ROSSIGNOL - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Rutilius
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ROSSIGNOL — Patrouilleur, ex-baleinier suédois Odin.

Message par Rutilius » lun. juil. 08, 2019 8:00 am

Bonjour à tous,

Rossignol — Patrouilleur, ex-baleinier suédois Odin (1916~1919).

Le patrouilleur Rossignol fut administrativement considéré comme bâtiment armé en guerre :

— du 14 novembre 1916 au 10 décembre 1917 ;
— du 7 février au 27 septembre 1918 ;
— du 1er au 27 décembre 1918 ;
— du 17 mai au 24 octobre 1919, date de cessation des hostilités.

[Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720 et 762.].
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Memgam
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Re: ROSSIGNOL - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien

Message par Memgam » lun. juil. 08, 2019 11:26 am

Bonjour,

"Le 7 octobre 1917, le Rossignol recueille à cinq milles de Penmarch, une embarcation avec quatre hommes du trois-mâts Saint Jean, coulé à 420 milles à l'ouest d'Ouessant."

"Le 4 novembre 1917, vers 7 heures du soir et par nuit obscure, le Rossignol se trouvait avec les pêcheurs de Port-Louis, à environ 3 milles au sud du phare des Cardinaux, lorsque le bateau n°933 de Lorient, relevant son chalut, aperçut, au milieu des poissons frétillants qu'il ramenait, la masse noire d'une superbe mine allemande. Il prévint aussitôt le chef d'escorte qui, après avoir fait évacuer le bateau par son équipage, le prit en remorque pour le conduire devant une plage de Belle-île en vue d'y échouer la mine.
Vers 9 h 15, la machine du Rossignol stoppe subitement, et le matelot fusilier Morio, envoyé dans le youyou du dundee constate qu'une seconde mine est prise à moins de trois mètres de la fesse du patrouilleur, montrant trois de ses perfides antennes à la surface de la mer. A travers l'eau phosphorescente, il distingue l'orin de la mine raidi et venant de l'arrière, engagé dans une branche de l'hélice.
Sur les indications du courageux marin, la machine est virée alternativement en arrière et en avant, mais toutes les tentatives sont vaines, et le pauvre baleinier reste immobilisé, flanqué du bateau dont il a pris la remorque. Le patron lance un S.O.S. qui met en émoi tous les postes de T.S.F., et de toutes parts des bâtiments de patrouille volent à son secours, sans le trouver d'ailleurs, par suite d'une erreur dans l'indication de sa position. Pendant de longues heures qui paraissent interminables, l'équipage reste ainsi en suspens, s'attendant à être expédié ad patres d'une seconde à l'autre ; mais l'idée ne vient pas à ces braves gens d'abandonner leur navire, dont ils espèrent le salut d'un hasard miraculeux.
Ce miracle se produit heureusement. Ce que les hommes n'ont pu obtenir de leurs manoeuvres, le renversement de marée le produit, et tout à coup le Rossignol part à la dérive : la mine s'est dégagée d'elle-même, et, phénomène encore plus inexplicable, celle du chalut a également disparu. Les condamnés poussent un "ouf !" de soulagement et chacun se félicite d'un dénouement aussi heureux. Il n'en reste pas moins que l'entrée sud du couteau de Belle-île est minée pour la quatrième fois, ce qui met du pain sur la planche pour les dragueurs de l'escadrille."

Source : Marcel Rondeleux, L'apogée de la guerre sous-marine, 1917-1918, Les éditions de France, 1937.

Cordialement.
Memgam

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