Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Organisation, unités, hôpitaux, blessés....
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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mar. juin 17, 2008 11:16 pm

Bonjour,
Ayant eu la chance de consulter la base de l'almanach du combattant mis en ligne sur le CRID par nos amis stéphan et Jean claude, J'ai le plaisir de vous fournir ci dessous la retranscription sous forme de feuilleton de l'article paru dans cette revue et écrit par le DR Mas.
Cet article avec ses cartes, permet de comprendre l'articulation entre les différents echelons du poste de secours aux hôpitaux de l'arrière

Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun: L'hôpital de campagne de Vadelaincourt; (son histoire, son rôle, dans la chaîne des secours)

Pendant toute la durée de la bataille de Verdun, pendant les terribles mois des attaques répétées allemandes de février à juin 1916, plus tard au cours des offensives françaises d'octobre et décembre 1916, d'août 1917, le Service de Santé des IIIe et IIe armées française allait démontrer de façon admirable sa capacité d'adaptation à des situations particulièrement dramatiques et évolutives en modifiant ses plans d'hospitalisation et d'évacuation pour assurer au mieux le ramassage, le triage, le transport et les soins spécialisés aux quelques 216 000 blessés, sans compter les gazés, de la plus meurtrière des batailles de la Grande Guerre.

Aux premiers jours de 1916, le front de la III e armée et de la Région Fortifiée de Verdun (R.F.V.) demeurait particulièrement calme. Les formations sanitaires de la R..F.V. s'échelonnaient ainsi:
à l'avant les deux ou trois ambulances 1 de chacune des cinq divisions, dont certaine faisaient office d'infirmerie de cantonnement,
à l'arrière, les formations d'armée, dites d'étapes, comprenant deux hôpitaux d'évacuations (H.O.E), l'un à Baleycourt, l'autre aux Petits-Monthairons, six hôpitaux inclus dans la place de Verdun et six formations hospitalières au sud de Verdun, dont l'hôpital N°12 implanté à Vadelaincourt, avec une capacité de 350 lits.
Le médecin Général A. MIGON, qui venait alors de prendre la direction du Service de Santé de la IIIe armée et de la Place de Verdun, au terme d'une inspection de ce secteur constatait que le potentiel opérationnel de certaines formations sanitaires avait été quelque peu émoussé par une longue période d'inaction relative. Le 9 Février, il eut un entretien avec le Général HERR, commandant de la région fortifiée de Verdun, qui ne lui cacha pas l'imminence d'une attaque allemande d'envergure: il le savait par les espions, les aviateurs et les prisonniers de guerre. Il ne cessait, disait il , d'en informer le GQG qui refusait de l'entendre et de lui envoyer les renforts demandés . En moins de quinze jours, le médecin inspecteur MIGON allait devoir entreprendre et réussir la réorganisation et l'activation exemplaire du dispositif sanitaire dont il avait la charge.

