BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Organisation, unités, hôpitaux, blessés....
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes


ae80 a écrit : jeu. avr. 09, 2026 9:03 am BRUAS GBD 73 Tunnel de Tavannes


73e division d'infanterie
Service de santé : J.M.O.
J.M.O. - 5 août 1914-22 septembre 1916 - 26 N 401/5
https://www.memoiredeshommes.defense.go ... mage/37337


4 septembre 1916 Page 95/104

A 21 heures 30, une explosion violente suivie d'incendie se produit au Tunnel de Tavannes. Ce tunnel contenait des dépôts de grenades, des fusées éclairantes, de nombreux bidons d'essence. De plus, il était miné...


5 septembre 1916 Page 97/104

Les victimes de la catastrophe du Tunnel sont nombreuses. Le G.B.D. 73 a particulièrement souffert. L'état des pertes signale 102 disparus dont le médecin-chef, M. le Médecin-Major de 2e classe BRUAS ; 4 pharmaciens auxiliaires, MM. BAREAUD, MAS, ROYER, VIALLON ; deux dentistes militaires, MM. COUSIN et PETIT ; 7 sergents ; 11 caporaux ; 77 brancardiers.

Le G.B.D. 73 est réduit à 95 officiers et hommes : 1 médecin aide-major, 1 pharmacien aide-major, 3 aumôniers, 2 officiers d'administration, 2 médecins auxiliaires, 5 sergents, 9 caporaux, 70 brancardiers, est relevé et mis au repos à Dugny.


========================================================


VIALLON Pierre Eugène
Né le 18 décembre 1887 à Montbrison (Loire)
Étudiant en pharmacie dans sa vingtième année, il se présente devant le conseil de révision du canton du lieu ; il possède un degré d'instruction générale de niveau 5. Le N° matricule au recrutement 1452 lui est attribué. Son signalement nous indique qu'il mesure 1 mètre 70, qu'il a les cheveux, sourcils et yeux châtains, un front ordinaire, le nez et la bouche moyens, le menton rond et le visage ovale.
Classé dans la 1ère partie de la liste en 1908, il est donc apte au service armé.
Il est incorporé à la 15e Section d'Infirmiers Militaires à compter du 7 octobre 1908. Il arrive au corps dès le lendemain. Il est soldat de 1ère classe le 15 avril 1909 et caporal le 11 octobre de la même année. Le 25 septembre 1910, il est envoyé dans la disponibilité.
En janvier 1912, il demeure à Lyon, Hôpital Saint-Pothin où il est pharmacien.
Il est rappelé à l'activité (décret du 1er août 1914), lors de la mobilisation générale.
Ses corps d'affectation sont la 13e Section d'Infirmiers Militaires de Clermont-Ferrand et la 8e Section d'Infirmiers Militaires. Son appartenance à la 23e S.I.M. n'apparaît pas sur son feuillet matricule.
Il est nommé pharmacien auxiliaire le 6 août 1916.
Il décède antérieurement au 12 septembre 1916, au Tunnel de Tavannes, région de Verdun. Avis ministériel H.A. 855 du 23 septembre 1916.
Un secours immédiat de 200 francs est accordé à M. VIALLON (son père), le 10 novembre 1916.

Sources : archives départementales de la Loire - cote 1R1560
Subdivision militaire de Montbrison - Matricules numéros 1001 à 1500 - Classe 1907
https://archives.loire.fr/ark:/51302/vt ... vz=6.99121


Aucune fiche dans la base des militaires tués pendant la Première Guerre mondiale ne semble être conservée (Mémoire des Hommes)


Base des sépultures de Guerre

VIALLON Pierre Eugène
Grade : pharmacien auxiliaire
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (55 - Meuse, France)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1


Journal officiel du 11 mai 1920 page 7096
8e Section d'Infirmiers

VIALLON (Pierre), matricule 5629 R, pharmacien auxiliaire : bon sous-officier courageux et dévoué. Mort au champ d'honneur, le 12 septembre 1916, devant Verdun, en faisant vaillamment son devoir. Croix de guerre avec étoile de bronze.
Dernière modification par ae80 le mar. avr. 14, 2026 12:09 pm, modifié 4 fois.
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes



