ALGERIE III - Navire auxiliaire

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Rutilius
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par Rutilius » sam. avr. 06, 2013 4:18 pm


Bonjour à tous,


■ Un passager militaire disparu avec l’Algérie-III, le 4 décembre 1916.


― BOUDOUL Jean Baptiste, né le 6 mars 1874 au Nayrac (Aveyron), mort le 4 décembre 1916 lors du « torpillage de l’Algérie-III », Caporal, 25e Section de commis et ouvriers militaires d’administration, Matricule n° 782, classe 1894, n° .... au recrutement de Rodez (Jug. Trib. Toulon, 5 nov. 1917, transcrit à Toulon, le 3 déc. 1917).
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par Rutilius » sam. avr. 06, 2013 4:42 pm


Re,


■ Récompense posthume.


Journal officiel, 21 février 1917, p. 1.415.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.

marpie
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par marpie » mer. avr. 17, 2013 10:48 am

Bonjour à tous ,

Extrait du JO du 24 décembre 1921 (p 14017) :

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Amicalement
Marpie

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xave31
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par xave31 » ven. févr. 28, 2014 6:07 pm

voici de nouvelles images
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xave31
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par xave31 » ven. févr. 28, 2014 6:23 pm

voici de nouvelles images
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olivier 12
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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par olivier 12 » dim. avr. 10, 2016 3:25 pm

Bonjour à tous,

ALGERIE III

Navire équipé d’un canon de 90 mm modèle 1881, n° 100, hausse 6200 m, installé à l’arrière dans l’axe.
Capitaine RAFFAELLI Antoine Capitaine au Long Cours Bastia n° 169

Rapport d’enquête. Interrogatoire du LV auxiliaire RAFFAELLI.


ALGERIE III, bâtiment français de 4035 tx JB appartenant à la Compagnie des Transports Maritimes avait été militarisé et allait de Salonique à Marseille. Il a été attaqué le 4 Décembre 1916 à la torpille par un sous-marin à 17h55, par 35°30 N et 17°32 E. Il faisait route au N85W à 13 nœuds et avait zigzagué jusqu’à la nuit. Beau temps, nuit claire, faible houle d’Ouest.

ALGERIE III n’avait aucun bâtiment en vue mais avait aperçu à 17h00 deux navires escortés par un chalutier, faisant route à l’Est. Il possédait un appareil TSF et tous les éléments pour le chiffrage des télégrammes. Il n’a pu émettre de signaux de détresse, l’explosion ayant mis hors service l’appareil TSF. L’installation d’un poste de TSF de secours dans la chambre de navigation qui est à l’abri des déformations et des ébranlements, aurait probablement permis de lancer les signaux de détresse.
Il transportait 116 sacs de courrier postal et des plis confidentiels que le LV Raffaelli a détruit lui-même. La clé des ravitailleurs de l’Armée d’Orient a été immergée dans un sac lesté en présence du second.
Il était armé d’un canon de 90 mm qui n’a pu être utilisé. Personne à bord n’a vu ni le sous-marin, ni son périscope. Un matelot prétend avoir aperçu le sillage argenté de la torpille qui arrivait par le travers bâbord. L’explosion s’est produite à environ 3m de profondeur, entre la salle des machines et la chaufferie et l’eau a envahi instantanément les deux compartiments. Le tuyautage principal de vapeur a été crevé et les chaudières se sont vidées à pleins tuyaux. L’éclairage électrique s’est arrêté instantanément. La machine n’a pu être stoppée. Le bâtiment a coulé 7 minutes après.

Il y avait à bord 86 personnes et 19 ont disparu. Le reste a embarqué dans les 4 canots non chavirés et sur les radeaux et a été recueilli par le BIEN HOA à 19h30.

Le sous-marin est venu en surface après la disparition d’ALGERIE III, mais personne ne peut donner de renseignement à son sujet étant donné le peu de visibilité. Le commandant dit avoir distingué un mât et trouver une ressemblance avec la silhouette du sous-marin aperçu par les officiers de CALEDONIA.