Ces ambulances avaient une capacité moyenne de 100 lits. A partir de là , les sections sanitaires automobiles assureraient le transport des blessés jusqu'aux deux hôpitaux d'évacuation de l'arrière, Baleycourt ou Petit-Montairons selon les secteurs. A cet échelon de l'H.O.E, un nouveau triage des blessés et malades était fait : les blessés nécessitant une intervention d'urgence (blessés porteurs de plaie thoracique ou abdominale ou atteints de fracture ouverte compliquée ou blessé en état de choc...) étaient aiguillés vers une des formations hospitalières proches; les blessés légers ou nécessitant une intervention moins urgente étant évacués sur un hôpital plus éloigné de la zone des étapes ou de l'intérieur. C'est ainsi que de Vadelaincourt était appelé à fonctionner comme centre de traitement pour les blessés les plus graves triés à l'HOE de Baleycourt. C'est la Direction des Étapes et Services (DES) qui devait fournir les sections sanitaires automobiles nécessaires au transport des blessés à partir de L'HOE. Nous verrons le rôle capital que les trains sanitaires du « Petit Meusien » allaient bientôt jouer dans le dispositifs des évacuations sanitaires.
Le 21 février 1916 à 7 h 15, prélude à la grande offensives allemande, une nuée d'obus d'artillerie s'abattit sur le front tenu par le XXXe CA, commandé par le général Chrétien.
L'attaque allemande se déclencha le même jour vers 16 h. Le XXXe corps allait tenter de contenir le flot ennemi malgré les lourdes pertes qu'il avait subies. Brabant est évacué le 23, Samogneux est pris le 24; le 26 février le fort de Douaumont, non défendu, est occupé par l'ennemi. L'ambulance de Bras, criblée d'obus , avait du être abandonnée dès le premier jour.
Une noria ininterrompue d'ambulances sanitaires fonctionne aussitôt pour assurer le transport des nombreux blessés, de nuit du front vers les ambulance, de jour des ambulances vers l'HOE de Baleycourt. Au terme des cinq premiers jours de l'attaque allemande, la 72e DI avait perdu la moité de ses effectifs, 192 officiers et 9 365 homme de troupe; les pertes étaient à peine inférieure à la 51e DI et à 37e DI.
A elle seule, la section sanitaire automobile 54 avait évacué 3 558 blessés. Le Service de Santé du XXXe corps avait payé un lourd tribu: 21 médecins et 24 infirmiers tués, sans compter les brancardiers des divers Groupes Divisionnaires de Brancardiers (G.D.B.).
Du 26 février au 5 mars, attaques et contre attaques se poursuivent, en terrain découvert, sous un effroyable bombardement d'artillerie de tout calibre, de nuit et de jour. Les plus lourdes pertes furent enregistrées par le XXe CA qui avait reçu l'ordre de reprendre Douaumont. Les Brancardiers régimentaires et divisionnaires rivalisèrent d'héroïsme pour relever les blessés, dans la neige, par un froid de - 10° . Il n'y avait ni tranchées, ni boyaux d'accès, seulement un terrain crevé de trous d'obus où les blessés cherchaient un semblant de protection; leurs appels, leurs gémissements guidaient seuls les brancardiers dans leur quête nocturne. C'est enveloppés dans une toile de tente ou portés par leurs camarades brancardiers, que les blessés étaient péniblement amenés jusqu'au postes de secours le plus proche. Dans les ambulances, une section de gazés du être spécialement adjointe pour accueillir les victimes atteintes par les gaz lacrymogènes ou suffocants.


L'hôpital de Vadelaincourt, hôpital n° 12, replié de la place de Verdun n'était alors qu'une petite formation d'une dizaine de baraques plantées le long de la route d'Ippécourt, sur la rive ouest de la Vadelaincourt, petit ruisseau qui traverse le village niché dans un creux naturel: à quelque 15 km au sud de Verdun et à 7 km de l'importante bifurcation des routes de Bar-le Duc et de Ste Ménehould, reliée à ces deux grandes artères par de petites routes de campagne mal adaptée au trafic automobile.

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Les 290 malades vénériens qui l'occupaient furent très vite évacués sur hôpital de Châlons. Vadelaincourt allait devenir, sous l'autorité du Médecin de 2 eme classe MORIN un hôpital chirurgical exemplaire, appelé à jouer un rôle capital dans la chaîne des secours par sa position au centre de la zone de défense de Verdun, capable d'accueillir dans les mêmes délais les blessés de l'une ou l'autre rives de la Meuse. L'une des baraques fut rapidement transformée en pavillon opératoire comprenant deux salles d'opération séparées par une chambre de stérilisation, dotée d'un éclairage fourni par un groupe électrogène; une voiture radiologique fut affectée à la formation. Une tente Tortoise allait servir de dépôt mortuaire en attendant que fut choisi l'emplacement du futur cimetière militaire. Avec beaucoup de difficultés, des chemins de circulations empierrés furent établis dans l'enceinte de l'hôpital pour permettre l'accès des voitures sanitaires. Les effectifs furent renforcés; par le nombre de ses équipes chirurgicales, Vadelaincourt allait devenir un élément essentiel du dispositif sanitaire.

A la veille de l'offensive allemande, après réorganisation, le service de santé de la R.F.V., s'apprêtait à fonctionner sur les bases stratégiques et logistiques suivantes. A l'avant, dans chacun des 5 secteurs, les postes de secours régimentaires, sous l'autorité d 'un médecin régulateur, avaient pour mission de ramasser et transporter les blessés jusqu'au ambulances divisionnaires et ambulance de Corps d'Armée (C.A.); certaines de ces ambulances étaient appelées à accueillir les blessés légers descendus à pied du champ de bataille, les autres devaient assurer le tri des blessés avant évacuation, conserver et traiter les blessés graves jugés intransportables (fig 1)

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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mar. juin 17, 2008 11:21 pm

