PELICAN - Patrouilleur

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
alain13
Messages : 1967
Inscription : mer. mai 23, 2007 2:00 am

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par alain13 » lun. sept. 20, 2010 6:29 pm

Bonjour,

Pélican : patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

1917..." le 4 septembre, de grand matin, la section d'hydravions de Dieppe, commandée par l'enseigne de vaisseau Faye, bombarde un sous-marin en surface, à 50 milles de Dieppe, et lui cause des avaries. A 9h. 45, le baleinier Pélican commandé par l'enseigne de vaisseau Briend, qui passe par là escortant un convoi de harenguiers en route pour Poole aperçoit un sous-marin en surface à 8.000 mètres. Il ouvre le feu de son canon de 65; l'ennemi ne riposte pas ni ne plonge, mais maintient à peu près sa distance. Le Pélican tire soixante cinq-coups dont plusieurs sont vus au but, le soixantième éclate à la base du kiosque, et quelques instants après, à 10h. 02, le sous-marin disparait avec une forte bande et une grande inclinaison longitudinale.
Le Pélican reste jusqu'à midi dans le voisinage, observe une nappe de pétrole qui s'étant là où l'ennemi a disparu, puis rejoint son convoi.
Il parait certain que ce sous-marin, qui n'a pas plongé sous un tir précis de si longue durée, est celui que les hydravions de Dieppe avaient atteint trois heures avant. Sa perte est donc due à la collaboration, fortuite mais efficace, de l'aviation et des patrouilleurs."

(A.Thomazi : "la guerre navale dans la zone des armées du nord".)

Sait-on quel était ce sous-marin et qu'est-il devenu ?

Cordialement,
alain

Avatar de l’utilisateur
Yves D
Messages : 2045
Inscription : ven. mai 18, 2007 2:00 am
Localisation : Toulon
Contact :

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par Yves D » lun. sept. 20, 2010 7:06 pm

Bonjour Alain
A ce stade je ne sais pas de quel sous-marin il peut s'agir mais je peux dire qu'aucun U-Boot n'a été coulé le 4 septembre.

Parmi les unités qui auraient pu se trouver ce jour là dans le secteur :
UC 62 en route de retour sur Zeebrugge où il est arrivé le mm jour
UC 17, UC 31, UC 77 ont pris la mer ce jour là en direction du Pas de Calais et sont tous rentrés à l'issue de leur patrouille.
Je n'ai aucune indication d'heure départ ou arrivée de ces sous-marins pas plus que les KTB donc tout ce qui précède reste du domaine de la supposition
Cdlt
Yves
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

Avatar de l’utilisateur
GENEAMAR
Messages : 8320
Inscription : sam. mars 08, 2008 1:00 am

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par GENEAMAR » mer. sept. 22, 2010 12:07 pm

PÉLICAN - Patrouilleur ex-baleinier norvégien (1916 -1919)

Chantier :

Ateliers Framnes Mekaniske Vaerksted Aktieselkabet, Sandefjord, Norvège.
Mis à flot : 1911
En service 1916
Retiré : 1919
Caractéristiques : 300 cv - 30,58 X 5,58 X 3,26 m - 128 tx.

Observations :

N° de chantier 85; Baleinier norvégien "DOVE"
Acheté par la Marine française, rebaptisé "PÉLICAN", en service à BOULOGNE
1920 : Vendu aux Chargeurs Réunis
1922 : Vendu à la Compagnie Générale Transatlantique, refondu en remorqueur.
1922 : Vendu à la Société Nazairienne de sauvetage.
1926 : Vendu à Schneider et Compagnie
1951 : Vendu la Compagnie Industrielle des Travaux
1953 : Dépecé; conserve son nom de "PÉLICAN" tout au long de sa carrière.

(sources : Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours; Tome II - Imp. Groupe Rezotel-Maury, Millau)

Cordialement. Malou

Rutilius
Messages : 13818
Inscription : mar. avr. 22, 2008 2:00 am

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par Rutilius » mer. mars 27, 2013 10:40 am


Bonjour à tous,


■ Historique (complément).


