sergent fourrier

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Claude75
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Re: sergent fourrier

Message par Claude75 » ven. déc. 05, 2014 10:37 am

Bonjour à tous,

Je suis le parcours d’un soldat qui m’amène à me poser quelques questions :
Ci-dessous sa situation (source sa fiche matricule)
Engagé volontaire 3 ans en 1904 au 69ème RI sort avec le grade de sergent –fourrier le 30/12/1905
Suite à changement de domicile, change de subdivision (Toul) et effectue une période d’exercices en décembre 1913 au 79ème RI
En conséquences est incorporé le 03/08/1914 au 279ème RI où il reste jusqu’au 21/09/1915
Passe le 22/09/1915 comme canonnier de 2ème classe au 13ème RAC (suit immédiatement, la mention en majuscules D M A FouP rue Lacordaire) après remise volontaire de ses galons (décision de monsieur le général gouverneur de Paris du 22/09/1915).
Terminera la guerre comme canonnier, nommé brigadier en 1916.
Mes questions sont les suivantes :
- Quelles étaient les fonctions d’un sergent fourrier en temps de guerre : restait-il au dépôt pour équiper les groupes d’appelés pour recompléter les pertes du régiment ou était-il mobilisé au front avec sa compagnie soit au cantonnement soit sur la ligne de front ?
- Pour changer d’Arme, la remise volontaire des galons était-elle une pratique courante ?
- Que signifient les initiales D M A F ou P rue Lacordaire, faut-il les relier au 13ème RAC (centre d’instruction par exemple) ou au lieu de la décision prise par le général gouverneur de Paris ?
L’un d’entre vous a-t-il entendu parlé de cette rue Lacordaire pendant le conflit ?
Cordialement
Claude
Claude

GABOLEM
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Re: sergent fourrier

Message par GABOLEM » ven. déc. 05, 2014 12:24 pm

Bonjour à tous,

Je suis le parcours d’un soldat qui m’amène à me poser quelques questions :
Ci-dessous sa situation (source sa fiche matricule)
Engagé volontaire 3 ans en 1904 au 69ème RI sort avec le grade de sergent –fourrier le 30/12/1905
Suite à changement de domicile, change de subdivision (Toul) et effectue une période d’exercices en décembre 1913 au 79ème RI
En conséquences est incorporé le 03/08/1914 au 279ème RI où il reste jusqu’au 21/09/1915
Passe le 22/09/1915 comme canonnier de 2ème classe au 13ème RAC (suit immédiatement, la mention en majuscules D M A FouP rue Lacordaire) après remise volontaire de ses galons (décision de monsieur le général gouverneur de Paris du 22/09/1915).
Terminera la guerre comme canonnier, nommé brigadier en 1916.
Mes questions sont les suivantes :
- Quelles étaient les fonctions d’un sergent fourrier en temps de guerre : restait-il au dépôt pour équiper les groupes d’appelés pour recompléter les pertes du régiment ou était-il mobilisé au front avec sa compagnie soit au cantonnement soit sur la ligne de front ?
- Pour changer d’Arme, la remise volontaire des galons était-elle une pratique courante ?
- Que signifient les initiales D M A F ou P rue Lacordaire, faut-il les relier au 13ème RAC (centre d’instruction par exemple) ou au lieu de la décision prise par le général gouverneur de Paris ?
L’un d’entre vous a-t-il entendu parlé de cette rue Lacordaire pendant le conflit ?
Cordialement
Claude
Bonjour Claude,

Je ne peux répondre qu'à la première de vos questions, et encore très partiellement sans doute.

J'ai fait éditer l'année dernière les carnets rédigés par mon Grand-père durant la période juillet 1914-juillet 1915. Il était alors fourrier au 69ème R.I.
Durant toute cette période, il a participé aux combats du Grand Couronné, de Morhange, du Léomont, de la Somme, d'Ypres et du Labyrinthe près d'Arras. Il a rempli les fonctions d'un fourrier (repérage et préparation des lieux de cantonnement, achats de vivres, approvisionnement, distribution de vêtements, fonctionnement des cuisines, versement de pécules, comptabilité,etc.) tout en accomplissant des fonctions d'agent de liaison (port et/ou déchiffrage de messages et/ou d'ordres d'un point à un autre). Lors des combats, il prenait son fusil et dans de rares occasions un pistolet pour combattre avec ses camarades. Selon sa propre expression, c'était un Maître Jacques, un homme à tout faire. Je présente assez régulièrement le contenu de ces carnets sur les deux blogs suivants (gabolem.tumblr.com et gabolem.canalblog.com). Le livre "Les carnets du sergent fourrier" a été publié par l'Harmattan (http://www.editions-harmattan.fr/index. ... p;no=41720) (indication fournie avec l'accord de Joël Huret, administrateur de ce forum).

