Page 1 sur 1
Re: Alsace, 19 août 1914
Publié : ven. mars 02, 2012 7:36 pm
par F G
Bonsoir,
Je recherche toutes documentations, informations, explications concernant la bataille du 19 août 1914 menée par la 66ème Division en Alsace.
Je suis plus précisément intéressé par les combats qui se sont déroulés à Zillisheim et Flaxlanden auxquels participa le 296° RI au sein de la 131° brigade.
Je recherche des éléments complémentaires à ceux que fournissent les JMO des unités concernées.
Cartes et photos seraient particulièrement appréciées.
Vous remerciant pour vos contributions.
Cordialement.
Jean-Marie
Re: Alsace, 19 août 1914
Publié : sam. mars 03, 2012 1:06 pm
par Eric Mansuy
Bonjour,
Voici le contenu du compte rendu du général commandant la brigade sur les combats du 19 août, en date du 21 août 1914 :
« Le 296e, quittant la colonne de division à Illfurth, recevait l’ordre à 10 h. de se porter sur Didenheim en formation ouverte à l’Est du Bois Gallen. Il atteignit ainsi Didenheim, où les deux bataillons furent rassemblés en formation articulée dans les bois au Sud de Didenheim. Quelques coups de feu partis des bords de l’Ill sur la rive droite firent surveiller les bords de la rivière dont les tirailleurs ennemis étaient invisibles, dans les roseaux de la rivière. Ces tirailleurs, ainsi que des mitrailleuses ennemies postées à l’Est du canal, occasionnèrent les quelques pertes subies par le 296e, qui ne fut pas engagé ; 2 tués, 19 blessés dont le capitaine Gobert.
A 18 h., le lieutenant-colonel reçut l’ordre de diriger un bataillon sur Zillisheim tandis que le second bataillon était maintenu à Didenheim jusqu’à la nuit.
A 18 h. 45, le général de division donna l’ordre à deux compagnies de ce dernier bataillon de cantonner à Hochstatt, les deux autres compagnies maintenues dans le Bois Gellen, lisière Est.
A 21 h., le général de division ordonnait de faire rentrer ces deux compagnies à Hochstatt.
En résumé, au cours du combat du 19, le 296e est resté à Didenheim à la disposition du général de division. »
Existe en outre un rapport sur le fonctionnement du service de santé régimentaire du 296e RI pendant les combats du 19 août, rédigé à Zillisheim le 22 août 1914 par le médecin-major de 2e classe Geay :
« