EUROPE ― Paquebot mixte ― Compagnie des chargeurs réunis.

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Rutilius
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Re: EUROPE ― Paquebot mixte ― Compagnie des chargeurs réunis.

Message par Rutilius » mar. janv. 20, 2015 12:12 am


Bonsoir à tous,


■ Traversées.

— 11 ~ ... avril 1916 : Rapatrie de Sulaba à Dakar une partie de l’État-major, le Bataillon n° 1, l'Ambulance et la Batterie coloniale de la Colonne expéditionnaire du Cameroun, commandée par le colonel d’infanterie coloniale Auguste MAYER, soit 26 officiers, 40 sous-officiers, 11 caporaux et soldats, 948 tirailleurs.

Furent par ailleurs rapatriés à Dakar :

— par le cargo Amiral-Fourichon, également armé par la Compagnie des chargeurs réunis, trois compagnies du Bataillon n° 2 ;

— par le paquebot Mingrélie, de la Compagnie de navigation marocaine et arménienne N. Paquet & Cie, le Bataillon n° 3 et deux compagnies du Bataillon n° 2.

Total de l’effectif ainsi rapatrié : 57 officiers ; 83 sous-officiers ; 28 caporaux ou soldats ; 2.612 tirailleurs.


• « Les Armées françaises dans la Grande guerre », T. IX., Vol. II., Annexes, 4e vol., Annexe n° 4.954, p. 908 : Note de service du colonel Mayer n° 474 du 23 avril 1916 relative au rapatriement de la colonne expéditionnaire.

Journal des marches et opérations de la Colonne expéditionnaire du Cameroun, Vol. II. – 5 déc. 1915 ~ 24 avr. 1916 – : Service historique de Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote 26 N 1363/3, p. num. 83.

« 11 avril [1916]. L’Amiral-Fourichon arrive à Duala.
L’Europe quitte Sulaba avec les troupes belges et une partie des troupes de l’A.E.F. dirigées sur le Gabon. [...]

14 avril. – L’Amiral-Fourichon part de Duala avec le reste des troupes de l’A.E.F. à diriger sur le Gabon.
»


Le Pays de France, n° 134, 10 mai 1917, p. 7.

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Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Re: EUROPE ― Paquebot mixte ― Compagnie des chargeurs réunis.

Message par Rutilius » mar. janv. 20, 2015 10:52 am


Bonjour à tous,


En Avril 1916, le paquebot mixte Europe avait pour commandant Henri HARENT, capitaine au long-cours, inscrit à Toulon, n° 57, et pour chef mécanicien Jean CLERIVET, inscrit au Havre, n° 3.043 (Déc. du 10 avr. 1916 établissant la Liste des capitaines ou patrons des navires de commerce, des armateurs et des officiers mécaniciens qui ont obtenu des félicitations pour la bonne tenue de leur navire et le bon entretien des machines, chaudières , etc. : J.O. 14 avr. 1916, p. 3.148).

Même situation en Janvier 1917 (Déc. du 21 janv. 1917 établissant la Liste ..., etc. : J.O. 21 janv. 1917, p. 741).


▪ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 1er septembre 1920 (J.O., 2 sept. 1920, p. 12.860), Henri HARENT fut inscrit dans les termes suivants au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier :

« Harent (Henri), lieutenant de vaisseau auxiliaire : marin de tout premier ordre. A brillamment commandé un croiseur auxiliaire avec lequel il a effectué l’importante capture du Dacia. » (p. 12.862).
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Re: EUROPE ― Paquebot mixte ― Compagnie des chargeurs réunis.

Message par Rutilius » mar. janv. 20, 2015 6:38 pm


Bonsoir à tous,


■ Historique (complément).


— Janvier 1915 : Inscrit sur la Liste des bâtiments de la flotte en qualité d’éclaireur auxiliaire (J.O., 25 janv. 1915, p. 418), ayant Cherbourg pour port comptable (Déc. min. 22 avr. 1915, J.O., 23 avr. 1915, p. 2.501).


— 27 février 1915 : Semonce et capture à l’entrée de la Manche le cargo Dacia « comme inhabile à se prévaloir d’un transfert sous pavillon neutre opéré au cours de la guerre ».

Le Dacia allait de Norfolk (Virginie, États-Unis) à Rotterdam (Pays-Bas) avec une cargaison de 11.000 balles de coton chargée à Galveston (Texas, États-Unis) à destination de Brême (Allemagne) ; il naviguait sous pavillon américain, alors pavillon neutre. Or, au début des hostilités, et jusqu’au 4 janvier 1915, il battait pavillon allemand, étant enregistré à Hambourg (Allemagne) au nom de la Hamburg Amerikanische Packetfahrt Actien Gesellschaft (HAPAG). Par acte en date, à New-York, du 17 décembre 1914, cette société l’avait en effet vendu à un sieur Edward N. Breitung, cession qui fut enregistrée à Port-Arthur (Texas, États-Unis), le 4 janvier 1915. Avant la déclaration de guerre, le bâtiment était habituellement affecté au trafic entre les ports allemands et ceux du golfe du Mexique ; en dernier lieu, il était parti de Hambourg pour New-Port-News (Virginie, États-Unis) le 17 juin 1914 ; le 28 juillet suivant, il s’était rendu à Port-Arthur où il demeura immobilisé, au lieu d’effectuer son voyage de retour vers l’Allemagne. Comme nombre de navires armés par la même compagnie, il rompit ainsi subitement son trafic et demeura momentanément inutilisé en raison du risque de capture.

Les autorités françaises estimèrent que le transfert du Dacia sous pavillon américain n’avait été effectué qu’en vue d’éluder les conséquences qu’entraînait pour lui son caractère de navire ennemi, le sieur Breitung n’ayant été, en la circonstance, qu’un prête-nom de la compagnie HAPAG. Dans ces conditions, elles considérèrent que la vente du navire présentait un caractère purement fictif et n’avait eu pour fin que de soustraire le navire à la capture et de permettre un trafic ennemi. Par suite, elles estimèrent qu'elle ne leur était pas opposable.

Cette analyse fut partagée par le Conseil des prises. Par une décision du 4 août 1915 (J.O. 28 sept. 1915, p. 6.912), ce dernier déclara en effet « bonne et valable la capture du vapeur Dacia, ensemble ses agrès, apparaux, armement et approvisionnements de toute nature, effectuée le 27 février 1915 par le croiseur auxiliaire de la République Europe, pour le prix en être attribué aux ayants droit, conformément aux lois et règlements en vigueur ». Et cette décision fut confirmée en appel par un décret du Président de la République en date du 19 décembre 1916 (J.O. 14 janv. 1917, p. 498).

Renommé Yser et directement armé par la marine française, ce navire sera arraisonné et coulé le 6 novembre 1915 par le sous-marin allemand U-38 (Kapitänleutnant Max Valentiner) à 20 milles dans le N.N.-W. du cap de Fer (Algérie) alors qu’il allait de Cardiff (Pays de Galles, Royaume Uni) à Bizerte (Tunisie).
Bien amicalement à vous,
Daniel.

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