soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Rebonjour,

La liste des Gouverneurs militaires de Lyon entre 1914 et 1923 :
sur généawiki
https://fr.geneawiki.com/wiki/H%C3%B4te ... es_de_Lyon
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Je vais marquer une pause sur la recherche des responsables de la politique sanitaire militaire à Lyon et par conséquent à Saint Génis Laval pour répondre à Michel STL sur les questions autour de la notice du décès:
Il aurait des raisons de s'impatienter.

rappel :
Notice DC HA 63.jpg
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Cette notice enregistre bien le décès d'Adhèmar SENE, Sénégalais, né le 7 avril 1895, du 23e régiment d'Infanterie coloniale.
Il figure à la fois au registre de l'Etat Civil pour son décès et son nom est gravé sur la paroi du Mausolée.
Il est "Mort pour la France"
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Il est inhumé le lendemain de son décès du 28 5 1919 au cimetière militaire des Collonges.sa tombe figurait au 3eme rang du cimetière.

La notice est faîte au nom d' Octave SABRAN, Administrateur SSBM de l'HA 63, devenu HC 67.
La signature n'est pas de Sabran.

A cette date Sabran, comme on le verra plus tard, est déjà malade, de plus il est administrateur SSBM, alors
que l'hôpital a été repris totalement par l'Armée. Manifestement, il a délégué sa signature.
Peut être aussi le signe d'une certaine lassitude, lui et le Maire Emile Dorel ont passé beaucoup de temps sur ces enregistrements.

La notice 66 comporte encore au moins 3 caractéristiques remarquables.
Elle est rare dans sa publication. Sauf erreur de ma part on ne la jamais publiée auparavant sur le Forum.

Elle est encore le support officiel de l'armée pour l'enregistrement des décès dans les hôpitaux militaires auprès des Maires officiers d'Etat Civil.
Ceci est un bon exemple des justificatifs demandés par l'Armée (Direction du Service de Santé), donneur d'ordre à ses maitres d'ouvrage, ici dans la cas d'espèce, la SSBM.
Ceci pose à termes la question des Archives militaires et celle notamment de la 14eme Région militaire.
L'Armée imposait aux hôpitaux temporaires de transmettre l'ensemble de leurs archives, dès leur fermeture,
Ici, le dépositaire a été la Direction du Service de Santé de la 14e région militaire.
Que sont devenues ces archives ? on t'elles été transmises à l'ancêtre du SAMHA de Limoges ? Où sont-elles ajourd'hui?

Cette question est d'autant plus importante en vous rappelant que les registres des convois funéraires de Saint Génis Laval sont toujours introuvables !

Enfin dernière caractéristique remarquable de la notice 66, c'est, située à gauche, le n° de registre des décès de l'hôpital.
Adhémar SENE est enregistré sous le n° 1107.
A l'Etat Civil, 153 autres soldats sont décédés à sa suite la plupart à l'HA 63 HC 67.
Ce qui porterait le nombre des décès de cet hôpital à environ 1260 pour toute la période de la guerre.
Ce qui renforce notre thèse.

A bientôt pour la suite,
LECOUTRE
"Le dernier témoin"
Patrick LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Bonjour à tous, la suite de l'envoi précédent :

Dans le même ordre d'idée (nombre de soldats décédés dans les hôpitaux temporaires de Saint Génis Laval
pendant la seconde guerre mondiale, notamment à l'HA 63), je me suis souvenu d'un document qui m'a été transmis par l'ASPAL, qui fait état d'une exposition réalisé par les Frères Maristes.

Ce document est de facture récente et à certainement été réalisé lors de l'aménagement des archives de la maison mère des Frères Maristes à Saint Génis Laval, le 19 novembre 1924 (https://presence-mariste.fr/Creation-d- ... es-de.html) .
Pour l'instant le document n'est pas daté et l'archiviste des Frères Maristes n'en a pas fait état lors de nos entrevues en novembre 2025. Je dois, sous peu le réinterroger sur ce sujet.

A première vue ce document peut paraître anodin, mais l'exposition fait une bonne synthèse des temps forts connus par le HA 63 pendant la première guerre mondiale.
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L'exposition fait état, année par années du nombre de Frères Maristes et de leurs employés vivant encore au Montet entre 1914 et 1918 (rappel la plupart des Frères Maristes ont quitté le Montet tout de suite après 1903 (séparation de l'église et de l'Etat) pour s'établir en Italie. Seuls, quelques Frères Maristes âgés se sont maintenus à Saint Génis Laval pendant la première guerre mondiale.
Les panneaux présentent, toujours par année, le nombre d'animaux mobilisé par la communauté et, pour 1915 fait état de plus de 300 malades pour l'HA 63, encadré par la SSBM et un détachement de la 14éme SIM.

