ARIANE - Sous-marin

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par Ar Brav » lun. mars 03, 2008 10:24 am

Bonjour à tous,

ARIANE Sous-marin garde-côtes et de blocus type Clorinde modifié (1916 – 1917)

Chantier :

Cherbourg.
Commencé : 08.01.1912
Mis à flot : 05.09.1914
Terminé : 1916
En service : 20.04.1916
Retiré : 19.06.1917
Caractéristiques : 414 t ; 609 t.pl ; 675 cv ; 53,95 x 5,41 m ; 800 cv ; 2 moteurs électriques 350 cv ; 2 diesel 650 cv ; 30 h.
Armement : II TLT carcasse + II TLT Drzewiecki de 450 + VIII torp. + I de 47.

Observations :

Q 100
30.05.1913 : baptisé Ariane
06.09.1914 : armé pour essais
08.12.1915 : essais à puissance maximum
20.04.1916 : clôture d’armement, affecté à la 2ème escadrille de sous-marins de Bizerte
1916 : Toulon, croisière en Adriatique, puis rallie Bizerte suite à une avarie de Diesel
23.10.1916 : début de carénage à Bizerte
17.01.1917 : escadrille de chasse de Bizerte
19-20.06.1917 : coulé par 2 torpilles du sous-marin allemand UC 22 (KL Heino von Heimburg) devant Bizerte au nord du cap Bon (LV Viort). 21 victimes, 8 rescapés recueillis par le torpilleur Bourrasque.

Sources :

Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, Tome II, 1870-2006, LV Jean-Michel Roche, Imp. Rezotel-Maury Millau, 2005
http://www.netmarine.net/dico/index.htm
Les Flottes de Combat en 1917, Commandant de Balincourt, Augustin Challamel, 1917
Les marques particulières des navires de guerre français 1900-1950, Jean Guiglini, SHM, 2002
Répertoire des navires de guerre français, Jacques Vichot, Pierre Boucheix, refondu par Hubert Michéa, AAMM, 2003
French Warships of World War I, Jean Labayle-Couhat, Ian Allan Ltd, 1974
Jane’s Fighting Ships 1914, Fred T. Jane, David & Charles Reprints, 1968
Jane’s Fighting Ships 1919, Fred T. Jane, David & Charles Reprints, 1969


Cordialement,
Franck
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GENEAMAR
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par GENEAMAR » mer. juin 11, 2008 8:08 pm

[:alain dubois:8] Parmi les victimes le 19 juin 1917 (Jugement déclaratif de décès rendu le 18 décembre 1917 à TOULON) :

- VIORT Léon Marie Joseph, Lieutenant de vaisseau, né le 28 juin 1880 à Le BEAUSSET (Var).
- BOIDRON Clair, Enseigne de vaisseau, né le 11 août 1890 à Le FOUILLOUX (Charente-Maritime).
- GLORIAUD Séraphin Pierre Marcel; polytechnicien, Ingénieur de 2ème classe du Génie maritime, né le 18 mars 1890 à ARBOIS (Jura).
- GUENNÉGUÉS Jean François Marie, Premier Maître Électricien, né le 21 janvier 1877 à PORSPODER (Finistère).
- LADAN Marc Marie, Second Maître Torpilleur, né le 30 mars 1885 à PRIMELIN (Finistère).
- TRÉGUER Yves Marie, Second Maître Électricien, né le 27 septembre 1880 à SAINT-RENAN (Finistère).
- ABGRALL Louis Marie, Second Maître Électricien, né le 31 janvier 1890 à LANDIVISIAU (Finistère).
- ETIENNE Jean Baptiste François, Quartier-Maître Électricien, né le 23 juillet 1889 à ÉTABLES (Côtes d'Armor).
- GUILLOT François Pierre Marie, Quartier-Maître Canonnier, né le 26 juillet 1891 à PLEUDIHEN-sur-RANCE (Côtes d'Armor).
- GUILLOU René Charles Joseph, Quartier-Maître Mécanicien, né le 27 avril 1891 à BANNALEC (Finistère).
- LECLERC Joseph Marie François, Quartier-Maître Torpilleur, né le 13 novembre 1892 à HÉNANBIHEN (Côtes d'Armor).
- LEGAIGNOUX Joseph jean Marie, Quartier-Maître Timonier, né le 17 août 1892 à La VILLE-ès-NONAIS (Ille-et-Vilaine).
- MARCHIX Hubert François Albert, Quartier-Maître Mécanicien, né le 22 avril 1895 à SAINT-SERVAN-sur-MER (Ille-et-Vilaine).
- MARTINEAU Ferdinand Louis, Quartier-Maître Mécanicien, né le 11 février 1893 à La ROCHE-sur-YON (Vendée).
- NOËL Lucien Émile Edmond, Quartier-Maître Mécanicien, né le 8 avril 1889 à TOURVILLE (Calvados).
- POUBON Louis, Quartier-Maître Mécanicien, né le ...à ...
- SCHMIDT Claudius Melchior, Quartier-Maître Mécanicien, né le 21 septembre 1891 à SAINTE-FOY-l'ARGENTIÈRE (Rhône).
- ROUSSELIN Louis Jules Léon, Quartier-Maître Électricien, né le 22 avril 1889 à Le HAVRE (Seine-Maritime).
- SCHMIDT Claudius Melchior, Quartier-Maître Mécanicien, né le 21 septembre 1891 à SAINTE-FOY-l'ARGENTIÈRE (Rhône).
- TOURNEMINE Émile, Quartier-Maître Torpilleur, né le 2 janvier 1889 à Le FAOUËT (Côtes d'Armor).
- REISER Alexandre, Matelot Électricien, né le 22 janvier 1893 à SARREGUEMINES (Moselle).
- ROUE Victor Marie, Matelot Cuisinier, né le 2 juillet 1890 à BREST (Finistère).
- URO Yves Marie, Matelot Mécanicien, né le 25 mars 1897 à POMMERIT-le-VICOMTE (Côtes d'Armor)

