Bonjour,
Dans le cadre de recherches généalogiques sur mon ancêtre Louis Valentin SERRE (01/10/1887 Marseille - 21/12/1914 Malancourt), je sollicite votre aide pour obtenir un maximum d'informations sur les combats qui ont eu lieu dans le Bois de Malancourt, secteur d'Avocourt, les journées du 20 et 21 décembre 1914, ainsi que sur mon ancêtre lui-même et son régiment, le 112e R.I. (1er bataillon, 57e brigade, 29e division, 15e corps d'armée).
Mes objectifs en particulier seraient d'obtenir :
- Des cartes du secteur à une date la plus proche des combats.
- Des photos ou dessins du secteur, voir de mon ancêtre, à une date la plus proche des combats.
- Des informations détaillées sur le déroulé des combats durant ces deux journées.
J'ai déjà quelques informations de plusieurs sources différentes, mais ne pouvant pas insérer d'images (taille trop élevée pour le site), je ne peux pas vous les partager.
Bien à vous,
Alexandre
Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
-
Alexandre0211
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonjour
Sa FM Classe 1907 Matricule au recrutement 745 Marseille https://www.archives13.fr/ark:/40700/vt ... as%2F0%2F1
JMO 29e Division (commencer le 17 décembre p.48)
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/36499
JMO 57e Brigade
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/35441
en comparant les cartes
https://servimg.com/image_preview.php?i=135&u=15448790 .
.
le 258e est au Bois de Malancourt, mais en gin 1915 (vue 9)
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/23157
Puis j'aurai trouvé une vue en perspective
viewtopic.php?p=103065#p103065
Le cimetière Bois de Malancourt juillet 1915
https://argonnaute.parisnanterre.fr/ark ... e0daeb8e35
Sa FM Classe 1907 Matricule au recrutement 745 Marseille https://www.archives13.fr/ark:/40700/vt ... as%2F0%2F1
JMO 29e Division (commencer le 17 décembre p.48)
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JMO 57e Brigade
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/35441
en comparant les cartes
https://servimg.com/image_preview.php?i=135&u=15448790 .
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Le cimetière Bois de Malancourt juillet 1915
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Salutations
Michel
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- olivier gaget
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonjour Alexandre,
m'intéressant particulièrement au 112e RI, j'ai regardé ce que j'ai dans mes dossiers.
Dans mon tableau Excel des pertes, j'ai relevé 22 tués le 20 décembre et 14 le 21, sans compter ceux qui mourront ultérieurement de blessures.
Seuls deux sont notés comme décédés les 20-21, votre ancêtre plus un sergent. Cela porte à 38 le nombre de tués les 20 et 21. Parmi ces 38, je n'en ai que six dont je connais la compagnie, et il s'avère qu'ils dépendent tous du 1er bataillon qui a principalement porté l'attaque. Or, vous écrivez :
Cordialement,
Olivier
m'intéressant particulièrement au 112e RI, j'ai regardé ce que j'ai dans mes dossiers.
Dans mon tableau Excel des pertes, j'ai relevé 22 tués le 20 décembre et 14 le 21, sans compter ceux qui mourront ultérieurement de blessures.
Seuls deux sont notés comme décédés les 20-21, votre ancêtre plus un sergent. Cela porte à 38 le nombre de tués les 20 et 21. Parmi ces 38, je n'en ai que six dont je connais la compagnie, et il s'avère qu'ils dépendent tous du 1er bataillon qui a principalement porté l'attaque. Or, vous écrivez :
Comment savez-vous qu'il était au 1er bataillon ?Alexandre0211 a écrit : ↑lun. avr. 06, 2026 3:26 pm mon ancêtre lui-même et son régiment, le 112e R.I. (1er bataillon, 57e brigade, 29e division, 15e corps d'armée).
Cordialement,
Olivier
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Alexandre0211
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonsoir !olivier gaget a écrit : ↑jeu. avr. 09, 2026 6:47 pm Comment savez-vous qu'il était au 1er bataillon ?
Dans mon message je ne disais pas que mon ancêtre était du 1er bataillon, les parenthèses étaient là plutôt pour éclaircir la fin de ma phrase et préciser qui avait mener les attaques le 20 - 21 décembre, du moins côté 112e R.I., d'après les informations que j'avais.
Dans les faits, je ne sais pas si mon ancêtre était du 1er bataillon.
Bien à vous,
Alexandre
-
Alexandre0211
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Merci beaucoup pour toutes ces informations précieuses !michelstl a écrit : ↑mer. avr. 08, 2026 12:40 am Bonjour
Sa FM Classe 1907 Matricule au recrutement 745 Marseille https://www.archives13.fr/ark:/40700/vt ... as%2F0%2F1
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JMO 57e Brigade
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/35441
en comparant les cartes
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Bois Malancourt.jpg
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le 258e est au Bois de Malancourt, mais en gin 1915 (vue 9)
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Le cimetière Bois de Malancourt juillet 1915
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- olivier gaget
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonjour à tous,
Alexandre, voici le témoignage pour les journées des 19, 20 et 21 décembre, de deux soldats du 112e. Tous deux émanent de soldats israélites dont j'ai relaté la vie et le parcours de guerre dans un livre paru en 2014 .
Vous aurez ainsi un aperçu des combats et pourrez entrevoir ce qu'a probablement connu votre ancêtre. Le premier récit est d'un sous-officier au 3e bataillon ; le second, d'un agent de liaison de la 4e Cie :
Maurice Bertman, 9e Cie
19 décembre.