Pendant cette première semaine de l'offensive allemande, le nombre des équipes chirurgicales de l'HOE de Baleycourt fut rapidement renforcé par les équipes repliés de Verdun et l'affectation de l'auto chirurgicale N°3. A Vadelaincourt, trois équipes opéraient nuit et jour, sans cesse relayées , pour traiter le flux de blessés graves triés par l'H.O.E) n°6 de Baleycourt .
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Les évacuations sanitaires en direction de Bar le Duc furent assurées par les sections sanitaires automobiles, les trains du « Petit Meusien » et les camions T.M. (transport de matériel) et T.P. (transport de personnel) . Le « Petit Meusien » se chargeait à Maison-Rouge, à 1800 m de Baleycourt; la capacité des trains fut portée à 120 blessés couchés en 10 Wagons. A l'arrêt des Souhesmes, on chargeait les blessés en provenance de Vadelaincourt et des Monthairons: un poste sanitaire sous tente Tortoise avait été spécialement dressé face à la petite gare. Un médecin convoyeur était affecté à chaque train sanitaire.
Le trajet jusqu'à Bar Le Duc , arrêts compris, durait en moyenne 4 H 20. Les camions TM et TP furent réservés pour les blessés légers; tous les camions repartant à vide sur Bar le duc devenaient autant de véhicules sanitaires. Il fallait voir avec quel empressement aux arrêts de Regret et de Baleycourt, les blessés légers escaladaient les lourds véhicules, ouvert au vent et à la poussière, trop heureux de s'en tirer à si bon compte!
A cause du bombardement incessant de la ville, tous les habitants de Verdun avaient été évacués dès le 24 février, de même les formations hospitalière de la place. Tous le service de Santé était concentré dans les abris de la citadelle où une salle d'opérations avait été aménagée. A sont tourt, la grande formation de Baleycourt se trouva sous le feu des canons ennemis et son évacuation dut être décidée dans la nuit du 28 au 29 février. La disparition de Baleycourt, point central du système des évacuations, risquait de désorganiser profondément l'ensemble du service de santé. De fait, dans la semaine qui suivit, Vadelaincourt fut submergé par un afflux de blessés de toute gravité, envahi par un flot de véhicules sanitaires venant directement du front par des petites routes qui se prêtaient mal à l'accroissement soudain du trafic.
Pour parer à cet engorgement de Vadelaincourt (fig2), un poste provisoire de triage fut installé sur la grand-route à Moulin Brulé, qui devint poste d'arrêt obligatoire de tous les véhicules sanitaires en provenance de l'avant. La D.E.S. rechercha alors une nouvelle implantation pour l'HOE 6. Elle la trouva un peu plus au sud au lieu-dit » La Queue de Mala », en bordure de la route de BAR-le -Duc, dans un triangle de lande délimité par la Voie Sacrée à l'est, une courbe du petit meusien à l'ouest, le chemin des Souhesmes au sud. Le Génie construisit, non sans mal, une voie de pénétration empierrée; 12 médecin et 128 infirmiers ou brancardiers furent affectés à cette nouvelle formations hospitalière qui avait la particularité d'être entièrement sous toile de tentes; les évacuations s'opéraient par les deux trains sanitaires quotidiens du Meusien (emportant chacun 96 couchés et 200 assis), 3 sections sanitaires automobiles et les camions rentrant à vide à Bar le Duc.

Pour compenser l'absence d'hospitalisation à Queue de Mala, le potentiel de Vadelaincourt dut être renforcé. Le nombre des équipes chirurgicales, opérant nuit et jour, fut porté à 8 par la venue en renfort de l'auto-chirurgicale 6. La voiture radiologique automobile n°50 lui fut également bientôt affectée.

Entre temps, le général Pétain, arrivé à Soully, le 25 février pour y prendre le commandement de l'armée de Verdun, avait décidé la réorganisation de cette armée en cinq groupement indépendants, recevant leurs ordres directement du général en chef et commandés par le généraux BAZELAIRE, GUILLAUMAT, BALFOURIER, DUCHENE, et BARET.

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Cette nouvelle organisation de l'armée obligea la Direction du Service de Santé à revoir son service de l'avant et ses chaînes d'évacuation pour se calquer sur ce nouveau découpage du front des troupes. L'HOE n°6 de « Queue de Mala » desservant les groupements GUILLAUMAT et BALFOURIER

Le 6 mars marque le début des actions offensives allemandes entreprises sur la rive gauche de la Meuse, parallèlement aux attaques menées sur la rive droite ne direction de la Côte du Poivre et du Fort de Vaux. Durant la première quinzaine de mars, l'HOE 6 de « Queue de Mala » allait recevoir jusqu'à 873 blessés par jour: on n'y pratiquait que quelques procédures d'urgence telles que ligature de vaisseaux sanguins, on y renouvelait les pansements défectueux de l'avant, les appareillages de fracture. L'injection de sérum antitétanique était systématique pour tout blessé grave ou léger.