Parmi les survivants :

- CASTAING Raymond Edgard, Maître Timonier - CORNEC Jean Pierre Marie, Second Maître Mécanicien - FONTENAUD Théophile, Quartier-Maître Électricien réserviste - LE BRAS Ludovic Joseph Marie - LIENARD Alphonse Georges, Quartier-Maître Mécanicien réserviste - MARTIN Palmère, Quartier-Maître Torpilleur - ROUSSEL Henri Jean Prosper, Quartier-Maître Électricien T.S.F. - BEUREL Matelot Électricien.


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GENEAMAR
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par GENEAMAR » ven. févr. 27, 2009 11:48 am

VIORT Léon Marie Joseph

Né le 28 juin 1880 à Le BEAUSSET (Var) - Décédé le 19 juin 1917 en mer, devant BIZERTE, au Nord du Cap BON.
Entre dans la Marine en 1897, Aspirant le 5 octobre 1900, port TOULON. Au 1er janvier 1901, sur le croiseur "BUGEAUD", Escadre d'Extrême-Orient (Georges LEFÈVRE, Cdt). Au 1er janvier 1902, port TOULON. Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1902. Au 1er janvier 1903, sur le croiseur "LAVOISIER", Division navale de TERRE-NEUVE et d'ISLANDE (Henri de FAUBOURNET de MONTFERRAND, Cdt). Officier breveté Torpilleur. Lieutenant de vaisseau le 1er juin 1910. Au 1er janvier 1911, port TOULON. Chevalier de la Légion d'Honneur. Le 12 décembre 1914, Commandant le sous-marin "ARIANE". Le 19 juin 1917, il disparaît en mer avec le bâtiment torpillé par le sous-marin allemand UC 27. " Officier de la plus haute valeur, mort pour la France lors du torpillage de son bâtiment."--- Acte de décès transcrit à la ROCHELLE (dernier domicile) le 26 juillet 1917.
Cordialement. Malou

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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par GENEAMAR » ven. févr. 27, 2009 11:52 am

BOIDRON Clair

Né le 11 août 1890 à Le FOUILLOUX (Charente-Maritime) - Décédé le 19 juin 1917 en mer, devant BIZERTE, au Nord du Cap BON.
Entre dans la Marine en 1909, Aspirant le 5 octobre 1912, Enseigne de vaisseau de 1ère classe le 5 octobre 1914; port TOULON. Le 19 juin 1917, Second du sous-marin "ARIANE", il disparaît en mer avec le bâtiment torpillé par le sous-marin allemand UC 27.. " Officier de la plus haute valeur, disparu lors du torpillage de son bâtiment."--- Jugement déclaratif de décès rendu le 18 décembre 1917 à TOULON.
Cordialement. Malou

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GENEAMAR
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par GENEAMAR » ven. févr. 27, 2009 12:04 pm

GLORIAUD Séraphin Pierre Marcel

Né le 18 mars 1890 à ARBOIS (Jura) - Décédé le 19 juin 1917, en mer devant BIZERTE, au Nord du cap BON .
Élève de l'École polytechnique le 1er octobre 1910. Ingénieur de 3ème classe le 1er octobre 1913, Ingénieur de 2ème classe le 1er octobre 1914. Au 1er janvier 1917, affecté à la Direction des constructions navales à SIDI-ABDALLAH, TUNISIE. Le 19 juin 1917, embarqué sur le sous-marin "ARIANE", il disparaît avec le bâtiment torpillé par le sous-marin allemand UC 22. --- Jugement déclaratif de décès rendu le 18 décembre 1917 à TOULON, transcrit dans cette commune le 12 janvier 1918. --- Dernier domicile à ARBOIS.

Citation à l'ordre de l'Armée navale : "Embarqué à bord de l'ARIANE pour suivre des essais, n'a pas hésité à rester volontairement à bord de ce sous-marin appelé à une opération de guerre. Mort pour la France".
Cordialement. Malou

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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par dbu55 » ven. févr. 27, 2009 11:24 pm

Bonsoir à toutes et à tous,

Concernant :
POUBON Louis, Quartier-Maître Mécanicien, né le ...à ...
POUPON Louis Jean né le 24/06/1896 à Brest (Finistère), Quartier Maître Mécanicien - Décédé le 19/06/1917 (20 Ans) à bord de l'ARIANE - Disparu en mer - Médaille Militaire - Citation à l'ordre de l'armée Navale en 1917 - Commentaire : Disparu à son poste de combat à bord du sous-marin ARIANE torpillé le 19 juin 1917 étant en croisière.