Récicourt. Après un bon débarbouillage dans la rivière je me fais préparer un chocolat dans lequel je trempe des grillés de pain beurré. Je trouve cela exquis et j’y reviendrai mais le beurre est rare dans cette région où tout le lait passe pour les blessés et malades, aussi le beurre ne peut se faire. Les habitants sont assez gentils et rendent service moyennant salaire bien entendu, c’est ainsi que j’ai pu me procurer un certain bien-être qui me fait profiter de mon séjour au cantonnement.
Je suis sergent de jour et dois veiller à l’exécution des corvées de nettoyage du cantonnement par les hommes de la Cie. C’est ce qu’il y a de plus embêtant car on n’a pas une minute de liberté pour faire ses petites affaires personnelles, aussi j’ai trotté toute la journée avec des ordres de ci et des ordres de là ! Bref, voici le soir et je suis vanné ; à 19 h on nous donne l’ordre de faire les sacs, nous partirons cette nuit à 12 h 45, c’est soi-disant pour aller faire l’attaque de Montfaucon. Nous sommes tous anxieux et nous demandons le sort qui nous est réservé. En route on me rassure en disant que nous sommes en réserve de division et ce n’est que le premier bataillon du 112e qui participera à l’attaque des tranchées allemandes. Nous passons par Montzéville, Esnes puis enfin, vers 6 h ½ du matin, nous arrivons à la corne sud du bois où nous nous installons tant bien que mal. La pluie n’a cessé de tomber depuis notre départ et nous sommes transis de froid. Enfin vers midi, la canonnade commence et de suite après, une violente fusillade.
20 décembre.
Bois d’Avocourt. Je suppose que c’est l’attaque en effet. Quelques balles perdues viennent de notre côté et s’aplatissent dans les arbres avec un bruit sec. Cela dura environ une demi-heure pendant laquelle nos mitrailleuses donnèrent beaucoup, puis le silence, interrompu sur notre front par quelques feux par salves. Bientôt nous voyons défiler les blessés en grand nombre, qui la tête, qui le bras, qui la jambe dans les pansements sommaires fait sur place et se dirigeant vers Esnes où est établie notre infirmerie.
Comme résultat, nous avons repris une tranchée française que les Allemands ont pris au 141e (7e Cie) sans coup férir car ces lâches se sont rendus sans défense alors qu’ils pouvaient repousser l’attaque. Et ce sera à eux que le XVe corps devra sa mauvaise réputation. La 2e et 4e Cie du 112e participèrent à l’attaque de cette tranchée et eurent des pertes malheureusement mais se maintinrent sur leur position. La nuit s’approche et on nous donne l’ordre d’aller cantonner à Esnes où nous nous rendons fatigués et sans avoir pris quelque chose de chaud, les feux étant interdits pour ne pas nous attirer les obus de l’artillerie. Enfin nous nous endormons d’un sommeil de plomb sans avoir pu auparavant sécher nos vêtements qui sont tout mouillés, ainsi que mes pieds qui baignent dans l’eau.
À 4 h réveil et nous repartons immédiatement à notre ancien emplacement où nous nous installons le mieux possible. Autorisation de faire un feu par section pour le café et se réchauffer. La journée se passe tranquille.
21 décembre.
Bois d’Avocourt. Hier soir on croyait aller cantonner à Esnes, mais un ordre est arrivé et nous sommes allé relever le 1er bataillon qui avait donné par 3 fois l’assaut aux tranchées allemandes. Le bataillon a eu 200 hommes hors de combat, entre morts et blessés ce qui est énorme et comme résultat nul. 4 officiers ont été tués ce qui donnera peut-être à réfléchir sur les prochaines attaques que nous ferons, mais je crois que pour l’instant l’expérience a coûté cher et que nous ne recommencerons pas de si tôt la série de ces attaques inutiles puisque l’on ne peut y parvenir sans y laisser un grand nombre d’hommes.
Quant à nous, après avoir passé la nuit dans un fossé humide et boueux, nous nous apprêtions ce matin à donner un assaut, mais il n’en fut rien et à 4 h on nous fit partir pour relever le 2e bataillon.
À 6 h la relève s’est opérée et nous sommes bien tombés dans de bonnes tranchées abris où nous pouvons nous reposer et nous chauffer. Quant à moi, j’occupe avec 4 hommes une petite cahute très bien installée. J’ai pour couchette un bon bas-flanc isolé du sol, un bon feu de bois brûlé dans un trou creusé dans la paroi et auquel je chauffe mes pieds encore humides de la boue du chemin. Après avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer le service de surveillance de la tranchée, je me laisse aller d’un bon sommeil qui me remet complètement de mes fatigues. Le soir arrive et il me faut veiller jusqu’à 1 h du matin. À ce moment, violente fusillade sur la droite.
Roger Rebstock, agent de liaison à la 4e Cie
Samedi 19 décembre
On parle d’une attaque de Montfaucon. Et, de fait, nous faisons nos préparatifs pour partir dans la nuit.
À minuit 45, l’État-major du régiment quitte Récicourt. Il fait une pluie battante et un vent violent. Temps horrible. Nous passons à Dombasle, où le colonel se met en tête d’un bataillon du 111e .
Nous passons à Montzéville et nous atteignons Esnes. Il pleut toujours. Cette marche silencieuse, dans la nuit sur la route inondée, a quelque chose d’impressionnant.
Nous nous arrêtons quelques instants à Esnes et par la cote 299, nous nous dirigeons vers le bois de Malancourt. Le plateau d’Esnes est détrempé. On a de l’eau et de la boue jusqu’aux genoux.
