Bonjour
Dans le cimetière allemand de Vieille-sous-les côtes, les Allemands avaient pendant le conflit édifié un imposant monument. Celui-ci a été dynamité lorsque les Américains ont libéré le saillant de Saint Mihiel. Certains imputent cette destruction aux Doughboys d'autres aux Français. Je n'ai pas trouvé de documents écrits pour étayer l'une ou l'autre piste
Il existe des photos avec des soldats américains posant devant les ruines mais cela ne veut pas nécessairement dire qu'ils étaient les auteurs du dynamitage.
Un autre monument a été démonté dans un cimetière allemand désaffecté et remonté à Vieille où on peut encore l'admirer.
Alors destruction française ou américaine ?
Cordialement
Pierre.
Destruction américaine ou française !
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour
probablement l'ancien monument endommagé en 1918 https://collections.albert-kahn.hauts-d ... s=12&pgn=0
probablement l'ancien monument endommagé en 1918 https://collections.albert-kahn.hauts-d ... s=12&pgn=0
Salutations
Michel
Michel
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour à tous,
Voici deux CPA sur le monument de Viéville avant sa destruction :
A bientôt.
Voici deux CPA sur le monument de Viéville avant sa destruction :
A bientôt.
Cordialement / Best regards
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Marc.
A la recherche des navires et des marins disparus durant la Grande Guerre.
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour
Ici https://lagrandeguerre.1fr1.net/t145791 ... -les-cotes
on rapporte qu'il fut détruit par les américains, («selon mes sources» dans le texte) mais sans fournir de sources.
Puis plus bas, voir le commentaire de Vauquois plus bas qui émet une hypothèse:
«Cette dernière photo est intéressante, car elle montre le monument qui ne présente aucune trace de destruction (et rien non plus dans la zone du cimetière) ; il a donc bien été détruit volontairement. Pour quelle raison ? voici une hypothèse :
Le RIR 130, appartenant à la 33è RD, a totalement détruit le village de Rouvres en Woëvre (situé à proximité d’Étain) le 24 août 1914, tuant 47 habitants du village (en fait, tous les habitants trouvés par les Allemands). Les faits sont connus des Français, puisqu'un rapport de l'instituteur du village du 28 août 1914 est remis au sous-préfet de Verdun le 26 octobre 1914.
La destruction du monument est donc certainement une vengeance, car elle mettait à l'honneur des criminels de guerre aux yeux des Alliés. Preuve que seule comptait la volonté d'effacer toute référence à la 33è RD, la base a été conservé, et c'est celui de l'ancien cimetière de Friauville qui l'a remplacé.»
... à suivre
Ici https://lagrandeguerre.1fr1.net/t145791 ... -les-cotes
on rapporte qu'il fut détruit par les américains, («selon mes sources» dans le texte) mais sans fournir de sources.
Puis plus bas, voir le commentaire de Vauquois plus bas qui émet une hypothèse:
«Cette dernière photo est intéressante, car elle montre le monument qui ne présente aucune trace de destruction (et rien non plus dans la zone du cimetière) ; il a donc bien été détruit volontairement. Pour quelle raison ? voici une hypothèse :
Le RIR 130, appartenant à la 33è RD, a totalement détruit le village de Rouvres en Woëvre (situé à proximité d’Étain) le 24 août 1914, tuant 47 habitants du village (en fait, tous les habitants trouvés par les Allemands). Les faits sont connus des Français, puisqu'un rapport de l'instituteur du village du 28 août 1914 est remis au sous-préfet de Verdun le 26 octobre 1914.
La destruction du monument est donc certainement une vengeance, car elle mettait à l'honneur des criminels de guerre aux yeux des Alliés. Preuve que seule comptait la volonté d'effacer toute référence à la 33è RD, la base a été conservé, et c'est celui de l'ancien cimetière de Friauville qui l'a remplacé.»
... à suivre
Salutations
Michel
Michel
- kglbayrRIR2
- Messages : 585
- Inscription : ven. déc. 04, 2020 11:53 am
Re: Destruction américaine ou française !
Bonne soirée.
