TORPILLEURS - Récapitulatif

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Ar Brav » dim. août 31, 2008 12:43 am

Bonsoir à tous,

Presque tous les « numérotés » français, naviguant encore en 1918, furent condamnés en 1920. On en conserva, pourtant, quelques-uns comme annexes aux écoles ou comme bâtiments de servitude. Il était prévu de les utiliser en temps de guerre comme dragueurs légers ou comme bâtiments d'escorte de dragueurs. Le 315 et le 327 durent à cette circonstance de ne disparaître de la liste de la flotte comme « bâtiments de combat » qu'en 1930 et le 321 en 1936. Pour beaucoup de parisiens le 315, entre 1921 et 1930, a été un initiateur aux choses de la Marine... Presque chaque année, en effet, il remontait la Seine jusqu'à Paris et était le plus bel ornement des festivités organisées par la Ligue Maritime, prenant la tête d'un défilé nautique et ébranlant les quais par des « coups » de 37... Mais, bien qu'il ait été officiellement rayé de la première partie de la liste de la flotte en 1920, le 369 — le trois-six-neuf comme on l'appelait familièrement — est très probablement le « numéroté » qui vécut le plus longtemps. A cet égard, le témoignage vécu de M. Jean Meirat, auteur de l'excellent ouvrage consacré aux torpilleurs de 1 500 tonnes, intitulé « Les marins de la Tramontane » : selon M. Jean Meirat, en effet, le 369 n'a été dépecé qu'en 1942 :
« Je ne l'ai pas vu, moi-même, a écrit M. Jean Meirat, mais tous les gens de La Pêcherie que j'ai connus, en 1941, étant embarqué sur la Tramontane alors basée dans ce port m'ont affirmé qu'en 1939-1940, le 369 avait encore servi comme patrouilleur au large de Bizerte ce qui constitue, je crois, l'extrême limite du service actif de ces torpilleurs. Je l'ai vu, en tout cas, désarmé à Sidi Abdallah, au début de 1942, puis, vers le milieu de l'année, hissé sur le quai par la grande grue de l'arsenal et dépecé ».

Du point de vue français, le 369 a, sans nul doute, établi un record de longévité pour les torpilleurs de défense mobile, mais il est indiqué plus haut que certains de leurs similaires et contemporains suédois et bulgares ont vécu plus longtemps encore. Ces derniers — les bulgares — se sont même attribués un autre record, celui d'une participation effective, mais plus ou moins active, à quatre guerres...

Tels qu'ils ont été, les torpilleurs de défense mobile de la Marine française, les « numérotés » étaient vraiment de très petits navires. Très effilés, bas sur l'eau et, jusqu'à la première guerre mondiale tout au moins, sans autre protection contre la mer et les embruns qu'un cagnard fixé sur le kiosque émergeant à peine de la coque, ils mouillaient terriblement et étaient facilement balayés par les lames et par les embruns aussitôt que la mer levait un peu. Chauffé au charbon, ils étaient couverts d'escarbilles... Si parfaite — dans les derniers temps tout au moins — qu'ait été leur robuste et unique machine, ses trépidations et même ses emportements à certaines allures faisaient trembler tout l'arrière et paraissait, parfois, devoir disloquer les tôles. En dehors du kiosque où le commandant et l'homme de barre pouvaient seuls prendre place, en dehors du ou des deux tubes mobiles conjugués de la ou des deux cheminées, quelques panneaux entoilés faisaient seuls saillie sur le pont et comme la cuisine y était parfois installée en plein vent, tout au moins à bord des torpilleurs stationnés en Méditerranée, il arrivait qu'on dinât par cœur... Le commandant, quelquefois un enseigne de trente ans ou un premier-maître pilote chevronné, plus souvent un lieutenant de vaisseau, de 35 à 40 ans parfois, n'avait d'autre chez lui qu'une minuscule « chambre », voire le non moins minuscule carré où l'on couchait sur la banquette.
Pour se rendre à terre, il devait se contenter du « berthon », bachot minable, presqu'aussi large que long, simple carcasse repliable et entoilée que l'on ne démontait d'ailleurs jamais, et dont la marine actuelle a perdu depuis longtemps le souvenir... C'était le fruit de l'imagination et de l'esprit inventif d'un clergyman écossais, féru de yachting et de pêche...