Dimanche 20 décembre
Nous pénétrons dans le bois et nous pataugeons. Nous arrivons jusqu’au village nègre et nous nous mettons dans des abris très insuffisants où l’eau traverse et où nous sommes assis dans la boue. Nous y restons tout le jour. L’attaque se déclenche vers 7h½.
Le colonel occupe une cabane de l’autre côté de la route du boyau central. Les balles sifflent, nombreuses, l’action est chaude. Bientôt les compagnies du 1er bataillon retournent, n’ayant plus de munitions. Le commandant Guichard se replie. L’action diminue d’intensité. L’attaque a échoué. Les blessés passent nombreux, des pertes sont sensibles (cap. lieut. Pujade, Pijotat).
Le soir, le colonel va se coucher au poste de commandement, à côté du poste de commandement de la brigade. Comme il n’y a pas de cabane pour nous, le colonel a la bonté de nous hospitaliser dans la sienne. Pendant 3 jours, nous y coucherons.
Le soir, je vais plusieurs fois communiquer au commandant du 1er bataillon, au village nègre.
Tandis que vers 1h du matin j’y retourne, l’obscurité me trompe et je m’écarte du sentier que je ne connaissais que depuis le matin. Je m’égare finalement et je passe le reste de la matinée à errer dans le bois pour tâcher de retrouver le bon chemin. Mais impossible ! Plus je marche, plus je m’écarte du point à atteindre. Et j’ai pourtant un ordre important à communiquer !
Quelle nuit d’angoisse passée à errer sous la pluie ! Enfin ! au petit jour je peux m’orienter et je peux enfin retourner au poste de commandement. Le colonel n’y est plus. Mais je le trouve au village nègre. Je craignais une remontrance, il m’accueille par des paroles bienveillantes. J’en avais besoin. J’étais trempé jusqu’aux os et les vêtements complètement mouillés de boue. Conclusion : jamais plus la nuit je ne partirai seul ! Fort heureusement le retard apporté dans la transmission de l’ordre n’a pas eu de conséquences.
Lundi 21 décembre
L’attaque est reprise, mais sans résultat précis (lieutenant Roman tué à la 3e compagnie).
à suivre....
Alexandre, voici le témoignage pour les journées des 19, 20 et 21 décembre, de deux soldats du 112e. Tous deux émanent de soldats israélites dont j'ai relaté la vie et le parcours de guerre dans un livre paru en 2014 .
Vous aurez ainsi un aperçu des combats et pourrez entrevoir ce qu'a probablement connu votre ancêtre. Le premier récit est d'un sous-officier au 3e bataillon ; le second, d'un agent de liaison de la 4e Cie :
Maurice Bertman, 9e Cie
19 décembre.
Récicourt. Après un bon débarbouillage dans la rivière je me fais préparer un chocolat dans lequel je trempe des grillés de pain beurré. Je trouve cela exquis et j’y reviendrai mais le beurre est rare dans cette région où tout le lait passe pour les blessés et malades, aussi le beurre ne peut se faire. Les habitants sont assez gentils et rendent service moyennant salaire bien entendu, c’est ainsi que j’ai pu me procurer un certain bien-être qui me fait profiter de mon séjour au cantonnement.
Je suis sergent de jour et dois veiller à l’exécution des corvées de nettoyage du cantonnement par les hommes de la Cie. C’est ce qu’il y a de plus embêtant car on n’a pas une minute de liberté pour faire ses petites affaires personnelles, aussi j’ai trotté toute la journée avec des ordres de ci et des ordres de là ! Bref, voici le soir et je suis vanné ; à 19 h on nous donne l’ordre de faire les sacs, nous partirons cette nuit à 12 h 45, c’est soi-disant pour aller faire l’attaque de Montfaucon. Nous sommes tous anxieux et nous demandons le sort qui nous est réservé. En route on me rassure en disant que nous sommes en réserve de division et ce n’est que le premier bataillon du 112e qui participera à l’attaque des tranchées allemandes. Nous passons par Montzéville, Esnes puis enfin, vers 6 h ½ du matin, nous arrivons à la corne sud du bois où nous nous installons tant bien que mal. La pluie n’a cessé de tomber depuis notre départ et nous sommes transis de froid. Enfin vers midi, la canonnade commence et de suite après, une violente fusillade.
20 décembre.
Bois d’Avocourt. Je suppose que c’est l’attaque en effet. Quelques balles perdues viennent de notre côté et s’aplatissent dans les arbres avec un bruit sec. Cela dura environ une demi-heure pendant laquelle nos mitrailleuses donnèrent beaucoup, puis le silence, interrompu sur notre front par quelques feux par salves. Bientôt nous voyons défiler les blessés en grand nombre, qui la tête, qui le bras, qui la jambe dans les pansements sommaires fait sur place et se dirigeant vers Esnes où est établie notre infirmerie.
Comme résultat, nous avons repris une tranchée française que les Allemands ont pris au 141e (7e Cie) sans coup férir car ces lâches se sont rendus sans défense alors qu’ils pouvaient repousser l’attaque. Et ce sera à eux que le XVe corps devra sa mauvaise réputation. La 2e et 4e Cie du 112e participèrent à l’attaque de cette tranchée et eurent des pertes malheureusement mais se maintinrent sur leur position. La nuit s’approche et on nous donne l’ordre d’aller cantonner à Esnes où nous nous rendons fatigués et sans avoir pris quelque chose de chaud, les feux étant interdits pour ne pas nous attirer les obus de l’artillerie. Enfin nous nous endormons d’un sommeil de plomb sans avoir pu auparavant sécher nos vêtements qui sont tout mouillés, ainsi que mes pieds qui baignent dans l’eau.
