Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

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Tanker
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par Tanker » jeu. févr. 05, 2009 12:11 am

Bonsoir,

Voici quelques éléments sur les capacités d'observation des chars Schneider

L'observation au combat, de l'intérieur du Schneider, a été, dès la mise en service du premier exemplaire de ce char, un problème récurrent.
Les solutions proposées n'ont jamais été totalement satisfaisantes et de nombreux essais ont été faits avec différents types de périscopes.
Ce n'est qu'avec l'apparition de l'épiscope que le char d'assaut réglera, bien plus tard et au mieux ce problème.

La modification des visières de casques et l'achat de masques individuels chez les Britanniques s'inscrivent dans les tentatives faites pour améliorer la vision extérieure et tenter de protéger les membres d'équipage quand ils utilisaient les capacités d'observation de leur char.

Dans le char, l'équipage disposait de trappes d'observations qui pouvaient être ouvertes lors des déplacements (avant et après combat) :
- Volet du pilote/chef de chars à l'avant.
- Volet d'observation du côté gauche, en avant du poste mitrailleuse.
- Volet d'observation du côté droit, en avant du poste mitrailleuse.

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Sur, le prototype, les exemplaires de pré-série et les premiers exemplaires de série, ces volets étaient percés d'une fente de visée en T inversé.

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C'est par ces fentes qu'il était, au combat, possible de piloter ou désigner des objectifs aux mitrailleuses.
Rapidement le Général Estienne demandera la suppression de ces fentes en T. Elles seront bouchées à l'octogène et seul la fente de visée horizon-tale sera conservée.

Un certain nombre de pilote seront blessés au combat pour avoir voulu, trop longtemps après le début des engagements, continuer à piloter trappe ouverte. C'est souvent le manque d'heures de pilotage et d'aisance dans la conduite, avec ces seules fentes d'observations, qui aménait des pilotes à prendre ce risque.

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Exemple de variantes qu'il est possible de voir sur le côté droit du char

Avec l'apparition du surblindage sur le Schneider M1 et la mise en place de la porte avant gauche, plusieurs configurations de trappes, fentes et oeilletons vont être observées sur le char Schneider.
Les modifications, souvent réalisées à Champlieu par les SRR de Groupement, n'étaient pas toujours très normalisées, et visiblement les équipages réussissaient à se faire installer des modifications à leurs goût . . . .
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par Tanker » jeu. févr. 05, 2009 12:12 am

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Ce schneider est équipé du surblindage. La trappe d'observation a été conservée et le surblindage découpé pour permettre son ouverture. Le char n'est pas camouflé sur la plaque de surblindage et l'on peut voir (en blanc à la craie) la référence de cette plaque. Le surblindage de ce char, comme de tous ceux déjà livrés aux armées, a été fait à Champlieu par les SRR de Groupement.

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Sur ce côté gauche du char, le surblindage est installé. La trappe d'observation a été suprimé et remplacé par un simple oeilleton. Pour garder un champ de vision conséquent, la découpe ovalisée du surblindage a été élargie. côté des fentes et oeilletons, les deux rivets sont la fixation du cache intérieur qui permet d'obturer de l'intérieur l'ouverture.

Avec l'apparition du surblindage sur le Schneider M1 et la mise en place de la porte avant gauche, plusieurs configurations de trappes, fentes et oeilletons vont être observées sur le char Schneider.
Les modifications, souvent réalisées à Champlieu par les SRR de Groupement, n'étaient pas toujours très normalisées, et visiblement les équipages réussissaient à se faire installer des modifications à leurs goût . . . .

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Ce Schneider M2 est équipé d'un oeilleton supplémentaire en avant de la porte. cette oeilleton a du rapidement du être neutraliser par la modifica-tion de l'agencement des caissons de munitions dans le char, après la mise en place des réservoirs arrières. Certain modèles ont gardé la trappe d'observation dans la porte (voir le modèle du musée de Saumur sur le site d'Antoine Misner "Les chars français").

