Bonjour,
Complément de documentation sur les Gallois à Mametz. Le texte de Michael Palin ci-dessus évoque "une bataille féroce au cours de laquelle 4000 hommes ont été tués ou blessés". Quelques éléments de contexte.
Communiqués britanniques — publiés dans la presse le Mercredi 12 juillet 1916.
La nuit dernière, après un fort bombardement, notre infanterie a donné l'assaut et repris CONTALMAISON, faisant 199 prisonniers valides, dont un chef de bataillon et quatre autres officiers.
Une violente contre-attaque allemande pendant la nuit a été repoussée avec de grosses pertes pour l'ennemi. Tout le village est maintenant entre nos mains. Plus à l'est, nous avons enlevé plusieurs lignes de tranchées dans le bois de MAMETZ, et la plus grande partie de ce bois est en notre possession. Nous y avons pris un gros obusier, plus trois canons de campagne et fait 295 prisonniers valides, dont 3 officiers.
Le combat est toujours violent dans le bois des TRÔNES.
Les combats aériens ont continué ; un de nos avions a été abattu par un canon allemand et trois de nos appareils ne sont pas revenus.
20 heures. Au bout de dix jours et dix nuits de luttes incessantes, nos troupes ont achevé la conquête méthodique de la totalité des défenses ennemies sur un front de treize kilomètres. Ces défenses comportaient un système complet de nombreuses tranchées de première ligne, de soutien et de réserve. La profondeur des lignes variait entre deux et quatre kilomètres, et elles englobaient cinq villages particulièrement bien fortifiés, des bois garnis de réseaux de fils de fer et de tranchées, un grand nombre de redoutes puissamment organisées. La conquête de chacun de ces éléments représente une opération importante. Ils sont actuellement tous entre nos mains.
Les Allemands qui avaient repris le bois des TRÔNES au prix de six assauts sanglants, ne l'ont pas conservé longtemps. Nous avons regagné aujourd'hui le bois presque en son entier. Seul, l'extrême point nord n'est pas encore en notre possession.
Ces diverses opérations nous ont valu, en dehors des canons cachés dans les maisons ou sous les décombres, vingt-six pièces de campagne, un canon de marine, un canon antiaérien, un obusier lourd, et un chiffre total de sept mille cinq cents prisonniers.
Communiqué officiel britannique, publié le 13 juillet 1916.
12 heures 45
Depuis le début de la bataille, l'ennemi a reçu d'importants renforts. Il a dirigé hier et la nuit dernière de fortes attaques contre plusieurs de nos nouvelles positions. Ces attaques ont été repoussées, avec pertes pour les Allemands, sur tous les points sauf au bois de MAMETZ et au bois des TRÔNES, où nous avons cédé un peu de terrain.
Entre le front principal de bataille et la mer, nous avons activement bombardé les positions de l'ennemi et exécuté divers coups de main dans ses lignes. Au sud-est de LOOS, un groupe de « Royal Irish Fusiliers » a pénétré dans un point fortement défendu des tranchées allemandes. Pendant son séjour de vingt minutes, un violent combat s'est déroulé, entraînant de nombreuses pertes pour l'ennemi et des pertes légères pour nous-mêmes.
Deux compagnies de « Seaforth Highlanders » sont entrées dans une autre partie des tranchées ennemies à la suite d'un combat violent. De nombreux Allemands ont été tués ou blessés, une mitrailleuse détruite et plusieurs abris bien garnis d'hommes attaqués avec succès à la grenade. Nous avons ramené quelques prisonniers.
Plusieurs engagements aériens ont eu lieu le 10. Un appareil allemand a été descendu, Nous avons perdu de notre côté un aéroplane.
20 heures
La journée a été marquée par de vifs engagements locaux dans certains secteurs, Dans le bois de MAMETZ, nous avons reconquis tout le terrain perdu la nuit dernière et nous occupons maintenant la totalité du bois. Nous avons aussi fait quelques progrès dans le bois des TRÔNES. Les Allemands ont laissé dans ces parages un très grand nombre de cadavres, qui montrent que leur attaque de la nuit dernière leur a coûté cher. Deux violentes attaques allemandes contre CONTALMAISON ont été complètement brisées par notre feu.
Traduction du JMO du 14e bataillon Royal Welsh Fusiliers, référence WO 95/2555/2 aux archives nationales britanniques.
10 juillet 1916
Attaque du BOIS DE MAMETZ. Le 16e Royal Welsh Fusiliers se porta à l’attaque à 4 h 12 du matin et, à ce moment, nos compagnies A et C s’étaient formées en quatre lignes derrière le 16e R.W.F. et suivirent à proximité, en arrière.
À ce moment, la 114e Brigade sur notre droite n’était pas visible, mais, tandis que le bataillon pénétrait dans le creux de terrain près du chemin de fer, quelques bataillons de la 114e Brigade traversèrent notre front de gauche à droite. Cela provoqua une certaine confusion, mais n’arrêta pas la progression.
Dès que notre ligne arriva à moins de 200 mètres de la lisière du bois, elle fut soumise à un feu nourri de fusils et de mitrailleuses et subit de lourdes pertes, particulièrement parmi les officiers et les gradés.
À 150 mètres environ du bois, alors que la grande allée courait du N. au S. en face de notre droite, un certain nombre d’hommes des lignes précédentes refluèrent sur nous en criant : « Repliez-vous ! »
À ce moment, le major GWYTHER, commandant le 14th R.W.F., fut blessé et le major R.H. MILLS fut tué. La pression exercée vers l’arrière était considérable et le capitaine J. GLYNN JONES donna l’ordre de se reformer dans un creux de terrain à 150 mètres de la lisière du bois et de s’y retrancher. Cela fut exécuté et un compte rendu fut envoyé à la brigade.
Environ une heure plus tard, on aperçut certains de nos hommes progressant sur la gauche, le long de l’étroite bande de bois où se trouvait STRIP TRENCH. Il s’agissait de nos compagnies B et D et du 15e R.W.F.
À ce moment, des prisonniers arrivaient en assez grand nombre par la gauche et un drapeau blanc fut aperçu près de l’entrée de la grande allée. Ceux-ci furent examinés et l’on constata que la lisière du bois était assez dégagée ; il fut alors décidé d’y pénétrer. Cela fut fait et le premier objectif fut atteint.
Le sous-lieutenant STORK, le sergent-major P. THOMPSON et le Cpl. PUDNER furent envoyés en patrouille pour reconnaître le bois. Ils signalèrent que celui-ci était libre sur 200 mètres, sauf dans la direction de WOOD SUPPORT. Ce renseignement fut communiqué au C.O. du 15e R.W.F. et nous reçûmes l’ordre de nous retrancher sur place.
La ligne était alors très dense et les bataillons fortement mélangés ; lorsque l’ennemi tenta une petite contre-attaque venant de WOOD TRENCH, une grande partie de notre feu de mitrailleuses et de fusils fut masquée et une quantité considérable de notre feu efficace fut ainsi perdue. La contre-attaque fut toutefois facilement repoussée.
Le bataillon fut alors réorganisé, mais, en raison des pertes subies parmi les officiers et les sous-officiers, cette tâche fut difficile. Certains hommes furent donc ramenés dans la ligne dans laquelle nous nous étions retranchés vers 5 h 00.
11 juillet
Nous demeurâmes dans cette position pendant la nuit du 10 au 11 juillet ; pendant ce temps, les traînards furent regroupés et les tentatives de relève par des hommes d’autres unités furent empêchées.
Vers midi, le G.O.C. de la 113e Bde. nous donna l’ordre de monter en réserve au 1er carrefour, en vue d’une attaque qui devait être organisée dans l’après-midi.
Vers 16 h 00, nous reçûmes l’ordre de renforcer le 11e South Wales Borderers, à 200 mètres au nord-est de la deuxième allée courant d’E. en O. à travers le bois. À ce moment, nous fûmes soumis au tir de nos propres shrapnels.
Le 11e S.W.B. avait progressé jusqu’au point indiqué et nos hommes furent engagés en file, en colonnes parallèles, pour le renforcer. Les groupes de droite rencontrèrent le 11e S.W.B. en retraite, mais ils continuèrent à avancer jusqu’à une ligne située à 50 mètres de la lisière du bois.
Ils s’y retranchèrent et une ligne fut tenue depuis la grande allée vers l’E. sur une longueur de 300 mètres, les flancs étant protégés par des mitrailleuses Lewis.
Environ une demi-heure plus tard, les éléments du 14e R.W.F., sous les ordres du capitaine WHELDON, qui attendaient l’ordre de renforcer juste au sud du bois, arrivèrent et prolongèrent la ligne sur la droite. Quelques minutes plus tard, le capitaine HARDWICK et des hommes du 13e R.W.F. arrivèrent et tinrent la ligne sur la gauche, la prolongeant encore de ce côté.
Une bonne quantité de munitions et de bombes fut amenée.
Vers 22 h 00, le capitaine J. GLYNN JONES rendit compte de la situation au G.O.C. de la 115e Bde. Celui-ci ordonna à la ligne de se replier vers le S., jusqu’au 1er carrefour du bois.
Cela fut exécuté et nous y demeurâmes jusqu’à notre relève par les WARWICKS à minuit.
Pendant toute cette période, l’ennemi maintint un violent barrage au S. du bois, tandis que notre artillerie en établissait un au N. du bois.
Transcription original anglais:
10th July 1916: "Attack on MAMETZ WOOD. The 16th R.W.F moved off to attack at 4.12 a.m. and at that time our A & C Companies had formed up in four lines behind the 16th. R.W.F and followed up near them in the rear. At that time the 114th. Bde. on our right could not be seen but as the Battalion was moving into the Hollow by the Railway, some Battalions of the 114th Brigade crossed our front from the left. This caused some confusion but did not stop the advance.
As soon as our line got within 200 yds of the front of the wood they were subjected to heavy rifle and Machine Gun fire, and suffered heavy casualties particularly in officers and Senior N.C.O's. When within 150 yds of the wood with the main ride running N & S opposite our right, a number of men from the preceding lines retired back on us shouting "Retire".
