Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

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Jean RIOTTE
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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » sam. sept. 02, 2006 5:47 pm

Bonjour à toutes et à tous,

Beaucoup moins popularisés et donc moins connus que les tirailleurs d' Afrique du Nord ou d' Afrique Noire, les tirailleurs indochinois sont souvent oubliés ( comme les tirailleurs malgaches d' ailleurs) ou passés sous silence, lors des commémorations et des manifestations patriotiques.
Pourtant ce sont près de 100000 indochinois qui sont enrôlés entre 1914 et 1919 et qui viennent prendre leur place en France et en Orient.
Je souhaiterais, ici, leur rendre hommage, comme l' a déjà fait ( mieux que moi) le Colloque pour le 80ème anniversaire de la Bataille de Verdun en 1996.
Ce sont d'ailleurs dans les actes de ce colloque que je puise très largement ma documentation, et plus particulièrement dans l'intervention du Capitaine Emmanuel Bouhier, Division Archives Communication du Service Historique de l' Armée de Terre.

L' aide militaire de l' Indochine à la France se traduit avant tout par un apport en hommes non négligeable.
Quels ont été ces concours?
* Tout d'abord le renvoi en France d' environ 6000 officiers et hommes de troupe de carriière dès le début de la guerre;
* Puis l'envoi des français d' Indochine mobilisés: sur 2333 mobilisés, 1309 sont envoyés en France, tandis que les 1024 mobilisés sur place assurent le fonctionnement des services indispensables à l'administation de la colonie
* L' effort le plus considérable est le recrutement indigène. Après une première tentative qui donne entière satisfaction, ce sont 43430 indigènes qui sont envoyés en France et en Orient, entre 1916 et 1918, répartis en:
- 4 bataillons combattants
-15 bataillons d' Etapes
- des infirmiers coloniaux
- des ouvriers d' administration coloniaux
sans oublier les 5000 automobilistes prélevés sur les Bataillons d' Etapes et utilisés dans la zone des Armées.
* Parallèlement au recrutement militaire indigène, il est fait appel aux travailleurs coloniaux car le besoin en main d' oeuvre se fait de plus en plus sentir dans les usines de munitions, pour les travaux des champs etc... Dès fin 1915 ces travailleurs arrivent en France. Ils seront au total 48981.
Administrés par le service des travailleurs coloniaux ils sont employés comme ouvriers non spécialistes ou ouvriers spécialistes, tous militarisés. Beaucoup eurent de grosses difficultés à s'habituer au travail en usine, au froid...sans oublier la nostalgie, le stress....
A la fin de la guerre certains d' entre eux ainsi que des militaires des Bataillons d' Etapes sont mis à disposition des régions libérées pour rendre à la culture les champs de bataille dévastés.

Au total les indigènes indochinois envoyés en France sont:
- 4800 appartenant aux 4 Bataillons Combattants
- 24212 appartenant aux 15 Bataillons d' Etapes
- 9019 infirmiers coloniaux
- 48981 travailleurs coloniaux
soit 92411 hommes au service de la France.
( à suivre)

Cordialement.
Jean RIOTTE.

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garnier jean pierre
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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par garnier jean pierre » sam. sept. 02, 2006 10:04 pm

Bonsoir
Vérifiez si l'opération est bonne :

En 1915 4631 ouvriers indochinois partirent pour la France
en 1916 26098
en 1917 11719
en 1918 5806
en 1919 727.
Comme évoqué par Jean on forma des bataillons de travailleurs OS et ONS encadrés par des chefs et interprètes, où la discipline nécéssaire fut maintenue et un système d'avancement et de récompenses pour encourager les meilleurs.

Le gouvernement institua le 29 juin 1916 un service du contrôle et de la main d'oeuvre indochinoise avec des administrateurs et quelques mandarains chargés de visiter fréquemment leurs compatriotes surtout pour ce qui concerne la discipline et la tenue morale des travailleurs.
L'initiative privée fit mieux encore, un comité d'assistance se constitua le 8 janvier 1916 pour accomplir une oeuvre de préservation morale et de philantropie pratique, il veillera sur les ouvriers en dehors des heures de travail il leur fournit des distractions et des jeux, il organisa des hôpitaux et des maisons de convalescence.

