Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Organisation, unités, hôpitaux, blessés....
Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » mer. mai 28, 2008 5:11 pm

Bonjour,
J'inaugure ce jour, une nouvelle chronique hospitalière.
L'assistance publique à Paris possédaient au début du siècle des domaines en province, Elle transforma en Asile n un manoir sis a Pontourny en Indre et Loire sur la commune de Beaumont en Véron. Il était prévu d'y recevoir des Jeunes filles ayant besoin de convalescence et de repos a la campagne. Je n'ai , pour le moment pas d'autres renseignements sur cet établissement. Il fut reçu en leg.
la chronique:
Elle débute en septembre, ou l'on voit une vice Présidente des Dames de France pour le moins sure d'elle même.
Chinon le 10 sept 1914 14 h30
Télégramme
Sous-préfet à Directeur Général
DIRECTEUR ASILE ST JOSEPH VIENT DE RECEVOIR VISITE SERVICE DE SANTÉ CROIX ROUGE IL Y A LIEU DE PRÉVOIR À BREF DÉLAI RÉQUISITION ÉTABLISSEMENT AUTORITÉ MILITAIRE IL SERAIT RECONNAISSANT RECEVOIR INSTRUCTION TÉLÉGRAPHIQUES

Paris le 10 septembre à 18 h
Préfet de la seine , direction de l'assistance publique à sous préfet Chinon
VOUS PRIE INFORMER DIRECTION ASILE SAINT JOSEPH QU'IL DOIT OBÉIR À RÉQUISITION DE L'AUTORITÉ MILITAIRE SEULEMENT.
Dèjà une puce nous ai placé derriere l'oreille, obéir a réquisition militaire seulement...
Tours le 17 a 12h 45
DIRECTEUR SERVICE SANTÉ 99 RÉGION A DIRECTEUR HÔTEL DIEU PARIS
VOULEZ VOUS METTRE A DISPOSITION SERVICE SANTÉ 99 RÉGION MAISON DE CONVALESCENCE PONTOURNY (INDRE ET LOIRE POUR INSTALLATION HÔPITAL AUXILIAIRE DAME FRANÇAISE AVEC FOURNITURE LINGE EXISTANT DANS LA MAISON RÉPONSE URGENTE

Paris
18 sept 1914
Minute : réponse a préfet tours prière d'informer directeur service de santé 9 e région que mettrons volontiers à sa disposition maison poutourny.
En ce qui concerne linge existant , inventaire devra être fait pour prise ne charge par service de snté en vue restitution ou remboursement ultérieurs
expédié le 18 sept a 10 h du matin
entée en scene de la vice présidente:
Le 18 septembre
Manoir Détilly
Avoine Beaumont
Indre et loire
(en marge en rouge remis par M. Coq le 21 sept 1918)

Monsieur le directeur,
Vous avez du recevoir de la direction du service de santé de tours un télégramme vous demandant de vouloir bien autoriser à prendre possession de Pontourny l'association des Dames Françaises dont le siege est 12 rue Gouillon à Paris.
Le si grand nombre de blessés de la Région est la raison patriotique et humanitaire donner de suite une réponse favorable.
Je suis vice présidente des Dames françaises et je tache de faire de suite une organisation pouvant faire fonctionner 50 lits.
Voudriez vous , Monsieur le directeur donner des instructions à Pontourny pour que nos blessés aient la fourniture des légumes du jardin, des fruits et si vous voulez étendre votre bienveillante protection sur le reste, nous faire profiter du vin , du charbon qu'il peut y avoir de reste.
Vous nous rendriez un service signalé, en donnant des ordres précis a ces sujets pour m'éviter des difficultés avec le directeur.
Il existe un moteur pour l'eau et des appareils pour l'éclairage électrique. L'ingénieur qui en assurait le fonctionnement n'est plus ici, je me chargerai de le remplacer toute garantie pour que ces appareils soient abîmés.
Mais le service de Santé exige le fonctionnement de cet ensemble pour les nécessités des soins aux blessés.
Si par hasard, il y avait des difficultés du côté de l'assistance publique veuillez m'en informer de suite, car je ferais le possible pour les faire lever par un ami à la Cour de Cassation qui fait parti du conseil de surveillance.
Je demande à conserver les deux surveillantes diplômées actuellement à Pontourny..
Veuillez agréer M. Le directeur
Pour le grand malheur du directeur de Pountourny, cette charmante Dame habite à deux pas ce qui ne va pas arranger les choses , on le verra par la suite.
Remarquez les arguments patriotiques et les légeres pression au travers du conseil de surveillance au cas ou par hasard il y aurait des difficultés.... le Sieur Coq conseil a la cour de cassation et membre du conseil de surveillance alias administration.
Elle va débaucher plus un "ami" pour remettre en route l'usine, habitant comme par hasard, dans un château a 4 km de Pontourny.
Le 22 septembre
Asile St Joseph
Beaumont en Vernon (Indre et Loire)

Mm » Hemmique, membre de la Croix rouge de Chinon, vient de me communiquer la dépêche suivante:
« Directeur service santé 9 région à administrateur Hôpital n° 2 Chinon.

Préfet de la seine met à disposition service de santé maison Pontourny.
En ce qui concerne linge inventaire devra être fait pour prse en charge service de santé en vue restitution ou remboursement ultérieur »
Indépendamment du linge mentionné dans la dépêche, Me Hammique réclame les ustensiles de cuisine, ainsi que le charbon, les articles de pansement, les fruits et légumes du potager.
Elle réclame également la prise de possession de la salle des moteurs m'affirmant qu'elle a quelqu' un sous la main capable de faire fonctionner l'usine.
Je vais devoir faire des réserves sur ce cas en particulier, car me en supposant qu'elle puisse d'un agent très au courant de la conduites des moteurs lempex et des tableaux électrique , il a avait bien tout d'abords de remettre en état la batterie des accumulateurs dont l'acide sulfurique à été enlevé et remplacé par de l'eau distillé en vue de la conservation des batteries.
Nous n'avons plu pour le moment du moins le liquide nécessaire pour la compléter, et, la société Eudor pourra difficilement nous envoyer l'acide sulfurique dans les circonstances actuelles.
Je crois qu'il serait prudent que M l'ingénieur nous fasse parvenir une note a ce sujet, il y aurait urgence.
Nous avons en magasin une certaine quantité de comestible divers que j'ai proposé à la Croix Rouges, contre remboursement.
Mme Hemmique m'a répondu qu'elle voulait bien prendre ce nous avions mais à des prix très réduits.
Je lui au fait connaitre que j'en référai à l'administration.
En ce qui concerne le personnel qui sera attaché au service de santé , je n'ai pas à m'en occuper.
La surveillante de l'asile, Melle Guillemain n'ayant presque plus rien a faire , à manisfesté le désir d'être employé a la Croix Rouge, dois je l'autoriser ?
Mme Hemmique a aussi demandé que le cheval de l'établissement soit mis a sa disposition pour le cas ou elle aurait des course urgente a faire soit à Chinon, soit ailleurs. Je lui ai fait remarquer que nous n'avions plus qu'un jardinier faisant au besoin le service de cocher mais sachant pas ou pau conduire un cheval.
En résumé, j'ai cru voir dans la longue conversation que j'ai eu avec Me Hemmique qu'elle désirait prendre possession de tout ou presque tout ce qui existe.
Elle m'a avisé que les malades arrivaient (50 environs) dans les 4 ou 5 jours.
En attendant, je dresserais dès demain, de concert avec un délégué de la Croix Rouge, les inventaires des locaux qui seront affecté au service de santé.
Veuillez agréer, M. le directeur ....
en marge
Télégraphier a m. Covillon que c'est lui qui conserve la direction de la maison, que notre personnel reste sous ses ordres. La réquisition portant exclusivement en ce qui concerne le service médical et l'occupation des locaux nécessaire au fonctionnement de l'ambulance.
La cerise sur le gâteau c'est l'histoire du cheval....je vous laisse les commentaires.
Tours le 29 septembre.
9 région
direction du service de santé
Le médecin inspecteur Langeriau.
A m. le directeur de Pontourny a Beaumont en veron indre et loire.
Note se service 3890h.