Cordialement
Dominique
Avec les Allemands, nous nous sommes tellement battus que nos sangs ne font plus qu'un [ Ferdinand Gilson, France, Figaro Magazine n°19053 du 05 nov. 2005 ]

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bruno17
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par bruno17 » mar. mars 10, 2009 12:52 pm

VIORT Léon Marie Joseph

Né le 28 juin 1880 à Le BEAUSSET (Var) - Décédé le 19 juin 1917 en mer, devant BIZERTE, au Nord du Cap BON.
Entre dans la Marine en 1897, Aspirant le 5 octobre 1900, port TOULON. Au 1er janvier 1901, sur le croiseur "BUGEAUD", Escadre d'Extrême-Orient (Georges LEFÈVRE, Cdt). Au 1er janvier 1902, port TOULON. Enseigne de vaisseau le 5 octobre 1902. Au 1er janvier 1903, sur le croiseur "LAVOISIER", Division navale de TERRE-NEUVE et d'ISLANDE (Henri de FAUBOURNET de MONTFERRAND, Cdt). Officier breveté Torpilleur. Lieutenant de vaisseau le 1er juin 1910. Au 1er janvier 1911, port TOULON. Chevalier de la Légion d'Honneur. Le 12 décembre 1914, Commandant le sous-marin "ARIANE". Le 19 juin 1917, il disparaît en mer avec le bâtiment torpillé par le sous-marin allemand UC 27. " Officier de la plus haute valeur, mort pour la France lors du torpillage de son bâtiment."--- Acte de décès transcrit à la ROCHELLE (dernier domicile) le 26 juillet 1917.
Bonjour,
La stèle du commandant VIORT, dans le mausolée familial de La Rochelle.
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Bruno BAVEREL - Romans: "Lieutenant indigène" (2007 La Découvrance éditions) - "Le tombeau des quatre ours" (2015 éditions du Croît-Vif) - "La voiture de Vandier" (Sortie prévue en 2019 aux éditions des Indes Savantes)

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Ar Brav
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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par Ar Brav » mar. juil. 07, 2009 8:45 am

Bonjour à tous,

Un complément sur le LV Viort, commandant le sous-marin Ariane, tiré du Livre d'Or de l'Ecole St Charles de St Brieuc, grâce à un envoi de Christian Labellie (Géraud).

LÉON VIORT
Lieutenant de Vaisseau,
Chevalier de la Légion d'honneur,
† 19 juin 1917, Méditerranée.

Image

Né le 28 juin 1880 au Beausset (Var) entra au Cours de Marine de Saint-Charles en 1895 et fut reçu au Borda en septembre 1897 le sixième de sa promotion. Au classement de janvier, il était le premier et se maintint à cette place.
Il était tout désigné pour des postes de choix. Pendant la guerre, on lui confia le commandement du sous-marin Ariane, chargé d'assurer la navigation dans la Méditerranée.
Le 19 juillet 1917, l'Ariane était aux prises avec deux sous-marins ennemis et, atteint par une torpille, il coulait avec tout son équipage. On retrouva le corps du commandant Viort, flottant, couvert de sa grande pèlerine, à deux milles au Nord du cap Bon.

Citation

S'étant courageusement porté à l'attaque d'un sous-marin ennemi, a été torpillé par un second sous-marin et a péri glorieusement avec ses officiers et la majorité de son équipage.

Le nom du « Commandant Viort » a été donné à une canonnière. Il était Chevalier de la Légion d'Honneur depuis juillet 1915.

Cordialement,
Franck

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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par olivier 12 » mar. mars 03, 2015 10:41 am

Bonjour à tous,

ARIANE

Télégramme du 21 Mai 1917 envoyé par le CEC de Corfou au Cdt de la 2e escadrille de sous-marins (expliquant la situation de l’ARIANE)


Le commandant de la 3e escadrille m’ayant demandé de faire venir ARIANE à Toulon pour entrainement les réparations aussitôt terminées, j’ai approuvé cette proposition, ARIANE appartenant à la 3e escadrille basée à Toulon.
ARIANE devait partir à la fin de la semaine pour Toulon si ses essais avaient réussi. Il avait appareillé le 18 Mai en même temps que CUGNOT qui faisait des exercices d’entrainement sous la conduite de BOURRASQUE pour faire des essais de bon fonctionnement avant son départ pour Toulon. Le bâtiment venait de recevoir deux cylindres et deux pistons neufs au moteur tribord et c’est pour cela qu’il faisait des essais.

Depuis sa sortie de l’arsenal, il avait fait avec le seul moteur bâbord, tandis qu’on travaillait au remontage du moteur tribord, deux sorties dans les secteurs A et B pour lancement de deux torpilles réglées à 1 m. Le tube 5 avait entièrement été refait suite à l’explosion d’un ballast au cours d’une chasse d’air (avec la vanne de remplissage fermée) devant Cattaro. Aucun tube n’avait lancé depuis les réparations et les autres essais de lancement devaient se faire à Toulon.