Après avoir épluché de nombreuses historiques de régiments provenant de diverses régions d'Allemagne, je reste parfois bouche bée. On ne peut que éprouver de la honte face à l'inconscience avec laquelle les régiments et divisions allemands ont érigé les monuments les plus pompeux qui soient sur le sol français. On ne peut s'empêcher de penser que les Allemands s'attendaient à ce que les Français trouvent ces « merveilles architecturales » magnifiques. Surtout lorsque l'empereur était personnellement présent lors de l'inauguration du monument à Vieville. Mais il est également possible que ces édifices, témoins d'un culte malavisé des héros, aient simplement été placés en évidence, pratiquement « sous le nez » des Français. Dans les cimetières militaires prussiens, on peut généralement aussi apercevoir un « oiseau de proie » sur un monument, le regard tourné vers Paris avec convoitise. En ce sens, je ne verserai aucune larme pour ce monument, qu'il ait été détruit par les Américains ou les Français. Il n'aurait jamais dû être construit.
Il aurait été préférable qu'ils emmènent leurs morts avec eux lors de la retraite de 1918.
Malheureusement, le massacre du Rouvres pèse aussi lourdement sur mon « âme bavaroise ». Les 4e et 8e régiments d'infanterie bavarois appartenaient (comme RIR 130) à la 33e division de réserve prussienne mentionnée précédemment. Ces deux régiments ont sans doute plus ou moins participé aux massacres de Nomény et du Rouvres. Cela a brisé mon espoir que les régiments bavarois n'aient pas commis de crimes de guerre. Néanmoins, certains indices laissent penser que les troupes bavaroises sous commandement prussien étaient plus enclines aux exactions. Par ailleurs, les 4e et 8e régiments d'infanterie bavarois n'étaient pas stationnés en Bavière, mais à Metz.
Il existe cependant quelques lueurs d'espoir. Jacques Didier décrit*, par exemple, le passage sans incident des 18e et 22e régiments d'infanterie bavarois à travers Dalhain, durant lequel les officiers bavarois établirent des contacts professionnels avec le personnel médical français et échangèrent même quelques mots amicaux. En revanche, lorsque le 90e régiment d'infanterie du Mecklembourg arriva immédiatement après, les hostilités éclatèrent aussitôt, aboutissant à des massacres.
L'avenir nous dira ce qu'il adviendra des tombes de guerre. Si elles nous rapprocheront ou, Dieu nous en préserve, si elles nous diviseront à nouveau.
Krzymen a cité l'inscription du cimetière militaire polonais de Nowy Żmigród. Si elle commémore des épisodes importants de l'histoire polonaise, elle pourrait aussi servir de devise pour l'avenir de l'Europe.
Inscription sur l'obélisque du cimetière de Nowy Żmigród
Nie pytajcie kto był przyjacielem a kto wrogiem
Tysiące bohaterów wiernych przysiędze padło w zaciętej walce
Ofiary spoczęły w rzędach grobów
Anioł śmierci przygarnął ich w niebie wolnych od nienawiści.
Ne cherchez pas à savoir qui était ami et qui était ennemi.
Des milliers de héros, fidèles à leur serment, tombèrent dans des batailles acharnées.
Les victimes furent enterrées dans des rangées de tombes.
L'Ange de la Mort les accueillit au ciel, libéré de toute haine.
Cordialement
Joseph
_____________
*Jacques Didier, Des Moissons Tachées de Sang. Lorraine 1914 ; p. 137 f
Après avoir épluché de nombreuses historiques de régiments provenant de diverses régions d'Allemagne, je reste parfois bouche bée. On ne peut que éprouver de la honte face à l'inconscience avec laquelle les régiments et divisions allemands ont érigé les monuments les plus pompeux qui soient sur le sol français. On ne peut s'empêcher de penser que les Allemands s'attendaient à ce que les Français trouvent ces « merveilles architecturales » magnifiques. Surtout lorsque l'empereur était personnellement présent lors de l'inauguration du monument à Vieville. Mais il est également possible que ces édifices, témoins d'un culte malavisé des héros, aient simplement été placés en évidence, pratiquement « sous le nez » des Français. Dans les cimetières militaires prussiens, on peut généralement aussi apercevoir un « oiseau de proie » sur un monument, le regard tourné vers Paris avec convoitise. En ce sens, je ne verserai aucune larme pour ce monument, qu'il ait été détruit par les Américains ou les Français. Il n'aurait jamais dû être construit.
Il aurait été préférable qu'ils emmènent leurs morts avec eux lors de la retraite de 1918.
