by UC 67, 24 Jan 1918, in La Ciotat Roads

Source Starke Register 1894

Yves

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dbu55
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par dbu55 »

Bonjour à toutes et à tous,

Un marin de la CORSE :

HERVÉ François Marie né le 24/12/1893 à Riantec (Morbihan) - Matelot Chauffeur - Décédé le 24/01/1918 (24 Ans) - Disparu en mer à bord de la CORSE lors de la perte du bâtiment

Cordialement
Dominique
Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
dbu55
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par dbu55 »

Bonjour à toutes et à tous,

tiré du Nouvelliste du Morbihan du mercredi 12 janvier 1916

Image

Cordialement
Dominique
Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]
olivier 12
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

CORSE

Rapport du CV ROUSSEL au Préfet Maritime du 5e arrondissement sur le torpillage du patrouilleur CORSE. 26 Janvier 1918.

CORSE arrive sur rade de La Ciotat le 24 Janvier à 15h00, ayant reçu l’ordre de convoyer le paquebot SPHINX jusqu’à Marseille. Trouvant le paquebot amarré dans le port, le commandant du CORSE, le Lieutenant de Vaisseau Desmottes-Mainard, amarre son bâtiment sur un coffre, le seul existant sur rade, dit des Messageries Maritimes, placé à 400 m de l’entrée du port.. Vers 18h30, SPHINX fait savoir que son appareillage est remis et n’aura pas lieu avant le lendemain. Mr. Desmottes-Mainard décide alors de passer la nuit sur le coffre. Il n’a songé ni à rentrer au port, ni à passer la nuit au large. Il prend les dispositions suivantes :
- Feux des chaudières maintenus à 3 heures d’appareillage
- Feux poussés à 1h00 d’appareillage à 06h00 du matin
- Bordées de quart aux postes de veille
- Officier de quart sur la passerelle
- Commandant dans la chambre de veille de la passerelle
Temps très beau, calme plat, la lune éclaire toute la baie dans une atmosphère absolument pure.

Vers 03h30, on entend à bord une détonation suivie d’un choc violent accompagné d’une gerbe d’eau par le travers bâbord de la première cheminée. Le commandant croit à une explosion de chaudière et envoie aux nouvelles dans la machine. L’officier de quart, qui n’a rien vu, prétend avoir mis l’équipage aux postes de combat, mais l’ordre ne reçoit aucune exécution. Les hommes, gradés compris, se précipitent vers les embarcations.
Le commandant déclare dans sa déposition :
« L’équipage, renouvelé en partie dernièrement à Toulon, n’a pas montré le sang froid que j’en attendais. Emu, dans la nuit, par une explosion inattendue qui a éteint la lumière, décroché les panneaux de portes et les panneaux de cale, il n’a eu que la pensée d’aller aux embarcations ».
L’officier en second, blessé par l’explosion, était incapable de marcher. Les renseignements donnés sur les autres officiers sont très vagues. Le commandant, sorti de la chambre de veille, intervient et fait remonter à bord les marins déjà partis, fait hisser devant lui un youyou déjà amené et donne l’ordre de mettre en action tous les moyens dont on dispose pour sauver le bâtiment. Mais la gite augmente et le bâtiment coule. Le commandant donne alors l’ordre d’évacuer. Tout le monde est sauvé à l’exception du matelot chauffeur François HERVE qui n’a répondu à aucun appel. (Nota : il semble qu’un second maître de timonerie, PINSON, soit décédé peu après le naufrage, sans qu’on sache si c’est des suites de ce torpillage).

Rien n’a été aperçu du sous-marin ennemi, ni avant, ni après le torpillage. Seul un homme de veille prétend avoir entendu un ronflement ou un léger sifflement avant l’explosion. Le navire était évité cap WSW et la torpille paraît avoir été lancée dans le sens de la flèche du croquis.

Image

CORSE est coulé avec sa chaîne et une aussière passées dans l’organeau du coffre des Messageries Maritimes, cap aux environs de l’WSW, par des fonds de 13,5 m. Il reste 5 m d’eau sur son pont. Les deux mâts émergent et indiquent que le bâtiment a une gite de 5° sur tribord. La carène du CORSE, rectangulaire dans sa section transversale, est faite pour des échouages dans les avants ports de la Manche. Il est fort probable que, sauf grande tempête, le navire restera tel qu’il est. L’épave est assez éloignée pour ne pas gêner les mouvements d’entrée et de sortie des grands navires du port de La Ciotat. On les fait d’ailleurs toujours, en prenant beaucoup de précautions.