Il y avait aussi eu un essai du moteur bâbord après son remontage dans le lac de Bizerte, mais aucun exercice d’entrainement n’avait eu lieu. Tout devait se faire à Toulon.

Signé : Choupaut

Liste des divers télégrammes envoyés les 18 et 19 Juin 1917

18 Juin 09h30
Sfax à Marine Bizerte : un sous-marin a coulé à 11h00, près de la bouée lumineuse, le voilier italien ARGENTINA, 415 tx, parti de Sfax le matin du 17 avec du phosphate. Il parait que de nombreuses barques indigènes et italiennes ont également été coulées les 16 et 17 entre Sfax et Djerba.
(Nota : tous ces navires – 10 au total dont 5 tunisiens et 5 italiens ont effectivement été coulés par l’UC 27 du Kplt Gerhard Schulz)

13h10
Chebba à Marine Bizerte : deux sous-marins ennemis ont coulé à 12h30 en face Thonaire, à coups de canon, un grand voilier italien. L’un des sous-marins était émergé et très visible sans jumelles.

17h15
Tunis à Marine Bizerte : grand voilier italien LETIZIA, 134 t, venant de Cagliari sur lest pour charger du phosphate à Sfax a été coulé à hauteur de Ras Sflerta. 7 hommes d’équipage. 6 ont été débarqué à Thonaire dont 1 blessé à l’épaule. Le 7e a été tué et abandonné sur un voilier indigène de Thonaire. Celui-ci a été retrouvé par la suite rentrant à La Chebba.
(Nota : LETIZIA a été coulé par UC 27. La Chebba est une ville située à 60 km au nord de Sfax.)

17h45
Tunis à Marine Bizerte : Ville de Mahdia bombardée cet après midi par un ou plusieurs sous-marins. Un obus est tombé sur le port près de la douane et deux sur la plage Nord près de la demeure du caïd. L’artillerie de Bordja a répondu. Ni victimes ni dégâts.
(Nota : il s’agit très certainement d’UC 27)

20h25
ARQUEBUSE à Cap Bon : Allo 5 fois position 37°32 N 10°15 E (22 milles N47E de Bizerte)
VITTORIA et LIBERTE à Cap Bon : Allo 5 fois position 37°30 N 10°30 E
(Nota : on peut penser que ces deux alertes concernent la position de l’UC 22 du Kplt Heino von Heimburg)

19 Juin 04h26
BR Alger à Marine Bizerte : Allo par 37°06 N 06°05 E

08h25
BR Bône à Marine Bizerte : avis de guerre sous-marins ennemis (5 positions sont données) Prévenir port de Sfax.

10h45
Directeur port Tunis à Marine Bizerte : Hier à 16h30 au nord de Kuriat, un submersible ennemi a canonné le cutter italien MARIETTA du port de Trapani, 42 t, partie de Sfax le 13 chargé de phosphate pour Livourne. Equipage sauvé, arrivé ce matin à Monastir.
(Nota : le sous-marin attaquant était l’UC 27)

10h50
BOURRASQUE à Marine Bizerte : ARIANE coulé, torpillé à 05h00 à 2 milles au Nord du cap Bon. 8 sauvés. Aucun officier.

11h40
BOURRASQUE à Marine Bizerte : ARIANE torpillé à 05h50 à 3 milles au Nord du cap Bon. Avons à bord corps du commandant et 8 rescapés dont 2 légèrement blessés. 21 manquants y compris l’ingénieur.

15h10
ARQUEBUSE à Marine Bizerte : sous-marin aperçu en surface à l’horizon à 21h00 hier soir. A plongé à 8000 m. Après 30 minutes de recherches, le kiosque a reparu à 300 m sur l’arrière. Lancé grenades probablement sans succès. Sous-marin paraissait type U 27 ou U 35.

15h45
Chef centre Sfax à Marine Bizerte : des mines ont été mouillées à Sfax et Gabès à moins de 3000m des entrées des ports. Deux mines détruites devant Sfax et une devant Gabès. Les recherches continuent.

16h55
Commandant chalutiers du Sud à Marine Bizerte : ANDRE a coulé et détruit à midi une mine devant Gabès.

Rapport du CF Le Gouz de Saint Seine, commandant BOURRASQUE et la Flottille des torpilleurs de Bizerte au Préfet Maritime (Vice Amiral Guépratte)

Circonstances dans lesquelles le sous-marin ARIANE, au cours d’une opération de guerre, a été torpillé et coulé le 19 Juin 1917.

ARIANE et CUGNOT avaient appareillé le 18 Juin à 10h00 pour effectuer une série d’exercices dans le golfe de Tunis suivant un programme que vous aviez approuvé et qui comprenait le parcours en surface de Bizerte à Tunis. J’étais chargé de les accompagner avec BOURRASQUE et vers 16h30 nous nous étions amarrés tous les trois à Tunis.