J'ai l'honneur de vous informer que j'affecte l'asile de Pontourny mis à la disposition du service de santé par M. le préfet de la seine, à un hôpital auxiliaire organisé par l'association des dames françaises pour recevoir des petits blessés.
J'ai prescrit de faire un inventaire conformément à la demande de M. le Préfet de la Seine.

Beaumont le 1 octobre 1914.
Monsieur le directeur général.
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 22 septembre dernier (reçu le 28) relative à l'affectation de l'asile St joseph au service de santé militaire de la 9 eme région et vous faire connaitre qu'en prévision de l'arrivée d'une cinquantaine de blessés, l'association des Dame de france à fait procéder à la désinfection de la literie et des locaux qui doivent être occupés.
Cette opération s'est terminée ce matin.
Les inventaire de prise en charge par le service dont il s'agit, on été dressés en triple expédition, un pour le directeur du service de santé, un pour la vice présidente des dames de france et la troisième pour les archives de l'établissement.
En ce qui concerne l'usine un engagement de la remettre plus tard dans l'état ou elle se trouve est demandé au service de santé.
Je crois qu'il ne sera pas fait usage de la lumière électrique étant donné la dépense qui cela occasionnerait.
Un ingénieur civil M. Diard qui habite chez sa parente au château de Contchault à 4 km de l'asile, vient à l'établissement depuis plusieurs jours, il se chargera de faire fonctionner le moteur Lemplex pour la distribution de l'eau dans les divers service. Après 4 jours d'essais et de tâtonnement il a pu le remettre en marche ce matin.
Lorsque l'établissement fonctionnera sous sa nouvelle forme, je me rendrai a Paris, si vous n'y voyez pas d'inconvénients, pour rendre compte verbalement de ce qui s'y passe.
Je joins a la présente la note de service que j'ai reçue ce matin de M. le directeur du service de santé de 9 eme région.
Il y a quelque jours, j'avais prié la vice présidente des dames de france de m'a fait adresser par le service compétent une réquisition en bonne forme.
Veuillez agréer ....
Le décor est planté, les acteurs sont en place, la tragicomédie de cet hôpital temporaire va commencer. Il ne reste plus qu'a attendre les premiers blessés qui seront des convalescents. Je soupçonne cette charmante Dame, compte tenu de la proximité de son domicile d'avoir soufflé au directeur de la 9 région l'existence cet établissement..
La suite bientôt au rythme du déchiffrement des écritures...

gg101hop
Messages : 523
Inscription : ven. juin 09, 2006 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par gg101hop » mer. mai 28, 2008 9:52 pm

Bonjour Laurent et à tous,
très intéressant ce "feuilleton" qui montre les difficultés des sociétés de la croix rouge pour aménager les hôpitaux, ayant fait une étude sur le dépt 37, j'ai trouvé l'H.auxiliaire N°201 situé à AVOINE, asile de Pontourny ouvert le 10/11/14 fermé le 5/11/16 (source VG), je pense qu'il s'agit de celui-ci d'autant que la numérotation 200 à 300 correspond aux hôpitaux auxiliaires des Dames de France dont il est question dans vos lettres.
J'attends la suite avec intérêt pour savoir si l'hôpital a bien fonctionné à la date théorique du 10/11/14 ou plus tard.
salutations


Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » jeu. mai 29, 2008 12:15 am

Bonsoir en avance de phase pour donner l'info sur l'arrivée des premiers blessés. :jap:
Pontourny le 17 octobre
Monsieur le directeur général
Depuis mardi,nous avons à l'établissement 16 blessés convalescents et il probable que nous en aurons d'autres d'ici peu de jours.
Le service médical est assuré par un médecin de l'aisne , réfugié à Chinon. Il prend ses repas a l'asile , aux frais de la croix rouge et couche à l'établissement.
Avant hier M. le directeur du Service de Santé de la 9 eme région , est venu visiter ses malades ainsi que les les locaux qui leur sont affectés.
Jusqu'à ce jour le service s'est fait normalement et les rapports que nous avons journellement avec la croix rouge sont bon, mais il a fallu de la part de l'asile, beaucoup d'élasticité.
Mme Hemmique, qui s'est chargée de la direction de l'ambulance de Pontourny, est arrivée avec ses malades, n'ayant en magasin qu'un approvisionnement très restreint.
J'ai donc du lui délivrer, sur bon, dès le 1er jour, diverses denrées de 1er nécessité, car elle ne possède ni bois, ni charbon, ni pétrole et presque pas d'épicerie.
Tout ce qui lui sera délivré fera l'objet d'un état manuel que je joindrai au compte en denrées de l'établissement.
Indépendamment de la question des fournitures pour lesquelles j'exigerais toujours des bons a l'appui des livraisons (pendant la période d'organisation) conformément aux instruction de M le chef du service des hôpitaux, Mme Hemmique m'a demandé de mettre le jardinier à sa disposition, pendant le temps que le service de santé occupera Pontourny., afin que cet agent puisse chaque jour, aller la chercher en voiture à son domicile (3 km de l'asile) et l'y reconduire son service terminé.
J'y ai consenti, mais à titre temporaire et pour lui faciliter l'organisation de son ambulance.
Nous avons a l'asile qu'un seul personnel masculin. Il est chargé non seulement du potager, mais aussi des soins a donner au cheval de la maison, le matin , le midi, le soir. Il me paraît donc nécessaire que cet agent ne soit pas distrait de son service, chaque jour, pendant une demi journée, car en ce cas les travaux préparatoire du potager pour la prochaine récolte ne pourraient être effectués à moins d'embaucher un ouvrier à la journée, en supposant que nous puissions en trouver un.
Le blanchissage du linge de l'ambulance qui devait se faire primitivement à Chinon au siège de la Croix Rouge, se fera à l'asile avec le concours de nos ouvriers buandiers.
Quant aux inventaires des locaux occupés par le Service de Santé, ils sont signés par Mme Hemmique qui me dit avoir qualité pour le faire.
Il en est de même de la prise en charge de l'usine , dont un exemplaire est joint à la présente.
Si la signature de Mme la Vice présidente de l'association des Dames de Françaises ne suffit pas , je prierais Mme Hemmique , de vouloir bien faire signer les pièces dont il s'agit, pa r M. Le directeur du service de santé.
Veuillez ...
Remarquez dans cette missive plusieures choses qui vont par la suite être au centre de difficultées relationelles.
Le quasi dénuement en approvisionnement, denrées, linges,charbon.
Le comportement de la Vice Présidente qui considère le jardinier comme son cocher et a sa main , littéralement comme son domestique. La prudence de bon gestionnaire de ce directeur qui gère un legs, ne l'oublions pas.
Quand a l'usine, elle va être elle aussi au centre de difficultés a venir. les rapports sont bons mais il a fallu de la part de l'asile beaucoup d'élasticité.
Enfin chose importantes 16 blessés sont arrivés à cette date le 17 octobre. l'établissement pouvant accuillir 80 jeunes femmes, on va le voir. Elle arrive avec ses 16 blessés...

Le même jour est envoyé signé et daté la lettre de prise en charge de l'usine.
Le 14 octobre
Je sous signé Diard, Francis, Emile, Maurice, Ingénieur électricien, reconnais
1)Avoir pris possession du matériel mécanique et électrique dont inventaire relevé d'autre part.
2)Avoir pris possession de ma salle des machines de l'asile st joseph, et de la salle d'accumulateur, le matériel donnant lieux au remarques suivantes
a) La batterie d'accumulateurs avait ses éléments remplis d'au non acidulé à la teneur de service. L'aréomètre plongeait jusqu'au fond ce qui laisserait à penser que ces éléments ont été rempli d'eau distillé.
Cette batterie était isolée du tableau par un pôle, celui aboutissant au réducteur de charge.
b) Le palier de la pompe centrifuge qui est surmonté d'un graisseur stauffer atteint une température passablement élevée.
la dynamo Gramme (type blindée) à deux de ses balais en état défectueux. Les deux balais sont ceux de la ligne porte balais situé du coté du moteur Dupleix.
L'un des balais semble bloqué dans le guidage porte balais, l'autre coulisse librement comme s'il était soustrait à l'action du ressort qui l'oblige à appuyer sur la surface du collecteur.