Le relevage de cette petite épave s’avère très délicat et ne peut se faire qu’à l’aide de docks ou de très gros chalands sur un point de la côte que rien n’abrite des vents de Sud à ENE. Pourtant, CORSE repose sur un fond de sable dur sur lequel l’adhérence est faible. Les tours de chaînes seraient faciles à passer en ce point où la houle est rare et la mer toujours claire. Mais la coque est-elle assez solide pour permettre le soulèvement d’un tel poids ?

La brèche causée par la torpille a 6 m de long et 5 m de haut. Le pont semble trop léger et est percé de trop nombreuses ouvertures pour qu’on essaie un renflouage par vidange de l’intérieur. Le port de La Ciotat a peu d’eau : 6,5 m à l’entrée et 5,8 m en moyenne à l’intérieur. Il ne peut être utilisé que pour l’outillage et le remisage des chalands. Le navire renfloué devrait être conduit soit à Toulon, soit à Marseille.

Image

J’ai fait commencer le sauvetage du matériel en commençant par celui de l’artillerie. La Société Provençale des Constructions Navales a mis à notre disposition un petit chaland sur lequel on a gréé une bigue capable de soulever 5 tonnes. On a mis des scaphandriers à la disposition de Mr Desmottes-Mainard. Le sauvetage du matériel peut se poursuivre dans d’excellentes conditions tant qu’il n’y aura pas de vent d’Est. Le navire est peu compliqué intérieurement et on pourra en retirer tout le matériel. Le matériel sera déposé dans le chantier jusqu’à ce que le port de Toulon le fasse prendre.

Réponse de l’Amiral LACAZE. 27 Janvier 1918

Cette enquête est absolument insuffisante et le commandant Roussel n’a nullement rempli le mandat très précis que je lui avais donné. Je fais donc ouvrir une nouvelle enquête par une commission. J’estime qu’il serait beaucoup plus simple d’ouvrir immédiatement une information judiciaire, comme le prévoit le règlement en l’espèce. C’est au Ministre qu’il appartient de signer l’ordre d’informer et je lui demande de vouloir bien le faire.

Note du Ministère de la Marine du 16 Février 1918 pour l’Etat Major Général 4e section

Pour que le commandant d’un bâtiment de l’Etat soit traduit en Conseil de Guerre pour perte de son bâtiment, il faut que celui-ci soit totalement perdu, c’est-à-dire non susceptible d’être renfloué.
Or après examen du dossier il me paraît y avoir doute à cet égard en ce qui concerne CORSE coulé très près de terre et devant un port (La Ciotat) qui dispose de moyens importants de renflouement auquels pourraient facilement s’ajouter ceux de l’arsenal de Toulon.
De plus, la visite de l’épave par les scaphandriers a révélé la présence d’une brèche de 3 m sur 6 m à bâbord, au dessous de la ligne de flottaison. Cette avarie, pour importante qu’elle soit, ne semble pas à priori de nature à exclure toute possibilité de renflouement.
Etant donné les charges qui pèsent sur le commandant de CORSE, sa condamnation est probable. Je n’ai pas besoin d’insister sur les graves difficultés avec lesquelles on se trouverait aux prises si quelques semaines ou quelques mois après cette condamnation, CORSE venait à être renfloué.
Il importe donc, pour garantir la responsabilité du Ministre qui va décerner l’ordre d’informer contre le commandant de CORSE, que le dossier soit au préalable complété par des renseignements très précis sur l’état de l’épave, et que l’on trouve la preuve que le renflouement de celle-ci est impossible, tout au moins pratiquement, c’est-à-dire sans des difficultés et des dépenses hors de proportion avec la valeur du bateau.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 67 du Kptlt Karl NEUMANN, qui avait opéré devant Marseille les jours précédents. (Voir DROME, GENERAL GALLIENI et KERBIHAN)

Etude de l’épave. Février 1918

Après divers sondages et plongées nous avons constaté ce qui suit :

CORSE repose sur le fond, dans la rade, près de la bouée qui se trouve à l’entrée du port. Les fonds relevés autour du navire sont 13 m sur tribord avant, 13,5 m sur tribord milieu, 14 m sur tribord arrière, 13,3 m sur bâbord avant, 13 m au milieu et 14 m à l’arrière. Le navire est incliné sur tribord.

