LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
dbu55
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par dbu55 » dim. août 23, 2009 3:51 pm

Bonjour à toutes et à tous,

Quelques marins monts pour la France lors de la perte du LYNDIANE :

BERNATETS Adrien né le 16/10/1894 à Capbreton (Landes), Matelot de 3ème Classe Sans Spécialité - Décédé le 16/07/1918 (23 Ans) à bord du LYNDIANE - Corps retrouvé et déposé le 18/07/1918 à l'hôpital de Saint-Jean-de-Luz - Son nom figure sur un plaque commémorative de l'Église Saint-Nicolas et le monument aux morts de Capbreton (Landes)

BERTHELOT Paul Marie né le 15/01/1891 à Le Faouët (Côtes-d'Armor (Côtes-Du-Nord en 1914)), Quartier Maître Canonnier - Décédé le 16/07/1918 (27 Ans) à bord du LYNDIANE - Corps retrouvé à Zumaya (Pays Basque Espagnol) le 19/07/1918 – Inhumé à Zumaya (Espagne) - Son nom figure sur le monument aux morts de Le Faouet (Côtes d'Armor)

BILLON Henri Joseph né le 05/07/1880 à Beauvoir-sur-Mer (Vendée), Matelot de 3ème Classe Canonnier Breveté - Décédé le 16/07/1918 (37 Ans) - Disparu en mer à bord du LYNDIANE - Son nom figure sur le monument aux morts de Pornic (Loire-Atlantique)

LE GARS Pierre Noël né le 24/12/1898 à Penhars (Aujourd'hui Quimper - Finistère), Matelot de 2ème Classe Canonnier - Décédé le 16/07/1918 (19 Ans) - Disparu en mer à bord du LYNDIANE

RAULT Louis Marie Charles né le 21/01/1901 à Toulon (Var), Matelot de 3ème Classe Electricien T.S.F. - Décédé le 16/7/1918 (17 Ans) à bord du LYNDIANE - Corps retrouvé le 27/07/1918

Cordialement
Dominique
Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]

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Terraillon Marc
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par Terraillon Marc » dim. août 23, 2009 4:44 pm

Bonjour

Voici la fiche du navire sur MIRAMAR

Single Ship Report for "1086643"
IDNo: 1086643 Year: 1883
Name: ROBINA Launch Date: 13.10.83
Type: Cargo ship Date of completion:
Flag: GBR Keel:

--------------------------------------------------------------------------------
Tons: 1656 Link: 1519
DWT: Yard No: 197
Length overall: Ship Design:
LPP: Country of build:
Beam: Builder: Thompson, J.L.
Material of build: I Location of yard: North Sands
Number of
screws/Mchy/
Speed(kn):

--------------------------------------------------------------------------------
Naval or paramilitary marking :
A: *
End: 1918

--------------------------------------------------------------------------------

Subsequent History:
93 TUNISIE - 98 ELLEWOUTSDIJK - 05 GREENDYKE - 11 ARMIDA - 13 LYNDIANE

Disposal Data:
sm/t&gf 8nm NW San Sebastian 16.7.18

Il faut maintenant identifier le sous marin

A bientot
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.

kgvm
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par kgvm » mer. août 26, 2009 12:33 pm

According to Spindler "UB 103".

Rutilius
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LYNDIANE ― Cargo frigorifique ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par Rutilius » lun. mai 17, 2010 6:22 pm

Bonjour à tous,

Lyndiane ― Cargo frigorifique ― Société coloniale d’alimentation frigorifique (1913~1918).

Cargo frigorifique de 1.564 t lancé en 1883 par le chantier J. L. Thompson & Sons, de Sunder-land (Royaume-Uni) (uboat.net). Acquis en 1913 par la société anonyme dite « Société française d’alimen-tation De Chanaud & Cie », personne morale formée le 28 octobre 1911 à Paris [En 1913 : Siège social : 56, rue de Provence, Paris (IXe Arr.). Succursale : Le Havre: 16, rue Massillon.], aux droits de laquelle vint, en 1918, la Société coloniale d’alimentation frigorifique [Même siège social], société qui fut dissoute en 1923.

Cette société exploitait avant-guerre au Havre, au 28, rue Hilaire Colombel, un entrepôt frigorifique d’une capacité de l’ordre de 2.000 m3. Elle commerçait alors principalement avec l’Argentine, sa spécialité étant le saumon congelé. Le 1er décembre 1914, elle mit en service à Kaolak (Sénégal) un abattoir, des installations frigorifiques et une conserverie, qui furent construits avec l’aide de la Banque Mirabaud et l’appui du gouverneur Angoulvent. L’établissement employait 450 personnes ; il abattait 50.000 bœufs par an, dont la viande, les abats et les peaux, ainsi que les conserves, étaient presqu’exclusivement réservés aux besoins des troupes en métropole, selon un contrat passé entre la société et le Service du ravitaillement, contrat qui sera résilié le 21 février 1918 (Claude MALON : « Le Havre colonial de 1880 à 1960 », Publications des Universités de Rouen et Le Havre, 2006, p. 258 et 259).

Pour transporter ces denrées, issues et conserves, la Société coloniale d’alimentation frigorifique disposait de deux navires, le Kaolak et le Lyndiane, ainsi que d’un petit bâtiment de 182 t jb, la Ville-de-Dijon, qui assurait la navette entre Dakar et le Lyndiane. Ainsi, le 28 février 1915, le Lyndiane débarqua au Havre 2.612 quartiers de bœuf réfrigérés, 66 moutons réfrigérés, 442 colis de foie de bœuf, 499 colis de panses, des cuirs secs, des cuirs verts, marchandises qui avaient été chargées à Lyndiane (Sénégal) ; il avait par ailleurs embarqué des arachides à Rufisque (Ibid., p. 259, note 279).

A partir de 1917, à la suite d’épizooties ayant décimé le cheptel, l’abattoir ne fonctionna plus qu’au tiers de sa capacité ; après 1918, il fut reconverti en raffinerie d’arachides. En 1920 ou 1921, le fonds de commerce fut repris par la société anonyme dite « Comptoirs frigorifiques Henri Lebossé » (Ibid.). Au demeurant, la Société coloniale d’alimentation frigorifique avait déjà partiellement ruiné l’économie agricole sénégalaise, en absorbant 10 % du cheptel local pour les besoins exclusifs de la métropole. Et, de surcroît, elle offrait aux éleveurs des prix inférieurs de 60 % à ceux pratiqués à Dakar (Ibid.).