À 4 h réveil et nous repartons immédiatement à notre ancien emplacement où nous nous installons le mieux possible. Autorisation de faire un feu par section pour le café et se réchauffer. La journée se passe tranquille.
21 décembre.
Bois d’Avocourt. Hier soir on croyait aller cantonner à Esnes, mais un ordre est arrivé et nous sommes allé relever le 1er bataillon qui avait donné par 3 fois l’assaut aux tranchées allemandes. Le bataillon a eu 200 hommes hors de combat, entre morts et blessés ce qui est énorme et comme résultat nul. 4 officiers ont été tués ce qui donnera peut-être à réfléchir sur les prochaines attaques que nous ferons, mais je crois que pour l’instant l’expérience a coûté cher et que nous ne recommencerons pas de si tôt la série de ces attaques inutiles puisque l’on ne peut y parvenir sans y laisser un grand nombre d’hommes.
Quant à nous, après avoir passé la nuit dans un fossé humide et boueux, nous nous apprêtions ce matin à donner un assaut, mais il n’en fut rien et à 4 h on nous fit partir pour relever le 2e bataillon.
À 6 h la relève s’est opérée et nous sommes bien tombés dans de bonnes tranchées abris où nous pouvons nous reposer et nous chauffer. Quant à moi, j’occupe avec 4 hommes une petite cahute très bien installée. J’ai pour couchette un bon bas-flanc isolé du sol, un bon feu de bois brûlé dans un trou creusé dans la paroi et auquel je chauffe mes pieds encore humides de la boue du chemin. Après avoir pris toutes les dispositions nécessaires pour assurer le service de surveillance de la tranchée, je me laisse aller d’un bon sommeil qui me remet complètement de mes fatigues. Le soir arrive et il me faut veiller jusqu’à 1 h du matin. À ce moment, violente fusillade sur la droite.
Roger Rebstock, agent de liaison à la 4e Cie
Samedi 19 décembre
On parle d’une attaque de Montfaucon. Et, de fait, nous faisons nos préparatifs pour partir dans la nuit.
À minuit 45, l’État-major du régiment quitte Récicourt. Il fait une pluie battante et un vent violent. Temps horrible. Nous passons à Dombasle, où le colonel se met en tête d’un bataillon du 111e .
Nous passons à Montzéville et nous atteignons Esnes. Il pleut toujours. Cette marche silencieuse, dans la nuit sur la route inondée, a quelque chose d’impressionnant.
Nous nous arrêtons quelques instants à Esnes et par la cote 299, nous nous dirigeons vers le bois de Malancourt. Le plateau d’Esnes est détrempé. On a de l’eau et de la boue jusqu’aux genoux.
Dimanche 20 décembre
Nous pénétrons dans le bois et nous pataugeons. Nous arrivons jusqu’au village nègre et nous nous mettons dans des abris très insuffisants où l’eau traverse et où nous sommes assis dans la boue. Nous y restons tout le jour. L’attaque se déclenche vers 7h½.
Le colonel occupe une cabane de l’autre côté de la route du boyau central. Les balles sifflent, nombreuses, l’action est chaude. Bientôt les compagnies du 1er bataillon retournent, n’ayant plus de munitions. Le commandant Guichard se replie. L’action diminue d’intensité. L’attaque a échoué. Les blessés passent nombreux, des pertes sont sensibles (cap. lieut. Pujade, Pijotat).
Le soir, le colonel va se coucher au poste de commandement, à côté du poste de commandement de la brigade. Comme il n’y a pas de cabane pour nous, le colonel a la bonté de nous hospitaliser dans la sienne. Pendant 3 jours, nous y coucherons.
Le soir, je vais plusieurs fois communiquer au commandant du 1er bataillon, au village nègre.
Tandis que vers 1h du matin j’y retourne, l’obscurité me trompe et je m’écarte du sentier que je ne connaissais que depuis le matin. Je m’égare finalement et je passe le reste de la matinée à errer dans le bois pour tâcher de retrouver le bon chemin. Mais impossible ! Plus je marche, plus je m’écarte du point à atteindre. Et j’ai pourtant un ordre important à communiquer !
Quelle nuit d’angoisse passée à errer sous la pluie ! Enfin ! au petit jour je peux m’orienter et je peux enfin retourner au poste de commandement. Le colonel n’y est plus. Mais je le trouve au village nègre. Je craignais une remontrance, il m’accueille par des paroles bienveillantes. J’en avais besoin. J’étais trempé jusqu’aux os et les vêtements complètement mouillés de boue. Conclusion : jamais plus la nuit je ne partirai seul ! Fort heureusement le retard apporté dans la transmission de l’ordre n’a pas eu de conséquences.
Lundi 21 décembre
L’attaque est reprise, mais sans résultat précis (lieutenant Roman tué à la 3e compagnie).
à suivre....
Dernière modification par olivier gaget le ven. avr. 10, 2026 8:45 pm, modifié 1 fois.
- olivier gaget
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
J'ai d'autres témoignages mais pas pour la période concernée malheureusement.
Voici à présent le récit du capitaine Rostin, qui commandait la 9e Cie où évoluait Bertman. Malheureusement, il ne dit rien les 20 et 21 ; mais vous y trouverez toutefois ses impressions un peu avant et un peu après.
Ces pages proviennent de mon livre sur ce capitaine, paru en 2008.