Les nouvelles du Sud indiquant l’activité de sous-marins, j’ai téléphoné à 18h15 à la flottille pour savoir si le 333 avait fini ses tamponnages, comptant vous demander de le faire venir pour me remplacer et partir moi-même avec BOURRASQUE vers le Sud. L’homme au téléphone m’a répondu que le 333 était parti à 16h15 et j’en ai conclu qu’il m’apportait des ordres et qu’il fallait attendre.
A 20h55, le 333 s’est amarré à côté de moi et m’a apporté l’ordre de partir de suite pour aller chasser le sous-marin du côté de Mahdia. J’ai aussi reçu 2 télégrammes, le 2e rédigé ainsi : « Prévenez ARQUEBUSE, si vous emmenez ARIANE, des parages où il opèrera, ou bien si vous y allez seul. Rendez compte ».
Une erreur de chiffrage que nous cherchâmes en vain à découvrir n’a pas permis de déchiffrer le premier. C’est à 21h43, par communication téléphonique avec l’Amirauté, que nous avons eu le libellé :
« Allez immédiatement avec ARIANE, s’il est prêt pour opération de guerre, ou seul dans le cas contraire, poursuivre deux sous-marins ennemis qui bombardent Mahdia. ARQUEBUSE appareille de Bizerte. »
J’ai dit à l’officier au téléphone que j’allais rechercher le commandant d’ARIANE et que je rappellerai dans la nuit. J’ai insisté pour que tous les services intéressés, flottants ou autres soient prévenus. Le sous-marin avait tiré sur Mahdia vers 14h00.

Je suis parti en ville chercher le commandant d’ARIANE et, l’ayant trouvé à 22h05, l’ai prié de venir à l’écart ayant à lui parler d’une opération de guerre à mener avec ARIANE. Je lui ai mis en main le télégramme et lui ai dit : « Voici l’affaire. Lisez, réfléchissez bien et dites-moi ce que je dois répondre ».
Il m’a dit avec une satisfaction marquée : « Oui, ça va ; je suis paré, Commandant. »
« Bien, il ne vous reste qu’à exécuter l’ordre » ai-je répondu
-« Mais à quelle heure faut-il partir ? »
- « Je ne sais au juste. Il faut que nous voyions les cartes. Mais à priori pas après minuit. Serez-vous parés ?»
-« Pour le bateau, oui. Mais j’ai des permissionnaires à terre qu’il faut faire rallier ».

Il a fait signe à son second et a réglé avec lui des questions de détail. Le commandant du CUGNOT était là et, au sujet des permissionnaires, il a offert de remplacer par les siens quelques hommes qui manquaient, ce qui d’ailleurs n’a pas eu lieu d’être. Nous sommes allés vers le port, commandant d’ARIANE et moi d’un côté, son second et commandant du CUGNOT de l’autre pour dire aux hommes rencontrés de rallier le bord et de prévenir leurs camarades.

Pendant ce trajet, j’ai vu que le commandant Viort était soucieux. Je lui ai dit :
« Ecoutez Viort, vous avez lu le télégramme. Il dit « Si vous êtes prêt ». Si vous avez le moindre doute sur quelque chose, la moindre hésitation, c’est très simple : vous rendez compte et je pars seul, voilà tout. »
Il m’a répondu :
-« Oh non, commandant, je suis absolument paré. Ce qui me tracasse c’est la crainte de ne pas avoir tous mes permissionnaires »
- « Bien, dis-je alors. Ne perdons pas de temps et rallions BOURRASQUE. Nous ne pourrons être fixés que lorsque nous aurons consulté la carte ».

Le commandant du CUGNOT est venu avec nous. Nous avons étudié la carte vers 22h45 et étudié les diverses solutions. Nous avons décidé que le secteur de plongée adapté serait compris entre le méridien et le parallèle du cap Bon, dans l’Est. Ce secteur cadrait bien car il y a 100 milles entre Mahdia et Nord du cap Bon et la vitesse moyenne des sous-marins ennemis permettait à celui-ci d’y être en 10 heures à supposer qu’il tira droit sur le Nord. De Tunis à ce point il y avait 5 milles de canal, puis 41 milles à partir de La Goulette. Le commandant d’ARIANE m’a dit qu’il pouvait facilement donner 10 nœuds et se trouver dans le secteur avant le jour, vers 05h00 du matin. Le secteur était bien net et facilement définissable, ce qui était important pour prévenir tous les services.

Malheureusement, nous n’avions pas reçu les « Allo » de la soirée du 18 indiquant qu’un sous-marin se trouvait dans le NE de Cani. N’ayant qu’un seul matelot TSF par torpilleur, il est de règle constante que cet homme, qui fait un service continu à la mer, prenne du repos et ferme son poste au mouillage où il y a le télégraphe et le téléphone. On utilise ces voies pour communications et transmissions. C’est hélas par ce sous-marin dont nous ignorions la présence qu’ARIANE a du être coulé. L’autre était en fait parti vers Pantelleria.

Quoiqu’il en soit, l’appareillage fut décidé et à minuit 15, tous les hommes ayant rallié, nous faisions route à 10 nœuds en ligne de file. ARIANE emmenait l’opérateur TSF du CUGNOT, n’ayant pas lui-même d’opérateur. A minuit 20, je dus ralentir, ARIANE ne suivant pas à cette vitesse. J’ai su depuis par le maître timonier Castaing et le sd maître mécanicien Cornec, tous deux rescapés, qu’au sortir des jetées ARIANE avait tenté à trois reprises de lancer le moteur tribord sans réussir. Le commandant Viort avait alors renoncé pour ménager son énergie électrique en vue de la plongée de longue durée qu’il aurait à faire.

