Re: Danse

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Inouk44
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Re: Danse

Message par Inouk44 » sam. nov. 22, 2014 11:59 pm

Les danses symboliques:
- Danses rituelles -
o la Danse et la Mort



La danse des morts
• Le thème est différents de celui de la Danse macabre, bien qu'il en soit très proche.
Les soldats qui ont participé aux combats ont dans leurs yeux des visions d'horreur que beaucoup n'arriveront ni à exprimer et encore moins à effacer.
L'une d'entre-elles est caractérisée par le fait que sur le front, les morts ne peuvent pas reposer en paix.
Les cadavres, accroché dans les barbelés, où enterrés à la va-vite, sont en permanence soumis aux tirs et aux bombardements.
Les impacts des projectiles les font trépider ou ressortir de leurs tombes et leur donne l'apparence de continuer de danser une "Danse des damnés".
Ces visions cauchemardesques ont inspiré de nombreux peintres et dessinateurs qui ont tenté de retranscrire ce qu'ils avaient subis.
Les morts qui les hantent semblent danser pour l'éternité.


Oto DIX - Tableau intitulé "La danse des morts"
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• Un poème extrait du recueil "Les coqs et les vautours" d'Albert-Paul Granier, sous-lieutenant au 116e régiment d'artillerie lourde, affecté en qualité d'observateur à l'escadrille F.50. Mort en vol, le 17 août 1917, au nord des Bois-Bourrus, à proximité de Verdun.
« La mort, soûle et joyeuse, danse,
et gambille et se déhanche,
la mort muette se trémousse,
et joue et jongle avec des crânes,
comme avec des osselets. »
Source : Le Figaro du 23 octobre 2008

Oto DIX - Tableau intitulé "Les signaux lumineux" (1917)
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• "Un rimasto della passata azione". Oslavia 1916 (Un "reste" de l'action passée) par Pietro Morando (1889-1980).
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Le peintre piémontais Pietro Morando documenta par des centaines de dessins, souvent à partir d'ébauches réalisées dans les tranchées, son expérience de combattant de la Grande Guerre. Enrôlé volontaire en 1915 dans l'armée italienne dans le corps spécial des Hardis, il combattit sur le Carso en obtenant trois médailles d'or de la Valeur Militaire. Après avoir été capturé au cours de la retraite sur le Piave (fleuve italien du nord de la Vénitie) en juillet 1918, Morando passa une longue période comme prisonnier en Hongrie et en Slovaquie au cours de laquelle il représenta la dureté de cette incarcération dans une série de dessins recueillis dans son "carnet de tranchée."




• Dans la revue littéraire sportive et musicale intitulée "L'intermède" N°65 - 3ème année - Camp de Würtzburg - Daté du 16 février 1918, en page 73
parait un article de Jean Aud'huy intitulé "Ballade des Masques". ( Note: les Masques sont d'anciennes danses de la Renaissance).
Le rapprochement qu'il fait entre la danse des Masques- le carnaval - et la Guerre est saisissant:
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Source: Bnf/ Galica => http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6 ... nse.langFR



• "Les oubliés du point du jour", tel est le surnom donné à un groupe de 20 soldats enterrés bras dessus - bras dessous dans les environs d'Arras en 1917. 20 copains, anciens élèves du collège de Grimsby (Lincolnshire du Nord-Est - petite ville située sur l'estuaire de l'Humber), unis dans une danse pour l'éternité. Ils appartenaient au 10e bataillon du Lincolnshire, basé au nord de l’Angleterre. Un régiment appartenant à la 101e brigade et à la 34e division britannique. Les Grimsby Chums ! (les "potes de Grimsby").

Cette étonnante histoire est relatée dans le magazine "Sciences et Avenir" n°654 dans un article repris par Bernadette Arnaud que vous pouvez consulter à cette adresse :=> http://www.athies.fr/les-oublies-du-point-du-jour.html
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"Les oubliés du Point du Jour"
Crédit: magazine mensuel "Sciences et Avenir".

ou sur le site du Ministère de la Culture et de la Communication à l'adresse suivante => http://archeologie1418.culture.fr/fr/iv ... msby-chums © Ministère de la Culture et de la Communication

ainsi que sur ce blog (en anglais) sur une page intitulée "The lost patrol" (la patrouille perdue)=> http://www.curme.co.uk/arras2.htm
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Crédit photo: "The Independent" 20th June 2001.


Walter Sauer (1889-1927) dessinateur, peintre et graveur belge. - Danse de la mort
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Walter Sauer, Dance of Death (1925). Woodblock© The Richard Harris Collection





• La revue Le Camp de Göttingen n°56 du 05 mars 1916, publiée par les soldats prisonniers français, contient un article intitulé "Contes de l'heure présente" écrit par un auteur ayant pris le pseudonyme de "Sinfruskin".
En voici un extrait:
"(...)La nuit était bien venue. Des tuyaux de grès, sous la neige, évoquaient des cercueils d'enfant. Le vent soufflait plus âprement; du sol même la neige se soulevait et ces minces et hauts nuages, passaient rapidement devant ma fenêtre. J'assistais à une espèce de résurrection. Sur la palissade se dessinait distinctement une infernale et interminable danse macabre. Ce n'étaient pas des squelettes, c'étaient sans doute les esprits de ces soldats qui, éparpillés, n'ayant pas même une tombe, pourrissaient en plusieurs endroits. Ils s'étaient tous réunis dans leur malheur et venaient se rappeler au souvenir de leurs anciens compagnons.
Le vent avec un acharnement diabolique augmentait, comme si le temps leur était compté, ils tourbillonnaient et passaient en groupe, s'enlaçant, sans distinction de nationalité, réunis à jamais dans la mort.
Enfin la lumière parut. Je repris mon livre et m'y plongeai, pour ne plus voir, car la chaîne se déroulait toujours."
Source: Gallica/Bnf





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Inouk44
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Re: Danse

Message par Inouk44 » dim. nov. 23, 2014 5:37 pm

Les danses symboliques:
- Danses rituelles -
o la Danse et la Mort


Danse de Salomée – dite Danse des 7 voiles
Bibl. Danse effectuée par Salomée pour Hérode son beau-père. En échange ce dernier lui apporte la tête coupée de St Jean Baptiste sur un plateau.
Par extension, danse (ou gage) que l’on effectue pour obtenir quelque chose en échange. Dans une autre version, cette danse est exécutée par Salomée sur le chemin des enfers. Elle doit franchir 7 portes. A chaque porte pour en obtenir l'ouverture par son gardien, elle se défait d’un voile et arrive nue aux enfers d’où son nom de «danse des 7 voiles».

• Carte postale: Dessin représentant le Kaiser en Hérode, une danseuse effectue la danse. La tête coupée de St Jean baptiste est sur le plat.
Image
Légende : Salomé danse et Guillaume II lui accorde la tête de St Jean Baptiste.

Source: Librairie Royale de Belgique - http://uurl.kbr.be/1027249?bt=europeanaapi

Commentaire :Ici, Hérode est incarné par Guillaume II. Mais que vient faire la tête de St Jean Baptiste dans ce contexte?

• En 1912, Mata-Hari a exécuté la danse de Salomée lors d'une prestation privée pour le Prince Di San Faustino, un coureur de jupons vieillissant, au Palazzo Barberini à Rome. C'est peut-être ce qui a inspiré ce dessinateur humoristique?

Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, est une danseuse et courtisane née le 7 août 1876 à Leeuwarden (Pays-Bas), et morte le 15 octobre 1917 à Vincennes (France), fusillée pour espionnage. (Source: Wikipédia - http://fr.wikipedia.org/wiki/Mata_Hari)
Pour suivre son dossier du conseil de guerre => http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... mp;debut=0
Image
Mata Hari



*****************

• Le même thème est utilisé dans le dessin suivant intitulé : "La danse de Salomé".
Le rôle de Salomé est tenu par la Mort et cette fois ci, c'est la tête de Guillaume II qui est dans le plat.
Image
Légende : "The skeleton of Salome dancing beside the head of Kaiser Wilhelm lying in a pool of blood on a plate, 13 April 1916 (colour litho) Wall Art Prints by Paul Iribe_fichiers"
trad: "Le squelette de Salomé danse près de la tête de l'Empereur Guillaume qui baigne dans une mare de sang sur un plateau, 13 avril 1916 (lithographie couleur) Wall Art Prints par Paul Iribe. Paru dans le journal "La Baïonnette" du 13 avril 1916


Commentaire:Ici nous sommes à mi-chemin entre la danse macabre décrite dans un autre post et la danse de Salomé.



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docteurno
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Re: Danse

Message par docteurno » dim. nov. 23, 2014 8:04 pm

Bonsoir

Wahou !
Bravo pour le sujet
Avez-vous vraiment besoin d'aide ? Il me semble que vous avez déjà une masse de documents pour développer vos propos

Bonne soirée
Cordialement
Jean-Pierre

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extraterrestre
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Re: Danse

Message par extraterrestre » dim. nov. 23, 2014 9:26 pm

Les danses symboliques:
- Danses rituelles -
o la Danse et la Mort

Je dois avouer qu'avant de me pencher sur le sujet, je n'en avais jamais entendu parler. Cependant la récurrence du thème me décide d'y consacrer un post (avec votre aide pour les précisions).

Danse de Salomée – dite Danse des 7 voiles
Bibl. Danse effectuée par Salomée pour Hérode son beau-père. En échange ce dernier lui apporte la tête coupée de St Jean Baptiste sur un plateau.
Par extension, danse (ou gage) que l’on effectue pour obtenir quelque chose en échange. Dans une autre version, cette danse est exécutée par Salomée sur le chemin des enfers. Elle doit franchir 7 portes. A chaque porte pour en obtenir l'ouverture par son gardien, elle se défait d’un voile et arrive nue aux enfers d’où son nom de «danse des 7 voiles».