Voici enfin le JMO de la 57e brigade (111e et 112e RI) :
19 décembre
L’attaque projetée pour le 19 décembre dans l’ordre du CA n° 126 est reportée au 20 décembre. Le général commandant la 57e brigade règle ainsi les opérations :
La 57e brigade, disposant de 5 bataillons, d’un groupe d’AC/15 placé à la cote 304, d’une section de 80 de montagne, de 6 mortiers et de la Cie divisionnaire du Génie, a pour mission de réoccuper les tranchées perdues le 6 décembre et de pousser jusqu’à la route Malancourt – Avocourt en débordant par l’est l’organisation ennemie du bois de Malancourt.
L’occupation des tranchées du secteur sera maintenue en vue d’assurer, quoi qu’il arrive, la possession du terrain occupé jusqu’à ce jour. Les troupes d’attaque seront donc différentes de celles qui seront laissées à la garde des tranchées (1 bataillon dans le sous-secteur de droite ; 3 compagnies sous-secteur de gauche).
Objectifs d’attaque
a) 2 compagnies du 112e sous les ordres du commandant Guichard prendront comme objectif la partie de la tranchée perdue le 6 décembre, située sous-bois (tranchée qui fait face à notre tranchée dénommée « tranchée des 100 Fusils »). Ces deux compagnies seront disposées à pied d’œuvre avant 06h30 derrière la tranchée des 100 Fusils.
b) Un bataillon du 111e prendra comme objectif la partie de la tranchée perdue le 6 décembre qui se trouve hors du bois, à environ 300 mètres de nos tranchées de première ligne. Ce bataillon sera disposé avant 06h30 dans le ravin situé entre la tranchée de l’H d’Haucourt et la cote 252, face à son objectif.
Artillerie
L’attaque des deux compagnies du commandant Guichard sera préparée par 6 mortiers et par des bombes, ces dernières lancées par le détachement du Génie placé à l’épaulement de gauche de la tranchée des 10 Fusils. L’attaque par le bataillon du 111e de la tranchée ennemie hors du bois sera préparée :
1°- Pendant 25 minutes par le groupe AC/15 de la cote 304 (une batterie battant cette tranchée, les 2 autres tirant sur les tranchées ennemies au-delà de la route Malancourt – Avocourt).
2°- Par la section de 80. Une fusée blanche tirée par les soins du colonel du 111e préviendra le groupe AC/15 d’allonger son tir.
20 décembre
L’attaque qui devait avoir lieu à partir de 06h30 ne se déclenche qu’à 12h15 au signal donné par l’artillerie.
Après un feu de 25 minutes, le bataillon Gorenflot du 111e franchit le boyau de communication et attaque la partie extérieure hors du bois de la tranchée allemande, à 12h45 la compagnie de tête du bataillon dépasse de 100 mètres ce boyau. Le commandant Gorenflot est blessé. À gauche, les premiers éléments du commandant Guichard du 112e franchissent la tranchée des 100 Fusils.
À 13h15, les éléments avancés de droite bordant les défenses accessoires de la tranchée ennemie, le capitaine Baudouin reçoit l’ordre de se fortifier.
À gauche, l’attaque du bataillon du 112e échoue et ce bataillon reçoit l’ordre de reprendre l’attaque.
13h45 : le commandant Caucanas du 111e, bataillon de réserve de brigade, reçoit l’ordre de se tenir prêt à repousser une contre-attaque possible.
14h45 : la 3e Cie du bataillon d’attaque du 111e appuie le mouvement des 2 premières sur la droite. Les pertes sont déjà nombreuses au 112e. L’attaque recommencée permet à un peloton du 112e de prendre pied dans la partie de la tranchée ennemie formant boyau. Ils découvrent des cadavres allemands. Ce peloton reçoit de son commandant l’ordre de se replier. Le lieutenant Pujade a été tué.
Les troupes restent pendant la nuit du 20 au 21 sur leurs positions.
21 décembre
Au petit jour, le bataillon Baudouin essaye, par une attaque, de reprendre la tranchée allemande. Son bataillon ne peut y arriver. Il s’arrête et fortifie sa position qui prend le nom de tranchée N.
Deux officiers, messieurs Andréani et Médecin, sous-lieutenants de réserve, sont tués.
À gauche, deux compagnies du bataillon Guichard (112e) commandées par le capitaine Placide et le lieutenant de réserve Roman reçoivent l’ordre de s’emparer des tranchées dont la partie gagnée la veille avait été abandonnée. Sous le feu violent de l’ennemi, ces unités ne peuvent y parvenir. Le lieutenant Roman, commandant de compagnie, est tué. Les deux compagnies se replient derrière la tranchée des 100 Fusils. La soirée est employée à organiser la position conquise.
Cordialement et bonnes recherches,
Olivier
Voici à présent le récit du capitaine Rostin, qui commandait la 9e Cie où évoluait Bertman. Malheureusement, il ne dit rien les 20 et 21 ; mais vous y trouverez toutefois ses impressions un peu avant et un peu après.
Ces pages proviennent de mon livre sur ce capitaine, paru en 2008.
Voici enfin le JMO de la 57e brigade (111e et 112e RI) :
19 décembre
L’attaque projetée pour le 19 décembre dans l’ordre du CA n° 126 est reportée au 20 décembre. Le général commandant la 57e brigade règle ainsi les opérations :
La 57e brigade, disposant de 5 bataillons, d’un groupe d’AC/15 placé à la cote 304, d’une section de 80 de montagne, de 6 mortiers et de la Cie divisionnaire du Génie, a pour mission de réoccuper les tranchées perdues le 6 décembre et de pousser jusqu’à la route Malancourt – Avocourt en débordant par l’est l’organisation ennemie du bois de Malancourt.
