Mon grand père dans la grande guerre

Parcours individuels & récits de combattants
PB 358
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Mon grand père dans la grande guerre

Message par PB 358 » ven. déc. 13, 2019 2:02 pm

Bonjour,
Pour mon premier sujet sur le forum j'aimerais vous comté l'histoire de mon Arrière arrière grand père, je l'ai reconstitué il y a peu, grâce à la découverte de documents que tout le monde croyait disparu.
Après avoir retrouvé quelques pièces, les archives départementales de l'Allier furent consultées, ainsi que celles du Service de santé des armées.
Sans oublié les témoignages de ces deux filles (90 et 100 ans aujourd'hui).
Il reste encore quelques zones d'ombres mais je suis içi pour les éclairés.



Pierre BROCHARD est le fils de BROCHARD Denis et de SOUDRY Catherine, né le 22 Octobre 1886 à Givarlais, il exerce la profession de vigneron dans le dit village, il effectue son service militaire au 158e RI à compter du 8 Octobre 1907 où il obtient son certificat de bonne conduite. Il passe soldat de 1er classe le 25 Septembre 1908, son niveau d'instruction est 3 (Instruction primaire développé ).
A la fin de son service il reprend ses activités agricoles, mais il est rappelé à l'activité le 2 Août 1914.


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Pierre Brochard durant les années 1910

LE GRAND DEPART

Il prend le train à la gare de Magnette le 3 Août 1914 et se rend à Lyon au fort Lamothe, mobilisé officiellement au 158e RI, il fait partie des effectifs constituant le 358e RI crée précipitamment durant les premiers jours de la mobilisation.
Pierre Brochard appartient à la 17e compagnie du Capitaine Chamard-Boudet,
5e bataillon du Commandant Chanson, le régiment est rattaché à la 141e brigade d'infanterie du Colonel Keller, 71e division d'infanterie du Général Kaufmant, mais n'appartient à aucun corps d'armée, il est à la disposition de la 1er Armée du Général Dubail.
Il reste à Lyon jusqu'au 5 Août, et prend le train à la Part-Dieu en direction d'Epinal où il y arrive le matin du 6, il participe aux formations et aux manœuvres visant à rappeler les fondamentaux appris lors du service.

Le 13 le régiment part en marche sur ordre urgent en direction de l'Alsace en faisant étape à Fayes, Bruyères, Gorcieux, Vanémont et Genfosse.
Le 20 Août à 8 heures du matin les hommes franchissent la frontière, le 5e Btn dont fait partie le soldat Brochard s'installe avec l'EM sur les hauteurs de Saulxures où il observe les derniers instants de la bataille de Sarrebourg.
Les hommes pensent monter à l'assaut le lendemain, mais contre toute attente le régiment reçoit l'ordre de reculer, le 5e Btn arrive à Provenchères.
Le 22, les hommes du 5e Btn s'établissent dans la nuit sur les hauteurs de Wissenbach, demain ils attaqueront le col de Saint-Marie en se joignant à la colonne du
Lieutenant-Colonel De Malglaive du 349e RI.


I - LA BATAILLE DE LA HAUTE-MEURTHE
L'ASSAUT DU COL DE SAINTE-MARIE, LE BAPTEME DU FEU

Le 23 Août après avoir rejoint la colonne, le 5e Btn est pris sous le feu de l'artillerie et de l'infanterie allemande, De Malglaive est tué, le combat se fait en sous bois et en pente ce qui ne facilite en rien la victoire.
Néanmoins à 17 heures les hommes du 5e tiennent la colline et la fortifie sans avoir le temps de manger et de se reposer, le lendemain les allemands contre attaque avec de l'artillerie et l'infanterie prend la colline en tenaille, le Colonel Keller ordonne le repli mais en petit groupe à cause des mitrailleuses allemandes.
Les restes du régiment se replie à Coinches, le commandant Chanson du 5e Btn est le seul officier supérieur encore vivant, de ce fait il prend le commandement du régiment.
Le bataillon du soldat Brochard compte 20 tués et près de 72 blessés ainsi qu'environ 20 disparus.
Dés le 25 Août le 358e RI bat en retraite sur Epinal où il arrive le 5 Septembre, mais il est rappelé de nouveau en urgence sur ordre de la 1er Armée, il arrive dans la nuit du 9 dans la forêt de Romon.
Il participe alors aux combats de Doncères et du bois de la pucelle.