Concernant l'envoi des tirailleurs en France on recourut aux volontaires, à qui l'on promit une haute paie et diverses primes et allocations.
Dès la première moitié de 1916, les engagements militaires affluèrent comme les engagements de travailleurs.
Le Tonkin donna le plus grand nombre de soldats en 3 ans 43 430 tirailleurs s'embarquèrent pour l'Europe, mais tous ne devaient pas être appelés à combattre.
Deux bataillons seulement furent bataillons de guerre.
Ils figurèrent avec honneur sur le front de Verdun,dans les Vosges, au chemin des Dames.
Deux bataillons du service des étapes de l'armée d'Orient devinrent des unités de guerre et combattirent sur le front albanais.
Le commandant du 21e bataillon a énuméré dans un rapport officiel les qualités militaires de ces soldats annamites.
Il concluera en affirmant " ce sont , je crois , les seules troupes indigènes ou l'on puisse dresser des observateurs sachant lire une carte et y situer les observations, des téléphonistes , etc..,"

L'aide de l'Indochine ne se bornera pas à l'envoi de troupes, mais ceci est une autre histoire.
Oncle Ho.
Cordialement.
JPierre.
D'ousqu'on vient, on salue que les morts!
La peur. (G chevallier)



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Jean RIOTTE
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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » dim. sept. 03, 2006 12:16 am

Bonsoir à toutes et à tous,

(suite)

A la mobilisation, les unités stationnées en Indochine comprennent:
* en Cochinchine:
- le 11ème RIC, régiment européen à 4 bataillons;
- un régiment d' artillerie coloniale à 12 batteries;
* au Tonkin:
- les 9 et 10èmes RIC, régiments européens à 3 bataillons;
- un régiment d' artillerie coloniale à 7 batteries;
* un régiment de tirailleurs annamites à 4 bataillons;
* 4 régiments de tirailleurs tonkinois à 3 bataillons;
* et 2 compagnies indigènes du génie.
C' est au sein de ces unités que sont prélevés une partie des personnels appelés à servir en France et en Orient, auxquels se joignent les personnels du recrutement indigène qui constitueront les 4 bataillons combattants et les 15 bataillons d' étapes.

Deux bataillons combattants serviront en France: le 7ème et le 21ème.

Le 7ème Bataillon Indochinois est formé le 16 février 1916 au Tonkin, à Sept Pagodes à l' effectif de 1000 hommes (Chef de Bataillon DEZ). Débarqué à Marseille, dirigé sur le camp de Fréjus, il est entraîné et sélectionné jusqu'en avril 1917. Le 10 avril il est affecté à la 19ème Division, puis ses unités sont réparties au sein de la 12ème Division:
- la 1ère Compagnie au 54ème RI à Sept Monts;
- la 2ème Compagnie au 67ème RI à Ambrief;
- la 3ème Compagnie au 350ème RI à Sept Monts;
- la 5ème Compagnie au dépôt divisionnaire de la 12ème Division à Rozicie.
La 4ème Compagnie, la SHR et la Compagnie de Mitrailleuses restent à Montramboeuf sous le commandement du
CB DEZ.
Le bataillon est engagé avec la 12ème DI à la 2ème Bataille de l'Aisne, au Chemin des Dames les 5,6,7 mai 1917.
Ses compagnies suivent dans l'attaque les régiments auxquels elles sont rattachées et participent au ravitaillement, ou au nettoyage des tranchées ou à l' organisation du terrain conquis.
En juin 1918, le bataillon reprend les tranchées dans le secteur d' Anould (Vosges) et y reste jusqu'au 22juin. Il y repousse une attaque ennemie, puis reprend les tranchées du 24 au 27 au Centre de Résistance Clové (au-dessus de Munster). Deux attaques accompagnées de bombardements et gaz asphyxiants sont repoussées entre les 29 et 30 octobre 1918.
Le bataillon est stationné en Lorraine pendant l' Armistice.
Embarqué à Marseille le 15 février 1919, il rejoint Haïphong où il est dissous.

Le 21ème Bataillon Indochinois est formé en France, le 1er décembre 1916, au camp de Saint-Raphael, dans le Var (Chef de Bataillon JENOT). Il comprend: 1 compagnie de marche, 1 compagnie de dépôt, 1 compagnie de mitrailleuses et une SHR. Il est à l'effectif de 21 officiers, 241 européens et 1200 indigènes.
A partir du 5 avril 1917 le bataillon est employé dand l' Aisne: réfection de routes, garde des terrains d' aviation, travaux d' assainissement du champ de bataille.
De fin mai à fin juillet il est dans les Vosges où il repousse plusieurs coups de main. En août il est à Reims.
De retour dans les Vosges il occupe les positions du Centre de Résistance de Montigny.
Il est dissous le 18 avril 1919.
(à suivre)

Cordialement.
Jean RIOTTE.

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Jean RIOTTE
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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » lun. sept. 18, 2006 7:19 pm

Bonjour à toutes et à tous,

( suite)

Deux bataillons combattants serviront en Orient ( Macédoine ): le 1er et le 2ème.

