Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

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Tanker
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par Tanker »

Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

A la création de l'Artillerie Spéciale en 1916, tout était à inventer (matériels, structures des unités, techniques d'instruction et de combat).

Très rapidement, après la décision de lancer la fabrication du Schneider et St Chamond, est venue la prospection des hommes devant les servir.
Les premiers volontaires ont été regroupés dans des centres de formations automobiles de la zone des Armées à Chalons et Rupt.
Dans ces deux centres fut commencé le "débourrage" technique des volontaires avec les moyens du bord (camions et caterpillar Baby Holt)

En Août 1916 est créé à Marly le Roi, au Fort du Trou d'Enfer, la "première structure spécifique" de l'AS.
Il s'agit de la 80° batterie du 81° Régiment d'Artillerie Lourde. Première unité administrative de l'Artillerie Spéciale.

Les chars étant des pièces d'artillerie, mises à la disposition de l'infanterie montant à l'assaut, c'est tout naturellement l'artillerie qui est devenue l'arme des chars.
Une unité support a été choisie, c'est 81° RAL. Basée à Versailles avec son dépôt Lodève, c'était l'unité support de formation nouvelles de l'artillerie tels que l'Artillerie Artillerie Antiérienne et donc la toute nouvelle Artillerie Spéciale.

D'Août 16 à Mai 1918, date de création du 500° RAS, toutes les unités de l'AS ont été nées dans la structure administrative du 81° RAL.
Le JMO de l'AS 2, comme ceux de bien d'autres Groupe de chars, en porte encore la trace avec la mention en couverture de "81° RAL".

Au trou d'Enfer étaient rassemblés Officiers, Sous-Officiers et Hommes du Rang qui allaient composer les futurs Groupes de chars.
L'instruction individuelle des personnels y était faite sur toutes les techniques, potentiellement utiles à l'emploi des chars, et sur tous les matériels, au fur et à mesure de leur mise en service.
Le Trou d'Enfer ne disposait au départ que de tracteurs Caterpillar Holt, puis de chassis Schneider auto école, et finalement de Schneider et de Saint Chamond de rang.

[strike]A l'apparition du FT, un certain nombres d'exemplaires ont aussi été rapidement mis en place à Marly.[/strike]
(Principalement, essais des prototypes)

Avec le nombre d'unités de chars à créer, les capacités de ce centre ont été très rapidement atteintes et la décision de créer un deuxième centre a été prise.
Il s'agit du Centre de Cercottes (Près d'Orléans).

A Cercottes a été créé la 81° Batterie du 81° RAL, destinée, parallèlement à la 80° de Marly le Roi, à administrer les personnels dits "non instruits" et ceux
détachés au cours automobile du TM 1402 d'Orléans.

Jusqu'en Mai 1918, la structure administrative de l'AS au sein du 81° RAL est donc :
- Dépôt 81° RAL - Lodéve
- 80° Batterie - Marly le Roi
- 81° Batterie - Cercottes

Après le flou de l'été 1916, la chaîne de formation s'est mise en place. Les personnels étaient affectés à Marly, ils y recevaient une instruction technique individualisée.
Dès que l'effectif d'un Groupe était atteint dans les différentes catégories de personnels, l'unité était créée :
- son JMO était ouvert,
- les personnels de ce nouveau Groupe étaient envoyés à Cercottes ou ils percevaient les chars, véhicules et matériels associés de leur Groupe.

Avec les Schneider et les Saint Chamond, selon les périodes et les unités, cette nouvelle unité partait directement s'installer à Champlieu ou restait quelques temps poursuivre son instruction à Cercottes, en particulier le tir. Il ne semble pas que le tir au canon de char était pratiqué à Marly.
Il faut bien voir que le centre de Champlieu se construisait en même temps qu'arrivaient les Groupes constitués à Cercottes.

Dans ses deux phases de la formation des unités de chars (Marly et Cercottes), les personnels de l'AS étaient sous gestion de l'une ou de l'autre Batterie du 81° RAL.
Ces deux Batteries avaient nécessairement du personnel permanent et il est donc normal que des dossiers individuels ou des dossiers médicaux, voir des fiches de Mémoire des Hommes ne mentionne, pour certain, que cette affectation.
Il est d'autres part évident que des affectés permanents à Cercottes ont pu, d'abord passer s'instruire à Marly et posséde des pièces mentionnant les deux Batteries.
Des structures de la taille de l'Artillerie d'assaut ont naturellement un effectif conséquent pour l'exécution des charges "non opérationnelles". C'est dans ce domaine que les archives pêchent. Il y a inévitablement des cuisiniers qui nourrissaient tout ce beau monde, des administrateurs, et des personnels de l'intendance. De ces structures là, apparemment pas de traces.

La Création du 500° RAS a Cercottes est une conséquence indirecte de l'attaque allemande du 21 Mars 1918. Le repli de de la formation des unités de FT 17, commencée à Champlieu en Janvier 1918, est décidée le 25 Mars 1918 et mise en oeuvre immédiatement.
Le PAOC, structure de formation des Régiments d'AS de Champlieu est alors envoyé à Cercottes et une troisième Batterie, la 82° est créé pour administrer le personnel de ce centre d'instruction venu de Champlieu et celui des Compagnies de FT en cours de formation.
A Champlieu, seul le 1° BCL du Cdt Goubernard, unique Bataillon FT, formé avant le 21 Mars 1918, est resté sur place.