Même chose pour les années 1915 1916:
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et les années 17 et 19 (je ne retrouve pas 1918).
En 1917, les malades sont comptabilisés à plus de 300, le nombre de décès se chiffre à plus de 500.
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Capture d'écran 2026-03-26 070751.png (1.09 Mio) Consulté 1074 fois
Le panneau principal fait une présentation synthétique de l'Hôpital auxiliaire 63;
Jusqu'en 1914 : sous gestion des Hospices Civils de Lyon le Montet accueillent les enfants des régions envahies
Arrivée des 112 premiers malades le 12 01 1915, sous gestion de la SSBM et réquisition militaire, en croissance rapide puisqu'une semaine plus tard 360 lits sont effectivement occupés.
La décision de porter à 400 lits impose la création d'un poste de police militairement gardé.

En 1915,1917 et 1919 sont identifiées les transformations des capacités d'accueil de l'HA 63 et ses modes de gestion.
Enfin, on y trouve un bilan de l'hôpital sur la période 1915 1919.

4 527 malades traités, 280 787 journées hôpital effectuée et 1170 décès enregistrés.

Ces informations montrent que les Frères Maristes ont eu accès au bilan de l'Hôpital, certainement par le biais des sources répertoriés en bas du panneau 2ème occupation.

Pour le nombre des décès nous arrivons à un niveau similaire comparable à ceux établis précédemment dans nos contributions précédentes (les dénombrements sont toujours un peu différents du fait des périodes observées).
Nous allons interroger, dans les jours qui viennent, l'archiviste des Frères Maristes, pour lui poser quelques question :
1 - à quelle date cette exposition à t'elle eu lieu;
2 - Les Frères Maristes ont-ils été associés à la fourniture de denrée à la SSBM et à l'économat de la 14 éme SIM.
3; Quelles sont les sources qui lui ont permis de dresser un bilan de l'hôpital.
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Dans la contribution qui vient nous reprenons l'identification des responsables de la politique sanitaire
à Saint Génis Laval pendant la 1ère guerre mondiale.
A bientôt,
LECOUTRE
"Le dernier témoin"
Patrick LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Bonjour à tous,

nous reprenons l'identification des responsables de la politique sanitaire à Lyon et
à Saint Génis Laval pendant la 1ère guerre mondiale.

De 1914 à 1916, ce n'est pas moins de 4 généraux qui assumeront la direction de la 14 -ème région militaire

Le premier, de 1914 à août 1915, Victor, Joseph, MEUNIER, Général de division. D'autres sources indiquent 1916.
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Il ne semble pas avoir occupé la fonction de Gouverneur militaire de la place de Lyon, ou, en tout cas avoir été secondé par Léopold, Victor, GOIGOUX, Général de cadre de division de réserve, commandant de la place de Lyon.

Ce dernier, colonel d'artillerie, avait occupé entre le 27 septembre 1906 et le 19 juin 1908 les fonctions de commissaire militaire des commissions des réseaux nord et de l'est, au sein du 4ème bureau de l'Etat Major des Armées (EMA), service chargé des étapes et des chemins de fer, des transports de troupes par voies ferrée...
voir :
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Capture d'écran 2026-04-01 000433.png (806.99 Kio) Consulté 703 fois
Ce document est très intéressant à consulter.

https://www.yumpu.com/en/document/read/ ... -7-nn-4/19

C'est sans doute pour l'expérience accumulée dans ces fonctions qu'il est devenu commandant de la place de Lyon, au commencement de la guerre, à un moment où Lyon devenait "Ville Hôpital" et qu'il fallait organiser l'accueil et les flux d'arrivées des blessés militaires.

De 1916 à 1919, c'est un Général de brigade qui cumule les fonctions de commandant la 14 eme région militaire et de gouverneur de la place de Lyon. Il s'agit de Charles EBENER dont nous avons déjà parlé.
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.

De 1919 à 1921, le Général de corps d'armée, François, Louis, Albert MARJOULET occupera les 2 fonctions.
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La suite à suivre dans quelques heures...
LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Bonjour à tous, la suite de l'envoi précèdent,

dernier Gouverneurs Militaire de Lyon identifié : Léonce, Marie, LEBRUN, Général de corps d'armée (1921 -
1923).
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Tous ces hommes, en tant que gouverneurs ont pris des décisions qui ont façonné les politiques sanitaires sur Lyon , en s'appuyant sur leur service régional de santé militaire et de ses Directeurs.
Nous en reparlerons un peu plus complètement dans nos prochaines contributions.