Malheureusement, le massacre du Rouvres pèse aussi lourdement sur mon « âme bavaroise ». Les 4e et 8e régiments d'infanterie bavarois appartenaient (comme RIR 130) à la 33e division de réserve prussienne mentionnée précédemment. Ces deux régiments ont sans doute plus ou moins participé aux massacres de Nomény et du Rouvres. Cela a brisé mon espoir que les régiments bavarois n'aient pas commis de crimes de guerre. Néanmoins, certains indices laissent penser que les troupes bavaroises sous commandement prussien étaient plus enclines aux exactions. Par ailleurs, les 4e et 8e régiments d'infanterie bavarois n'étaient pas stationnés en Bavière, mais à Metz.
Il existe cependant quelques lueurs d'espoir. Jacques Didier décrit*, par exemple, le passage sans incident des 18e et 22e régiments d'infanterie bavarois à travers Dalhain, durant lequel les officiers bavarois établirent des contacts professionnels avec le personnel médical français et échangèrent même quelques mots amicaux. En revanche, lorsque le 90e régiment d'infanterie du Mecklembourg arriva immédiatement après, les hostilités éclatèrent aussitôt, aboutissant à des massacres.
L'avenir nous dira ce qu'il adviendra des tombes de guerre. Si elles nous rapprocheront ou, Dieu nous en préserve, si elles nous diviseront à nouveau.
Krzymen a cité l'inscription du cimetière militaire polonais de Nowy Żmigród. Si elle commémore des épisodes importants de l'histoire polonaise, elle pourrait aussi servir de devise pour l'avenir de l'Europe.
Inscription sur l'obélisque du cimetière de Nowy Żmigród
Nie pytajcie kto był przyjacielem a kto wrogiem
Tysiące bohaterów wiernych przysiędze padło w zaciętej walce
Ofiary spoczęły w rzędach grobów
Anioł śmierci przygarnął ich w niebie wolnych od nienawiści.
Ne cherchez pas à savoir qui était ami et qui était ennemi.
Des milliers de héros, fidèles à leur serment, tombèrent dans des batailles acharnées.
Les victimes furent enterrées dans des rangées de tombes.
L'Ange de la Mort les accueillit au ciel, libéré de toute haine.
Cordialement
Joseph
_____________
*Jacques Didier, Des Moissons Tachées de Sang. Lorraine 1914 ; p. 137 f
.. Les officiers français étaient impuissants. Aucune persuasion n'a aidé, pas même l'avertissement de suivre l'exemple des courageuses troupes bavaroises. ..
Histoire rgtaire du RI Bavarois n°8 : Retraite de Russie (1813); p.380.
Histoire rgtaire du RI Bavarois n°8 : Retraite de Russie (1813); p.380.
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour,
Quelques éléments du côté américain. Une carte postale vendue récemment sur eBay montre une inspection, par des soldats américains du Génie, du monument détruit.
Transcription du texte au dos de cette carte :
301st Engineers inspecting a German mausoleum near Vieville-sous-les-Côtes blown to pieces by the French after this territory fell into the hands of the allies after the St Mihiel drive.
Traduction en langue française :
Des soldats du 301e régiment du Génie inspectent un mausolée allemand près de Vieville-sous-les-Côtes, réduit en pièces par les Français après que ce secteur est tombé aux mains des Alliés à la suite de la bataille de Saint-Mihiel.
Une autre carte, proposée par le même vendeur américain, représente des hommes du 301e le 15 novembre 1918 à Bernécourt.
L’historique du 301e régiment du Génie américain (The Three Hundred and First Engineers, a history, 1917-1919, éditions Houghton Mifflin Company, Boston et New York, 1920) place bien ce régiment dans ce secteur, Vigneulles à dater du 10 novembre 1918, à Vieville-sous-les-Côtes dès le 1er novembre et jusqu’au 16 novembre 1918.
Une traduction de l’entrée du journal de cette unité au moment de l’Armistice :
Le 10 novembre à 3 heures du matin, le clairon a sonné et la compagnie B a effectué le déplacement le plus rapide qu’elle ait jamais fait. On nous a donné une demi-heure pour faire nos paquetages. Les outils furent chargés sur des camions ; un peloton partit avec ces camions tandis que le reste marcha à pied. Nous arrivâmes à Vigneulles vers 8 heures du matin le même jour. Une offensive était prévue et nous devions construire un pont au-dessus d’un ruisseau pour permettre à l’artillerie de passer. Cette nuit-là, nous avons dormi dans des maisons abandonnées ; nous étions assez serrés, mais nous avons eu chaud. Le tir d’artillerie fut terrible toute la nuit, tout autour de nous, mais les Teutons n’en envoyèrent pas beaucoup. Le lendemain matin, nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles l’Allemagne allait signer l’armistice, mais nous n’avons rien appris d’officiel avant midi ce jour-là ; lorsque ce fut confirmé, un immense sentiment de soulagement nous envahit, comme on peut l’imaginer. Des soldats français cantonnés près de nous devinrent fous de joie, dansant et criant : « Fini la guerre ! ».