Considérés comme rapides — tout est relatif — bien qu'on n'eut jamais retrouvé en service — même à quatre ou cinq nœuds près — les vitesses d'essai passées, de 18 à 26, quelquefois 27 nœuds, les « numérotés » avaient conquis le cœur de beaucoup d'officiers entrés dans la Marine avant 1914. A ces officiers, en effet, ils ont souvent apporté la joie et les satisfactions du premier commandement. S'il y avait de durs moments à la mer quand on manœuvrait en formation serrée de jour et de nuit, parfois à toucher la terre et par temps peu maniable, il y avait aussi de magnifiques journées, l'été surtout, lorsque sous un chaud soleil et par grand calme, on pouvait se tenir aux « postes d'admiration » et regarder les côtes de France, de Corse, d'Algérie défiler à portée de la main. Grâce à leur faible tirant d'eau, 2,50 mètres environ, les « numérotés » pouvaient venir à quai dans les plus petits ports. Les jours de fête et de pardon, ils s'en allaient fréquemment, mouiller par deux — une section — dans les coins les plus reculés de la côte bretonne. Grâce à eux les baigneurs — on ne parlait pas encore des estivants ni des vacanciers —, connaissaient la Marine et se familiarisaient avec elle sans avoir besoin de visiter un port de guerre. Ce n'était pas l'époque du short ni du bikini ; les canotiers et les pantalons blancs des messieurs, les grands chapeaux et les couleurs claires des jupes froufroutantes de leurs compagnes ne se tiraient pas toujours sans dommage de la visite d'un torpilleur.
Ils ont été à l'origine de plus d'une vocation maritime.
Dans toutes les marines, les torpilleurs ont contribué à former des générations d'excellents marins. Chez nous, les « numérotés » ont joué, à cet égard, un rôle important. C'était, vraiment, une rude et bonne école de sang froid, de décision et de prudence que celle des flottilles. Elle apprenait aux commandants à lutter contre la mer avec de faibles moyens, à payer beaucoup de leur personne, en passant des nuits entières à leur banc de quart, à vaincre la fatigue et à faire beaucoup par eux-mêmes. Les « numérotés » dix fois plus longs que larges, sensibles à la moindre brise, n'évoluaient toujours pas facilement avec leur unique machine ; le sens marin, l'adresse manœuvrière s'y révélaient vite. Notre Marine leur doit pour une grande part de s'être trouvée, en 1914, à un des moments critiques de l'histoire de notre pays en possession d'un corps d'officiers et d'équipages vraiment rompus au service de la mer.
Pourtant, il faut se demander si la construction d'un aussi grand nombre de torpilleurs de défense mobile — 370 ..! — n'a pas été, en fin de compte, une des grandes erreurs de la politique navale française d'avant 1914. Aujourd'hui surtout, il paraît inconcevable qu'on ait pu en commander encore plus d'une centaine après 1900, et tout aussi inconcevable que le français réputé intelligent (???) ait pu, si longtemps, se laisser abuser par certaines grossières erreurs de la Jeune Ecole.

D'après Henri Le Masson, Histoire du torpilleur en France, Académie de Marine, 1966.

Cordialement,
Franck
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Rutilius
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Rutilius » dim. sept. 14, 2008 7:59 pm


Bonsoir Franck,
Bonsoir à tous,

En Novembre 1917, le " capitaine " MELIL fut désigné au commandement du Perceval et " d'une escadrille de torpilleurs d'escadre " (Ouest-Eclair - éd. de Nantes -, n° 5584, 17 nov. 1917, p. 4).

Ce bâtiment ne figure pas sur la liste récapitulative des torpilleurs qui précède...

Bien à vous,
Daniel.

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Ar Brav
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Ar Brav » dim. sept. 14, 2008 8:26 pm

Bonsoir Franck,
Bonsoir à tous,
En Novembre 1917, le " capitaine " MELIL fut désigné au commandement du Perceval et " d'une escadrille de torpilleurs d'escadre " (Ouest-Eclair - éd. de Nantes -, n° 5584, 17 nov. 1917, p. 4).
Ce bâtiment ne figure pas sur la liste récapitulative des torpilleurs qui précède...
Bien à vous,
Daniel.
Bonjour Daniel,

J'ai consulté ma doc en vain, notamment les sources listées ICI, il semble qu'il n'y ait pas eu de bâtiment du nom de Perceval dans la Marine française. Sommes-nous certains qu'il s'agit bien d'un navire et d'un officier français et non allié ? :???:
Si torpilleur d'escadre, il serait classé contre-torpilleur

Bien cordialement,
Franck
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Rutilius
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Rutilius » dim. sept. 14, 2008 9:57 pm

Sommes-nous certains qu'il s'agit bien d'un navire et d'un officier français et non allié ?
Bonsoir Franck,

Citation très exacte de ma source :

" NOUVELLES MARITIMES. - [...]

COMMANDEMENTS. - Sont nommés aux commandements suivants : [...] ; le capit. Melil, du Perceval et d'une escadrille de torpilleurs d'escadre ; [...]. "


Cette information me semble directement reprise d'un communiqué officiel. En outre, elle concerne deux autres nominations à un commandement de torpilleur : le Trident et la Sarcabane (V. les sujets correspondants).