A partir de Mai 1918, la structure administrative de l'AS est donc :
500° RAS qui de fait est souvent baptisé dans les JMO des Unités 500° RAA
- Dépôt du 500° RAS - Cercottes
- 80° Batterie - Marly le Roi
- 81° Batterie - Cercottes
- 82° Batterie - Cercottes

En tout logique les Batteries du 500° Régiment (80° - 81° - 82°) sont devenues des "Batteries d'AS" ou des "Batteries d'AA " comme, à l'époque du 81° RAL, les Batteries de ce Régiment (80° et 81°) devaient être citées comme Batterie d'Artillerie Lourde;
Il parait évident, et ce quelque soit leur fonction, que les membres de ces Batteries du 81° RAL appartenant à ce nouveau corps d'élite de l'AS devaient immanquablement dire, se présenter et écrire qu'ils appartenaient à des Batteries d'AS ou d'AA et non à l'Artillerie Lourde.
Il y a probablement tout un non dit dans les écrits réglementaires qui peut transparaître dans les lettres, les récits et les documents réglemenataires qui reste maintenant à interpréter.

L'organisation du 500° Régiment de Mai 1918 correspond à la période de formation des compagnies de FT 17.
A la 80° - Administration et Formation individuelle des personnels,
A la 81° - Poursuite de la formation individuelle des personnels. En particulier la formation automobile faite à Orléans au sein du TM 1402.
A la 82° - Formation des Compagnies FT et des Bataillons FT créés,
- Gestion des personnels du Centre de Formation des FT.

A la mise en chantier de la formation des Régiment d'AS en FT, les trois derniers Groupes de Schneider qui étaient formés à Cercottes, mais ne possédaient pas de matériels, ont été dissous et leurs personnels ont basculés dans les FT.
L'AS 18, l'AS 19 et l'AS 20 n'ont jamais exister en tant qu'unité de chars Schneider opérationnelle.

Le 500° Régiment de Cercottes se substitutant au 81° RAL de Lodève. Il devient le Dépôt de l'Artillerie Spéciale.
Cette décision est importante car avant la création du 500° Régiment, et comme pour toutes les unités de l'Armée françaises, les blessés, éclopés et convalescents retournaient au dépôt de l'unité avant leur retour en unité de combat. C'est ce dépôt qui réaffectait les personnels.

Pour l'Artillerie Spéciale, personne n'ayant visiblement donné d'ordres particuliers, un bon nombre de personnels se trouvaient, à l'issu de leur passage au dépôt de Lodève, réaffectés dans des unités d'artillerie classique. Grosse perte en ligne pour les chars qui perdait des hommes formés à des techniques particulières.
Cela touchait principalement les Hommes du Rang, le suivi des Officiers et Sous-Officiers affectés à l'AS étant apparemment plus personnalisé.

Le Dépôt était le centre d'incorparation des nouveaux contingents mobilisés. Les personnels destinés à l'Artillerie Spéciale étaient donc incorporés et équipés :
par le 81° RAL jusqu'en Mai 1918.
puis par le 500° Régimentcà partir de Mai 1918.

Cette appartenance au 81° RAL explique les photos montrant des personnels de l'AS portant des soutaches du 81° Régiment d'Artillerie,
et l'apparition de personnels portant des soutaches 500° RAS.
Dans ce domaine, ce qui complique tout, c'est qu'à la création de l'AS, personne n'a pris la décision de mettre tout le monde dans le même moule,
et les Officiers non artilleurs [strike]et Sous-Officiers [/strike]venant des différents régiments d'autres Armes ont gardé les uniformes et soutaches de leurs armes d'origine.

Il faut donc regarder de très près les photos pour être affirmatif (et surtout les numériser dans des standards permettant d'analyser les détails).
Il existe de jolis cas concrets avec personnels mélangés du 81, du 500 et d'autres régiments qui montrent bien des personnels de la même unité de char.
Je ne m'étendrait pas ici sur ceux qui se sont fait faire des soutaches très personnelles simplement marquées AS . . . .

Pour clore ce chapitre, ne pas oublier que sur certaines photos, les fantassins d'élites sont mélangés aux AS et qu'ils portent, eux, les soutaches de leur régiment. Il faut donc dater les photos avec certitude et les situer par rapport à des actions à venir, en cours ou futures, pour voir qu'elle était l'unité qui avait détaché des compagnies de "fantassins d'élite" auprès des chars.