At this stage Major GWYTHER commanding 14th R.W.F. was wounded and Major R.H. MILLS was killed. The pressure backwards was great and Capt. J. GLYNN JONES gave the order to reform in a hollow 150 yards from the front edge of the wood and dig in. This was done and a report sent to Bde. About an hour later some of our men were seen advancing on the left along the narrow strip of wood in which runs strip trench. There were our B & D Companies and the 15th. R.W.F. At this time prisoners in some numbers were coming from the left and a white flag was shown up near the entrance to the main ride. These were investigated and it was found that the front of the wood was fairly clear and it was decided to move in. This was done and the front objective was reached.
2/Lt. STORK, C.S.M P. THOMPSON and Cpl PUDNER were sent out as a patrol to search the wood. They reported it clear for 200 yds except in the direction of WOOD SUPPORT. This was reported to the C.O. 15th R.W.F. and we received orders to dig in where we were. The line was very thick at this time and Battalions much mixed up & when enemy threatened a small counter attack from WOOD TRENCH much of our M.G. and rifle fire was masked and a great deal of effective fire was lost. The counter attack was however easily repulsed. The Battn was then reorganised but owing to casualties among officers and N.C.O's this work was difficult. Some men were therefore moved back into the line into which we had dug in at about 5.0 a.m.
11th july: We remained in this position during the night of the 10/11 July during which time stragglers were formed and attempts to relieve by men of other units were frustrated.
About noon the G.O.C. 113th Bde ordered us up as a reserve at 1st cross ride to an attack that was being organised that afternoon.
About 4 p.m. we had orders to reinforce the 11th S.W.B. 200 yds to the North East of the second ride running E and W across the wood. At this time we were subjected to our own shrapnel fire. The 11th S.W.B. had pushed in to a point mentioned and our men were moved in file in parallel columns to re-inforce. The parties on the right met the 11th S.W.B.s retiring but they moved up to a line 50 yds from the front edge of the wood.
There they dug themselves in and a line was held extending from main ride to the E for 300 yds, the flanks being protected by Lewis Guns.
About half an hour later the Details, 14th R.W.F. under Capt WHELDON, who had been awaiting the order to reinforce just south of the wood came up and extended the line on the right and a few minutes later Capt. HARDWICK and men of the 13th R.W.F. arrived and held the line on the left & still further extended it on the left. A good supply of ammunition and bombs was brought up.
About 10.0 p.m. Capt. J. GLYNN JONES reported the situation to G.O.C. 115th Bde. and he ordered the line to retire to the S. to the 1st cross ride in the wood. This was done and we stayed there until relieved by the WARWICKS at midnight. During the whole period there was a heavy barrage on the S. of the wood by the enemy and on the N. of the wood by our Artillery."
Un témoignage :
« Ma première expérience de la nature obstinément impénétrable des broussailles survint lorsque je tentai de quitter l’allée principale pour échapper à un violent bombardement. Je ne parvins pas à m’y frayer un passage et je dus revenir sur l’allée principale. Des années d’abandon avaient transformé le bois en une formidable barrière, profonde d’un kilomètre et demi.
Le violent bombardement de l’extrémité sud avait couché une partie des jeunes pousses, mais il avait également projeté des arbres et de grosses branches qui formaient une barricade. Du matériel, des rouleaux de fil de fer barbelé, des boîtes de conserve, des masques à gaz et des fusils gisaient partout. Il y avait plus de cadavres que d’hommes, mais il y avait des spectacles plus atroces encore que les cadavres. Des membres et des troncs mutilés, çà et là une tête détachée, formant des éclaboussures rouges sur les feuilles vertes ; et, comme pour proclamer l’horreur de notre manière de vivre et de mourir, ainsi que notre crucifixion de la jeunesse, un arbre portait dans ses branches une jambe, dont la chair déchirée pendait au-dessus d’une touffe de feuillage.
Ces images sont si tenaces dans la mémoire que je ne peux jamais sentir l’odeur du bois vert fraîchement coupé sans voir resurgir la vision de cet arbre exhibant un membre humain. Un message était alors en route vers quelque paisible village du pays de Galles, vers une ferme grise sur le versant d’une colline descendant jusqu’à la baie de Cardigan, ou vers la maison d’un mineur dans une vallée du sud du pays de Galles : une nouvelle de mort, que l’on ne pouvait, en ce siècle avancé de l’ère chrétienne, associer à une telle manière de tuer …
La mort avait été déformée, transformée d’une chose empreinte de tristesse en une horreur hurlante, qui ne se contentait pas d’arracher la vie à son enveloppe, mais piétinait avec une fureur insensée le coffret dévalisé que nous appelons un cadavre. »
Llewelyn Wyn Griffith (capitaine 15e Royal Welsh Fusiliers), Up to Mametz and Beyond, 1931. Traduit de l'anglais.
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La bataille de la Somme
Re: La bataille de la Somme
Dernière modification par Ingouf le lun. sept. 21, 2026 4:10 pm, modifié 3 fois.
Re: La bataille de la Somme
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Traduction d'un extrait du récit de Robert Graves, arrivé à Mametz après la bataille. Le "Siegfried" dont il parle n'est pas un Allemand mais son camarade le poète anglais Siegfried Sassoon.
Quatre jours après le raid, nous traversâmes Béthune, désormais fort endommagée et presque déserte, pour gagner Fouquières, où nous embarquâmes dans le train à destination de la Somme. La tête de ligne de la Somme se trouvait près d’Amiens, et nous poursuivîmes par étapes tranquilles à travers Cardonnette, Daours et Buire jusqu’à ce que, dans l’après-midi du 14 juillet, nous atteignîmes l’ancienne première ligne, près de l’endroit où David Thomas, Richardson et Pritchard avaient été tués. Le front avait progressé de trois kilomètres.
À quatre heures du matin, le 15 juillet, nous rejoignîmes la route Méaulte–Fricourt–Bazentin, qui traversait la « Happy Valley », et nous atteignîmes la zone des combats plus récents. Dans la demi-obscurité, les blessés et les prisonniers affluaient en sens inverse. Les chevaux et les mulets morts me bouleversèrent ; les cadavres humains, passe encore, mais il me semblait injuste de traîner ainsi les animaux dans la guerre. Nous marchions par sections, à cinquante mètres les unes des autres. Juste au-delà de Fricourt, un barrage d’artillerie allemand rendit la route impraticable ; nous la quittâmes donc et avançâmes à travers un terrain profondément criblé de trous d’obus jusqu’à huit heures, lorsque nous nous trouvâmes à la lisière du bois de Mametz, au milieu des morts de nos propres bataillons de la New Army qui avaient contribué à sa conquête.
Nous nous arrêtâmes là dans un épais brouillard. Les Allemands avaient employé des obus lacrymogènes, et le brouillard retenait les émanations, nous faisant tousser. Nous essayâmes de fumer, mais nos cigarettes avaient un goût de gaz ; nous les jetâmes donc. Plus tard, nous nous traitâmes nous-mêmes d’imbéciles, car c’étaient nos gorges, et non les cigarettes, qui étaient atteintes.
Lorsque le brouillard se dissipa, nous aperçûmes un canon allemand sur lequel était inscrit à la craie : « First Battalion Royal Welch Fusiliers » — manifestement un trophée. Je me demandai ce qu’étaient devenus Siegfried et mes amis de la compagnie « A ». Nous trouvâmes le bataillon tout près, installé en bivouac ; Siegfried était toujours vivant, de même qu’Edmund Dadd et deux autres officiers de la compagnie « A ».
Le bataillon avait connu de violents combats. Lors de sa première attaque, à Fricourt, il avait submergé l’unité allemande qui lui faisait face, le 23e régiment d’infanterie, lequel effectuait dans les tranchées une période disciplinaire particulière : un officier d’état-major chargé d’une inspection, passant par là, avait découvert que tous les officiers s’étaient réfugiés dans un profond abri à Mametz, au lieu de se trouver dans les tranchées avec leurs hommes. Edmund Dadd me raconta que, pendant toute la mauvaise passe de mars, il n’y avait pas eu en face de nous un seul soldat allemand d’un grade supérieur à celui de caporal.
L’objectif suivant du bataillon était le « Quadrangle », un petit bosquet situé de ce côté-ci du bois de Mametz, où Siegfried s’était particulièrement distingué en s’emparant à lui seul d’un front de bataillon que le Royal Irish Regiment n’avait pas réussi à prendre la veille. Il était parti en plein jour avec des grenades, sous le feu de couverture de deux fusils environ, et avait fait fuir les occupants.
Exploit parfaitement gratuit, puisqu’au lieu de demander des renforts par signal, il s’assit dans la tranchée allemande et se mit à lire un livre de poèmes qu’il avait emporté avec lui. Lorsqu’il revint finalement, il ne fit même pas de rapport. Le colonel Stockwell, qui commandait alors, entra dans une rage folle.
L’attaque du bois de Mametz avait été retardée de deux heures parce que l’on signalait encore la présence de patrouilles britanniques à l’extérieur.
Les « patrouilles britanniques », c’étaient Siegfried et son livre de poèmes.
« Je vous aurais obtenu le D.S.O., si seulement vous aviez fait preuve d’un peu plus de bon sens », tonna Stockwell.
Siegfried accomplissait des exploits héroïques depuis mon départ du bataillon. Dans la 7e Division, son surnom était « Mad Jack ». Il avait obtenu la Military Cross pour avoir ramené un caporal-chef blessé depuis un entonnoir de mine proche des lignes allemandes, sous un feu nourri.
Cette fois, je le manquai : il se trouvait auprès du train, où il bénéficiait d’un peu de repos. Mais je lui fis remettre, par l’un de nos hommes du train, une lettre en vers sur les moments que nous allions passer ensemble lorsque la guerre serait terminée : comment, après un séjour de repos à Harlech, nous partirions visiter le Caucase, la Perse et la Chine ; et quels merveilleux poèmes j’écrirais. C’était une réponse à une lettre en vers qu’il m’avait écrite quelques semaines auparavant depuis l’École militaire de Flixecourt. (Elle figure dans The Old Huntsman.)
Je partis me promener avec Edmund Dadd, qui commandait maintenant la compagnie « A ».