A part ce qui précède le matériel est en bon état bien qu'usagé
Fait à Beaumont (Asile st Joseph) le 14 octobre 1914
signé Diard et S Hemmique

Le service de santé s'engage à restituer le matériel au complet conformément à l'inventaire et à restituer également ce matériel dans l'état où il se trouvait lorsqu'il en a pris possession.
signé Diard et S Hemmique
le principal problème est moins le courant électrique que la mise en service de la pompe à eau compte tenu des besoins pour l'entretien de 50 personnes environ. Il fallait absolument remettre en route cette pompe. Et comme partout dans les institutions hospitalière excentrée, du fait de la mobilisation, les mécaniciens et electriciens sont aux armées....
Mais pour faire bonne mesure cette charmante Vice Présidente, va jouer de la pression indirecte. Elle a le bras long, elle avait quasi menacé le DG au cas ou il y aurait des obstacle de faire jouer sa relation, Conseiller a la cour de cassation et membre du conseil de surveillance.
Entrée en scène du Personnage:
e ? Octobre visé le 15
lettre de M. Maillet Conseiller à la cour de Cassation, Membres du Conseil de Surveillance

Mesureur a sur la demande du directeur du service de Santé de la 9 e corps d'armée à Tours, autorisé m. le directeur de l'asile de Pointourny (Indre et Loire) à recevoir des blessés des blessés militaires dans cet établissement. Un certain nombre d'entre eux est déjà hospitalisé à Pontourny et sur les instructions du directeur du service de santé du 9 e corps, plusieurs dames faisant partie de l'association des Dames françaises auraient été, paraît il , appelés a donner leurs soins a ces blessés et à diriger cette ambulance.
Dans quelles conditions l'hospice de pontourny a t'il été mis à la disposition du service de Santé Militaire ?
Celui ci en assume t'il la direction et la gestion ? Le directeur de cet établissement en reste t'il , au contraire chargé ?
L'association des dames de françaises dont une des Vice présidente est spécialement affectée aux blessés hospitalisés à Pontourny, dispose d(un capital insuffisant à cet effet. L'administration de l'assistance publique pourrait elle lui venir en aide en consacrant aux blessés militaires une partie des sommes provenant du legs destiné à l'entretien des 80 femmes hospitalisées dans cet établissement ? Les fonds provenant de ce legs ne doivent ils pas au contraire , être exclusivement affectés à l'entretien de ces femmes évacués sans doute dans un autre établissement ?
D'autre part, M. le directeur de l'asile de Pontourny dispose d'assez nombreuses provisions en denrées alimentaires et en charbon qu'il consentirait à céder aux dame française au prix courant. Ne pourrait'il pas être autoriser à les leur céder à titre gratuit ou tout au moins à un prix minime ?
la réponse fuse le jour même.
Lettre 19 octobre 1914
Monsieur le Conseiller
Vous avez bien voulu me demander divers renseignement concernant l'utilisation actuelle du Domaine de Pontourny (asile de convalescence st Jospeh).
J'ai l'honneur de vous faire connaître que cet établissement ayant été évacué et ses pensionnaires rendus à leur famille, le service de santé militaire de la 9 région l'a réquisitionné en vue d'y hospitaliser des blessés.
J'ai consenti volontiers à cette affectation et donné immédiatement des instructions au directeur de l'asile qui reste sur place pour me représenter.
Il a été décidé que le linge existant dans la maison ainsi que les denrées ou approvisionnements de toutes sortes seraient mis à la disposition des gestionnaires actuels à condition qu'un inventaire en seraient dressé et qu'ils seraient délivré sur des bons destinés à être remboursés à la Fondation.
En ce qui concerne les revenus de ladite fondation, il m'est impossible de les distraire de leur affectation spéciale et impérative pour leur donner une destination nouvelle.
Il ne m'appartient pas ne effet de donner à ces fonds un emploi différent de celui auquel ils ont été attribués par testament et convention consécutives.
Veuillez agréer .
On prête les locaux, on facilite temporairement l'installation, mais en aucun cas on subventionne ces dames...et Le directeur reste sur place pour me représenter Attitude constante de l'administration dans tous les établissement mis a la disposition du service de Santé gérer par lui même ou par les sociétés de secours( Angicourt, Bigottini, Berck,...).

La suite est pour bientôt :jap:

Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » jeu. mai 29, 2008 4:28 pm

Bonjour, on termine l'année 1914,
Le 27 octobre
Pontourny

le directeur général
Depuis le 17 courant, date de la dernière lettre que j'ai eu l'honneur de vous adresser , rien de particulier n'est a signaler
Lr 13 octobre il est rentré 16 blessé convalescents, il en eu 2 le 21 , 11 sont entré le 24 et 5 le 27.
A la date de ce jour le nombre de militaires hospitalisés est de 30.
Melle Guillemain, surveillante qui avait manifesté le désir d'employer son temps au service des blessés et qui vous avez bien voulu autoriser sous certaine réserve, est actuellement tenue a l'écart par suite de l'arrivée e Paris de deux infirmières de la Croix Rouge qui assure le service d'une façon continue.
Melle Guillemain, n'ayant plus rien à faire, je ne puis que la mettre à la disposition de Me Bouchet qui est sur le point d'accoucher.
Quant au jardinier de l'établissement qui a été mis à la disposition de Mme La Vice Présidente pour aller la chercher à son domicile et l'y reconduire son service à l'ambulance terminé, il reprendra ses occupation habituelle le 1 er novembre.
Mr le Dr Foucher, député maire de Chinon, m'a fait connaître que la Croix Rouge de Chinon dont Pontourny est une annexe s'était livrée a quelques manifestations religieuses dans les locaux mis à l par la municipalité à la disposition du Service de Santé.
Il m'a également informé qu'il avait tenu à tout ignorer, dans le but d'éviter des conflits.
Jusqu'à ce jour rien d'anormal ne s'est passé à l'asile. Seul le curé de Beaumont, vinet quelques fois visiter les blessés en dehors des jours ou il est tenu, par les clauses du testament de M. de Pontourny de dire la messe à la chapelle de l'établissement.
Veuillez agréez ....
Aie Aie, la date du premier novembre va entrainer la tension....
Remarquez à la fin de la lettre l'allsuion aux pratiques religieuses, les conflits de la séparation de l'église et de l'état ne sont pas loin. L 'assistance publique de Paris est non confessionnelle, les dernières religieuses on t quité l'hôtel Dieu de paris en 1905, ou elle exerçait le rôle de surveillante. J'ai retrouvé dans le recueil des arrêtés et circulaire plusieurs circulaires émanant du ministère de la guerre interdisant toute manifestation de prosélytisme de la part des ministres du culte et règlementant leur droit de visite. Par contre on respecte scrupuleusement les alinéas du testament.

Le 3 Novembre 1914
lettre
Beaumont en Veron.
Monsieur le directeur général

Le 27 octobre dernier , j'ai eu l'honneur de vous faire connaître que j'avais mis jusqu'au 1 er Novembre courant le jardinier de l'asile à la disposition de Me la Vice Présidente de l'association des dames française chargée de l'ambulance de Pontourny, pour aller la chercher en voiture à son domicile et l'y reconduire son service terminé.
Aujourd'hui, me Hemmique me fait part qu'elle se trouve dans l'impossibilité absolue, avec les fonds qui lui sont alloués pour les blessés de payer un cocher pour remplacer le jardinier.
Jusqu'à ce jour j'ai fait tout ce que j'ai pu pour lui faciliter le service de Me Hemmique, mais il faut qu'en même temps je veille aux interets de l'administration et, le moment en arrivé où il est nécessaire de songer à l'avenir, c'est à dire, en ce qui concerne le potager , de faire préparer le terrain pour la prochaine récolte.
Or , je ne puis le faire qu'en ayant un agent sous la main.
Mme Hemmique désirerait que l'administration m'autorise un ouvrier de culture qui puisse faire le nécessaire en l'absence du jardinier qui continuerai d'assurer la fonction de cocher du service de santé. Elle déclare également qu'elle ne pourra payer l'ouvrier dont il s'agit.
En un mot, elle désire que ce soit l'assistance publique qui fasse tous les frais, frais de nourriture et entretine du cheval, frais de cocher, frais de jardinier.
Elle doit vous écrire aujourd'hui à ce sujet.
Veuillez
et voilà la date arrivée...
La lettre de la vice présidente:

Le 3 novembre
Manoir D'Ettilly,
Avoine indre et loire
Monsieur de directeur,


Mon ami monsieur Maillet Conseiller a la cour de cassation vous a parlé de l'installation que je viens de faire à Pontourny pour les blessés.
J'ai réclamé votre haute protection pour me faciliter les choses et j'ai trouver dans la personne du directeur Mr cavallon une grande bonne volonté.
A l'heure actuelle une difficulté très grande surgit pour nous et un mot venant du directeur de Paris lèverait l'obstacle.
Nous avons jusqu'ici lis à notre disposition l'omnibus de Pontourny avec le jardinier qui conduit.
Il nous fait partir 3 ou 4 dames à 5 h du matin pour arriver pour les pansements de nos blessés avec le docteur et il y a 3 km a faire par n'importe quel temps en hiver.Vous voyez, monsieur le Directeur le service que l'assistance nous rend en venant nous chercher et nous reconduisant.
Je l'avais signal » à M Maillet qui a du vous en parler.
A partir d'(illisble) M Cuvillon estime que le jardinier ne peut plus faire ce petit service parce qu'il travaille au potager pour préparer les semences.
Pourriez vous faciliter la chose ne donnant des ordres de ne pas toucher à notre service d'omnibus si utile , et en prenant un homme supplémentaire pour bêcher le jardin.
Le dépenses de Pontourny sont presque nulle cette année pour pour l'assistance puisqu'il n'y a plus de pensionnaires et il me semble que cette rétribution supplémentaire serait absolument insignifiante pour elle.
Les soldats blessés en profiteraient puisque les infirmières continueraient le service (illisible).
Veuillez M. le Directeur faire télégraphier votre réponse au directeur de Pontourny qui l'attend pour decider.
Veuillez agréer
Premièrement, on rappelle les pressions possibles, puis on se place sous sa haute protection pour faire plier ce goujat qui ne veux rien comprendre (ce petit service), enfin on demande de télégraphier les ordres à ce petit directeur, le soulignement est de deux trait dans le texte. La réponse du directeur général va être toute diplomatique.... et adressée par lettre à son directeur...

les lieux:
Image
Le 8 novembre 1914
Lettre
Directeur Géneral à directeur de Pontourny
En même temps que votre lettre du 3 novembre courant, j'ai reçu une demande de Mme Hennique tendant à ce la voiture de votre établissement continue à assurer matin et soir le service des Dames infirmières.
Je vous prie de faire connaître à Mme Hennique, de ma part, que je serai heureux de mettre à sa disposition le cheval et la voiture, mais qu'il m'est impossible de distraire le jardinier, seul home de votre personnel restant de ses occupation ordinaires. S'il est nécessaire d'adjoindre un auxiliaire pour la conduite de la voiture, l'administration ne saurait en prendre la charge et la dépense restera au compte de l'ambulance.
Le directeur , etc , etc

Et voilà c'est clair net et bien emballé !
Mais comme toujours dans ces structures, ce sont les problèmes de logistique qui sont les plus prégnants, on vient de voir le problème des transports lié à l'implantation en pleine campagne, les approvisionnements en eau et électricité vont de même revenir après une solution palliative du fait du départ des hommes aux armées.

le 22 novembre
Beaumont en véron
Monsieur l'ingénieur en chef.
J'ai l'honneur de porter a votre connaissance la situation qui risque de mettre dans l'embarras La Croix Rouge Francaise, actuellement installe dans l'asile st Joseph.
Le matériel mécanique, utilisé actuellement pour éléver l'eau a été confié jusqu'ici à mes soin. Toutefois, je suis instamment mobilisable, et les rares combinaisons envisagées pour me remplacer ne permettent guère d'assurer un service continu
Or à la veille de mon départ imminent, votre mécanicien habituel vient de revenir à pontourny, titulaire d'un congé de convalescence de trois mois, congé qu'il ne se refuserait pas à passer ici.
Je viens donc solliciter de votre bienveillance l'autorisation de laisser le mécanicien s'occuper à nouveau de l'usine dont il à l'habitude ceci pendant le durée de sa convalescence.
Dans le cas, où nous l'espérons, vous donneriez a cette combinaison votre assentiment, le mécanicien aurait a reconnaître par écrit qu'il prend possession du matériel en son état primitif de marche, et ua complet (conformément à l'inventaire qui a été dressé entre M; Cavillon et la croix rouge).
Il est bien évident que les fais d'entretien, avec cette combinaison incomberaient à la Croix Rouge, tout comme il s'agissait d' un mécanicien quelconque.
Veuillez agréer ....
Diard. Ingénieur electricien.

Le 25 novembre 1914
Beaumont en veron
Monsieur l'ingénieur en chef

J'ai l'honneur de vous informer que renvoyé chez moi avec un congé de convalescence de trois mois pour une pleurésie contractée pendant la bataille de la Marne, je viens d'être aviser par la gendarmerie que j'étais réformé du service armé et passais dans l'auxiliaire. Comme dans cette catégorie ma classe est loin d'être appelée je puis espérer me remettre complètement de ma maladie. Je suis du reste en bonne voie de guérison. La croix Rouge actuellement détenteur de mon usine me demande de bien vouloir reprendre mes anciennes fonctions à l'usine pour assurer le service d'eau. L'ingénieur qui conduit de ce moment le moteur Dupleix est sur le point de rejoindre son corps et l'asile sera sans eau a à son départ si vous ne m'autoriser pas reprendre mon poste. Il a cherché à chinon et a tours de trouver un mécanicien capable de faire marcher l'usine mas ne peut en avoir. Il m'a prié de vous envoyer la lettre ci jointe et vous serais reconnaissant d'y donner une suite favorable. J'insiste auprès de vous monsieur l'ingénieur en chef pour deux raisons.
La première pour ma santé qui finira de me guérir ici avec ma famille et la deuxième pour que je puisse remettre en états de propreté mes moteurs car ils en ont besoin. J'ai pu hier soir voir l'usine et j'ai constaté que c'était très sale néanmoins le moteur dupleix qui marche tous les jours est en bon états cela me fait seulement mal au coeur de le voir mal propre et négligé.
Ici à l'asile il ya actuellement une trentaine de blessés militaires plus le personnel logé. Si toutefois vous ne jugiez pas Monsieur l'ingénieur en chef l'utilité de donner suite a cette demande, je vous serai obligé de me dire quoi faire car je ne me sens pas rester sans travailler bien que ne pouvant accepter qu'un travail doux pour le moment.
Veuillez..
Gompertz
Mécanicien.
Sauvé par le gong !
9 décembre

En réponse à votre lettre du 29 novembre dernier concernant la demande faite , d'une part par M. Gompertz, mécanicien de l'asile passé dans l'armé auxiliaire actuellement en congé de 3 mois , de reprendre ma direction de l'usine et, d'autre part le désir exprimé par M. Diard , ingénieur électricien chargé pour le compte du service de santé militaire de la conduite des moteurs de l'établissement, j'ai lhonneur de vous faire connaître que l'absence momentanée de Me Hemmique qui est en ce moment a D(P)urmes (Belgique) près de son fils aîné blessé, sa fille Mme Tisserand, qui la remplace provisoirement m'a prié d'attendre le retour de sa mère qui aura une dizaine de jour pour faire le nécessaire près de l'autorité militaire, à l'effet de faire affecter (si possible) M. Gompertz à l'ambulance de Pontourny jusqu'à la fin des hostilité.
Mme Tisserand paraît contente de cette combinaison, car le départ de M Diard n'aurait pas lieu sans apporter quelque trouble dans la conduite des machines.
Je vous écrirai de nouveau dès que le retour de Mme Hemmique et vous renseignerais sur ce qui aura pu être fait.
Je n'ai rien à signaler à l'administration.
Le service de la croix rouge se fait normalement
Le nombre de blessés soigné à l'asile , varie entre 20 a 25.
Nos rapports sont bons.
La surveillante de l'asile melle Guillemain, qui avait été autorisé, sous certaine réserve, à donner des soins aux blessés, n'a pas été employé par le service de santé.
Veuillez ...
Bizarre, cette mise à l'écart d'une professionnelle pourtant sollicitée a l'ouverture..; on se les garde les blessés ! il me semble revenir en mémoire certain témoignage de cet ordre, cet empressement auprès des pansements il me faut retrouver ces lignes...
On arrive a l'épilogue de l'année :