Liste des disparus donnée le 5 Décembre 1916 par le LV Raffaelli


Equipage
ANDRE Nestor EV1 Lieutenant
CARVIN Germain Mécanicien Principal de 2e classe
CASTELLANI Ange Matelot sans spé.
ESPOSITO Sauveur Matelot sans spé.
MATTEI Paul Sd maître mécanicien
NEGRE Marcel Matelot mécanicien
BERENS Jean Matelot mécanicien
CHALVET Gustave Matelot mécanicien
SARTHOU Etienne Matelot chauffeur
LE GUERNEVE Yves Matelot chauffeur
FOUILLAUD Justin Matelot chauffeur
CARBUCCIA Aimé QM distributeur
AURENTY Jacques Maître d’hôtel
CLEMENT Marcel Garçon
RISO Jean Cuisinier

Passagers
SATIN Pierre Lieutenant d’artillerie
BOUDOUL Jean Caporal convoyeur
FUMAS Marcel Agent convoyeur du courrier postal
VEILLAS Louis Soldat du 372e d’infanterie

L’officier mécanicien, le second maître mécanicien, les 3 mécaniciens et les 3 chauffeurs ont été tués et brûlés à leur poste de quart. L’officier pont et les 6 autres hommes, ainsi que les 4 passagers, ont été vraisemblablement noyés dans les embarcations chavirées sous l’effet de la vitesse conservée jusqu’à la disparition du navire, la machine n’ayant pu être stoppée.

Ont été blessés légèrement

PERSIANI Germain Sd maître mécanicien
LE GOUGUEC Louis Matelot chauffeur
REYMONDON Louis Matelot sans spé.
VAGGIONE Michel Sd maître mécanicien
DALLONI Charles Matelot timonier
FABLE Louis Garçon
MAHAUT Auguste Matelot chauffeur
ANTONETTI Antoine Matelot chauffeur
LACAM Louis Matelot maître d’hôtel
LAUTREDOU Jean Sd maître de manœuvre
YVON Joseph Matelot fusilier
BOUBE Samba Boucher indigène

Dans cette triste circonstance, je n’ai qu’à me féliciter de mon personnel pont, machine et restaurant sans exception qui n’a pas marchandé son dévouement et son courage, me facilitant l’accomplissement de mon devoir.
Je signale l’accueil réconfortant reçu sur le BIEN HOA et remercie le commandant, le médecin-chef, les officiers et tout le personnel des soins dévoués qu’ils nous ont prodigués.

Conclusion de l’officier enquêteur

Veille bien organisée sur ALGERIE III qui avait pris toutes précautions de routes recommandées.
Evacuation effectuée avec ordre et rapidité dans des circonstances particulièrement difficiles. Cela fait honneur au commandant d’Algérie III, à ses officiers et à son équipage. Bâtiment bien commandé et commandant bien secondé.
Le commandant, les officiers et l’équipage d’ALGERIE III ont fait tout ce que le pays était en droit d’attendre d’eux.

Le sous-marin attaquant

C’était donc l’UC 22 de l’Oblt z/s Heino von Heimburg.
CALEDONIA avait en fait été coulé par l’U 65 du Kptlt Hermann von Fischel. Voici la silhouette de l’U 65 dessinée par les officiers du CALEDONIA, silhouette fort différente de celle d’un type UC.

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Heino von Heimburg recevra la Croix pour le Mérite en Août 1917. Devenu vice Amiral, il prendra sa retraite en 1943. Mais, ayant été désigné en 1944 pour siéger dans un tribunal nazi, il sera arrêté en Mars 1945 par les soviétiques et envoyé dans un camp près de Stalingrad où il mourra au mois d’Octobre suivant.