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Après Juvincourt, avec la capture de premiers exemplaires, et la possibilité de bien étudier ce char, les Allemands ont bien compris la faiblesse que représentaient ces fentes d'observation et de visée pour le char.

Le camouflage, et en particulier, les traits noirs horizontaux et verticaux ont permis de tenter de dissimuler la position de ces fentes.

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Sur ce côté droit de Schneider le camouflage cache très bien les points d'observations. Ici la fente d'observation a été décallée du renfort de liaison des plaques de blindage de ce char.

Si la 7,92 S allemande ne perçait pas le blindage du char, la 7,92 K ne perçait les plans verticaux du blindage qu'à moins de 200 mêtres. Les plans inclinés à 30° ne permettaient pas la pénétration des balles allemandes et les parties verticales surblindées arrêtaient la balle K.
Dans les parties surblindées, le char était protégé par une plaque d'acier cémenté extérieure de 8 mm, un espace de 4 cm et une plaque d'acier cémenté intérieur de 11 mm. Comme le montre les photos d'après combat, il est très net que la première plaque de 8 mm était percée ou très marquée.
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par Tanker » jeu. févr. 05, 2009 12:14 am

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La fente d'observation est placée près du renfort du fixation des plaques de blindage. Les rivets de fixation de l'obturateur intérieur sont bien visibles.

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A l'occasion, le tireur canon se faisait mettre une fente d'observation dans le blindage avant droit du char.

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Pour le tir, le canonnier et les deux mitrailleurs disposaient de viseurs de tir moins exposés au tirs ennemis que les autres organes d'observations.

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Les fentes d'observation offraient des capacités supplémentaires d'observations. Si leur 5 mm (théorique et réglementaire . . .) ne permettaient pas la pénétration des balles de 7,92 allemandes, elles avaient pour défaut d'éclater la balle et de projeter du plomb fondu (pour les balles S) qui blessait l'observateur aux yeux.
L'arrivée, très tardive (Juillet 18) des masques britanniques devaient en partie régler ce problème, même si l'observation avec ce masque (ou avec le masque à gaz) était rendue encore un peu plus difficile.

Les vrais yeux du char restaient les trois fantassins d'élite accompagnant chaque char qui, de l'extérieur, était plus à même de guider l'équipage. Pour le Schneider, la position protégée de la porte arrière permettait, à l'occasion, une communication plus aisée.

Un bon nombre de ces photos sont encore des détails de photos de l'ECPA-D qu'il est toujours possible d'acquérir au Fort d'Ivry . . .

Bonne lecture - Michel
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par ddumont » jeu. févr. 05, 2009 8:07 am

bonjour
Intéressante analyse.............
Merci.

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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par le begue » jeu. févr. 05, 2009 12:15 pm

Bonjour à tous,
Bonjour Michel,
Merci de nous proposer cet excellent dossier qui nous donne une approche assez précise des conditions de combat des équipages.

J'ai esquissé un sourire en lisant :
"Ce n'est qu'avec l'apparition de l'épiscope que le char d'assaut réglera, bien plus tard et au mieux ce problème".
Si vous pensez au tourelleau Top7 de l'Amx30, je suis en effet d'accord avec vous.
Je ne peux en dire autant de l'Amx13...conçu comme l'EBR en 1935 il est vrai. Mais claustrophobes, s'abstenir !
Amicalement,
Louis.

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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par Tanker » jeu. févr. 05, 2009 2:39 pm

Bonjour Louis,
Et pour ce qui est de la claustrophobie, les actuels tankistes ont encore plus de soucis à se faire . . . Avec les caméras numériques, la fibre optique et les écrans informatiques, il est même quasiment possible de ne plus mettre l'oeil dehors . . .

L'épiscope a tout de même été un progrès important qui a permis aux équipages d'éviter certaines blessures directs.