Vadelaincourt avait vu sa capacité d'accueil porté à plus de 400 lits, une cinquantaine de blessés graves y était admis par jour en moyenne pendant le mois de mars. C'est a cette époque aussi que par ordre du GQG, quatre trains sanitaires permanents, encore appelés « hôpitaux roulants » furent mis à disposition su service de santé de l'armé de Verdun pour l'évacuation sur les hôpitaux de Paris des grands blessés qui venaient d'être opérés et dont l'était nécessitait la poursuite de soins très spécialisés.

Durant la première quinzaine de mai, chaque adversaire s'est attaché à la conquête d'un objectif précis, les allemands celle de la côte 304, les Français celle du Fort de Douaumont. Les combats s'intensifient encore pendant la deuxième quinzaine de mai: Les allemands devaient réussir à prendre les hauteurs du Mort Homme mais furent stoppés à Cumieres; sur la rive droite, le 23 mai les troupes françaises réussirent à occuper momentanément le Fort de Douaumont.
Juin 1916 marque certainement le paroxysme des combats sut le front de Verdun. Les allemands, décidés à en finir avec Verdun, se préparèrent à l'assaut final par une intense préparation d'artillerie. Sur la rive gauche, ils furent contenus dans leur tentative de tourner la côte 304 et le massif du Mort Homme. Sur la rive droite, Vaux devait tomber dans la nuit du 9 juin; les allemands s'emparèrent de l'ouvrage de Thiaumont, du village de Fleury, mais leurs vagues d'assaut vinrent mourir épuisés au carrefour de la Chapelle Sainte Fine et dans les fossés du Fort de Souville.
Le Service de Santé de l'avant pendant ce terrible mois fut soumis à dure épreuve, notamment dans le secteur de la ferme de Thiaumont ou s'illustrèrent les 151e, 21e et 129 DI. Un obus tomba à Bras sur un groupe de brancardiers tuant 7 d'entre eux et ne blessant sept autres. La maison Nathan, près de la Sous-Préfecture de Verdun, servit alors de centre de triage avancé, les quatre ambulance regroupés de Baleycourt ont participé au tri des blessés et procédé aux interventions d'extrême urgence, jusqu'à ce que les bombardement oblige cette formation à une nouvelle évacuation vers l'arriere.
L'hôpital de Vadelaincourt (Fig3) par le relais de l'HOE n°6 reçut les blessés du secteur du Mort-homme et des deux secteurs nord de la rives droite, de la côte du poivre, de Vaux et de Douamont. Les Blessés étaient maintenant tous porteurs d'une fiche médicale réglementaire d'évacuation et prémunis par une injection prophylactique de sérum antitétanique. Du 22 février au 15 juin 1916, Vadelaincourt a reçu 10 800 blessés, dont 10 080 par éclats d'obus, 453 par balles, 247 par grenade.

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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mar. juin 17, 2008 11:26 pm

La statistique établie fait état de 2 670 plaies de la face (dont 479 plaies du cerveau et 390 plaies des yeux), 979 plaes du thorax, 278 blessures de l'abdomen. 935 décès furent enregistrés, soit 8,6% des entrants. La gangrène gazeuse 147 fois fut la cause du décès. 592 trépanations du crâne, 115 thoracotomies, 371 amputations furent pratiquées par les équipes chirurgicales de l'H12 et de l'auto chirurgicale annexée.

En mai 1916 (fig4) , fut achevée la réalisation d'une ligne de chemin de fer dénommée 6 bis, à écartement normal, reliant Sommeilles, au nord de Révigny, à Dugny par Villotte, Souilly et Landrecourt. Dix bataillons d'infanterie et trois compagnies de sapeurs avaient été affectés à l'établissement de cette ligne qui allaient se révélée vitale pour l'approvisionnement de l'armée de Verdun et aussi pour les évacuations sanitaires vers l'arrière. Deux embranchements sud-nord y furent raccordés, l'un se dirigeant sur Clermont en Argonne, l'autre partant d'Osches et ralliant Vadelaincourt avant d'être plus tard prolongée sur Rampont, Vadelaincourt devenant ainsi tête de ligne pour le départ des convois sanitaires; le rôle du Petit Meusien ne s'arrêta pas pour autant et jusqu'en septembre, le vaillant tortillard continua d'acheminer ses contingents de blessés sur les hôpitaux de Bar le duc.; du mois de février à la fin juin 1916 le Petit chemin de fer Meusien a transporté 84 888 blessés ou malades !