• Dessin représentant le Kaiser en Hérode, une danseuse effectue la danse. La tête coupée de St Jean baptiste est sur le plat.
https://forum.pages14-18.com/mesimages/ ... edanse.png
Légende : Salomé danse et Guillaume II lui accorde la tête de St Jean Baptiste.

Source: Librairie Royale de Belgique - http://uurl.kbr.be/1027249?bt=europeanaapi

Commentaire :Ici, Hérode est incarné par Guillaume II. Mais que vient faire la tête de St Jean Baptiste dans ce contexte?

• En 1912, Mata-Hari a exécuté la danse de Salomée lors d'une prestation privée pour le Prince Di San Faustino, un coureur de jupons vieillissant, au Palazzo Barberini à Rome. C'est peut-être ce qui a inspiré ce dessinateur humoristique?

Mata Hari, de son vrai nom Margaretha Geertruida « Grietje » Zelle, est une danseuse et courtisane née le 7 août 1876 à Leeuwarden (Pays-Bas), et morte le 15 octobre 1917 à Vincennes (France), fusillée pour espionnage. (Source: Wikipédia - http://fr.wikipedia.org/wiki/Mata_Hari)
https://forum.pages14-18.com/mesimages/ ... aHari4.jpg

*****************

• Le même thème est utilisé dans le dessin suivant intitulé : "La danse de Salomé".
Le rôle de Salomé est tenu par la Mort et cette fois ci, c'est la tête de Guillaume II qui est dans le plat.
https://forum.pages14-18.com/mesimages/ ... alomee.jpg
Légende : "The skeleton of Salome dancing beside the head of Kaiser Wilhelm lying in a pool of blood on a plate, 13 April 1916 (colour litho) Wall Art Prints by Paul Iribe_fichiers"
trad: "Le squelette de Salomé danse près de la tête de l'Empereur Guillaume qui baigne dans une mare de sang sur un plateau, 13 avril 1916 (lithographie couleur) Wall Art Prints par Paul Iribe


Commentaire:Ici nous sommes à mi-chemin entre la danse macabre décrite dans un autre post et la danse de Salomé.


bonsoir

pour Mata-Hari, tout son dossier du onseil de guerre est consultable
http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... mp;debut=0

cordialement


Jacqueline L.

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Re: Danse

Message par Inouk44 » dim. nov. 23, 2014 9:27 pm

Je l'ajoute au dossier!
Merci
C'est agréable d'être important. C'est important d'être agréable.

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Re: Danse

Message par Inouk44 » dim. nov. 23, 2014 9:51 pm

Bonsoir

Wahou !
Bravo pour le sujet
Avez-vous vraiment besoin d'aide ? Il me semble que vous avez déjà une masse de documents pour développer vos propos

Bonne soirée
Cordialement
Jean-Pierre

Si, si j'ai besoin d'aide! Les archives françaises me manquent cruellement.
C'est agréable d'être important. C'est important d'être agréable.

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Re: Danse

Message par Inouk44 » dim. nov. 23, 2014 9:59 pm

Re-bonjour

Pour une fois , sur ce forum , j'ai pu aider (un peu) au lieu de demander de l'aide : alors j'en suis très heureux

Cordialement
Jean-Pierre
C'est un peu comme dans la Fable de La Fontaine : "La colombe et la fourmi" :)
C'est agréable d'être important. C'est important d'être agréable.

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Re: Danse

Message par Inouk44 » lun. nov. 24, 2014 10:08 pm

Le vocabulaire

- L'argot parisien a fortement influencé le vocabulaire de l'époque. La danse et les expressions liées à la danse prennent tout à coup une autre signification. En voici quelques extraits:
Nota : tout le vocabulaire argotique ne figure pas dans cette page. J'ai retiré notamment tout le vocabulaire lié aux parties du corps et connu de tous (pieds, mains, jambes, etc.) qui aurait alourdi cette page sans y apporter grand-chose.

- Par ailleurs, j'ai inclus dans ce petit vocabulaire, un certain nombre de termes communs au monde militaire ainsi qu'au monde de la danse (Ronde, troupe, pas, ...).

- Quel rapport entre la danse et la guerre? Un ami allemand, Dietmar Hermann, professeur de danse en Allemagne, m'a fait remarquer qu'il ne s'agissait pas d'un hasard.
Par exemple, la langue allemande a été très influencée par le classicisme français et a repris un grand nombre de termes issus de la langue française, notamment en ce qui concerne les armes et la danse.
Ne parlait-on pas à l'époque de "L'Art de la Guerre", comme on parlait de l'art de la danse ou de la musique?

- Certains mots ou expressions ont survécu jusqu’à aujourd’hui. D’autres n’ont peut-être pas atteint le seuil de la grande Guerre.
N’hésitez pas à me signaler les incohérences constatées dans ce mini-dictionnaire des mots d’argot et expressions concernant la danse durant la guerre de 14-18.
Si vous trouvez aussi des illustrations s’y rapportant, des extrait de lettres de poilus, des romans d'époque employant ces termes, je suis preneur ! (j'en veux pour exemple, le savoureux "Moulin à Rigodons" (voir le terme "Rigodon") extrait d'une lettre de Louis DORE du 165ème RI, écrite à ses parents le 06 décembre 1914.)


- Bal (Fustier, 1889)
• Sens 1 : Prison. - Poteaux de bal, amis de prison. Bal est l’apocope de ballon qui a la même signification en argot.

- Bal / Bal (aller au) (La Rue, 1894)
• Sens 2 : Punition; Peloton de punition. Argot militaire.
Exercice (école de soldat) ; exercice imposé comme punition ; exercice mil. pour soldats punis(?) ; exercice imposé comme punition ALL : Strafexerzieren

• 1917
"Les «punis de prison» ont, d'une main molle, d'un balai négligent, accompli la corvée de quartiers avant que de faire, sac au dos, la «pelote» ou le «bal» , sous la surveillance d'un petit sergent dont le regard erre de ses poilus en faute à sa croix."
Le chass'bi . Notes de campagne en Artois et en Argonne en 1915 - Soldat romand (Roux)
Source : http://www.languefrancaise.net/Bob
Le peloton de punition est peut-être, entre toutes, la peine la plus redoutée du troupier. Cela n’a, en effet, rien d’agréable de manœuvrer deux ou trois heures, sans arrêt aucun, en ayant la figure en plein vent ou en plein soleil, ou bien encore le nez cloué au mur ! Quand un homme puni se rend à cet exercice si cordialement détesté, - dérision amère ! - il va au bal.
(Merlin, 1888)

- Bal (Ouvrir le bal / Donner le bal / Mener le bal / Conduire le bal ) (Rigaud, 1888)
• Sens 3 : Donner une volée de coups.
Mme Angot : - Ouin, quand j’ t’aurons encore donné l’ bal.
(Le nouveau Vadé.)

-Ouvrir le bal
Extrait de "Lectures pour tous" n°13 du 01 avril 1916, page 1666 - Article intitulé: "Un collégien sur le Front"
"CANONNADE DANS LA NUIT.
Le 22, le bal fut ouvert, ce n'était qu'un grondement ininterrompu coupé de temps à autre par le cri particulier des pièces de marine à longue portée"
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


-Donner le bal
Extrait d'un poème de Guillaume Apollinaire, Calligrammes ; Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916, «La nuit d’avril 1915» , Gallimard, Poésie Gallimard
La nuit d’avril 1915

"Le ciel est étoilé par les obus des Boches
La forêt merveilleuse où je vis donne un bal
La mitrailleuse joue un air à triples-croches
Mais avez-vous le mot Eh ! oui le mot fatal
Aux créneaux Aux créneaux Laissez là les pioches!"


-Mener le bal
Extrait de "Lectures pour tous" du 01 octobre 1915 page 264
"Le 16 décembre, à Mlawa, les sotnias du Don et de l'Oural menèrent si vivement le bal aux troupes d'Hindenburg que l'ennemi ne put trouver une heure pour tenter de se reformer."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/

-Conduire le bal
Extrait de "Lectures pour tous" du 01 octobre 1917, page 724 - Article intitulé: "Grossetti, l'invulnérable."
"L'ennemi ripostait avec ses pièces lourdes, mais sans pouvoir éteindre notre feu, ni même le ralentir.
- "On ne s'entendait plus, me disait l'officier supérieur qui conduisait le "bal"(sic). Les arbres craquaient comme sous un cyclone. A chaque instant un cratère s'ouvrait devant nous. Une brume noire couvrait tout, que déchiraient des explosions, des espèces de "soleils" rouges, comme dans les pyrothechnies du 14 juillet, mais où les baguettes des fusées étaient remplacées par des jambes, des bras, des torses, des têtes, des lambeaux d'uniformes et des fusils..."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