L’occupation des tranchées du secteur sera maintenue en vue d’assurer, quoi qu’il arrive, la possession du terrain occupé jusqu’à ce jour. Les troupes d’attaque seront donc différentes de celles qui seront laissées à la garde des tranchées (1 bataillon dans le sous-secteur de droite ; 3 compagnies sous-secteur de gauche).
Objectifs d’attaque
a) 2 compagnies du 112e sous les ordres du commandant Guichard prendront comme objectif la partie de la tranchée perdue le 6 décembre, située sous-bois (tranchée qui fait face à notre tranchée dénommée « tranchée des 100 Fusils »). Ces deux compagnies seront disposées à pied d’œuvre avant 06h30 derrière la tranchée des 100 Fusils.
b) Un bataillon du 111e prendra comme objectif la partie de la tranchée perdue le 6 décembre qui se trouve hors du bois, à environ 300 mètres de nos tranchées de première ligne. Ce bataillon sera disposé avant 06h30 dans le ravin situé entre la tranchée de l’H d’Haucourt et la cote 252, face à son objectif.
Artillerie
L’attaque des deux compagnies du commandant Guichard sera préparée par 6 mortiers et par des bombes, ces dernières lancées par le détachement du Génie placé à l’épaulement de gauche de la tranchée des 10 Fusils. L’attaque par le bataillon du 111e de la tranchée ennemie hors du bois sera préparée :
1°- Pendant 25 minutes par le groupe AC/15 de la cote 304 (une batterie battant cette tranchée, les 2 autres tirant sur les tranchées ennemies au-delà de la route Malancourt – Avocourt).
2°- Par la section de 80. Une fusée blanche tirée par les soins du colonel du 111e préviendra le groupe AC/15 d’allonger son tir.
20 décembre
L’attaque qui devait avoir lieu à partir de 06h30 ne se déclenche qu’à 12h15 au signal donné par l’artillerie.
Après un feu de 25 minutes, le bataillon Gorenflot du 111e franchit le boyau de communication et attaque la partie extérieure hors du bois de la tranchée allemande, à 12h45 la compagnie de tête du bataillon dépasse de 100 mètres ce boyau. Le commandant Gorenflot est blessé. À gauche, les premiers éléments du commandant Guichard du 112e franchissent la tranchée des 100 Fusils.
À 13h15, les éléments avancés de droite bordant les défenses accessoires de la tranchée ennemie, le capitaine Baudouin reçoit l’ordre de se fortifier.
À gauche, l’attaque du bataillon du 112e échoue et ce bataillon reçoit l’ordre de reprendre l’attaque.
13h45 : le commandant Caucanas du 111e, bataillon de réserve de brigade, reçoit l’ordre de se tenir prêt à repousser une contre-attaque possible.
14h45 : la 3e Cie du bataillon d’attaque du 111e appuie le mouvement des 2 premières sur la droite. Les pertes sont déjà nombreuses au 112e. L’attaque recommencée permet à un peloton du 112e de prendre pied dans la partie de la tranchée ennemie formant boyau. Ils découvrent des cadavres allemands. Ce peloton reçoit de son commandant l’ordre de se replier. Le lieutenant Pujade a été tué.
Les troupes restent pendant la nuit du 20 au 21 sur leurs positions.
21 décembre
Au petit jour, le bataillon Baudouin essaye, par une attaque, de reprendre la tranchée allemande. Son bataillon ne peut y arriver. Il s’arrête et fortifie sa position qui prend le nom de tranchée N.
Deux officiers, messieurs Andréani et Médecin, sous-lieutenants de réserve, sont tués.
À gauche, deux compagnies du bataillon Guichard (112e) commandées par le capitaine Placide et le lieutenant de réserve Roman reçoivent l’ordre de s’emparer des tranchées dont la partie gagnée la veille avait été abandonnée. Sous le feu violent de l’ennemi, ces unités ne peuvent y parvenir. Le lieutenant Roman, commandant de compagnie, est tué. Les deux compagnies se replient derrière la tranchée des 100 Fusils. La soirée est employée à organiser la position conquise.
Cordialement et bonnes recherches,
Olivier
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La Falouse
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Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonsoir.
Lorsque l'on parle de cette zone il vient tout de suite à l'esprit la guerre...des mines.
En effet, c'est là qu'explose la première mine de la GG le 6 décembre 1914.
Cordialement.
Frédéric RADET
Lorsque l'on parle de cette zone il vient tout de suite à l'esprit la guerre...des mines.
En effet, c'est là qu'explose la première mine de la GG le 6 décembre 1914.
Cordialement.
Frédéric RADET
Re: Combats secteur d'Avocourt/Malancourt 20 - 21 décembre 1914
Bonjour
Voici un extrait d'un article que j'avais rédigé en 2015 dans les bulletin des Amis de Vauquois n°78, 80, 81 et 82. La série d'articles concernait les combats sur Malancourt entre 1914 et 1916. Voici ce qui concerne l'affrontement du 20 décembre 1914.
L'article commence à évoquer l'échec des affrontements du 6 décembre, puis se poursuit pas les préparatifs du 20 décembre :
" Il appartient à la 57e brigade de « laver l’honneur » entre le 20 et 24 décembre 1914. Joffre et le GQG suivent de près cette nouvelle opération.