Le 10 mai 1916 le 1er Bataillon débarque à Salonique. Commandé par le Chef de Bataillon FIERARD, il comprend 4 lieutenants, 2 sous-lieutenants, et 1000 indigènes.
En janvier 1917 il quitte le camp retranché de Topsin ( au nord de Salonique ) et gagne par voie de terre Veria, Kojani, Serevia, Larissa et Tymros en juin, puis occupe le district de Trikala en juillet 1917.
En août le Bataillon rejoint la région de Monastir avant de se diriger vers Droveno où il relève un bataillon hellénique en premières lignes. Les 19 et 20 octobre le Bataillon attaque entre les lacs Malik et Okrida avec le 175ème RI.
Le 31 juillet 1918, les 2ème et 3ème Compagnies plus la Compagnie de Mitrailleuses sont portées à marche forcée dans le sous-secteur de Selce, aux avant-postes, pour faire face à une attaque autrichienne qui est repoussée. Le 25 août, suite à un repli des troupes italiennes, le Bataillon se retire sur le Groupe de Griba et sur l' arête Est de Mecan, où il repousse plusieurs attaques bulgares. A partir d' octobre il assure la couverture entre la rivière passant à Belica et la route Struga-Dobra.
Le 30 janvier 1919 il embarque à Salonique et débarque le 6 février à Fiume.

Le 2ème Bataillon est formé le 1er janvier 1916 avec des tirailleurs du 3ème Régiment de Tirailleurs Tonkinois.
Il débarque à Salonique le 17 mai 1916 et relève le 21ème Régiment de Tirailleurs Algériens sur les positions du camp retranché de Salonique.
En août 1916 il fait partie du détachement de la Struma avec les 4ème et 8ème Régiments de Chasseurs d' Afrique et une batterie d' Artillerie à cheval. A l' occasion d' une reconnaissance sur la rive gauche de la Struma le Bataillon s' empare d' une tranchée bulgare et fait des prisonners. Fin novembre 1916 il est envoyé en Albanie où il s' empare, en décembre, du village de Visavic, au nord du lac Malic.
Le 1er janvier 1917 la 1ère Compagnie occupe le village de Veliterna. En avril un détachement du Bataillon occupe les hauteurs de Polena, contre-attaque et bouscule les avant-postes albanais. Le 23 septembre c' est un détachement du Bataillon qui détruit un pont autrichien au cours d' une mission de couverture des mouvements de sa Division.
Courant 1918, plusieurs coups de main sont réussis, tandis qu' en juillet il appuie l' attaque des troupes de la 57ème D.I. Enfin durant l' offensive victorieuse qui décide du sort de l' armée bulgare le 2ème Bataillon se porte dans la région d' Okrida où il participe à l' action générale.

( à suivre )

Cordialement.
Jean RIOTTE.

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » ven. oct. 13, 2006 4:46 pm

Bonjour à toutes et à tous,

(Suite)

Les Bataillons d' Etapes, au nombre de 15, sont envoyés sur le front dès leur arrivée en France. Stationnés à proximité des zones de bataille ils ont pour mission générale d' assurer les communications, le ravitaillement et la garde de certains points sensibles des Armées.
En effet la nouvelle guerre révèle que seule la puissance matérielle peut détruire les retranchements qui s' opposent à la marche en avant des Armées combattantes. Il faut donc à côté de celles-ci, une autre Armée, une armée de soldats-travailleurs, qui établit au plus prêt du front des voies ferrées, des hôpitaux d' évacuation, des routes, des pistes, des ponts, des champs d' aviation, des cantonnements de repos, des transports de toutes natures...nécessaires à une stratégie moderne. Cette nouvelle armée travaille parfois sous des bombardements meurtriers (comme à Vailly, dans l' Aisne) ou est l' objet de bombardemens aériens.
Ces bataillons ont fait bonne figure par leur comportement, leur discipline et la qualité de leur travail qui leur permettent de livrer en temps et en heure les travaux qui leur sont confiés. Ils soulagent ainsi l' Armée de multiples soucis, lui permettant de se consacrer uniquement à ses missions.
Par ailleurs, n' oublions pas que de ces bataillons sont issus les 5000 automobilistes qui montrent aussitôt les plus heureuses dispositions pour la conduite des camions lourds. En moins d' une semaine d' instruction, tous s' acquittent convenablement de leurs missions. Les ravitaillements sous les bombardements prouvent la valeur et le courage de ces conducteurs.
Donnent aussi toute satisfaction les autres combattants, infirmiers , commis et ouvriers d' administration coloniaux.

( à suivre)

Cordialement.
Jean RIOTTE.

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Terraillon Marc » ven. oct. 13, 2006 11:16 pm

Bonsoir,

J'apprends à chaque message de ce fil et j'ai exploré mes fonds de disque dur pour trouver quelques illustrations numériques pour participer à ma manière ;) .