La hauteur d’eau au dessus du pont est 4,90 m à l’avant, 5 m près du mât de misaine et 8 m vers le grand mât. La partie haute des deux cheminées est hors de l’eau et la passerelle placée sur l’avant de ces deux cheminées est entièrement immergée.

Le navire porte à tribord une brèche dont les dimensions extrêmes sont de 3 m en longueur et 4 m en hauteur. Elle est par le travers des chaudières, dans la partie haute du navire. L’arête supérieure de la brèche est à 0,60 m du pont.

La défense supérieure est complètement sectionnée et la quille de roulis endommagée. Mais indépendamment de cette brèche, les tôles sont gondolées et disjointes sur 2 m à l’avant et à l’arrière de la brèche. Le pont, au droit de l’avarie, est disloqué et une cheminée est ébranlée et remue aux mouvements de la mer.

Il résulte de nos constatations que le renflouement du navire nous paraît impossible. Il serait long et difficile d’établir au dessus du pont des caissons de plus de 8 m de hauteur. L’état de la mer ne permettrait pas d’effectuer ce travail qui aurait pu être fait si le navire avait été coulé dans le port.

Signé : Giardino

Note du 18 Février 1918 de la Société Giardino, 7 rue de la Croix, Marseille, au CA commandant Marine Marseille

Je ne vois pas la possibilité de renflouer ce navire. J’estime que seule sa démolition au moyen de dynamite doit être envisagée. Je vous soumets les propositions suivantes :

1) Je m’engage à démolir la coque du vapeur et à en déposer les morceaux sur un quai accessible, désigné par la Marine. Ce travail sera effectué dans un délai de 12 mois.
2) La dynamite nécessaire à cette opération sera fournie par la Marine, les frais d’achat restant à sa charge. Elle devra être de la qualité dite « dynamite gomme à 92% ».
3) Toutes les pièces utilisables provenant tant de la coque que de la machine seront soigneusement enlevées et mises à disposition de la Marine.
4) Le cuivre et tous les métaux de valeur seront reçu par un agent délégué de la Marine qui aura à en donner décharge immédiatement et après pesage.
5) Faculté pour Monsieur Giardino d’utiliser pour les besoins du sauvetage le matériel du bord susceptible d’être employé, et cela sans frais pour lui.
6) Pour ce sauvetage, je demande la somme de 200 000 f payable 10 000 f chaque mois et le solde à la fin des travaux.

(Nota : ce document est transmis au Préfet Maritime de Toulon avec l’apostille suivante :
Contrairement à l’avis exprimé par Monsieur Giardino, je considère le renflouement du CORSE comme parfaitement réalisable. Un traité a été conclu avec une entreprise de sauvetage qui va prochainement venir à Marseille pour cette opération. Signé : CA Mornet)


Note du Chef d’Etat Major. 17 Août 1918. Propositions de sanctions

Bien que les poursuites dirigées contre le commandant, l’officier en second, et un certain nombre d’officiers mariniers du bord aient abouti à un acquittement devant la Conseil de Guerre Maritime Permanent, il n’en ressort pas moins à l’examen de cette affaire que de lourdes fautes ont été commises qui appellent de sévères sanctions disciplinaires à l’égard de leurs auteurs. Mon intention est de les fixer comme suit :

1) Lieutenant de Vaisseau DESMOTES-MAINARD, ex commandant du CORSE, mise en non activité par suspension d’emploi pour 3 mois.
2) Enseigne de Vaisseau de 1ère classe CHRETIEN, ex officier en second, retrait de sa commission d’EV1, radiation de la Réserve. Cet officier, EV2(R), sera rétrogradé au grade de maître.
3) 1er maître mécanicien POPINEAU, réduction au grade de second maître
4) Second maître mécanicien FRITZ, réduction au grade de matelot de 1ère classe
5) Second maître mécanicien GALLAIS, réduction au grade de quartier maître
6) Quartier maître mécanicien PALOMBA, réduction au grade de matelot de 1ère classe
7) Matelot timonier VINCI, fera l’objet d’une punition disciplinaire.

