3830 suicidés

Avatar de l’utilisateur
pouldhu
Messages : 1996
Inscription : mar. nov. 27, 2007 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par pouldhu » jeu. févr. 14, 2013 6:52 pm

Bonjour à tous, bonjour et un grand merci Daniel pour vos liste, elle vont m'être précieuses.
Cordialement,
Gilles.

jrenard
Messages : 269
Inscription : lun. oct. 15, 2007 2:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par jrenard » ven. févr. 15, 2013 12:53 am

Chers Amis,
A ma connaissance, sur les 42 suicidés originaires de la Manche, deux sont MPLF:
BOUTELOUP, Alexis Jean Marie, né le 19 janvier 1878 à Ducey, Capitaine au 136e RI, décédé le 5 janvier 1917 dans l'Oise . Suicide
FOURRE Louis Henri, né le 21 septembre 1879, à Vengeons, 2e Classe au 79e RIT, décédé le 2 octobre 1915. Suicide par immersion au cours de son évacuation pour congestion pulmonaire et fièvre.
Amicalement
Jacques
Jacques Renard. Außer Gefecht: Kriegstagebuch August Scharr-Deutsch Kriegsgefangene im Krankenhaus Issoudun (Hors de combat: Carnet de route d’August Scharr-Les prisonniers Allemands à l’hôpital d’Issoudun 1914-1918) 2014, éditions SPM.

Avatar de l’utilisateur
pouldhu
Messages : 1996
Inscription : mar. nov. 27, 2007 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par pouldhu » ven. févr. 15, 2013 10:27 pm

Bonsoir et merci Jacques pour ces infos.
Cordialement,
Gilles.

francis du vivarais
Messages : 155
Inscription : ven. déc. 14, 2007 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par francis du vivarais » sam. févr. 16, 2013 11:19 am

Bonjour à tous,
Je viens, par ce message, partager avec vous le début de mes recherches sur les suicidés.
Pourquoi s’intéresser aux soldats qui se sont donné la mort ?
En premier lieu parce que personne n’en parle ou si peu. En second lieu parce que le fichier des non MPLF qui m’a été donné, comportait un dossier embryonnaire nommé : « suicide » ne comportant que peu de fiches mais dont le contenu allait à l’encontre du point de vue commun développé par les historiens depuis la fin du conflit, jusqu’à nos jours. Il est en effet accepté que, si les suicides ont existés, ils ont eu lieu à l’arrière et qu’il est de toutes les façons difficile de faire la part des choses entre les raisons personnelles et celles dues à la guerre qui ont poussé des soldats à mourir volontairement.
Ces fiches donnaient entre autre, comme lieu de décès, des secteurs du front. J’ai donc voulu en savoir plus et j’ai décidé de recenser toutes les fiches de suicidés.
Pour ce qui est de la part des choses, s’il est impossible de savoir à quel point la guerre a été responsable du suicide de ces combattants, il est pour moi une chose de sure, elle ne peut en aucun cas être étrangère à leur décision.
Les suicides de début aout 1914 peuvent être en partie dus à la peur de l’inconnu qui attend le soldat, à la peur de la souffrance entre autre, ceux de 1919, à l’épuisement morale bien que la guerre soit fini, au désenchantement de ne pas être encore rentré chez soi. Comment la guerre ne pourrait-elle pas être la raison qui a poussé, durant tout le conflit, des grands blessés à se suicider dans les hôpitaux ?
Enfin, j’entreprends ce travail grâce à la rencontre d’un soldat et pour son souvenir. Dominique GOYHENEIX était né le 25 mars 1881 à Ordiarp dans les basses Pyrénées, soldat au 18ème RI, il s’est donné la mort le 18 septembre 1915 à Pargnan dans l’Aisne. Bien que son nom soit connu de son unité, il a été inhumé comme un inconnu, un mort indigne. Le registre des tombes du cimetière communal dressé par la 5ème Armée le 30 novembre 1916 donne la mention « inconnu » pour sa sépulture. Celui du 29 aout 1935 porte en rouge : « Ce soldat n’a pas le droit à la mention Mort pour la France ». Il n’y a plu de traces de sa tombe à Pargnan et son nom ne figure pas sur le site « Sépultures de Guerre », j’espère que sa famille à fait rapatrié son corps. Son nom est au moins inscrit sur le MAM d’Ordiarp.

