RENAUDIN - Contre-torpilleur

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
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Ar Brav
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Ar Brav » jeu. févr. 28, 2008 9:21 am

Bonjour à tous,

RENAUDIN Contre-torpilleur de 800 t type Bisson (1913 – 1916)

Chantier :

Toulon
Commencé : 02.1911
Mis à flot : 20.03.1913
Terminé : 1913
En service : 31.12.1913
Retiré : 18.03.1916
Caractéristiques : 850 t ; 15 500 cv ; 78,1 x 8,6 x 3,1 m ; 4 cheminées ; 4 chaudières Indret ; turbines Breguet ; 30 nds ; 2 hélices ; 83 h.
Symbole de coque : RD
Armement : II de 100 + IV de 65 + 4 T.

Observations :

10.07.1913 : armé pour essais
14.03.1913 : torpilleur d’escadre, carrière en Méditerranée
15.03.1916 : torpille le navire autrichien Orjen
18.03.1916 : torpillé (Cdt Hardy tué) et coupé en deux devant Durazzo par le sous-marin autrichien U 6 par 41°17N et 19°22E. Les rescapés sont sauvés par le Cdt Bory (le CF Breard de Boisanger jeté à la mer de sa passerelle eu une conduite exemplaire).

Cordialement,
Franck

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Le cœur des vivants doit être le tombeau des morts. André Malraux.

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GENEAMAR
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par GENEAMAR » mar. juil. 15, 2008 7:42 pm

[:alain dubois:8] Bonjour à tous...

Le Capitaine de frégate Pierre BRÉART de BOISANGER, se trouvait sur la passerelle du "RENAUDIN" en qualité de Commandant la 1ère Escadrille de torpilleurs à la Division des flottilles de l'Adriatique. Lors du torpillage, il sera projeté à la mer et cédera sa place dans un canot à un matelot. Il sera récupéré par le "COMMANDANT-BORY".--- Il y aura 38 rescapés.

:hello:

Cordialement. Malou

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GENEAMAR
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par GENEAMAR » mar. juil. 15, 2008 8:03 pm

Image M.P.F.

Officiers et Marins disparus avec le bâtiment le 18 mars 1916.--- Jugement déclaratif de décès rendu le 17 août 1916 à TOULON.