Lors d’une traversée de Kaolak à Fécamp, le Lyndiane fut torpillé puis canonné le 16 juillet 1918 par l’UB-103 (Kapitänleutnant Paul HUNDIUS) (uboat.net), à 8 milles dans le N. 85 W. de San Sebastián (Espagne).
____________________________________________________________________________________________
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Message par Rutilius » lun. déc. 22, 2014 8:06 pm

[Message supprimé]
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Rutilius
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LYNDIANE ― Cargo frigorifique ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par Rutilius » mar. déc. 30, 2014 12:14 pm

Bonjour à tous,

Hommes morts ou disparus le 16 juillet 1918 lors du torpillage du cargo frigorifique Lyndiane

[35]

Procédure de déclaration judiciaire de décès ouverte par une décision du Sous-secrétaire d’État des Ports, de la Marine marchande et des Pêches en date du 28 février 1920 (J.O. 2 mars 1920, p. 3.411).

Jugement rendu par le 11 mars 1920 par le Tribunal civil du Havre et transcrit au Havre, le 14 juin 1920 (Registre des actes de décès de la ville du Havre, Année 1920, Vol. I., Transcriptions, f° 2, p. 9.813, acte n° 1.879).
Marins du commerce.

[26]


[Judiciairement déclarés « Mort pour la France »]

État-major.

[3]

— LE CAIN Yves Marie, né le 23 mars 1882 à Plouha (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –) et domicilié à Plouézec (– d° –). Second capitaine, inscrit à Paimpol, n° 203.

Fils de Rolland LE CAIN, cultivateur, et de Françoise LE GOUX, « ménagère ». Époux d’Anne Marie GEFFROY, avec laquelle il avait contracté mariage à Plouézec, le 20 avril 1912. (Registre des actes de naissance de la commune de Plouha, Année 1882, f° 11, acte n° 20).

— PRAX Émile Joseph, né le 23 février 1872 à Brest (Finistère) et domicilié à Marseille (Bouches-du-Rhône). Chef mécanicien, inscrit à Marseille, n° 8.391.

Fils d’Adolphe Désiré PRAX, commerçant, et d’Emma Marie GURTLER (Registre des actes de naissance de la ville de Brest, Année 1872, Vol. I., f° 57, acte n° 224). Époux de Louise Alphonsine Augustine FOURTOUT, avec laquelle il avait contracté mariage à Jouques (Bouches-du-Rhône), le 16 avril 1895.

— MENDY Fournas, né vers ... à ... (Sénégal). Maître d’équipage, identifié à Dakar, n° 422.


Hommes d’équipage.

[16]


[Ordre alphabétique]

— AMADY Camara, né en 1888 à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 689.

— AMADY Moussa, né vers 1887 à Adabéré (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 752.

— AMBROUSS Mendy, né vers ... à ... (Sénégal). Matelot, identifié à Dakar, n° 1.328.

— BABA Haby, né vers 1889 à Matam (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 1.189.

— BOUGAIE Diara, né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 333.

— CAGNARD Paul Jules Cyrille, né le 20 février 1886 à Roye (Somme) et domicilié à Lille (Nord), au 148, boulevard Victor Hugo. Restaurateur, inscrit à Marseille, n° 9.471.

Fils de Charles Paul Évariste CAGNARD et de Marie Antonia CROISY. Époux d’Yvonne Aurélie VANNOÉ, avec laquelle il avait contracté mariage à Dunkerque (Nord), le 11 octobre 1910.

— CHARRAUD Ernest Louis, né le 7 novembre 1883 à Saint-Sever-de-Saintonge (Charente-Inférieure – aujourd’hui Charente-Maritime –) et y domicilié. Premier chauffeur, inscrit à Bordeaux, n° 9.685.

Fils de Jean CHARRAUD, mareyeur, et de Geneviève TRAIN, garde-barrière (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Sever-de-Saintonge, Année 1883, f° 6, acte n° 16). Célibataire.

— CORREA Pierre, né vers ... à ... (Sénégal). Matelot, identifié à Dakar, n° 687.

— DORO N’Diaye, né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 1.511.

— FARA Gomis, né vers ... à ... (Sénégal). Novice, identifié à Dakar, n° 1.853.

— FARA Mendy, né vers ... à ... (Sénégal). Matelot, identifié à Dakar, n° 1.318.

— FOUSSENOU Congne, né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 446.

— LEGRIS Marcel Abel Amédée Édouard, né le 14 juin 1902 au Havre (Seine-Inférieure – aujourd’hui Seine-Maritime –) et y domicilié, au 9, place de la Gendarmerie. Novice, inscrit au Havre, n° 11.415.

Fils d’Ernest Joseph Louis LEGRIS et de Marguerite Augustine SCHMIDT. Célibataire.

— MAKLAM Konato, né en 1892 à Jambaka (Sénégal). Soutier, identifié à Dakar, n° 1.630.

— MALICK Yoro, né en 1883 à Orkadou (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 215.

— MAMADOU Lassana , né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 777.

— MAMADOU Sako, né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 285.

— MAMADOU Sockom, né vers ... à ... (Sénégal). Matelot, identifié à Dakar, n° 566.

— MOUSSOU Cissé, né vers ... à ... (Sénégal). Matelot, identifié à Dakar, n° 1.104.

— OUSMANN Dialo, né vers ... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 839.

— OYSSE Bakirly, né vers... à ... (Sénégal). Chauffeur, identifié à Dakar, n° 820.

— SAMBA N’Diaye, né vers ... à ... (Sénégal). Cuisinier, identifié à ... , n° ...

— VINCENT Mendy, né en 1899 à Adéau (Sénégal). Novice, identifié à Dakar, n° 1.725.


Marins de l’État.

[8]


[Judiciairement déclarés « Mort pour la France »]

[Ordre alphabétique]

― BERNATETS Adrien, né le 16 octobre 1894 à Capbreton (Landes) et y domicilié. Matelot de 3e classe sans spécialité, A.M.B.C. du Havre, inscrit à Bayonne, n° 3.704. [Corps retrouvé et déposé le 18 juillet 1918 à l’hôpital de Saint-Jean-de-Luz (Basses-Pyrénées – aujourd’hui Pyrénées-Atlantiques). Acte de décès transcrit à Capbreton, le 12 septembre 1918.].