J’ai donc recensé 3830 suicidés dans le fichier des non MPLF. Ma démarche a été de ne relever que les suicides avérés, donc les fiches portant les mentions « suicide », « mort volontaire », un genre de mort suivi de « volontaire » (noyade volontaire par exemple), les « s’est » suivi d’un genre de mort ne pouvant résulter que d’un suicide (s’est pendu, s’est jeter sous un train mais pas les s’est noyé, ni les s’est fracturé le crâne, qui pouvaient être du à un accident).
J’ai pris la décision de collecter toutes les fiches portant les mots « pendu », « pendaison », strangulation » même non suivi de volontaire. En effet je ne pense pas que l’on puisse se pendre par accident et aucune des fiches stipulant un homicide, évoque un meurtre par strangulation.
J’ai choisi de retenir toute les fiches portant « mort violente » car moins une fiche, quand cette mention était suivie d’une précision, elle était toujours « suicide »
J’ai enfin retenu les quelque rares fiches portant « coup de révolver, de fusil, de mousqueton, au cœur, à la tempe ou à la face ; ainsi que les coups de rasoir ou de couteau au cou. Je ne pense pas qu’il s’agisse de tentatives de mutilations volontaires ratées pour échapper au service, pour cela, on se tire une balle dans la main ou le pieds mais pas en plein cœur !
Ces cas sont à la marge et la suite de mes recherches constituera, entre autres, à les conforter ou à les écarter.
J’ai commis une erreur de jugement qui m’a fait rejeter les fiches des suicidés détachés agricole ou article 6. En effet, j’ai à tort, estimé que n’étant plus en service, ils n’étaient pas concernés par ma recherche. Tardivement j’ai revu ma position en lisant en détail la fiche d’un détaché, il était né dans une commune où son acte de décès avait été enregistré, se trouvant à l’autre bout de la France par rapport à l’usine où il travaillait. Bien que non combattant mais toujours soldats, l’éloignement de sa famille du fait de la guerre avait pu influencer son geste. J’ai aussi pensé au cas des soldats détachés qui se croient sorti de l’enfer et qui sont rappelés au front, situation qui est du au conflit et qui a pu participer à leur décision d’en finir.
J’ai aussi pris en compte les fiches des ouvriers coloniaux qui se sont suicidés alors qu’ils travaillaient dans nos usines d’armement ou nos poudreries.
Au sujet de la période, j’ai relevé les fiches de aout 1914 jusqu’à la date ultime trouvée, courant 1920.
Au sujet de la géographie, j’ai estimé que l’Afrique du nord (Tunisie, Algérie, Maroc) devait être retenue. C’est un cas complexe qui va demander une analyse particulière. Si ces territoires (terrestres) ne sont pas concernés par le conflit, il n’en reste pas moins que des unités participant aux combats sur les fronts de l’ouest, des balkans ou bien de Turquie y ont séjourné. De plus des RIT, des RZT, par exemple, ont remplacé des unités d’Afrique du nord d’active, afin d’assurer la présence militaire française. Ces soldats même loin des fronts ont pu être exposés à des situations de stress du fait de la guerre et du climat militaire tendu dans ce secteur (cf : l’affaire d’El Erri au Maroc en aout 1914). Mais il y a aussi des unités affectées à ces territoires et qui y sont restées durant tout le conflit, du moins c’est ce que j’ai cru comprendre, la guerre a-t-elle pu influer sur le moral de ces troupes ?
Quelques remarques a priori :
Les grades vont de deuxième classe à général de brigade. Toutes les armes sont concernées exception faite de La Marine par défaut de fiches de marins dans le fichier des non MPLF (existe-il un fichier des marins non MPLF ?).
Les suicides sont plus fréquents dans les unités qui ne sont pas en première ligne (COA, Train par exemple).
Je pense qu’il y a un lien entre le fait que cette mort soit jugée indigne, condamnée par l’Eglise et le fait que l’infanterie soit moins concernée que d’autres armes. Un soldat en première ligne qui veut en finir mais qui sait que son geste va porter l’opprobre sur sa famille, peut tenter de mourir sous les balles ennemies. Un artilleur par contre n’est que rarement soumis au feu de mousqueterie donc s’il veut mourir, il n’a pas le choix, il doit se suicider.
Plus le soldat est engagé dans la vie civile, la vie professionnelle, la vie de famille, plus il est vulnérable au cafard, d’où sans doute un grand nombre de suicide dans les RIT. Ce qui a contrario explique aussi le moindre nombre dans les RI.
Un cas particulier : les fiches de suicidés dont le lieu de décès est un hôpital ou une structure médicale (ambulance par exemple). Il va me falloir trouver pour chaque homme, s’il est décédé dans un hôpital des suites d’une tentative de suicide ailleurs, ou bien s’il était hospitalisé et s’est donné la mort. Si ce dernier cas serait le plus rencontré, le suicide en hôpital deviendrait le premier lieu de suicide.
Une énigme : pourquoi y a-t-il un nombre important de suicidés dans l’Artillerie Lourde et l’Artillerie à Pied ?
Un appel à la communauté du forum : Pensez à moi si vous trouvez dans les MPLF, des suicidés, certains ont passé le crible. Je reviendrai vers vous aussi pour m’aider à déchiffrer certaines fiches.
Cordialement,
Gilles.