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Rapport du CF MARC, commandant le navire hôpital BIEN HOA

A 16h07 le 4 Décembre 1916 je me trouvais par 37°26 N et 14°55 E Paris quand l’officier de quart aperçut la lueur d’un feu Coston dans le N30E. Je mis le cap dans cette direction et pris mes dispositions pour effectuer un probable sauvetage.
A 18h40 je stoppais au milieu de nombreuses embarcations couvrant la mer sur un espace de 1 mille. Mer belle avec petite brise d’Ouest. Lune haute, obscurcie parfois par des nuages. Je n’ai pas amené mes embarcations, celles des naufragés étant suffisamment nagées. Embarquement commencé à 18h07 et terminé à 18h05. Les 10 embarcations appartenaient au CALEDONIA, de Glasgow, qui revenait à vide de Salonique. Le second capitaine, Mr Burnie, m’a donné tous renseignements utiles pendant l’embarquement et j’ai repris ma route quand il m’a avisé que tous les hommes des embarcations étaient à mon bord. J’ai ainsi sauvé 213 personnes soit :
- 23 Etat major
- 14 Maistrance
- 160 Equipage
- 16 Soldats

A 18h52, j’ai à nouveau aperçu un Coston à 2 quarts sur bâbord avant. Mis le cap dans cette direction et à 19h09 stoppé car quelques hommes avaient cru entendre des cris sur tribord. N’entendant plus rien et craignant de perdre les naufragés, fait à nouveau route à l’ENE.
A 19h32, stoppé à nouveau, apercevant deux groupes d’embarcations avec des radeaux à la remorque, naviguant de conserve à petite distance. Je venais de franchir de nombreuses épaves de radeaux, d’espars et d’avirons.

Ces embarcations provenaient du vapeur ALGERIE III, revenant à vide de Salonique et torpillé une heure auparavant. Embarquement rapide sans avoir à amener les embarcations. Sauvé 67 personnes soit
- 6 Etat major
- 9 Maistrance
- 46 Equipage
- 6 Soldats

J’insisterai sur ce fait hélas trop fréquent que quelques hommes d’ALGERIE III onbt disparu par excès de précipitation au moment de l’embarquement dans les canots. Le rapport du commandant d’ALGERIE III, le LV RAFFAELLI Antoine Marius, donne tous les renseignements nécessaires sur les circonstances du torpillage et du sauvetage. Je dois dire que cet officier a fait sur moi la meilleure impression.

Le sous-marin qui a coulé ALGERIE est certainement le même qui à torpillé CALEDONIA. Je ne l’ai pas aperçu, ayant d’autres choses à faire et étant du reste absolument à sa merci. Mais le commandant d’ALGERIE III m’a certifié qu’au moment où il montait à mon bord, ce sous-marin était à ½ mille de moi. Le commandant du sous-marin avait éclairé avec un fanal une des couronnes de sauvetage d’ALGERIE III dont il a relevé le nom. C’est pourquoi il n’a pas demandé aux naufragés qui ils étaient.
(Nota : en réalité, il l’a forcément su rapidement puisqu’il en a repêché sept…)
Contrairement à l’usage adopté par les Allemands, le commandant d’ALGERIE III n’a pas été fait prisonnier comme celui du CALEDONIA. La place devait manquer dans le sous-marin… (En réalité, ce n'était pas le même sous-marin!)

Les mesures utiles ont été prises pour soigner les naufragés dont quelques uns étaient légèrement blessés. L’hôpital a fourni des vêtements à un grand nombre d’hommes qui en étaient démunis.
Le service médical a très bien fonctionné. Je n’ai qu’à me louer du dévouement de tous et signale en particulier
- L’officier en second, le LV Turquet de Beauregard
- Le médecin principal, le docteur Gombaud
qui se sont montrés tout à fait à hauteur de leur tâche. L’état major s’est également très bien comporté.

Le commandant d’ALGERIE III m’a remis ses fonds d’avance, soit 2442 francs.
Je fais observer d’une façon très précise que les embarcations n’auraient pas été aperçues si elles n’avaient pas été équipées de feux Coston.