― BERTHELOT Paul Marie, né le 15 janvier 1891 au Faouët (Côtes-du-Nord – aujourd’hui Côtes-d’Armor –) et y domicilié. Quartier-maître canonnier, A.M.B.C. de Cherbourg, immatriculé au 1er Dépôt, n° 29.112 [Corps retrouvé le 19 juillet 1918 à Zumaya (Espagne) et inhumé dans cette commune.].

Fils d’Yves BERTHELOT, cultivateur, et de Marie Joseph BOIZARD, « ménagère » (Registre des actes de naissance de la commune du Faouët, Année 1891, f° 2, acte n° 1). Célibataire.

― BILLON Henri Joseph, né le 5 juillet 1880 à la Croix Rouge en Beauvoir-sur-Mer (Vendée) et domicilié à Pornic (Loire-Inférieure – aujourd’hui Loire-Atlantique –). Matelot de 3e classe canonnier breveté, A.M.B.C. du Havre, inscrit à Noirmoutier, n° 187.

Fils de Pierre Joseph BILLON, journalier, et de Marie Célina TESSIER, journalière (Registre des actes de naissance de la commune de Beauvoir-sur-Mer, Année 1880, f° 13, acte n° 48). Époux de Marie Joséphine Augustine CHARRIER, avec laquelle il avait contracté mariage à Sainte-Marie (...), le 31 mai 1904.

— DUBOIS Gaston, né le 21 avril 1883 à Saint-Denis-de-La Réunion (Île de La Réunion) (Registre des actes de naissance de la commune de Saint-Denis-de-La Réunion, Année 1883, f° 63, acte n° 233). Matelot de 2e classe sans spécialité aide-canonnier, inscrit à La Réunion, n° 813 [ou 1.003].

Fils de Lucien Charles DUBOIS, adjudant de police, né le 3 novembre 1842 à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise – aujourd’hui Yvelines –) et décédé le ... à ... (...), et de Marie Cécile ODDOZ, sans profession, née 3 août 1850 à Saint-Denis-de-La Réunion (Île de La Réunion) et décédée le ... à ... (...). Mariés le 5 octobre 1867 à Saint-Denis-de-La Réunion (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Denis-de-La Réunion, Année 1867, f° 84, acte n° 110).

Époux de Marie Françoise DAVID, domestique, née le 21 novembre 1887 à Saint-Jean-du-Doigt (Finistère), fille de Laurent DAVID, garçon de magasin, et de Louise CLEC’H, « ménagère », avec laquelle il avait contracté mariage au Havre (Seine-Inférieure – aujourd’hui Seine-Maritime –), le 5 octobre 1906 ; alors mécanicien (Registre des actes de mariage de la ville du Havre, Année 1906, Vol. II., f° 92, acte n° 977).

― LE GARS Pierre Noël, né le 24 décembre 1898 à Penhars – aujourd’hui quartier de Quimper – (Finistère) et domicilié à Langolen (– d° –). Matelot de 2e classe canonnier breveté, A.M.B.C. du Havre, immatriculé au 2e Dépôt, n° 112.548.

Fils de Joseph Yves LE GARS et de Marie Isabelle BOLLORÉ. Célibataire.

― RAQUOIS Henri Emmanuel, né le 14 janvier 1883 à Beauvoir-sur-Mer (Vendée) et y domicilié. Matelot de 2e classe fusilier auxiliaire, A.M.B.C. du Havre, inscrit à Noirmoutier, n° 209.

Fils de François Philbert RAQUOIS, marin, et de Marie Ursule PONTOIZEAU, « ménagère » (Registre des actes de naissance de la commune de Beauvoir-sur-Mer, Année 1883, f° 3, acte n° 5). Époux de Marie Joséphine Valentine VERRÉ, avec laquelle il avait contracté mariage à Beauvoir-sur-Mer, le 25 octobre 1909.

― RAULT Louis Marie Charles, né le 11 janvier 1901 à Toulon (Var) et domicilié à Brest (Finistère), plateau du Bouguen. Matelot de 3e classe électricien T.S.F., Marine du Havre, immatriculé au 2e Dépôt, n° 108.895 [Corps retrouvé le 27 juillet 1918 et inhumé à ...tana (Espagne)].

Fils de Louis Marie Julien RAULT, quartier-maître de la Marine, et de Marie Louise SAUVEUR, sans profession (Registre des actes de naissance de la ville de Toulon, Année 1901, f° 13, acte n° 88). Célibataire.

― TIXIER Michel, né le 9 mai 1899 à Volvic (Puy-de-Dôme) et y domicilié, Matelot de 3e classe sans spécialité, Marine du Havre, immatriculé au 5e Dépôt, n° 66.424–5.

Fils de Michel TIXIER et de Marguerite BARBOT. Célibataire.


Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 7 mars 1922 (art. 2 ; J.O. 15 mars 1922, p. 2.952), ces marins furent inscrits à titre posthume au tableau spécial de la Médaille militaire dans les termes suivants :

« Glorieusement disparus en mer lors de la perte du vapeur Lyndiane, coulé le 16 juillet 1918. Croix de guerre avec étoile de bronze. » (p. 2.956).

Passager.

[1]

— LAMARRE Adolphe Joseph, né le 11 novembre 1872 à Pont-Aven (Finistère) et domicilié à Dakar (Sénégal). Charron.

Fils d’Arsène LAMARRE et de Clémentine MILLER. Époux de Marie Joséphine Perrine FURIC, avec laquelle il avait contracté mariage à Pont-Aven, le 14 février 1898.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.

cvalou
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par cvalou » dim. févr. 15, 2015 11:52 am

Bonjour,

En relisant j' ai constaté une erreur sur l' année de mariage de Gaston Dubois et de Marie Françoise David la bonne année est 1906.
Cordialement.
Valérie
valérie

olivier 12
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par olivier 12 » sam. déc. 26, 2015 3:58 pm

Bonjour à tous,

LYNDIANE

Télégramme secret Ambassade de France à Madrid à Marine Paris 19 Juillet 1918

Confirme télégrammes du 18. Il faut lire LYNDIANE au lieu d’INDIAN. Port d’attache Le Havre.