« Ce n’est pas juste, Robert, commença Edmund d’un ton plaintif. Tu te souviens que la compagnie “A”, sous Richardson, était toujours la meilleure du bataillon ? Eh bien, elle a conservé sa réputation, et Stockpot nous fourre en tête de colonne à chaque opération. Nous atteignons nos objectifs et nous les tenons, alors il faut toujours recommencer la fois suivante. Le pire, c’est qu’il me croit indispensable ; il me fait passer à l’attaque chaque fois, au lieu de me laisser souffler et de donner son tour à mon adjoint. J’ai participé à cinq opérations en un peu plus de quinze jours, et je ne pourrai pas continuer à avoir autant de chance bien longtemps. Stockpot est à peu près mûr pour son C.B. Apparemment, la compagnie “A” veille à ce qu’il l’obtienne. »
Les deux jours suivants, nous les passâmes en bivouac à l’extérieur du bois de Mametz.
Nous étions en tenue de campagne et avions froid la nuit ; je pénétrai donc dans le bois pour y chercher des capotes allemandes qui pouvaient nous servir de couvertures. Il était rempli de cadavres de réservistes de la Garde prussienne, de grands gaillards, et de cadavres de soldats des Royal Welch et des South Wales Borderers appartenant aux bataillons de la New Army, de petits hommes. Pas un seul arbre du bois n’était resté intact.
Je rassemblai mes capotes et repartis aussi vite que possible, en me frayant un chemin à travers les débris des branches vertes. À l’aller comme au retour, par l’unique passage praticable, je passai devant le cadavre gonflé et nauséabond d’un Allemand, le dos appuyé contre un arbre. Il avait le visage vert, portait des lunettes et avait les cheveux coupés très court ; du sang noir coulait de son nez et de sa barbe.
Je rencontrai encore deux cadavres que je n’ai jamais oubliés : un homme des South Wales Borderers et un homme du Lehr-Regiment avaient réussi à se transpercer simultanément à la baïonnette.
Un survivant des combats me raconta plus tard qu’il avait vu un jeune soldat du 14th Royal Welch transpercer un Allemand à la baïonnette avec les gestes appris à l’exercice, en lançant machinalement : « In, out, on guard ! ».
Traduit de Goodbye to All That, Robert Graves 1929.
Traduction en langue française. Ce discours aux troupes a été prononcé en anglais et en langue galloise.
Vous allez prendre part à une grande lutte. Je sais les dangers auxquels vous allez devoir faire face. Vous les affronterez en hommes.
Les hommes de la division à laquelle vous avez l’honneur d’appartenir font honneur à leur race. Ils ont eu à accomplir une tâche très difficile dans la Somme, au cours de cette grande bataille. Ils ont beaucoup accompli, à leur honneur et à celui du pays auquel ils appartiennent.
L’attaque du bois de Mametz fut l’une des entreprises les plus difficiles qui aient incombé à une division. Elle fut confiée à la Division galloise, qui en chassa l’ennemi. D’un bout à l’autre du bois, il ne reste maintenant plus un seul Allemand vivant. Il a été repoussé bien au-delà, et ce sera votre tâche de le repousser encore plus loin. Je pense qu’avec le temps, vous y parviendrez.
Lorsque je vous regarde, je connais la bravoure avec laquelle vos camarades ont combattu en France, et je vous souhaite bonne chance dans votre tâche.
Original anglais :
You are proceeding to a great struggle. I know the dangers you have to face. You will face them like men. The men belonging to the division you have the honour to belong to are a credit to their race. They had a very difficult piece of work to do on the Somme in that great battle. They accomplished much with honour to themselves and the land to which they belonged. The attack on the Mametz Wood was one of the most difficult enterprises which ever fell to any division. It was left to the Welsh Division, and they swept the enemy out of it. From end to end there is not a living German in the wood now. He has been driven far beyond it, and it will be your task to drive him still further, and I think in time you will accomplish it. When I look down upon you I know the gallantry with which your comrades in France have fought, and I bid you God-speed in your work.
David Lloyd George, discours aux troupes, Kinmel Park military camp, Rhyl, Pays de Galles, 20 août 1916.
Traduction d'un article de 1918.
« Le fier dragon du Pays de Galles »
« Le bon vieux Dragon, me dit un officier gallois, a la queue dressée aussi droite qu’un i ».
Et nos gars gallois ont toutes les raisons d’être fiers d’eux-mêmes, car depuis le 23 août, date à laquelle ils ont attaqué en franchissant l’Ancre, ils se sont emparés de position après position, ont fait des milliers de prisonniers, ont enfoncé l’ennemi chaque fois que celui-ci a tenté de résister, et l’ont épouvanté au point de lui faire perdre la tête.
« Le bois de Mametz, pris par les Gallois en 1916, repris en 1918. Hourra ! » — tel fut le message télégraphique envoyé au quartier général lorsque les Gallois s’emparèrent du bois, le 25 août.
Ce mercredi matin, ils ont pris le bois Delville, l’ancien « bois du Diable », qui avait constitué un sombre chapitre de l’histoire en 1916, puis ils ont poursuivi leur avance vers Ginchy et en direction de Morval, tandis que d’autres troupes britanniques progressaient sur leur droite à travers Guillemont.
Dans la nuit, nous avons fait donner nos pièces lourdes sur le bois et avons projeté des obus de 8 pouces au milieu de ses arbres morts, si bien que l’ennemi s’en est enfui, terrorisé.
Trois hommes ne se sont pas échappés, dormant d’un sommeil lourd, comme des souches, à travers tout notre tir d’artillerie, jusqu’à ce que les Gallois les réveillent.
The Daily Sketch, 30 août 1918.
Transcription extrait article original anglais :
Tail As Straight As A Crowbar.
"The old Dragon," a Welsh officer told me, "has his tail sticking up as straight as a crow-bar. And the Welsh lads have a right to be proud of themselves, because since August 23, when they attacked across the Ancre, they have captured place after place, thousands of prisoners, smashed through the enemy every time he has tried to stand, and scared him out of his wits."
"Mametz Wood, captured by the Welsh, 1916, re-captured 1918. Hurrah!" was the wire sent to headquarters when the Welsh gained the wood on August 25. This (Wednesday) morning they captured Delville Wood, old Devil's Wood, which made black chapter of history in 1916, and then went on to Ginchy and away towards Morval, with other English troops on their right through Guillemond.
In the night we turned our heavies on the wood and flung 8in. shells among its dead trees, so that the enemy fled from it in terror.
Three men did not escape, but slept stolidly like dead men through all our gunfire until wakened up by the Welshmen.
The Daily Sketch, 30 August 1918, source bibliothèque numérique La Contemporaine.
Pour contribuer à une importante et nécessaire réflexion sur l'IA en cours sur ce forum français en cette fin 2026, les traductions des textes anglais qui apparaissent ci-dessus sont traités par l'IA ChatGPT, strictement bornés par des prompts de type :
"Traduire en français, dans le style des JMO français de 1914-1918, avec le vocabulaire militaire et les tournures d'époque attestés. Traduction fidèle, sans modernisation ni paraphrase."
Le résultat est ensuite relu et corrigé par moi, qui suis bilingue et compétent en vocabulaire militaire, de niveau CML langue anglaise. Quelques ajustements sont nécessaires. La matière de la recherche par contre est entièrement humaine, elle a été commencée à Brest il y a plus de trente ans (Robert Graves était déjà connu, on espérait une synthèse de type Jonathon Riley) ; elle s'appuie sur des confrontations avec de jeunes Gallois en France et en Grande-Bretagne, et cherche très modestement à définir l'importance de Mametz dans la mémoire galloise. Je m'intéresse au genre autobiographique, dans ce contexte de 14-18. Les transcriptions des war diaries britanniques sont également faites par un humain, phrase par phrase, mot à mot.
Ressources :
- Ghosts of Old Companions, Jonathon Riley, éditions Helion & Company, 2019.
- BBC Wales at the Somme, 2016. Documentaire avec le rugbyman Gareth Thomas.
- Llewelyn Wyn Griffith, Up to Mametz and Beyond, dont le manuscrit est disponible sur le site des archives nationales du Pays de Galles.
https://archives.library.wales/index.php/up-to-mametz
- Podcast Old Front Line, Mametz Wood. Épisode du 26 avril 2024.
- The long long trail
https://www.longlongtrail.co.uk/army/or ... -division/
Lest we forget — Ni a'u cofiwn hwy.
Bien cordialement.
Eric
Traduction d'un extrait du récit de Robert Graves, arrivé à Mametz après la bataille. Le "Siegfried" dont il parle n'est pas un Allemand mais son camarade le poète anglais Siegfried Sassoon.
Quatre jours après le raid, nous traversâmes Béthune, désormais fort endommagée et presque déserte, pour gagner Fouquières, où nous embarquâmes dans le train à destination de la Somme. La tête de ligne de la Somme se trouvait près d’Amiens, et nous poursuivîmes par étapes tranquilles à travers Cardonnette, Daours et Buire jusqu’à ce que, dans l’après-midi du 14 juillet, nous atteignîmes l’ancienne première ligne, près de l’endroit où David Thomas, Richardson et Pritchard avaient été tués. Le front avait progressé de trois kilomètres.
À quatre heures du matin, le 15 juillet, nous rejoignîmes la route Méaulte–Fricourt–Bazentin, qui traversait la « Happy Valley », et nous atteignîmes la zone des combats plus récents. Dans la demi-obscurité, les blessés et les prisonniers affluaient en sens inverse. Les chevaux et les mulets morts me bouleversèrent ; les cadavres humains, passe encore, mais il me semblait injuste de traîner ainsi les animaux dans la guerre. Nous marchions par sections, à cinquante mètres les unes des autres. Juste au-delà de Fricourt, un barrage d’artillerie allemand rendit la route impraticable ; nous la quittâmes donc et avançâmes à travers un terrain profondément criblé de trous d’obus jusqu’à huit heures, lorsque nous nous trouvâmes à la lisière du bois de Mametz, au milieu des morts de nos propres bataillons de la New Army qui avaient contribué à sa conquête.
Nous nous arrêtâmes là dans un épais brouillard. Les Allemands avaient employé des obus lacrymogènes, et le brouillard retenait les émanations, nous faisant tousser. Nous essayâmes de fumer, mais nos cigarettes avaient un goût de gaz ; nous les jetâmes donc. Plus tard, nous nous traitâmes nous-mêmes d’imbéciles, car c’étaient nos gorges, et non les cigarettes, qui étaient atteintes.