Lors du naufrage, j’étais à 140 milles de Malte, mais n’ai pas voulu y déposer les équipages sauvés car ma mission m’appelait à Salonique où des blessés m’attendaient. J’aurais subi un retard d’au moins 36 heures, et même 48 heures, l’entrée de nuit n’étant pas possible à Salonique. Il faudrait des instructions précises au cas où ces circonstances se reproduisaient.

Je n’ai fait aucun signal TSF, considérant imprudent d’avertir les nombreux sous-marins. J’avais près de 300 naufragés à bord et craignais qu’un de leurs commandants ne soit alléché par un tel appât. Mieux valait rester complètement muet. Certes, on aurait pu calmer des inquiétudes, mais le bâtiment arrivera à Salonique moins de 48 heures avant que l’on ait pu concevoir des inquiétudes…

Note du Ministre de la Marine au CA commandant la Marine à Marseille. 21 Janvier 1917


D’après des conversations téléphoniques, le second maître mécanicien Dominique Paul Mattei, Bastia 240, et le matelot Sauveur Esposito, Marseille 5083, présumés disparus lors du torpillage d’ALGERIE III, ont fait savoir qu’ils se trouvaient en captivité en Allemagne. Je vous prie de bien vouloir me confirmer ces renseignements en m’indiquant la source, les conditions dans lesquelles ils ont été emmenés en captivité et le camp où ils sont internés.

Réponse de l’Administrateur en chef de 2e classe du quartier de Marseille. 24 Janvier 1917

Mattei a effectivement écrit à sa femme, 56 rue Chevalier Paul à Marseille la lettre suivante que j’ai sous les yeux, datée du 17 Décembre 1916. Elle est écrite au crayon :

« Chère femme, Je viens auprès de toi te faire savoir de mes nouvelles qui sont bonnes pour le moment. Ne te fais pas de mauvais sang. Moi je me trouve bien. Renseigne-toi au sujet de ma solde au bureau de la Marine. Envoie-moi un colis à cette adresse avec tabac, papier à cigarette, mouchoir, caleçon en flanelle, chaussettes et mandat international de 10 francs, par poste.
Ton mari dévoué. Mattei Second maître sergent. Gefangenenlager Dülmen. Camp 43. Baraque 22 ».

De son côté, Esposito a aussi écrit à sa femme, 12 rue du Petit Chantier, Quartier Saint Victor, Marseille, une carte postale sans date.

« Je suis prisonnier de guerre et me trouve au camp de Brandenburg. Voici mon adresse : Esposito Sauveur. Gefangenenlager Brandenburg. Allemagne. Envoie colis et argent ».

Puis le 15 Décembre, Esposito a écrit au crayon une autre lettre, donnant alors la même adresse que Mattei, à Dülmen.

« Chers parents. Je vous fais savoir de mes nouvelles qui sont bonnes. Me voilà prisonnier depuis le 4 Décembre au soir. J’espère que vous êtes en bonne santé et toute la famille de même. Envoyez-moi mouchoirs …etc. Il ne faut pas que le colis dépasse 5 kg. Envoyez-moi de l’argent par mandat international, au moins 20 francs. Quant à mon mois, renseignez-vous au bureau de la Marine. Recevez… etc »

Enfin, le 7 Janvier, Esposito annonce à sa mère qu’il est à Brandenbourg (1ère compagnie) et qu’il est inutile de lui envoyer de l’argent car, dit-il « Je ne peux le dépenser ».

Tels sont les renseignements actuels concernant Mattei et Esposito.

Mais ce ne sont pas les seuls survivants d’ALGERIE III qui soient prisonniers. J’ai déjà signalé que l’Enseigne Nestor André et le matelot Ange Castellani, dont les familles habitent ou ont habité Marseille, sont dans ce cas. D’autre part, le centre des ravitailleurs de Toulon a été averti incidemment que le matelot Yves Le Guerneve, dont la mère habite Ploemeur à Lorient, est lui aussi rescapé.