Quelques appellations qui se retouvent dans les documents des unités d'AS :

Fantassin d'Elite - Unité d'infanterie détachée auprès des Groupes de chars pour aider à un certain nombres de tâche. Lors des premiers combats, ces unités étaient trop souvent "récupérées au passage" dans la zone d'attaque. L'AS n'a pas su ou pas pu faire affecter de manière permanentes ces personnels. Ce qui s'est mise en place, c'est une désignation suffisamment longtemps avant l'action pour permettre une formation de ces fantassins à un métier spécifique. Selon les unités ou les combats, deux ou trois Hommes par char.
Les pertes de ces fantassins d'Elite sont au même niveau que celles des chars. L'osmose était semble-t-il bien faite. Un exemple parlant, au moins un des noms gravé sur la liste des morts de l'AS à Berry au Bac n'est pas celui d'un homme des chars mais celui d'un Fantassin d'Elite.

Dans le système d'appellation de l'Artillerie (et en comparaison avec l'Infanterie), pour les Unités de Schneider et de Saint Chamond :
un Groupement est un Régiment - il comprend 4 groupes de chars.
un Groupe est un Bataillon - il comprend 3 Batteries (4 Batteries avant Décembre 1917).
une Batterie est une Compagnie - elle comprend 4 chars.

L'Artillerie Spéciale a dès le départ, en dépit du fait que ses personnels soient venus de toutes les Armes, utilisé des appellations de l'Artillerie.
Quand les Régiment ont été créés, c'est une logique d'appellation d'infanterie qui a prévalue, même s'ils étaient toujours "d'Artillerie" et que les compagnies de FT ont continuée à s'appeller AS 301, AS 401. . . . .

Pour illustrer ce long développement, rien de mieux que de mettre le nez dans les fiches de Mémoire des Hommes. Elles montrent bien la complexité que représentait l'AS pour l'administration militaire de l'époque, complexité auquel se heurtent maintenant les petits-fils et arrière petits-fils des combattants de l'Artillerie Spéciale.

Dans les exemples choisis les officiers sont intéressant car, pour la plupart possédent deux fiches différentes.
L'artillerie, comme le Génie et quelques autres armes et services d'appui placait, à la disposition de grandes unités (Brigade, Division, Corps d'Armée) des Eléments qui avaient leur autonomie et qui donc comme pour l'AS ont ouvert des fiches individuelles pour tous leurs personnels. Ces fiches se retrouvent en doublons de celles de l'Unité administrative dont elles dépendaient.

Cdt Louis Bossut
Première Fiche - Corps : 81° Artillerie Lourde - venu du 1° Dragon
Deuxième fiche - Corps : AS 2 (81° Artillerie)

Pourquoi deux fiches ? Probablement parce que :
- la première fiche a été rédigée par la 80° Batterie de Marly le Roi à son arrivée en Août 1916, et qu'à l'annonce de son déçès, la structure administrative de l'AS
a fait son travail et compléter la fiche.
Il est a noté qu'à la création de l'AS 2, dont Louis Bossut a été le premier Chef de l'AS 2 et que la 80° Batterie de Marly n'a pas noté sa nouvelle affectation : l'AS 2.

- la deuxième fiche a du être rédigée par l'AS 2. Ce Groupe de char, inconnu, de la 80° Batterie est ici mentionné, mais le corps administratif le 81° RAL l'est aussi.

Cette fiche comprend malgré tout une erreur car a cette date, le 16 Avril 1917, le Cdt Bossut n'était plus chef du Groupe AS 2, mais chef du Groupement Bossut depuis le
1° Avril 1917. Mention faite à la page 3 du JMO de l'AS 2, avec la prise de commandement de l'AS 2 par le Capitaine Pardon..
Il est intéressant de noter que le JMO du Goupement Bossut n'a jamais été ouvert (pas plus d'ailleurs semble-t-il que celui du Groupement I qui a succédé au Groupement Bossut).

Cne Jean Pardon
Première Fiche - Corps : Dépôt du Service automobile et 81° Artillerie
Deuxième fiche - Corps : AS 2 (81° Artillerie)

On retrouve le même mécanisme que pour le Commandant Bossut. Le Capitaine Pardon est aussi mort le 16 Avril 1917.

Dans les exemples qui suivent les fiches sont placées dans le même ordre : fiche de l'organe administratif, fiche du Groupe de chars.

S/Lt Louis Giroud
Première Fiche - Corps : 81° Régiment d'Artillerie d'Assaut (Lourde est rayé et remplacé par Assaut)
Deuxième fiche - Corps : 2° groupe d'Artillerie d'Assaut

Il est intéressant de voir apparaître l'appellation de "Régiment d'Artillerie d'Assaut" pour le 81° RAL. Aucune note ne vient appuyer cette désignation.
Il s'agit visiblement d'une décision personnelle d'un "scribouillard" ou d'un petit chef qui n'est appuyée sur aucun texte.
Cest là que cent ans plus tard il faut bien ouvrir les yeux . . . . .

Le S/Lt Louis Giroud fait toujours partie des tués du 16 Avril 1918 à Juvincourt.

Sergent Léon Tiesse

Fiche - Corps : AS 2 (500° Chars de Combat)

Une seule fiche (pleine d'informations). Sous 500° Chars de Combat on peut lire 500° Artillerie d'Assaut.

Le Sergent Léon Tiesse est mort le 19 Juillet 1918. La référence au 500° RAA est normale après le mois de Mai 1918.