Il y a à Saint Sébastien :
- OLLIET, second mécanicien
- OLIVIER, lieutenant
- Deux Sénégalais
Deux autres Sénégalais sont à Zumaya. Ces 6 personnes seront rapatriées par les soins du consul.

Torpillage paraît avoir eu lieu en dehors des eaux territoriales. Le sous-marin a coulé volontairement par abordage toutes les embarcations du bâtiment. Rapport détaillé sera envoyé demain.

Déposition du second mécanicien Raoul OLLIET et questions de l’officier enquêteur


Le Mardi 16 Juillet, LYNDIANE revenait de Dakar et longeait la côte Nord d’Espagne. Je dormais dans ma cabine située sur le pont bâbord, sous la passerelle. Entre 21h00 et 22h00, j’ai ressenti un choc et entendu les bruits successifs d’une explosion, d’un déchirement de tôle, puis d’une gerbe d’eau retombant sur le pont.
Je me suis habillé et suis monté sur la passerelle où j’ai trouvé le commandant, le second qui était de quart, la passagère et le passager, le chef mécanicien Prax, et un timonier noir à la barre. Le chef, qui venait de monter en chemise, disait au commandant : « Ne vous effrayez pas, ce n’est qu’une avarie de machine ». L’arbre de couche donnait depuis quelque temps des inquiétudes et Prax pensait qu’il venait de se rompre.
J’ai dit que pour moi, c’était une torpille et je suis descendu à la machine avec Prax. L’eau montait à hauteur des bielles, 2 m au dessus de la quille, mais la machine tournait encore. Nous avons essayé de la stopper en fermant le registre pour permettre la mise à l’eau des embarcations mais n’avons pu y parvenir car le bateau oscillait et la vapeur produite par l’inondation des cendriers nous aveuglait. Nous sommes remontés et avons réussi à stopper la machine en fermant, du pont, les soupapes d’arrêt.
Nous nous sommes rendu compte que la torpille avait atteint le navire à bâbord, à hauteur de la cale 4 qui était la dernière avant le peak arrière. L’eau avait envahi la chambre des machines et la chaufferie par le tunnel de l’arbre d’hélice.

Q. Les passages de l’arbre à travers les cloisons n’étaient pas étanches ?

Il y avait une porte étanche fermant le tunnel entre la machine et la cale 3. Mais on ne la fermait pas à cause des graissages fréquents des paliers et de la butée.

Q. Avez-vous essayé de fermer cette porte ?

Oui, nous l’avons fermée très facilement d’un tour de volant qui se manœuvrait depuis la plate-forme de la machine.
Je suis monté ensuite à la passerelle dire au commandant que nous avions bien été torpillés et il a ordonné le poste d’abandon.

Q. Qu’aviez-vous comme moyens de sauvetage ?

Deux baleinières sur l’avant de la passerelle pouvant contenir chacune 20 personnes et un radeau composé de deux cylindres en fer reliés par du bois et appartenant à l’AMBC Bordeaux, pouvant soutenir 20 personnes.
Chacun connaissait son poste et l’ordre n’a cessé de régner. Les noirs seuls se sont montrés un peu émus, mais sont restés dociles. Le commandant et Olivier se sont occupés de l’embarquement dans le canot 1 à tribord, le second et moi du canot 2 à bâbord.

Q. Tout le monde avait-il sa ceinture de sauvetage ?

Oui, les noirs avaient des ceintures en liège et les blancs des ceintures en kapok

Q. Avez-vous vu le TSF. A-t-il lancé un appel ?

Non. Le radiotélégraphiste a disparu dès le premier moment, sans doute tué par l’explosion, car il prenait ses repas à l’arrière et y restait quelque temps après son dîner. De même pour le restaurateur, le boy et les canonniers.

Q. En dehors du radiotélégraphiste, n’y avait-il personne à bord capable de lancer un appel SOS ?

Non

Q. A quelle distance de terre estimez-vous le navire ?

A environ 3 ou 4 milles d’après ce que j’ai pu en juger et ce que m’a dit plus tard Mr. Le Cain.

Q. Précisez davantage. N’étiez-vous pas à moins de 3 milles ?

Je peux me tromper car je ne suis pas habitué à mesurer les distances. Mais nous étions au moins à 3 milles, peut-être plus.

Q. Le sous-marin était-il en vue ?

Non, pas encore. Il restait à bord le commandant, la passagère, Mr. Le Cain, un canonnier nommé Bernadette et moi-même. Les embarcations étaient amenés, la 1 à mi hauteur et la 2 à l’eau, tenue par un bout quand une 2e torpille a frappé le bateau par bâbord. La gerbe d’eau est retombée sur le canot 2 et l’a écarté du bord sans toutefois le couler grâce à ses caissons étanches. J’avais donné à cette baleinière le seau de ma chambre et les hommes s’en sont servi pour écoper.

Q. Quel intervalle de temps entre les 2 torpilles ?

Entre 6 et 10 minutes.
Je me suis alors occupé avec Le Cain et Bernadette de mettre à l’eau le radeau de bâbord arrière et nous y avons pris place pendant que le commandant, Olivier et la passagère embarquaient dans le canot 1.

C’est alors que j’ai vu le sous-marin émerger à 300 m sur bâbord arrière et arriver à vive allure, environ 12 nœuds. Il s’est dirigé droit sur le canot 2 et l’a abordé de plein fouet. Nous avons cru qu’il avait fait une fausse manœuvre et, de notre radeau, avons crié au 1 de nous passer du monde pour aller secourir les gens du canot 2. Il nous a accostés et le QM canonnier est venu sur le radeau avec 4 autres. Le canot 1 s’est écarté de nous pour venir sur bâbord en contournant l’arrière quand le sous-marin est revenu à pleine vitesse et l’a coupée en deux à son tour. Une partie surnageait avec des hommes dedans. Le sous-marin est à nouveau revenu et a coupé ce débris. Puis il s’est acharné sur le radeau, mais avec moins de succès car celui-ci pivotait au moindre choc sans se rompre. J’ai sauté à l’eau quand j’ai vu le sous-marin revenir, puis suis remonté sur le radeau, espérant que le sous-marin se lasserait. Mais après un 2e abordage, Le Cain m’a proposé de remonter sur LYNDIANE qui flottait toujours à 200 m, émergeant faiblement et à peu près droit, mais cassé à hauteur de la cale 3.. Il s’est mis à nager et je l’ai suivi, quand j’ai vu le sous-marin faire arrière toute sur lui et le noyer dans le remous de son hélice. Je l’ai entendu crier, puis plus rien. Je suis alors retourné sur le radeau, repêchant au passage un chauffeur noir, Malik. Il y est monté avec moi.
Après avoir pris du champ, le sous-marin est revenu une nouvelle fois sur le radeau, mais sans parvenir à le couler. Il a alors tiré 3 coups de canon sur LYNDIANE, d’une distance de 100 m. J’ai vu une vive flamme rouge au départ de chaque coup, puis une grosse fumée noire à l’éclatement du projectile. L’un d’eux est passé en sifflant au dessus de ma tête. Une fois LYNDIANE coulé, le sous-marin est revenu sur le radeau. Fou de rage je lui ai crié : « Tas de voyous, assassins, maladroits, vous n’êtes même pas fichus de nous couler ». Des éclats de rire m’ont répondu. Il est revenu une 6e fois et j’ai sauté à l’eau et fait le mort près d’une épave. Malik a été tué ou jeté à l’eau par le choc.
Le radeau a disparu et le sous-marin s’est enfin éloigné en direction de l’Est.