- BAFFERON Georges, né le 11 février 1896 à ORAN, ALGÉRIE, Matelot de 1ère classe Mécanicien.
- BARS Gabriel, né le 3 janvier 1887 à PLOUGUERNEAU (Finistère), Quartier-Maître Chauffeur.
- BATAILLE Marius Jean Jules, né le 12 janvier 1892 à AURAY (Finistère), Matelot de 2ème classe Mécanicien.
- BLANC Pierre Michel Joseph, né le 26 mars 1880 à FENESTRELLE, ITALIE, Quartier-Maître Armurier.
- BOURDIC Charles Yves Marie, né le 20 juillet 1895 à PLOEMEUR (Morbihan), Matelot de 2ème classe Torpilleur.
- CARRICHE Joseph, né le 26 avril 1893 à MONTCEAU-les-MINES (Saône-et-Loire), Canonnier.
- CHANUT Henri Albert, né le 7 mai 1892 à SENS (Yonne), Mécanicien de 2ème classe Mécanicien.
- CHOMEL Léon Jean Elie, né le 23 janvier 1864 à VALENCE (Drôme), Matelot de 2ème classe Boulanger Coq.
- CODOMIÉ Marcel, né le 13 juin 1892 à PARIS (Seine), Matelot de 1ère classe Mécanicien.
- COMBAUD Charles Valentin, né le 28 janvier 1893 à FOURAS (Charente-Maritime), Apprenti marin.
- COSTE Marcel Victorien François, né le 23 mars 1891 à BRIVE-la-GAILLARDE (Corrèze), Quartier-Maître Torpilleur.
- COUILLANDRE Jacques Pierre, né le 4 septembre 1891 à TRÉBOUL (Finistère), Canonnier.
- CUGE Émile Jean Baptiste, né le 26 août 1891 à MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), Mécanicien.
- D'HERVÉ Jean Marie, né le 11 septembre 1893 à DINÉAULT (Finistère), Matelot de 2ème classe Timonier.
- FAVRAUD Marcel, né le 14 novembre 1892 à ROCHEFORT-sur-MER (Charente-Maritime), Matelot de 1ère classe Mécanicien.
- FAVRE Antoine Anselme, né le 19 mai 1895 à BRAMANS (Savoie), Matelot de 2ème classe Cuisinier.
- FITAMANT François Louis Marie, né le 27 novembre 1893 à CHÂTEAUNEUF-du-FAOU (Finistère), Matelot de 2ème classe Chauffeur.
- GIRARD Pierre Léonardos, né le 10 décembre 1890 à l'Ile d'YEU (Vendée), Matelot Électricien.
- GAMBERT Edgard Maurice Raymond, né le 10 janvier 1894 à PARIS IIème (Seine), Matelot de 2ème classe Électricien.
- GARBESIN Auguste Fortuné, né le 25 mai 1890 à MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), Matelot de 2ème classe.
- GIRAUDEAU Léonidas Benjamin Henri, né le 1er avril 1892 à LOIX (Charente-Maritime), Quartier-Maître Électricien.
- HARDY Edouard Marie Pierre, né le 21 juillet 1874 à BREST (Finistère), Lieutenant de vaisseau Commandant.
- JEANTET Julien, né le 18 juin 1895 à VITRY-sur-SEINE (Val-de-Marne), Matelot de 2ème classe Canonnier.
- KERAUDREN Pierre Marie, né le 7 avril 1892 à PLOUMILLIAU (Côtes d'Armor), Quartier-Maître Mécanicien.
- Le BRAS René Yves Marie Paul Hervé Antoine, né le 13 juillet 1896 à LANNEUFFRET (Finistère), Quartier-Maître Fourrier.
- Le CALVEZ Jean Marie, né le 20 octobre 1884 à SERVEL (Côtes d'Armor), Quartier-Maître chauffeur).
- Le DALOUR Yves Corentin, né le 19 juillet 1892 à QUIMPERLÉ (Finistère), Matelot de 2ème classe Chauffeur.
- Le LAN Jean Marie, né le 2 août 1875 à CAUDAN (Morbihan), Second Maître Mécanicien.
- MARÉCHAL Joseph, né le 2 mai 1892 à CHAZELLES (Jura), Matelot de 1ère classe Mécanicien.
- MAYER Henri Paul, né le 25 janvier 1891 à MONTPELLIER (Hérault),Matelot de 1ère classe Mécanicien.
- MERMOD Germain, né le 17 octobre 1891 à LYON 2ème arrdt (Rhône), Quartier-Maître Macanicien.
- NÉGRIER Jules, né le 20 juin 1891 à SAINT-LAURENT-de-la-SALANQUE (Pyrénées-Orientales), Matelot de 2ème classe Chauffeur.
- OLIVIER Louis Marie, né le 20 décembre 1893 à ROSCANVEL (Finistère), Matelot de 2ème classe Fusilier.
- PAYEN Henri François Marie, né le 23 juin 1896 à VANNES (Morbihan), Matelot de 2ème classe Timonier.
- PÉRAN Yves Marie, né le 21 octobre 1895 à PLOUNÉOUR-TREZ (Finistère), Matelot de 2ème classe Chauffeur.
- PIGUEL Joseph Eugène Marie, né le 17 août 1892 à REDON (Ille-et-Vilaine), Matelot de 2ème classe Mécanicien.
- PINAUD Gabriel Xavier, né le 8 avril 1892 à SAINT-LOUBÈS (Gironde), Quartier-Maître Mécanicien.
- PIQUEMAL Charles, né le 10 septembre 1893 à MARSEILLE (Bouches-du-Rhône), Quartier-Maître Fusilier.
- PRAT Alexis Louis, né le 21 juin 1875 à BREST (Finistère), Premier Maître Mécanicien.
- PRÉCEPTIS Etienne, né le 18 septembre 1874 à VILLENEUVE-sur-LOT (Lot-et-Garonne), Mécanicien principal de 2ème classe.
- ROBIN Gabriel Alfred, né le 5 octobre 1894 à NIEUL-sur-L'AUTISE (Vendée), Matelot de 2ème classe Canonnier.
- ROGER Louis Victor, né le 24 mai 1891 à BORDEAUX (Gironde), Quartier-Maître Mécanicien.
- ROPARS Joseph Marie, né le 26 février 1890 à PLABENNEC (Finistère), Quartier-Maître Chauffeur.
- SANYAS Jules Romain, né le 2 février 1891 à SAINT-LAURENT-de-la-SALANQUE (Pyrénées-Orientales), Quartier-Maître Mécanicien.
- SÉVAËR Jean François, né le 3 novembre 1885 à DAOULAS (Finistère), Quartier-Maître Chauffeur.
- TANGUY Victor, né le 2 novembre 1884 à LORIENT (Morbihan), Second Maître Mécanicien.
- TOULOUPPE Jules Alexandre, né le 10 avril 1895 à ...(Côte d'Or), Quartier Maître Mécanicien.
- TOUZÉ Marcel Jean Baptiste Pierre, né le 31 juillet 1888 à SAINT-NAZAIRE (Loire-Atlantique), Enseigne de vaisseau.
Cordialement. Malou