Emmanuel GABOLDE
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Claude75
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Re: sergent fourrier

Message par Claude75 » ven. déc. 05, 2014 4:44 pm


Bonjour Claude,

Je ne peux répondre qu'à la première de vos questions, et encore très partiellement sans doute.

J'ai fait éditer l'année dernière les carnets rédigés par mon Grand-père durant la période juillet 1914-juillet 1915. Il était alors fourrier au 69ème R.I.
Durant toute cette période, il a participé aux combats du Grand Couronné, de Morhange, du Léomont, de la Somme, d'Ypres et du Labyrinthe près d'Arras. Il a rempli les fonctions d'un fourrier (repérage et préparation des lieux de cantonnement, achats de vivres, approvisionnement, distribution de vêtements, fonctionnement des cuisines, versement de pécules, comptabilité,etc.) tout en accomplissant des fonctions d'agent de liaison (port et/ou déchiffrage de messages et/ou d'ordres d'un point à un autre). Lors des combats, il prenait son fusil et dans de rares occasions un pistolet pour combattre avec ses camarades. Selon sa propre expression, c'était un Maître Jacques, un homme à tout faire. Je présente assez régulièrement le contenu de ces carnets sur les deux blogs suivants (gabolem.tumblr.com et gabolem.canalblog.com). Le livre "Les carnets du sergent fourrier" a été publié par l'Harmattan (http://www.editions-harmattan.fr/index. ... p;no=41720) (indication fournie avec l'accord de Joël Huret, administrateur de ce forum).

Emmanuel GABOLDE
Bonjour Emmanuel,

Merci de ces précisions : c'est une bonne approche.
Il pouvait apparemmment suivre sa compagnie dans ses déplacements en zone armée et pouvait en cas de besoin faire le coup de feu, si tant est que sa présence n'était pas nécessaire au casernement ou au cantonnement.
En fait derrière cette question, je cherche à saisir l'homme et ses motivations, puisque je ne possède aucun courrier avant son passage dans l'artillerie, encore que peu explicites puisque toutes des C.P. destinées à son neveu agé de 5 ans, plus pour fournir des vues de la France qu' expliciter ses pensées.
Je vais aller de ce pas, consulter les 2 sites que vous m'indiquez pour m'imprégner davantage de la fonction.
Reste les 2 autres questions...
Bien cordialement
Claude

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fred S
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Re: sergent fourrier

Message par fred S » ven. déc. 05, 2014 8:51 pm

Bonsoir Claude,

En fonction des circonstances, le fourrier devançait ou suivait la compagnie dont il était un membre à part entière: En première comme en deuxième ligne, au repos à l'arrière.Il ne pouvait exercer ses fonctions au dépôt ou à l'arrière que si la compagnie s'y trouvait.
Il faisait donc le coup de feu si nécessaire, même s'il s'occupait de l'intendance.

Vous trouverez ici un exemple avec des photos et documents relatifs à Antoine Estrémé, fourrier de la 10e Cie du 83RI de (au moins!) mars 1916 à début 1919.

http://pages14-18.mesdiscussions.net/pa ... 1496_1.htm
Cordialement,
Fred.
Je suis preneur de tous docs ou photos sur le 83ème RI

Claude75
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Re: sergent fourrier

Message par Claude75 » ven. déc. 05, 2014 9:54 pm

[quotemsg=61508,4,12561]Bonsoir Claude,

Il ne pouvait exercer ses fonctions au dépôt ou à l'arrière que si la compagnie s'y trouvait.
Il faisait donc le coup de feu si nécessaire, même s'il s'occupait de l'intendance.

quotemsg]
Bonsoir Fred,

Vous confirmez le message précédent d'Emmanuel pour ce qui est de sa participation au feu dans la zone des armées.
Pourtant une question demeure :
quel fourrier demeure au centre de regroupement (ou de casernement), pour équiper les entrants, chargés de recompléter les pertes du régiments, si chaque fourrier suit sa compagnie en zone armée ? Car je pense que la fonction est indispensable pour équiper les nouveaux incorporés. Et le corollaire, comment fonctionne la compagnie qui a perdu son sergent fourrier, resté au casernement ? Avec le caporal fourrier (faisant fonction) dont votre post révèle l'existence ?