ROYER Marcel Pierre Eugène
Décédé le 4 septembre 1916 à l'Ambulance 3/64 au Tunnel de Tavannes (Meuse) de blessures de guerre.
Né le 19 juillet 1890 à Gibeaumeix (Meurthe-et-Moselle)
Décédé à l'âge de 26 ans, 1 mois et 15 jours
Grade : pharmacien aide-major de 1re classe
Unité : 12e régiment de dragons (12e RD) - Détaché au Groupe de Brancardiers Divisionnaires de la 73e Division d'Infanterie.
Classe 1910 - Bureau de recrutement de Toul (Meurthe-et-Moselle)
Matricule au recrutement : 312
Mention : Mort pour la France
Jugement déclaratif de décès rendu le 14 mars 1917 par le tribunal civil de Toul
Lieu de transcription du décès : Pierre-la-Trèche (Meurthe-et-Moselle) le 21 août 1917

23e SIM ROYER.jpg
23e SIM ROYER.jpg (197.02 Kio) Consulté 239 fois


Base des sépultures de Guerre

ROYER Marcel Louis Eugène
Grade : pharmacien auxiliaire
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (55 - Meuse, France)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1


ROYER Marcel Louis Eugène
Né le 19 juillet 1890 à Gibeaumeix (Meurthe-et-Moselle)
Stagiaire en pharmacie lors de son passage devant le conseil de révision de Toul-Sud en 1910.
N° matricule au recrutement : 312
Il mesure 1 mètre 67 et son degré d'instruction est enregistré au niveau 5. Il a les cheveux châtains, les yeux bleus, le front découvert, le nez aquilin et le visage long.
Il est le fils de Joseph Hippolyte ROYER et de COLIN Marie Marthe, domiciliés à Ochey, canton de Toul-Sud.
Il est incorporé au 12e régiment de Dragons, le 20 juillet 1914.
Nommé pharmacien auxiliaire le 17 février 1916.
Il passe à la 23e Section d'Infirmiers Militaires, le 16 juillet 1916.
Disparu le 4 septembre 1916 - décédé antérieurement au 12 septembre 1916.

Aux armées du 2 août 1914 au 12 septembre 1916.

Sources : archives départementales de Meurthe-et-Moselle
1910, 1 R 1415

https://archivesenligne.meurthe-et-mose ... image/7970
Dernière modification par ae80 le mar. avr. 14, 2026 2:33 pm, modifié 2 fois.
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes



PETIT Victor Louis Maurice
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes, près de Verdun (Meuse) - Disparu.
Né le 30 avril 1888 à Toul (Meurthe-et-Moselle)
Décédé à l'âge de 28 ans, 4 mois et 4 jours
soldat de 2e classe à la 23e section d'infirmiers militaires (23e SIM)
Classe 1908 - Bureau de recrutement de Toul (Meurthe-et-Moselle)
Matricule au recrutement : 622
Mention : Mort pour la France
Jugement déclaratif de décès rendu le 15 décembre 1922 par le tribunal de la Seine
Lieu de transcription du décès : Paris 1er arrondissement (ex Seine) le 13 mars 1923 - Domicile indéterminé.


Base des sépultures de Guerre

PETIT Victor Louis Maurice
Grade : dentiste auxiliaire
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (55 - Meuse, France)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1

Le feuillet du registre matricule qui le concerne est lapidaire !

PETIT Victor Louis Maurice
Né le 30 avril 1888 à Toul (Meurthe-et-Moselle)
Profession : chirurgien-dentiste
fils de Victor PETIT et de Rose Marie Anne
N° matricule au recrutement : 622
Degré d'instruction : 3
L'homme mesure 1 mètre 64, il a les cheveux châtains, les yeux bleus, le front ordinaire, le nez moyen et le visage ovale.

Rien sur son parcours dans la partie : détail des services et mutations diverses.