A partir du 17 Septembre les hommes s'établissent sur le secteur d'Hablainville et en profitent pour se former et s'entraîner, quelques patrouilles sont envoyées entre les lignes, mais le 24 à 5h30 les soldats sont violemment bombardés et les compagnies en avant doivent se replier.
Le lendemain le 5e reste en 2nd ligne alors que 2 bataillons partent contre attaquer la journée, et fin décembre le régiment est relevé, il rejoint Baccarat qu'il fortifie, les hommes réquisitionnent du fourrage et des vivres, quelques patrouilles sont tout de même envoyées.


II - LA BATAILLE D'ANGOMONT
LES COMBATS DE LA CHAPELOTTE, PREMIERE BLESSURE

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Le soldat Pierre Brochard pose avec ses camarades.
La photo a sans doute été prise vers la fin du mois de Janvier ou début Février 1915.


A la fin du mois de février 1915 le régiment reçoit l'ordre de relever le 349e RI à Badonviller pour le 27 février, mais 3 jours avant, les allemands lancent une attaque d'envergure sur le secteur.
Le 27 Février à 9h30 le 5e Btn maintenant commandé par le Commandant Martelet part avec la compagnie (17e) du soldat Brochard en direction de Pexonne.
A 14 heures les hommes du 5e Btn reçoivent l'ordre de nettoyer les carrières de Badonviller en passant par la forêt située sur la côte 402 au lieu dit “le gros hêtre”.

Les 17 et 18e compagnies s'élancent à l'assaut mais sont rapidement prises sous le feu de l'artillerie et des mitrailleuses, s'est alors que le soldat Pierre Brochard est touché au mollet gauche.
Evacué par l'AMB 11/7 le jour même, il est reçu à l'hôpital d'évacuation de Rambervillers (Vosges) le 28 Février, il y reste jusqu'au 3 Mars 1915.

La bataille prend fin le 1er Mars 1915 avec un bilan très lourd pour les hommes du 5e bataillon :

5 officiers, 13 sous officiers et 80 caporaux et soldats sont tués, tandis que 4 officiers, 15 sous officiers et 270 soldats et caporaux sont blessés.

III - LA TROISIEME BATAILLE DE BADONVILLER
LES COMBATS DU CHAMOIS ET DU CROUPILLON


Le soldat Brochard est de retour parmi les hommes du 358e RI qui stationne désormais dans un réseau complexe de tranchées surnommé “Le chamois” alternant entre de la plaine, de la forêt, et des collines aux alentours de Badonviller, l'espace entre les lignes françaises et allemandes varie entre 50 et 200 mètres.
Les hommes passent du temps à réparer les boyaux qui sont détruit par une artillerie allemande très bien positionnée.

Le restant de l'année 1915 se résume à des tirs de harcèlement et de la construction et réparation des tranchées.
Le 28 Février 1916, les allemands attaquent par surprise et s'emparent des tranchées 2,3 et 4 dites “du Croupillon”, les combats continuent et le 4 Mars les soldats de la 17e compagnie montent à l'assaut, ils font 40 prisonniers et capturent 2 mitrailleuses, la compagnie entière est cité à l'ordre de la division, le soldat Richeton désigné par le suffrage de ses camarades reçoit la médaille militaire.
Le soldat Brochard à l'honneur d'être promu Caporal le 16 Mars 1916, et le 20 Mars le président de la république (Raymond Poincaré) vient visiter les hommes du régiment.
Le 4 Juin les hommes apprennent par le bouche à oreille que leur prochaine étape est Verdun, le 10 à midi le régiment prend la route de la Meuse.
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La section du Caporal Brochard en fin d'année 1915