-Ballet
-Sens propre
  • En voici la définition extraite de Wikipédia:
Le ballet est un genre dramatique dont l'action est figurée par des pantomimes et des danses. Ses origines remontent à la Renaissance italienne (XVe siècle). Primitivement développé à la cour d'Italie, le ballet a reçu ses lettres de noblesse en France, puis en Russie, en tant que danse-spectacle.
Au XVIIe siècle, le développement important qu'a connu le ballet à la cour de Louis XIV explique l'origine française de la plupart des termes de vocabulaire de la danse.
Selon les époques, les pays et les courants, le spectacle chorégraphique peut intégrer de la musique, du chant, du texte, des décors, voire des machineries.
-Sens figuré:
  • Le terme "ballet" peut être employé au sens figuré dans des expressions comme le "ballet diplomatique" qui désigne une agitation autour des Ambassades à l'occasion de tractations importantes ou d'évènements graves impliquant plusieurs pays. La période qui nous intéresse a connu de nombreux "ballets diplomatiques" (voir le post qui y est consacré).
  • On peut aussi trouver l'expression "ballet aérien" pour parler d'avions se poursuivant dans le ciel. Les avions se pourchassant et essayant de s'esquiver, forment des figures dans le ciel qui laissent à penser qu'il s'agit d'un ballet artistique de machines volantes.
- Bastringue (Halbert, 1849 /Larchey, 1865 /Delvau, 1867 / La Rue, 1894 /Rossignol, 1901)
• s. m. Guinguette de barrière, bal de bas étage où le populaire va boire et danser les dimanches et les lundis.
Quand l’homme rentre au logis, un peu humecté et qu’il casse la vaisselle, la ménagère, furieuse, lui dit :
- T’as pas bientôt fini ton bastringue, sale chameau ? (Argot du peuple).
• s. m. Bruit, vacarme, — comme on en fait dans les cabarets et dans les bals des barrières.
• s. m. Scie à scier les fers, — dans l’argot des prisons, où l’on joue volontiers du violon sur les barreaux.
• s. m. Étui conique en fer d’environ quatre pouces de long sur douze lignes de diamètre, contenant un passeport, de l’argent, des ressorts de montres assez dentelés pour scier un barreau de fer, etc. — Vidocq —
Les malfaiteurs, sur le point d’être pris, cachent dans leur anus cette sorte de nécessaire d’armes, mais il doit être introduit par le gros bout.
Faute de cette précaution, il remonte dans les intestins et finit par causer la mort. Un prisonnier périt il y a quelques années de cette manière, et les journaux ont retenti du nombre prodigieux d’objets découverts dans son bastringue, après l’autopsie.
Il y a une chanson sur les prisons centrales où il est dit :
Un surveillant vous fait regarder à terre
En vous disant : Baissez-vous à moitié ;
Il vous palpe et regarde le derrière,
Dans la maison, c’est l’usage de fouiller
.
- Carmagnole (Delvau, 1867)
• s. m. Soldat de la République, - dans l’argot des ci-devant émigrés à Coblentz.

• Carte postale intitulée: La danse finale! signée Jean d'Amiens 1914
Image
Légende: "Dansons la carmagnole" sur l'écriteau ""Ci-gît l'Empire Allemand"

- Contredanse
• s. f. Danse collective apparue dès le XVIIème siècle et qui était encore très en faveur à la fin du XIXème siècle.
• s. f. Synonyme de bataille, de combat
- Extrait du quotidien L'Ouest-éclair (édition de Rennes) du 24 mai 1915 dans un roman-feuilleton intitulé :"Sous la mitraille" en page 2
"Bravo! cria Cornicot les jambes me démangent d'assister au bal, sans y pouvoir entrer pour pincer une contredanse."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/

- Corps

[*]- Arts (danse)
Corps de ballet \kɔʁ də ba.lɛ\ masculin
  • - Troupe des danseurs qui exécutent un ballet, par opposition à ceux qui dansent un pas.
    […] des hommes mûrs pleuraient à la vue du drapeau étoilé soutenu par tout le corps de ballet noyé sous les clartés des projecteurs.
    (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, p. 213 de l’éd. de 1921).
  • - Le corps de ballet est le groupe de danseurs dont les membres ne sont pas des solistes. Ils font partie intégrante et permanente de la compagnie de ballet et travaillent fréquemment en toile de fond pour mettre en valeur les danseurs principaux.

[*]− Fortifications. Corps d'une place ou d'une forteresse.
La place ou la forteresse considérée, abstraction faite de ses dehors
(Ac. 1835, 1878).
Les assiégeants avaient pris les dehors, et étaient attachés au corps de la place
(Ac.1835, 1878).

[*]- Marine.
- Corps d'un bateau, d'un navire. Coque du bateau, du navire, sans les ponts, les mâts, les voiles.
Désigne le navire, par opposition aux marchandises appelées biens - Assurance sur corps; navire (déclaré) perdu corps et biens, qui a péri corps et biens; couler, sombrer corps et biens.
- Corps de voile. Chacune des voiles principales d'un navire.

[*]- Dans l'organisation militaire. Unité militaire plus ou moins importante, jouissant d'une certaine autonomie.
  • - Corps de régiment, de garnison; rejoindre son corps; corps d'armée; général de corps d'armée; corps de troupe(s); corps de bataille; corps aérien; corps de réserve, (par oppos.) corps actif.
  • - Formation supérieure à une division mais inférieure à une armée, comprenant généralement deux divisions, ou davantage, avec des armes d’appui et des services (définition normalisée par l’OTAN AAP-6 depuis 1983).
    Le gros du corps d’armée, formé en deux colonnes, franchissait l’Aisne à Semuy (34e division) et à Voncq (33e division), puis prenait une formation d'attente dans la région de Chuffilly.
    (Barthélemy-Edmond Palat, La grande guerre sur le front occidental, Paris : Librairie Chapelot, 1920, vol.5, p.305)
  • - Ensemble des militaires de certaines armes spéciales, de certains services. Corps d'artillerie, d'infanterie, de cavalerie; corps alpin, colonial, blindé; corps léger d'intervention; corps sanitaire, corps de santé.
    On ne double pas, pour de simples manœuvres, les troupes du corps d'observation sur la frontière.
    (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 504)
  • - Corps expéditionnaire. Corps spécialement formé pour accomplir une expédition lointaine.
  • - Corps-franc.
    • - Petit groupe militaire formé sur la base du volontariat spécialement constitué et entraîné pour s'acquitter d'opérations isolées et délicates.
    • - Groupe plus ou moins important de volontaires levé en temps de guerre, hors du cadre de l'armée, dans des circonstances exceptionnelles.
      Corps francs du maquis
      (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 180)
      Ils [les Français] ont été ahuris de voir (...) les antimilitaristes prendre la tête de corps-francs pour poursuivre la lutte malgré l'armistice (
      Vailland, Drôle de jeu,1945p. 50).
Hoch die Beinen.jpg
Hoch die Beinen.jpg (55.07 Kio) Consulté 925 fois
Légende : Englisches corps - de ballet ( Trad : Corps anglais - de ballet)
  • Sur cette carte postale de propagande allemande, le jeu de mot porte bien sûr, sur le terme de corps anglais (d'armée et de ballet). Il est à noter que le terme "corps" (identique en français et en anglais) est compris en allemand. (en allemand "Korps")
  • Le soldat allemand dit : -"Levez vos petites jambes plus haut, petits rats d'Opéra.", une façon de ridiculiser l'ennemi. (voir le post consacré à "l'ennemi qui danse")


- Corps à corps. En saisissant l'adversaire directement au corps; corps contre corps; de très près. Lutte, combat corps à corps; se battre, lutter, combattre corps à corps avec qqn; prendre corps à corps qqn. Les deux adversaires se saisirent corps à corps, s'enlacèrent comme deux serpents et se frappèrent avec furie (Ponson du Terr., Rocambole, t. 1, 1859, p. 54).



- Danse / Donner une danse / Se donner une danse/ Foutre une danse/ Ficher une danse / Mettre une danse/ Filer une danse/ Recevoir une danse / Être de la danse / Ouvrir la danse / Entrer dans la danse/ Commencer la danse/ Payer la danse/ Mener la danse /
• s. f. Coups donnés ou reçus, - dans le même argot [du peuple].

Correction, raclée, coups ; combat, bagarre, lutte, bataille, bombardement, action violente ; atmosphère agitée (aviat.) ; battre, frapper qqun, corriger, se battre, vaincre par la force ; recevoir des coups ; combattre

Combats - dans l’argot des troupiers.
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- Extrait de "Lectures pour tous" du 24 octobre 1914 , p20 - Nouvelle de Ch. Géniaux, intitulée : "Mariés d'un jour."
"Dix jours plus tard la danse commençait, Jacqueline, et si j'emploie ce mot, c'est qu'il peint à merveille notre guerre de fantassins. Nous bondissons, nous sautons, nous voltons*.
Depuis une semaine, changement de spectacle : nous sommes au fond des tranchées."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/

*La "volte" était une danse ayant cours au XVIème et XVIIème siècle.


- Extrait de "Lectures pour tous" n°13 du 01 avril 1916 , p1309 - Article intitulé : "En avant A la baïonnette."
Le gros de notre avant-garde renforce au pas de course et la danse commence. La danse consiste à se faufiler un par un dans les vergers et les jardins qui entourent les villas de cette bourgade de banlieue.
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


- Dans son carnet de bord, Charles De Gaulle, alors jeune officier, écrit concernant son entrée en Belgique le 13 août 1914:
« Accueil enthousiaste des Belges. On nous reçoit comme des libérateurs. »
Le surlendemain, c’est l’épreuve du feu : « À six heures du matin, boum ! Boum ! La danse commence, l’ennemi bombarde Dinant avec fureur. "

-Dans ses mémoires, Georges Goutte (1893-1958), sergent mitrailleur au 122ème R.I. écrit le 29 juillet 1916:
« Nous partons demain en auto pour Verdun. Nous allons enfin dans la danse » !