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Yves D
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Yves D » mar. juil. 15, 2008 11:57 pm

Bonsoir à tous,

Le sous-marin austro-hongrois U 6 était commandé par le Linienschiffsleutnant (LSL) Hugo von Falkhausen qui en avait pris le commandement le 12.11.1915. Il allait le conserver jusqu'au 13.5.1916 quand il fut coulé au canon par le chalutier armé anglais Evening Star II dans le Détroit d'Otrante. Von Falkhausen était repêché par les Italiens et fait prisonnier.
Né le 11.8.1888 à Pilsen (act. en Tchéquie), Hugo von Falkhausen vécut jusqu'au 31.12.1965 date de son décès à Gräfelfing (près de Munich). U 6 fut son seul commandement d'U-Boot et le Renaudin son seul succès.

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Terraillon Marc
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Terraillon Marc » mer. juil. 16, 2008 12:09 am

Bonsoir

Une vue du contre torpilleur RENAUDIN :

Image


A bientot :hello:
Cordialement
Marc TERRAILLON

A la recherche du 17e RIT, des 166/366e RI et du 12e Hussards.

Rutilius
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Rutilius » mer. oct. 28, 2009 8:04 pm


Bonsoir à tous,

― TOUZÉ Marcel Jean Baptiste Pierre, né le 31 juillet 1888 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), Enseigne de vaisseau.

Citation : « Officier plein d’entrain, ayant toujours fait preuve des plus belle qualités militaires. Tué à l’ennemi, à bord du Renaudin, le 18 mars 1915. »

Chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume ; Croix de guerre avec palme.

Guerre 1914-1918. Tableau d’honneur. Morts pour la France. », Paris, Publications de La Fare, 1921, p. 919).
___________________________

Bien amicalement à vous,
Daniel.

olivier 12
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par olivier 12 » mar. déc. 22, 2009 11:55 am

Bonjour à tous,

Voici les circonstances du naufrage du RENAUDIN

Rapport du Capitaine de Corvette de ROBILART Correction : ROBILANT

Le nom est incertain, la signature étant peu lisible. Cet officier était probablement l’adjoint du chef d’escadrille, le Capitaine de Frégate de BOISANGER.

« J’étais embarqué en service sur le torpilleur français RENAUDIN. Sorti du port de Brindisi à 18h00 le 17 et suivi pendant la nuit le programme établi avec le chef d’escadrille.
A 05h00 du matin le 18, les trois sections dont était composée la flottille ont fait route sur trois points différents de la côte albanaise pour explorer la partie désignée à chacune. La section RENAUDIN-BORY devait explorer la côte entre le cap Rodoni et Durazzo. Le BORY naviguait à la même vitesse que nous et se tenait au large à une distance variant entre 3 et 5 milles. N’ayant rien remarqué d’anormal sur la côte, le RENAUDIN arrivait à 07h30 en vue de Durazzo et continuait vers le sud, changeant de route toutes les dix minutes.

Sur la passerelle se trouvaient le chef d’escadrille ainsi que le soussigné, tandis que le commandant, le lieutenant de vaisseau HARDY était descendu momentanément dans sa chambre. Je me trouvais sur le côté bâbord de la passerelle, donnant au chef d’escadrille des renseignements sur les différentes épaves que l’on voyait dans le port de Durazzo. Ayant pris le commandement depuis peu, il ne connaissait en effet pas cette côte.