IV - LA BATAILLE DE VERDUN


Après divers étapes, le régiment est cantonné à Blainville-sur-l'au dans le camp de Saffais, le 26 Juin 1916 la division est alerté et dois partir sur le champ à 17 heures, le 29 elle arrive à Rembercourt-aux-Pots.
Les hommes sont très anxieux et les chefs de corps font divers discours pour motiver la troupe, néanmoins les hommes savent qu'ils s'engagent dans une dure bataille dont tout le monde ne reviendra pas, le 29 au soir les musiciens du régiment joue la Marseillaise et la marche du régiment à plein poumons.
Le 30 Juin à 8 heures il part par camion sur “la voie sacrée” et à 20 heures le convoi arrive à Verdun , le 1er Juillet à 1 heure du matin il entre dans une ville en ruine, les hommes perçoivent les munitions, dès lors ils sont de nouveau anxieux et attendent avec angoisse le moment de monter à l'assaut.
A 21 heures contre ordre de la part du Haut commandement, le régiment doit se déplacer à Belleray, il est bombardé en cours de route.
Le 6 Juillet les hommes du 5e montent à Belrupt, le 7 il est en soutien sur la ligne intermédiaire.

Il est quotidiennement bombardé en prévision de l'attaque allemande du 11, les boyaux n'existent presque plus, et sont remplis de boue qui se transforme en piège mortel lorsque les hommes chutent dedans ou sont projetés par le souffle d'un obus.
Le matin du 11 les allemands se jettent à l'assaut des tranchées françaises, les premières lignes sont décimées et le soir le Caporal Brochard et les hommes de la 17e cie partent colmater une brèche faite sur l'aile droite.
Au matin du 12 Juillet le régiment à perdu un tiers de ses hommes et la ligne est redevenu la même que la veille de l'attaque.
Il reste dans cette situation, souffrant terriblement de la soif, et manquant de nourriture et de munitions jusqu'au 14 Juillet où il est relevé par les 13e et 85e RI .

Du 15 au 29 Juillet il est envoyé en repos afin de se reconstituer à la Villotte-devant-Saint-Michel, mais le 30 Juillet il rejoint Vauquois, une des épreuves les plus dures psychologiquement pour les hommes qui sont constamment dans le stress d'être enterré vivant ou d'être pulvérisé par les mines souterraines allemandes, de plus les tranchées ne sont séparées que de 30 à 50 mètres.

Les hommes subissent près de 12 explosions de mines sur leur secteur, entre le 7 Août et le 26 Décembre.
De nombreux sapeurs du régiment se retrouvent enterrés vivants au fond d'un puits de mine et ne seront jamais retrouvés.
Fin Décembre les hommes sont relevés, la bataille de Verdun est fini.


V – LA SECONDE BATAILLE DE VERDUN
LES COMBATS DU MORT-HOMME, L'EPREUVE DE LA NEIGE


Le régiment est envoyé à l'arrière pour se reconstituer, le Caporal Brochard et les hommes du 5e Btn sont en repos à Villers-en-Argonne.
Le 2 Janvier 1917 il est rappelé et doit rejoindre le bois de Nixeville, le 4 il le rejoint sous une neige épaisse et subit des problèmes d'approvisionnement, les routes et chemins étant dans un état lamentable.
Les hommes sont envoyés sur le secteur du Mort-Homme dans des tranchées remplis de neige qui se transforme en boue et en eau, cette mélasse gèle durant les nuits qui atteignent les -2°C, les hommes sont obligés de travailler de nuit à cause de l'artillerie allemande.

L'objectif est de construire un nouveau réseau de tranchées, mais l'épaisse neige ne facilite en rien le travail, de plus le moral est au plus bas, le vin gèle dans les bidons, la nourriture ne peut pas être servi chaude et le pain doit être jeté à cause du gel qui le rend avarié.
Les déplacements ne peuvent se faire que dans le brouillard, les pertes subis par les bombardements s'additionnent aux 300 hommes du régiment évacués pour pied gelés (pied de tranchée) ainsi qu' à 2 hommes qui sont morts de froid lors d'une garde de nuit.
Le régiment reçoit l'ordre de s'emparer personnellement de la crête, les hommes savent que cela sera une hécatombe, mais par miracle l'ordre est annulé et le régiment est relevé le 27 Février, laissant au 96e RI un réseau complet de tranchées.