Q. Combien de temps ont duré toutes ces manœuvres ?

Deux heures. Le sous-marin ne ménageait pas son combustible et évoluait à bonne vitesse.

Q. Pouvez-vous le décrire ?

Je l’ai observé avec le plus grand soin. 80 à 100 m de long. Coque gris blanc. Peinture fraîche. Etrave droite et arrière en bout de cigare. Fuseau lisse, sans autre saillie que le kiosque vers le milieu, peint en noir, forme de rectangle arrondi sur l’avant et reposant sur un soubassement percé de trous à l’arrière. 1,20 m au dessus de l’eau. Pas de périscope apparent.
Sur l’avant du kiosque, canon de 2,5 à 3 m de long que je pense être un canon de 100 mm. Quelques garde-corps sur l’avant du canon. Pas d’écoutilles apparentes. Pas de filières tendues du haut du kiosque aux extrémités. Pas de coupe filets apparents.
Voici le croquis du sous-marin.

Image

Q. Y avait-il des gens sur le pont ?

Huit hommes sur le kiosque, émergeant depuis les épaules en bleu et avec casquettes, ayant l’air d’officiers. Celui qui m’a paru être le commandant donnait constamment des ordres. Il était petit, rasé, figure plate yeux rentrés et voix aigre. Il s’est penché au dehors pour voir sans doute s’il y avait des survivants. C’est lui qui a ri le premier quand je les ai insultés. Ils avaient l’air très joyeux.

Q. Qu’avez-vous fait après le départ du sous-marin ?

J’ai nagé vers la côte, bien décidé à la gagner. Je n’entendais plus de cris et me croyais le seul survivant. Entièrement vêtu tout d’abord, je me suis peu à peu déshabillé, ne gardant que chemise et pantalon que j’ai déchirés à moitié pour assembler deux madriers et m’en faire une sorte de radeau. Il pouvait être 02h00 du matin le 17 Juillet, car la lune était couchée et le soleil pas encore levé, quand un navire de 2000 ou 3000 tonnes est passé tout près de moi, tous feux clairs. J’ai crié : « Oh ! Du vapeur ! » Et il a stoppé. Une voix m’a demandé « Espagnol ? ». J’ai répondu « Espagnol », pensant que c’était un navire de cette nationalité. Mais il a remis en marche et s’est éloigné.

Vers 03h30, j’ai entendu crier au loin. C’était le 3e mécanicien Otzenberger. Je l’ai encouragé et lui ai crié de venir de mon côté. Il m’a répondu qu’il ne pouvait pas car il était blessé. J’ai essayé de le joindre, mais je ne l’ai plus entendu.
Au lever du jour, j’ai aperçu rasant la côte un convoi, et divers petits bateaux à voile, mais trop éloignés. J’ai continué à nager, me reposant de temps à autre sur mon épave, bien décidé à gagner la côte.

C’est à 14h00 le 17 Juillet qu’un navire de guerre espagnol, le contre-torpilleur VILLAMIL, s’est approché et m’a recueilli. On s’est empressé, les marins m’apportant qui une vareuse, qui des souliers, qui un pantalon, et le docteur me soignant.

Peu après, le VILLAMIL a sauvé Olivier et les deux noirs Samba Naminata et Mendy Patro, qui se soutenaient sur un débris de baleinière. Comme moi, ils ont été admirablement traités et soignés. Le commandant espagnol, qui s’appelle Mariano San Juan (ou un nom approchant) nous a interrogés en français, et comme nous lui racontions l’acharnement du sous-marin, nous a dit à plusieurs reprises « Ce sont des sauvages ». Le VILLAMIL a cherché s’il y avait d’autres survivants, puis nous a conduits à Saint Sébastien et remis au consulat.

Voici la signature du second mécanicien Olliet.

Image

Note de l’officier enquêteur sur le second mécanicien OLLIET

Deux des six survivants sont des noirs ne parlant pas français et ne se comprenant même pas entre eux. Je n’ai pu leur parler qu’avec l’aide d’Olivier qui a des notions de leurs dialectes.

Le second mécanicien Raoul Olliet est âgé de 32 ans, breveté et immatriculé au Havre. C’est un garçon solide, intelligent et réfléchi. Sa déposition est extrêmement précise. Il choisit les termes, situe chronologiquement ses souvenirs, se rappelle de la position de la lune, de celle du soleil. Il a tout de suite compris que le bateau était torpillé et en a convaincu son chef mécanicien qui croyait à une avarie de machine. Il s’est occupé de stopper la machine, de mettre à l’eau l’une des baleinières après y avoir fait embarquer son monde. Le canot ayant été éloigné du bord par l’explosion de la 2e torpille, il a mis à l’eau le radeau.
Il a observé le sous-marin, en a retenu tous les détails, la silhouette, la figure du commandant et des hommes qui l’entouraient. A aucun moment, malgré les tentatives sauvages et répétées du sous-marin pour couler son radeau, il n’a perdu son sang froid, sauf un moment où, hors de lui, il lui a crié on mépris, s’exposant à une mort immédiate. Il a soutenu et encouragé ses camarades et ne s’est pas découragé quand un navire est passé près de lui sans le recueillir. Il a nagé vers la côte avec confiance et a été recueilli au bout de 16 heures. Il m’a exposé les faits calmement, insistant moins sur la sauvagerie des Allemands que sur les bons soins reçus sur le VILLAMIL