— 24 mai 1919 : Avec 15 autres patrouilleurs du type « baleinier », mis en vente par le Sous-secrétariat à la liquidation des stocks dans les locaux de la préfecture maritime de Cherbourg selon la procédure d'adjudication par soumissions cachetées.


Journal officiel du 8 mai 1919, p. 4.787.


Image
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
Messages : 13818
Inscription : mar. avr. 22, 2008 2:00 am

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par Rutilius » lun. mars 02, 2015 1:00 am


Bonjour à tous,

Administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre du 6 mars 1916 au 13 mai 1919 [Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922/14, p. 720 et 759 – Errata Bull. off. Marine 1922/21, p. 41.].
Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
Messages : 3924
Inscription : ven. oct. 12, 2007 2:00 am

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par olivier 12 » dim. oct. 15, 2017 10:43 am

Bonjour à tous,

PELICAN

Rencontre avec un sous-marin le 4 Septembre 1917

Rapport du capitaine

Le 4 Septembre 1917 à 06h00, PELICAN remorquant les 5 voiliers du convoi faisait route au S85W et se trouvait dans une position estimée à 15 milles dans le S70W d’Alprecht.
A 3 milles dans le SE du convoi, j’aperçois le kiosque d’un sous-marin qui émerge. Mis au poste de combat et la barre toute à gauche pour dégager le champ de tir, mais le sous-marin plonge immédiatement, avant qu’on ait eu le temps de venir en position. A 2 milles dans le S de ce sous-marin se trouvait un 3-mâts goélette faisant route au SW. Prévenu immédiatement Boulogne par TSF et continué ma route avec le convoi.

Le 4 Septembre à 09h45, à 18 milles dans le S20E de Beachy Head, les 5 voiliers toujours en remorque, j’aperçois à grande distance dans le Sud la silhouette d’un sous-marin en surface, paraissant avoir le cap à l’WSW, dont l’avant surélevé et le kiosque seul sont visibles. Mis au poste de combat et commencé aussitôt le feu à 8400 m, hausse maximum. Les coups tombent un peu à droite. Le tir est réglé en direction. Au 51e coup, le sous-marin ne paraissant pas fuir, je largue rapidement les remorques et mets le cap dessus avec toute la vitesse possible, tout en continuant le tir.
Les trépidations du PELICAN rendent l’appréciation difficile, mais le but est encadré.

Le 20e coup, avec hausse de 8000 m explose dans la partie arrière du sous-marin, dégageant une fumée grisâtre. Plusieurs obus atteignent le sous-marin et le 47e coup, hausse à 7590 m atteint le sous-marin à quelques mètres de l’avant. J’observe un fort bouillonnement.

Le 60e coup, tiré à 7000 m, explose à la base du kiosque. Quelques instants après, le sous-marin disparaît avec une forte inclinaison sur tribord et un angle de plongée de 30° au maximum. L’arrière sort complètement de l’eau et laisse voir une partie cylindrique complètement détachée de l’horizon. Cessé le feu après le 60e coup, le sous-marin ayant complètement disparu.

L’engagement a duré 15 minutes pendant lesquels 65 coups de 65 mm ont été tirés. J’affirme que 3 coups ont touché le sous-marin et suis persuadé que sur la quantité, nombre d’autres coups l’ont aussi touché, vu la justesse du tir. Durant le combat, chose importante à noter, le sous-marin a toujours conservé la même direction et sa vitesse réduite de 6 nœuds environ. PELICAN marchant 10 nœuds s’est rapproché de 1400 m en 15 minutes, le tir étant toujours réglé en distance.

Mon impression est que ce sous-marin, plusieurs fois touché et ne fuyant pas malgré la vitesse et l’efficacité du tir, n’était plus maître de sa manœuvre et avait sûrement eu des avaries dès le début d l’action.