VI – LA TROISIEME BATAILLE DE CHAMPAGNE
LES COMBATS DE MAISONS-DE-CHAMPAGNE


Le régiment part au repos à Sainte-Menehould le 1er Mars, les hommes du 5e sont en repos au camp de Sengnat.
Le 5 Mars ils défilent dans la ville, mais le 13 il est envoyé en urgence à
Saint-Jean-sur-Tourbe en marche forcée.
Il y arrive le 16 sous un bombardement d'obus à gaz et relève le 108e RI à la ferme de Beauséjour, le bataillon du Caporal Brochard est en position sur l'aile gauche de la butte du Mesnil près de la côte 185, il reste sous le feu de l'artillerie jusqu'au 27, à cette date il est avec des éléments du 56e RI, le 28 il reçoit des obus à gaz entre 3 heures et
6 heures 30 du matin, les allemands se lancent à l'assaut et déciment le front droit, la réserve n'a pas le temps de rejoindre l'aile droite car elle est anéantie lors de son déplacement.
Tout se concentre désormais sur l'aile gauche qui résiste désespérément aux assauts, mais au soir du 28 la liaison entre le 358e RI et le 10e RI est établie.
Le 30 les hommes contre attaque mais le Caporal Brochard avec sa compagnie ne fait pas partie de l'assaut, il viendra tout de même dans la nuit du 30 pour ravitailler les troupes qui manquent de munitions, nourriture et vin.

Au soir du 31 le bataillon du 5 est relevé et constate les pertes qu'a subi le régiment :

8 officiers, 24 sous officiers et 434 soldats ont été blessés ou tués durant les combats.

Cette bataille restera dans la mémoire de beaucoup (dont celle du caporal Brochard) comme une des plus effroyable de la campagne, avec des tranchées faites de cadavres, de la boue qui atteint le ventre, des blessés qui s'entassent et des gazs qui traversent les masques et prend la gorge.

VII - LE CALME RAPIDE DE L'ARGONNE

Du 1er Avril au 3 Juin 1917 il est envoyé sur le secteur de l'Argonne, pour la première fois le régiment entier est sur un secteur calme, cela permet à la troupe de se reconstituer et surtout de se reposer un peu.
Le 3 Juin elle est relevé par le 13e RI et part en direction de Châlons, elle arrive le 5 à la gare, à ce moment les hommes deviennent de plus en plus hostiles aux décisions des officiers et des généraux, la colère de la guerre qui s'éternise monte parmi la troupe.
Mais finalement les hommes se soutiennent mutuellement et le régiment ne fait pas partie des plus mutins de 1917.
Le 26 il part pour Suippes et le soir du 27 Juin il relève les hommes du 248e RI qui viennent de subir une très grosse attaque à Auvérive.
Le régiment y restera une quinzaine de jours subissant les répercussions de l'attaque, il est relevé par le 108e RI dans la nuit du 12 au 13 Juillet.
Le 14 il rejoint la gare de Cuperly et part en direction de Dormans.

LE REPOS

Du 15 au 29 Juillet 1917 le régiment est au repos complet dans la région de
Chatillon-sur-Marne, cela laisse un court moment de répit aux hommes pour se reposer le corps et l'esprit, mais le traumatisme des batailles menées depuis 1914 est toujours présent, à ce moment de la guerre les soldats ont hâte d'en finir le plus tôt possible, marre de la boucherie, des obus, de la boue, des rats, des maladies, des officiers, des planqués et d'être loin de chez soi.
Ils sont conscients que maintenant ils doivent tout donner pour la victoire finale.