Le même journal explique que les villages du secteur étaient réduits à un monceau de ruines ("The villages, from the almost continual bombardment on them for four years, had been reduced to heaps of stones"). À Saint-Baussant, ces Américains enterrent les corps de soldats allemands qu’ils y trouvent et y posent des croix.
Une photo datée du 13 septembre 1918 laisse penser que ce monument est, à ce moment-là, encore intact.
En espérant faire avancer le schmilblick.
Bien cordialement.
Eric
Quelques éléments du côté américain. Une carte postale vendue récemment sur eBay montre une inspection, par des soldats américains du Génie, du monument détruit.
Transcription du texte au dos de cette carte :
301st Engineers inspecting a German mausoleum near Vieville-sous-les-Côtes blown to pieces by the French after this territory fell into the hands of the allies after the St Mihiel drive.
Traduction en langue française :
Des soldats du 301e régiment du Génie inspectent un mausolée allemand près de Vieville-sous-les-Côtes, réduit en pièces par les Français après que ce secteur est tombé aux mains des Alliés à la suite de la bataille de Saint-Mihiel.
Une autre carte, proposée par le même vendeur américain, représente des hommes du 301e le 15 novembre 1918 à Bernécourt.
L’historique du 301e régiment du Génie américain (The Three Hundred and First Engineers, a history, 1917-1919, éditions Houghton Mifflin Company, Boston et New York, 1920) place bien ce régiment dans ce secteur, Vigneulles à dater du 10 novembre 1918, à Vieville-sous-les-Côtes dès le 1er novembre et jusqu’au 16 novembre 1918.
Une traduction de l’entrée du journal de cette unité au moment de l’Armistice :
Le 10 novembre à 3 heures du matin, le clairon a sonné et la compagnie B a effectué le déplacement le plus rapide qu’elle ait jamais fait. On nous a donné une demi-heure pour faire nos paquetages. Les outils furent chargés sur des camions ; un peloton partit avec ces camions tandis que le reste marcha à pied. Nous arrivâmes à Vigneulles vers 8 heures du matin le même jour. Une offensive était prévue et nous devions construire un pont au-dessus d’un ruisseau pour permettre à l’artillerie de passer. Cette nuit-là, nous avons dormi dans des maisons abandonnées ; nous étions assez serrés, mais nous avons eu chaud. Le tir d’artillerie fut terrible toute la nuit, tout autour de nous, mais les Teutons n’en envoyèrent pas beaucoup. Le lendemain matin, nous avons entendu des rumeurs selon lesquelles l’Allemagne allait signer l’armistice, mais nous n’avons rien appris d’officiel avant midi ce jour-là ; lorsque ce fut confirmé, un immense sentiment de soulagement nous envahit, comme on peut l’imaginer. Des soldats français cantonnés près de nous devinrent fous de joie, dansant et criant : « Fini la guerre ! ».
Le même journal explique que les villages du secteur étaient réduits à un monceau de ruines ("The villages, from the almost continual bombardment on them for four years, had been reduced to heaps of stones"). À Saint-Baussant, ces Américains enterrent les corps de soldats allemands qu’ils y trouvent et y posent des croix.
Une photo datée du 13 septembre 1918 laisse penser que ce monument est, à ce moment-là, encore intact.
En espérant faire avancer le schmilblick.
Bien cordialement.
Eric
- Pièces jointes
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- 111-SC-22521_-_NARA_-_55204744 (2).jpg (783.41 Kio) Consulté 581 fois
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour,
À partir de la date du 13 septembre 1918, j'ai regardé sur le Cartographie 1914-1918 quelle unité est arrivée en premier dans le secteur de Viéville-sous-les-Côtes.
J'ai l'impression que c'est la 2e division de cavalerie à pied (2e DCP), sur la base de la carte au 15 septembre 1918 : https://www.carto1418.fr/target/19180915.html
J'ai ensuite regardé dans le journal des marches et opérations (JMO) de cette division. Elle arrive effectivement dans le secteur, et Viéville est mentionnée à la date du 20 septembre 1918, comme sous-secteur où était le 12e cuirassiers.