chanteloube
Messages : 1645
Inscription : mer. nov. 10, 2004 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par chanteloube » sam. févr. 16, 2013 7:40 pm

Bonjour,

Le problème n'est pas tant de repérer tous les suicidés, leur nombre en est maintenant connu à quelques exceptions prés par beaucoup de chercheurs chasseurs de fiches; il variera en fonction des critères retenus.
Une fois qu’on aura ajouté les Suicidés MPLF trouvé dans le « grand fichier », aux suicidés découverts dans le fichier NMPLF, qu’on y aura ajouté ceux que l’on aura trouvé en épluchant la « Presse locale de l’époque », il restera tous ceux dont le suicide a été caché pour une raison ou une autre.
Une question cependant : comment exploitera-t-on ce fichier des suicidés ? Pour l’instant il ne dit pas beaucoup de choses, hormis les précautions des scribes pour en rendre compte. On peut le classer par mois, par régiments, par grandes offensives, par fronts, par date de « réouverture » des permissions, on peut le classer par profession, par origine sociale - si tant est qu’on puisse avoir les informations…etc et ensuite que nous dira-t-il ? Que les détachés en usine ou à la terre se suicident aussi, qu’un certain nombre de blessés, probablement gravement atteints, se suicident par précipitation, ce qui signifie qu’ils ont sauté dans les escaliers des hôpitaux ou qu’ils se sont jeté par les fenêtres…..mais encore ? Quelles conclusions en tirer sinon le constat connu que les grandes misères psychiques sont insupportables à certains, que le choc de guerre, le terrible shell-choc, nié longtemps par la hiérarchie militaire et longtemps aussi par la médecine de guerre aux ordres, faisait aussi bien des ravages. Je pense là au film « les fragments d’Antonin »
J’ai souvent entendu dire que pendant l’occupation (seconde guerre) les maladies cardiaques avaient régressées et que les « asiles » s’étaient « vidés »(c’est méconnaître le fait que les bases de la psychiatrie moderne ont été établies pendant la période 1940-44).
Il semble que pendant la première guerre les choses soient allées de façon différente, les maladies cardiaques frappent rudement, les cancers aussi, il y a beaucoup de « morts subites », la tuberculose ravage « les sections spéciales disciplinaires »….
A bientôt CC

Avatar de l’utilisateur
IM Louis Jean
Messages : 2791
Inscription : dim. mars 22, 2009 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par IM Louis Jean » sam. févr. 16, 2013 8:40 pm