VIII - LA BATAILLE DU CHEMIN DES DAMES
LE DEBUT DE LA FIN


Le 30 Juillet 1917, le caporal Brochard monte avec sa compagnie pour relever les hommes du 135e RI.
Il est cantonné dans la région de Berry-au-Bac sur un front s'étendant de Sapigneul au mont Spin entre les deux il y a la côte 108, la ferme des Godats, et au milieu de tout le village de La Neuville surnommé “Sous secteur Roumanie”.
La mission est de reconstruire les tranchées qui viennent d'être retournées par les bombardements et la grande offensive d'Avril, à chaque coup de pelle ont déterre des soldats français, des tirailleurs sénégalais, des volontaires des brigades russe, et des soldats allemands. Les allemands profitent de ce regroupement pour envoyer une artillerie lourde et des minenwerfer très bien positionnés, occasionnant des pertes quotidiennes, le ruisseau de La Loivre crée des nappes souterraines qui rendent le terrain instable et crée de la boue continuellement.

Le Caporal Brochard prend compte de sa nouvelle affectation au PEM mais toujours dans la même Cie et Btn, il est désormais affecté au secteur de La Neuville, les attaques sont régulières et le 22 Septembre 1917 il subit sur son secteur et celui de la 18e cie une puissante attaque allemande, les hommes arrivent à repousser l'attaque au prix de lourdes pertes, ce qui leur vaut d'être toutes deux cités à l'ordre de la division.
Le 25 Octobre les allemands relancent une attaque à l'endroit précis où ils avaient attaqués il y a 1 mois, le résultat est le même que précédemment.

Fin Octobre il profite avec son régiment de 3 semaines d'un repos bien mérité, cela faisait longtemps que les hommes n'avait pas eu un si grand moment rien que pour eux, ils voient cela comme une récompense de tout ce qui a été fait depuis si longtemps.
Le 15 Novembre 1917 frais et disponibles les hommes remontent sur le secteur de
Berry-au-Bac, Pierre Brochard est affecté à nouveau sur le village de La Neuville.

Mais en Décembre 1917 les allemands multiplient les tirs d'artillerie sur les tranchées françaises, les hommes sont bombardés et le Caporal Brochard en sa qualité de signaleur se doit de faire passer les messages aux artilleurs et au PC, situé sur la route 44 et le village de La Neuville où se trouve sa compagnie, ce poste est très risqué, les va et viens réguliers entre les tranchées laissent la possibilité d'être atteint à tout moment.
Le 29 Décembre 1917 alors que le secteur est pris sous le feu de l'artillerie, Pierre Brochard effectue sa mission de liaison sous le bombardement mais il est soudainement frappé d'une balle à l'arrière de la tête et s'effondre dans la tranchée.


IX – LA BLESSURE

Evacué par les brancardiers il arrive au poste de secours dans un état effroyable, la balle a frappé l'arrière gauche de la tête, un trou béant de 5cm x 3cm x 4cm laisse apparaître le cervelet et tout porte à croire qu'il est dans le coma.
Il est transféré dès le lendemain, 30 Décembre, par train, et est reçu à l'AMB 1/155 de Louvois (Marne).
Les dommages sont pires que ceux diagnostiqués sur le front :

Hémianopsie 7/10 d – 3/10 g
Fracture du crâne
Amnésie
Céphalés
Algies cervico-occipitales
Séquelle de plaie perforante 1/20
Cataracte traumatique
Hypertension

Les infirmiers et médecins de Louvois jugent le cas “condamné” mais malgré tout ils font leur possible pour prodiguer des soins.
Le même jour il est cité à l'ordre de l'armée :

n°018709
"excellent gradé, d'un dévouement absolu et d'une bravoure à toute épreuve. A toujours assuré d'une façon remarquable et sous les bombardements les plus violents le service de liaison optique. A été grièvement blessé le 29 décembre 1917, à son poste de combat. Une blessure antérieure".

Il obtient de ce fait la médaille militaire et la croix de guerre 1914-1917 avec palme.