A 07h45, l’homme de veille donna l’alerte pour un sous-marin sur tribord. A une distance de 300 m on voyait un périscope totalement émergé, et très distinctement le sillage d’une torpille déjà lancée, suivant une direction normale à notre route et qui se trouvait déjà à 200 m de notre bord. Vu la direction dans laquelle on voyait le sous-marin, le chef d’escadrille n’hésita pas ; il donna l’ordre de mettre le cap dessus, donnant en même temps aux canonniers commandement du feu.
Mais au moment où le torpilleur commençait à abattre et les canonniers à pointer leurs pièces, la torpille atteignit le RENAUDIN en plein milieu. L’explosion, suivie d’une énorme secousse, brisa littéralement en deux le torpilleur. Tout l’avant se détacha instantanément du reste du navire. L ‘énorme gerbe d’eau m’empêcha de voir l’arrière. L’avant, après s’être cabré, chavira sur bâbord. La passerelle touchant l’eau, je me jetai à la nage, tâchant de m’éloigner pour ne pas être pris dans le remous. Pendant que je m’éloignais, je vis l’arrière, les hélices hors de l’eau, qui coulait en même temps que l’avant. De l’explosion à l’immersion du navire, il ne s’est pas écoulé plus d’une minute. Un court remous a suivi la disparition. J’aperçus tout de suite, à la mer, le chef d’escadrille, mais je n’ai pas eu de nouvelles du commandant, le LV Hardy, ni des autres officiers à l’exception de l’aspirant que j’ai vu étendu, grièvement blessé dans le berthon, seule embarcation du bord qui flottait encore

Après le lancement, le sous-marin est venu en surface, le kiosque tout entier émergeant. Il s’est approché à 100 m de nous. Cette manœuvre m’a fait croire qu’il avait l’intention de faire des prisonniers. Mais après dix minutes il disparut, probablement en voyant s’approcher le BORY.
Le kiosque, de forme allongée dans le sens longitudinal et à profil incliné vers l’arrière était peint en gris clair, tandis que le périscope avait des bandes grises et blanches. Il portait plusieurs fils probablement destinés à l’antenne TSF.

Le BORY est arrivé après un intervalle de plus d’une demi-heure. Je suis d’avis que l’on doit le nombre élevé de perte (presque 50 sur 86 hommes d’équipage) au point d’impact de la torpille. En éclatant, elle a causé la mort de tout le personnel en service dans la machine, et aussi de tout celui qui n’était pas de service et n’a pu sortir du poste avant où il se reposait.
Ceux qui se trouvaient dans le compartiment arrière ont eu le même sort, ainsi que l’officier en second ( EV1 TOUZE Marcel) qui dormait dans sa cabine.
Par les informations des survivants, j’ai su que le commandant avait réussi à monter sur le pont, mais qu’il a été tué par la chute du mât. L’officier mécanicien (PRECEPTIS Etienne) a été tué sur le pont, juste au dessus de la machine. Les graves blessures de l’aspirant sont aussi dues à l’explosion. J’ai tout de suite aperçu à la mer le timonier italien GROSPIETRO, qui a montré calme et sang froid alors qu’il avait les jambes contusionnées.
J’exprime toute ma reconnaissance au chef d’escadrille, au commandant et aux officiers du BORY pour les soins qu’ils nous ont apportés dans ces douloureuses circonstances. »

En plus de la liste des disparus donnée dans un post ci-dessus, sont signalés les blessés suivants :

Aspirant (EV2) TROSS Fracture de la cuisse et brûlure des yeux
TESSIER blessé aux genoux
LAUZY état grave
GIBAUD malade

Récompenses


Un témoignage officiel de satisfaction du Ministre sera décerné aux officiers suivants du BORY

Enseigne RIOU officier en second
Enseigne FLANDRIN officier de manœuvre
Enseigne AGARD officier de quart

« Se sont occupés de la mise à l’eau rapide et du hissage délicat des embarcations et ont parfaitement secondé le commandant dans la manœuvre du bâtiment »

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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Rutilius » mer. déc. 23, 2009 12:02 am


Bonsoir Olivier,
Bonsoir à tous,

« Rapport du Capitaine de Corvette de ROBILART. Le nom est incertain, la signature étant peu lisible. Cet officier était probablement l’adjoint du chef d’escadrille, le Capitaine de Frégate de BOISANGER. »

Le capitaine de corvette de Robiland (ou de Robilant) était un officier de liaison italien, très certainement placé auprès du capitaine de frégate Pierre Bréart de Boisanger, qui venait de prendre le commandement du Casque et de l'escadrille depuis quelques jours seulement ; sans doute pour ce motif, avait-il pris passage à bord du Renaudin. L'officier de liaison en question était d'ailleurs accompagné du matelot timonier italien Grospietro, qui, comme lui, sera sauvé par l'une des embarcations du Commandant-Bory.