Déposition du 3e mécanicien Lucien OTZENBERGER

Le 16 Juillet 1918, à 3 milles environ de Zumaya, LYNDIANE a été atteint par une torpille entre la machine et la cale 3. Je me suis levé, ai capelé ma ceinture de sauvetage et suis allé dans la machine. Celle-ci s’était emballée et a été stoppée. L’eau atteignait 30 cm au dessus du parquet. Je suis remonté sur le pont, au moteur TSF qui était mon poste de combat, mais je n’ai pas pu le mettre en route. ? Peu après, une deuxième torpille a atteint le navire par bâbord, entre la cale 2 et la chaufferie et l’arrière du navire s’est enfoncé. On ne voyait pas le sous-marin et on ne pouvait donc songer à tirer au canon.
Le capitaine a donné l’ordre de déborder les embarcations et d’évacuer le navire. Il s’est occupé de l’embarcation tribord dans laquelle nous avons embarqué avec calme et sang froid à une vingtaine. Nous avions débordé lorsque 10 minutes après la 2e torpille, le sous-marin a mis le cap sur nous à la vitesse d’au moins 12 nœuds et a volontairement coupé en deux notre embarcation. J’ai sauté juste avant le choc et ne sais pas ce que sont devenus les autres.
Peu après, le sous-marin a tiré 4 coups de canon sur la passerelle à bâbord et LYNDIANE a coulé en s’inclinant sur tribord, à 20 m de moi, une demi-heure après les coups de canon.

Vers 23h00, j’ai hélé un navire qui m’a dit ne pas avoir d’embarcation de sauvetage. Il a continué sa route après que quelqu’un m’ait dit avec un fort accent espagnol : « Tiens bon, tiens bon ». Plusieurs hommes criaient dans les environs, mais il n’a rien fait pour les sauver.

Vers 03h00 du matin le 17 Juillet, j’ai aperçu le second mécanicien que j’avais vu aller sur le radeau avec le second capitaine et 7 ou 8 hommes, et lui ai demandé : « Qu’est devenu le radeau ? » Il m’a répondu : « Le sous-marin l’a coupé en deux ». Je me suis maintenu sur des épaves jusqu’à 11h30 le 17 Juillet, heure à laquelle le ST LOUIS, un thonier espagnol, m’a recueilli et conduit à Saint Jean de Luz.

J’ai vu le sous-marin de très près. Il n’avait pas d’antenne TSF, pas de mât, un seul canon sur l’avant du kiosque. Il ressemblait beaucoup à l’U 52 dont on m’a montré la photo.

Note de l’officier enquêteur qui a interrogé Otzenberger

Cet interrogatoire apporte des précisions aux renseignements donnés hier par le Sénégalais Saïdou Fall.
C’est par bâbord que LYNDIANE a été torpillé à deux reprises et le sous-marin s’est acharné sur ses victimes en coupant en deux radeau et baleinières qui avaient reçu les survivants.

Le cargo qui a vu Otzenberger à 23h30 aurait pu sauver à ce moment là une dizaine d’hommes dont le capitaine et la passagère. Il serait bon de retrouver ce cargo qui, vu son cap, devait se rendre à Saint Sébastien ou Pasajes. J’ai fait le nécessaire pour être renseigné à ce sujet.

Otzenberger était déjà un rescapé du RUELLE, torpillé le 8 Juillet 1917. (Nota : par l’U 155 du Kptlt Karl Meusel)
Sa qualité d’Alsacien, l’extraordinaire moral qu’il a montré après un bain forcé de quatorze heures trente, le rendent particulièrement intéressant. Je demande pour lui un Témoignage Officiel de Satisfaction.

Déposition du lieutenant Georges OLIVIER

Nous venions de Dakar et faisions route sur Fécamp en longeant la côte espagnole. Nous étions affrétés par le Transit Maritime et avions une cargaison d’arachides et de conserves de bœuf.
Le 17 Juillet, la mer était belle, léger clapotis, excellente visibilité. La veille était assurée par 5 hommes : gaillard, nid de pie, passerelle (2) et pièce arrière. J’étais couché. Deux torpilles ont été lancées. Le capitaine a appelé aux postes de combat. Je suis allé à la cabine TSF, mais n’ai pu mettre le moteur en marche. Le radiotélégraphiste n’était pas là. Puis le capitaine a ordonné l’évacuation. Je suis monté dans l’embarcation tribord avec le capitaine après avoir vérifié que tout le monde encore vivant avait embarqué. Nous étions à 50 m du navire quand le sous-marin est venu sur nous à toute vitesse. L’embarcation a été brisée. Le chef mécanicien et la passagère ont été tués et je ne les ai pas revus. Ensuite, le sous-marin a mis le cap sur le radeau qui portait 5 personnes et a tenté de le couler. Nous étions sur les débris de l’embarcation et, voyant cette grappe d’hommes, le sous-marin est revenu à deux reprises pour tenter de nous couler. J’ai trouvé quelques débris et, aidé par ma ceinture, je les ai assemblés et suis resté dessus avec deux noirs que j’ai installés pour qu’ils résistent. Nous y sommes restés jusqu’à 14h00 et avons été sauvés par le contre-torpilleur espagnol VILLAMIL.
A minuit, le sous-marin est parti vers l’Est en surface après avoir tiré des coups de canon sur LYNDIANE qui n’avait pas encore coulé.
A ma connaissance, il y aurait 9 survivants sur les 42 hommes d’équipage + 2 passagers. Deux noirs qui sont à l’hôpital de Zumaya, 5 hommes qui ont été interrogés à Bordeaux, un passager qui serait revenu en France et moi-même. Le capitaine Laborie était inscrit à Bordeaux, n° 589.

LYNDIANE possédait deux canons de 90 mm, à l’avant et à l’arrière. La pièce de l’arrière a été démolie par la 1ère torpille. Les munitions de l’avant ont été noyées et nous n’avons pu tirer à cause de la gite.