Après 50 jours d'hospitalisation il est transféré en direction de l'HOE de Bouleuse qu'il intègre le 19 Février 1918.
Il fait partie des premières personnes à être traité par greffe cartilagineuse, cette opération prélève une partie de cartilage visant à être greffé sur la partie devant être recouverte.
L'opération est un succés mais malgré tout la vue est réduite à 5/10° et les céphalés sont présentes.
Il reste donc en convalescence jusqu'au 1er Mars 1918, à cette date il est considéré comme dégagé de toutes obligations militaires et invalide de guerre à 90 %.
Il rejoint le dépôt de son régiment par train, il reste alors avec les blessés en attente d'être démobilisé.
Ayant réussi à se maintenir, le Lieutenant-Colonel Cullard lui accorde un congé de un mois.

(L'établissement de Bouleuse était une école de médecine et de chirurgie de guerre, cette école devint un centre réputé d'instruction et de perfectionnement pour tous les médecins et les chirurgiens.)

X – LE RETOUR

Il arrive le 19 Octobre 1918 à la gare de Montluçon avec une canne blanche car la vue est encore trés réduite, il rejoint ses foyers et ceux qu'ils n'a pas vu depuis 4 ans.
Son congé est valable jusqu'au 16 Novembre, mais le 11 il apprend comme le reste du monde que l'armistice est officiellement signé.
Il est démobilisé le 2 Décembre 1918.

Le drapeau du régiment est décoré de la croix de guerre avec palme pour un total de 9 citations à l'ordre de la 71e DI et 1 à l'ordre du 358e RI.
A cela il faut prendre en compte les 30 légion d'honneur et médaille militaire décernées à des membres du régiment.

Par ailleurs on relèvera les 1028 tués :

32 Officiers
93 Sous Officiers
903 Caporaux et soldats

les 115 disparus :

2 Officiers
5 Sous Officiers
108 Caporaux et soldats

les 2287 blessés :

55 Officiers
161 Sous Officiers
2071 Caporaux et soldats

Pierre Brochard continuera sa vie de cultivateur après la guerre malgré ses blessures physiques et psychologiques.
Il ne parlera que très peu de ce qu'il a pu voir et faire durant ces quatres années, comme le jour où il dû tué deux soldats allemands il disait alors :

“Je n'avais pas le choix, si je ne les tuais pas ils m'auraient tué !"


Il décède en 1967 à l'âge de 81 ans, une ces dernières volontés fût d'être enterré avec ses médailles.
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michelstl
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Re: Mon grand père dans la grande guerre

Message par michelstl » mer. janv. 15, 2020 1:08 am

Bonjour PB 358
Merci pour le partage.
Salutations
Michel

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Carcharo
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Re: Mon grand père dans la grande guerre

Message par Carcharo » mer. janv. 15, 2020 9:38 am

Bonjour

La première photo est celle d'un soldat de 1ère classe (il a dû passer ses galons à la craie) du 21e régiment d'infanterie.
Pourtant, vous ne mentionnez pas ce régiment dans son parcours militaire.
Est-ce un oubli ?

Cordialement
Jean
Cordialement
Jean

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michelstl
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Re: Mon grand père dans la grande guerre

Message par michelstl » mer. janv. 15, 2020 2:20 pm

Bonjour Jean
... il effectue son service militaire au 158e RI à compter du 8 Octobre 1907 où il obtient son certificat de bonne conduite. Il passe soldat de 1er classe le 25 Septembre 1908...
Selon sa FM, il est incorporé au 21e RI Langres, en 1907
Une période d'exercise au 38e RI St-Étienne en 1912
Passe au 158e Lyon Bruyères en avril 1914 (28 ans en 14 --> réserve 358e)
FM: Allier, classe 1906 Document 1 R 820 Mle 1688 (vues 334 à 338)
http://recherche.archives.allier.fr/?la ... matricules

Salutations
Michel
Dernière modification par michelstl le mer. janv. 15, 2020 4:57 pm, modifié 4 fois.

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yvo35
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Re: Mon grand père dans la grande guerre

Message par yvo35 » mer. janv. 15, 2020 2:48 pm

Bonjour,

Je ne sais pas si les galons ont été passés à la craie. Si c'est la cas cela a été fait très soigneusement.
On peut remarquer qu'ils ont été cousus sommairement, de même que l'insigne de tireur.
Cordialement
Yvonnick

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