L’attaque est décidée le 8 décembre. On informe la troupe qu’il s’agit d’un assaut qui vise à conquérir la butte de Montfaucon, objectif concret pour l’ensemble des hommes. En pratique, tant les effectifs employés que la tactique adoptée révèlent une opération bien plus réduite qui vise avant tout à repousser les Allemands derrière la route, c’est-à-dire de les faire reculer de 300 mètres. D’autres opérations sont planifiées le même jour entre Vauquois et la Meuse. Les moyens matériels nécessaires à cette série d’assauts manquent…
Le capitaine Denis Ravaille, qui commande la 5e batterie du 55e RAC chargée du soutien d’artillerie, racle les fonds de tiroir pour se procurer les pièces d’artillerie et les moyens techniques nécessaires (téléphones, fils téléphoniques)… En cette fin d’année « on ne tire pas, tant les projectiles sont rares. C'est la période où les allocations sont de trois coups par jour, trois coups à obus à poudre noire !!! » Il faut donc remplacer les pièces qui manquent de munitions par des canons plus anciens mais mieux pourvus. Il reçoit donc le 8 décembre deux mortiers de 15 cm modèle 1838 « Louis –Philippe » ou « Crapouillot » et le 19 décembre - la veille de l’attaque- quatre mortiers de 77 mm « Cellerier », matériel à l’efficacité toute relative, inventé et mis en œuvre à la hâte en cette fin d’année 1914 … Le 9 décembre le capitaine se rend « à Dombasle à 8h pour y recevoir avec le lieutenant Paulain une instruction sur les mortiers et artifices divers, arrivée à Montzeville à 12h, départ pour le bois de Malancourt à 13h ». Autant dire que la formation sur ces nouveaux matériels paraît bien sommaire… La batterie aligne également quatre pièces d’artillerie de 80 mm « de Bange » archaïques (modèles 1877) et une pièce de 65 de montagne qui sera positionnée en soutien sur le mamelon d’Haucourt. La compagnie du génie 15/1 doit soutenir l’assaut sous-bois en lançant des « bombes » sur l’adversaire, c’est-à-dire probablement des grenades sphériques.
Du côté allemand, les difficultés d’approvisionnement pour l’artillerie sont similaires. La 8e batterie du RFuAR 1422 dispose de pièces lourdes en position dans le bois de Cuisy (lisière orientale du bois de Montfaucon), mais la pénurie de munitions est tout aussi importante. Depuis la deuxième moitié du mois de septembre les pièces ne tirent plus, les obus sont conservés pour les situations d’urgence. A cela s’ajoute des difficultés logistiques. Un dépôt de munitions est installé très tôt au laie Fuon, malheureusement les colonnes d’approvisionnement qui en viennent n’ont pas l’autorisation de s’approcher des positions d’artillerie et les canonniers doivent donc transporter eux-mêmes des obus pesant une centaine de kilos sur 100 à 150 mètres… Et les jours de combats, les pièces peuvent tirer plusieurs dizaines de projectiles par jour…
Les assauts sont menés par le 112e RI (2 compagnies, théoriquement 500 hommes, probablement nettement moins) qui doit attaquer en sous-bois et le 111e RI (un bataillon, 1100 hommes sur l’effectif théorique) qui doit fournir l’essentiel de l’effort en terrain découvert. Face à eux, les Silésiens du R.I.R. 10 (11.RD) qui vient d’arriver sur le secteur. Les troupes sont relativement fraîches, mais les conditions hivernales rendent la défense des tranchées épouvantable. Tant Français qu’Allemands souffrent de « pieds gelés » qui impactent la disponibilité des troupes en ligne.
Le bataillon du 111e RI part, sur 400 mètres, à l’assaut d’une pente légère, totalement découverte, au terrain transformé en fondrière par les combats et les récentes chutes de neige. Ils attaquent là même où avait été mené l’assaut du 30 septembre. Le terrain semble défavorable à une telle opération, mais il est hors de question d’attaquer en masse sous le couvert de la forêt, puisque l’artillerie française doit « voir » les lignes allemandes afin de les pilonner. L’artillerie de campagne du 15e corps, en place sur la cote 304, se révèle cependant incapable de soutenir l’opération de son feu, faute de vue claire sur le champ de bataille (ou tout simplement de munitions). Lancées dans des conditions météo difficiles, avec des moyens d’artillerie improvisés, les attaques successives permettent malgré tout aux français de reconquérir quelques morceaux de tranchées dans la plaine, mais l’objectif principal qui était de repousser les Allemands derrière la route est loin d’être atteint puisque ceux-ci s’accrochent toujours solidement à la forêt et à une partie de la « tranchée du 6 décembre ».
Voici une carte réalisée à l'aide du JMO du 55e RAC : Les sources utilisées étaient :
JMO de la 58e brigade SHD 26N512/2 en date du 11 décembre 1914
Historique du 55e Régiment d’Artillerie de Campagne pendant la guerre 1914-1918, imprimerie Berger-Levrault, Nancy, 1919 JMO de la 5e batterie du 55e RAC SHD 26N1004/2
JMO de la 5e batterie du 55e RAC SHD 26N1004/2
Hereus Fritz, Erinerrungsblätter Deutscher Regimenter Band 342 : Badisches Schwere Artillerie II und IV/Res.14, page 33
Bonne journée
François
Voici un extrait d'un article que j'avais rédigé en 2015 dans les bulletin des Amis de Vauquois n°78, 80, 81 et 82. La série d'articles concernait les combats sur Malancourt entre 1914 et 1916. Voici ce qui concerne l'affrontement du 20 décembre 1914.