A 05h00, ARIANE devait se mettre en plongée tandis que BOURRASQUE restait un moment sur les lieux, puis dégageait pour lui laisser le champ libre et poursuivre sa mission vers le Sud. CUGNOT était resté au mouillage avec le 333, prêt à appareiller s’il y avait lieu. En cas de nouveaux ordres à ARIANE, il parcourrait alors le secteur, pavillon national en tête de mât.
C’est sans doute en raison des dépenses électriques lors de l’appareillage de Bizerte, de la remontée de La Goulette à Tunis, puis de la descente et des essais infructueux pour lancer le moteur tribord, que le commandant d’ARIANE n’a pas plongé à 05h00 et a gagné en surface son secteur où il n’est arrivé à 7 ou 8 nœuds qu’à 06h00 seulement, au petit jour.
J’ai donc déboité à droite à 05h40 et suis venu par le travers d’ARIANE à tribord, à 300 ou 400 m. Je m’attendais à tout instant à le voir plonger et j’ai su depuis que les ordres avaient été donnés pour la plongée. Mais à 05h55, j’ai entendu une double explosion violente, suivie de quelques autres plus faibles, et j’ai vu une gerbe énorme, blanche et noire, masquant les 5/6e de l’ARIANE. De cette gerbe s’échappaient des débris qui retombaient tout autour. Des explosions se sont même produites en l’air, puis l’arrière s’est mâté et s’est enfoncé verticalement dans la mer avant que la gerbe ne soit retombée.
ARIANE avait été frappé par deux torpilles et sa soute à munitions avait du exploser. Le sd maître Cornec venait de rendre compte au second qui prenait le quart que tout était paré pour la plongée. Il a vu un sillage sur 60m à tribord. Le maître Castaing était sur la passerelle à côté du second. Il n’a pas vu de sillage, mais nettement deux torpilles, la 2e à 10 m derrière la première et à 6 m d’écartement latéral. La 1ère a frappé dans la batterie d’accumulateurs et la 2e par le travers de la soute à munitions. La QM torpilleur Martin était à la barre et a ressenti deux fortes secousses.
Personne parmi les rescapés de l’ARIANE n’a vu le périscope, pas plus que sur la passerelle de BOURRASQUE où j’étais moi-même depuis le jour.
Après l’explosion, nous n’avons pas vu le sillage du sous-marin et n’avons donc pas lancé les grenades prêtes sur l’arrière. Il y avait une petite brise de SE et un léger moutonnage sur l’eau. J’ai fait veiller soigneusement le périscope, mais il n’a pas paru. En revanche, le maître timonier Castaing dit qu’il l’a vu très nettement sur bâbord au moment où nous amenions nos embarcations et a même crié pour nous avertir.

J’en ai conclu que le sous-marin était entre BOURRASQUE et ARIANE, très près de ce dernier. Des hommes apparaissaient très dispersés sur les lieux de l’accident. J’ai amené berthon et youyou et suis venu moi-même au devant de ces hommes. Nous fûmes assez heureux pour ne perdre aucun de ceux qui flottaient et qui étaient au nombre de 9.

Malheureusement, le commandant Viort ; qui respirait encore faiblement au moment où il a été recueilli, présentait tous les signes de l’asphyxie par submersion. Il portait un grand manteau genre macfarlane et a du être alourdi et gêné par ces vêtements. Quand le berthon l’a repêché, il avait la tête sous l’eau et n’a pu être ranimé malgré trois quarts d’heure d’efforts.
Le QM mécanicien Liénard était aussi très malade et m’inquiéta pendant la matinée ; mais il se remit. Tous les autres rescapés étaient en bon état.

Ayant remis à poste mes embarcations, j’ai fait route le plus vite possible sur un cargo italien venant de l’Est et qui allait passer entre Zembra et le cap Bon pour gagner La Goulette. Je lui ai transmis les signaux d’alerte, tout en continuant à chercher le sous-marin.
A 10h30, fait route sur Bizerte et amarré à Baie Ponty à 14h30

Les rescapés d’ARIANE


Maître de timonerie CASTAING Raymond Edgard

Allait relever le corps de l’enseigne Boidron, mort sur son banc de quart, lorsque la 2e explosion l’a précipité à la mer. Tandis qu’il nageait vers BOURRASQUE, il a aperçu le périscope du sous-marin et a crié : « BOURRASQUE, le périscope devant vous… » Mais il n’a pas été entendu. Il n’a du son salut qu’à un réservoir de torpille d’ARIANE auquel il a pu s’accrocher.

Second maître mécanicien CORNEC Jean Pierre Marie


De quart dans la machine, il venait de monter sur le pont pour prévenir le commandant qu’un mouvement des soutes à pétrole avant la plongée allait avoir lieu dans quelques minutes. Il a vu arriver une torpille et est tombé à l’eau avec le commandant.