Sources : archives départementales de Meurthe-et-Moselle
1908, 1 R 1398
https://archivesenligne.meurthe-et-mose ... image/7955
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes


Parmi les victimes de la catastrophe du Tunnel : 7 sergents



BOURGUIGNON Aimé Marcel
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse) - Tué "sur le champ de bataille"
Né le 23 mai 1889 à Aiglemont (Ardennes)
Décédé à l'âge de 27 ans, 3 mois et 11 jours
sergent
Unité : 20e 23e section d'infirmiers militaires (20e SIM) (sic) *
Classe : 1909 - Bureau de recrutement de Charleville-Mézières (Ardennes)
Matricule au recrutement : 1156
Mention : Mort pour la France
Lieu de transcription du décès : Aiglemont (Ardennes) le 22 juillet 1920

* Il faut retenir : 23e Section d'Infirmiers - voir ci-dessous

Base des sépultures de Guerre

BOURGUIGNON Aimé Marcel
Grade : sergent
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (Meuse)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1

BOURGUIGNON Aimé Marcel
Passé à la 20 Section d'infirmiers militaires le 26 janvier 1913 (sergent rengagé le 30 janvier 1913) - Nommé sergent le 1er mars 1913 (?) (mention marginale). Il est affecté au G.B.D. 73 le 17 février 1916 et rejoint la 23e Section d'Infirmiers militaires le même jour. N° matricule au corps : 3351.
Disparu le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Verdun).
Décédé - Inhumé au cimetière militaire de Dugny.

Sources : archives départementales des Ardennes - 1R 220 - Classe 1909
https://archives.cd08.fr/archives-numer ... mage/39356



DAUM Léon
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse)
Né le 15 avril 1886 à Paris 18e arrondissement (ex Seine)
Décédé à l'âge de 30 ans, 4 mois et 19 jours
sergent à la 24e section d'infirmiers militaires (24e SIM)
Classe 1906 - Bureau de recrutement de la Seine 4e bureau (75)
Matricule au recrutement : 103
Matricule au corps : 105
Mention : Mort pour la France
Cause du décès : des suites de blessures
Jugement rendu le 26 mars 1920 par le tribunal de la Seine
Date de transcription du décès : 17/5/1920
Lieu de transcription du décès : Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine) (ex Seine et Seine-et-Oise)

Base des sépultures de Guerre

DAUM Léon
Grade : sergent
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (Meuse)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1

DAUM Léon
Élève en pharmacie lors de sa présentation devant le conseil de révision dans sa vingtième année. Il mesure 1 mètre 72 et présente un degré d'instruction de niveau 4. Il a les cheveux, les sourcils et les yeux bruns, un front ordinaire, un nez fort, une bouche moyenne, un menton rond et le visage ovale.
Durant son service au 19e S.I.M. il entre octobre 1907 et septembre 1909, il gagne ses galons de sergent.
Il effectue un période d'exercices à la 22e Section d'Infirmiers militaires du 20 septembre au 12 octobre 1911.
Le 28 juillet 1914 il demeure à Issy 11, rue du Moulin de Pierres.
Rappelé à l'activité le trois août 1914 par décret du 1er août 1914 pour répondre à l'ordre de mobilisation générale, a rejoint son corps, soit la 24e Section d'Infirmiers Militaires, où il est enregistré sous le N° matricule 0105.
Disparu le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (présumé décédé) - avis du ministère de la guerre H.D. 1874 du 9 octobre 1916
Réponse de la 23e Section d'Infirmiers pour (la) 24e, le 25/9/1935 - pas de jugement rendu.

Sources : archives de la ville de Paris - recrutement militaire de la Seine
D4R1 1375, Daum, Léon, 103
https://archives.paris.fr/archives-nume ... e/10306088

DAUM Léon - Jugement
Vu la signification à nous faite le quinze mai mil neuf cent vingt par M. le Procureur de la République agissant d'office dans l'intérêt de l'ordre public et aux termes de l'article 79 du code civil 1° de la Grosse d'un jugement rendu par le tribunal civil de première instance du département de la Seine le vingt-six mars mil neuf cent vingt, nous avons du dit jugement extrait ce qui suit :
"Le quatre septembre mil neuf cent seize est décédé des suites de ses blessures au Tunnel de Tavannes (Meuse) DAUM Léon sergent au Groupe de Brancardiers soixante treizième Division, né à Paris, dix-huitième arrondissement, le quinze avril mil huit cent quatre-vingt-six, fils légitime de feu Charles DAUM et de feue Alexandrine Irma DELHOCHE, époux de DARRIEUSECQ Marie, domiciliée en dernier lieu à Issy-les-Moulineaux (seine) onze rue du Moulin de Pierre, Le dit Léon DAUM "Mort pour la France". Transcrit le dix-sept mai mil neuf cent vingt à neuf heures du matin, par nous Georges Alexandre Leterrier, adjoint au maire d'Issy-les-Moulineaux, officier de l'état-civil par délégation.