Note de l’officier enquêteur sur le lieutenant Georges OLIVIER (Libourne n° 401)

Georges Olivier, 45 ans, est un marin embarqué sur le LYNDIANE en qualité de lieutenant, faisant le quart sous la responsabilité du commandant. Il a été sérieusement blessé au cours des deux abordages de la baleinière dans laquelle il se trouvait. Il ne s’en est pas rendu compte tout d’abord et n’a ressenti ses blessures qu’au cours de la nuit, crachant le sang et étouffant. Le docteur a constaté une fracture des côtes avec lésion légère au poumon et plaies sur tout le corps.
En ce qui concerne le torpillage et les tentatives faites par le sous-marin pour noyer les survivants, il garde un souvenir très précis, qui concorde sur tous les points avec celui d’Olliet. Après le départ du sous-marin, il a momentanément perdu connaissance et ne se souvient pas du passage d’un vapeur qui a continué sa route sans le recueillir. Il croyait avoir été sauvé par le VILLAMIL, et n’a reconnu son erreur que sur les précisions que lui a rappelé devant moi Olliet.
Plus fruste que son camarade, mais non moins clair et mesuré dans son récit, c’est une intéressante figure de marin modeste, solide, pénétré de son devoir. Il a toujours été à son poste, d’abord à la pièce arrière qu’il a trouvée démolie, puis à la baleinière 1 où il n’a embarqué que juste avant le commandant. Il a eu l’idée d’entrer dans la cabine TSF pour voir si l’opérateur ne s’y trouvait pas et a noté que le commandant avait détruit tous les codes avec soin. Il n’a pas manqué de noter, étant sur le pont, la distance à laquelle le LYNDIANE se trouvait de la côte.

Rapport de la commission d’enquête

Elle reprend les éléments des diverses dépositions. Elle précise :

En dehors des actes de sauvagerie du commandant allemand, la commission signale la conduite inhumaine de tous les navires espagnols qui n’ont fait aucune tentative de sauvetage, soit qu’ils ne possédaient pas de canots de sauvetage (?) –déposition du 3e mécanicien Otzenberger-, soit en se contentant de demander aux naufragés leur nationalité –déposition du 2e mécanicien Olliet-.

La commission précise que sur 42 hommes et 2 passagers, il n’y a eu que 8 survivants, + peut-être un des passagers selon les dires d’un témoin.

Ce torpillage ne donne pas lieu à proposition de récompense. Il est difficile d’affirmer qu’il y ait eu impossibilité de se servir de la pièce avant. Il est regrettable que le navire ne soit pas resté franchement dans les eaux territoriales espagnoles. Peut-être le sous-marin eût-il hésité à l’attaquer.

Note du Ministre de la Marine au Ministre des Affaires étrangères. 2 Septembre 1918


Dans la nuit du 17 Juillet, à hauteur de Guetaria, le vapeur français LYNDIANE a été coulé par un sous-marin allemand. Celui-ci s’est acharné contre ses victimes et a procédé à la destruction systématique par abordage des embarcations et radeaux des naufragés qui, pour la plupart, furent tués ou noyés. Le fait est établi par l’interrogatoire des survivants.

Le récit de ce crime s’est répandu en Espagne et est parvenu aux oreilles de l’Amirauté allemande. Sans attendre des demandes d’explications de notre part, elle a fait passer par Nauen, dès le 17 Août à 10h00 une note qui donne une version inventée de toutes pièces et rejette comme mensongers les témoignages des survivants.

Voici ce que dit Nauen :

« Ces informations sont inexactes. Il ne saurait être question d’une destruction intentionnelle car elle eût été absolument impossible dans l’obscurité. Sur les lieux du sinistre accoururent deux navires, tous feux éteints, probablement des bâtiments de surveillance. Si les canots de sauvetage ont été coulés, avec ou sans intention, eux seuls doivent en porter la responsabilité. Voici l’un des innombrables cas dans lesquels l’ennemi, par mensonges et calomnies, cherche à créer dans les pays neutres un courant d’opinion contre la guerre sous-marine si détestée par lui en raison de son efficacité. »

Les rôles seraient ainsi intervertis et d’accusés, les Allemands deviendraient accusateurs si leur thèse restait sans réfutation et devait être admise comme exacte.

Je vous prie d’adresser d’urgence au Gouvernement Impérial, par l’intermédiaire du Gouvernement Royal espagnol, une protestation énergique contre la conduite inqualifiable du commandant du sous-marin à l’égard de l’équipage de LYNDIANE.
Je vous prie en outre de demander au gouvernement allemand si en agissant comme il l’a fait, ce commandant s’est conformé aux ordres de l’Amirauté allemande, ou si celle-ci désavoue la conduite de son subordonné.
Si l’Amirauté allemande n’ose assumée la responsabilité d’un acte aussi odieux, je vous fait connaître que mon intention formelle est, au cas où les hasards de la guerre mettraient en nos mains cet officier coupable de meurtres, est de le déférer en conseil de guerre au même titre que les soldats assassins.

Signé : Georges Leygues

Réponse du Ministre des Affaires Etrangères. 7 Septembre 1918

Vous m’avez prié d’adresser d’urgence une protestation au Gouvernement allemand contre le torpillage du vapeur LYNDIANE et l’acharnement mis par le sous-marin à noyer et tuer les naufragés. Vous exprimez en outre le désir de me voir demander au Gouvernement allemand s’il entend couvrir ou désavouer la conduite du commandant de ce sous-marin.

Je vous fais connaître que je suis tout disposé à adresser au Gouvernement allemand la protestation que vous souhaitez.

Il est toutefois regrettable que les documents que vous avez joints à votre lettre ne soient pas donnés dans leur intégralité, pour qu’ils puissent être communiqués utilement comme preuves.
J’ajoute que pour adresser une protestation en termes pertinents qui réfutent les allégations de nos ennemis, il est indispensable de connaître l’état de l’atmosphère au moment du naufrage, la présence ou non d’autres navires, patrouilleurs ou cargos, sur les mêmes lieux et aux mêmes heures. Je vous serais obligé de me faire parvenir des documents fournissant avec précision ces indications.

En ce qui concerne la question à poser au Gouvernement allemand pour savoir s’il assume la responsabilité des actes de son sous-marin, elle paraît présenter des contradictions avec nos protestations antérieures sur le même sujet, avec les déclarations nombreuses des alliés et avec la protestation même dont il s’agit dans le cas présent. Toutes ces protestations ont déjà pour base sa responsabilité dans les crimes commis par sa marine de guerre.