Lorsque le brouillard se dissipa, nous aperçûmes un canon allemand sur lequel était inscrit à la craie : « First Battalion Royal Welch Fusiliers » — manifestement un trophée. Je me demandai ce qu’étaient devenus Siegfried et mes amis de la compagnie « A ». Nous trouvâmes le bataillon tout près, installé en bivouac ; Siegfried était toujours vivant, de même qu’Edmund Dadd et deux autres officiers de la compagnie « A ».
Le bataillon avait connu de violents combats. Lors de sa première attaque, à Fricourt, il avait submergé l’unité allemande qui lui faisait face, le 23e régiment d’infanterie, lequel effectuait dans les tranchées une période disciplinaire particulière : un officier d’état-major chargé d’une inspection, passant par là, avait découvert que tous les officiers s’étaient réfugiés dans un profond abri à Mametz, au lieu de se trouver dans les tranchées avec leurs hommes. Edmund Dadd me raconta que, pendant toute la mauvaise passe de mars, il n’y avait pas eu en face de nous un seul soldat allemand d’un grade supérieur à celui de caporal.
L’objectif suivant du bataillon était le « Quadrangle », un petit bosquet situé de ce côté-ci du bois de Mametz, où Siegfried s’était particulièrement distingué en s’emparant à lui seul d’un front de bataillon que le Royal Irish Regiment n’avait pas réussi à prendre la veille. Il était parti en plein jour avec des grenades, sous le feu de couverture de deux fusils environ, et avait fait fuir les occupants.
Exploit parfaitement gratuit, puisqu’au lieu de demander des renforts par signal, il s’assit dans la tranchée allemande et se mit à lire un livre de poèmes qu’il avait emporté avec lui. Lorsqu’il revint finalement, il ne fit même pas de rapport. Le colonel Stockwell, qui commandait alors, entra dans une rage folle.
L’attaque du bois de Mametz avait été retardée de deux heures parce que l’on signalait encore la présence de patrouilles britanniques à l’extérieur.
Les « patrouilles britanniques », c’étaient Siegfried et son livre de poèmes.
« Je vous aurais obtenu le D.S.O., si seulement vous aviez fait preuve d’un peu plus de bon sens », tonna Stockwell.
Siegfried accomplissait des exploits héroïques depuis mon départ du bataillon. Dans la 7e Division, son surnom était « Mad Jack ». Il avait obtenu la Military Cross pour avoir ramené un caporal-chef blessé depuis un entonnoir de mine proche des lignes allemandes, sous un feu nourri.
Cette fois, je le manquai : il se trouvait auprès du train, où il bénéficiait d’un peu de repos. Mais je lui fis remettre, par l’un de nos hommes du train, une lettre en vers sur les moments que nous allions passer ensemble lorsque la guerre serait terminée : comment, après un séjour de repos à Harlech, nous partirions visiter le Caucase, la Perse et la Chine ; et quels merveilleux poèmes j’écrirais. C’était une réponse à une lettre en vers qu’il m’avait écrite quelques semaines auparavant depuis l’École militaire de Flixecourt. (Elle figure dans The Old Huntsman.)
Je partis me promener avec Edmund Dadd, qui commandait maintenant la compagnie « A ».
« Ce n’est pas juste, Robert, commença Edmund d’un ton plaintif. Tu te souviens que la compagnie “A”, sous Richardson, était toujours la meilleure du bataillon ? Eh bien, elle a conservé sa réputation, et Stockpot nous fourre en tête de colonne à chaque opération. Nous atteignons nos objectifs et nous les tenons, alors il faut toujours recommencer la fois suivante. Le pire, c’est qu’il me croit indispensable ; il me fait passer à l’attaque chaque fois, au lieu de me laisser souffler et de donner son tour à mon adjoint. J’ai participé à cinq opérations en un peu plus de quinze jours, et je ne pourrai pas continuer à avoir autant de chance bien longtemps. Stockpot est à peu près mûr pour son C.B. Apparemment, la compagnie “A” veille à ce qu’il l’obtienne. »
Les deux jours suivants, nous les passâmes en bivouac à l’extérieur du bois de Mametz.
Nous étions en tenue de campagne et avions froid la nuit ; je pénétrai donc dans le bois pour y chercher des capotes allemandes qui pouvaient nous servir de couvertures. Il était rempli de cadavres de réservistes de la Garde prussienne, de grands gaillards, et de cadavres de soldats des Royal Welch et des South Wales Borderers appartenant aux bataillons de la New Army, de petits hommes. Pas un seul arbre du bois n’était resté intact.
Je rassemblai mes capotes et repartis aussi vite que possible, en me frayant un chemin à travers les débris des branches vertes. À l’aller comme au retour, par l’unique passage praticable, je passai devant le cadavre gonflé et nauséabond d’un Allemand, le dos appuyé contre un arbre. Il avait le visage vert, portait des lunettes et avait les cheveux coupés très court ; du sang noir coulait de son nez et de sa barbe.
Je rencontrai encore deux cadavres que je n’ai jamais oubliés : un homme des South Wales Borderers et un homme du Lehr-Regiment avaient réussi à se transpercer simultanément à la baïonnette.
Un survivant des combats me raconta plus tard qu’il avait vu un jeune soldat du 14th Royal Welch transpercer un Allemand à la baïonnette avec les gestes appris à l’exercice, en lançant machinalement : « In, out, on guard ! ».
Traduit de Goodbye to All That, Robert Graves 1929.
Traduction en langue française. Ce discours aux troupes a été prononcé en anglais et en langue galloise.
Vous allez prendre part à une grande lutte. Je sais les dangers auxquels vous allez devoir faire face. Vous les affronterez en hommes.
Les hommes de la division à laquelle vous avez l’honneur d’appartenir font honneur à leur race. Ils ont eu à accomplir une tâche très difficile dans la Somme, au cours de cette grande bataille. Ils ont beaucoup accompli, à leur honneur et à celui du pays auquel ils appartiennent.
L’attaque du bois de Mametz fut l’une des entreprises les plus difficiles qui aient incombé à une division. Elle fut confiée à la Division galloise, qui en chassa l’ennemi. D’un bout à l’autre du bois, il ne reste maintenant plus un seul Allemand vivant. Il a été repoussé bien au-delà, et ce sera votre tâche de le repousser encore plus loin. Je pense qu’avec le temps, vous y parviendrez.
Lorsque je vous regarde, je connais la bravoure avec laquelle vos camarades ont combattu en France, et je vous souhaite bonne chance dans votre tâche.
Original anglais :
You are proceeding to a great struggle. I know the dangers you have to face. You will face them like men. The men belonging to the division you have the honour to belong to are a credit to their race. They had a very difficult piece of work to do on the Somme in that great battle. They accomplished much with honour to themselves and the land to which they belonged. The attack on the Mametz Wood was one of the most difficult enterprises which ever fell to any division. It was left to the Welsh Division, and they swept the enemy out of it. From end to end there is not a living German in the wood now. He has been driven far beyond it, and it will be your task to drive him still further, and I think in time you will accomplish it. When I look down upon you I know the gallantry with which your comrades in France have fought, and I bid you God-speed in your work.
David Lloyd George, discours aux troupes, Kinmel Park military camp, Rhyl, Pays de Galles, 20 août 1916.
Traduction d'un article de 1918.
« Le fier dragon du Pays de Galles »
« Le bon vieux Dragon, me dit un officier gallois, a la queue dressée aussi droite qu’un i ».
Et nos gars gallois ont toutes les raisons d’être fiers d’eux-mêmes, car depuis le 23 août, date à laquelle ils ont attaqué en franchissant l’Ancre, ils se sont emparés de position après position, ont fait des milliers de prisonniers, ont enfoncé l’ennemi chaque fois que celui-ci a tenté de résister, et l’ont épouvanté au point de lui faire perdre la tête.
« Le bois de Mametz, pris par les Gallois en 1916, repris en 1918. Hourra ! » — tel fut le message télégraphique envoyé au quartier général lorsque les Gallois s’emparèrent du bois, le 25 août.
Ce mercredi matin, ils ont pris le bois Delville, l’ancien « bois du Diable », qui avait constitué un sombre chapitre de l’histoire en 1916, puis ils ont poursuivi leur avance vers Ginchy et en direction de Morval, tandis que d’autres troupes britanniques progressaient sur leur droite à travers Guillemont.
Dans la nuit, nous avons fait donner nos pièces lourdes sur le bois et avons projeté des obus de 8 pouces au milieu de ses arbres morts, si bien que l’ennemi s’en est enfui, terrorisé.
Trois hommes ne se sont pas échappés, dormant d’un sommeil lourd, comme des souches, à travers tout notre tir d’artillerie, jusqu’à ce que les Gallois les réveillent.
The Daily Sketch, 30 août 1918.
Transcription extrait article original anglais :
Tail As Straight As A Crowbar.
"The old Dragon," a Welsh officer told me, "has his tail sticking up as straight as a crow-bar. And the Welsh lads have a right to be proud of themselves, because since August 23, when they attacked across the Ancre, they have captured place after place, thousands of prisoners, smashed through the enemy every time he has tried to stand, and scared him out of his wits."
"Mametz Wood, captured by the Welsh, 1916, re-captured 1918. Hurrah!" was the wire sent to headquarters when the Welsh gained the wood on August 25. This (Wednesday) morning they captured Delville Wood, old Devil's Wood, which made black chapter of history in 1916, and then went on to Ginchy and away towards Morval, with other English troops on their right through Guillemond.
In the night we turned our heavies on the wood and flung 8in. shells among its dead trees, so that the enemy fled from it in terror.
Three men did not escape, but slept stolidly like dead men through all our gunfire until wakened up by the Welshmen.
The Daily Sketch, 30 August 1918, source bibliothèque numérique La Contemporaine.
Pour contribuer à une importante et nécessaire réflexion sur l'IA en cours sur ce forum français en cette fin 2026, les traductions des textes anglais qui apparaissent ci-dessus sont traités par l'IA ChatGPT, strictement bornés par des prompts de type :
"Traduire en français, dans le style des JMO français de 1914-1918, avec le vocabulaire militaire et les tournures d'époque attestés. Traduction fidèle, sans modernisation ni paraphrase."