Les appellations Régiment de Chars de Combat date d'après l'armistice. Cette fiche a donc été rédédigée et rectifiée début 1919.
Visiblement une remise à plat des fiches a été faites en fin de conflit explique probablement le nombre d'erreurs, de rectification et de rature.
Il ne s'agit d'un travail fait dans " la fraîcheur "de l'événement par le personnel de l'unité connaissant les tués.


Sergent Emile Cailloux

Fiche - Corps : 500° Régiment de Chars de Combat (AS 3)

Le Sergent Emile Cailloux est mort le 11 Juin 1918. La référence au 500° est normale après le mois de Mai 1918.
Par contre l'appellation Chars de Combat n'est pas du tout "normalisée" au moment des faits.

Deux appellations des régiments de chars vont avoir cours, mais après l'Armistice à partir de 1919.
- Régiment de Chars Blindés (sur document dès le 27 Janvier 1919)
- Régiment de Chars de Combat

Canonnier Pierre Albert

Fiche - Corps : Groupe AS 2 - 501° Artillerie Assaut

Le canonnier Pierre Albert en mort le 19 juillet 1918. A cette date, le Groupe d'AS n°2 était effectivement intégré au 501, avec le Groupement d'AS n°I,

L'appellation Régiment d'Artillerie d'Assaut apparait dans un certain nombre de JMO en lieu et place d'Artillerie Spéciale avec la création des Régiments (dès la Création du 502° Régiment l'appellation RAA est employée).

Cette notion est, dans les documents de l'AS, beaucoup plus ancienne puisque l'ordre général n°7 du 20 Avril 1917, signé par le Général Estienne; mentionne
dans son en-tête " Artillerie d'Assaut "


S/Lt Paul Théron
Première Fiche - Corps : 81° Artillerie Lourde
Deuxième fiche - Corps : 506° R.C.C. AS 3 (Informations rayées et remplacées par 81° RAL).

Le S/Lt Paul Théron est mort le 16 Avril 1917 à Juvincourt.

Ces deux fiches de Mémoire des Hommes sont intéressantes car elles le mentionne comme blessé et mort à Chaudardes ou Cuiry les Chaudardes. Ce lieu était le point de Rassemblement de l'AS a l'issue des combast de Juvincourt. Il est même précisé qu'il est mort à l'ambulance 231 de Chaudardes.

L'autre aspect intéressant de cette deuxième fiche est la mention 506° RCC. Le 506° RAS a été créé le 20 Août 1918, soit quatorze après le décès du S/Lt Théron.
Non seulement le rédacteur mentionne un nom d'unité qui n'existe pas à cette date, mais il parait évident que cette fiche n"a pas été rédigée au moment des événements.
Il peut s'agir d'une erreur d'écriture avec 500° RAS.

Il reste les inscriptions sur les tombes qui, comme les fiches de Mémoires des Hommes, mentionnent soit l'unité de combat soit l'unité support.
Contrairement aux Officiers et à une bonne partie des Sous-Officiers,les hommes du rang, avec ce manque de précision (qui s'ajoute à celui des JMO et des CR de combat), restent toujours difficile à raccrocher à une unité élémentaire d'AS et surtout à un équipage de char.


Si ces quelques exemples font, à peu près, le tour du problème lié aux appartenances au 81° RAL et au 500° RAS, il ne prétend pas faire un point définif sur le sujet, et les lecteurs du Forum sauront trouver de quoi alimenter le débat et ouvrir sur d'autres sujets complémentaires. . . . . .
CCA_ESAG
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par CCA_ESAG »

Bonjour à tous,
En attendant, chapeau !!
Et merci pour cet exposé !
Bonne soirée
Bernard
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Stephan @gosto
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par Stephan @gosto »

Bonsoir,

Merci Michel pour ce remarquable travail. J'enregistre aussitôt !

Amicalement,

Stéphan
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Actuellement : Le Gardien de la Flamme

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saintchamond
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par saintchamond »

Bonjour Michel,

Je vois que ta girouette tourne rond ! :) Une question à te poser toutefois : a-t-on des documents sur les personnels lorsqu'ils arrivent à Cercottes ou Marly ? Où peut-on les consulter ? J'en reviens, tu t'en doutes, à mon arrière-grand-père dont la fiche vient illustrer à la perfection ton excellente explication.

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tinou 501
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par tinou 501 »

Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

A la création de l'Artillerie Spéciale en 1916, tout était à inventer (matériels, structures des unités, techniques d'instruction et de combat).

Très rapidement, après la décision de lancer la fabrication du Schneider et St Chamond, est venue la prospection des hommes devant les servir.
Les premiers volontaires ont été regroupés dans des centres de formations automobiles de la zone des Armées à Chalons et Rupt.
Dans ces deux centres fut commencé le "débourrage" technique des volontaires avec les moyens du bord (camions et caterpillar Baby Holt)

En Août 1916 est créé à Marly le Roi, au Fort du Trou d'Enfer, la "première structure spécifique" de l'AS.
Il s'agit de la 80° batterie du 81° Régiment d'Artillerie Lourde. Première unité administrative de l'Artillerie Spéciale.