-Extrait de "Lectures pour tous" n°13 du 01 avril 1916, page 1207. - Article intitulé : "Dans la fournaise de Verdun."
"Les voilà à la gauche du village! Les 75 attendent encore un peu. Des gueules rousses rôdaient déjà devant le ruisseau. Je parlais tout bas dans l'appareil pour que les patrouilles prussiennes ne m'entendent pas. Mais le moment était le bon. Première rafale : tout ce qui restait de murs debout dans le village s'effondre sur les nouveaux occupants. Deuxième rafale : la colonne qui venait de Forges est prise sous nos marmites. De mon côté, je fais tourner la mitrailleuse. Clac! Clac! Quelle danse! Ça a duré une heure comma ça. Et allez donc, sur la place, et allez donc, sur l'église! Et allez donc, sur la route de Malancourt! Vous pouvez me croire, ils l'ont payé cher, ce débris de village sans caves!"
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


-Extrait de "Lectures pour tous" n°13 du 01 avril 1916, p1092.
"Tout à coup, la danse commence : un obus éclate, mais en dessous et à droite, puis un autre à notre hauteur, très près sur la gauche. Le tir étant à peu près règlé, quatre canons à la fois nous prennent en fourchette. La position n'est plus tenable...."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/

-Extrait du livre du Lieutenant Louis Péricard, "Debout, les morts! - Souvenirs et impressions d'un soldat de la Grande Guerre" Dépôt légal 1918, page 143
"Nous voici à l'extrémité de notre tranchée, un dépôt de calendriers a été constitué là ce matin. Il faut, pour lancer les lourds engins massifs, un effort de tous les membres, mais quels violons pour une belle danse! Les boches qui, déjà, passaient la tête par dessus notre parapet, s'éparpillent avec des cris de douleur, semant de toute part les corps de leurs blessés et les débris de leurs morts."
-A la rubrique "Au détour d'un JMO (10) - Tir ami", Yv" nous offre cet extrait:
"A la section voisine, sur notre gauche, l'adjudant H..., le chasseur malchanceux des rats de Monchy, voulut tirer une fusée blanche, mais se trompa, et une fusée rouge, pour tir de barrage, s'éleva en sifflant, signal retransmis de tous côtés. En un clin d'oeil, notre artillerie entra en danse que c'en était un plaisir. L'un après l'autre, les obus de mortier tombèrent du ciel en hurlant, s'éparpillant sur les approches en éclats et en étincelles. Un mélange de poussière, de gaz suffocants et de fumets provenant des cadavres projetés en l'air déborda des entonnoirs.
Cette orgie de destruction une fois terminée, le feu retomba à son niveau accoutumé. Le geste inconsidéré d'un seul homme avait mis en route l'énorme machine de la guerre."
Ernst Jünger, Orages d'acier (1920).

- Un autre contributeur, Eric Mansuy, évoque les récits de son arrière grand-père, Georges Curien du 43ème RIT et la journée du 24 juin 1915 sur le combat à Ban de Sapt (Vosges)
"L’instant fut court car, tout aussitôt, les canons français commencent la danse. Ah, quel enfer ! Tout crache à la fois, c’est une pluie de mitraille, un roulement continu, tout se mêle : coups de départ et éclatements, tout se confond. C’est à croire que la terre et le ciel vont disparaître dans la tourmente. Toutes nos troupes sont debout dans les tranchées, et la joie est sur tous les visages. On s’attend à une contre-attaque de notre part. Elle se produit sur la droite seulement, car probablement nous ne sommes pas en force. Bref, on parvient tout de même à faire 150 prisonniers environ et à reprendre quelques tranchées, mais hélas il paraît que nous l’avons payé cher."
Source: "Montée au font des territoriaux"


- Extrait de "Lectures pour tous" du 24 octobre 1914 , p719 - Chanson intitulée: "La marche du "75" - Paroles de Victor Darlay et H. De Gorsse / Musique de Maurice Depret - Couplet n°2
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"Voici le moment solennel!
Rompant tout à coup le silence,
Des obus sillonnent le ciel!
C'est le signal annonçant la danse!
A vous, les anciens et les bleus!
La rage aux dents, la flamme aux yeux,
Il faut qu'en un élan fougueux
Chacun s'élance!..."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


• 1915
"Ça s'rait tout d'même malheureux qu'y en aient qui f... rien et qu'les autres soient toujours à la danse".
Les poilus de la 9e

• 1915
"Car tous ces bleus-là, c'est fragile, ça ne connaît pas encore la danse"
1Feuilles de route d'un ambulancier (Alsace - Vosges - Marne - Aisne - Artois - Belgique)

• 1916
"...des centaines d'obus, en rafale, s'abattent sur les ouvrages ennemis, des mouches de métal bourdonnent en tous sens et viennent se poser avec un crissement métallique au fond des boyaux. « La danse commence »."
Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre

• 1916
"À trois heures tapant, ouvrez la danse [bombardement] ! Bonne chance ! "
Crapouillots - Feuillets d'un carnet de guerre

• 1917
"je ne puis corriger ma dérive qu'au jugé, et je travaille ferme car la danse commence !… / Bien que je fasse mon possible pour tenir tête au vent, il est incontestable que nous sommes entraînés loin de notre atterrissage"
Chignole (la guerre aérienne)

• 1917
"Préparez-vous à sortir. Dans dix minutes, la danse va commencer"
La reprise du fort de Douaumont Léon GROC
Source : http://www.languefrancaise.net/




- Danse (Tranchée de la)
Nom donné à une tranchée allemande située à proximité du fort de la Malmaison (immédiatement à l’ouest), qu’elle défend avec sa voisine (tranchée de la Carabine, qui la prolonge aussi à l’est – à l’ouest, elle est poursuivie par celle du Hérisson).
A partir du retrait allemand sur le Chemin des Dames, le 20 avril 1917, la tranchée de la Danse est le cœur du dispositif dans ce secteur : située à proximité des carrières de Bohéry, elle est l’axe de la défense allemande.
Le 23 octobre 1917, elle constitue donc le tout premier objectif du RICM lors du déclenchement de la bataille de La Malmaison.
« Enfin se présentait le point vital de la défense, la ligne Hindenburg, véritable forteresse qui, dans le secteur du régiment, prenait le nom de la Danse. »
René Germain, du RICM
Extrait du "Dictionnaire du Chemin des Dames" - "D comme Danse"
Source:http://dictionnaireduchemindesdames.blo ... none.html


- Dans une chanson d'époque, nommée "Ballade" on retrouve l'expression "être de la danse".
"BALLADE
Contents de rien, furieux de tout
C'est nous qui sommes de la danse!
Jeunes bleus, vieux brisquards, partout
L'on va, pourvu que notre panse
Ait du pinard en abondance :
Le reste, c'est du superflu!
C'est nous les guerriers de la France,
C'est nous qui sommes les Poilus!
Extrait de l''argot des poilus : Dictionnaire humoristique et philologique du langage des soldats de la Grande Guerre de 1914" par François Déchelette - Dépôt légal 10/2004


A partir de là, il est difficile d'analyser le sens de l'expression "être de la danse"
- faire partie du combat ?
ou
- être un vétéran du chemin des dames?


- Mener la danse
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Légende:"Un des obusiers qui ont mené la danse : "Toutes les dix ou vingt secondes, a raconté un officier allemand prisonnier, les obus arrivaient sur nos tranchées, ensevelissant nos hommes, transformant en un inextricable chaos les abris aménagés et perfectionnés pendant des mois. C'est un enfer, un cataclysme..."
Source: Gallica / BNF - Extrait de "Lectures pour tous" n°13 du 01 avril 1916 - Un article intitulé: "Vision de guerre" (ensemble de photographies prises sur le théâtre des opérations).

• Extrait du quotidien suisse "La Guerre mondiale : bulletin quotidien illustré" du 05 mars 1915, un article intitulé "La trentième semaine de guerre -(Du 21 au 27 février 1915) -La contre-offensive russe de la Vistule aux Carpathes ."
Au centre, dans la vallée de l'Opor et dans celle de son affluent, la Rosianka, ce sont les Russes qui mènent la danse et qui parviennent, le 23, à s'emparer des positions sur la rive droite de cette der-
nière rivière.
Source : Bnf/gallica

et trois semaines plus tard dans les mêmes colonnes de ce quotidien:
La bataille de la Pissa à Przanysch continue, avec son centre à l'Orshiz, les Russes menant toujours la danse, sans succès affirment leurs adversaires qui leur auraient fait même 2500 prisonniers

- Entrer dans la danse
• Extrait de "Lectures pour tous" n°13, du 01 avril 1916, page 799 - Article intitulé: "Jobic, le vengeur des cloches."
"Une sonnerie de clairon, le crépitement d'une fusillade, puis des éclairs de baïonette : le 48ème de ligne, au pas de charge, entrait dans la danse.
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/


• Extrait de la revue "L'intermédiaire des chercheurs et des curieux" du 10 décembre 1914, cet article d'un certain Dehermann, à propos d'une chanson ancienne dont il recherche d'autres couplets.
"Ohé les Autrichiens!"

En 1859 (ça ne me rajeunit pas) j'ai entendu chanter en France une chanson populaire sur l'air bien connu de :"Ohé! les petits agneaux!". J'en ai retenu l'un des couplets:

Ce bon Monsieur François
Qui gouvern' l'Autriche,
De se montrer sournois
N'a pas été chiche.
De l'encourager,
La France était incapable.
C'est cartes sur table
qu'elle a joué.

Refrain
Ohé les Autrichiens!
V'la l'bal qui commence;
Boulets et biscaïens
Vont entrer en danse.
Nos miliciens
Vous joueront plus d'une contredanse.
V'la l'bal qui commence;
Ohé les Autrichiens!


Si un intermédiairiste de mon âge (70 ans), ou à peu près, pouvait me procurer les autres couplets, je lui en serais reconnaissant.
Cette chanson a un vrai regain d'actualité, car Monsieur François existe toujours et nous sommes entrés en danse avec son pays.

DEHERMANN.