Restent mes 2 autres questions sur la pratique de restitution des galons pour changer d'Arme et de la mention de la rue Lacordaire à Paris. Quel organisme militaire s'y trouvait en 1915 ? Je n'ai rien trouvé sur le NET;
Merci de votre aide
Cordialement
Claude

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fred S
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Re: sergent fourrier

Message par fred S » ven. déc. 05, 2014 10:18 pm

Claude,

J'ai précisé que le fourrier (sergent ou caporal) est un membre à part entière de sa compagnie, où qu'elle se trouve: Il n'est pas en casernement ou au dépôt quand la compagnie n'y est pas, d'autres sous-officiers et officiers se chargent de la prise en mains et de l'instruction des recrues dans ces structures avant leur arrivée dans leur compagnie d'affectation. là, le fourrier peut éventuellement les accueillir et les placer dans telle ou telle section en fonction des besoins du moment, avec l'aval de l'officier commandant la compagnie.



Cordialement,
Fred.
Je suis preneur de tous docs ou photos sur le 83ème RI

Claude75
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Re: sergent fourrier

Message par Claude75 » ven. déc. 05, 2014 10:44 pm

Claude,

d'autres sous-officiers et officiers se chargent de la prise en mains et de l'instruction des recrues dans ces structures avant leur arrivée
FRED,

Cet aspect de l'organisation militaire m'avait échappé : il existe donc à l'échelon du régiment des officiers et s/officiers chargés de l'intendance rattachés au commandement pour s'occuper des nouvelles recrues au dépot.
Donc dès départ en opération, le sergent fourrier suit sa compagnie. C'est cette fois sans ambiguité.
Merci de cette précision.
Claude

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fred S
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Re: sergent fourrier

Message par fred S » ven. déc. 05, 2014 11:08 pm

Avec plaisir Claude.
Cordialement,
Fred.
Je suis preneur de tous docs ou photos sur le 83ème RI

Claude75
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Re: sergent fourrier

Message par Claude75 » sam. déc. 06, 2014 2:56 pm

Bonjour à tous,

Après avoir résolu ma première interrogation sur le rôle du fourrier entemps de guerre, ça ne se bouscule pas sur mes 2 autres interrogations :
1 - la pratique de restitution des galons pour changer d'Arme
2-la mention D M A F ou P rue Lacordaire. Quel organisme militaire s'y trouvait en 1915 ? Je n'ai rien trouvé sur le NET
Sur la fiche matricule la phrase exacte, ponctuation comprise est la suivante :
"Passé le 22 septembre 1915 comme canonnnier de 2ème classe au 13ème Rgt d'artillerie. P.M.A.F. rue Lacordaire Paris, aprés voir fait remise volontaire de ses galons.Décision de Monsieur le Général Gouverneur de Paris du 22 sepbre 1915."
j'en déduis que pour autoriser le changement d'Arme, le Gouverneur de Paris lui a demandé de remettre volontairement ses galons, ce qui me paraît assez logique. Mais, passé cette hypothèse, que veulent dire ces 4 initiales suivant la mention du 13ème RAC ? Une école de préparation à l'artillerie située rue Lacordaire, en plein Paris? Tentant, mais peu probable, sauf s'il s'agit de théorie basique.
Cordialement
Claude
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b sonneck
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Re: sergent fourrier

Message par b sonneck » lun. déc. 22, 2014 11:49 pm

Bonjour,

Quelques précisions en ce qui concerne les sous-officiers chargés des fonctions administratives dans les compagnies d'infanterie.
Dans chaque compagnie, il y avait, à côté des 4 sections de combat, une petite équipe, chargée d'aider le capitaine dans l'exercice de ses responsabilités administratives :
- le sergent-major, qui tenait les écritures et la caisse de la compagnie, payait la solde des hommes, etc., en relation avec le trésorier du régiment.
- le sergent-fourrier, qui tenait le magasin d'habillement de la compagnie, gérait le matériel de campement, de couchage et l'ameublement, procédait en campagne à la perception des denrées et à leur distribution aux sections, etc.
Pour ce qui concerne le 13e régiment d'artillerie, il était chargé, entre autres, du service automobile du Gouvernement militaire de Paris.
La remise de galons était une pratique courante pour celui qui postulait pour un changement d'arme. L'arme d'accueil n'était pas obligée d'accepter l'intéressé dans son grade et pouvait lui imposer de repartir du bas ; quitte à le nommer très rapidement à un grade équivalent à celui qu'il avait abandonné, s'il faisait l'affaire et s'il avait acquis les connaissances techniques nécessaires dans sa nouvelle arme. Cela se faisait également avant guerre au sein d'une même arme, pour passer dans un régiment plus attractif : d'un de métropole à un régiment d'Afrique par exemple.
Cordialement
Bernard

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