Les chars étant des pièces d'artillerie, mises à la disposition de l'infanterie montant à l'assaut, c'est tout naturellement l'artillerie qui est devenue l'arme des chars.
Une unité support a été choisie, c'est 81° RAL. Basée à Versailles avec son dépôt Lodève, c'était l'unité support de formation nouvelles de l'artillerie tels que l'Artillerie Artillerie Antiérienne et donc la toute nouvelle Artillerie Spéciale.

D'Août 16 à Mai 1918, date de création du 500° RAS, toutes les unités de l'AS ont été nées dans la structure administrative du 81° RAL.
Le JMO de l'AS 2, comme ceux de bien d'autres Groupe de chars, en porte encore la trace avec la mention en couverture de "81° RAL".

Au trou d'Enfer étaient rassemblés Officiers, Sous-Officiers et Hommes du Rang qui allaient composer les futurs Groupes de chars.
L'instruction individuelle des personnels y était faite sur toutes les techniques, potentiellement utiles à l'emploi des chars, et sur tous les matériels, au fur et à mesure de leur mise en service.
Le Trou d'Enfer ne disposait au départ que de tracteurs Caterpillar Holt, puis de chassis Schneider auto école, et finalement de Schneider et de Saint Chamond de rang. A l'apparition du FT 17, un certain nombres d'exemplaires ont aussi été rapidement mis en place à Marly.
Avec le nombre d'unités de chars à créer, les capacités de ce centre ont été très rapidement atteintes et la décision de créer un deuxième centre a été prise.
Il s'agit du Centre de Cercottes (Près d'Orléans).

A Cercottes a été créé la 81° Batterie du 81° RAL, destinée, parallèlement à la 80° de Marly le Roi, à administrer les personnels dits "non instruits" et ceux
détachés au cours automobile du TM 1402 d'Orléans.

Jusqu'en Mai 1918, la structure administrative de l'AS au sein du 81° RAL est donc :
- Dépôt 81° RAL - Lodéve
- 80° Batterie - Marly le Roi
- 81° Batterie - Cercottes

Après le flou de l'été 1916, la chaîne de formation s'est mise en place. Les personnels étaient affectés à Marly, ils y recevaient une instruction technique individualisée.
Dès que l'effectif d'un Groupe était atteint dans les différentes catégories de personnels, l'unité était créée :
- son JMO était ouvert,
- les personnels de ce nouveau Groupe étaient envoyés à Cercottes ou ils percevaient les chars, véhicules et matériels associés de leur Groupe.

Avec les Schneider et les Saint Chamond, selon les périodes et les unités, cette nouvelle unité partait directement s'installer à Champlieu ou restait quelques temps poursuivre son instruction à Cercottes, en particulier le tir. Il ne semble pas que le tir au canon de char était pratiqué à Marly.
Il faut bien voir que le centre de Champlieu se construisait en même temps qu'arrivaient les Groupes constitués à Cercottes.

Dans ses deux phases de la formation des unités de chars (Marly et Cercottes), les personnels de l'AS étaient sous gestion de l'une ou de l'autre Batterie du 81° RAL.
Ces deux Batteries avaient nécessairement du personnel permanent et il est donc normal que des dossiers individuels ou des dossiers médicaux, voir des fiches de Mémoire des Hommes ne mentionne, pour certain, que cette affectation.
Il est d'autres part évident que des affectés permanents à Cercottes ont pu, d'abord passer s'instruire à Marly et posséde des pièces mentionnant les deux Batteries.
Des structures de la taille de l'Artillerie d'assaut ont naturellement un effectif conséquent pour l'exécution des charges "non opérationnelles". C'est dans ce domaine que les archives pêchent. Il y a inévitablement des cuisiniers qui nourrissaient tout ce beau monde, des administrateurs, et des personnels de l'intendance. De ces structures là, apparemment pas de traces.

La Création du 500° RAS a Cercottes est une conséquence indirecte de l'attaque allemande du 21 Mars 1918. Le repli de de la formation des unités de FT 17, commencée à Champlieu en Janvier 1918, est décidée le 25 Mars 1918 et mise en oeuvre immédiatement.
Le PAOC, structure de formation des Régiments d'AS de Champlieu est alors envoyé à Cercottes et une troisième Batterie, la 82° est créé pour administrer le personnel de ce centre d'instruction venu de Champlieu et celui des Compagnies de FT 17 en cours de formation.
A Champlieu, seul le 1° BCL du Cdt Goubernard, unique Bataillon FT 17, formé avant le 21 Mars 1918, est resté sur place.