Castellani est au camp de Dülmen, en Westphalie, avec Mattei. Il a écrit à sa mère qui habite boulevard Céry à Calvi, et celle-ci a prévenu sa fiancée, Augustine Restitue qui habite 1 Bd d’Athènes à Marseille. La fiancée avait d’ailleurs reçu une carte postale imprimée et non datée annonçant qu’il était prisonnier à Brandenburg. Il a donc changé de camp.

Enfin, voici la teneur de la lettre que l’EV Nestor André a envoyé à sa femme.

« Mayence 18/12/16. Ma chère Anna, Que Maman doit être peinée d’avoir appris le torpillage d’ALGERIE III. Hélas, il fallait tôt ou tard que cela arrive. J’ai tout de même été heureux d’avoir été sauvé par le sous-marin après avoir nagé pendant deux heures. Six matelots ont aussi été sauvés. Le sous-marin nous a débarqués à Cattaro et nous avons pris le train pour Mayence où je suis interné. Demain ou après demain, je t’écrirai une longue lettre pour te donner des détails. Jusqu’à présent, je suis très bien ».
ANDRE Nestor. Abteilung 3 Stube. Offizier Gefangenenlager. Mainz.

Puis, la famille n’a pas reçu d’autres nouvelles. Il reste donc à connaître les noms des deux autres rescapés.
(Nota : on saura plus tard qu’il s’agissait du matelot mécanicien Marcel Negre et du maître d’hôtel Jacques Aurenty.)
A noter que le matelot Sauveur Esposito décèdera malheureusement en captivité le 11 Mai 1918.

Récompenses

Citation à l’Ordre de la Division

RAFFAELLI Antoine CLC Bastia 169

Son bâtiment ayant été torpillé par un sous-marin et coulé en 12 minutes, a assuré l’évacuation rapide de l’équipage et des passagers grâce à une organisation préventive parfaite et une direction énergique.

Citation à l’Ordre de la Brigade

GADAIS Eugène CLC 2e capitaine Marseille 675
AMAR Georges CLC Lieutenant Marseille 923
CADOU Charles Chef mécanicien Toulon 3782
ERRANI Thimotée Sd maître canonnier Marseille 3035
PERROT Jean Matelot Binic 5160
YVON Joseph Fusilier auxiliaire Groix 1542
BOURDIN René Convoyeur postal 40058.1

Ont, par leur sang froid et leur énergie contribué à assurer le sauvetage du personnel lors du torpillage d’ALGERIE III.

ANDRE Nestor CLC Lieutenant Marseille 827

A, par son sang froid et son énergie, contribué à assurer le sauvetage du personnel lors du torpillage d’ALGERIE III. A été fait prisonnier et interné en Allemagne.

Je vous adresse une Croix de Guerre avec étoile d’argent et huit Croix de Guerre avec étoile de bronze que vous voudrez ben remettre à qui de droit. Celle revenant au CLC ANDRE devra être conservée par l’Administrateur du quartier d’inscription pour être remise au titulaire à son retour de captivité.

Lettre du lieutenant ANDRE au Ministre. 30 Janvier 1919

J’ai l’honneur de porter à votre connaissance les faits suivants concernant le second maître MATTEI Paul, matricule 240, Bastia, embarqué sur le transport ALGERIE III du 4 Novembre 1914 au 4 Décembre 1916 à 17h45, jour du torpillage de ce transport dans la mer Adriatique. Rentrant moi-même de captivité ainsi que le second maître Mattei, je n’ai pu vous transmettre de rapport.

Ce second maître a pu, par une manœuvre très habile, son courage et son sang froid, arriver à temps pour ramasser quelques avirons, des amarres, et maintenir ainsi à la surface les matelots NEGRE Marcel et CASTELLANI Ange, sur le point de se noyer. Moi-même, ANDRE Nestor, Enseigne de Vaisseau, terrassé par des crampes et sur le point de succomber, j’ai pu me reposer grâce à la présence d’esprit du second maître Mattei qui ne cessait par son exemple d’encourager ses camarades, jusqu’à 19h45, quand le sous-marin ennemi vint nous recueillir.