Pour la sortie prévue les 17 et 18 mars 1916, l'escadrille, d'ordinaire constituée du Commandant-Bory, du Boutefeu et du Renaudin, avait en effet été renforcée par trois torpilleurs italiens : l'Insidioso, l'Irrequieto (nom probable) et l'Impetuoso. On peut penser que de Robiland avait alors pour mission, d'une part, d'informer le capitaine de frégate Pierre Bréart de Boisanger des singularités et périls de la baie de Durazzo, et, d'autre part, de veiller à la bonne communication entre bâtiments français et italiens.

Bien amicalement à vous,
Daniel.

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GENEAMAR
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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par GENEAMAR » mer. déc. 23, 2009 8:46 am

Bonjour Olivier, bonjour Daniel, bonjour à tous...,

Celà ne fera guère avancer les choses, mais il est probable que le patronyme du C.C. De ROBILANT, soit NICOLIS de ROBILANT. Il y eut par exemple entre novembre 1908 et novembre 1911, un "Commandant supérieur allié (Italien) de la Gendarmerie de Macédoine". Il se prénommait Mario (1855-1943)...

Cordialement Malou
Cordialement. Malou

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Re: RENAUDIN - Contre-torpilleur

Message par Rutilius » mer. déc. 23, 2009 1:53 pm


Bonjour à tous,


■ Les circonstances de la perte du contre-torpilleur Renaudin, survenue le 18 mars 1916 au large de Durazzo.


I. – Rapport de mer du capitaine de frégate Pierre Bréart de Boisanger, commandant du contre-torpilleur Casque et commandant l’escadrille (19 mars 1916).

(Registre historique de la correspondance intéressant le personnel et le matériel du bâtiment – 21 mars 1916 / 21 déc. 1916 –, note n° 2 : Casque – S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 76, p. num. 939 à 941).


« 2. – Rapport sur la perte du Renaudin. Le 19 mars 1916.