En voici 2 que j'espere opportunes :jap: :


Image

Angouleme (1918)



Image

Auch (non daté) 52e Indochinois


A bientot :hello:
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » sam. oct. 14, 2006 1:37 am

Merci, Marc, pour ces photos.
Je pense que celle du camp d' Angoulème montrent des travailleurs indochinois employés très certainement dans une usine: poudrerie? armement?
Quant à la seconde, c' est une caserne qui a dû héberger un temps un bataillon combattant puisque, comme dit plus haut, les troupes indigènes (pour reprendre la terminologie d' alors) souffrant trop du froid en période hivernale étaient retirées du front et envoyées dans le sud de la France pour recomplètement et entraînement.
Si quelqu' un a mieux et plus précis....je suis preneur. Merci d' avance.
Cordialement.
Jean RIOTTE.

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Terraillon Marc » sam. oct. 14, 2006 11:50 am

Bonjour,

Suite des illustrations pour le fil de Jean :

Image



Gravure d'uniforme avant guerre

A bientot :hello:
Cordialement
Marc TERRAILLON

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Terraillon Marc » sam. oct. 14, 2006 11:52 am

Bonjour,

Illustration de l'instruction des recrues :



Image



A bientot




Cordialement
Marc TERRAILLON

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Re: Les Troupes Coloniales d'Indochine dans la Grande Guerre.

Message par Jean RIOTTE » sam. oct. 14, 2006 2:28 pm

Bonjour à toutes et à tous,

(suite et fin)

L' emploi des unités indigènes dans les opérationsa toujours été marqué par une extrême prudence du Commandement des Troupes Coloniales. Les troupes indochinoises n' ont pas échappé à ce préjugé défavorable qui frappait alors toutes les troupes indigènes.On se contente de les employer loin du front, soit dans l' artillerie lourde, soit dans les services de santé ou du train automobile. Ne supportant pas le froid elles sont retirées du front et ce n' est qu ' en mai-juin 1916 qu'elles sont réaffectées sur les champs de bataille après sélection et entraînement dans des camps de la Côte d' Azur ou du Midi de la France pendant l' hiver.
Les bataillons indochinois mis en ligne en 1917 ont eu un comportement parfait. Amenés progressivement au contact de l' ennemi, en commençant par des secteurs "calmes", ils sont amalgamés avec des troupes métropolitaines. Cet amalgame est parfois excessif: des compagnies, voire des sections sont disloquées et placées sous les ordres d' un encadrement ignorant tout de leurs aptitudes et de leurs mentalités.
C' est ainsi qu' en 1917, dans les Vosges, le 7ème Bataillon Indochinois est réparti au sein de la 12ème DI:
- 1 compagnie au III/54è RI, à raison d' une section par compagnie;
- 1 compagnie au I/54è RI;
- 1 compagnie au 67è RI;
- 1 peloton de mitrailleuses au 67è RI;
- 1 autre peloton de mitrailleuses au 54è RI.
Cette dislocation annihile l' action du Chef de Bataillon et de la plupart des Commandants de Compagnie, et réduit leur autorité sur le tirailleur indochinois. A aucun moment les bataillons sont engagés de façon homogène.
En outre les bataillons indochinois ne font que passer d' un secteur à l' autre: le 21ème Bataillon change 11 fois de secteur ou de division entre avril 1917 et novembre 1918.
Pourtant de nombreux rapports et mémoires font état de leurs aptitudes comme tireurs, mitrailleurs, conducteurs automobiles et même observateurs puisque capables de désigner sur une carte des observations faites sur le terrain.Enfin un rapport d' ensemble fait état de ce que les indochinois sont " parfaitement susceptibles de servir dans les compagnies de mitrailleuses et d' utiliser le fusil-mitrailleur "; " d' un tempérament peu impressionnable leur caractère s' adapte parfaitement à la défensive". En revanche " leur capacité offensive est moindre, bien qu' ils sachent judicieusement utiliser le terrain et possèdent sous une frêle apparence une résistance à la fatigue insoupçonnée." Malgré ces observations, aucun régiment n' a été créé. Volonté délibérée ou hésitation du Commandement? Méconnaissance de leur comportement au feu? ou bien encore luttes ancestrales et séculaires entre Annamites, Cochinchinois, et Tonkinois?
Au final parmi les 43000 combattants indochinois, les pertes s' élèvent à 1123 hommes, soit 2,5% des effectifs contre un peu moins de 20% pour les Français.
Le passage de ces troupes indochinoises et leur contact avec les Européens ont été le germe, dans les esprits, des idées nouvelles d' indépendance, de nationalisme et d' émancipation.

Cordialement.
Jean RIOTTE.

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