Le résultat est ensuite relu et corrigé par moi, qui suis bilingue et compétent en vocabulaire militaire, de niveau CML langue anglaise. Quelques ajustements sont nécessaires. La matière de la recherche par contre est entièrement humaine, elle a été commencée à Brest il y a plus de trente ans (Robert Graves était déjà connu, on espérait une synthèse de type Jonathon Riley) ; elle s'appuie sur des confrontations avec de jeunes Gallois en France et en Grande-Bretagne, et cherche très modestement à définir l'importance de Mametz dans la mémoire galloise. Je m'intéresse au genre autobiographique, dans ce contexte de 14-18. Les transcriptions des war diaries britanniques sont également faites par un humain, phrase par phrase, mot à mot.
Ressources :
- Ghosts of Old Companions, Jonathon Riley, éditions Helion & Company, 2019.
- BBC Wales at the Somme, 2016. Documentaire avec le rugbyman Gareth Thomas.
- Llewelyn Wyn Griffith, Up to Mametz and Beyond, dont le manuscrit est disponible sur le site des archives nationales du Pays de Galles.
https://archives.library.wales/index.php/up-to-mametz
- Podcast Old Front Line, Mametz Wood. Épisode du 26 avril 2024.
- The long long trail
https://www.longlongtrail.co.uk/army/or ... -division/
Lest we forget — Ni a'u cofiwn hwy.
Bien cordialement.
Eric
- Pièces jointes
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Dernière modification par Ingouf le lun. sept. 21, 2026 3:54 pm, modifié 3 fois.
Re: La bataille de la Somme
bonjour ce genre de tableau montre qu'on est dans l'imaginaire complet de l'artiste.
en outre les soldats allemands étaient probablement déjà doté du stahlhelm, alors qu'ici ils portent leur feldmutze.
Aperçu IA Le casque d'acier allemand, le Stahlhelm modèle 1916, a été introduit à la fin du mois de janvier 1916 et distribué pour la première fois en grand nombre (30 000 exemplaires) lors de la bataille de Verdun en février 1916.
Aperçu IA La bataille du bois de Mametz s'est déroulée du 7 au 12 juillet 1916 dans la Somme, lors de la grande offensive de la Somme de la Première Guerre mondiale.
cdlt
Re: La bataille de la Somme
Bonjour,
Mametz Wood 1916 : complément de documentation, traduction d'un article du Times, disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale du Pays de Galles, Aberystwyth, Pays de Galles.
DEUX TERRIBLES BATAILLES.
MAMETZ WOOD ET CONTALMAISON.
LE RÉCIT DES COMBATS.
(De notre correspondant spécial.)
GRAND QUARTIER GÉNÉRAL BRITANNIQUE, 12 JUILLET.
Les nouvelles des dernières vingt-quatre heures sont dans l’ensemble excellentes. Nous avons pris, et, semble-t-il, nous tenons aussi solidement que l’on puisse tenir quoi que ce soit dans des combats tels que ceux-ci, à la fois Contalmaison et la totalité de Mametz Wood. Nous tenons également l’ensemble d’Ovillers-La Boisselle, ce qui porte à six villages — avec Fricourt, Mametz, Montauban et La Boisselle elle-même — le nombre de ceux que nous avons maintenant arrachés à l’ennemi, sans compter le grand bois, avec ses innombrables points fortifiés secondaires et ses véritables labyrinthes de tranchées.
Ce n’est là qu’une estimation personnelle, mais je crois que le nombre de nos prisonniers doit maintenant dépasser largement les 8 000, tandis que les canons et autres prises de guerre que nous avons faits continuent de s’accroître en quantité comme en diversité. Il ne sera possible d’effectuer un décompte tant soit peu exact que lorsque la lutte sera devenue moins intense qu’elle ne l’a été au cours de ces trois derniers jours.
En tous lieux, nos hommes se comportent avec le même courage magnifique qu’ils ont montré depuis le début de la bataille. Quels qu’ils soient, où qu’ils soient et quoi qu’ils aient à affronter, leur comportement est admirable. Toute la machinerie de notre organisation à l’arrière des lignes, en outre, fonctionne, comme elle l’a fait durant toute la bataille, admirablement et sans le moindre accroc.
Nos relations avec nos camarades français deviennent, si cela est encore possible, chaque jour plus cordiales et empreintes d’un enthousiasme réciproque toujours plus grand.
PRISE DE MAMETZ WOOD
L’évacuation définitive de l’ennemi hors de Mametz Wood et son occupation complète par nos troupes constituent un exploit qui fait le plus grand honneur à ceux qui ont participé à l’opération.
J’ai déjà parlé de la superficie du bois et de la densité de sa végétation. Pour autant qu’on puisse évaluer une superficie aussi irrégulière, elle couvre environ 90 hectares. Il existe une zone où le bois est relativement dégagé, dans sa partie sud-ouest ; mais partout ailleurs, les jeunes pousses et les taillis qui ont échappé pendant deux saisons à l’éclaircissement habituel sont si denses que, comme l’a expliqué ce matin un officier qui faisait partie des premières troupes à s’y frayer un passage, même à pied, « il faut se tordre et se faufiler pour parvenir à passer ». Certaines allées ont été dégagées à travers le bois et une voie ferrée construite par les Allemands le traverse en diagonale du sud-ouest au nord-est dans sa partie supérieure.
À son extrémité méridionale, les Allemands avaient tendu des réseaux de barbelés entre les arbres. Ailleurs se trouvaient quatre canons lourds dans le bois, que nous avons capturés. Pour le reste, l’ennemi l’avait principalement défendu au moyen de positions de mitrailleuses, avec les accessoires habituels — profonds abris souterrains, etc. — en différents points de la périphérie, commandant toutes les approches ainsi que tout endroit à l’intérieur du bois où la végétation était moins dense. L'Allemand comptait sur la densité même du bois pour constituer un obstacle suffisant à toute attaque de quelque envergure.
Il était considéré comme si puissamment tenu que je sais que certains, au début de ces opérations, estimaient que nous ne pourrions jamais le prendre directement, mais que nous devrions nous contenter de le contourner et de le maintenir sous surveillance jusqu’à ce que nous puissions l’isoler et le réduire, pour ainsi dire, par un siège.
L’approche en était rendue extrêmement difficile, aussi bien par l’est que par le sud-ouest, en raison de l’enchevêtrement des positions connues sous le nom de Quadrangle (dont j’ai parlé précédemment), du côté ouest, et de positions similaires de l’autre côté. Le fait que nous ayons réussi à nous frayer méthodiquement un chemin du sud vers le nord, le bord septentrional du bois ne se trouvant qu’à quelque 300 mètres des tranchées de première ligne de la deuxième ligne allemande principale, malgré tout ce que l’ennemi pouvait faire depuis ses positions soigneusement choisies et malgré un bombardement d’artillerie très violent, constitue un magnifique témoignage de l’opiniâtreté et de la détermination de nos troupes.
PRENDRE LES ALLEMANDS PAR SURPRISE
C’est le 6 juillet que nos patrouilles pénétrèrent pour la première fois dans les parties méridionales du bois. Elles y trouvèrent deux canons de campagne mis hors de combat par notre tir d’artillerie et prirent littéralement les Allemands au dépourvu, en tuant plus de cinquante d’entre eux.
La veille, nous avions occupé une petite partie du bois connue sous le nom de Marlborough Wood, à droite, ou à l’est, du grand bois, au-dessus de Caterpillar Wood, qui commandait dans une certaine mesure les sorties du bois de ce côté.
Ce jour-là et les jours suivants, nous progressâmes également régulièrement sur la gauche, ou à l’ouest, à travers les labyrinthes du Quadrangle, prenant successivement les lignes de tranchées connues sous les noms de Quadrangle Trench, Quadrangle Alley et Wood Trench — toutes extrêmement solidement tenues et qui ne furent prises qu’après les combats les plus acharnés — jusqu’à ce que, dans la soirée du 10 juillet, il ne restât plus de position formidable de ce côté que celle connue sous le nom de Quadrangle Support, dont un angle s’appuyait sur de très fortes positions de mitrailleuses dans Acid Drop Copse.
C’est le 10 juillet que commença la véritable tentative de prendre le bois dans son ensemble, bien que, pendant toute cette période, celui-ci eût été soumis à un bombardement constant et, par moments, extrêmement violent.
Par des ruses qu’il n’est pas nécessaire de mentionner, nous parvînmes à tromper l’ennemi en lui faisant croire que notre véritable attaque serait lancée depuis le côté est du bois ; et, tandis qu’il concentrait un formidable barrage d’artillerie sur ce côté, notre force principale pénétra dans le bois par le sud, progressant vers le nord et le nord-ouest.
Ce soir-là, comme je l’avais rapporté à l’époque, nous avions parcouru environ les trois quarts du bois.
Le même jour, grâce à un acte de bravoure remarquable, les troupes se trouvant à l’extérieur du bois, sur le côté gauche, s’emparèrent de Quadrangle Support et de ses positions de liaison formidables. Sans cette position entre nos mains, nous n’aurions jamais pu atteindre l’extrémité du bois, sauf au prix de pertes extrêmement lourdes.
L’ARDEUR DE NOS HOMMES
Les officiers qui les commandent m’ont dit que rien n’aurait pu surpasser l’élan et l’ardeur de leurs hommes. En vérité, ils étaient presque trop ardents.
Au moment où ils attaquaient, nous avions, bien entendu, notre artillerie à l’œuvre sur le bois devant eux. Certains groupes dispersés de nos hommes allèrent jusqu’à traverser notre propre tir pour atteindre la lisière même du bois, nullement arrêtés par le fait qu’ils risquaient de perdre la vie sous les obus de leur propre artillerie en chemin.
Notre artillerie dut alors reporter son tir du bois sur la deuxième ligne allemande située au-delà, les Allemands tenant toujours leurs positions de mitrailleuses tout le long de la lisière nord et nord-est du bois.
Cette nuit-là, nous rappelâmes nos éléments avancés et nous organisâmes sur une ligne située environ à mi-hauteur du bois, constituée en partie d’une allée dégagée et en partie de l’ancienne voie ferrée.
L’ennemi tenta de nous contre-attaquer pendant la nuit, mais ne produisit aucune impression sur notre position.
Le matin, nous avançâmes de nouveau avec quatre bataillons, qui progressèrent vers l’est, le nord-est, le nord et le nord-ouest.
Outre des mitrailleuses et des fusils, l’ennemi disposait de Minenwerfer sur la lisière nord du bois.