à Monsieur le Capitaine de vaisseau,
Chef de Division

Commandant,

J’ai l’honneur de vous rendre compte des circonstances de la perte du torpilleur d’escadre Renaudin, commandant Monsieur Hardy, lieutenant de vaisseau, à bord duquel j’avais pris passage pour la sortie du 17 au 18 mars 1916.
Conformément aux ordres, la 1re Section RenaudinCommandant-Bory a quitté, à 4 h, le 18, les postes Nord du râteau de recherche ; le Renaudin se trouvait à ce moment à 10 milles au S. 15 O. de la pointe Menders.
La route directe sur le Nord et le Sud de Rodoni, où nous devions être à 5 h 30, nous amenait à régler la vitesse à 12 nœuds. Trouvant cette vitesse trop faible aux approches du jour, et voulant confirmer le point estimé avant d’explorer le golfe du Drin, je donnai l’ordre au commandant de continuer à 15 nœuds, de virer de bord à 4 h 30 pour rallier le Commandant-Bory, puis de faire des routes alternativement Sud, puis Est et Ouest, de façon à nous trouver à 5 h 30 au Nord du cap Rodoni sans dépasser le méridien de ce cap dans l’Est.
A 5 h 45, nous nous placions par relèvement à 9 milles au Nord de Rodoni ; je donnai l’ordre de contourner la pointe à 5 milles, ce qui fut exécuté après avoir fait deux crochets à l’Est, le premier pour reconnaître une fumée qui se trouvait être celle d’un feu à terre au Nord de Saint-Jean-de-Médusa, le deuxième pour reconnaître un voilier, très petit caboteur accalminé sous la terre dans le fond de la baie de Rodoni.
A 5 h 30, la vitesse avait été réglée à 375 tours, correspondant à 20 nœuds, l’équipage hommes du pont, envoyé aux postes de combat où ils étaient encore au moment du torpillage, et le Commandant-Bory avait reçu l’ordre de se placer à 3 milles du Renaudin en le relevant à l’Est. Nous naviguions à l’aide de la carte française 3568. Doublé Rodoni à 5 milles, mis le cap pour passer à 5 milles au large de Pali. De là, mes instructions me prescrivaient de faire route directe sur Brindisi, mais, après avoir doublé Pali, la roche qui déborde le cap à une certaine distance nous fit l’effet d’une coque et nous sommes venus à l’Est pour la reconnaître sans nous rapprocher à moins de 4 milles de terre.
En revenant en route, sachant que les sous-marins stationnent souvent devant Durazzo, ce que le commandant de Robilant, officier de liaison, m’a encore rappelé à ce moment, je donnai l’ordre d’embarder de 30° toutes les dix minutes, en fixant au commandant comme route moyenne le méridien 17° Est (Paris).
Les points à terre étaient bien visibles malgré le soleil, la mer absolument calme. Mon intention était de reconnaître les mâtures qu’on voyait en rade de Durazzo et de faire route aussitôt sur Brindisi.
A 7 h 35, le point nous plaçait à 7 milles au S. 70 O. du phare de Durazzo, mis le cap au S. 30 E. ; à 7 h 45, venu au Sud. J’étais à ce moment sur la passerelle, ayant comme officier de quart le 1er maître de timonerie Le Gallais ; le commandant m’avait demandé à 7 h 35 à s’absenter quelques minutes et était remonté un instant à 7 h 40 pour prévenir le 1er maître de me considérer comme le remplaçant pendant son absence.
Monsieur de Robilant et moi étions à bâbord, M. de Robilant me nommant les différentes épaves de la baie de Durazzo, reconnaissables à la jumelle. A peine étions nous à la nouvelle route que le 1er maître revenu à l’extrémité tribord de la passerelle, après avoir vérifié la route, me cria
: " Sous-marin par tribord ! ", en m’indiquant de la main l’avant du travers. Je donnai l’ordre : " A droite 25. ", exécuté aussitôt, et courus à tribord. La torpille était déjà lancée, son sillage à moins de 200 mètres au moment où je l’ai vue, venant d’un point situé à 400 mètres environ et presque normalement. L’armement de 10 cm avant chargeait et pointait la pièce, mais avant qu’il ait pu faire feu, la torpille nous atteignait, les bulles d’air arrivant à la coque au moment où l’explosion se produisait. La plupart des témoins placent le point où elle eut lieu dans la machine ; un nuage de vapeur blanche accompagna l’explosion.
Le bâtiment chavira sur bâbord immédiatement en coulant, en se brisant par le milieu ; l’avant et l’arrière émergèrent alors verticalement, restant dans cette position un temps appréciable. La quantité d’objet flottants et de ceintures, bouées, flotteurs de drague surnageant était considérable. Tous les hommes qui revinrent en surface ayant conservé leur connaissance trouvèrent plusieurs objets pour se soutenir. Le berthon flottait, l’espace couvert de débris avait 150 mètres de diamètre au moins. Les grenades n’ont pas fait explosion ; un fort bouillonnement s’est seulement produit quand les deux parties du bâtiment ont coulé à la fois.
Le Bory rallia aussitôt à toute vitesse, amena ses embarcations à une certaine distance et manœuvra pour les reprendre tout en décrivant des lacets à grande vitesse ; à 9 h 15, ses embarcations étaient hissées et ayant la certitude que personne de vivant n’existait sur les lieux du sinistre, nous avons fait route sur Brindisi, ralliés presqu’aussitôt par le groupe InsidiosoBoutefeu venant du Sud.
Le nombre des survivants est de 40, comprenant le commandant de Robilant et Monsieur Tros, enseigne de vaisseau de 2e classe grièvement blessé.
Le commandant Hardy a été vu sur le pont après l’explosion.
L’équipage du Renaudin a fait son devoir et conservé son calme.
Le commandant de Robilant avait conservé un sang-froid parfait ; il a certainement, en appelant le berthon, sauvé un homme qui flottait à quelque distance de lui et perdait connaissance.
L’enseigne de vaisseau Tros ayant la cuisse brisée, les yeux aveuglés et de nombreuses brûlures, à peine hissé dans le berthon, demandait si le commandant du Renaudin était sauvé et n’a cessé de faire preuve d’un admirable stoïcisme.
Le quartier-maître commis Cadic, embarqué le premier dans le berthon, a sauvé Monsieur Tros et a agi au mieux avec décision et calme.
D’après les renseignements recueillis, le sous-marin, qui a émergé jusqu’au pont quelques minutes après l’attaque, avait un kiosque élevé, peint en gris clair et de section trapézoïdale. Le périscope était peint en bandes grises et noires.
Le sous-marin a replongé après avoir observé cinq à dix minutes sans ouvrir son capot. Il était à ce moment à 100 mètres des épaves.
»

[à suivre]
_______________________

Bien amicalement à vous,
Daniel.

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