Bien à vous,
Daniel.

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Ar Brav
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Ar Brav » lun. sept. 15, 2008 7:43 am

Bonjour Daniel,
Bonjour à tous,

Cette information me semble directement reprise d'un communiqué officiel

Tout ce que je peux vous dire, d'après ma doc, depuis le La Mora, navire de Guillaume Le Conquérant en 1 066, et jusqu'en 2006, il n'y a pas eu de bâtiment du nom de Perceval dans la Marine française.


[...] ; le capit. Melil, du Perceval et d'une escadrille de torpilleurs d'escadre ; [...]

Ou alors un navire auxiliaire (civil réquisitionné ou affrété) qui aurait échappé aux différents auteurs ? Ce bâtiment servant de navire de commandement à l'escadrille de torpilleurs d'escadre ? Je n'en ai aucune trace dans les 4 ouvrages de Thomazi qui reprend pourtant l'essentiel des bâtiments de la flotte.
Pourquoi capit. Melil et non Capitaine de frégate ou de vaisseau X, c'est étrange comme appellation pour un militaire.

Tout renseignement sera le bienvenu, merci par avance à tous.

Bien cordialement,
Franck
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par GENEAMAR » lun. sept. 15, 2008 9:17 am

Bonjour Daniel, bonjour Franck, bonjour à tous...

Je n'ai aucun Officier porteur du patronyme MELIL dans les effectifs de la Marine Nationale en 1917.


:hello:
Cordialement. Malou

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Ar Brav
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Ar Brav » lun. sept. 15, 2008 9:48 am

Bonjour Malou,

C'est bizarre, en effet, tout comme la façon d'écrire le grade qui rappelle celle des anglo-saxons. Capitaine, en France, s'adresse davantage à un commandant de la Marine Marchande (qui est effectivement capitaine, généralement au long cours (CLC), mais que l'on appelle Commandant dès lors qu'il a en charge le navire, tout comme dans la Royale. Mais dans ce cas, cela semble exclu, s'agissant du commandement d'un bâtiment et d'une escadrille de torpilleurs d'escadre.

Bonne journée,
Franck

PS. J'ai des problèmes de connexion qui saute sans cesse
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Rutilius » mar. nov. 04, 2008 4:03 pm

Bonjour à tous,

La réorganisation des escadrilles de torpilleurs intervenue en Octobre 1919.

Ouest-Eclair - éd. de Caen -, n° 4214, 21 oct. 1919, p. 4 :

" NOUVELLES MARITIMES. - MARINE DE GUERRE. - [...] ESCADRILLES DE L'ARMEE NAVALE. -

Le ministre de la Marine vient de décider que l'armée navale comprendra désormais trois escadrilles, composées chacune de 6 torpilleurs, savoir :

1re escadrille : Casque, Bouclier, Capitaine-Mehl, Mangini, Commandant-Bory, Enseigne-Roux.

2e escadrille : Algérien, Kabyle, Sénégalais, Somali, Sakalave, Bambara.

3e escadrille : Touareg, Anamite, Hova, Arabe, Tonkinois, Marocain.

Ces trois escadrilles seront constamment maintenues à effectifs complets.
Les torpilleurs de deux d'entre elles étant en mission, ou tenus prêts à appareiller immédiatement tandis que ceux de la 3e, dite escadre de relève, seront en période de carénage et de réparation ; période de permissions pour les équipages. En outre, six unités de remplacement sont prévues : Magon, Cimeterre, Bisson, Commandant-Lucas, Protêt, Dehorter.
Ces six torpilleurs n'auront que la moitié de l'effectif réglementaire.
Une escadrille de patrouille est, d'autre part, créée à Bizerte, sous les ordres du préfet maritime du 6e arrondissement. Elle comprend les 6 torpilleurs suivants, armés aux 3/4 de l'effectif réglementaire : Lansquenet, Spahi, Mameluck, Enseigne-Henry, Aspirant-Herber, Hussard."


Bonne soirée,
Daniel.

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Ar Brav
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par Ar Brav » lun. déc. 08, 2008 7:42 am

Bonjour à tous,

Une flottille de torpilleurs dans le port de Granville :

Image

Source :

CPA de Dominique Bachelier


Cordialement,
Franck
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Re: TORPILLEURS - Récapitulatif

Message par alain13 » lun. déc. 08, 2008 12:10 pm


Bonjour à tous, bonjour Franck,

J'ai trouvé cette carte du Médici sortant du port de Toulon à la brocante, mais comme je ne le trouve dans aucune de vos listes de torpilleurs ou contre torpilleurs, je pense que (comme Marie), il est peut-être italien ???

Bien cordialement,
Alain


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