Recherche Parcours 111ème R.AL.

ALVF
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Re: Recherche Parcours 111ème R.AL.

Message par ALVF » mer. déc. 23, 2020 10:07 pm

Bonsoir,

A la lecture du JMO, malheureusement très succinct pour la période intéressant votre AGP alors qu'il est très détaillé au début de l'emploi opérationnel de la batterie, on peut tirer deux certitudes:

-votre AGP, à la date de sa blessure en mars 1916, est bien désigné "trompette". Les Tableaux des Effectifs indiquent que chaque batterie possède trois ou quatre trompettes (en fonction du type de la batterie). Outre leur spécialité, les trompettes jouent un rôle dans la transmission des ordres et ils sont formés comme conducteurs. Un ancien cavalier, trompette, nécessite donc peu d'instruction complémentaire lors de son passage dans l'artillerie à l'exception de l'instruction sur le matériel d'artillerie.

-à la lecture du JMO, il n'y a aucune ambiguïté, le 22 mars 1916 une pièce de 105 L éclate sous l'effet de son propre tir et la blessure de votre AGP est causée par cet éclatement. D'ailleurs, la dernière pièce de la batterie éclatera aussi le 1er avril 1916 laissant la batterie sans canon disponible.

Jusqu'en 1916, on note une assez forte proportion d'éclatement de pièces de 105 L modèle 1913 pour les raisons principales suivantes:
-à son entrée en service, le 105 L tire beaucoup car sa portée de 12.600 m (avec l'obus en acier modèle 1914) permet d'atteindre des objectifs jusque là inaccessibles à l'artillerie française (par exemple les Drachen dont les points d'ascension avaient été judicieusement placés par les allemands hors de l'atteinte du 75 ou des pièces anciennes de 120 L ou de 155 L de Bange).
-la charge initiale des obus était forte et "fatiguait" le matériel, une première mesure sera de diminuer la charge de poudre contenue dans les douilles de 100 grammes, ce qui faisait perdre 500 m de portée au matériel.
-en 1916, la mise en service d'une fusée Instantanée provoque des accidents au départ du coup, ces accidents cesseront après l'amélioration des fusées IA.
A partir du deuxième semestre 1916 seulement, le nombre des accidents de tir diminuera très nettement et ceux-ci seront très rares en 1917-1918.

L'éclatement d'une pièce est toujours un accident grave qui, outre la destruction du matériel, provoque des blessures et mutilations souvent mortelles aux servants du canon.
L'éclatement d'une pièce de 105 L est plus grave encore que celle du 75 (voir les sujets sur les éclatements du 75). En effet, la charge d'explosif d'un obus de 105 L est triple de celle d'un obus de 75, elle est de 2,200 kg d'explosif pour l'obus en Acier modèle 1914.
Voici une photographie montrant les vestiges d'un canon de 105 L modèle 1913 après un éclatement dans l'âme de la pièce. Cet accident est survenu à Carency (Pas de Calais) en 1915:
Carency 105 mle 1913 éclaté.jpg
Carency 105 mle 1913 éclaté.jpg (199.88 Kio) Consulté 77 fois
Le Corps arrière du tube a disparu, seul le bloc arrière de culasse a gardé son homogénéité, le tube a été projeté sur la banquette de la position de tir, les roues ont été arrachées de l'affût.
Cordialement,
Guy François.

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