- Payer la danse
Autrefois , dans les bals, on achetait le droit de danser de façon unitaire et non pas à l'entrée. Pour cela on achetait un ticket (ou un jeton) donnant le droit à une ou plusieurs danses, comme pour un tour de manège. De là nous viennent des expressions comme "avoir le ticket avec quelqu'un", le fait de danser plusieurs fois avec la même personne laissait supposer qu'on en "pinçait" pour elle... Sur la piste de danse, une personne était employée à encaisser la monnaie pour chaque danse.
Dans la chanson "Rue de Lappe", Francis Lemarque évoque cette pratique :
"Passez la monnaie, passez la monnaie
Et ça tournait et plus ça tournait
Et plus ça tournait, et plus ça tournait plus ça coutait
Qu'est c'que ça coutait, qu'est c'que ça coutait
Quelques tickets,
Mais on n'les payait
Mais on n'les payait presque jamais..."
En savoir plus sur www.paroles.net

• Extrait du journal "Le Gaulois" n°14690 du 01 février 1918.
(...)J'entendais hier des artilleurs, qui venaient de voyager avec des permissionnaires d'infanterie, s'extasier sur le moral de leurs camarades « Ce sont eux qui les premiers paieront la danse. Et pourtant, ils parlent de l'offensive avec une conscience réfléchie, avec une ardeur concentrée.
L'idée qu'ils sont commandés par un chef sachant ça qu'il veut, l'idée que le pouvoir nettoie l'arrière et fait marcher l'avant les a galvanisés. Ils sont «Déconcertants et sublimes».
Source : BNF/gallica



- Prendre une danse"
• Bien que l'expression "prendre une danse" qui signifie "prendre une correction" soit bien antérieure à la guerre de 14, le terme prend tout à coup une connotation très négative. La danse apparaît dès lors comme un acte funeste et dans le jargon des tranchées, le terme "Danse" renvoie à un bombardement, à une attaque.

• "Der Feind hört mit" (L'ennemi écoute) Film muet allemand de propagande 18' - 1918
Dans un film de la propagande allemande de 1918, "Der Feind hört mit" (L'ennemi écoute) visant à sensibiliser les soldats à la retenue et ne pas divulguer d'informations qui sont en leur possession, les télégraphistes en discutant entre eux, utilisent le terme "Tanz*" (la "danse" en allemand) pour signifier l'attaque des lignes ennemies.
L'ennemi les écoute: l'utilisation du mot "danse", causera leur perte.
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http://www.europeana1914-1918.eu/fr/eur ... tyPhoto/0/
"Na, wenn die wüssten, dass der Tanz morgen früh wieder mal losgeht"
trad "Eh bien, s'ils savaient que la danse reprendra demain matin de bonne heure" (à 10'30" du film)

Source : Deutsche Kinemathek – Museum für Film und Fernsehen- D 1918, 18'

*Notez que le terme en allemand a le même sens qu'en français, même en argot!


- Danse soignée. Batterie acharnée. (Delvau, 1867)


- Danser
• Argot: verbe transitif qui recouvre plusieurs sens.
1) v. n. Souffrir à la suite de coups, de blessures
2) v. n. Puer, sentir mauvais, exhaler une insupportable odeur, - dans l’argot des faubouriens.
Danser du bec. Avoir une haleine douteuse.
Danser des arpions. Avoir des chaussettes sales.
3) v. n. Payer - Exactement : danser de ses écus.
C’étaient d’assez bons pantres. Enfin ils savaient danser. (Larchey, 1865)
Payer pour les amis.
Voilà plusieurs fois que je règle les dépenses, c’est toujours moi qui danse.( Rossignol, 1901)

- "Le 14 juillet arrive. Dans la soirée, notre artillerie commence un feu violent sur les tranchées et batteries allemandes. Rien ne riposte, mais subitement, vers minuit, alors que nous sommeillons dans nos abris, un vacarme effroyable nous réveille. Un marmitage pire qu’à Verdun, si on peut dire, nous fait tressauter dans nos cagnas, comme si nous étions en train de danser. Les obus tombent comme grêle, les gaz pénètrent dans nos abris, nous mettons la cagoule en attendant l’obus qui nous mettra en marmelade."
Sources: - Souvenirs de Louis Cretin :Historique du 149e R.I. Editions imprimerie Klein 1919. Version illustrée.
- « Les étapes de guerre d’une division d’infanterie, 13e division ». Lieutenant-colonel Laure. Editions Paris Berger-Levrault. 1928.


-Extrait de "Lectures pour tous" n°1(?) du 01 octobre 1915, p593 - Article intitulé: "Le livre d'or de la bravoure féminine."
"Toute la vallée de Loos rougeoie sous une voûte de feu, sonne comme une gigantesque enclume sous le formidable marteau de la guerre. Tout le pays secoué et vibrant, danse devant elle : ici le mont de Lens et celui de Vermelles, là le mont de Hulluch et la pente voisine de la fosse 14, la fameuse côte 70."
Source: Gallica / Bnf => http://gallica.bnf.fr/



- Danser devant le buffet
• En temps de guerre, les confiscations de denrées, les réquisitions et les rationnements sont fréquents et génèrent des disettes voire des famines, principalement dans la population civile: on est souvent amené à "danser devant le buffet" qui est vide, comme de bien entendu.
L'expression nous est expliquée ici:
"Il s'agit en fait ici du buffet qu'on peut trouver dans une cuisine qui, lorsqu'il est malheureusement vide et quelle qu'en soit la cause, ne permet pas de manger.
Mais, alors que le moral devrait être plutôt bas devant une telle situation, qu'est-ce qui justifie de danser devant ce buffet ?
Eh bien cela vient simplement d'un calembour datant probablement de la fin du XVIIIe siècle.
En effet, au XVIe siècle et encore longtemps après*, le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'.
Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer' pour 'se réjouir'.
Et chacun sait que la 'fringale', ce n'est pas une nouvelle danse, mais la faim ou l'appétit.
Alors "d'avoir faim devant le buffet vide" à 'fringaler' donc 'danser' devant lui, il n'y eut qu'un pas (de deux).
* Au XIXe siècle, il avait pris le sens de 'marcher ou aller de travers'. Il n'est plus vraiment utilisé de nos jours.
"
Source : http://www.expressio.fr/expressions/dan ... buffet.php

• Carte postale belge
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Légende: "Les métiers de fortune en 1916:
-Elle était étoile de la danse
-Et maintenant elle danse devant le buffet
". Signée E.C.
"Le canard poilu", version des tranchées du "Canard enchainé" ironise en ces termes dans son édition du 07 avril 1915:
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"POUR RIRE UN PEU
- C'est f...ant, dit Durazoir, deux fois par jour, régulièrement, j'entends venir de la tranchée boche des airs d'accordéon. Ce sont des polkas... des valses... Je crois que ces cochons-là, pour se payer nos têtes, organisent des bals quotidiens!
- Tiens! Parbleu, réplique Titui, ils dansent devant le buffet.
Source : Bnf/ Gallica

- Danseuse
• Nom féminin désignant une personne féminine qui pratique la danse sous toutes ses formes.
• Terme argotique désignant une vieille femme (L'argot du soldat romand - 1914-1918 paru en 1921)

• Dans "Calligrames", page 147, Guillaume Appolinaire utilise le terme "Danseuse surdorée" pour désigner les fusées éclairantes lancées de nuit au dessus du champ de bataille.
MERVEILLE DE LA GUERRE

Que c’est beau ces fusées qui illuminent la nuit
Elles montent sur leur propre cime et se penchent
pour regarder
Ce sont des dames qui dansent avec leurs regard pour
yeux bras et cœurs

J’ai reconnu ton sourire et ta vivacité

C’est aussi l’apothéose quotidienne de toutes mes Bérénices
dont les chevelures sont devenues des comètes
Ces danseuses surdorées appartiennent à tous les temps
et à toutes les races
Elles accouchent brusquement d’enfants qui n’ont que
le temps de mourir

Comme c’est beau toutes ces fusées
Mais ce serait bien plus beau s’il y en avait plus encore
S’il y en avait des millions qui auraient un sens complet
et relatif comme les lettres d’un livre
Extrait de "Calligrammes", sous-titré "Poèmes de la paix et de la guerre 1913-1916", recueil de poésie concrète de Guillaume Apollinaire publié le 15 avril 1918 aux éditions Mercure de France et contenant de nombreux calligrammes.



- Danser la gigue au bout d'une corde
• Être pendu.
Mais n'empêche qu'y a pas de temps à perdre, s'il est en train de danser la gigue au bout d'sa corde... - 1899




- En suer une (Rossignol, 1901)
• v.t Danser. Argot populaire
Mademoiselle, voulez-vous suer la prochaine avec moi ?

- Faire danser quelqu'un
- Apprendre quelqu'un à danser
- Faire danser la Polka, la Gigue, le Tango
• Expression plaisante désignant le fait que l'on tire avec une arme à feu dans les jambes de quelqu'un afin de le forcer à sauter sur place (le faire danser) sous peine d'être blessé.

• Carte postale canadienne
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Légende trad.:" En France, nous le ferons danser.".
• Partition illustrée pour une chanson parodique et patriotique , "On dans'ra l'Tango" de R. Rameaux et E. Jaquinot, qui promet de faire danser le tango à l'ennemi. Le titre de la chanson originale était " On dansait l'Tango".
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Ici, c'est à l'aide d'un fouet qu'on fait danser le Kaiser, mais le sens reste le même.
Il est à noter que cette expression comporte des versions annexes comme :
Prendre/donner une branlée (le branle est une danse de la Renaissance)
Prendre/donner une valse*
Donner le bal
Faire danser la polka*, la gigue
"Ce grand empereur, On lui fera danser la polka." ( Layale, Ch.)
*Détail amusant: la valse (Waltz) et la Polka, sont des danses de couples du XIXè siècle, toutes deux importées de l'Empire Autro-Hongrois, Vienne étant devenue la capitale des arts à la suite de la chute de l'Empire Napoléonien.