Bonsoir à toutes et à tous,
Bonjour,

Le problème n'est pas tant de repérer tous les suicidés, leur nombre en est maintenant connu à quelques exceptions prés par beaucoup de chercheurs chasseurs de fiches; il variera en fonction des critères retenus.
Une fois qu’on aura ajouté les Suicidés MPLF trouvé dans le « grand fichier », aux suicidés découverts dans le fichier NMPLF, qu’on y aura ajouté ceux que l’on aura trouvé en épluchant la « Presse locale de l’époque », il restera tous ceux dont le suicide a été caché pour une raison ou une autre.
Une question cependant : comment exploitera-t-on ce fichier des suicidés ? Pour l’instant il ne dit pas beaucoup de choses, hormis les précautions des scribes pour en rendre compte. On peut le classer par mois, par régiments, par grandes offensives, par fronts, par date de « réouverture » des permissions, on peut le classer par profession, par origine sociale - si tant est qu’on puisse avoir les informations…etc et ensuite que nous dira-t-il ? Que les détachés en usine ou à la terre se suicident aussi, qu’un certain nombre de blessés, probablement gravement atteints, se suicident par précipitation, ce qui signifie qu’ils ont sauté dans les escaliers des hôpitaux ou qu’ils se sont jeté par les fenêtres…..mais encore ? Quelles conclusions en tirer sinon le constat connu que les grandes misères psychiques sont insupportables à certains, que le choc de guerre, le terrible shell-choc, nié longtemps par la hiérarchie militaire et longtemps aussi par la médecine de guerre aux ordres, faisait aussi bien des ravages. Je pense là au film « les fragments d’Antonin »
J’ai souvent entendu dire que pendant l’occupation (seconde guerre) les maladies cardiaques avaient régressées et que les « asiles » s’étaient « vidés »(c’est méconnaître le fait que les bases de la psychiatrie moderne ont été établies pendant la période 1940-44).
Il semble que pendant la première guerre les choses soient allées de façon différente, les maladies cardiaques frappent rudement, les cancers aussi, il y a beaucoup de « morts subites », la tuberculose ravage « les sections spéciales disciplinaires »….
A bientôt CC
Oui, réhabilitons tous les suicidés pour l'exemple !

Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir

chanteloube
Messages : 1645
Inscription : mer. nov. 10, 2004 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par chanteloube » dim. févr. 17, 2013 8:31 pm

Bonjour,
Je lis ceci:
""Oui, réhabilitons tous les suicidés pour l'exemple !
sesouvenir"
mais alors vous allez être obligé de "suicider" tous ceux qui ont été fusillés par erreur...... pour pouvoir les réhabiliter tous.
Il va falloir en parler au général Bach dont le dernier ouvrage, soit dit en passant, est tout à fait passionnant. A bientôt. CC

Avatar de l’utilisateur
IM Louis Jean
Messages : 2791
Inscription : dim. mars 22, 2009 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par IM Louis Jean » dim. févr. 17, 2013 10:12 pm

Bonsoir à toutes et à tous,
tous ceux qui ont été fusillés par erreur
Tout est là.

Quoique, Lucien Bersot, légitimement réhabilité le 12 juillet 1922, est encore instrumentalisé. L'important n'est donc pas pour certains la réhabilitation ...

Cordialement
IM Louis Jean
sesouvenir
<< On peut critiquer les parlements comme les rois, parce que tout ce qui est humain est plein de fautes.
Nous épuiserions notre vie à faire le procès des choses. >> Clemenceau

chanteloube
Messages : 1645
Inscription : mer. nov. 10, 2004 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par chanteloube » dim. févr. 17, 2013 10:33 pm

bonsoir,
nous sommes absolument d'accord, la réhabilitation générale serait une bourde monumentale et ce n'est pas le plus important. Il y faut un travail analogue à ce que le général Bach a fait pour 14 15 16, au cas par cas, est-ce possible? à bientôt CC

Shark260486
Messages : 392
Inscription : sam. nov. 05, 2011 1:00 am

Re: 3830 suicidés

Message par Shark260486 » lun. févr. 25, 2013 9:10 pm

Bonjour,

Voici un soldat du 40e RI (Mort pour la France?), suicidé après l'armistice. l'on peut supposé que mentalement il fut difficile de devoir continuer des actions loin de sont pays après avoir attendu la fin de la guerre, synonyme de retour au pays. Désillusion.

http://www.memoiredeshommes.sga.defense ... 1474797856

Cordialement,
Shark

Répondre

Revenir à « Sujets généraux »