A partir de Mai 1918, la structure administrative de l'AS est donc :
500° RAS qui de fait est souvent baptisé dans les JMO des Unités 500° RAA
- Dépôt du 500° RAS - Cercottes
- 80° Batterie - Marly le Roi
- 81° Batterie - Cercottes
- 82° Batterie - Cercottes

En tout logique les Batteries du 500° Régiment (80° - 81° - 82°) sont devenues des "Batteries d'AS" ou des "Batteries d'AA " comme, à l'époque du 81° RAL, les Batteries de ce Régiment (80° et 81°) devaient être citées comme Batterie d'Artillerie Lourde;
Il parait évident, et ce quelque soit leur fonction, que les membres de ces Batteries du 81° RAL appartenant à ce nouveau corps d'élite de l'AS devaient immanquablement dire, se présenter et écrire qu'ils appartenaient à des Batteries d'AS ou d'AA et non à l'Artillerie Lourde.
Il y a probablement tout un non dit dans les écrits réglementaires qui peut transparaître dans les lettres, les récits et les documents réglemenataires qui reste maintenant à interpréter.

L'organisation du 500° Régiment de Mai 1918 correspond à la période de formation des compagnies de FT 17.
A la 80° - Administration et Formation individuelle des personnels,
A la 81° - Poursuite de la formation individuelle des personnels. En particulier la formation automobile faite à Orléans au sein du TM 1402.
A la 82° - Formation des Compagnies FT 17 et des Bataillons FT 17 créés,
- Gestion des personnels du Centre de Formation des FT 17.

A la mise en chantier de la formation des Régiment d'AS en FT 17, les trois derniers Groupes de Schneider qui étaient formés à Cercottes, mais ne possédaient pas de matériels, ont été dissous et leurs personnels ont basculés dans les FT 17. L'AS 18, l'AS 19 et l'AS 20 n'ont jamais exister en tant qu'unité de chars Schneider opérationnelle.

Le 500° Régiment de Cercottes se substitutant au 81° RAL de Lodève. Il devient le Dépôt de l'Artillerie Spéciale.
Cette décision est importante car avant la création du 500° Régiment, et comme pour toutes les unités de l'Armée françaises, les blessés, éclopés et convalescents retournaient au dépôt de l'unité avant leur retour en unité de combat. C'est ce dépôt qui réaffectait les personnels. Pour l'Artillerie Spéciale, personne n'ayant visiblement donné d'ordres particuliers, un bon nombre de personnels se trouvaient, à l'issu de leur passage au dépôt de Lodève, réaffectés dans des unités d'artillerie classique. Grosse perte en ligne pour les chars qui perdait des hommes formés à des techniques particulières.
Cela touchait principalement les Hommes du Rang, le suivi des Officiers et Sous-Officiers affectés à l'AS étant apparemment plus personnalisé.

Le Dépôt était le centre d'incorparation des nouveaux contingents mobilisés. Les personnels destinés à l'Artillerie Spéciale étaient donc incorporés et équipés :
par le 81° RAL jusqu'en Mai 1918.
puis par le 500° Régimentcà partir de Mai 1918.

Cette appartenance au 81° RAL explique les photos montrant des personnels de l'AS portant des soutaches du 81° Régiment d'Artillerie, et l'apparition de personnels portant des soutaches 500° RAS.
Dans ce domaine, ce qui complique tout, c'est qu'à la création de l'AS, personne n'a pris la décision de mettre tout le monde dans le même moule, et les Oficiers et Sous-Officiers venant des différents régiments d'autres Armes ont gardé les uniformes et soutaches de leurs armes d'origine.

Il faut donc regarder de très près les photos pour être affirmatif (et surtout les numériser dans des standards permettant d'analyser les détails).
Il existe de jolis cas concrets avec personnels mélangés du 81, du 500 et d'autres régiments qui montrent bien des personnels de la même unité de char.
Je ne m'étendrait pas ici sur ceux qui se sont fait faire des soutaches très personnelles simplement marquées AS . . . .

Pour clore ce chapitre, ne pas oublier que sur certaines photos, les fantassins d'élites sont mélangés aux AS et qu'ils portent, eux, les soutaches de leur régiment. Il faut donc dater les photos avec certitude et les situer par rapport à des actions à venir, en cours ou futures, pour voir qu'elle était l'unité qui avait détaché des compagnies de "fantassins d'élite" auprès des chars.

Quelques appellations qui se retouvent dans les documents des unités d'AS :

Fantassin d'Elite - Unité d'infanterie détachée auprès des Groupes de chars pour aider à un certain nombres de tâche. Lors des premiers combats, ces unités étaient trop souvent "récupérées au passage" dans la zone d'attaque. L'AS n'a pas su ou pas pu faire affecter de manière permanentes ces personnels. Ce qui s'est mise en place, c'est une désignation suffisamment longtemps avant l'action pour permettre une formation de ces fantassins à un métier spécifique. Selon les unités ou les combats, deux ou trois Hommes par char.
Les pertes de ces fantassins d'Elite sont au même niveau que celles des chars. L'osmose était semble-t-il bien faite. Un exemple parlant, au moins un des noms gravé sur la liste des morts de l'AS à Berry au Bac n'est pas celui d'un homme des chars mais celui d'un Fantassin d'Elite.

Dans le système d'appellation de l'Artillerie (et en comparaison avec l'Infanterie), pour les Unités de Schneider et de Saint Chamond :
un Groupement est un Régiment - il comprend 4 groupes de chars.
un Groupe est un Bataillon - il comprend 3 Batteries (4 Batteries avant Décembre 1917).
une Batterie est une Compagnie - elle comprend 4 chars.