- Frétillante (Halbert, 1849)
• s. f. Danse.
• 1911
"[...]une gambilleuse de Bullier qui avait du brûlant dans les pattes, pour sûr. […] Il fallait la voir en suer une ! Son fort, c'était de la frétillante loufoque : les pas du hareng saur en délire, de la sangsue en mal d'enfant."
Le journal à Nénesse Nonce CASANOVA
Source : http://www.languefrancaise.net/

- Gambille (La Rue, 1894)
• s. f. Jambe. Gambiller, sauter, danser,

- Gambillade, (La Rue, 1894)
• s. f. cancan, danse

- Gambiller , (Rigaud, 1888)
• v.i : Danser ; sauter.
• v.i :Danser ; bouger les jambes ;
■ marcher, aller, (bien marcher, s'en aller, sauter, marcher (d'une façon comique)) ;
■ (danser fig.) être pendu ; être battu
Se trouve dans Les Merveilles de la Fronde du grand Hercules de Paris, 1649 (NISparis)
ALL : tanzen / IT : danzare
- Gambilleur, gambilleuse, danseur, danseuse.
- Gambilleur, gambilleuse de tourtouse, danseur, danseuse de corde.

- Gavotte
• s. f. Danse française, à deux temps, d'origine populaire, très en vogue aux dix-septième et dix-huitième siècles.

- Danser la/une gavotte
• Loc. fig., fam., par antiphrase. Être brutalisé, molesté. Synon. passer un mauvais quart d'heure.
"Gare à ceux d'entre vous qui fausseraient le vote! Nous leur ferions danser une telle gavotte (...) Qu'ils en seraient encor pâles dix ans après!" (Hugo, Année terr.,1872, p. 177).
"Le martyr [la victime d'une rixe], sur le point de danser sa dernière gavotte, (...) fut enlevé de la voie publique comme une paille." (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 43).

- Gigue (Rigaud, 1888)
• s.f. Sens 1 :Jambe. - Femme grande et maigre, femme toute en jambes. Grande gigue.
• s.f. Sens 1 : Combattre ; subir des coups, être battu (Danser la gigue)
1912
"si je t'empoigne au collet, tu danseras une gigue pas ordinaire !"
Le bouchon de cristal LEBLANC Maurice

- Guinche (Rigaud, 1888)
• s.f. Bal public, - Cabaret mal famé, dans le jargon des voyous.
A la porte de cette guinche, un municipal se dressait sur ses ergots de cuir. (Huysmans, les Sœurs Vatard.)

Guinche est une altération de guinguette. Le mot n’est pas moderne, mais il est très usité depuis quelque temps. (La Rue, 1894)

- Guincher
• v.i danser.

- Mabilien (Rigaud, 1888)
Élégant qui fréquente le bal Mabille. - Coiffeur, commis de magasin qui danse à Mabile.

- Mabilienne (Rigaud, 1888)
Demoiselle qui va au bal Mabille comme les spéculateurs sur les fonds publics vont à la Bourse.

Les mabiliennes de 1863 se subdivisent en plusieurs catégories : La dinde, la solitaire, la grue. (Les Mémoires du bal Mabille.)

- Mabillarde, Grue mabillarde (Rigaud, 1888)
Demoiselle qui, au bal Mabille, fait beaucoup de frais de conversation dans l’espoir de séduire un riche étranger, mabilien de passage. - Souvent elle s’aperçoit trop tard, hélas ! que le riche étranger n’est ni riche ni étranger.

- Pas
• s.m. élément unitaire de déplacement dans une danse. Enchaînement de mouvements répétés spécifiques d'une danse : Apprendre le pas du tango.
A noter que le monde militaire utilise aussi ce terme pour signifier un déplacement (marcher au pas, pas de l'oie, pas de course, etc.)

- Patricotage (Virmaître, 1894)
• s.m. danse

- Patricoter
• v.t. Les danseurs patricotent des jambes. On dit aussi :
- Il a patricoté dans la caisse.
Patricoter est ici pour tricoter (Argot du peuple).

- Pieds nattés (avoir les) (Rigaud, 1888)
• v.t. Ne pas avoir l’intention ou la possibilité de sortir. - Ne pas être disposé à danser, - dans le jargon des soldats de cavalerie.
- Alors, comme ça, Mam’zelle a les pieds nattés ?

- Pince-cul (Rigaud, 1888)
• s.m. Bastringue, où les amateurs de la liberté de pincer peuvent prendre du plaisir à pleine main.
Une fille qui respecte sa parentelle peut aller danser au Banquet d’Anacréon : ou aux Mille Colonnes, seulement elle ne va pas au bal Grados. C’est une infamie que ce pince-cul-là !
(Huysmans, Les Sœurs Vatard.)

- Pincer (Delvau, 1867)
• v. a. Exécuter.
Pincer le cancan / Pincer une contredanse: danser le cancan / exécuter une contredanse.
Pincer de la guitare : En jouer.
Pincer la chansonnette : Chanter.

- Pincer des frétillantes
• v.t. Danser. L’image est jolie, les jambes frétillent.
Quand la Goulue pince des frétillantes dans un cavalier seul distingué, elle pince le pas du hareng saur en détresse. (Argot du peuple).

- Polka (Delvau, 1867)
•s. f. Correction, danse, — dans l’argot des faubouriens. Faire danser la polka à quelqu’un. Le battre.


- Polka des épaulettes / Faire la polka des épaulettes
• Argot militaire : Déploiement en tirailleurs, être en tirailleurs à plat ventre
Source : " L'argot de la guerre d'après une enquête auprès des officiers et des soldats auteur" Paris édition: Colin numédition - Date: 1918 , 296 pages



- Porte-maillot (Rigaud, 1888)
•s. f. Danseuse.

- Quadrille des lanciers (Rigaud, 1888)
•s. p. Danse de salon très populaire à la fin du XIXème siècle.
•s. f. Argot des médecins - Traitement douloureux appliqué pour soigner la syphilis. Voir l'article de Pierreth1 qui lui est consacré.
L'équivalent allemand, "Schwanzparade", est beaucoup plus cru, car il peut être traduit par "défilé de queues".


- Revue
•s. f. Music-hall : Spectacle à mise en scène somptueuse composé de sketches, de chansons et de danses sans lien véritable entre eux.
•s. f. Militaire : Inspection des troupes, de leurs équipements, des armes, du matériel de toute sorte.


- Rigodon (Larousse pour tous, 1907 )
•s. m. Ancienne danse du XVIIe et XVIIIe siècle, exécutée sur un air vif et gai par des couples de danseurs sautant sur place.

- Domaine milit. :
•s. m. Batterie, sonnerie, mouvement de fanion exécutés au champ de tir pour signaler qu'une balle est placée au centre de la cible.
-"D'à côté, du quartier de la cavalerie, on entendait toutes les trompettes. Il savait par cœur, Arthur, tous les rigodons" (Céline,Mort à crédit,1936, p. 66).

•s. m. Balle placée au centre de la cible. Faire un rigodon.
-"(...) Bon Dieu, bien visé, m'sieur le duc! sacré nom! − Eh oui! rigodon!" (La Varende,Homme aux gants,1943, p. 379).
-"Leurs drapeaux [des scouts] à croix rouge agités semblant marquer les rigodons" (Vialar,Hte-mort,1951, p. 273).
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Carte postale: La vie militaire - Un rigodon. Source: www.delcampe.net
• 1917
" Puis, vaincu par la douleur, il s'évanouit non sans avoir proclamé, d'un ton railleur, toujours comme au stand : «Rigodon !»"
Les vitriers à Bezonvaux Léon GROC
Source : http://www.languefrancaise.net/Auteur/1899

"Moulin à Rigodon" : expression plaisante désignant la mitrailleuse.
Je vous écrirai une carte quand vient mon tour de garde je monte mon heure de faction réglementaire quand mon camarade vient me relever, 3 ou 4 coups de feu éclat presque en même temps voilà des fusées qui éclairent le terrain et l’on aperçoit les ombres des Boches qui sont a peine a 100 mètres de nous aussitôt je rentre dans la tranchée et vas y pan-pan où ça pétardait y avait les <moulin a rigodons> (mitrailleuses) qui nous jouait la valse des pruneaux en notes piquantes ça été comme ça pendant une heure et demi les Boches qui nous envoie les shraphnels dont une est tombée a 2 mètre de la tranchée nous couvrant de boue car j’ai omis de vous dire que la pluie tombait depuis 2 jours nous étions frais.
Lettre écrite par Louis DORE du 165ème RI à ses parents le 06 décembre 1914.
Source : Re: première bataille

- Rigolbochade (Rigaud, 1888)
•s. f. Action de s’amuser, de rire, de danser, d’après la méthode Rigolboche, danseuse célèbre de bals publics, il y a une douzaine d’années. Elle aimait beaucoup à rigoler ; d’où son surnom.

- Rigolboche
Rigolboche, de son vrai nom Amélie Marguerite Badel, surnommée « la Huguenote » est une danseuse française, qui fit la gloire du cancan sous le Second Empire. Son surnom Rigolboche est un terme d'argot formé du mot rigolo et du suffixe -boche, désignant un plaisantin, une personne très drôle.
- Le Rigolboche est aussi le nom d'un journal de tranchée diffusé par la 20ème brigade de la 10ème division d'infanterie et qui sera publié de février 1915 à mars 1918. Source : Mémoire Vive, site numérisé de la Bibliothèque de Besançon.