Tirant parti de la nouvelle ligne de chemin de fer, la Direction du Service de santé décida alors, le 10 septembre 1916, de transférer à Vadelaincourt l'hôpital d'évacuation n° 6 installé sur les hauteurs ventées de La Queue de Mala. L'Hôpital d'évacuation n°6 s'installa donc tout près de l'hôpital n°12 sans se confondre avec lui. La formation, située au nord de la route d'Ippécourt, comprenait une vingtaine de baraques reliées entre elles par une galerie fermée disposée face au quai d'embarquement des trains sanitaires.

Deux baraques étaient réservées au triage. La capacité initiale d'accueil de l'HOE de Vadelaincourt était de 340 places couchées et de 1 120 places sur bancs. Les blessés nécessitant une intervention une intervention d'urgence étaient transférés à l'hôpital tout proche qui avait reçu en juillet le renfort d'une nouvelle auto-chirurgicale; l'auto N°13. Un certain nombre de blessés ne firent que traverser l'HOE et se firent traiter à l'HOE récemment installé à Fleury sur Aire, sur le me ligne de chemin de fer; c'est là que furent transportés les 304 gazés dans la nuit du 11 au 12 juillet.

Les mois de juillet-Aout-septembre représentent les derniers mois de l'offensive contre Verdun. Au début de juillet, le commandement du Général Mangin s'étendit au deux secteurs de Cumières-Thiaumont (secteur D) et de Souville-Tavannes (secteur F). Le Haut Commandement allemand renonçait à la prise de Verdun, un calme relatif allait régner sur les positions tenues par les deux adversaires.
Le 20 octobre 1916, reprenant l'offensive, le général NIVELLE, après une intense préparation de 4 jours par notre artillerie, lançait une large offensive sur les deux rives de la Meuse pour ramener le front sur la ligne des forts de défense de la place forte de Verdun; trois divisions de choc furent engagées: le 38e, 133e, et 74 e DI; les défenses de l'ennemi furent enfoncées sur une profondeur de 3km, le fort et le village de Douaumont repris, le fort de Vaux réoccupé. Du 34 au 30 octobre, Vadelaincourt reçu 6 499 blessés qui furent secondairement évacué par trains sanitaires vers les hôpitaux de l'intérieur.

La nouvelle offensive française lancée le 15 décembre devait compléter les résultats obtenus en octobre en dégageant complètement le fort de Douaumont. Quatre divisions se partagèrent le front d'attaque, chacune doublée d'une division de soutient. L'action militaire rapide, ininterrompue, sous le commandement du général Mangin, ne dura que 3 jours; les objectifs assignés furent atteint. Aux pertes par le combat (1 629 tués, 6 710 blessés) il fallut ajouter les victimes du froid; de nombreux cas de gelures durent être évacués, gelures intéressant surtout les pieds, ce qui leur valut le nom de « pied de tranchée ». Cette fois encore, l'HOE n°6 et l'hôpital de Vadelaincourt reçurent le plus fort contingent de blessés.

Le front de Verdun devait connaître ensuite une longue accalmie de guerre de positions jusqu'au 20 Août 1917. La nouvelle offensive française fut décidée pour améliorer les positions de l'armée de Verdun sur la rive Gauche de la Meuse: les allemands, maîtres des crêtes de la côte 304 et du Mort-Homme, nous menaçaient sans cesse du haut de ces observatoires. Une attaque combinée sur la rive droite devait enlever aux allemands les observatoire du Talou et de la côte 304. A la tête de l'armée de Verdun, le général GUILLAUMAT, avait remplacé le général NIVELLE, le médecin-inspecteur WISSEMANS en assurait la direction du service de santé. Quatre corps d'armée (16 divisions) allaient être engagés dans l'action. L'Etat Major de l'armée demanda à la direction du service de Santé de baser son dispositif sur une prévision estimée de 14 000 blessés dans la première journée. Six hôpitaux d'évacuation furent désignés pour les accueillir. Vadelaincourt devant recevoir les blessés couchés du 16e Corps. Un intense pilonnage d'artillerie de 4 jours écrasa les défenses allemandes et précéda l'attaque lancée le 20 aout à 4 h 40. Les corps du centre réalisèrent une avance de 4 à 5 km , ceux des ailes de 1800m a 2500m seulement.

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Les combats furent particulièrement meurtriers à la côte 304 mais le chiffre des pertes resta bien inférieur aux prévisions.