Sources : archives départementales des Hauts-de-Seine - cote 1E_NUM_ISM_D1920
Commune d'Issy-les-Moulineaux décès pour l'année 1920 page 60/163
https://archives.hauts-de-seine.fr/ark: ... vz=4.76254



MOREAU Alexandre Auguste
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse) des suites de blessures reçues en service.
Né le 18 avril 1885 à Montreuil (Seine-Saint-Denis) (ex Seine et Seine-et-Oise)
sergent à la 24e Section d'Infirmiers Militaires
Classe 1905 - Bureau de recrutement de la Seine 4e Bureau (75) - Matricule au recrutement : 3362
Mention : Mort pour la France
Lieu de transcription de décès : Montreuil (Seine) le 6 juin 1917

Base des sépultures de Guerre

MOREAU Alexandre
Grade : sergent
Classe : 1915
Bureau de recrutement de la Seine 5e bureau (75)
Matricule au recrutement : 336
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (Meuse)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1

MOREAU Alexandre Auguste
Passé à la 24e Section d'Infirmiers Militaires le 31 janvier 1915, il est nommé sergent le 1er juillet 1915. Tué à l'ennemi le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes.

Sources : archives de la ville de Paris - recrutement militaire de la Seine
D4R1 1330, Moreau, Alexandre Auguste, 3362
https://archives.paris.fr/archives-nume ... e/10270622



RÉGNIER Henri Antoine
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse) des suites de blessures en service.
Né le 29 septembre 1882 à Loches (Indre-et-Loire)
Décédé à l'âge de 33 ans, 11 mois et 5 jours
sergent fourrier à la 9e section d'infirmiers militaires (9e SIM)
Classe 1902 - Bureau de recrutement de Le Blanc (Indre)
Matricule au recrutement : 443
Mention : Mort pour la France
Lieu de transcription du décès : Loches (Indre-et-Loire) le 8 février 1917

Base des sépultures de Guerre

RÉGNIER Henri Antoine
Grade : sergent
Mention : Mort pour la France
Lieu de sépulture : Dugny-sur-Meuse (Meuse)
Type de sépulture : ossuaire
Numéro de la sépulture : 1

Journal officiel du 19 novembre 1920 page 18615
9e section d'infirmiers militaires.

REGNIER (Henri-Antoine), matricule 03782, sergent : sous-officier brancardier qui s'est tous jours montré courageux et dévoué. Tué glorieusement à son poste, dans l'explosion du tunnel de Tavannes, le 4 septembre 1916. Croix de guerre avec étoile de bronze.
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes


La Revue Universelle du 1er mars a publié des notes de guerre du lieutenant César Méléra, sous le simple titre : Verdun. Nous n'en connaissons que ces dis feuillets, mais dix feuillets pleins d'âne étrange beauté et d'une déchirante vérité. Quand on les a lus, on voudrait continuer à suivre cet officier, simple et grand dans la peine et la douleur, jusqu'en haut de son calvaire, jusqu'à sa mort, face à l'ennemi.
Ce carnet de guerre est fait d'annotations rapides, griffonnées sans doute entre deux rafales d'obus, trois ou quatre fois par jour, dans ce qu'il est devenu commun d'appeler l'enfer de Verdun.