Je tente un lien vers la page du JMO : https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/38229
[cote 26 N 491/1, vue 55]
En espérant aussi faire avancer le schmilblick.
Cordialement,
loloastre
À partir de la date du 13 septembre 1918, j'ai regardé sur le Cartographie 1914-1918 quelle unité est arrivée en premier dans le secteur de Viéville-sous-les-Côtes.
J'ai l'impression que c'est la 2e division de cavalerie à pied (2e DCP), sur la base de la carte au 15 septembre 1918 : https://www.carto1418.fr/target/19180915.html
J'ai ensuite regardé dans le journal des marches et opérations (JMO) de cette division. Elle arrive effectivement dans le secteur, et Viéville est mentionnée à la date du 20 septembre 1918, comme sous-secteur où était le 12e cuirassiers.
Je tente un lien vers la page du JMO : https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/38229
[cote 26 N 491/1, vue 55]
En espérant aussi faire avancer le schmilblick.
Cordialement,
loloastre
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour,
Merci Loloastre, j’ai bien lu les lignes que vous signalez dans ce JMO. Le lien fonctionne parfaitement, rassurez-vous. Indubitablement, vous avez fait avancer le schmilblick.
Cette unité française, rapidement sur les lieux après la libération de Viéville-sous-les-Côtes, me semble en effet potentiellement intéressante. Si l’on synthétise les éléments apportés par mes modestes recherches américaines ci-dessus, on peut convenir de deux dates limites pour la destruction de cet édifice : 13 septembre 1918 – 16 novembre 1918. Les experts affineront.
Le 13 septembre, une photo prouve qu’il semble encore debout ; le 16 novembre est la date de départ de l’unité du Génie américain qui figure au pied du monument dynamité. Si l’on admet que la légende au dos de la carte américaine est une piste sérieuse, on s’orienterait en effet vers un acte français commis mi-septembre. La 2e DCP est alors un candidat valable. Il conviendra cependant de le prouver.
Est-ce possible ? Et qui s’en vanterait ?
Notre ami kglbayrRIR2 écrit plus haut qu’il ne versera pas une larme pour ce monument détruit. Michelstl y voit une vengeance contre un monument offensant pour les Français. Il est clair qu’un tel étalage de fierté allemande devait offenser ... et que les explosifs abondaient à l’époque.
Deux anecdotes sur ces objets mémoriels détruits parce qu’ils offensent. Mon arrière-grand-père Edmond Ingouf, soldat du 25e RI, blessé à Sillery le 17 septembre 1914, est plus tard devenu maire de son village normand de Sainte-Marie-du-Mont. On a érigé après-guerre, sur la place du village, une statue de Poilu vainqueur qui écrase sous la crosse de son fusil un aigle impérial allemand. Statue que les Allemands ont déboulonnée dès leur arrivée en 1940. C’est mesquin, mais on comprend que ça agace. Le grand-père, vexé et conservateur, l’a faite planquer dans sa mairie pendant la guerre. Le 6 juin 1944, Sainte-Marie-du-Mont, c’est "Utah Beach" : les Américains ont remis la statue sur son socle.
D’aucuns sont moins réactifs : la monumentale statue de Nelson, sur O’Connell Street à Dublin, en Irlande, avait survécu aux Pâques sanglantes et à l’insurrection de 1916, en pleine Première Guerre mondiale. Ce n’est que le 8 mars 1966 que quelqu’un fait sauter le monument : l’amiral est à terre. Là non plus, on ne sait pas très bien qui a fait le coup, mais les condamnations du gouvernement local sont molles. On aurait même suggéré, en haut lieu, comme titre à la presse irlandaise : "British Admiral Leaves Dublin By Air" ("L’amiral anglais quitte Dublin par la voie aérienne").
Il y a des monuments qui offensent la vue. Je ne doute pas que celui de Viéville-sous-les-Côtes en faisait partie. Ce qui me surprend, comme d'autres dans ce fil, c'est la rapidité d’exécution. Aux Irlandais, il a fallu un demi-siècle pour passer à l'acte.
Pour terminer mon message sur une note plaisante, sur ce grave sujet, en fouillant l’autre jour les archives américaines en ligne, je suis tombé sur cette très belle photo, qui laisse croire que ces Américains avaient de l’intérêt pour une certaine architecture allemande, non ?