C'est ici qu'il nous faut rapporter un acte de barbarie perpétré au mépris de toutes les conventions humanitaires du temps de guerre. Le 20 Août 1917, vers 20 heures, le centre hospitalier de Vadelaincourt fut survolé et bombardé par des avions ennemis. Les bombes tombèrent sur les frêles baraques où reposaient les blessés. Le médecin major Morin, créateur et médecin chef de l'hôpital fut grièvement atteint alors qu'il opérait un blessé. Stoïque devant la mort, autant qu'il avait été énergique dans ces fonctions, ce médecin hors pair demanda à être enterré au cimetière de Vadelaincourt, dans le champs des héros qu'il avait secourus. Le bombardement de Vadelaincourt ne fut pas un cas unique et d'autres formations sanitaires subirent de tels bombardements qui n'étaient pas aveugles mais bien intentionnellement dirigés.

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Les temps héroïques de Verdun s'arrêtent avec la bataille du 20 Août 1917. Nos troupes avaient vaillamment barré la route au flot allemand déchaîné. Verdun était demeurée inviolée. Et c'est de Verdun, qu'en novembre 1918, les troupes du général Mangin, vingt divisions françaises et quatre divisions américaines, devaient s 'élancer pour prendre l'armée d'invasion a revers et lui couper la retraite, lorsque le 11 novembre, sonna le clairon de l'armistice et de la capitulation allemande !

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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mar. juin 17, 2008 11:41 pm

CITATION COLLECTIVE
à l'Ordre du SERVICE de SANTÉ

CENTRE HOSPITALIER DE VADELAINCOURT

ORDRE N° 120

Le médecin-inspecteur, Chef Supérieur du Service de Santé de l'Armée, cite à l'Ordre de la Direction du Service de Santé de la IIe Armée tout le personnel, Officiers et troupe, au service et présent à l'hôpital n°12 de Vadelaincourt dans la nuit du 20 au 21 Août 1917.

Ce personnel comprend: les médecins, pharmaciens, officiers d'administration, les dames infirmières, les infirmiers de l'hôpital 12 et formations annexe.

Le 20 août 1917, vers 20 heures, cinq bombes d'avion tombaient sur le centre hospitalier de Vadelaincourt qui avait reçu dans la journée près de 250 blessés et dont trois pavillons opératoires étaient en plein fonctionnement. Deux tombaient sur des pavillons occupés y faisant de nombreuse victimes et y allumant un violent incendie qui se propagea rapidement.

A la lueur du brasier, les avions survolèrent l'hôpital et continuèrent à jeter des bombes et à tirer à la mitrailleuse pendant que dans les pavillons opératoire non sinistrés, les équipes chirurgicales continuaient à opérer et que tout le personnel disponible rassemblé en quelques secondes du sauvetage des blessés, de leur évacuation , des soins à leur donner et de la lutte contre l'incendie.

Dans cette circonstance tragique, le personnel tout entier a fait preuve d'un calme admirable et d'un courageux sang froid; sans souci du danger qui planait, il a cherché surtout et avant tout le salut des blessés confiés à ses soins. Son attitude a été un spectacle de puissante moralisation et une magnifique leçon de devoir; elle mérite d'être citée en exemple.

N°4 306 P Au QG le 15 septembre 1917
le médecin inspecteur WISSEMANS Ch C.S.S.S.A.
Signé Wissemans

Copie certifiée conforme
secteur postal 215 , le 7 octobre
le médecin chef

N.D.L.R:
A la décharge des aviateurs allemands, nous devons préciser que l'hôpital de Vadelaincourt se trouvait au centre d'un triangle dont les sommets étaient occupés par trois « terrains d'aviations » avec leurs hangars et leurs baraquement: Vadelaincourt Haut, Vadelaincourt Bas , et Lemmes ou se trouvait la chasse.

En1944, le cimetière de Bastia fut Labouré par les Bombardiers alliés qui l'avaient pris pour un camp allemand...
Pompéi reçut pour la même raison plus de cents bombes qui atteignirent la ville antique ainsi que la caserne .. des gladiateurs...
Soixante douze ans ont passé depuis que Vadelaincourt a cessé d'être ce noeud sanitaire vital qu'il fut au temps de la grande bataille de Verdun.

Que reste t il aujourd'hui des importantes formations sanitaires que l'ampleur du conflit avait fait naître en ces lieux ? Le touriste épris d'histoire aura quelque mal à situer exactement la haute lande, battue par les vents, où fut implanté l'hôpital d'évacuation de Queue de Mala. . Le tracé du Petit Meusien est encore facilement repéré jusqu'à son point de croisement avec la route des Souhesmes; à Partir de là, il semble se perdre dans les importants bouleversements de relief qu'a entraîné la construction de l'autoroute de l'Est, qui enjambe là la grande route de Verdun à Bar le duc, cette Voie Sacrée, qui fut aussi une voie sacrée dans l'organisation du service de santé de la bataille.