En ce qui concerne le commandant, cet officier connaissait la présence d’un sous-marin ennemi dans la région. Il a commis une faute militaire grave en passant la nuit amarré sur un coffre de La Ciotat au lieu d’entrer au port, opération parfaitement possible, ou de prendre le large pour y patrouiller. Il a aggravé cette faute en gardant les feux à 3 heures de pression, s’enlevant toute possibilité de manœuvre prompte.

En ce qui concerne les officiers mariniers et le quartier maître, les motifs invoqués à leur encontre ont le caractère de fautes objectives nettement précisées et, de plus, celui de défaillance morale indiquant que ces hommes ne sont pas dignes des grades qui leur ont été conférés.

En ce qui concerne l’EV Chrétien, il faut tenir compte de l’excuse constituée par son entorse au pied.

Avant de rendre ces décisions définitives, vous voudrez bien communiquer à chacun des hommes concernés son dossier personnel et confidentiel.

Rapport au Ministre. 29 Août 1918.

Cette note confirme que le Ministre a prononcé les sanctions demandées contre le commandant et l’officier en second du CORSE.
Toutefois, elle communique au Ministre les observations présentées par chacun des deux officiers mis en cause, suite à la lecture de leur dossier personnel.

L’officier en second Chrétien demande instamment une mise en sursis afin de lui permettre d’embarquer à la Compagnie Havraise Péninsulaire sur le vapeur VILLE D’ARRAS. Il donne aussi des explications sur sa conduite lors du torpillage de Corse (non formulées dans ce document). L’auteur de ce rapport trouve regrettable que les excuses invoquées dans la lettre de l’officier en second, qui paraissent sincères, n’aient pas été produites en temps utile devant le Conseil de Guerre, car elles paraissent être de nature à motiver le bénéfice de circonstances atténuantes.
Il ajoute que pour ces raisons, il propose au Ministre de revenir sur sa décision et d’épargner à l’EV Chrétien la peine de rétrogradation à officier marinier. Il suggère qu’il soit seulement rayé de la Réserve de l’Armée de Mer et mis en sursis pour une navigation au commerce.

Réponse du Ministre 29 Août 1918

Celui-ci approuve la demande.

1) La durée de suspension du LV Desmottes-Mainard est ramenée à 1 mois au lieu de 3, en raison de la pénurie d’officiers directeurs de tir, car il est titulaire de ce certificat.
2) La demande de l’EV Chrétien d’être mis en sursis est acceptée.

Document signé : Georges Leygues

Le renflouage de CORSE

Note de l’Amiral De Bon, Ministère de la Marine. 10 Mars 1918

Dès que j’ai été mis au courant des difficultés rencontrées par Mr. Sampers, j’ai téléphoné au Préfet Maritime de Toulon pour les lui signaler et le prier de les faire lever. En particulier, j’ai demandé que l’on fournisse de l’essence à Monsieur Sampers.

L’Amiral Lacaze m’a répondu qu’il était surpris d’apprendre que Monsieur Sampers rencontrait des difficultés de la part de la Marine. Cet industriel lui avait en effet déclaré qu’il était satisfait de l’assistance qui lui était donnée. Dans la journée même, il avait d’ailleurs signé l’ordre de délivrance d’essence à Mr Sampers.

Mais celui-ci demande chaque jour quelque chose nouvelle que la Marine ne possède pas. Il est venu sans matériel et sans aucun moyen pour procéder au sauvetage de CORSE. Néanmoins, on s’efforce de le satisfaire et d’acheter ce qui est demandé. Mais on ne peut pas toujours, dans les circonstances actuelles, se procurer le matériel demandé par Mr Sampers.

J’ai dit à l’Amiral Lacaze qu’il était nécessaire de donner à Mr Sampers les moyens qu’il réclame car il faut savoir si ce sauveteur est vraiment capable de quelque chose et si le département peut nourrir l’espoir qu’il pourra être utilisé dans une entreprise durable de sauvetage pour laquelle le matériel présentement acheté serait utilisable.