Quartier maître de manœuvre LE BRAS Joseph Ludovic Marie

Etait de veille sur le pont auprès de Castaing. Il a eu le bras gauche engagé dans la filière et a coulé avec le bateau. Mais il a réussi à se dégager et à remonter à la surface.

Quartier maître torpilleur MARTIN Palmère

Etait à la barre dans le kiosque. A été projeté par l’air et l’eau à l’extérieur. S’est retrouvé à l’eau sans comprendre comment.

Quartier maître électricien FONTENAUD Théophile

Etait au porte-voix du poste central. A essayé de sortir par le panneau du kiosque qu’il a trouvé engagé par l’explosion. Il est alors redescendu avec sang froid, a essayé d’allumer les lampes de secours qui n’ont pas fonctionné. Le bâtiment s’enfonçait de l’avant rapidement. Il a alors eu la présence d’esprit, étant complètement immergé, d’aller à la nage jusqu’à la brèche de la 2e torpille et de sortir par cette brèche. Il a du descendre avec le bâtiment au moins jusqu’à 15 ou 20 m. Il est remonté à la surface en crachant du sang et avec de fortes douleurs dans les oreilles. A été mis à l’infirmerie. Est hors de danger. Fontenaud était déjà un rescapé du DANTON.

Quartier maître mécanicien LIENARD Alphonse Georges

Etait de quart et venait de monter sur le pont pour aller à la bouteille avant la plongée. N’a du son salut qu’à cette circonstance. Il a reçu une forte commotion et a été précipité à la mer. A déployé beaucoup d’énergie pour se maintenir sur l’eau. Est hors de danger, couché à l’infirmerie avec des douleurs générales et une forte céphalgie.

Quartier maître TSF ROUSSEL Henri Jean Prosper


Provenait du CUGNOT et avait embarqué sur ARIANE à minuit, à Tunis, en vue de la mission prescrite. Etait sur le pont et a reçu un éclat de torpille ou d’obus au dessus de l’œil gauche. Blessure légère.

Matelot électricien de l’équipage supplémentaire BEUREL

Etait de quart dans la batterie et venait de monter sur le pont pour aller à la bouteille. Pas de blessure. Mais son pantalon s’est accroché à bord et il a coulé avec le bâtiment. N’a du son salut qu’au fait que son pantalon s’est déchiré.

Tous les autres marins à l’intérieur du bâtiment ont disparu ainsi que l’Enseigne BOIDRON et trois hommes du pont : SCHMIDT, ETIENNE qui a été vu avec une jambe arrachée par l’explosion et GUILLOT. Le commandant VIORT a nagé quelque temps en appelant BOURRASQUE. Mais il était embarrassé par sa veste de cuir et son manteau et avait la tête dans l’eau quand on l’a remonté sur BOURRASQUE.

Complément au rapport du commandant de Saint Seine

Il résulte de mes conversations avec le maître timonier Castaing que les deux torpilles ont été lancées simultanément de 200 m. Le sous-marin ennemi était entre ARIANE et BOURRASQUE qui s’était laissé couler à 400m sur l’arrière du travers, ARIANE s’apprêtant à plonger dans quelques minutes.

Autant que je puisse m’en rendre compte, le sous-marin ennemi visé par l’ordre supérieur venait de Méhédia (nota : parfois appelé Mahdia). Mais celui qui a torpillé ARIANE et dont le commandant Viort ignorait la présence dans les parages pourrait être un second sous-marin qui avait été aperçu la veille du côté de Kani. Il avait du passer la nuit en surface dans une des criques voisines du cap Bon et a plongé au jour en apercevant la fumée de BOURRASQUE. Il a agi ainsi à coup sûr, avec habileté et audace si j’en crois le maître Castaing.

J’ai assisté ce matin aux obsèques du commandant Viort et lui ai adressé un dernier adieu au nom de l’Armée Navale.
Après la cérémonie, j’ai remis le commandement de la 2e escadrille de sous-marins au commandant Tadié, conformément à vos ordres. Je rentre en France par le courrier d’escadre le 23 Juin, ayant un mois de congé pour une certaine fatigue……(confidentiel)…… qui n’altère que très passagèrement ma santé toujours robuste et serait prêt à l’issu de ce congé à reprendre un poste dans l’armée navale.

Rapport du maître de timonerie Edgard Castaing

Le 19 Juin à 00h30 appareillé de Tunis convoyé par le torpilleur BOURRASQUE. Lancé moteur bâbord et réglé à 250 tours.
Après avoir descendu le canal de Tunis, à 01h30 fait route N56E à 8 nœuds, feux masqués derrière BOURRASQUE qui garde son feu de poupe. Après trois essais de lancement le moteur tribord n’a pas allumé. Une bordée est envoyée au repos, l’autre de quart. Officier de quart Mr Boidron, Enseigne de Vaisseau, officier en second, et Castaing maître de timonerie.
A 04h00 changement de quart ; le commandant prend le quart. Mrs Boidron et Castaing vont se coucher.