- Ronde
•s. f. Mil: Tour de guet effectué par un ou plusieurs soldats pour surveiller une position.
•s. f. Chor: Danse où les participants se déplacent en formant un rond et en se donnant les mains. Dans la tradition dansée, les rondes occupaient la plus grande partie du répertoire. Elles ont peu à peu été remplacées par des danses plus complexes et reversées au patrimoine enfantin (cf "Rondes, branles, caroles. Le chant dans la danse" J.M.Guilcher Ed. CRBC Sept 2003

- Salle de danse Rigaud, 1888
• s.f. Derrière, postérieur - dans le jargon des souteneurs qui, dans leurs démêlés avec leurs maîtresses, les font danser à grands coups de pied au derrière.

- Saut
• s.f. DANSE. Pas de danse au cours duquel les deux pieds quittent le sol à la fois. ♢ Saut battu. ,,Saut qui s'accompagne de croisements rapides et successifs des jambes`` (Bourgat, Techn. danse, 1959, p. 65).

- Sauter
• v. : sens 1- Du latin saltare (« danser ») . S’élancer en l’air, soit pour retomber au même endroit, soit pour franchir un espace. Effectuer un saut.
Sens 2 - Exploser, se détruire d'un coup, voler en éclats.

- Sauterie (Delvau, 1867)
• s. f. Danse, - dans l’argot du peuple.

- Tricoter (Larchey, 1865)
• v.i. Danser. - Comparaison du jeu des jambes à celui des aiguilles.
A le sens aussi de "se sauver".

- Tricoter des pincettes (Rossignol, 1901)
• v.t Danser.

- Troupe
• n.f : Groupe de personnes se déplaçant ensemble ou se livrant à une même activité.
- Curieusement le terme s'applique autant à des militaires qu'à des artistes (troupe de ballet).

- Tulipe orageuse (le pas de la) (Rigaud, 1888)
• s. f. Pas chorégraphique très risqué au point de vue de la décence. Cavalier seul exécuté par une danseuse de bal public qui enlève ses jupes à la hauteur de la tête en tournant sur elle-même. La tulipe orageuse est le nec plus ultra du cancan, et laisse bien loin la rémoulade, le passage du guet, le coup du lapin, et le présentez armes !
Son amour pour la chorégraphie s’était développé au Prado où elle dansait la tulipe orageuse avec un chic qui lui avait valu les applaudissements frénétiques de la galerie.
(Abbot, La Princesse Mathilde.)


Sources: Extrait de Argoji - Argot français classique, plus de 34 000 mots d’argot de 1827 à 1907.
http://www.russki-mat.net/argot/Argoji.php

- Valse
- Sens propre :
De l'allemand Waltz, waltzen( tourner). Danse apparue en France au début du XIXème siècle et qui sera très prisée dans les salons parisiens.

- Sens figuré
• n.f : argot - coups, gifle (donner/recevoir une valse)
La valse chaloupée ou Danse apache est un exemple de danse où le partenaire féminin est particulièrement maltraité.

Pop. - Pluie de projectile (valse des obus/ valse des pruneaux / valse des fusées)

- Valse des pruneaux
• Expression plaisante désignant une fusillade nourrie.
Je vous écrirai une carte quand vient mon tour de garde je monte mon heure de faction réglementaire quand mon camarade vient me relever, 3 ou 4 coups de feu éclat presque en même temps voilà des fusées qui éclairent le terrain et l’on aperçoit les ombres des Boches qui sont a peine a 100 mètres de nous aussitôt je rentre dans la tranchée et vas y pan-pan où ça pétardait y avait les <moulin a rigodons> (mitrailleuses) qui nous jouait la valse des pruneaux en notes piquantes ça été comme ça pendant une heure et demi les Boches qui nous envoie les shraphnels dont une est tombée a 2 mètre de la tranchée nous couvrant de boue car j’ai omis de vous dire que la pluie tombait depuis 2 jours nous étions frais.
Lettre écrite par Louis DORE du 165ème RI à ses parents le 06 décembre 1914.
Source : Re: première bataille
La valse des fusées a l’air de se précipiter sur nous. Les obus labourent le ciel de grandes balafres lumineuses. Je vois comme si j’y étais, la forme de ce combat de nuit, toujours semblable à lui-même. On s’énerve, on tire au hasard, on approvisionne les armes, on met la baïonnette au canon. on flotte de droite et de gauche, on ne fait rien de bon, on est à la merci d’un coup de main vigoureusement mené.
Extrait du chapitre "A Ypres - la course à la mer" du livre de Henri René "Jours de gloire, jours de misère" aux éditions Perrin et cie.


- Valser
- Sens propre :
danser la valse

- Sens figuré
Pop. - Lancer, jeter dans tous les sens (Valser / faire valser)



• Nombre de lettres de soldats, utilisent le terme "entrer dans la danse" ou "entrer dans la ronde", prendre part au bal, etc. pour signifier qu'ils arrivent sur le front, qu'ils entrent dans les zones de combat, qu'ils vont mener l'assaut.

Si vous avez des lettres (dans toutes les langues) dans lesquelles figurent ces expressions, je suis preneur!


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Re: Danse

Message par Inouk44 » lun. nov. 24, 2014 11:26 pm

Les danses symboliques:
- Danses parodiques -

Sont regroupées ici, toutes les danses qui n'en sont pas vraiment.
Elles sont issues d'expressions, de jeux de mots, d'association d'idées, de parodies de danses existantes, de caricatures de la société et ne constituent pas des danses ayant réellement été interprétées.


II. LES DANSES PARODIQUES


• LA POILUETTE (sur l'air de "La Matchiche".)

Cette danse fait partie d'une Revue créée par des soldats du 1er régiment de Zouaves et jouée en 1915.
I
Que l'on soit en Alsace,
Ou sur l'Yser,
Chaque troufion prend place.
Aux premiers airs
De la vraie poiluette
Tous les soldats
Dégourdissent leurs gambettes,
Ils se trémoussent : ah faut voir ça !
Car, très élégamment,
Ils se prenn'nt la taille en chantant :

REFRAIN
Dansons la poiluette
- Ça, c'est chouette
La danse des poilus
Maigres ou ventrus,
- C'est un pas rigolboche*,
Qui n'est pas boche,
Cavaliers et biffins,
Dans'nt ce machin.
Zouaves, turcos,
S'écrient : « Bono, bono,
Car cet hiver
On dans'ra chez l'kaiser. »

II
Malgré tout's les tempêtes
De bombes, obus,
Ils dans'nt la poiluette,
Tous les poilus.
Bien au fond d'leurs tranchées,
— Je n'vous dis qu'ça
Ils font cette danse des armées,
Danse reconnue par l'État,
Puisque nos gouvernants
Eux-mêmes la font en chantant.

AU REFRAIN

III
Nos poilus en All'magne,
Dans un mois s'ront;
Fich'ront les boch's au bagne
Jupons, ils gard'ront.
Ils diront aux bochettes :
« Gretchen, veux-tu?
Danser la poiluette
La véritabl' dans' d'nos poilus. »
Et sur un bon dodo
L'troufion chantera amoroso.

REFRAIN

Dansons la poiluette
Ma p'tit' bochette,
La danse des poilus,
Tu l'as voulu.
Ce n'est pas une danse boche
Pour ta caboche
Un pas d'pénétration
De notr' nation.
Allons ! Allons !
Gretchen, fais attention,
Va doucement,
Tu f'rais rater l'mouvement !

IV
Si un turco dégotte
Le grand kaiser,
Il mettra sa culotte
Bien à l'envers.
Puis ensuit' par la taille
Il l'enlacera
Pour danser après la bataille
La poiluette à entrechats.
Puis montrant son ardeur
L'turco chantera à l'Empereur.

REFRAIN
Dansons la poiluette,
Ma Guillaumette,
La danse des poilus
Très bien foutus.
Ce n'est pas un' dans' boche
- Pour ta caboche
Un pas d'pénétration,
De notr' nation,
Allons ! Allons !
Guillaum' ! fais attention !
Va doucement,
Tu f'rais rater l'mouvement.

- Tout le monde danse et disparaît dans les coulisses, sauf LE JOURNALISTE et LE COMPÈRE qui restent en scène.

*Rigolboche, de son vrai nom Amélie Marguerite Badel, surnommée « la Huguenote » est une danseuse française, qui fit la gloire du cancan sous le Second Empire. Son surnom Rigolboche est un terme d'argot formé du mot rigolo et du suffixe -boche, désignant un plaisantin, une personne très drôle. (voir l'article consacré au vocabulaire)
Source: Gallica/Bnf extrait de "Au clair de la... dune : revue en 1 acte et 2 tableaux" / de Toni Pança, l'Ecorcheur et le Lanceur de fusées. Fiori, Capitaine, Auteur du texte de la Revue de la "Chéchia" - Régiment de Marche de Zouaves - Aout 1915





• LE PAS DU BOYAU
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Source: Gallica/Bnf extrait du journal "Le Gaulois" du 7 octobre 1916

Commentaire: Au passage on notera la création du mot "artisticomiquexentriquanticafardicopatriotique" qui est de facto le plus long mot de la langue française...

Merci à Marpie qui a fait cette découverte!



• LA DANSE DU CAILLEBOTIS

- Dans ses mémoires intitulées "Il revint immortel de la grande bataille - Carnets de guerre 1914-1919", le jeune officier du RICM, René Germain, nous raconte quelle "danse" lui fait subir l'ennemi.
"(...) Aussi, il faut apprécier rapidement l'endroit approximatif de sa chute [torpille de minen], puis s'en écarter, à droite ou à gauche, à toute vitesse, et s’aplatir au fond du boyau. C'est ce qu'on appelait la danse du caillebotis*."
Source "Il revint immortel de la grande bataille" page 28 des éditions "Italiques".

*le caillebotis est un chemin de planches posées au fond de la tranchée pour pouvoir y circuler plus facilement.