Le 17 décembre 1914
Beaumont en véron

Monsieur le chef de service
J'ai l'honneur de vous faire connaitre que M. Gompertz, mécanicien de l'asile , actuellement en congé de convalescence a repris possession de l'usine de l'établissement après avoir, au préalable de concert avec le service de santé militaire, procédé à l'inventaire des divers objets mobiliers que ce dernier service avait pris en cahrge le 13 octobre dernier.
Il résulte de l'inventaire dont il s'agit qu'il manque deux marteaux qui seront remplacés par la croix rouge.
Veuillez...
jusqu à la fin de novembre 1915 pas de documents la suite a la prochaine saison...

gg101hop
Messages : 523
Inscription : ven. juin 09, 2006 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par gg101hop » ven. mai 30, 2008 10:35 pm

Bonsoir Laurent et à tous,
Concernant les 1ers blessés la date est légt différente de celle relevée au VG mais de très peu, par contre le nombre de lits cité au VG est de 20 à 80 lits selon la date de l'état, hors jusqu'à fin 1914 votre archive ne parle que de 25 à 30 lits, cela signifierait que l'hôpital va se développer jusqu'à sa date de fermeture (5/11/16)?
D'autre part j'ai noté dans mon étude qu'il existait également une annexe de l'H.A N°12 de CHINON située au château de PONTOURNY, avec 66 lits, fermée le 1/6/15, je n'ai pas d'autres précisions, pouvez-vous m'éclairer, s'agit-il d'un second hôpital ou du même?
salutations
Guy

Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » ven. mai 30, 2008 11:58 pm

Bonsoir,
Pour ma part je pense que c'est le même hôpital, il n'y a qu'un lieu dit Pontourny, mais il y a plusieurs château, ou manoir sur la commune d'Avoine ou de Beaumont, voir la carte ign ci dessus.et ]ce lien
Cette structure pouvant accueillir 80 jeunes femmes ouvrières, dans les lettres qui sont échangées entre l'aphp, la direction de Pontourny et la vice présidente Mme Hennique, je n'ai jamais trouvé de notion d'extension, plutôt le contraire comme vous le verrez.
Dans les documents que j'ai retranscrit ou lu, pour le moment, je ne me souviens pas d'avoir trouvé un n°
Il y avait une gare autrefois a Avoine, la ligne a disparu.
a bientôt

gg101hop
Messages : 523
Inscription : ven. juin 09, 2006 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par gg101hop » dim. juin 01, 2008 12:29 pm

Bonjour Laurent,
Il semble que ce soit le même établissement, j'ai consulté d'autes sites de CP anciennes et n'ai rien de trouvé de plus, salutations
Guy

Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » lun. juin 02, 2008 12:42 am

Bonsoir,
Cette saison est consacrée à l'année 1915.
Ou l'on apprend au travers de de lettres échangées entre un lieutenant , son chef de bataillon et le directeur de l'ap ou se trouvait des lieux de cantonnement des soldats du dépot de Chinon.
Contebaut, le 23 octobre 1915
Le lieutenant David , Commandant la 28 eme cie au chef de bataillon commandant le détachement du 125 e d'infanterie.

J'ai l'honneur de vous rendre compte qu'une pompe à incendie existe à l'asile de Pontourny, transformé en hôpital auxilliaire et situé à 500 mètre du château d'Isoré ou se trouve cantonné le 4 eme groupe de ma Cie.
Il y aurait grand intérêt à ce que cette pompe soit mise à ma disposition de ce groupe une fois par semaine pour former une équipe et organiser le travail de la pompe.
Nous avons demandé le prêt de cette pompe au service médical de Pontourny mais il nous a répondu que ça ne le regardait pas et de nous adresser au concierge représentant l'assistance publique. Bien entendu ce dernier nous & également répondu qu'il ne pouvait rien faire sans un ordre de son administration.
L'asile de Pontourny étant aussi intéressé que nous au bon fonctionnement de l'organisation des secours en cas d'incendie, je crois qu'il suffira de faire une demande au directeur de l'administration de l'assistance publique pour que satisfaction nous soit donné.
Mais où réside ce lieutenant et où se trouve ce fameux chateau d'isoré.
Image
Contebrault est a 4 Km environ de Pontourny, donc ce ne peut être l'un des 3 châteaux de la commune. c'est plus de 500 m
et pourquoi donc cette passion pour les Pompes a incendie ?:
Le 25 octobre 1915
Chinon
Le chef de bataillon de Mouneville commandant le groupe
des 125, 325 e reg d'inf. Et 68 territorial à
Mr le directeur de l'assistance publique.

Par dépèche n° 40721(3/4) du 25 mai 1915, le ministre de la guerre attire l'attention des chefs de détachements sur le nombre considérable de demandes d'indemnités, dont son département a été saisi, qui sont fondées sur des incendies dans les cantonnements.
En conséquence, il prescrit une série de mesures parmi lesquelles la suivante:
« Dans chaque localité ou il existe un pompe à incendie l'emplacement sera reconnu. Les cdts d'armes se concerteront avec les chefs de service détenteurs de pompe pour organiser des manœuvres aussi fréquentes que le permettent les exigences de l'instruction. Des équipes seront constitués pour le service des pompes. »
En conséquence, au vu de la lettre du Lt Davis cdt un des Cie de mon détachement , j'ai l'honneur de vous prier de bien vouloir donner des ordres pour que la pompe de l'asile soit mise deux fois par semaine (Jeudi et Samedi) à la disposition de l'officier commandant le groupe du château d'Isoré. Ce groupe est de 150 hommes, mais Contebault et les fermes environnantes sont occupées également par la troupe
Mounevile
Si cette instruction est donnée, c'est que le nombre d'incendie dans les cantonnements ont du être fréquents. Les troupes couchaient dans les granges, combien de récoltes sont elles parties en fumée. C'est de la petite histoire mais ce sont des faits de vie...

Le château d'Isoré est aujourd'hui un centre équestre:
Image

Quand au directeur, Bonhomme, il donne son aval à ses manœuvres qui , il ne faut pas l'oublier préserve son patrimoine.... qui en aura bien besoin mais cela c'est une autre histoire...
Le 4 Novembre 1915
Paris
Le directeur général à Mr le chef de bataillon
commandant le groupe des dépôts d'infanterie à Chinon

J'ai l'honneur de vous informer que, conformément a votre demande, j'autorise la mise à la disposition de l'armée et pour les besoins du service, de la pompe à incendie de l'asile de Pontourny appartenant à mon administration.
Vous coudrez bien vous adresser à cet effet au gardien préposé à la surveillance du matériel de l'établissement et qui recevra des instruction à l'effet de vous donner satisfaction
Le directeur ...
Fermer le ban sur l'année 1915 rendez vous en 1916 ou il sera question de la fermeture de Pontourny


Avatar de l’utilisateur
laurent provost
Messages : 1053
Inscription : lun. juin 11, 2007 2:00 am

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par laurent provost » lun. juin 02, 2008 7:42 pm

Bonjour
La chronique du jour va être consacré a la fermeture de l'hôpital auxiliaire nous allons découvrir les raisons et les modalités, cela va demander plus de 6 mois pour en appurer les "dettes".
ouvrez le ban,
Le 29 Mai 1916
Belletouche (Maine et loire)
Monsieur le Directeur Général

J'ai l'honneur de vous envoyer ci-inclus le rapport que j'ai dressé sur l'état actuel des bâtiment de l'asile saint joseph de Pontourny.
Par ce même courrier , j'adresse le même rapport à Monsieur Coq directeur de l'établissement.
Veuillez agréer