Sur la majeure partie du front, nous parvînmes à 40 ou 50 mètres de la lisière, mais nous ne pûmes franchir cette dernière étroite bande, dont chaque mètre était chargé de mort.
SUCCÈS FINAL
Nous nous repliâmes de nouveau en partie jusqu’à la ligne sur laquelle nous nous étions arrêtés auparavant, tandis que, pendant trente minutes, nos canons pilonnaient la lisière du bois.
Dès que le bombardement cessa, nous attaquâmes de nouveau.
Mais les mitrailleuses, installées dans des retraites impénétrables aux angles nord-est et nord-ouest du bois, avaient échappé à notre bombardement et nous tinrent en échec pendant un certain temps, balayant chaque pouce du bois désormais à demi éclairci, où les arbres abattus, fracassés par les obus, formaient contre notre progression des barricades presque aussi redoutables que les réseaux de barbelés.
Ce ne fut que par un courage à toute épreuve et un mépris absolu de la mort que nous poursuivîmes notre avance.
Ce fut une journée de combat désespérée et effroyable ; et ce n’est qu’à 4 heures hier après-midi (11 juillet) que nous réussîmes finalement à déboucher du bois par son angle nord-est, à réduire au silence les mitrailleuses, à capturer le Minenwerfer et, pour autant qu’on le sache, à tuer ou à faire prisonnier chaque Allemand qui s’y trouvait.
Au cours de la soirée, l’angle restant du bois, celui du nord-ouest, fut pris et, à la tombée de la nuit, la totalité du bois était entre nos mains.
La nuit dernière fut consacrée à la consolidation de la position qui, je le répète, ne se trouve qu’à 300 mètres de la deuxième ligne allemande principale ; et, avec la prise de Contalmaison sur notre gauche et la réduction du Quadrangle et des autres positions situées entre les deux, toute cette partie du front jusqu’à la deuxième ligne ennemie est désormais, croit-on, solidement tenue.
Cela marque l’achèvement réussi d’une étape importante des opérations.
Au cours des opérations menées ici, abstraction faite de ce qui a été accompli à Contalmaison ou au-delà, un corps d’armée a fait environ 4 000 prisonniers.
La plupart d’entre eux, comme je l’ai déjà mentionné, appartiennent aux 16e régiment bavarois et 122e régiment wurtembergeois, ainsi qu’à la 3e division de réserve de la Garde prussienne. Il y a en outre des hommes des 77e et 184e régiments.
ARTILLERIE ET PIONNIERS
Notre artillerie engagée dans la réduction de Mametz Wood a reçu les chaleureuses félicitations du commandant de l’armée pour l’excellence de son travail ; les prisonniers eux-mêmes, peut-on ajouter, en témoignent tous également, mais dans un tout autre esprit.
Le travail des bataillons du génie qui progressèrent courageusement à travers le bois et rendirent d’éminents services en installant des réseaux et en aménageant de solides positions destinées à tenir le terrain conquis par l’infanterie mérite les plus grands éloges.
Ce n’est qu’un détail, mais il montre à quel point les combats des trois derniers jours ont été éprouvants : les officiers auxquels j’ai parlé n’avaient dormi que six heures au cours des soixante dernières heures ; et bien peu de nos hommes avaient dormi davantage.
[...]
Il est inutile d’insister une fois encore sur la grande importance de la prise de Contalmaison et de Mametz Wood, ainsi que des différentes tranchées et des points fortifiés qui les entouraient.
Nous faisons maintenant directement face à la principale deuxième ligne allemande.
Et je ne suppose pas que nous ayons l’intention de nous arrêter là.
Transcription du début et de la conclusion de l'article original anglais :
TWO TERRIBLE BATTLES.
MAMETZ WOOD AND CONTALMAISON.
FIGHTING DESCRIBED.
(From Our Special Correspondent.)
BRITISH HEADQUARTERS, JULY 12.
The news of the last 24 hours has been altogether good. We have taken, and, it seems, hold it as firmly as anything can be held in such fighting as this, both Contalmaison and the whole of Mametz Wood. We also hold the whole of Ovillers-La Boisselle, making (with Fricourt, Mametz, Montauban, and La Boisselle itself) six villages which we have now wrested from the enemy, besides the big wood with innumerable minor strong points and whole mazes of trenches.
It is only a personal estimate, but I believe that our prisoners now must well exceed 8,000, while the guns and other spoils which we have taken continue to increase in volume and in variety. Anything like an exact count can only be made when the struggle becomes less intense than it has been in these last three days.
At every point our men are behaving with the same splendid courage as they have shown from the beginning of the battle. Whoever they are, wherever they are, and whatever they have to meet, their behaviour is magnificent. The whole machinery of our organization behind the lines, moreover, works, as it has worked throughout, admirably and without any hitch.
Our relations with our French comrades grow, if possible, more cordial, and more mutually enthusiastic every day.
CAPTURE OF MAMETZ WOOD
The definite clearing of the enemy out of Mametz Wood and its complete occupation by our troops is an achievement which reflects the greatest credit on those engaged in the operation.
I have spoken before of the size of the wood and the density of the growth. As nearly as one can calculate an area so irregular in form, it comprises about 220 acres. There is one patch where it is fairly open, in its south-westerly portion; but in all the rest the young growth of saplings which have missed two seasons of their usual thinning is so thick that, as an officer who was with the first troops to push through expressed it this morning, even when on foot "you have to twist and squeeze to get through." There are certain drives cleared through it and a German-laid railway line cuts diagonally across it from south-west to north east in its upper portion.
In its southern end the Germans had strung barbed-wire entanglements through the trees. Elsewhere there were four heavy guns in the wood, which we have captured. Apart from this, the enemy had it chiefly defended with machine-gun positions, with the usual concomitants of the deep dug-outs, &c., at various points round the circumference, commanding all approaches and any place on the inside of the wood where the growth was thin. He expected the density of the wood itself to be a sufficient obstacle to anything like formidable attack.
So strong was it held to be that I know that there were those who, at the beginning of these operations, considered that we could never carry it directly, but should have to content ourselves with working round it and keeping it masked until we could isolate and reduce it, as it were, by siege. Approach to it, both from the east and s. west, was made extremely difficult by the interlaced position of what is known as the Quadrangle (of which I have spoken before) on the west side and similar positions on the other. That we have forced our way up systematically through from the south to the north, the northern edge being only some 300 yards from the front trenches of the main German second line, in spite of all that the enemy could do from his carefully chosen positions, added to very heavy artillery shelling, is a magnificent testimony to the stubbornness and determination of our troops.
CATCHING THE GERMANS NAPPING.
It was on July 6 that our patrols first penetrated into the southern points of the wood. There they found two field guns put out of action by our artillery fire and they caught the Germans literally napping and killed over 50 of them.
On the preceding day we had occupied a little bit of wood known as Marlborough Wood on the right, or east, side of the big wood, above Caterpillar Wood, which to some extent commanded the exits from the wood on that side. On that and succeeding days we also worked steadily up on the left, or west, side through the mazes of the Quadrangle, taking in succession lines of trench known as Quadrangle Trench, Quadrangle Alley, and Wood Trench—all extremely strongly held and only taken after most bitter fighting—until, by the evening of July 10, there remained only one formidable position on this side, known as Quadrangle Support, with one corner resting on very strong machine-gun positions in Acid Drop Copse. It was on July 10 that the real attempt to take the wood as a whole was begun, though throughout this period it had been subjected to constant and at times very severe bombardment.
By ruses which need not be mentioned we managed to deceive the enemy into thinking that our real attack was to be delivered from the east side of the wood, and, while he put a tremendous artillery barrage on that side, our main force pushed up into the wood from the south, working north and north-west. That evening, as I reported at the time, we were some three-quarters of the way through the wood.
On the same day, by a very gallant piece of work, the troops outside the wood on the left side carried the Quadrangle Support with its formidable connecting positions. Without this position in our hands we could never have got to the top of the wood, except at very heavy cost.
KEENNESS OF OUR MEN.
Officers in command have told me that nothing could have exceeded the dash and keenness of their men. Indeed, they were almost too keen. As they attacked, we, of course, had our artillery at work on the wood ahead of them. Some scattered parties of our men actually pushed through our own fire to the very edge of the wood, not in the least deterred by the fact that they must lose their lives from our own shells on the way. Our artillery, then, had to lift off the wood on to the German second line beyond, the Germans still holding their machine-gun positions all along the northern and north-eastern edge of the wood. That night we drew in our advanced parties and organized on a line about half-way up the wood, made up partly of an open drive and partly of the old railway line. The enemy tried to counter-attack us during the night, but made no impression on our position. In the morning we again advanced with four battalions, which pushed out to the east, north-east, north, and north-west. Besides machine-guns and rifles the enemy had Minenwerfer on the northern edge of the wood. We got, over most of the front, to within 40 or 50 yards of the edge, but could not make that last narrow strip, every yard of which was charged with death.
FINAL SUCCESS.
Again we drew back part way to the line on which we had rested before, while for 30 minutes our guns pounded the edge of the wood. Immediately the bombardment ceased we attacked again. But the machine-guns, in impenetrable retreats at the north-east and north-west angles of the wood, had escaped our shelling and for some time held us up, sweeping every inch of the now half-thinned wood, through which the fallen timber, shattered by the shells, made barricades against our advance almost as formidable as wire entanglements. Only by sheer pluck and utter contempt for death did we go on.
It was a desperate and awful day's work; and it was not until 4 o'clock yesterday afternoon (July 11) that we finally broke out of the wood on the north-east corner, silenced the machine-guns, captured the Minenwerfer, and, so far as is known, killed or took prisoner every German there.
During the evening the remaining (or north-west) corner of the wood was taken and by nightfall the whole place was in our hands.
Last night was spent in consolidating the position, which, again let me say, is only 300 yards from the main German second line, and, with the capture of Contalmaison on the left and the reduction of the Quadrangle and other positions between the two, the whole of this bit of the front up to the enemy's second line is now, it is believed, firmly held. It marks the successful completion of an important stage in the operations.
In the course of the operations here, exclusive of what has been achieved at Contalmaison or beyond, one corps has taken about 4,000 prisoners. The bulk of these, as I have mentioned before, are from the 16th (Bavarian) and 122nd (Wurtemburg) Regiments and the 3rd Reserve Division of the Prussian Guard. In addition there are men from the 77th and 184th Regiments.