J’ai continué ma route dans une direction 5° plus à droite pendant 20 minutes, grenades prêtes à être lancées, et suis resté jusqu’à midi explorant sur un rayon de 3 milles l’endroit estimé où le sous-marin avait disparu (profondeur environ 50 m).
Je n’ai aperçu aucun indice et aucune épave. Le clapotis était assez fort et la brise a fraîchi du SE vers midi. Ne voyant rien de suspect, suis parti à la recherche de mon convoi que j’ai rattrapé à 14h00 dans le Sud de Beachy Head. Je n’ai pu prévenir les patrouilles anglaises, mon moteur de TSF étant tombé en avarie et ce n’est que vers 17h00 que j’ai pu donner des renseignements utiles par Le Havre.

Le voilier SAINT JOSEPH a tiré un coup de 47 mm dans la direction du sous-marin, mais la distance était trop grande. Quoi qu’il en soit, les équipages des voiliers sont toujours restés au poste de combat.

Déposition du Capitaine de Vaisseau, Chef de Division des Flottilles de la Manche Orientale

En rapprochant cet engagement de l’attaque d’un sous-marin faite à 10 milles de là, une heure et quarante cinq minutes plus tôt, par deux hydravions de Dieppe, on peut en déduire que les appareils pilotés par l’Enseigne de Vaisseau FAYE et le quartier maître mécanicien KERDAVID ont gravement avarié le sous-marin, le mettant dans l’impossibilité de se servir de son canon et de plonger.
La constatation faite par le pilote KERDAVID de 17 mines éparpillées en surface dans un cercle de d’un diamètre de 200 m, peut être rattachée à une avarie de l’avant du sous-marin qui l’aurait obligé à se débarrasser de ces mines et aurait aussi endommagé son canon.

Nous n’avons jamais pu retrouver ces 17 mines signalées en surface par l’hydravion. Je connais assez la valeur du tir d’un petit bâtiment à des distances pareilles pour ne pas croire au merveilleux sur la seule déclaration du tireur. Toutefois, les faits sont possibles, et même plausibles lorsqu’on les rapproche l’un de l’autre. Toutefois, je n’en aurai la certitude que quand le Service des Renseignements aura corroboré la probabilité de la perte d’un sous-marin.

Brève note manuscrite émanant du service des renseignements de la DGGSM (Direction Générale de la Guerre sous-marine)

« Il ne semble pas que le sous-marin ait été atteint. »

Le sous-marin rencontré

N’est pas identifié. (Voir message d'Yves ci-dessus)

Toutefois, la description des rencontres fait bien sûr penser à un mouilleur de mines de type UC. Or ce jour-là l’UC 16, de l’Oblt z/s Georg REIMARUS patrouillait sur cette zone. C’est donc probablement lui qui a croisé la route des hydravions et du PELICAN.
S’il fut endommagé, ce ne fut que légèrement car il continua sa patrouille vers la Manche occidentale. Il est possible que son KTB ait disparu car ce sous-marin sauta sur une mine au large de Zeebrugge le 4 Octobre suivant et disparut avec tout son équipage de 27 hommes. Seul le corps de l’officier de quart fut retrouvé quelques jours plus tard sur une plage de Norwich (Hollande)

Cdlt
olivier

Avatar de l’utilisateur
Yves D
Messages : 2045
Inscription : ven. mai 18, 2007 2:00 am
Localisation : Toulon
Contact :

Re: PELICAN - Patrouilleur

Message par Yves D » ven. oct. 20, 2017 8:17 pm

Bonjour Olivier, bonjour à tous
UC 16 est rentré à sa base le 13 septembre. Il en est reparti le 2 octobre à la suite de quoi il a disparu. A la lecture du résumé de la patrouille du 1 au 13, il n'est pas fait mention d'attaque par un patrouilleur. Tout au plus est il signalé qu'à plusieurs reprises le sous-marin a du plonger devant des menaces aériennes. Le 4 septembre il a coulé l'anglais Bishopston à 30 m. SE de St Catherine's puis il a fait route vers le secteur SE de Plymouth et ensuite vers les Scillies...
Source : Harald Bendert, Die UC-Boote der Kaiserlichen Marine, p.85
Il ne me parait pas vraisemblable que le sous-marin attaqué par Pelican soit UC 16.
Amts
Yves
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

Répondre

Revenir à « MARINE »