A 05h00, branle-bas pour prendre la plongée à 06h05. A 05h55 j’arrive sur la passerelle pour prendre les ordres du commandant qui vient de passer le quart à Mr Boidron, et était sur l’arrière. Nous étions à 1,5 milles dans le Nord du phare du cap Bon.
J’aperçois alors une torpille sur tribord. Elle ne nous avait pas encore atteint que j’en aperçois une deuxième du même bord, même route perpendiculaire à celle de l’ARIANE. Deux chocs successifs à 1 seconde d’intervalle ébranlent tout l’avant du sous-marin jusqu’au panneau des diesels. Ces deux torpilles provoquent très certainement l’explosion d’une des nôtres dont j’aperçu plus tard le réservoir d’air couvert de la même graisse passée à Bizerte sur toutes nos torpilles, et de la soute à munitions car plusieurs éclatements successifs entendus nettement ne pouvaient provenir que de là.

Au premier choc, l’officier en second qui était près de moi est tombé raide sur la passerelle et je ressentis une forte commotion au côté gauche. Je me baissais pour relever cet officier lorsque nous fûmes engloutis. Je n’ai pas revu le commandant depuis l’instant du premier choc jusqu’à mon arrivée sur BOURRASQUE où il fut recueilli.

Le torpillage a eu lieu à 05h58 heure légale. A ce moment, BOURRASQUE était à 400 m sur l’arrière de notre travers tribord. Le sous-marin m’a paru être posté entre BOURRASQUE et ARIANE, ayant aperçu après le torpillage le périscope à une faible distance du lieu du sinistre (200 à 250 m).

Conclusions de la commission d’enquête

Cette commission reprend presque intégralement le rapport du commandant de Saint Seine en précisant :
Le commandant Viort, dont nous ne pouvons que déplorer l’irréparable perte était un officier expérimenté, avisé, d’un savoir étendu. Il s’est décidé à prendre la plongée seulement à 05h55. Dans ce que nous connaissons, il devait avoir ses raisons pour cela.

Elle conclut :

Le sous-marin qui a coulé ARIANE n’était pas celui qui opérait la veille devant Mahdia. C’était un autre sous-marin, signalé le 18 à 20h25 auprès de Kali. Les commandants de BOURRASQUE et ARIANE ignoraient la présence de ce 2e sous-marin vu à 18h18 le 18 par le chalutier LIBERTE et à 20h15 par ARQUEBUSE, dont le poste de TSF du cap Bon avait répété les « Allos ». Mais le 19 Juin, ARIANE et BOURRASQUE étaient aussi bien dans le champ d’action du sous-marin de Mahdia que dans celui signalé au large de Kani.

1) Le commandant d’ARIANE, vu l’occasion qui se présentait d’agir sur la côte de Tunisie malgré le non fonctionnement de son moteur tribord était parfaitement en situation de répondre que son bâtiment était prêt pour une opération de guerre.
2) Le secteur de veille décidé pour ARIANE était très judicieusement choisi
3) Le Vice Amiral commandant en chef à Bizerte qui a monté dans les grandes lignes l’opération et le CF commandant BOURRASQUE qui en a réglé les détails avec le commandant d’ARIANE étaient parfaitement dans leur rôle.
4) Le torpillage d’ARIANE, tout comme le torpillage d’un sous-marin ennemi devant Cattaro par CIRCE, ne doivent pas servir d’argument contre l’emploi de sous-marins contre d’autres sous-marins. Ils montrent que la question si controversée entre les alliés de convoyage de sous-marins et de bâtiments de commerce, tant de jour que de nuit, par des bâtiments légers gagnerait à être poussée.

Toutefois, l’Amiral Commandant en chef attire l’attention du Ministre sur les points suivants :

1) ARIANE avait besoin de faire de l’entrainement et a été envoyé en croisière sans son autorisation et sans qu’il soit prévenu
2) Il a eu connaissance de cette croisière par l’interception d’un message TSF chiffré en dictionnaire télégraphique qui indiquait avec précision la zone où devait se trouver le sous-marin.

Il précise encore :

1) L’Amiral Guépratte, Préfet Maritime de Bizerte, était seul juge de la disponibilité ou de l’indisponibilité d’ARIANE et son avis fut celui du commandant du sous-marin.
2) Il aurait du rendre compte de l’opération envisagée au Commandant en Chef. Mais l’appareillage d’ARIANE a eu lieu à minuit 15 et le torpillage à 05h55.
3) Un code plus secret eût du être employé. D’ailleurs, une plus grande discrétion devrait toujours être la règle par TSF.

Nous approuvons l’Amiral d’avoir mis en œuvre tous ses moyens pour réagir contre les sous-marins ennemis, mais trois erreurs ont été commises :

1) Avoir employé la TSF pour fixer les conditions de la coopération entre ARIANE et BOURRASQUE
2) N’avoir pas communiqué à ARIANE les ALLOS de 18h00 et 20h00 la veille
3) L’Amiral n’a pas informé le Commandant en Chef des ordres qu’il donnait à ARIANE.

Citation de l’Ingénieur GLORIAUD par l’Amiral Guépratte


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Le sous-marin ARIANE

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Re: ARIANE - Sous-marin

Message par olivier 12 » jeu. mars 05, 2015 12:38 pm

Bonjour à tous,

Voici l'extrait de Spindler (envoyé par Yves) prouvant qu'ARIANE a bien été torpillé par UC 22 et non UC 27.

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