Merci à IM Louis Jean pour cette contribution!



• LA DARDANNELLE
Image
Source:Journal de tranchée "Marmita", Revue Hebdomadaire anecdotique, humoristique, fantaisiste du 267e., n°9 du 09 mai 1915 :=> http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6 ... /f14.image sur Gallica/Bnf.

Merci à IM Louis Jean pour cette contribution!


• LA KRUPPIONNETTE
Cette danse fait allusion à une danse ayant réellement existé et créée en 1906 : "La Croupionnette".
Image
Quoi qu'en disent les journaux français, le
moral de nos troupes d'occupation en Belgique
est excellent. Les musiques militaires se font
entendre presque tous les jours ; une nouvelle
danse, la Kruppionnette, fait les délices de nos
braves combattants.
Source: Journal de tranchée "Ah Bath" - => Journal humoristique des poilus du sept six, n°2 du 15 février 1915

Merci à IM Louis Jean pour cette autre contribution!



• LA ZURUCKETTE
Danse parodique dont le nom ("Zurück" en allemand, signifiant "Retour" + "ette") fait allusion à toutes ces danses éphémères (la craquette, la liquette, la croupionnette, etc.) qui ont égayées les bals d'avant-guerre.
Bien sûr, par allusion à son nom, elle est dansées par les prisonniers français en Allemagne qui rêvent du retour dans leur Patrie.

Article à consulter :"La Zuruckette".

Merci à Frédéric S. pour cette contribution, tout à fait pertinente et fort bien illustrée!




• Danser devant le buffet
• En temps de guerre, les confiscations de denrées, les réquisitions et les rationnements sont fréquents et génèrent des disettes voire des famines, principalement dans la population civile: on est souvent amené à "danser devant le buffet" qui est vide, comme de bien entendu.
L'expression nous est expliquée ici: "Il s'agit en fait ici du buffet qu'on peut trouver dans une cuisine qui, lorsqu'il est malheureusement vide et quelle qu'en soit la cause, ne permet pas de manger.
Mais, alors que le moral devrait être plutôt bas devant une telle situation, qu'est-ce qui justifie de danser devant ce buffet ?
Eh bien cela vient simplement d'un calembour datant probablement de la fin du XVIIIe siècle.
En effet, au XVIe siècle et encore longtemps après*, le verbe 'fringaler' signifiait 'danser'.
Il était une combinaison de 'fringuer' pour 'sauter' ou 'gambader' et de 'galer' pour 'se réjouir'.
Et chacun sait que la 'fringale', ce n'est pas une nouvelle danse, mais la faim ou l'appétit.
Alors "d'avoir faim devant le buffet vide" à 'fringaler' donc 'danser' devant lui, il n'y eut qu'un pas (de deux).
* Au XIXe siècle, il avait pris le sens de 'marcher ou aller de travers'. Il n'est plus vraiment utilisé de nos jours.
"
Source : http://www.expressio.fr/expressions/dan ... buffet.php

• Carte postale belge
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Légende: "Les métiers de fortune en 1916:
-Elle était étoile de la danse
-Et maintenant elle danse devant le buffet
". Signée E.C.



• LE PAS DES PAS-DINEURS
Image
Source : Dessin de propagande anti-allemand issu de l'hebdomadaire "Pages de Gloire, de Science et d'Actualités", n°102 du dimanche 12 novembre 1916 :=>http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6 ... /f10.image
Commentaire: Il s'agit d'un jeu de mots sur le nom d'un pas de danse nommé "le pas du patineur" très en vogue à la fin du XIXème siècle.

Merci à IM Louis Jean pour cette contribution!


• DANSER LA POLONAISE
La Polonaise est une danse existant réellement, lente et solennelle, à trois temps dont l'origine remonte au XVIème siècle. Elle retrouve une grande popularité dans les bals de la haute société au début du XIXème siècle. Elle se pratique en cortège de couples qui se suivent d'où , par dérision, l'analogie aux files de femmes devant les boutiques.
Image
Légende:" Figure 146 - Dancing the polonaise"
Source: Handbook of Imperial Germany - Janet et Joe Robinson - Copyright 2009
Version anglaise consultable librement ici => https://books.google.fr/books?id=4Qsz1m ... mp;f=false

- Page 207, l'auteur explique ceci concernant les problèmes de rationnement en Allemagne durant la guerre:
(Trad.) "Les femmes qui avaient beaucoup d'enfants ont particulièrement été visées puisqu'elles disposaient d'argent d'allocation, mais aussi de cartes de rationnement basées sur le nombre d'enfants. Beaucoup ont cru que ces mères "privilégiées" ont envoyé leurs jeunes enfants faire la queue en différents endroits pour être en bonne place dès l'ouverture des magasins et faire leurs achats avant que les provisions ne soient épuisées. Des luttes ont souvent été visibles dans les rues et les queues. Dès 1915, des émeutes alimentaires ont éclaté. Faire la queue est devenu connu par le surnom populaire de la "Danse de la Polonaise ou Danser la Polonaise."



- On en trouve la référence dans un article de intitulé "Dancing the Polonaise (August 1916)" s'appuyant sur un récit décrivant les troubles survenus à Magdeburg en 1916 suite aux manifestations contre le rationnement, sur cette page, traduite de l'allemand en anglais par Jeffrey Verhey and Roger Chickering.
L'auteur dit notamment que
"...Ce rituel (souvent mentionné comme la "Polonaise") des femmes surtout impliquées, qui ont inspiré le respect et la crainte des fonctionnaires locaux."

- Dans le "Kreuz zeitung" du 20 janvier 1920, on retrouve cette expression:
"Im Zentrum Berlins , dem ehemaligen 1. Berliner Reichstagswahlkreis , wickelten sich die Wahlen im allgemeinen sehr ruhig und glatt ab . Auch hier freilich mussten Wähler und Wählerinnen an manchen Stellen zur Polonaise auftreten und mitunter eine Stunde und länger auf der Straße oder in den Hausfluren harren , bis sich ihnen das Tor zum Wahlraum öffnete . Aber die an " Anstehen " gewöhnten Berliner fanden diesmal nichts dabei , daß sie bei dem empfindlich kühlen Wetter so lange warten mussten ."

Traduction :
"Au centre de Berlin, l'ancienne 1ère circonscription électorale berlinoise du Reichstag , les élections se sont déroulées en général très calmement et facilement. Aussi ici, bien sûr, des électrices et électeur à certains endroits devaient avancer en "Polonaises" et il fallait attendre parfois une heure et plus longtemps dans la rue ou dans les vestibules jusqu'à ce qu'on leur ouvre la porte [d'accès] à l'espace d'élection. Mais cette fois-ci, les habitants de Berlin habitués à "faire la queue" ne trouvaient rien à redire bien qu'ils aient du attendre si longtemps alors que le temps était sensiblement frais."



• La GODILLOTCHICHE - Carte Postale belge -1917
Image
Légende: "La danse à la mode en 1917"

Commentaire: Avec la pénurie, les prix flambent. Les Belges n'en perdent pas pour autant leur humour. La "Godillotchiche" fait allusion à une autre danse "la Maxixe" ou "Matchiche", que vous connaissez tous!
Vous ne vous souvenez plus de cette danse? Un petit mémo ici: => http://www.deezer.com/track/66717490 ou http://www.youtube.com/watch?v=BqvKfeXvcI4




• La DANSE DU DESIR - Carte postale italienne de propagande - 1914
Image Image

Commentaire : 1914 - L'Italie tarde a entrer en guerre. Un dessinateur crée cette carte postale de propagande qui représente la ville de Trieste (annexée alors par l'Autriche) et symbolisée par l"Italia Turrita" (Figure emblèmatique de l'Italie, qui la personnifie; l'équivalent de notre "Marianne" française)

Elle émoustille un tireur d'élite italien (bersaglieri) attaché au poteau de la "Neutralité". Le supplice est d'autant plus grand, que le corps d'élite des bersaglieri est réputé pour sa mobilité et sa rapidité d'action.
Leurs fanfares sont connues pour défiler au pas de course comme montré sur cette vidéo.
-Pour comprendre le problème de la neutralité de l'Italie, c'est par ici => http://fr.wikipedia.org/wiki/Neutralit% ... 14-1915%29
- Pour tout savoir sur les "Bersegliers" - les tireurs d'élite italiens , c'est ici => http://fr.wikipedia.org/wiki/Bersaglier
- Ainsi qu'un article concis et très intéressant, paru dans la lettre mensuelle de Gallica/Bnf et retraçant les conditions de l'entrée en guerre de l'Italie il y a tout juste 100 ans => http://blog.bnf.fr/gallica/index.php/20 ... -mai-1915/




• DANSE PRUSSIENNE - Musique des Aviateurs Français" - Auteur A. de Rammeri ou Rammert?
Image
Source: www.delcampe.net

Commentaire: Le double sens du terme "danse" (danse/combat) se retrouve ici. Pour plus de détail, consulter le lexique:=> viewtopic.php?f=44&t=54845&start=10#p416535 , ce qui permet de situer cette carte postale dans son contexte.







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Dernière modification par Inouk44 le ven. sept. 07, 2018 9:20 pm, modifié 7 fois.
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Re: Danse

Message par docteurno » lun. nov. 24, 2014 11:55 pm

Bonsoir

Décryptage de la dernière carte : du moins , je pense !!!!
Caricature des États européens (L'Invitation à la valse; bon souvenir les Etats Unis d'Europe). Wilhelm II, tsar Nicolas II, Victor-Emmanuel III, le président français Loubert et Edward VII d'Angleterre.
http://www.gettyimages.com/detail/photo ... /123719271

Cordialement
Jean-Pierre

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