Enfin, votre proposition de traduire en conseil de guerre, en cas de capture, et sous l’inculpation d’assassinat, le commandant du sous-marin, elle ne saurait avoir lieu sans une étude préalable de l’attitude adoptée dans des cas analogues. Elle doit être soumise à la Présidence du Conseil et au service des prisonniers de guerre.

Note de la Société Coloniale d’Alimentation Frigorifique au Commissaire à la Marine Marchande

Vous avez pu juger par les rapports des atrocités commises par le sous-marin qui après avoir éperonné baleinières et radeau, s’est efforcé de détruire individuellement chaque survivant.
Deux des officiers avaient déjà été torpillés. Il avait été question d’accorder une récompense à ces deux officiers mécaniciens, mais cela n’a pas eu de suite.

Nous nous permettons de vous demander d’obtenir pour ces trois officiers rescapés la distinction que vous jugerez à propos, peut-être la Médaille Militaire.

Nous serons infiniment reconnaissants pour ce que vous ferez pour ces trois survivants du LYNDIANE.

Signé : G. Le Bobinec, chef d’armement

Notes sur quelques marins du LYNDIANE

LABORIE Edmond. Commandant Etait inscrit à Bordeaux et à bord de LYNDIANE depuis 2 ans.
LE CAIN Yves 2e capitaine. Résidait à Paimpol. C’était son premier voyage sur LYNDIANE

OLIVIER Georges Lieutenant. Inscrit à Lorient, 2401, naviguait depuis le début de la guerre comme officier.

PRAX Emile Chef mécanicien Habitait à Marseille

OLLIET Raoul Second mécanicien Le Havre 6368 A passé 2 ans comme chef mécanicien du patrouilleur EURVIN. Témoignage de satisfaction pour le sauvetage de l’équipage du ROUEN par l’EURVIN. Proposition pour la médaille militaire lors de la perte de l’EURVIN le 7 Mars 1917. Malade après la perte de l’EURVIN. Vient des fusiliers marins.

OTZENBERGER Lucien 3e mécanicien QM mécanicien prêté par l’Etat

CHARRAUD 1er chauffeur de Charente Maritime. Inscrit à Bordeaux

CAGNARD, restaurateur originaire de la Somme habitait à Suresne.

LEGRIS Marcel, Novice, né au Havre, venait d’avoir 16 ans

Il y avait 1 QM canonnier, BERTHELOT Paul, né au Faouet, (Corps retrouvé le 18 Juillet) et 6 canonniers

DUBOIS Louis, né à Bourbon et domicilié au Havre
BILLON Henri, né à Beauvoir et domicilié à Pornic
LE GARS Pierre, né à Penhars
RAQUOIS Henri, né à Beauvoir
BERNATETS Adrien, né à Capbreton (appelé Bernadette par le 2e mécanicien)
TIXIER Michel, né à Volvic
Tous les canonniers ont disparu.

Le radio télégraphiste Louis Rault appartenait au dépôt de Lorient et n’avait que 17 ans. Son corps a été retrouvé le 28 Juillet. Il était le fils d’un second maître électricien qui était décédé suite à un accident.

Le sous-marin attaquant


C’était donc l’UB 103 du Kptlt Paul HUNDIUS.

Les témoignages des survivants sont accablants et prouvent qu’il a commis là, très nettement, un crime de guerre. Un tel comportement est difficilement explicable, car auparavant, il ne s’était pas, semble-t-il, distingué de la sorte.
Alors qu’il commandait l’UC 47, il avait coulé le 26 Avril 1917 le trois-mâts norvégien JOHN LOCKETT qui allait du Havre à Haïti et la Jamaïque, à 25 milles au Sud de Lizard.
Le matelot Olav Johannesen, de ce navire, a rapporté que l’équipage naufragé du voilier fut escorté par les Allemands, à travers une mer rendue dangereuse par le mauvais temps, jusqu’à la côte anglaise. Il déclare que le commandant Hundius et son équipage avaient alors eu un comportement impeccable, risquant même leur propre sécurité alors que rien ne les y obligeait.

Pourquoi, ce commandant avait-il ainsi changé de comportement ? Nous ne le saurons jamais car il fut coulé avec l’UB 103 moins d’un mois plus tard, le 14 Août 1918, et disparut avec tout son équipage. Il a sans doute été touché par une bombe lancée d’un dirigeable anglais, ou a heurté une mine.

Toutefois, Hundius avait débarqué du sous-marin UC 47 le 8 Octobre 1917, et ce submersible avait été coulé, avec tout son équipage, le 18 Novembre suivant au large de Flamborough Head par le patrouilleur anglais P 57. Il avait donc échappé de peu à ce naufrage et avait sans doute perdu tous les camarades de son ancien navire. Peut-être a-t-il alors décidé de se montrer impitoyable. De plus, l’issue de la guerre qui apparaissait de plus en plus problématique pour l’Allemagne, ne devait pas le pousser à une clémence quelconque…

Toujours est-il que le gouvernement allemand couvrit les faits et lui décerna dès le 18 Août, soit 4 jours après sa disparition la Croix pour le Mérite, la plus haute distinction allemande.

Cdlt
olivier

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monn ar gouenn
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par monn ar gouenn » ven. nov. 25, 2016 1:24 pm

Bonjour,

Un complément d'information concernant RAULT Louis Marie Charles :

Le corps de ce matelot a été restitué à sa famille : exhumé d'Espagne, il a été inhumé à Brest (29) le 4 septembre 1928.
Source : Archives départementales du Finistère (29) cote 2R8

Comme ce matelot ne semble figurer sur aucun Monument aux Morts, c'est l'occasion de lui rendre hommage ici.

Cordialement,

Véronique
Cordialement,

Véronique JESTIN

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Yves D
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Re: LYNDIANE ― Cargo ― Société coloniale d’alimentation frigorifique.

Message par Yves D » lun. nov. 28, 2016 11:34 am

Bonjour Olivier, bonjour à tous
Ce que je sais de Paul Hundius (par la lecture de récits de ses camarades de combat), c'est qu'il était du genre fonceur sans doute même parfois impulsif. Il n'avait pas froid aux yeux et semblait n'avoir peur de rien. Cela dit je n'avais jamais auparavant entendu parler d'aucun acte criminel le concernant.
Amts
Yves
www.histomar.net
La guerre sous-marine 14-18, Arnauld de la Perière
et autres thèmes d'histoire maritime.

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