En attendant, je voudrais vous présenter un personnage qui a exercé ses fonctions pendant toute la durée de la guerre à Lyon et qui plus est, a été impliqué directement dans des arbitrages à Saint Génis Laval ayant pour but d'aplanir des dissensions survenues entre l'armée et la municipalité.

Il est Breton, né à Dinan en 1858, son père est Capitaine au long cours. Il est absent le jour de sa naissance.
Sa mère est institutrice.
https://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/E ... 5480331175

Il s'agit de Victor, Michel, Emile, Marie RAULT

Préfet du Rhône de 1911 à 1918.
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Capture d'écran 2026-04-05 153315.png (476.32 Kio) Consulté 374 fois
Préfet de France, Secrétaire général du Morbihan (29 mars 1883 - 1er avril 1889), Sous-préfet de Mayenne (1er avril 1889 - 31 juillet 1894), Secrétaire général de Meurthe-et-Moselle (31 juillet 1894 - 16 septembre 1895), Sous-préfet de Douai (16 septembre 1895 - 26 septembre 1899), Préfet de Constantine (26 septembre 1899 - 9 septembre 1902), Préfet d'Ille-et-Vilaine (9 septembre 1902 - 15 juillet 1907), Préfet de Loire-Atlantique (15 juillet 1907 - 22 mars 1911), Préfet du Rhône (22 mars 1911 - 6 septembre 1918), Chevalier de la Légion d'honneur (22 juillet 1900), Officier de la Légion d'honneur (12 janvier 1909), Commandeur de la Légion d'honneur (9 août 1913), Grand-officier de la Légion d'honneur (17 avril 1926), Conseiller d'État, Préfet de la Marne (à titre temporaire, 1er août 1919 - 1er février 1920)

Son parcours professionnel :
Licence en droit. - Avocat stagiaire à Rennes, janvier 1879. Chef de cabinet du préfet de l'Orne, 15/15 juillet 1879. Conseiller de préfecture de la Sarthe (3e), 6 décembre 1881, non acceptant chef de cabinet du préfet de l'Indre, 1/1er février 1882. Secrétaire général du Morbihan (3e), 24/29 mars 1883 ; sous-préfet de Mayenne (2e), 22 mars/1er avril 1889 ; (1re), 17 mars 1893 ; secrétaire général de Meurthe-et-Moselle (1re), 31 juillet/16 août 1894 ; sous-préfet de Douai (1re), 16 novembre/1er décembre 1895. Préfet de Constantine, 26 septembre/1er octobre 1899 ; d'Ille-et-Vilaine (2e), 9 septembre/1er octobre 1902 ; de la Loire-Inférieure (1re), 12/15 juillet/1907 ; (hors classe), 16 avril 1908 ; du Rhône (hors classe), 22 mars/16 avril 1911. Conseiller d'État (s.o.). Préfet honoraire, 6 septembre 1918 ; chargé à titre temporaire des fonctions de préfet de la Marne, 1/4 août 1919 ; relevé de ses fonctions, 1er février. Président de la commission du gouvernement du bassin de la Sarre, 13 février 1920. Légion d'honneur 22 juillet 1900 ; officier 12 janvier 1909 ; commandeur 9 août 1913.

https://gw.geneanet.org/basededonneesps ... type=fiche


Haut fonctionnaire, il est aussi Franc Maçon


Sa position de Préfet le situe au croisements des réseaux qui œuvrent aux politiques sanitaires à Lyon.
Un exemple : le livre d'or de la semaine d'économies et de charité, qu'il préside.
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Capture d'écran 2026-04-05 164823.png (776.72 Kio) Consulté 374 fois
https://www.furet.com/media/pdf/feuille ... ynQUOIcc4n

Dans notre prochaine contribution nous reparlerons un peu de lui et aborderons l'identification des Directeurs de Santé militaire.
A suivre
LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Bonjour à tous,

Rault est donc Franc Maçon.
(24)_janvier_1916,_arrivée_du_roi_de_Monténégro_à_Lyon,_Mr_Herriot_maire_de_Lyon,_le_général_d'Amade_et_Mr_Rault_préfet_du_Rhône_-_btv1b6945648d.jpg
(24)_janvier_1916,_arrivée_du_roi_de_Monténégro_à_Lyon,_Mr_Herriot_maire_de_Lyon,_le_général_d'Amade_et_Mr_Rault_préfet_du_Rhône_-_btv1b6945648d.jpg (232.95 Kio) Consulté 224 fois
Il figure dans le répertoire maçonnique :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... f668.image

Tout pourrait laisser croire que c'est une affectation un peu rude pour un sud lyonnais un peu retord sur la séparation de l'église et de l'état.
Que nenni, Rault a été nommé à ce poste en 1911, donc bien avant le commencement de la guerre.