ARTILLERY AND PIONEERS.
Our artillery engaged in the reduction of Mametz Wood has received the warm congratulations of the Army Commander for the excellence of its work, to which, it may be added, the prisoners all also testify in a different spirit. The work of the Pioneer Battalions who pushed up through the wood most gallantly and did splendid service in wiring and making strong positions to hold the ground which the infantry took is worthy of the highest praise. It is only a detail, but it shows the strenuous nature of the fighting during the last three days, that the officers to whom I spoke had only had six hours' sleep in the last 60 hours; and not many of our men got more.
[...]
It is unnecessary to insist again on the great importance of the capture of Contalmaison and Mametz Wood, with the various trenches and strong points which surrounded them. We are now fairly confronting the German main second line. And I do not suppose that we have any fixed intention of remaining there.
The Times, Friday 14 July 1916, from the National Library of Wales website — Aberystwyth.
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Merci pour votre intérêt. Bonne lecture.
Bien cordialement.
Eric
Mametz Wood 1916 : complément de documentation, traduction d'un article du Times, disponible sur le site de la Bibliothèque Nationale du Pays de Galles, Aberystwyth, Pays de Galles.
DEUX TERRIBLES BATAILLES.
MAMETZ WOOD ET CONTALMAISON.
LE RÉCIT DES COMBATS.
(De notre correspondant spécial.)
GRAND QUARTIER GÉNÉRAL BRITANNIQUE, 12 JUILLET.
Les nouvelles des dernières vingt-quatre heures sont dans l’ensemble excellentes. Nous avons pris, et, semble-t-il, nous tenons aussi solidement que l’on puisse tenir quoi que ce soit dans des combats tels que ceux-ci, à la fois Contalmaison et la totalité de Mametz Wood. Nous tenons également l’ensemble d’Ovillers-La Boisselle, ce qui porte à six villages — avec Fricourt, Mametz, Montauban et La Boisselle elle-même — le nombre de ceux que nous avons maintenant arrachés à l’ennemi, sans compter le grand bois, avec ses innombrables points fortifiés secondaires et ses véritables labyrinthes de tranchées.
Ce n’est là qu’une estimation personnelle, mais je crois que le nombre de nos prisonniers doit maintenant dépasser largement les 8 000, tandis que les canons et autres prises de guerre que nous avons faits continuent de s’accroître en quantité comme en diversité. Il ne sera possible d’effectuer un décompte tant soit peu exact que lorsque la lutte sera devenue moins intense qu’elle ne l’a été au cours de ces trois derniers jours.
En tous lieux, nos hommes se comportent avec le même courage magnifique qu’ils ont montré depuis le début de la bataille. Quels qu’ils soient, où qu’ils soient et quoi qu’ils aient à affronter, leur comportement est admirable. Toute la machinerie de notre organisation à l’arrière des lignes, en outre, fonctionne, comme elle l’a fait durant toute la bataille, admirablement et sans le moindre accroc.
Nos relations avec nos camarades français deviennent, si cela est encore possible, chaque jour plus cordiales et empreintes d’un enthousiasme réciproque toujours plus grand.
PRISE DE MAMETZ WOOD
L’évacuation définitive de l’ennemi hors de Mametz Wood et son occupation complète par nos troupes constituent un exploit qui fait le plus grand honneur à ceux qui ont participé à l’opération.
J’ai déjà parlé de la superficie du bois et de la densité de sa végétation. Pour autant qu’on puisse évaluer une superficie aussi irrégulière, elle couvre environ 90 hectares. Il existe une zone où le bois est relativement dégagé, dans sa partie sud-ouest ; mais partout ailleurs, les jeunes pousses et les taillis qui ont échappé pendant deux saisons à l’éclaircissement habituel sont si denses que, comme l’a expliqué ce matin un officier qui faisait partie des premières troupes à s’y frayer un passage, même à pied, « il faut se tordre et se faufiler pour parvenir à passer ». Certaines allées ont été dégagées à travers le bois et une voie ferrée construite par les Allemands le traverse en diagonale du sud-ouest au nord-est dans sa partie supérieure.
À son extrémité méridionale, les Allemands avaient tendu des réseaux de barbelés entre les arbres. Ailleurs se trouvaient quatre canons lourds dans le bois, que nous avons capturés. Pour le reste, l’ennemi l’avait principalement défendu au moyen de positions de mitrailleuses, avec les accessoires habituels — profonds abris souterrains, etc. — en différents points de la périphérie, commandant toutes les approches ainsi que tout endroit à l’intérieur du bois où la végétation était moins dense. L'Allemand comptait sur la densité même du bois pour constituer un obstacle suffisant à toute attaque de quelque envergure.
Il était considéré comme si puissamment tenu que je sais que certains, au début de ces opérations, estimaient que nous ne pourrions jamais le prendre directement, mais que nous devrions nous contenter de le contourner et de le maintenir sous surveillance jusqu’à ce que nous puissions l’isoler et le réduire, pour ainsi dire, par un siège.
L’approche en était rendue extrêmement difficile, aussi bien par l’est que par le sud-ouest, en raison de l’enchevêtrement des positions connues sous le nom de Quadrangle (dont j’ai parlé précédemment), du côté ouest, et de positions similaires de l’autre côté. Le fait que nous ayons réussi à nous frayer méthodiquement un chemin du sud vers le nord, le bord septentrional du bois ne se trouvant qu’à quelque 300 mètres des tranchées de première ligne de la deuxième ligne allemande principale, malgré tout ce que l’ennemi pouvait faire depuis ses positions soigneusement choisies et malgré un bombardement d’artillerie très violent, constitue un magnifique témoignage de l’opiniâtreté et de la détermination de nos troupes.
PRENDRE LES ALLEMANDS PAR SURPRISE
C’est le 6 juillet que nos patrouilles pénétrèrent pour la première fois dans les parties méridionales du bois. Elles y trouvèrent deux canons de campagne mis hors de combat par notre tir d’artillerie et prirent littéralement les Allemands au dépourvu, en tuant plus de cinquante d’entre eux.
La veille, nous avions occupé une petite partie du bois connue sous le nom de Marlborough Wood, à droite, ou à l’est, du grand bois, au-dessus de Caterpillar Wood, qui commandait dans une certaine mesure les sorties du bois de ce côté.
Ce jour-là et les jours suivants, nous progressâmes également régulièrement sur la gauche, ou à l’ouest, à travers les labyrinthes du Quadrangle, prenant successivement les lignes de tranchées connues sous les noms de Quadrangle Trench, Quadrangle Alley et Wood Trench — toutes extrêmement solidement tenues et qui ne furent prises qu’après les combats les plus acharnés — jusqu’à ce que, dans la soirée du 10 juillet, il ne restât plus de position formidable de ce côté que celle connue sous le nom de Quadrangle Support, dont un angle s’appuyait sur de très fortes positions de mitrailleuses dans Acid Drop Copse.
C’est le 10 juillet que commença la véritable tentative de prendre le bois dans son ensemble, bien que, pendant toute cette période, celui-ci eût été soumis à un bombardement constant et, par moments, extrêmement violent.
Par des ruses qu’il n’est pas nécessaire de mentionner, nous parvînmes à tromper l’ennemi en lui faisant croire que notre véritable attaque serait lancée depuis le côté est du bois ; et, tandis qu’il concentrait un formidable barrage d’artillerie sur ce côté, notre force principale pénétra dans le bois par le sud, progressant vers le nord et le nord-ouest.
Ce soir-là, comme je l’avais rapporté à l’époque, nous avions parcouru environ les trois quarts du bois.
Le même jour, grâce à un acte de bravoure remarquable, les troupes se trouvant à l’extérieur du bois, sur le côté gauche, s’emparèrent de Quadrangle Support et de ses positions de liaison formidables. Sans cette position entre nos mains, nous n’aurions jamais pu atteindre l’extrémité du bois, sauf au prix de pertes extrêmement lourdes.
L’ARDEUR DE NOS HOMMES
Les officiers qui les commandent m’ont dit que rien n’aurait pu surpasser l’élan et l’ardeur de leurs hommes. En vérité, ils étaient presque trop ardents.
Au moment où ils attaquaient, nous avions, bien entendu, notre artillerie à l’œuvre sur le bois devant eux. Certains groupes dispersés de nos hommes allèrent jusqu’à traverser notre propre tir pour atteindre la lisière même du bois, nullement arrêtés par le fait qu’ils risquaient de perdre la vie sous les obus de leur propre artillerie en chemin.
Notre artillerie dut alors reporter son tir du bois sur la deuxième ligne allemande située au-delà, les Allemands tenant toujours leurs positions de mitrailleuses tout le long de la lisière nord et nord-est du bois.
Cette nuit-là, nous rappelâmes nos éléments avancés et nous organisâmes sur une ligne située environ à mi-hauteur du bois, constituée en partie d’une allée dégagée et en partie de l’ancienne voie ferrée.
L’ennemi tenta de nous contre-attaquer pendant la nuit, mais ne produisit aucune impression sur notre position.
Le matin, nous avançâmes de nouveau avec quatre bataillons, qui progressèrent vers l’est, le nord-est, le nord et le nord-ouest.
Outre des mitrailleuses et des fusils, l’ennemi disposait de Minenwerfer sur la lisière nord du bois.
Sur la majeure partie du front, nous parvînmes à 40 ou 50 mètres de la lisière, mais nous ne pûmes franchir cette dernière étroite bande, dont chaque mètre était chargé de mort.
SUCCÈS FINAL
Nous nous repliâmes de nouveau en partie jusqu’à la ligne sur laquelle nous nous étions arrêtés auparavant, tandis que, pendant trente minutes, nos canons pilonnaient la lisière du bois.
Dès que le bombardement cessa, nous attaquâmes de nouveau.
Mais les mitrailleuses, installées dans des retraites impénétrables aux angles nord-est et nord-ouest du bois, avaient échappé à notre bombardement et nous tinrent en échec pendant un certain temps, balayant chaque pouce du bois désormais à demi éclairci, où les arbres abattus, fracassés par les obus, formaient contre notre progression des barricades presque aussi redoutables que les réseaux de barbelés.
Ce ne fut que par un courage à toute épreuve et un mépris absolu de la mort que nous poursuivîmes notre avance.