Sources : L'Action française édition du 1er avril 1926
Site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France


=====================================================


César MÉLÉRA - Verdun (juin-juillet 1916) ; La montagne de Reims (mai-juin 1918)
VOIR LE TEXTE :
https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k ... rk=21459;2
pages 33 à 35


Houdainville (sic) *, 16 juin
Arrivé sain et sauf. Comme je le prévoyais, soirée nerveuse. Des deux côtés on prévoyait une attaque. Fusées rouges, fusées blanches et rouges, fusées vertes. Tirs de barrage réciproques, les avant-postes tiraillent. Eu peur de la casse durant la relève. Bien passé. Encore plus fiers d'être des marsouins. Un homme est un homme, mais coloniaux et marins nous avons spécialement bien trempé notre troupe. Relevé par le 132. Cadavres roides dans la vallée de la Mort. Blessés qui râlent. Sur la crête, rendu à moitié sourd par un obus qui n'a pas dû passer bien loin de mon crâne. Retardés par des brancardiers. Je fais laisser les armes des morts au tunnel. Si on les ramassait régulièrement, il n'y en aurait pas tant à traîner.
Tunnel **, antichambre de l'enfer. Oh ! pauvre tunnel de Metz à Verdun franchi tant d'autres fois ! Immonde. Deux ou trois mille hommes vivant là-dedans sans air, sans lumière, ambulances et troupes mélangées, satisfaisant à tous les besoins, même les plus intimes de la vie, dans ce long couloir. Chevaux, mulets entassés. Une boue fétide atteignant quelquefois la cheville, dégageant une odeur effroyable, un air lourd, opaque. Qui n'a vu des blessés râlant sur le champ de bataille, sans soins, buvant leur urine pour calmer la soif, et la vie des hommes sous le tunnel de Metz à Verdun, n'a rien vu de la guerre.
Verdun est terrible, pas plus que ne le fut Arras ou l'Yser en 1914, il est terrible en ce qu'on y est obligé de soutenir une guerre de rase campagne contre des moyens de forteresse ; il est terrible parce que l'homme s'y bat contre du matériel en ayant sensation de taper dans le vide ; il est terrible encore plus parce qu'il est impossible d'y manger, d'y avoir chaud et surtout d'y dormir.
Sorti du tunnel, remonté chercher des ordres. Trouvé personne. Rallié ce que je pus de la compagnie dans cette tour de Babel. Revenu seul avec une troupe lamentable : « casquée de fer, vêtue de glaise, trempée de sueur autant que d'eau ». Partis du tunnel à 3 heures, nous sommes trois heures pour arriver à Houdainville
(sic) *, trois heures pour faire un peu plus de 5 kilomètres.

Là, plus de fourrier, plus de caporal fourrier. Je m'encaisse encore ces fonctions-là. Enfin, nous sommes maintenant à Nubécourt (Meuse), d'où nous sommes partis 215, il y a quinze jours et où nous sommes revenus 131.
Verdun coûte cher. Nous y avons perdu environ 1.600 hommes.

* Lire : HAUDAINVILLE
** TUNNEL DE TAVANNES : tunnel ferroviaire d'une seule voie où passe le chemin de fer allant de Verdun à Metz. Situé au nord ouest du fort de Tavannes, il est long de 1400 m et large de 5.
VOIR :
http://www.lesfrancaisaverdun-1916.fr/t ... vannes.htm

MÉLÉRA Timothée César
Tué à l'ennemi le 25 octobre 1918 au Four à Chaux sous/secteur de Champenoux (Meurthe-et-Moselle)
Né le 14 juillet 1884 à Athies-sous-Laon (Aisne)
Sous-lieutenant au 12e Bataillon de Tirailleurs Malgaches
Classe 1904 - Bureau de recrutement de Laon - Matricule au recrutement : 176
Mention : Mort pour la France
Acte transcrit le 9 août 1921 à Paris (14e arrondissement)
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes


Sur ce pharmacien voir l'article qui lui est consacré en haut de la page 2 de ce sujet


Journal officiel du 4 janvier 1923 (18 juillet 1923 rectifié) page 739
1923/01/04-1923/12/31.
Attribution de la Médaille militaire à titre posthume
23e Section d'Infirmiers.

BAREAUD (Gustave-Isaïe), matricule 1528, pharmacien auxiliaire : excellent pharmacien auxiliaire, d'un dévouement absolu. Tombé glorieusement au champ d'honneur, le 4 septembre 1916, au tunnel de Tavannes, dans l'accomplissement de son devoir. Croix de guerre avec étoile d'argent.