Michel
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par le begue » jeu. févr. 05, 2009 10:11 pm

Bonjour à tous,
J'ai connu tout cela... et j'ai passé pas mal de mon temps dans ma tourelle.
Nonobstant, c'est bien parce qu'on voir grâce au Top7, assis au poste de combat, le fantassin qui tente pisser sur la chenille, que l'article de Michel a retenu toute mon attention.
En comparant ses fiches, et les explications qui les accompagnent, aux 4 niveaux de vision d'un chef de char Amx30 (je ne connais que celui-là), on peut en effet mesurer les progrès accomplis.
Et que dire des tirs avec ces ancêtres ?
En parlant de cela, question de béotien : pendant le conflit, les chars ont-ils eu à se livrer à des combats de rencontre entraînant des duels, combats classiques au cours du second conflit mondial ?
Amicalement,
Louis.

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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par le begue » ven. févr. 06, 2009 12:17 pm

Bonjour à tous,
Merci pour le lien.
Bonne journée,
Louis.

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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par Tanker » ven. févr. 06, 2009 6:09 pm

Bonjour,
En anglais . . . ., mais un bon exemple de compilation copier/coller de type Internet.
Les 400 Schneider CA 1 sont effectivement appelés modèle 1916, dans un certain nombre de notes officielles françaises.
Cette appellation couvre aussi bien le modèle initial livré par Schneider que les versions améliorées M1 et M2.
L'appellation Schneider modèle 1917 est celle retenue, dans les correspondances réglementaires françaises, pour désigner le Schneider CA 3 (qui n'a finalement pas été construit).
Le blindage à 24 mm de la partie avant du Schneider, n'a jamais existé. Il n'était par ailleurs pas utile. Avec l'inclinaison des parois du char sur l'avant, ni la balle S ni la balle K ne pénétrait le char.
Les parties arrières à 11 mm était effectivement percées par la balle K sur des tirs à moins de 200 m dans les paroies à incidence zéro.
Les photos Ecpa-D du chars du Lt Domergue (AS 3) prises à Gouy les Groseillers après l'affaire du Bois Sénécat, sont impressionnantes par le nombre d'impacts, mais seul le surblindage de 8 mm a été percé. (Ecpa-D Spa 121r 4409 - 4410 - 4414 - 4419)

Concernant le 13 mm, employé contre l'AS 2 lors des combats dans le parc de Grivesnes, il était efficace à moins de 500 m. Après Grivesnes, les équipages ont constaté la présence de trou plus gros (que les habituels trous des 7,92) et les rapports disent que les chars n'ont pas été percé. Il s'agissait encore probablement de tir dans la partie avant du char. des tirs au 13 mm dans la partie arrière du char auraient probalement été plus destructeurs.
Si la 7,92 S ne perçait pas le blindage basique de 11 mm, le tir prolongé sur un point précis d'un char à l'arrêt avait une efficacité certaine, car il finissait par fragiliser le blindage. Quelques récits d'équipage, à l'arrêt un peu prolongé de chars sur panne, le confirment.

Michel
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Re: Artillerie Spéciale - Capacités d'observation du Schneider au combat

Message par IM Louis Jean » lun. nov. 12, 2012 2:51 pm

Bonjour à toutes et à tous,
Les photos Ecpa-D du chars du Lt Domergue (AS 3) prises à Gouy les Groseillers après l'affaire du Bois Sénécat, sont impressionnantes par le nombre d'impacts, mais seul le surblindage de 8 mm a été percé. (Ecpa-D Spa 121r 4409 - 4410 - 4414 - 4419)
Le cliché Ecpa-D Spa 121r 4410 est désormais en ligne ici
Impressionnant en effet !
La légende accompagnant le cliché dans ce document indique que le char n° 273 "Mets z'y en" est le char du sous-lieutenant Decrette.

Cordialement
IM Louis Jean
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