Lien vers cette archive américaine :
https://catalog.archives.gov/id/55204748
Ce sujet est passionnant.
Bonnes recherches à toutes et à tous.
Bien cordialement.
Eric
Merci Loloastre, j’ai bien lu les lignes que vous signalez dans ce JMO. Le lien fonctionne parfaitement, rassurez-vous. Indubitablement, vous avez fait avancer le schmilblick.
Cette unité française, rapidement sur les lieux après la libération de Viéville-sous-les-Côtes, me semble en effet potentiellement intéressante. Si l’on synthétise les éléments apportés par mes modestes recherches américaines ci-dessus, on peut convenir de deux dates limites pour la destruction de cet édifice : 13 septembre 1918 – 16 novembre 1918. Les experts affineront.
Le 13 septembre, une photo prouve qu’il semble encore debout ; le 16 novembre est la date de départ de l’unité du Génie américain qui figure au pied du monument dynamité. Si l’on admet que la légende au dos de la carte américaine est une piste sérieuse, on s’orienterait en effet vers un acte français commis mi-septembre. La 2e DCP est alors un candidat valable. Il conviendra cependant de le prouver.
Est-ce possible ? Et qui s’en vanterait ?
Notre ami kglbayrRIR2 écrit plus haut qu’il ne versera pas une larme pour ce monument détruit. Michelstl y voit une vengeance contre un monument offensant pour les Français. Il est clair qu’un tel étalage de fierté allemande devait offenser ... et que les explosifs abondaient à l’époque.
Deux anecdotes sur ces objets mémoriels détruits parce qu’ils offensent. Mon arrière-grand-père Edmond Ingouf, soldat du 25e RI, blessé à Sillery le 17 septembre 1914, est plus tard devenu maire de son village normand de Sainte-Marie-du-Mont. On a érigé après-guerre, sur la place du village, une statue de Poilu vainqueur qui écrase sous la crosse de son fusil un aigle impérial allemand. Statue que les Allemands ont déboulonnée dès leur arrivée en 1940. C’est mesquin, mais on comprend que ça agace. Le grand-père, vexé et conservateur, l’a faite planquer dans sa mairie pendant la guerre. Le 6 juin 1944, Sainte-Marie-du-Mont, c’est "Utah Beach" : les Américains ont remis la statue sur son socle.
D’aucuns sont moins réactifs : la monumentale statue de Nelson, sur O’Connell Street à Dublin, en Irlande, avait survécu aux Pâques sanglantes et à l’insurrection de 1916, en pleine Première Guerre mondiale. Ce n’est que le 8 mars 1966 que quelqu’un fait sauter le monument : l’amiral est à terre. Là non plus, on ne sait pas très bien qui a fait le coup, mais les condamnations du gouvernement local sont molles. On aurait même suggéré, en haut lieu, comme titre à la presse irlandaise : "British Admiral Leaves Dublin By Air" ("L’amiral anglais quitte Dublin par la voie aérienne").
Il y a des monuments qui offensent la vue. Je ne doute pas que celui de Viéville-sous-les-Côtes en faisait partie. Ce qui me surprend, comme d'autres dans ce fil, c'est la rapidité d’exécution. Aux Irlandais, il a fallu un demi-siècle pour passer à l'acte.
Pour terminer mon message sur une note plaisante, sur ce grave sujet, en fouillant l’autre jour les archives américaines en ligne, je suis tombé sur cette très belle photo, qui laisse croire que ces Américains avaient de l’intérêt pour une certaine architecture allemande, non ?
Lien vers cette archive américaine :
https://catalog.archives.gov/id/55204748
Ce sujet est passionnant.
Bonnes recherches à toutes et à tous.
Bien cordialement.
Eric
Re: Destruction américaine ou française !
Bonjour Éric
La reconstruction plus modeste par les Français fut d'un aspect plus «conséquent et raisonnable», si je peux le dire ainsi....
Je ne faisais que relaté un écrit... bien que la vengeance fut bien possible, le monument certainement irritant par sa démesure emblématique sans doute, et comme mentionné, relativement aux actes irrévérencieux des allemands rapportés.Eric écrit: «Michelstl y voit une vengeance contre un monument offensant...»
La reconstruction plus modeste par les Français fut d'un aspect plus «conséquent et raisonnable», si je peux le dire ainsi....
Salutations
Michel
Michel