Fait à Paris, le 28 mai 1923.
MAGINOT.

23e SIM BAREAUD nomination.jpg
23e SIM BAREAUD nomination.jpg (65.04 Kio) Consulté 134 fois
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes


Cimetière de la Maisonnette près de l'entrée du Tunnel de TAVANNES

Où se situe-t-il ? Près du chemin du Bois des Hospices (côté Verdun), dans le Fond de Tavannes, au pied du Bois des Hospices ? au point coté 270 (altitude) qui offre un espace assez grand pour un cimetière ? (Voir la carte topographique IGN sur Géoportail)


"On eût pu établir sur la droite, un boyau spécial pour l'évacuation des blessés, au moins jusqu'au croisement de la voie, chemin le plus dangereux, jusqu'au point appelé : « La Maisonnette », habitation de l'ancien garde-voie, ouverte de tous côtés par les obus."
Sources - VOIR : Le tunnel de TAVANNES (Par René le GENTIL)
http://www.chtimiste.com/batailles1418/ ... vannes.htm


Il est avéré, pour au moins TROIS brancardiers du 23e S.I.M., qu'ils sont inhumés dans un premier temps à cet endroit.


DAIAN Zébouloune Jules
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse)
Décès constaté le 10 septembre 1916 au lieu-dit "Tunnel de Tavannes à Verdun. Inhumé au cimetière de la Maisonnette près de l'entrée du Tunnel à Tavannes - plaque N° 85.


BODIER Lucien Paul
Décédé le 4 septembre 1916, "Mort pour la France", au Tunnel de Tavannes (Meuse). Inhumé au cimetière de la Maisonnette, fosse 1, à l'Est en partant (?) de la Maisonnette.


Sur eux deux voir la page 2 de ce sujet.


GUILLOT Gabriel
Affecté au G.B.D. 73, ce même 9 avril 1915, il décède le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse). Décès constaté le 11 septembre 1916. Il est inhumé au cimetière du Tunnel de Tavannes (avis ministériel E.H. 331 du 5 octobre 1916).

Sur ce brancardier voir l'article ci-dessous


N.B. évidemment, cette maisonnette n'a rien à voir avec le haut-lieu de combat qu'est La Maisonnette près de Biaches dans la Somme.
Dernière modification par ae80 le ven. avr. 17, 2026 6:21 pm, modifié 2 fois.
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes



GUILLOT Gabriel
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse) - Tué à son poste.
Né le 1er septembre 1892 à Bouilly-sur-Yonne (Yonne)
Décédé à l'âge de 24 ans et 3 jours
caporal à la 23e section d'infirmiers militaires (23e SIM)
Classe 1912 - Bureau de recrutement d'Auxerre (Yonne) - Matricule au recrutement : 812
Mention : Mort pour la France
Jugement déclaratif de décès rendu le 13 novembre 1918 par le tribunal d'Auxerre
Lieu de transcription du décès : Toucy (Yonne) le 24 novembre 1918

GUILLOT Gabriel
Préparateur en pharmacie, il possède un degré d'instruction de niveau 3 et demeure à Saint-Germain-en-Laye (Seine-et-Oise) au moment de sa présentation devant le conseil de révision de Toucy. Ses parents Maximin Appolinaire GUILLOT et Victorine Justine PARIGOT (déjà décédée) sont domiciliés en ce lieu (Toucy). Le jeune homme qui mesure 1 mètre 65, a les cheveux châtain foncé, les yeux jaunes, le front moyen, le nez cave et gros, le menton fuyant et le visage large.
Mis en route le 17 octobre 1913, il arrive au corps - la 21e Section d'infirmiers Militaires, deux jours plus tard, le 19 octobre. Nommé caporal le 20 mars 1915. Il passe à la 23e Section d'Infirmiers Militaires le 9 avril 1915 (circulaire ministérielle du 31 janvier 1915) - N° matricule au corps : 0548.
Affecté au G.B.D. 73, ce même 9 avril 1915, il décède le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse). Décès constaté le 11 septembre 1916. Il est inhumé au cimetière du Tunnel de Tavannes (avis ministériel E.H. 331 du 5 octobre 1916). Décès fixé au 4 septembre 1916 par jugement déclaratif de décès rendu le 13 novembre 1918 par le tribunal civil d'Auxerre et transcrit sur les registres d'état civil de la mairie de Toucy le 24 novembre 1918 - avis ministériel du 13 décembre 1918.
Campagnes :
Algérie du 18 octobre 1913 au 1er août 1914
Contre l'Allemagne du 2 août 1914 au 4 septembre 1916