Beaumont en véron
Rapport de l'architecte
Comme j'en formulé la remarque au mécanicien représentant à Pontourny l'administration dans mes visites des 16 novembre 1915, 22 février 1916 , 21 mars, 18 avril et 11 mai, l'état actuel du l'asile laisse de plus ne plus à désirer.
En dehors des déprédations causées par les blessés et qu'il est difficle d'éviter, il y a des négligences qu'il ne m'appartient pas d'attribuer à quiconque.
Or il est inadmissible que personne n'ait rendu compte de ce qui existe actuellement dans le réfectoire et qui pourrait occasionner des ennuis à l'administration de l'AP de la part des donataires venant inopinément visiter l'asile, comme cela s'est déjà produit autrefois.
Trois portraits de famille (peinture à l'huile grandeur naturelle) sont dans le réfectoire à hauteur convenable; soit environ deux mètres.
1)Caroline Godard de Sapoany
2)Aphonsine Richard de Pontourny
3)Marc jacques de Gretan.
Ce dernier tableau est défoncé en deux endroits: 1er au dessus de la tête et coupant le front; 2eme au dessous du bras gauche.
Il me semble que, après reconnaissance par la Croix Rouge du dégât causé sous sa responsabilité, reconnaissance établie en double expédition et duemment signée par le médecin et l'infirmière major d'une part et par Gompertz d'autre part, un exemplaire restant entre les mains de la Croix Rouge et l'autre adressé à Monsieur Coq , directeur de l'établissement, ces portraits devraient être remis par le locataire au mécanicien qui les mettraient au magasine jusqu'à nouvel ordre sous sa responsabilité.
Ce fait important signalé, je passe à chaque bâtiment pour relater ce qui concerne chacun d'eux.
Bt de la conciergerie:
Ce Bâtiment est occupé par l'économe et le mécanicien, il n'y a rien d'anormal et les réparations d'entretien on été faites ce mois ci.
Br central rdc:
Salon , réfectoire, bibliothèque, cabinet de consultation
1 er étage appartements occupés par le personnel de la Croix Rouges
A signaler le mauvais entretien du réfectoire ou vingt chaises ont été démolies, le poele de faïence est détérioré le mica remplacé par de la tôle.
Les cuisines:
Rdc:
Cuisines sale; tout à refaire comme peinture, carrellage, enduites -serrures démolies
lavabos:
Aérateurs démolis, poêle sans entretien; chacun des huit lavabos avait une glace, quatre manquent: La tige du flotteur du vidoir est cassée, les verroux des portes arrachés.
Couloir de dégagement :absolument malpropre.
1er étage:
Salle d'opération, isolement pharmacie peu de chose à signaler comme plaque de propreté cassées
Grand Bâtiment
Ce bâtiment est le seul occupé comme dortoir à chaque étage par les blessés
RDC
Aux portes, il n'y a plus de double boutons en céramique, plus de clés aux serrures; la pluspart des fenêtres ne ferment plus; Le grand calorifère qui chauffe les trois étages a sa porte de fonte cassées
1 étage et deuxième étage : mêmes observation pour les portes et fenêtre.
Bâtiments annexes
Bains: le poêle Godin est perdu de rouille et n'a jamais été entretenu .
Hydrothérapie: les cuivres n'ont jamais été entretenus, robinets douche en pluie , tuyaux , lances etc, le vert de gris fait son oeuvre.
Ancien logement du mécanicien occupé par les domestique croix rouges (atrocement sale).
Hospice annexe: Humidité incroyable étant donné que cette salle n'a jamais été occupée, qu'on n'y a jamais fait de feu, et qu'il est impossible de fermer les fenêtres laissées entrouvertes une partie de l'hiver. Les parquets sont gonflés, le grand poêle est à remettre en état.
Salle annexe de couture: Cette salle parquetée sert de débarras où on a entassé des fruits, des sacs de sel de cuisine et autres tout fait pourrir le parquets.
Réfectoire des jardiniers converti en prison plus de carreaux aux fenêtres
Dortoir des jardinier affecte aux infirmiers tout est a refaire.

En général la majeure partie de la serrurerie est a refaire aux portes et aux fenêtres. Quand l'électricité manquait on s'est éclairé avec des lmapes à pétroles suspendues de telle sorte que plafonds et murs sont enfumés.
Ce rapport à été établis le 18 avril , je le transmet seulement aujourd'hui parce que dernièrement la croix rouge a fait remplacer la majeure partie des vitres manquantes signalée ce dessus. Et j'attendais pour savoir si le réparations serrurerie et menuiserie allaient être faites, mais tout reste dans le même états et la Croix Rouge n'a donné aucun ordre nouveau.
La Possoniere le 29 mai 1916
l'architecte de l'asile de Pontourny
Darian-Lusseau.
hors donc par un beau matin de que j'imagine riant du printemps , Mr l'architecte se fâche tout rouge, Remarquer l'ordre dans lequel il fait son rapport, d'abord les dégradations sur les testamentaires, puis les bâtiments, et enfin peu de renseignement sur le nombre de blessés.
Ce rapport est fait en présence de l'infirmière major, pas de la directrice Madme Hennique, qui vient de façon espacée dans l'établissement, son dévouement ainsi que celui de sa fille étant sans doute appellé a d'autre tâches à Paris .
Le directeur de l'hôtel en responsabilité de l'établissement lui est plus prolixe sur les tenants et aboutissant:

Paris le 2 Juin
Le directeur de l'hôtel dieu à monsieur le directeur général

Monsieur le directeur
Lors de ma visite à l'asile st-joseph, dans les premiers jours du mois denier, j'ai constaté qu'il n'y a plus, dans l'établissement, de blessés militaires.
Actuellement un vingtaine de soldats seulement, peu gravement malades ou convalescent, pour la plupart, venant des cantonnements voisins, occupent des lits des Ier et étage du bâtiment principale.
Le service médical est assuré par un médecin major.
Mesdames Hennique et Tisserans ne venant plus dans l'établissement qu'à intervalles assez éloignés, la direction de l'ambulance est confiée à Melle Gehen infirmière Major , qui pour les soins à donner aux malades, est assistée de madame St Cyr femme du 1er Médecin Major rapellé aux front depuis quelque temps et Melle Adam. Cette dernière est chargée en outre , de la buanderie et de la lingerie.
D'après les renseignements que j'ai pu recueillir l'administration de l'établissement , au point de vue discipline, propreté, hygiène, salubrité laisse assez à désirer.
Les locaux occupés par divers services sont mal entretenus; d'autres sont abandonnés, de tous cotés
les dégradations sont nombreuses.
L'architecte de l'asile vous en a donné les détails et signalé l'importance dans le rapport qu'il vient de vous adresser. Les soldats peuvent circuler à leur guises, sans surveillance dans la propriété qui ne se trouve pas ainsi à l'abri des dégâts.
Dans ces conditions il me semble que l'Asile St-Jospeh n'est plus utilisé comme il devrait l'être par la Croix Rouge.
A mon avis, les quelques militaires actuellement en traitement pourraient être évacués sur d'autres formations sanitaires, à Chinon, par exemple, où il y a de vastes locaux dans lesquels il serait facile d'installer une ambulance.
L'administration aurait intérêt, à tous points de vue, a demander à l'autorité militaire, de nous restituer l'Asile, le plus tôt possible, afin qu'après la remise en états des locaux , nous puissions y envoyer des ouvrières convalescentes.
Le directeur Coq.
immédiatement relayé par le directeur général qui demande la restitution.
Le 14 juin
Paris
Le directeur général à m; le médecin inspecteur, directeur du sce de santé de la 9 eme région à Tours
Par décision du 29 septembre 1914 vous avez informé mon administration que l'asile de Pontourny à Beaumont en Véron, mis a votre disposition, serait affecté à l'organisation d'un hôpital de petits blessés géré par l'association des Dames Françaises.
Un inventaire a été dressé et il a été convenu par la suite (Convention passée entre l'association et le représentant de l'assistance publique de paris) que l'établissement serait entretenu et rendu en bon état.
Je suis informé que depuis plusieurs mois les hospitalisés sont peu nombreux, et pourraient avantageusement être transférés à Chinon ou dans un hôpital de la région; d'autre part, la surveillance et la discipline laissent beaucoup à désirer.
De ce fait, et du fait de l'occupation prolongée, des dégâts nombreux et importants ont été constatés et l'architecte chargé par moi de l'entretien vient de m'adresser un rapport.
Dans les hôpitaux de l'ap confiés à l'autorité militaire comme Berck, Bigotinni, ou Angicourt, on retrouve cette baisse du nombre de blessés traité et la demande de l'institution pour récupérer ces établissements. Je n'ai pas fait de recherche particulière sur les dates de fermetures des petits hôpitaux auxiliaires de moins de 100 lits, mais compte tenu de la réorganisation du service de santé, des progrès du service de santé de l'avant et des techniques chirurgicales,et de la guerre de position, on assiste plus à ces évacuations massives et un peu sauvage des blessés sur les formations de l'arrière.
La réponse ne se fait attendre et ne surprend pas :
Tours
Médecin inspecteur de 9 région
A monsieur le directeur de l'assistance publique.