J’attire très respectueusement l’attention de Monsieur le Ministre sur cet acte de courage et de dévouement dont a fait preuve en cette circonstance le second maître Mattei.

Note du Bureau des Equipages de la Flotte à l’Etat Major Général 16 Février 1919


Prière de vouloir bien faire connaître si le second maître Mattei est signalé dans le dossier ALGERIE III comme s’étant particulièrement distingué lors de la perte de ce bâtiment.

Note du CV Mandier, président des commissions d’enquête au CA commandant la Marine à Marseille. 5 Mars 1919

Je n’ai trouvé dans votre secrétariat aucune trace du dossier ALGERIE III. Mais les archives conservées m’ont permis de constater que le second maître Mattei n’avait fait l’objet d’aucune proposition au moment de l’enquête faite par mon prédécesseur, le commandant de Ponfily, le 24 Décembre 1916.
J’ai retrouvé le nom de Mattei dans une dépêche du 21 Janvier 1917 dans laquelle le Ministre demandait de confirmer que ce second maître mécanicien et le matelot Esposito, présumés disparus, auraient fait savoir qu’ils étaient prisonniers en Allemagne.

Note transmise au Ministre par le CA Mornet, commandant la Marine à Marseille. Mars 1919

Les faits exposés par l’Enseigne de Vaisseau ANDRE Nestor s’étant passés en dehors de la vue du personnel sauvé qui seul avait pu être interrogé par l’officier enquêteur, il n’y a rien d’extraordinaire à ce qu’aucune proposition n’ait été faite concernant Mattei.

Devant les affirmations de Monsieur André, j’estime que la conduite de ce second maître mérite une récompense suivant les règles que nous avons suivies jusqu’à maintenant.

Je vous propose de demander au Ministre que le second maître mécanicien MATTEI Dominique Paul, 240 Bastia, soit cité à l’Ordre de la Division pour le courage, l’abnégation et le sang froid dont il a fait preuve lors du torpillage de son bâtiment et qu’une médaille de sauvetage lui soit décernée pour avoir, par sa présence d’esprit, sauvé la vie d’un officier et de deux matelots.

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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par olivier 12 » mar. avr. 12, 2016 12:25 pm

Bonjour à tous,

ALGERIE avait déjà croisé la route d’un sous-marin en Décembre 1915

Rapport de mer du capitaine LAZARINI

Quitté Marseille le6 Décembre 1915 à 01h30 et arrivé à Toulon à 06h30. Quitté Toulon le même jour à 16h20 en convoi avec les vapeurs anglais ESMERALDA et TAROBA, convoyé par le contre-torpilleur CARABINIER.

Le 9 Décembre à 16h00, par le travers de Malte, le CARABINIER est remplacé par le MAMELUK et le TAROBA quitte le convoi tandis que le vapeur français BASQUE prend sa place.

Le 11 Décembre à 13h10, à 83 milles au S86E de l’île de Cerigotto, nous aperçûmes à 4 milles environ un sous-marin navigant en surface qui fut aussitôt chassé par notre convoyeur. Fait aussitôt les signaux d’alarme et pris la fuite vers l’Ouest avec le reste du convoi. Le sous-marin a fini par plonger et le convoi s’est reformé à 15h15.

Le lendemain 12 Décembre à 13h30, nous avons changé de convoyeur dans le canal de Zea et avons continué notre route sur Salonique où nous sommes arrivés le 13 à 09h00.

Marseille le 26/12/1915

Le sous-marin rencontré


Pourrait bien être l’U 39 du Kptlt Walter FORSTMANN

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Re: ALGERIE III - Navire auxiliaire

Message par Rutilius » ven. déc. 01, 2017 10:32 pm

.
Bonsoir à tous,


■ Historique (complément).


— 21 mars 1901 : Lancé à Graville par l’établissement havrais de la Société des forges et chantiers de la Méditerranée pour le compte de la Société générale de transports maritimes à vapeur, de Marseille (Le Journal de Rouen, n° 81, Vendredi 22 mars 1901, p. 2).


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Daniel.

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