Sources : archives départementales de l'Yonne - cote 1 R 732 - Matricules de 501 à 1000
https://archives.yonne.fr/ark:/56431/vt ... vz=5.42037

23e SIM GUILLOT.jpg
23e SIM GUILLOT.jpg (267.44 Kio) Consulté 85 fois


PIVARD Joseph Victor Daniel
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes (Meuse) - Tué à l'ennemi
Né le 5 octobre 1879 à Châtellerault (Vienne)
Décédé à l'âge de 36 ans, 10 mois et 29 jours
caporal à la 23e section d'infirmiers militaires (23e SIM)
Classe 1899 - Bureau de recrutement de la Seine 2e bureau (75)
Matricule au recrutement : 3510
Mention : Mort pour la France
Jugement déclaratif de décès rendu le 2 juin 1920 par le tribunal de Caen
Lieu de transcription du décès : Caen (Calvados) le 17 juillet 1920

PIVARD Joseph Victor Daniel
Garçon pharmacien, il réside au n° 20, rue Schefffer, dans le 16e arrondissement de la capitale, au moment où il se présente devant le conseil de révision. Son degré d'instruction exercé est évalué au niveau 3. L'homme mesure 1 mètre 62. Il a les cheveux, sourcils et yeux bruns, un front ordinaire, un nez et une bouche jugés moyens, un menton rond et le visage ovale.
Il effectue son service armé à la 6e Section d'Infirmiers entre novembre 1900 et septembre 1902.
En janvier 1913, il quitte la région parisienne et Puteaux, pour s'installer à Caen (Calvados, au 15, Place Reine Mathilde.
L'année suivante, il répond à l'ordre de mobilisation générale et arrive au détachement le 3 août 1914, soit la 24e Section d'infirmiers Militaires de Versailles. Il passe à une date inconnue à la 23e section d'Infirmiers Militaires où on lui connaît deux numéros matricules le 0560 et ensuite le 2054.
Il est porté disparu le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes - présumé décédé. L'avis ministériel H.D 1870 du 9 octobre 1916 l'officialise.
Un secours immédiat de 150 francs est accordé le 20 avril 1917n en exécution de la circulaire ministérielle du 17 février 1915.
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes - jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal civil de Caen le 2 juin 1918.
Campagne contre l'Allemagne du 3 août 1914 au 4 septembre 1916.

Sources : archives de la ville de Paris - recrutement militaire de la Seine
D4R1 1026, Pivard, Joseph Victor Daniel, 3510

https://archives.paris.fr/archives-nume ... e/10711217
Dernière modification par ae80 le ven. avr. 17, 2026 6:48 pm, modifié 5 fois.
Cordialement
Eric ABADIE
Avatar de l’utilisateur
ae80
Messages : 2245
Inscription : mar. sept. 23, 2008 2:00 am

Re: BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes

Message par ae80 »

BRUAS Médecin-chef GBD 73 Tunnel de Tavannes



LESGOUARRES Joannès
Décédé le 4 septembre 1916 au Tunnel de Tavannes, tué à l'ennemi - disparu - (Meuse)
Né le 3 mai 1890 à Arjuzanx (Landes)
Décédé à l'âge de 26 ans, 4 mois et 1 jour
soldat de 2e classe à la 18e section d'infirmiers militaires (18e SIM)
Groupe de Brancardiers de la 73e Division
Classe 1910 - Bureau de recrutement de Mont-de-Marsan (Landes) - Matricule au recrutement : 856
Mention : Mort pour la France
Jugement déclaratif de décès rendu le 9 juin 192 par le tribunal de Mont-de-Marsan
Lieu de transcription du décès : Morcenx (Landes) le 11 juin 1921
Cordialement
Eric ABADIE
Répondre

Revenir à « SERVICE SANTE »