En réponse à votre lettre du 14 juin, j'ai l'honneur de vous connaître que la situation de l'asile de Pontourny à Beaumont en Véron, au point de vue du petit nombre des militaires qui y sont traités, est celle de la plus part des formations sanitaire de la 9 eme région; mais que cette situation peut changer du jour au lendemain, lorsque les évacuations de blessés sur cette région seront reprises.
Il appartiendra à l'association des Dames Françaises de prendre les disposition nécessaires pour vous rendre l'établissement dans l'état où vous le lui avez livré.
Mr le Sous Secrétaire d'État du Service de Santé nous ayant recommandé, dans toutes ses instructions , de ne pas apporter de réduction au nombre de lits qui existe dans les Régions, je ne crois pas pouvoir, en ce qui me concerne, exprimer un avis favorable à votre demande; la formation de Pontourny constituant une ressource très intéressante pour le service de santé.
En tout état de cause, il ne m'appartient pas de prendre à ce sujet, une décision dont l'initiative est réservé au Sous Secrétaire d'État du Service de Santé, au quel je transmet votre lettre
et bien sur, le directeur va se retourner vers Mme Hennique.
11 juillet 1916.
Paris
le chef de service des hôpitaux
Madame E Hennique
Vice présidente de l'association des Dames Françaises
5 rue pierre le grand

Madame,
Vous avez bien voulu me demander de vous confirmez l'accord intervenu entre mon administration et la croix rouge (sous le couvert du directeur de la 9 eme région) et relatif à l'utilisation pour les blessés de la guerre de l'établissement de Pontourny.
Suite à la demande qui m'en a été adressé le 18 juin dernier par M. le médecin Inspecteur Labit , je suis tout disposé à maintenir à cette maison le destination actuelle jusqu'à la fin de la guerre et aux conditions qui on été fixées précédemment.
Toutefois je me permettrai d'appeler votre attention sur la nécessité d'une surveillance plus étroite et plus sévère afin d'éviter que les dégâts matériels déjà signalés ne deviennent plus important.
J'ai honneur de vous communiquer un extrait du rapport que l'architecte de mon administration.
En ce qui concerne les trois portraits de la famille de Pontourny, j'estime , qu'après constations des dégâts, il y aurait intérêt à les placer en lieu sûr et hors de toute atteinte.
Veuillez agréer...
Bon on accepte, mais attention quand même aux portraits des ancêtres que diable ... et à l'entrée de l'hiver:
Le 5 Novembre 1916
Le sous secrétaire d'état de la guerre
A monsieur le directeur général de l'assistance publique.

Vous avez exprimé le désir au mois de Juin dernier que l'asile de PONTOURNY, à Beaumont en Véron, occupé par un Hôpital Auxiliaire de l'association des dames de françaises soit remis à la disposition de votre administration.
Il n'a pas été possible alors de vous donner satisfaction.
Une révision générale de l'organisation hospitalière me permet aujourd'hui d'envisager le retour de l'asile à sa destination normale. L'association des Dames Françaises d'autre part ne fait pas d'objection à la surpression de l'Hôpital.
J'ai l'honneur de vous faire connaître que j'ai en conséquence, par décision de ce jour, prononcé la fermeture de l Hôpital 201 installé dans l'asile de Pontourny.
Aux termes de l'instruction du Service de Santé du 21 mai 1916 sur les ressource du territoire national pour l'hospitalisation des malades et blessés, (Bull. Off du ministère de la Guerre, ed. méthodique .n° 83 bis) art ,99 paragraphe b, les opérations de désinfection et les travaux nécessaires pour remise des locaux dans leur état primitif ont lieu dans les établissements utilisés par les sociétés d'assistances aux frais des dites sociétés et les soins de leurs représentants.
Justin Godard
Une Lettre de Pontourny informe, confirme, bref expose que
Le 9 nov 1916
Pontourny
Monsieur le Directeur,
J'ai l'honneur de vous informer que Madame Hennique présidente de l'ambulance de Pontourny vient de me faire savoir que pour elle qu'il se pourrait que la demande de fermeture de Pontourny soit agréeé par monsieur le sous secrétaire d'état, sans me fixer la date de fermeture elle me laisse entendre que cela sera proche vu le petit nombre de malade dans la maison.
J'ai cru bien faire , monsieur le directeur de vous informer pour que vous nous donniez les ordres nécessaires , mais je crois que votre présence si toutefois vous le pouvez, serait utile à ce moment là et également celle de l'architecte.
En attendant vos ordres agréez ...
Gomprertz.
La date de fermeture officielle est donc le 5 Novembre 1916, ce qui ne veut pas dire qu'a cette date il n'y a plus de militaires blessés ou en cantonnement, la restitution à l'administration et la remise à disposition de l'établissement à sa destination premiere va prendre un peu plus de temps... sans compter les discussions sur les indemnités dues aux déprédations....
11 Novembre 1916
Paris
Madame E Hennique
Vice présidente de l'association des dames françaises.

Je viens d'être informé par mr le sous secrétaire d'état du service de santé que l'ambulance n° 201, de la 9 eme région ; installé à l'asile de Pontourny, était supprimée.
J'ai l'honneur de vous prié , en conséquence , de vouloir bien me faire connaitre quelle sont vos intentions relativement à l'examen de l'état des lieux en vue de la constation des réparations nécessaires.
Il était entendu, en effet, qu'au terme de l'instruction du service de santé du 21mai 1913, que les locaux doivent être remis dans leur état primitif par les sociétés d'assistance qui les ont utilisés et aux frais des dites sociétés;
Mon administration serait désireuse de rentrer le plus tôt possible en possession de son établissement et de le rendre à sa destination.
Veuillez ...

le 11 novembre
Bayal (aube)
Papier entête de la croix rouge ADF
Monsieur le directeur,
Vous devez être informé par la direction du service de santé de mon hôpital de lessés installé dans l'immeuble de l'asile st Jospeh à Beaumont en Véron (I. et Loire)
Illisible nous ayant infiniment moins de blessés cette solution n'est plus nécessaire et je tiens à remettre de suite cet immeuble à votre disposition n'oubliant pas la complaisance que vous avez mise pour me laisser en disposer.
Dans quelque jour je serai de retour à Paris, et vous demanderai un instant d'audience pour causer avec vous de l'inventaire avant mon départ pour Beaumont
Agréez monsieur .....
S Hennique.

22 Novembre 1916
Paris
Monsieur le directeur
Veuillez je vous prie me fixer un instant d'entretien ces premiers jours , soit à 10 heures soit vers 2 h ½ sauf vendredi prochain
Je ne doutais pas de l'accueil que vous me réserviez mais les deux bons amis dont les cartes sont ci jointes; ont tenu à m'accompagner de leur haute protection.
Veuillez agréer ....
humm sentant sans doute qu'elle ne serait pas reçue avec beaucoup de chaleur, Mme Hennique s'entoure de garants, elle ne fait plus jouer ses protections internes (le conseiller à la cour de Cassation) Mais externe, et puis dans les discussions il vaut mieux être plusieurs pour négocier...
et l'architecte va être de la fête à Beaumont:

le 14 Novembre 1916
Belle touche Possoniere (Maine et Loire)

Monsieur le directeur de l'assistance publique à Paris

Ma dernière visite à Pontourny est du 4 courant.
La Croix Rouge a demandé la surpression de l'hôpital établi à l'asile Saint Joseph.
Il est ,je crois de toute nécessité qu'un état détaillé soit établi aussitôt que vous aurez l'avis officiel de cette suppression, car on pourrait ensuite imputer à la négligence du personnel de l 'administration , ce qui provient du fait de la Croix Rouge.
La dépense imputable aux locataires est assez sérieuse pour qu'on en prenne note comme il convient, et qu'un exemplaire de l'état fait en double expédition , soit remis aux représentant de la Croix Rouge au moment de leur départ.
A défaut de lettre, un télégramme envoyé a monafresse télégraphique ci dessus suffirait pour que je me rendre immédiatement sur place dresser cette pièce indispensable.
Veuillez agréez ....