L'Artillerie Spéciale a dès le départ, en dépit du fait que ses personnels soient venus de toutes les Armes, utilisé des appellations de l'Artillerie.
Quand les Régiment ont été créés, c'est une logique d'appellation d'infanterie qui a prévalue, même s'ils étaient toujours "d'Artillerie" et que les compagnies de FT 17 ont continuée à s'appeller AS 301, AS 401. . . . .

Pour illustrer ce long développement, rien de mieux que de mettre le nez dans les fiches de Mémoire des Hommes. Elles montrent bien la complexité que représentait l'AS pour l'administration militaire de l'époque, complexité auquel se heurtent maintenant les petits-fils et arrière petits-fils des combattants de l'Artillerie Spéciale.

Dans les exemples choisis les officiers sont intéressant car, pour la plupart possédent deux fiches différentes.
L'artillerie, comme le Génie et quelques autres armes et services d'appui placait, à la disposition de grandes unités (Brigade, Division, Corps d'Armée) des Eléments qui avaient leur autonomie et qui donc comme pour l'AS ont ouvert des fiches individuelles pour tous leurs personnels. Ces fiches se retrouvent en doublons de celles de l'Unité administrative dont elles dépendaient.

Cdt Louis Bossut
Première Fiche - Corps : 81° Artillerie Lourde - venu du 1° Dragon
Deuxième fiche - Corps : AS 2 (81° Artillerie)

Pourquoi deux fiches ? Probablement parce que :
- la première fiche a été rédigée par la 80° Batterie de Marly le Roi à son arrivée en Août 1916, et qu'à l'annonce de son déçès, la structure administrative de l'AS
a fait son travail et compléter la fiche.
Il est a noté qu'à la création de l'AS 2, dont Louis Bossut a été le premier Chef de l'AS 2 et que la 80° Batterie de Marly n'a pas noté sa nouvelle affectation : l'AS 2.

- la deuxième fiche a du être rédigée par l'AS 2. Ce Groupe de char, inconnu, de la 80° Batterie est ici mentionné, mais le corps administratif le 81° RAL l'est aussi.

Cette fiche comprend malgré tout une erreur car a cette date, le 16 Avril 1917, le Cdt Bossut n'était plus chef du Groupe AS 2, mais chef du Groupement Bossut depuis le
1° Avril 1917. Mention faite à la page 3 du JMO de l'AS 2, avec la prise de commandement de l'AS 2 par le Capitaine Pardon..
Il est intéressant de noter que le JMO du Goupement Bossut n'a jamais été ouvert (pas plus d'ailleurs semble-t-il que celui du Groupement I qui a succédé au Groupement Bossut).

Cne Jean Pardon
Première Fiche - Corps : Dépôt du Service automobile et 81° Artillerie
Deuxième fiche - Corps : AS 2 (81° Artillerie)

On retrouve le même mécanisme que pour le Commandant Bossut. Le Capitaine Pardon est aussi mort le 16 Avril 1917.

Dans les exemples qui suivent les fiches sont placées dans le même ordre : fiche de l'organe administratif, fiche du Groupe de chars.

S/Lt Louis Giroud
Première Fiche - Corps : 81° Régiment d'Artillerie d'Assaut (Lourde est rayé et remplacé par Assaut)
Deuxième fiche - Corps : 2° groupe d'Artillerie d'Assaut

Il est intéressant de voir apparaître l'appellation de "Régiment d'Artillerie d'Assaut" pour le 81° RAL. Aucune note ne vient appuyer cette désignation.
Il s'agit visiblement d'une décision personnelle d'un "scribouillard" ou d'un petit chef qui n'est appuyée sur aucun texte.
Cest là que cent ans plus tard il faut bien ouvrir les yeux . . . . .

Le S/Lt Louis Giroud fait toujours partie des tués du 16 Avril 1918 à Juvincourt.

Sergent Léon Tiesse

Fiche - Corps : AS 2 (500° Chars de Combat)

Une seule fiche (pleine d'informations). Sous 500° Chars de Combat on peut lire 500° Artillerie d'Assaut.

Le Sergent Léon Tiesse est mort le 19 Juillet 1918. La référence au 500° RAA est normale après le mois de Mai 1918.

Les appellations Régiment de Chars de Combat date d'après l'armistice. Cette fiche a donc été rédédigée et rectifiée début 1919.
Visiblement une remise à plat des fiches a été faites en fin de conflit explique probablement le nombre d'erreurs, de rectification et de rature.
Il ne s'agit d'un travail fait dans " la fraîcheur "de l'événement par le personnel de l'unité connaissant les tués.


Sergent Emile Cailloux

Fiche - Corps : 500° Régiment de Chars de Combat (AS 3)

Le Sergent Emile Cailloux est mort le 11 Juin 1918. La référence au 500° est normale après le mois de Mai 1918.
Par contre l'appellation Chars de Combat n'est pas du tout "normalisée" au moment des faits.

