Saint-Maixent, 133e RI puis Mort pour la France à Saint-Dié

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jules-joseph
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Re: Saint-Maixent, 133e RI puis Mort pour la France à Saint-Dié

Message par jules-joseph » mer. janv. 20, 2016 9:10 am

Bonjour,
Lors d'un article que j'avais publié sur le soldat Janeaz (https://charlesbarberot.fr/recherches-s ... ne-janeaz/ ), Philippe Crozet avait évoqué le sergent Léon Content (voir le commentaire sous l'article du 29 juin), qui avait été cité pour avoir remplacé son lieutenant mortellement blessé le 14 septembre 1914. Philippe Crozet pense que le lieutenant remplacé est probablement le lieutenant Munsch, blessé le 20 septembre 1914. Comme les dates ne correspondent pas entre la citation et l'événement, Philippe avait émis l'hypothèse que la citation du sergent, établi lors de sa mort, commettait une erreur de date.
Dernière modification par jules-joseph le dim. avr. 26, 2020 3:26 pm, modifié 1 fois.

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Re: Saint-Maixent, 133e RI puis Mort pour la France à Saint-Dié

Message par jules-joseph » dim. sept. 25, 2016 4:25 pm

Bonjour,

j'ai trouvé récemment dans les écrits de Louis Chevrier de Corcelles deux allusions au lieutenant Munsch.

Dans un courrier du 25 janvier 1914 :

"Je me rappellerai toujours ce matin du 16 septembre, à Saint-Jean d'Ormont : on nous annonce à quatre heures que nous allons attaquer. Munsch nous fait un petit speech. On rassemble les sections, le canon tonne du côté de Gemainfaing que nous allions enlever le lendemain, l'attaque devant nécessiter deux jours de combats. Les compagnies se forment donc. Nous voilà dans la grande rue de Saint-Jean. Le commandant lève le bras, des coups de sifflet partent, et en avant ! Ah ! Le superbe instant !"

Dans un courrier du 2 mai 1915

"Le 16 septembre, à 6 heures du matin, nous quittons Saint-Jean-d'Ormont où nous nous battions depuis le 14 et, en colonnes par quatre avec 100 pas d'intervalle entre les sections, nous prenons un chemin sous bois qui monte au Ban-de-Sapt, salués par plusieurs salves (sans grand résultat) des batteries allemandes tirant à 2 kilomètre environ. Nous arrivons à la crête d'un petit bois, situé à 300 mètres de la Fontenelle, vide actuellement de Français et d'Allemands, et nous nous couchons sur cette crête. Le commandant profite de l'accalmie pour aller gifler un infirmier qui, tout debout sur un sommet, pouvait nous faire repérer.
Derrière nous le 75 commence à tonner, des détonations précipitées éclatent du côté ennemi et des obus percutants tombent près de nous, à la lisière du bois. J'étais à 15 mètres derrière un rocher. Deux minutes après, nouvelle bordée, plus efficace celle-ci, car j'entends des gémissements. Troisième bordée, à cinq mètres de moi, je suis assourdi. Les éclats font "chiou" et rasent les têtes. Enfin, j'entends des cris de douleur et je vois des hommes se dresser, jeter leurs armes et s'enfuir. Deux ou trois gisent à côté de moi, d'autres, moins atteints, restent debout et hurlent ! Barberot accourt avec le lieutenant Munsch criant : Ne bougez pas, couchez-vous ! Le mouvement de recul est enrayé, les hommes se couchent de nouveau et, tapi derrière mon roc, bercé par les éclatements qui , maintenant, retentissent partout et tout le temps, je commence à somnoler réellement. "

Dans un courrier de novembre 1914, il raconte enfin la mort du lieutenant :

"Quelques jours après, attaque du Mont de la Fontenelle que nous occupons après une fusillade et un bombardement très vifs. Puis nouvelle attaque du Bois d'Ormont et de Gemainfaing que nous finissons par occuper. Pertes sérieuses, mort de mon lieutenant, blessé mortellement à trois endroits par un obus percutant. J'étais à 10 mètres avec un caporal ; nous sommes accourus avec nos paquets de pansements, mais tout a été inutile."

En 1956, la revue des anciens du 133e RI évoque sous le titre "Parlons d'elles" les veuves qui habitent toujours Belley. Celle du lieutenant Munsch est mentionnée: "Mme MUNSCH a toujours son visage si jeune, si rose, son sourire et ses yeux noirs si beaux"

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