Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

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noon
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Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par noon » ven. avr. 17, 2020 5:32 pm

Bonjour,

voici une liste des accidents survenus en service découverts sur le journal de marche du régiment ou à la lecture des fiches matricules.

Au fur et à mesure de mes recherches, je compléterai les informations.

j’espère qu’il apporte un autre regard au quotidien des soldats par-delà les risques générés par les incessants combats.

J’adopte ici un classement par nature d’accident même s’il reste perfectible.


Les accidents hors front :


* Le soldat CORFEC (pas de prénom), de la 22ème compagnie, se casse le col du fémur le 16 août 1914 en tombant d’un grenier au Chesne.

* Léon Marie PETIT, né le 4 août 1885 à la Mancellière (Eure-et-Loir), soldat à la 15ème compagnie, est blessé à la main gauche par balle de revolver « arme étrangère au service » le 29 juin 1917. Il est tué le 29 octobre 1917 au Bois le Chaume (Verdun).

* Jean Marie GAMBERT, né le 23 août 1895 à Plaudren (Morbihan), soldat, se noie le 14 juillet 1917 à Fontaine-sur-Aube.

* Jean Louis Bernard POUYFOURCAT, né le 5 novembre 1881 à Ardiège (Haute-Garonne), soldat, est blessé par un coup de pied de cheval le 14 décembre 1917. Cette contusion au pied lui fait quitter le régiment jusqu’au 10 février 1918.
Il périt lors d’un combat à la Neuvillette le 12 octobre 1918.

* André Victor MESSAGER, né le 15 décembre 1895 à la Gonfrière (Orne), soldat à la 14ème compagnie, est tué le 23 mars 1918 au camp de Monhoven près du village de Claon (Meuse) par une balle de pistolet.


Les accidents sur la ligne de feu :


* Pierre BOURZEC et Pierre LE GUYADER, tous les deux soldats, se blessent le 16 décembre 1914 en tombant dans une tranchée (lors d’un assaut ?).

* Yves Guillaume SUN, né le 4 novembre 1985, à Lennon (Finistère,), soldat, décède à l’hôpital temporaire 12 de Vadelaincourt (Meuse) des suites de plaies aux membres inférieurs consécutif à un éboulement le 26 juillet 1916.

* Charles L’HELGUEN, soldat à la 15ème compagnie, se blesse le 23 octobre 1917, au Bois le Chaume suite à un accident (lors des combats ?).

* René CANTELOUP, soldat à la CHR, se blesse lors des combats du 28 octobre 1917 au Bois le Chaume. Contusions sont relatives à une chute.


Incendie :


* Yves LE DREAU, né le 1er février 1892 à Briec (Finistère), soldat à la 17ème compagnie, décède le 9 mars 1918 près de Boureuilles à Lachalade suite à l’incendie de son abri. Son corps est retrouvé le 18.

* Le caporal PRIGENT (pas de prénom), de la 18ème compagnie, est lui aussi blessé lors de cet incendie.

* Pierre MONS, né le 5 janvier 1884 à St Nazaire d’Aude (Aude), caporal à la 21ème compagnie, décède le 17 mars 1918 à l’ambulance 2/ 60 installée à la Grange aux Bois (accident lié au même incendie ?).

* Jean (Baptiste) DUPUY, né le 2 décembre 1879 à Espéranza (Aude), sergent à la 21ème compagnie, décède le 18 mars 1918 à la même ambulance de ses blessures (même incendie ?).


Sans précisons ou autres lieux :


* Mathurin Marie KERGREIS, né le 2 décembre 1886 à Plouguernével (Côtes du Nord), soldat, meurt le 4 juillet 1917 à la Veuve (51) des suites d’un accident.

* Gaston Henri BRUYERE, né le 12 février 1890 à Comircy (Marne), caporal, prisonnier, décède le 5 mai 1918 à Landau lors d’un accident par noyade sans que les Allemands en indique les circonstances.

N’hésitez pas à compléter, rectifier ces informations.

Amicalement,

Nicolas.

garance.
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Re: Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par garance. » ven. avr. 17, 2020 7:19 pm

Quelle est la règle quand on se noie ?
MPF quand même ?
merci
bon we
G
"Il pleuvait en cette nuit de Noël 1914, où les Rois Mages portaient des Minenwerfer."

noon
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Re: Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par noon » ven. avr. 17, 2020 8:38 pm

Bonjour,

oui, ce soldat est déclaré "Mort pour la France".

D'ailleurs c'est par sa fiche que j'ai appris les raisons de son décès.

Amicalement,

Nicolas.

noon
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Re: Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par noon » sam. juil. 18, 2020 9:11 am

Bonjour,

* Marcel Fernand COQUELIN, jeune combattant né le 27 avril 1899 à Magny-en-Vexin (Seine et Oise), venu du 101° RI, il incorpore le 1er octobre 1917 le 248° RI.

Engagé dans les rudes combats du Bois le Chaume où le régiment souffre, il est tout d'abord légèrement blessé le 20 octobre 1917 au coude droit et la tête par des éboulements consécutifs à des éclats d'obus (non évacué).

Le 28 octobre 1917, dans le même secteur, il est blessé accidentellement au genou droit suite à une chute dans la tranchée en tombant sur une baïonnette.

Il sera alors évacué et réformé.

En 1955, il reçoit la médaille militaire.

Sa fiche militaire se retrouve en ligne aux archives de Paris (n° 3074).

Amitiés,

Nicolas.