C'est un fin connaisseur des milieux lyonnais et des négociations : une main de fer, dans un gant de velours.
Dans ses postes précédents, il a déjà été confronté à ces questions qui opposent les laïcs et les chrétiens.

Dans cette période d'union sacrée, il est l'homme de la situation. Il a de l'expérience.

Pour ceux que cela intéresse, voici son dossier Léonore : https://www.leonore.archives-nationales ... ice/314036
Source : Eliott LE GAL (basededonneespspf)- Généanet

En octobre 1916,la question de l'augmentation du nombre de lits à l'Ha 63 qui suscite l'émotion de la population Saint Génoise lui est soumise par le secrétaire d'état à la guerre.
Dans la séance de la commission du 18 octobre 1916 le Présidant de la SSBM rend compte de la réunion avec le Préfet du Rhône , le Délégué Régional (de la SSBM) de l'Adjoint au Maire de Saint Génis, du Docteur ROOYN, sous directeur du Service de santé et de SABRAN, administrateur de l'HA 63.

L'agrandissement aura bien lieu.

Nous arrivons à un moment particulier du dossier de Saint Génis Laval et de l'identification de ceux qui ont modelé, par leurs décisions la vie sanitaire de Saint Génis pendant la première guerre mondiale.
Nous faisons allusion ici à la Direction du Service de Santé Militaire, bras armé de la 14 éme Région Militaire pour les questions sanitaires.
L'identification des Différents Directeurs de Santé reste, aujourd'hui, très difficile.

Pour ne pas vous perdre à ce moment de notre projet, nous vous soumettons un organigramme, qui selon nous, hiérarchise le système de décision :
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Capture d'écran 2026-04-10 001616.png (53.89 Kio) Consulté 224 fois
.

La guerre, les épidémies et les Directeurs de Santé de la 14 ème Région Militaire, infligerons au petit Bourg de Saint Génis Laval des charges inssuportables.
Notez qu'entre 1914 et 1922, ce petit Bourg d'environ 3000 habitants enregistrera 2557 décès, militaires et civils.

A suivre
LECOUTRE
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Re: soldats morts à l'hôpital Auxiliaire 63 de Saint Génis Laval

Message par LECOUTRE »

Bonjour à tous,

dès août 1914, l'offensive allemande a surpris les autorités françaises, les combats engagés apportent leurs cohortes de soldats blessés, malades. Lyon, par son emplacement géographique devient une place stratégique idéalement placé sur l'axe Paris, Lyon, Marseille. Il faut improviser, il faut s'organiser. Lyon se transforme en ville hôpital.
Le professeur Etienne TISSOT, Médecin chef des Services hors classe de Réserve, en fait la présentation suivante dans : LYON, « VILLE HOPITAL » PENDANT LA GUERRE 1914-1918 ?

Voir le lien :
https://www.smlh.fr/global/gene/link.ph ... =2663&fg=1


L'organisation hospitalière en début de guerre s'effectue comme suit :
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Nous entrons là (voir l'organigramme de l'envoi précédent) dans l'univers des Directeurs du Service de Santé de la 14e Région Militaire, chevilles ouvrières des politiques de santé de Lyon pendant la 1 ère guerre mondiale. C'est eux qui par leurs décisions ont façonné cette histoire exceptionnelle et par conséquence celle de Saint Génis Laval.
J'ai longtemps cherché celui qui a initié les premières réponses en août 1914 : la mobilisation, les places hospitalières à libérer pour les militaires, l'accueil, la mobilisation des ressources, des lieux, des conventions financières, les accords avec les Hospices civils de lyon (HCL) et celles de la Croix Rouge, en l'occurrence ici la Société de Secours aux Blessés Militaires (SSBM), qui va devenir son opérateur pour la gestion des hôpitaux temporaires de Saint Génis Laval.
Il s'agit d'Eugène Richard.
Son profil constitue, en lui même, une des singularités qui illustrent l'histoire de Lyon et de Saint Génis Laval à cette époque.