Paris le 26 novembre 1918
Madame Hennique
Comme suite à notre entretien récent, j'ai l'honneur de vous confirmer que la réunion pour examen des locaux et fixation de la remise en état aura lieu à Pontourny le mardi 5 décembre à Pontourny. Vers 10 heures du matin.
Mr le secrétaire général de l'administration accompagné de mr le chef de service des hôpitaux et aussi de mr l'architecte de l'établissement, procèderont de concert avec vous à cette visite et la rédaction du procès verbal consécutif.
Les travaux seront exécutés au frais de vote société et, après entente sous la direction de mon administration.

Veuillez ....
On arrive à l'épilogue qui va durer tout le premier trimestre 1917 pour se mettre d'accord sur les frais de remise en état.
Le 3 Janvier 1917
Paris
Service des travaux
Note pour monsieur le chef de srvice des hôpitaux et hospices.

Comme suite à sa note du 7 décembre 1916, j'ai l'honneur de faire connaître à mon collègue l'évaluation de la dépense nécessitée pour les travaux à exécuter au matériel d'usine de l'asile st joseph , savoir
40 plaques positives de batterie d'accumulateurs 250,00 fr
Lessiveuse 250,00 fr
Chaudière à eau chaude 750,00 fr
Total 1250,00fr

le chef de service des travaux.

Paris le 6 janvier 1917
Madame Hennique
vice présidente de l'association des dames françaises

Mme la présidente,

A la suite de la visite qu'ont faite conjointement avec vous les représentants de mon administration à l'asile st joseph de Pontourny, il a été dressé un état estimatif des objets a remplacer ou à réparer dont la dépense reste comme il a été convenu, à la charge de votre société.
J'ai l'honneur de vous donner communication du résumé de ce travail:
1° Réparation ou remplacement des serrures, fermeture des portes et fenêtres , etc 950 fr
2° Machinerie: remplacement de 40 plaques d'accumulateur d'une chaudière et d'une lessiveuse 1250 fr.
3° Objets de lingerie, d'ameublement ustensile divers , dont le relevé a été fait en détail et sont à remplacer ou à réparer 2400 fr
4° Réfection, et nettoyage de la literie (matelas, traversin , oreillers) 1000fr
au total 5600 fr.

C'est donc pour une somme de Cinq mille six cents franc qui demeure à la charge de la société qui a occupé temporairement l'établissement.
Je me permet d'observer que mon administration conserve a son compte la réfection des peinture et diverses réparations également indispensables.
Je vous serais reconnaissant de me faire savoir l'époque à laquelle vous serez en mesure de faire entre les mains du Receveur de l'Assistance publique les versement de la somme due par la Croix Rouge.
Veuillez ....

21 janvier 1917
Paris
Madame le présidente,
A la suite de l'entretien que nous avons eu, prenant en considération les motifs divers et sérieux que vous avez bien voulu m'exposer, je consens volontiers à réduire le montant de la somme qui vous a été remise par lettre du 8 janvier courant.
Les frais a votre charge pour la réparation et la remise en état, remplacement etc de l'immeuble et du matériel de l'asile de Pontourny, après l'occupation pendant deux années par votre société, se monte donc fixée à quatre mille francs, d'un commun accord.
Cette somme, définitive, pourra être adressée à mon administration par chèque à mon nom si ce mode de paiement vous convient.
Veuillez ....

Paris le 25 janvier 1917
Monsieur le directeur,
Je vous adresse un chèque de 4000 fr , somme dont je vous suis redevable suivant nos conventions pour indemnité de l'occupation de l'immeuble de l'hôpital de Pontourny.
Les blessés soignés durant deux ans dans cet hôpital ont recouvré la santé. Je vous remercie donc en leurs noms des facilités qui m'ont été données par l'assistance publiques pour ce fonctionnement.
Veuillez recevoir Monsieur le directeur ...

Le 31 Janvier 1917
Certificat de recouvrement
Le directeur etc..
Considérant que l'asile de St Joseph, fondation Grétan de Pontourny, a été mis ç la disposition de l'autorité militaire, au début des hostilités pour être transformé en ambulance;
Considérant que la société des Dames Françaises (Croix rouges) qui administrait la dite ambulance, s'était engagée à remettre l'établissement et son matériel en bon état ou à rembourser les objets manquant ou détériorés;
Considérant que l'occupation par la dite société a pris fin le 1 er décembre 1916; qu'a cette époque il a été fait simultanément par les représentants de l'administration et de la société des Dames Françaises, un examen des bâtiment et du matériels et dressé un état des objets à remplacer; qu'à la suite de ces constations il a été reconnu d'un commun accord que la charge pécuniaire à mettre au compte de la sce des Dames Françaises serait fixée à Quatre Mille francs;
Certifie
Qu'il y a lieu d'encaisser la dite somme de quatre mille francs, pour solde de compte entre la 'assistance publique et la sce des dame françaises (croix rouge);
Que cette somme doit être versé en recette au ss chapitre 70: recette diverse de la fondation Gétan de Pontourny.
Paris le 31 janvier 1917. le directeur

Le 17 février 1917
Paris
Monsieur le directeur,
Je vous serais obligée de vouloir bien me faire envoyer un mot accusant réception du chèque de 400 mille francs que je vous ai adressé comme convenu pour indemnité de l'occupation e l'immeuble de Pontourny.
Veuillez ...
Que penser de cet épisode, est ce la fin des aventures de Pontourny dans le domaine du secours au blessé, on arrive en 1917 et bientôt un acteur important va surgir. L'armée américaine mais cela est une autre histoire (saison).

Je suis quand même pensif devant ces épisodes qui se répètent pour au moins 3 des hôpitaux dont j'ai dépouillés les relations entre l'administration et le service de santé.
Pontourny, contrairement aux autres établissements, était géré par une des sociétés de la croix rouges dont, au travers de ces documents, on constate le peu de moyens, et surtout, je me trompe peut être le manque de professionnalisme, pour ne pas dire laxisme et amateurisme dans la gestion de ce type d'établissement.
Pour donner, un sentiment, tout à fait subjectif au lire de ces documents, j'ai l'impression que Mme Hennique s'est fait plaisir avec cette ambulance à coté de chez elle, du moins près de sa résidence d'été ...
Je n'ai évidement aucun témoignage de Poilus ayant bénéficié du séjour a Pontourny, avec ses caves et vignes pas loin...
:lol:

Avatar de l’utilisateur
Charraud Jerome
Messages : 8364
Inscription : dim. oct. 17, 2004 2:00 am
Localisation : Entre Berry et Sologne
Contact :

Re: Pontourny, Chronique d'un hôpital auxilliare (I à VI)

Message par Charraud Jerome » mar. juin 03, 2008 12:35 am

Bonsoir
Merci Laurent pour ce fil qui me pousse à sortir de mon département (J'suis un peu trop casanier, mon amie me le dit trop souvent :D )
L'institut existe encore et est de nos jours un centre de formation sanitaire et social.

Dès le lendemain de la guerre,la fondation repris son but premier (accueil de jeunes filles) comme le montre cette carte des années 20:

Image

Cordialement
Jérôme Charraud
Les 68, 90, 268 et 290e RI dans la GG
Les soldats de l'Indre tombés pendant la GG
"" Avançons, gais lurons, garnements, de notre vieux régiment."
Image

Répondre

Revenir à « SERVICE SANTE »