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monte-au-creneau
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Re: Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par monte-au-creneau » sam. juil. 18, 2020 12:16 pm

noon a écrit :
ven. avr. 17, 2020 5:32 pm
... Jean Louis Bernard POUYFOURCAT, né le 5 novembre 1881 à Ardiège (Haute-Garonne), soldat, est blessé par un coup de pied de cheval le 14 décembre 1917. Cette contusion au pied lui fait quitter le régiment jusqu’au 10 février 1918.
Il périt lors d’un combat à la Neuvillette le 12 octobre 1918.

Bonjour,

Dommage pour lui que da convalescence ne se soit pas prolongée de quelques mois... Il est mort juste avant la fin !

Indisociable du concept de la "fine blessure", parfois tellement souhaitée par le soldat... Je pense à celui qui a reçu une balle dans la main... Souvent utilisé par le cinéma.

Quant aux noyades, reconnues MPF ou pas : c'est selon... Selon l'humeur de celui qui décide...
Le "pire" rencontré est celui d'un soldat (prêtre) qui se baigne, bien après l'armistice, en juin 1919, parce qu'il fait très chaud, et sans aucune raison de service. Il se noie et est reconnu MPF. Ici : viewtopic.php?f=12&t=20964&p=169322&hil ... A9#p169322

Mon GPM (grand-Père Maternel) a été blessé lors d'un accident en service : Invalidité de 20%. Pension de 480 Francs à jouissance du 16 septembre 1921 : http://archives.meuse.fr/ark:/52669/a01 ... ef10f17055
- QUESTION 1: La beauté des Uniformes des Militaires sert-elle à camoufler la laideur de la guerre ?
- QUESTION 2: Ceux qui aujourd'hui commémorent les Poilus sont-ils les mêmes que ceux qui, il y a 100 ans, les envoyaient au casse-pipe sans ménagement?

noon
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Re: Accidents survenus au 248ème régiment d'infanterie

Message par noon » ven. juil. 31, 2020 10:32 am

Bonjour,

j'ai pris un peu de temps pour vous répondre, monte-au-créneau, car, en effet, sur les blessures hors feu, on est, me semble-t-il, au coeur de beaucoup de choses.

J'ai un peu de mal à formuler mes propos sur ce sujet car c'est complexe, épineux et que je ne souhaite pas juger mais comprendre la vie de nos soldats soumis à une pression psychologique énorme et constante.

Derrière la sécheresse, normale, des documents administratifs militaires se cache probablement une part de l'identité des soldats face à la guerre.

La difficulté pour l'Etat en guerre de faire la part des choses est déjà, dans quelques cas, rude, alors pour nous plus de cents ans après (MPF ou non...)...
Peut-être que je ne devrais pas me lancer. Toutefois, je crois que c'est nécessaire. Pour les comprendre eux.

Je vais juste diviser en deux points mes interrogations par rapport à ces accidents.

1) Comme vous le dîtes justement, l'idée de la "fine" blessure, surtout avec la poursuite de la guerre, devient récurrente parmi les soldats mais peut-on y associer un passage à l'acte volontaire pour quitter ne serait-ce que quelques jours la ligne de front par un "accident" salutaire ?
Je me pose la question en sachant que de nombreux combattants ont subis des entorses. Je ne rapporte pas tous les cas découverts.
C'est ma première interrogation mais, à la rigueur, la mois prégnante. Car la plupart des combattants tenaient- je n'arrive toujours pas à comprendre par quel courage et force mentale extraordinaire- la ligne malgré tout.
Sans chercher à se débiner.

2) Autre axe de réflexion.
Reprenons, par exemple, le cas des entorses et de la blessure accidentelle de ce jeune soldat COQUELIN tombant sur une baïonnette (allemande ou française ?).
Les documents administratifs descriptifs restent laconiques et actes l'accident.

Mais maintenant imaginons, par exemple, ce 28 octobre 1917 au bois le Chaume soumis au tirs continuels d'obus chimiques ou métalliques, Marcel COQUELIN et ses camarades, attendant l'assaut allemand.

Courant entre deux tranchées, sur des sols humides et parsemés de trous, de centaines voire davantage de morceaux métalliques, de caisses en bois, de branches d'arbres peut-être, cherchant refuge ou contre-attaquant avec hardiesse les premiers soldats allemands débouchant de leurs tranchées, certains de ses camarades se foulant la cheville, et lui se jetant par peur ou par action militaire, sans trop y voir, dans une tranchée.
La baïonnette était-elle sur un un parapet, au sol, levé par un homme- ennemi ou non-, planté par le pur hasard dans cette tranchée ?
La malchance s'abat de toute manière sur cet homme de 18 ans, ce jour-là.

J'imagine ici et peut-être me méprends totalement sur les circonstances de sa blessure.
Mais pas sur ces centaines de milliers d'instants vécus au fil de la guerre par tous ces combattants quelques soit leur pays.

Voilà mes deux interrogations, très différentes et toutes personnelles, qui m'interpellent lorsque je lis sur une fiche militaire tel accident.

A chaque fois, ce sont des histoires singulières touchant un soldat citoyen, avec des accidents divers et multiples, à des années d'écarts, mais, pour moi, ils dénotent tous, ou presque, l'extrême violence subie par nos grands pères, arrières grands pères et arrières arrières grands pères, sur la ligne de feu voire également au repos (tirs involontaires d'un camarade nettoyant une arme, incendies...).

La guerre est toujours proche d'eux. Toujours.

Je crois que leur rendre hommage c'est aussi mettre en avant leur grande force de caractère malgré les épreuves endurées.

Un grand merci, renouvelé, à ce magnifique forum. De partage, d'entraide et de découverte constante.

Amitiés,

Nicolas.

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