Un peu plus loin, la gare des Souhesmes, dans une courbe à mi pente du coteau, est devenue aujourd'hui une paisible résidence secondaire, isolée, comme assoupie dans le grand calme de la campagne meusienne.

Les routes qui mènent à Vadelaincourt, maintenant revêtues d'asphalte, sont demeurées ces mêmes petites routes de campagne qu'elle étaient en 1916, lorsqu'elle durent supporter la ronde ininterrompue des véhicules sanitaires.

Au bas du petit village de Vadelaincourt, sur les bord du ruisseau du même nom qui le travers, on peut s'imaginer ce qu'ont pu être ces deux hôpitaux militaires, l'hôpital chirurgical n°12 et l'hôpital d'évacuation n°6, implanté sur la rive gauche de la Vadelaincourt, séparés l'un et l'autre par la seule route d'Ippécourt. M. Person, menuisier, petit fils de J. Person, charron sur les mêmes lieux au temps de la grande guerre m'a guidé sur ces champs qui connurent une telle concentration de souffrances humaines et dont la terre fut trempé du sang de tant de braves.


Une tranche de baraque sanitaire reste encore incorporée dans la structure d'une remise à bois. Au fond du terrain où se dressaient les baraquements de l'hôpital chirurgical, une grille émerge encore du sol, vestige d'une trémie ou s'accumulaient les bandages ensanglantés; in peu plus loin, on devine l'emplacement de ce fut le dépôt mortuaire provisoire. Remontant un peu la route d'Ippécourt, nous avons retrouvé, à moitié enfouie sous les herbes, une modeste stèle rappelant le souvenir de l'infirmier Jules de Langlade engagé volontaire, qui périt le 5 septembre 1917 lors d'un nouveau bombardement de l'hôpital: Le corps de la torpille meurtrière est encore dans l'enclos du petit monument.
La voie de chemin de fer qui venait d'Osches n'enjambe plus la route d'Ippécourt et son tracé se perd rapidement dans la campagne environnante.

En face, de l'autre coté de la route d'Ippécourt, débouche un chemin empierré qui fut l'entrée principale de l'important hôpital HOE n°6. Sur la droite du chemin, le sol de la prairie laisse encore deviner l'emplacement des baraques alignées qui abritèrent les salles de soins, des salles d'hospitalisations. Il y a quelques années, on pouvait encore voir le butoir des voies de garage sur laquelle s'opérait le chargement des trains sanitaires.

Mais de ce qui fut l'allée de l'hôpital, le regard se porte irrésistiblement la haut vers le cimetière militaire situé tout près, au delà du ruisseau, sur la pente qui domine la route de Souesme. Le millier de croix blanches semble vouloir se tourner à jamais vers ces deux hôpitaux de campagne situés côte à côte ou tant de jeunes vies brisées par les combats trouvèrent la l'ultime terme à leur souffrance.

Les chiffres de plus de cent unités combattantes, de toutes armes, sont inscrits sue le monument du cimetière, témoignant des formidables effectifs engagés par l'armée française pour la défense de Verdun. Mais sur les croix du cimetière figurent aussi nombre d'infirmiers et de brancardiers qui, à l'avant sous la mitraille ou à l'arrière sous les bombardements de leur hôpital, sacrifièrent leur vie pour ramner , transporter et soigner les combattant de Verdun.
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Mais j'ai cherché en vain la croix du valeureux médecin-major Morin, frappé à mort lors du bombardement d'août 17, dans la salle d'opération de l'hôpital de Vadelaincourt qu'il avait tant contribué à développer: sa dernière volonté était de reposer au milieu des braves qu'il avait tenté d'arracher à la mort.

Maintenant qu'ont disparu tentes Tortoise et baraques Bessonneau, ce sont les croix du cimetière militaire qui témoigne de la grandeur de la mission accomplie par le service de santé au temps de la bataille de Verdun.