Ce fut une journée de combat désespérée et effroyable ; et ce n’est qu’à 4 heures hier après-midi (11 juillet) que nous réussîmes finalement à déboucher du bois par son angle nord-est, à réduire au silence les mitrailleuses, à capturer le Minenwerfer et, pour autant qu’on le sache, à tuer ou à faire prisonnier chaque Allemand qui s’y trouvait.
Au cours de la soirée, l’angle restant du bois, celui du nord-ouest, fut pris et, à la tombée de la nuit, la totalité du bois était entre nos mains.
La nuit dernière fut consacrée à la consolidation de la position qui, je le répète, ne se trouve qu’à 300 mètres de la deuxième ligne allemande principale ; et, avec la prise de Contalmaison sur notre gauche et la réduction du Quadrangle et des autres positions situées entre les deux, toute cette partie du front jusqu’à la deuxième ligne ennemie est désormais, croit-on, solidement tenue.
Cela marque l’achèvement réussi d’une étape importante des opérations.
Au cours des opérations menées ici, abstraction faite de ce qui a été accompli à Contalmaison ou au-delà, un corps d’armée a fait environ 4 000 prisonniers.
La plupart d’entre eux, comme je l’ai déjà mentionné, appartiennent aux 16e régiment bavarois et 122e régiment wurtembergeois, ainsi qu’à la 3e division de réserve de la Garde prussienne. Il y a en outre des hommes des 77e et 184e régiments.
ARTILLERIE ET PIONNIERS
Notre artillerie engagée dans la réduction de Mametz Wood a reçu les chaleureuses félicitations du commandant de l’armée pour l’excellence de son travail ; les prisonniers eux-mêmes, peut-on ajouter, en témoignent tous également, mais dans un tout autre esprit.
Le travail des bataillons du génie qui progressèrent courageusement à travers le bois et rendirent d’éminents services en installant des réseaux et en aménageant de solides positions destinées à tenir le terrain conquis par l’infanterie mérite les plus grands éloges.
Ce n’est qu’un détail, mais il montre à quel point les combats des trois derniers jours ont été éprouvants : les officiers auxquels j’ai parlé n’avaient dormi que six heures au cours des soixante dernières heures ; et bien peu de nos hommes avaient dormi davantage.
[...]
Il est inutile d’insister une fois encore sur la grande importance de la prise de Contalmaison et de Mametz Wood, ainsi que des différentes tranchées et des points fortifiés qui les entouraient.
Nous faisons maintenant directement face à la principale deuxième ligne allemande.
Et je ne suppose pas que nous ayons l’intention de nous arrêter là.
Transcription du début et de la conclusion de l'article original anglais :
TWO TERRIBLE BATTLES.
MAMETZ WOOD AND CONTALMAISON.
FIGHTING DESCRIBED.
(From Our Special Correspondent.)
BRITISH HEADQUARTERS, JULY 12.
The news of the last 24 hours has been altogether good. We have taken, and, it seems, hold it as firmly as anything can be held in such fighting as this, both Contalmaison and the whole of Mametz Wood. We also hold the whole of Ovillers-La Boisselle, making (with Fricourt, Mametz, Montauban, and La Boisselle itself) six villages which we have now wrested from the enemy, besides the big wood with innumerable minor strong points and whole mazes of trenches.
It is only a personal estimate, but I believe that our prisoners now must well exceed 8,000, while the guns and other spoils which we have taken continue to increase in volume and in variety. Anything like an exact count can only be made when the struggle becomes less intense than it has been in these last three days.
At every point our men are behaving with the same splendid courage as they have shown from the beginning of the battle. Whoever they are, wherever they are, and whatever they have to meet, their behaviour is magnificent. The whole machinery of our organization behind the lines, moreover, works, as it has worked throughout, admirably and without any hitch.
Our relations with our French comrades grow, if possible, more cordial, and more mutually enthusiastic every day.
CAPTURE OF MAMETZ WOOD
The definite clearing of the enemy out of Mametz Wood and its complete occupation by our troops is an achievement which reflects the greatest credit on those engaged in the operation.
I have spoken before of the size of the wood and the density of the growth. As nearly as one can calculate an area so irregular in form, it comprises about 220 acres. There is one patch where it is fairly open, in its south-westerly portion; but in all the rest the young growth of saplings which have missed two seasons of their usual thinning is so thick that, as an officer who was with the first troops to push through expressed it this morning, even when on foot "you have to twist and squeeze to get through." There are certain drives cleared through it and a German-laid railway line cuts diagonally across it from south-west to north east in its upper portion.
In its southern end the Germans had strung barbed-wire entanglements through the trees. Elsewhere there were four heavy guns in the wood, which we have captured. Apart from this, the enemy had it chiefly defended with machine-gun positions, with the usual concomitants of the deep dug-outs, &c., at various points round the circumference, commanding all approaches and any place on the inside of the wood where the growth was thin. He expected the density of the wood itself to be a sufficient obstacle to anything like formidable attack.
So strong was it held to be that I know that there were those who, at the beginning of these operations, considered that we could never carry it directly, but should have to content ourselves with working round it and keeping it masked until we could isolate and reduce it, as it were, by siege. Approach to it, both from the east and s. west, was made extremely difficult by the interlaced position of what is known as the Quadrangle (of which I have spoken before) on the west side and similar positions on the other. That we have forced our way up systematically through from the south to the north, the northern edge being only some 300 yards from the front trenches of the main German second line, in spite of all that the enemy could do from his carefully chosen positions, added to very heavy artillery shelling, is a magnificent testimony to the stubbornness and determination of our troops.
CATCHING THE GERMANS NAPPING.
It was on July 6 that our patrols first penetrated into the southern points of the wood. There they found two field guns put out of action by our artillery fire and they caught the Germans literally napping and killed over 50 of them.
On the preceding day we had occupied a little bit of wood known as Marlborough Wood on the right, or east, side of the big wood, above Caterpillar Wood, which to some extent commanded the exits from the wood on that side. On that and succeeding days we also worked steadily up on the left, or west, side through the mazes of the Quadrangle, taking in succession lines of trench known as Quadrangle Trench, Quadrangle Alley, and Wood Trench—all extremely strongly held and only taken after most bitter fighting—until, by the evening of July 10, there remained only one formidable position on this side, known as Quadrangle Support, with one corner resting on very strong machine-gun positions in Acid Drop Copse. It was on July 10 that the real attempt to take the wood as a whole was begun, though throughout this period it had been subjected to constant and at times very severe bombardment.
By ruses which need not be mentioned we managed to deceive the enemy into thinking that our real attack was to be delivered from the east side of the wood, and, while he put a tremendous artillery barrage on that side, our main force pushed up into the wood from the south, working north and north-west. That evening, as I reported at the time, we were some three-quarters of the way through the wood.
On the same day, by a very gallant piece of work, the troops outside the wood on the left side carried the Quadrangle Support with its formidable connecting positions. Without this position in our hands we could never have got to the top of the wood, except at very heavy cost.
KEENNESS OF OUR MEN.
Officers in command have told me that nothing could have exceeded the dash and keenness of their men. Indeed, they were almost too keen. As they attacked, we, of course, had our artillery at work on the wood ahead of them. Some scattered parties of our men actually pushed through our own fire to the very edge of the wood, not in the least deterred by the fact that they must lose their lives from our own shells on the way. Our artillery, then, had to lift off the wood on to the German second line beyond, the Germans still holding their machine-gun positions all along the northern and north-eastern edge of the wood. That night we drew in our advanced parties and organized on a line about half-way up the wood, made up partly of an open drive and partly of the old railway line. The enemy tried to counter-attack us during the night, but made no impression on our position. In the morning we again advanced with four battalions, which pushed out to the east, north-east, north, and north-west. Besides machine-guns and rifles the enemy had Minenwerfer on the northern edge of the wood. We got, over most of the front, to within 40 or 50 yards of the edge, but could not make that last narrow strip, every yard of which was charged with death.
FINAL SUCCESS.
Again we drew back part way to the line on which we had rested before, while for 30 minutes our guns pounded the edge of the wood. Immediately the bombardment ceased we attacked again. But the machine-guns, in impenetrable retreats at the north-east and north-west angles of the wood, had escaped our shelling and for some time held us up, sweeping every inch of the now half-thinned wood, through which the fallen timber, shattered by the shells, made barricades against our advance almost as formidable as wire entanglements. Only by sheer pluck and utter contempt for death did we go on.
It was a desperate and awful day's work; and it was not until 4 o'clock yesterday afternoon (July 11) that we finally broke out of the wood on the north-east corner, silenced the machine-guns, captured the Minenwerfer, and, so far as is known, killed or took prisoner every German there.
During the evening the remaining (or north-west) corner of the wood was taken and by nightfall the whole place was in our hands.
Last night was spent in consolidating the position, which, again let me say, is only 300 yards from the main German second line, and, with the capture of Contalmaison on the left and the reduction of the Quadrangle and other positions between the two, the whole of this bit of the front up to the enemy's second line is now, it is believed, firmly held. It marks the successful completion of an important stage in the operations.
In the course of the operations here, exclusive of what has been achieved at Contalmaison or beyond, one corps has taken about 4,000 prisoners. The bulk of these, as I have mentioned before, are from the 16th (Bavarian) and 122nd (Wurtemburg) Regiments and the 3rd Reserve Division of the Prussian Guard. In addition there are men from the 77th and 184th Regiments.
ARTILLERY AND PIONEERS.
Our artillery engaged in the reduction of Mametz Wood has received the warm congratulations of the Army Commander for the excellence of its work, to which, it may be added, the prisoners all also testify in a different spirit. The work of the Pioneer Battalions who pushed up through the wood most gallantly and did splendid service in wiring and making strong positions to hold the ground which the infantry took is worthy of the highest praise. It is only a detail, but it shows the strenuous nature of the fighting during the last three days, that the officers to whom I spoke had only had six hours' sleep in the last 60 hours; and not many of our men got more.
[...]
It is unnecessary to insist again on the great importance of the capture of Contalmaison and Mametz Wood, with the various trenches and strong points which surrounded them. We are now fairly confronting the German main second line. And I do not suppose that we have any fixed intention of remaining there.
The Times, Friday 14 July 1916, from the National Library of Wales website — Aberystwyth.
Lien vers ce document :
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Merci pour votre intérêt. Bonne lecture.
Bien cordialement.
Eric