J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre...

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monte-au-creneau
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J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre...

Message par monte-au-creneau » mer. juil. 22, 2020 5:24 pm

Bonjour,

PAUL DONCOEUR, aumonier, auquel se rattache un des cimetières les plus originaux qui soit, en face de la ferme des Wacques.
NOTA : pente raide à monter sur 1 kilomètre !

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Il a écrit un très beau texte : Quatre années après la fin du conflit, il a retrouvé, laissés depuis quatre ans au grand soleil de Dieu, à même le sol où ils étaient tombés, les soldats de 1915 …. Oubliés !

Cela questionne quand même que des morts soient / ou seraient restés quatre années à même le sol ...

Voici ce beau texte :

J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre.

J’ai vu, dans les beaux blés de 1914, noircir sous le soleil d’un jour les premiers cadavres.

J’ai vu, aux retranchements du fort de Vaux les vivants partager leur abri avec les morts de 40 jours.

J’ai vu au bois de Hem, les chemins creux s’emplir des puanteurs et des mouches méchantes qui naissaient des amas sans nombre de corps allemands, roulés comme par une tempête affreuse au pied des falaises reconquisses.

Vous dirai-je que jamais mon cœur n’a souffert comme six mois après l’Armistice, quand revenant en Champagne aux lieux de nos grandes batailles, devenus silencieux et déserts, j’ai dû voir, laissés depuis quatre ans au grand soleil de Dieu, à même le sol où ils étaient tombés, nos camarades de 1915 …. Oubliés !












la fin du texte qui accrédite bien que les dépouilles des soldats étaient à même le sol, tenant encore leur fusil à la main, avec leurs os blanchis...: "Ah ! Je sais bien que l’on avait autre chose à faire et d’urgent, mais à genoux devant ces os blanchis, serrant encore les fusils rongé et approvisionnés pour l’assaut, étendus au gazon qui pieusement cherchait à voiler cette ingratitude des hommes, j’ai mesuré la rapidité et l’atrocité de l’oubli."
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

Rutilius
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Message par Rutilius » mer. juil. 22, 2020 7:19 pm

Bonsoir à tous,

La Liberté, n° 21.222, Mercredi 20 août 1919, p. 1.

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Bien amicalement à vous,
Daniel.

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Message par Rutilius » mer. juil. 22, 2020 10:23 pm

Bonsoir à tous,


L’Ouest Éclair — éd. de Rennes —, n° 7.283, Jeudi 21 août 1919, p. 2.

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Le Grand Écho du Nord de la France, n° 231, Vendredi 22 août 1919, p. 2.

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Message par Rutilius » jeu. juil. 23, 2020 10:16 am

Bonjour à tous,


DONCŒUR Paul Jules Eugène Damiette


Né le 6 septembre 1880 à Nantes (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique), quai de Richebourg, et décédé le 21 avril 1961 à Troussures (Oise) (Registre des actes de naissance de la ville de Nantes, Année 1880, 2e canton, f° 48, acte n° 283). Prêtre de la Compagnie de Jésus.

• Fils de Georges DONCŒUR, né le 9 mai 1848 à Charleville (Ardennes) et décédé le 4 août 1910 à Marquette-lez-Lille (Nord) (Registre des actes de décès de la commune de Marquette-lez-Lille, Année 1910, f° 31, acte n° 118), officier de cavalerie [En 1879 et 1880, sous-lieutenant au 25e Régiment de dragons en garnison à Nantes. En Mai 1904, date à laquelle il fut rayé des contrôles, chef d’escadron major au 21e Régiment de dragons] et de Léonie Rose LEGREZ, née le 1er janvier 1860 à Fismes (Marne) (Registre des actes de naissance de la commune de Fismes, Année 1860, f° 1, acte n° 1), « propriétaire » ; époux ayant contracté mariage dans cette commune, le 20 octobre 1879 (Registre des actes de mariage de la commune de Fismes, Année 1879, acte n° 18).

• Petit-fils d’Éléonore Jean Marie DONCŒUR, né le 10 avril 1813 à Paris (Seine) et décédé le 28 août 1878 à Fontainebleau (Seine-et-Marne) (Registre des actes de décès de la ville de Fontainebleau, Année 1878, f° 60, acte n° 190), magistrat [En 1848, juge près le Tribunal civil de Charleville], et d’Angélique Hyppolite Pauline BOUVART, née vers 1825, sans profession, son épouse.

