Bonjour à tous ,
Aujourd'hui, j'ai chiné pour 1 euro une carte photo représentant des poilus du 38e RI de St Etienne (Loire); les numeros sont bien lisibles ..... de plus la correspondance au verso (texte non daté d'un enfant semble-t-il) confirme l'origine géographique du département de la Loire.
le problème est que les soldats arborent une fourragère; Or , en consultant les listes des régiments récompensés par une fourragère, le 38e RI n'en fait visiblement pas parti. Qu'en pensez vous ? Erruer de lecture de ma part ou serait il possible que la fourragère ait été octroyée puis retirée à ce regiment ?
L'allure et l'âge de ces soldats me font penser que la photo date bien de la grande Guerre ou à la rigueur de fin 1918 ou 1919 mais exclut à priori une photo des années 20.
A propos des fourragère, je m'étonne toujours en voyant que des régiments n'ont pas été récompensés au minimum de la fourragère de la croix de guerre 14/18 quand on pense aux souffrances endurées par n'importe lequel de ces régiments au cours de ces 4 années terribles ? Certes ces récompenses semblent peut etre futiles pour nous maintenant mais, à l'époque, ces différences ont du provoquer des sentiments de frustration et d'injustice tant au niveau des chefs de corps qu'au niveau des simples soldats.
Avec mes remerciements.
Cordialement
yann
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Bonsoir à tous,
Le 38e R.I. qui a terminé la guerre avec trois citations à l'ordre de l'Armée et une à l'ordre du Corps d'Armée était bien titulaire de la fourragère aux couleurs de la Croix de Guerre qui lui a été décernée en juillet 1918, voir extrait de l'historique du 38e ci-dessous. Par contre ce régiment ne figure pas dans la liste officielle des unités ayant obtenu la fourragère, j'ai vérifié dans deux éditions différentes ( 1934 et 1950). Histoire à suivre ...
Bien cordialement, Joël Huret
Pendant trois jours, la lutte est de tous les instants. Les actes de bravoure ne se comptent plus. Ici, c'est le capitaine CHAPUIS qui, en faisant lui-même le coup de feu, a les deux bras traversés par une balle. Là, ce sont les 5me et 6me Compagnies qui, entraînées par le capitaine BLACHIER et le sous-lieutenant RULLIER, contre-attaquent avec un élan superbe. Plus loin, ce sont les deux sections de la 2me Compagnie de mitrailleuses qui, à moitié anéanties par l'artillerie adverse, continuent à tirer sans broncher et méritent la citation suivante à l'Ordre de l'Armée:
(Ordre de la Vme Armée, N° 311 du 14 juin 1918, général BUAT.)
« Sous le commandement du lieutenant MACHEFERT, de l'adjudant DELAVAL et du sergent ROYER, ont assuré pendant les derniers combats une importante mission de flanquement sous de violents tirs de l'artillerie ennemie. Prises à partie par un tir de destruction, ont rempli leur mission.jusqu'au bout, malgré les pertes subies. Reconstituées sur leurs positions, sont rentrées de nouveau en action et ont contribué à repousser l'attaque renouvelée ce jour-là par l'ennemi. »
En vain, le Boche multiplie ses attaques ; en vain, ses groupes cherchent à s'insinuer dans les bois. Les défenseurs, dont beaucoup tombent sur place (1), s'accrochent énergiquement au terrain. Le 2 juin, la barrière est définitivement établie : l'ennemi ne passera pas.
De même, d'ailleurs que tous les autres Régiments de la Division, le 38me est cité à l'Ordre de l'Armée et le premier parmi eux, il a droit au port de la Fourragère aux couleurs de la Croix de guerre :(Ordre de la Vme Armée, N° 537 du 10 juillet 1918, général BERTHELOT.)
« Beau et brave Régiment qui, sous les ordres du commandant PICHONVENDEUIL remplaçant le colonel absent, a réussi à force de bravoure et de ténacité, à briser une violente offensive ennemie. Afait face pendant trois jours consécutifs, en manœuvrant sous le feu, à des assauts répétés allant jusqu'au corps- à corps, et fixé définitivement l'ennemi après lui avoir infligé des pertes élevées. »
Pendant trois semaines, jusqu'au jour où le Régiment sera appelé à repasser la Marne pour prendre position pour quelques jours dans la région de Dor-mans, la ligne sera énergiquement défendue par ses occupants, que le Boche, pour se venger de son insuccès, arrosera copieusement d'obus de tous calibres.
Peu à peu cependant, il s'est calmé, mais on sait de source sûre qu'il n'a pas renoncé à ses projets. Aussi quand, au mois de juillet, il reprend une offensive qu'il a proclamée devoir être décisive, les dispositions nécessaires sont prises. Depuis dix jours, le Régiment est établi, en soutien de troupes italiennes, dans la partie sud-ouest du Bois de Reims et aux abords du village de Pourcy, lorsque le 15 juillet, quelques instants après minuit, la région est brusquement réveillée par un feu roulant qui ne laisse aucun doute sur les intentions de l'adversaire.
(1) 79 tués (dont 3 officiers) ; 332 blessés (donc 9 officiers).