A Vadelaincourt, la nature a recouvert ces haut lieux de souffrance d'un manteau de verdure comme pour les faire oublier, les teintes d'un nouvel automne colorent déjà les croupes boisées du coté d'Ippécourt. De jeunes enfants s'ébattent joyeusement sur la petite route des Souhesmes, un troupeau d'oies criaille sur les bords de la Vadelaincourt. La vie a repris tous ses droits. Une profonde paix règne sur ce coin de campagne lorraine, une paix retrouvée au prix de tant de sang versé. Aux jeunes générations, maintenant le soin de garder mémoire de tant de sacrifice consentis dans ces hauts lieux et le devoir de transmettre le message de Verdun, le message d'une paix durable entre les nations !

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Charraud Jerome
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par Charraud Jerome » mar. juin 17, 2008 11:47 pm

Bonsoir

Merci de nous éclairer sur un pan que je ne connaissais concernant la bataille de Verdun.
Je cherche depuis longtemps des infos sur l'itinéraire ouest (Cote 304, Récicourt, Brocourt vers Ste Menehould), mais toutes ces données me permettent déjà d'appréhender le principe.

Cordialement
Jérôme Charraud
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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mer. juin 18, 2008 12:00 am

Bonsoir Jérome,

Je n'ai fait que de retranscrire et de refaire les cartes pour "les animer" un peu. J'ai à ta disposition le fichier au format original SVG, du dispositif a l'aube de la bataille, fig 1.

Je n'ai pas retraduit ces "chemins" sur une carte d'état major, mais ce devrait être un travail passionnant.
Le Dr MAs , auteur de l'article, s'est appuyé sur le tome 2 de l'ouvrage du médecin inspecteur Mignon, Le Service de Santé pendant la grande guerre, 4 Tomes. Ces volumes sont consultable a la bibliothèque du val de grâce, au heures ouvrable, attention a la fermeture pendant les vaccances...

CDTL

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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par HT62 » mer. juin 18, 2008 9:10 am

Bonjour Laurent,

Très intéressant ! avec les cartes, je comprends mieux ! Alors : merci !
Une petite remarque sur la 1ère carte rouge : je ne pense pas qu'il s'agisse de Devaux mais de Bévaux.
Cordialement, Hervé.
Les régiments de Béthune et Saint-Omer : les Poilus du Pas de Calais et d'ailleurs :

http://bethune73ri.canalblog.com/

http://saintomer8ri.canalblog.com/

NOUVEAU : http://dunkerque110eri.canalblog.com/

Recensement des Poilus des 16e et 56e BCP

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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mer. juin 18, 2008 12:28 pm

Merci Hervé

Je vais faire la correction derechef, j'ai eu parfois quelques difficultés de lecture....
cordialement.

Dr Michel
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par Dr Michel » mer. juin 18, 2008 1:44 pm

Bonjour,
Je cherche des traces plus complète de l’action chirurgicale du chirurgien Emmanuel POULIQUEN , envoyé à Vadelaincourt où il exerçait dans une « auto-chir ».
C’est à Vadelaincourt qu’il entreprend énormément de recherches pratiques sur la chirurgie de guerre :
- traitement des arthrites purulentes aigues,
- appareillage et transport des blessés,
-pratique de la transfusion de sang citraté avec l’appareil rudimentaire de Jean Brat.
En 1916 il est appelé par le professeur HEITZ-BOYER qui veut créer un vaste service hospitalier spécialisé pour la récupération des fractures compliquées, à Chalon-sur-Saône.

Bien Cordialement

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laurent provost
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Re: Le Service de Santé pendant la bataille de Verdun

Message par laurent provost » mer. juin 18, 2008 4:52 pm

Bonjour,
Sur le site de Vadelaincourt, il y avait 2 hôpitaux, le N°6 dit HOE, le plus vaste dont la mission principale était de gérer les évacuations sur l'arrière, avec des convois du Meusien, des convois automobiles et vers la fin par une voie de chemin de fer à écartement classique. L'autre, juste en face voir le plan ou la photo aérienne, est le N°12 qui lui fut renforcé d'une autochir voir le texte ci-dessus.
Concernant les compositions en personnel de ces formations, il me semble que la source la plus crédible doit se trouver aux archives du Val de grâce, dans les JMO ou autre document que je ne connais pas encore.
Pour des renseignements , sur le carrière militaire de ce chirurgien,il faut aller piocher au SHAT dans son dossier, puisque il était obligatoirement officier.
Par contre, il possible peut être de retrouver des publication dans les revues de l'époque ou les compte rendu de la société de chirurgie.la presse médicale, le progrès médicale, font parfois de Cr de séance de formation des Corps d'armée.
Enfin, savez vous ou il a fait ses études de médecine, car dans les archives hospitaliere, on peut retrouver trace des concours externat, internat, arrété de nomination etc.

Cordialement

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