SNETINDEN Vapeur norvégien

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olivier 12
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SNETINDEN Vapeur norvégien

Message par olivier 12 » jeu. oct. 03, 2019 8:44 am

Bonjour à tous,

SNETINDEN

Vapeur norvégien construit sous le nom de HILLBROOK en 1896 au chantier Hamilton de Glen Yard.
2859 tx JB 1731 tx JN. Longueur 94,5 m. Largeur 13 m. 1 hélice. 9 nœuds
Indicatf WKNC

1896 HILLBROOK SS Hillbrook Co Ltd Liverpool
1899 ASTARLOA Cia Naviera Zuria Bilbao
1915 ASTARLOA D/S A/S Rask Augesund
1915 ASTARLOA Eriek Grant Lea Bergen
1916 ASTARLOA Johan Rasmussen Sandefjord
1916 SNETINDEN A/S D/A Snetinden Bergen

Voici ce navire sous le nom d’ASTARLOA

Image

La perte de SNETINDEN

Le navire allait de Saint Nazaire à Montréal sur lest.
Non armé.
Capitaine Sigurd MARTINESSEN
2e capitaine Albert Olaf INSELSETH (de Bergen)
3e mécanicien Knud KNUDSEN (de Bergen)
Timonier Wilhelm SORENSEN (de Tonsberg)

Rapport du capitaine

Le 20 Octobre à 14h00 le navire se trouvait par 45°35 N et 11°16 W quand un sous-marin émergea à 2,5 milles par tribord. Il ouvrit le feu sur SNETINDEN qui ne portait pas de pavillon
Au premier coup de canon, la machine fut stoppée et ordre fut donné à tout le monde d’embarquer dans les canots. Pendant qu’on les mettait à la mer, le sous-marin continua à tirer et l’embarcation de tribord faillit être touchée. Un obus tomba entre elle et le navire et la colonne d’eau causée par la chute de l’obus inonda tout le monde dans le canot qui fut ébranlé et où se produisit une voie d’eau. Il fallut ensuite pomper en permanence et deux hommes pour écoper. Un obus traversa la cheminée et un autre la cambuse. Quand tous les hommes eurent pris place dans les canots, quelques obus tombèrent dans le voisinage.

Quatre hommes du sous-marin, dont l’officier en second, sautèrent dans l’embarcation tribord et se firent conduire à bord du SNETINDEN où ils disposèrent 4 bombes qu’ils avaient prises avec eux. Ils s’emparèrent du chronomètre du navire et de quelques cartes. L’officier du sous-marin dit au capitaine que la vie à bord du sous-marin était très rude. Il fallait que les hommes de quart dans le kiosque soient attachés avec des fils de fer. Tous souhaitaient voir la guerre bientôt finir. Tous les hommes du sous-marin étaient très jeunes : entre 20 et 24 ans. L’attitude des Allemands fut d’ailleurs correcte.
Dix minutes plus tard, les bombes firent explosion et le navire commença à couler lentement. Comme il ne disparaissait pas assez vite, les Allemands tirèrent à nouveau 16 coups avec leurs deux canons.
On mit à la voile. Il ventait grand frais et la mer était grosse. On mit cap au SE pour atteindre la terre la plus proche. A la tombée de la nuit, on n’apercevait plus au dessus de l’eau que le sommet des mâts et la cheminée du SNETINDEN.

Le sous-marin avait une longueur de 180 pieds et portait deux canons. Les officiers parlaient correctement anglais. Ils nous demandèrent si nous n’avions pas vu venir la torpille. Elle avait probablement manqué son but, car personne de l’avait aperçue.

Dans la nuit le vent tomba et nous nous mîmes aux avirons. Puis il fraîchit à nouveau et nous rétablîmes la voilure, cap au SSE. Après 3 jours de navigation, nous aperçûmes la terre, droit devant. On se dirigea vers la pointe la plus rapprochée, Carino. Les deux embarcations avaient navigué de conserve. Tous les papiers du bord ont été confisqués par le sous-marin.

Rapport du second capitaine

Olaf Inselseth est né le 10 Octobre 1892 à Bergen. Il venait de fêter son 25e anniversaire. Il était de quart quand le sous-marin signala sa présence en ouvrant le feu. Il envoya deux obus et plongea. Il reparut quelques minutes plus tard et envoya 7 à 8 coups dont un traversa la cheminée et un fit sauter la claire-voie de la cambuse qui dut être très endommagée. Il commanda le canot de bâbord dans lequel se trouvaient 13 hommes. Les Allemands ne tirèrent pas sur son canot. La navigation vers la terre s’effectua dans des conditions relativement bonnes. Les capots dont étaient munies les embarcations furent d’une grande utilité. Tout le monde avait son vêtement ciré et personne ne souffrit du froid. Il y avait des vivres en abondance : 120 boites de conserves, pain et eau douce en quantité plus que suffisante. Les hommes n’ont pas souffert de cette navigation de trois jours. Les canots possédaient d’excellents compas. En revanche, on n’avait aucune carte, car les Allemands s’en étaient emparées.
L’équipage n’a rien pu sauver de ses effets. Lui-même a tout perdu et estime cette perte à mille couronnes.

Rapport du 3e mécanicien

Knud Knudsen est né le 29 Décembre 1889 à Bergen. Il était de quart dans la machine quand le sous-marin est apparu. La machine fut stoppée et le témoin entendit des coups de sirène. Il crut que l’on portait secours à un navire ou à une embarcation. Il resta à son poste, mais les chauffeurs remontèrent sur le pont. Il se trouva donc seul. Soudain, il entendit un coup de canon et comprit ce qui se passait. Il remonta sur le pont et vit que l’on mettait les canots à la mer. Il s’était écoulé 3 ou 4 minutes depuis l’arrêt de la machine. Son canot fut inondé par la gerbe d’eau d’un obus et il fallut ensuite pomper en permanence. Mais on parvint ainsi à le maintenir étanche. La navigation s’effectua dans de bonnes conditions. Il n’a pu sauver le journal de la machine. Il a perdu tous ses effets ce qui représente 700 à 800 couronnes.

Tous les interrogatoires ont eu lieu au consulat de Norvège à Bilbao, en présence du consul général Johannes SOMME et du capitaine au long cours Hans ANDREANESEN, ex-capitaine du LOUIS BOSSERT.

Le sous-marin attaquant

C’était l’U 22 du Kptlt Hinrich Hermann HASHAGEN

Cdlt
olivier

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