L'article commence à évoquer l'échec des affrontements du 6 décembre, puis se poursuit pas les préparatifs du 20 décembre :
" Il appartient à la 57e brigade de « laver l’honneur » entre le 20 et 24 décembre 1914. Joffre et le GQG suivent de près cette nouvelle opération.
L’attaque est décidée le 8 décembre. On informe la troupe qu’il s’agit d’un assaut qui vise à conquérir la butte de Montfaucon, objectif concret pour l’ensemble des hommes. En pratique, tant les effectifs employés que la tactique adoptée révèlent une opération bien plus réduite qui vise avant tout à repousser les Allemands derrière la route, c’est-à-dire de les faire reculer de 300 mètres. D’autres opérations sont planifiées le même jour entre Vauquois et la Meuse. Les moyens matériels nécessaires à cette série d’assauts manquent…
Le capitaine Denis Ravaille, qui commande la 5e batterie du 55e RAC chargée du soutien d’artillerie, racle les fonds de tiroir pour se procurer les pièces d’artillerie et les moyens techniques nécessaires (téléphones, fils téléphoniques)… En cette fin d’année « on ne tire pas, tant les projectiles sont rares. C'est la période où les allocations sont de trois coups par jour, trois coups à obus à poudre noire !!! » Il faut donc remplacer les pièces qui manquent de munitions par des canons plus anciens mais mieux pourvus. Il reçoit donc le 8 décembre deux mortiers de 15 cm modèle 1838 « Louis –Philippe » ou « Crapouillot » et le 19 décembre - la veille de l’attaque- quatre mortiers de 77 mm « Cellerier », matériel à l’efficacité toute relative, inventé et mis en œuvre à la hâte en cette fin d’année 1914 … Le 9 décembre le capitaine se rend « à Dombasle à 8h pour y recevoir avec le lieutenant Paulain une instruction sur les mortiers et artifices divers, arrivée à Montzeville à 12h, départ pour le bois de Malancourt à 13h ». Autant dire que la formation sur ces nouveaux matériels paraît bien sommaire… La batterie aligne également quatre pièces d’artillerie de 80 mm « de Bange » archaïques (modèles 1877) et une pièce de 65 de montagne qui sera positionnée en soutien sur le mamelon d’Haucourt. La compagnie du génie 15/1 doit soutenir l’assaut sous-bois en lançant des « bombes » sur l’adversaire, c’est-à-dire probablement des grenades sphériques.
Du côté allemand, les difficultés d’approvisionnement pour l’artillerie sont similaires. La 8e batterie du RFuAR 1422 dispose de pièces lourdes en position dans le bois de Cuisy (lisière orientale du bois de Montfaucon), mais la pénurie de munitions est tout aussi importante. Depuis la deuxième moitié du mois de septembre les pièces ne tirent plus, les obus sont conservés pour les situations d’urgence. A cela s’ajoute des difficultés logistiques. Un dépôt de munitions est installé très tôt au laie Fuon, malheureusement les colonnes d’approvisionnement qui en viennent n’ont pas l’autorisation de s’approcher des positions d’artillerie et les canonniers doivent donc transporter eux-mêmes des obus pesant une centaine de kilos sur 100 à 150 mètres… Et les jours de combats, les pièces peuvent tirer plusieurs dizaines de projectiles par jour…
Les assauts sont menés par le 112e RI (2 compagnies, théoriquement 500 hommes, probablement nettement moins) qui doit attaquer en sous-bois et le 111e RI (un bataillon, 1100 hommes sur l’effectif théorique) qui doit fournir l’essentiel de l’effort en terrain découvert. Face à eux, les Silésiens du R.I.R. 10 (11.RD) qui vient d’arriver sur le secteur. Les troupes sont relativement fraîches, mais les conditions hivernales rendent la défense des tranchées épouvantable. Tant Français qu’Allemands souffrent de « pieds gelés » qui impactent la disponibilité des troupes en ligne.
Le bataillon du 111e RI part, sur 400 mètres, à l’assaut d’une pente légère, totalement découverte, au terrain transformé en fondrière par les combats et les récentes chutes de neige. Ils attaquent là même où avait été mené l’assaut du 30 septembre. Le terrain semble défavorable à une telle opération, mais il est hors de question d’attaquer en masse sous le couvert de la forêt, puisque l’artillerie française doit « voir » les lignes allemandes afin de les pilonner. L’artillerie de campagne du 15e corps, en place sur la cote 304, se révèle cependant incapable de soutenir l’opération de son feu, faute de vue claire sur le champ de bataille (ou tout simplement de munitions). Lancées dans des conditions météo difficiles, avec des moyens d’artillerie improvisés, les attaques successives permettent malgré tout aux français de reconquérir quelques morceaux de tranchées dans la plaine, mais l’objectif principal qui était de repousser les Allemands derrière la route est loin d’être atteint puisque ceux-ci s’accrochent toujours solidement à la forêt et à une partie de la « tranchée du 6 décembre ».
Voici une carte réalisée à l'aide du JMO du 55e RAC : Les sources utilisées étaient :
JMO de la 58e brigade SHD 26N512/2 en date du 11 décembre 1914
Historique du 55e Régiment d’Artillerie de Campagne pendant la guerre 1914-1918, imprimerie Berger-Levrault, Nancy, 1919 JMO de la 5e batterie du 55e RAC SHD 26N1004/2
JMO de la 5e batterie du 55e RAC SHD 26N1004/2
Hereus Fritz, Erinerrungsblätter Deutscher Regimenter Band 342 : Badisches Schwere Artillerie II und IV/Res.14, page 33
Bonne journée
François