Il est convenu que l’Amiral fera appeler Mr Sampers pour l’inviter à préciser ses griefs. Une note très précise des dépenses de toutes sortes, et en particulier des achats faits pour donner satisfaction à Monsieur Sampers, va être établie.

Note de service du CA De La TASTE, Major Général commandant l’arsenal, au VA Préfet Maritime. 22 Juillet 1918

En réponse à la lettre de Mr Sampers, je vous adresse copie de notre lettre du 13 Mars qui répondait déjà à la sienne ainsi que les notes diverses sur nos relations avec lui.

Il résulte clairement de ces documents

1) Que Mr Sampers s’est présenté à Toulon en comptant trouver dans l’arsenal une véritable maison de commerce, montée uniquement pour le sauvetage de bâtiments naufragés, et où il suffisait de demander à tel rayon les objets dont il avait besoin. Il agissait comme d’après cette idée et par exemple, a été jusqu’à demander du jour au lendemain, et pour 24 heures, une drague suceuse. L’arsenal étant loin de répondre à une telle conception, il est certain qu’il a fallu souvent un certain temps pour réunir les matériaux demandés. Mais il n’y a jamais eu perte de temps du fait de l’arsenal.
2) Qu’en revanche, des retards se sont produits du fait de Mr Sampers qui n’a jamais voulu donner, ou pris la peine de fournir les précisions nécessaires. Il semble qu’il ait toujours cherché à les faire régler par les services de l’arsenal avec l’espoir de trouver plus tard dans les solutions données par eux, des prétextes pour expliquer son insuccès. Cette façon de faire est inadmissible. En passant, je signale que Mr Sampers n’a jamais voulu répondre de façon nette à la demande qui lui a été faite pour exercer le droit de contrôle réservé à la Marine dans son contrat, et de faire connaître le procédé qu’il comptait employer pour le relevage du CORSE. Il s’est borné à répondre, dans une lettre du 24 Février, qu’il comptait employer le « procédé classique ». J’attire votre attention sur la contradiction formelle de cette réponse avec sa lettre du 24 Juin dans laquelle il parle de l’efficacité certaine du « procédé de sauvetage qu’il possède », ou de son « procédé spécial ».
3) Que Mr Sampers ou son représentant ont toujours été mis à même de choisir dans l’arsenal tout le matériel qu’ils demandaient. S’il leur est arrivé de ne pas avoir ce qu’ils désiraient, ils n’ont à s’en prendre qu’à eux-mêmes.
4) Que le 2e compresseur fourni par Toulon était indisponible au début et ne pouvait donc être offert. Que concernant l’essai de ce compresseur, et afin d’éviter toute contestation ultérieure, le représentant de Mr Sampers a été invité à venir le voir fonctionner à Toulon. Mais il ne s’est présenté que sur une 2e invitation, et après l’essai, ce qui est contraire à l’assertion figurant dans son rapport.

En résumé, tous les retards dont se plaint Mr Sampers sont dus à la fausse conception qu’il a ou semble avoir d’un arsenal, et surtout, à ce qu’il n’a jamais voulu donner du premier coup les précisions nécessaires.

Réponse de l’Amiral LACAZE

Il a été facile de se rendre compte, dès l’arrivée de Mr Sampers, qu’il ne possédait aucune compétence en matière de sauvetage et il a été de suite évident qu’il n’a plus eu qu’une tendance : tenter de rejeter sur l’arsenal la responsabilité d’un échec dont il s’est lui-même rendu compte. Mais il ne suffit pas d’affirmer ; il faut prouver et Mr Sampers n’a pu apporter aucune preuve à ses allégations générales, et du reste imprécises.

En l’état, c’est nous qui sommes victimes de Mr Sampers et je ne vois rien à retenir de ses demandes.

Cdlt
olivier
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markab
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par markab »

Bonjour

Un lien vers le site UBoat.net :

https://www.uboat.net/wwi/ships_hit/1457.html

A bientôt.
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
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markab
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Re: CORSE - Patrouilleur

Message par markab »

Bonjour,

Et le lien WIKIPEDIA avec une photo du navire :

https://en.wikipedia.org/wiki/SS_Columbia_(1894)

A bientôt !
Cordialement / Best regards
Marc.

A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
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