Deux appellations des régiments de chars vont avoir cours, mais après l'Armistice à partir de 1919.
- Régiment de Chars Blindés (sur document dès le 27 Janvier 1919)
- Régiment de Chars de Combat

Canonnier Pierre Albert

Fiche - Corps : Groupe AS 2 - 501° Artillerie Assaut

Le canonnier Pierre Albert en mort le 19 juillet 1918. A cette date, le Groupe d'AS n°2 était effectivement intégré au 501, avec le Groupement d'AS n°I,

L'appellation Régiment d'Artillerie d'Assaut apparait dans un certain nombre de JMO en lieu et place d'Artillerie Spéciale avec la création des Régiments (dès la Création du 502° Régiment l'appellation RAA est employée).

Cette notion est, dans les documents de l'AS, beaucoup plus ancienne puisque l'ordre général n°7 du 20 Avril 1917, signé par le Général Estienne; mentionne
dans son en-tête " Artillerie d'Assaut "


S/Lt Paul Théron
Première Fiche - Corps : 81° Artillerie Lourde
Deuxième fiche - Corps : 506° R.C.C. AS 3 (Informations rayées et remplacées par 81° RAL).

Le S/Lt Paul Théron est mort le 16 Avril 1917 à Juvincourt.

Ces deux fiches de Mémoire des Hommes sont intéressantes car elles le mentionne comme blessé et mort à Chaudardes ou Cuiry les Chaudardes. Ce lieu était le point de Rassemblement de l'AS a l'issue des combast de Juvincourt. Il est même précisé qu'il est mort à l'ambulance 231 de Chaudardes.

L'autre aspect intéressant de cette deuxième fiche est la mention 506° RCC. Le 506° RAS a été créé le 20 Août 1918, soit quatorze après le décès du S/Lt Théron.
Non seulement le rédacteur mentionne un nom d'unité qui n'existe pas à cette date, mais il parait évident que cette fiche n"a pas été rédigée au moment des événements.
Il peut s'agir d'une erreur d'écriture avec 500° RAS.

Il reste les inscriptions sur les tombes qui, comme les fiches de Mémoires des Hommes, mentionnent soit l'unité de combat soit l'unité support.
Contrairement aux Officiers et à une bonne partie des Sous-Officiers,les hommes du rang, avec ce manque de précision (qui s'ajoute à celui des JMO et des CR de combat), restent toujours difficile à raccrocher à une unité élémentaire d'AS et surtout à un équipage de char.


Si ces quelques exemples font, à peu près, le tour du problème lié aux appartenances au 81° RAL et au 500° RAS, il ne prétend pas faire un point définif sur le sujet, et les lecteurs du Forum sauront trouver de quoi alimenter le débat et ouvrir sur d'autres sujets complémentaires. . . . . .

Bonjour à tous

Toujours aussi documenté, Tanker. Mon opinion (que vous connaissez) est qu'à cette époque (mi 1916 à fin 1917), le souci était ailleurs qu'à la désignation des unités. Par exemple, pour les groupements, on a utilisé le nom des commandants de ces Groupements, sans citer de N°.

Je ne me souviens pas si je l'ai déjà dit, mais le S/lt Giroud dont vous parlez comme exemple, a été tue le 16 avril et inhumé au cimetière de Maizy. Lorsque le commandant Bossut -qui était également inhumé à Maizy - a été en 1922 transféré dans le caveau famillial de Roubaix, le S/lt Giroud a été transféré dans la tombe du commandant et en 1929, Pierre Bossut (frère du commadant, lui même AS 2) a pris , au nom de de l'AACCA (Amicale des Anciens Combattants des Chars d'Assaut) dont il était président, une concession à perpetuité pour cette tombe. Elle est parfaitement entretenue par les soins d'un capitaine du RC 80 de Mourmelon (actuellement en OPEX en Cote d'Ivoire)

Bonne journée à tous
amicalement
Louis
Tinou 501
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Re: Artillerie Spéciale - du 81° RAL au 500° RAS

Message par Tanker »

Bonjour Michel,

Je vois que ta girouette tourne rond ! :) Une question à te poser toutefois : a-t-on des documents sur les personnels lorsqu'ils arrivent à Cercottes ou Marly ? Où peut-on les consulter ? J'en reviens, tu t'en doutes, à mon arrière-grand-père dont la fiche vient illustrer à la perfection ton excellente explication.

[url]http://img254.imageshack.us/img254/2562/dscn0966tj7.th.jpg[/URL]
Il y a en certainement eu, mais ont-ils été conservés ? Le personnel étant soldé, il y avait nécessairement des listes. Si des frais étaient payés en numéraires, il devait y avoir des listes d'émargement.
Je n'ai pas, pour l'instant, trouvé de dossier sur le camp de Cercottes. S'il existe et qu'il est comme ceux de Champlieu, Mailly et Martigny, cela touche surtout à l'infrastructure.
Il y a par ailleurs d'autres pistes à fouiller. A Cercottes, les Groupes passaient dans les mains d'une école de mitrailleurs et dans celles de la TM 1402 pour la conduite. Il y a probablement d'autres pistes à creuser.
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