"les malades civils chez eux ou dans d’autres établissements. Le directeur du service de santé militaire de la XIVème région militaire, le Médecin Principal (Colonel) Richard élabore un projet regroupant sous l’autorité du préfet et sous la direction des HCL toute l’organisation hospitalière lyonnaise. Il nomme un délégué de l’autorité militaire auprès de l’administration des HCL ; il s’agit d’abord du Professeur Hougenenq, doyen de la Faculté de Médecine, auquel succède très vite le Médecin Principal André Lacassagne, le célèbre légiste, jusqu’en janvier 1918.
Une convention est signée le 21 août 1914 entre le service de santé et les HCL, fixant notamment le prix de journée pour les militaires".(dans Lyon Ville Hôpital)

La singularité de son rôle tient dans le fait qu'il a réalisé toutes ces actions en l'espace de quelques semaines.

" Les Hospices Civils se mobilisent dès l’annonce de la guerre et commencent à réfléchir sur l’organisation de l’accueil des blessés. Ils font partis de la 14e Région de Santé28 (Annexe B). La 14e Région de Santé a d’abord pour Directeur le Médecin Inspecteur Richard. Entre le 26 et le 28 septembre, le Médecin Principal de Première Classe Géraud lui succède29."

C'est ce que en décrit Delphine Boulanger dans L’accueil des blessés militaires par les Hospices Civils de
Lyon en 1914.

Qui est-il ? pourquoi ce rôle éphémère ?
Eugène RICHARD est né le 6 octobre 1844 à Dannemarie, dans le Haut Rhin.

https://www.geneanet.org/cercles/view/c ... 68n/824388

C'est par la Fédération des Sociétés d'histoire et d'Archéologie d'Alsace que nous avons pu comprendre un peu mieux son parcours militaire: Le lien :
https://www.alsace-histoire.org/netdba/richard-eugene/

"Médecin général, (C) (★ Dannemarie 5.10.1844 † Paris 5.7.1926).

"Fils de Georges Richard, agriculteur et maire de Dannemarie, et de Barbe Kuntz. ∞ 22.3.1875 Marie Berthe Pichet, fille de Louis Charles Pichet, limonadier, et de Coralie Julienne Ondart.
Études secondaires à Colmar, il obtint une bourse d’entrée à la faculté de Médecine à Strasbourg en 1863. Docteur en médecine en 1868, il entra comme médecin stagiaire à l’École impériale de médecine et de pharmacie en 1869.
Il servit successivement à l’armée de Paris (1870-1871), à la garde républicaine, puis, de 1878 à 1883, à Constantine.
Professeur agrégé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce en 1883, il fut envoyé comme médecin dans les hôpitaux militaires de Tunisie en 1890. Professeur de l’École de médecine et de pharmacie en 1895 et nommé membre du comité de santé de l’armée en 1900.
Directeur du service de santé du gouvernement de Lyon et du 14e corps d’armée et inspecteur général en 1901. Placé dans le secteur de réserve en 1906, il reprit du service à Lyon pendant une semaine en août 1914. Commandeur de la Légion d’honneur le 30 décembre 1905.

Archives historiques de l’Armée, officiers généraux assimilés, dossier 137".

L'affirmation d'un rappel que d'une semaine en août 1914 entre un peu en contradiction avec l'appréciation
de Delphine Boulanger dans : L’accueil des blessés militaires par les Hospices Civils de Lyon en 1914
Ce qui peut s'évaluer à 2 mois.
De fait, alors qu'il avait été nommé certainement par son expérience lyonnaise en 1901 et sa connaissance des réseaux sanitaires, dans l'urgence, c'est par limite d'âge qu'il a été remplacé par GERAUD.

Dans la 2e partie du document PDF "Bulletin des Académie & Société Lorraines des Sciences
EUGENE RICHARD. EVOCATION BIOGRAPHIQUE. SA CONTRIBUTION A L'ETUDE DE L'HEMATOZOAIRE
DU PALUDISME. G. PERCEBOIS*
Page 163
nous apprenons que sa veuve a transmis aux archives de l'hôpital du Val de Grace l'ensemble du fond RICHARD. Ce qui nous laisse espérer pouvoir bientôt obtenir une photo du Médecin inspecteur militaire.

https://als.univ-lorraine.fr/wp-content ... 2_31_4.pdf


"Il quittera la Chaire d'Hygiène en 1901, nommé Médecin Inspecteur, Directeur du Service de Santé du gouvernement militaire de Lyon et du 14° Corps d'Armée. Atteint par la limite d'âge le 5 octobre 1906, il passera dans la "Réserve". Il mourut le 5 juillet 1926.
Sa veuve lui survécut jusqu'au 2 janvier 1931. Elle fit don au Val-de Grâce de la trousse médicale de son mari, de ses décorations, de ses livres, de photographies et d'une somme de 25.000 francs destinée à améliorer le Musée d'Hygiène".

La suite dans quelques heures.
LECOUTRE
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