• Arrière-petit-fils de Laurent Éléonor DONCŒUR, né le 8 janvier 1777 à Abbeville et décédé le 10 avril 1832 à Paris (Seine), officier de la gendarmerie [Chef d’escadron de gendarmerie royale lors de son décès], et de Jeanne Marie Reine Cécile CHEVALIER d’AUNAY, son épouse (Base Léonore, Dossier LH/788/43).

[Laurent Éléonor DONCŒUR « a fait la campagne de guerre de la Révolution jusqu’en l’An III et celle de l’année 1812 en Russie, 1813 et 1814. » (Ibid.)]


DONCŒUR Paul Jules Eugène Damiette – .JPG
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• « La preuve par le sang. Livre d'or du clergé et des congrégations (1914~1922) »,
Bonne Presse
, Paris, 1925, Tome I., p. 656.


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Daniel.

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Re: J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre...

Message par monte-au-creneau » jeu. juil. 23, 2020 11:53 am

Bonjour,

Quand même assez horrible d'avoir laissé tous ces corps pendant des mois après la fin du conflit ! En fait, je pense que tout le monde voulait oublier... Oulier la mort, oublier les morts et reprendre la vie.
On imagine ce qui s'est passé quand les agriculteurs ont repris possession de leurs champs et les ont remis en culture...

Quelques problèmes se posent. Je débute avec LEMADEC, nom bien breton, 3e coupure de journal :

1°) LEMADEC, sa fiche MDH le nomme à tort "LE MADEC" et il est indiqué comme "disparu au combat". Sa fiche SdG est correcte, au nom de LEMADEC, son corps a bien été retrouvé.

2°) BOPARS : Pas de fiche MDH au nom de BOPARS. Vraissemblablement ROPARS. Mais pas de ROPARS de la classe 1910 (né en 1890).
Il s'agit probablement de Probablement ROPARS François Marie, sa fiche MDH indique "disparu sur le champ de bataille à Souain le 28 septembre 1915", mais classe 1900 (né le 15/04/1880).
Sa fiche SdG l'indique comme inhumé à Souain-Perthes-lès-Hurlus à la nécropole Nationale 'LA CROUEE'. Son corps a bien été retrouvé. Fiche SdG renseignée au nom de "ROPARS François"

Etc...

Bravo aux exhumateurs du web qui ont trouvé les coupures de journaux. :ugeek:
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Re: J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre...

Message par Patrice Pruniaux1 » ven. juil. 31, 2020 12:12 pm

Bonjour,
Je me permets une observation: le cimetière de la 28e Brigade ( 35e et 42e régiments d'infanterie de Belfort) se trouve sur le secteur d'attaque de la ferme des Wacques, complétement différent de celui de la ferme Navarin. Les morts retrouvés sont essentiellement ceux des régiments belfortains. Pour avoir une idée des morts du 35e RI, outre le JMO, je vous dirai qu'au cimetière de la Crouée, un obélisque porte sur ses quatre faces uniquement des noms du régiment. C'est le seul dans ce cas.
Cordialement, Patrice Pruniaux.

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Re: J’ai vu, je crois, les aspects les plus horribles de la mort durant la guerre...

Message par monte-au-creneau » dim. août 09, 2020 11:30 am

Bonjour,

Ces morts sont restés 4 années à même le sol. D'autres morts ont été sommairement ensevelis, surtout en 1914 où rien n'était prévu pour gérer ces morts et où les zones de combats ont été très mouvantes.


Certaines de ces tombes ont été labourées : surtout si c'était un Allemand, la tombe était génante, alors le soc de charrue n'était pas dévié pour éviter la tombe :

Extrait : https://journals.openedition.org/terrain/3057
"Lorsque j'ai envoyé mon charretier Cheron labourer le champ, je n'ai pas pensé de lui dire de respecter la tombe qui s'y trouvait. A ce moment-là, j'avais entendu dire que cette tombe ne contenait qu'un soldat allemand. Quand le champ a été labouré, je l'ai ensemencé de blé partout"
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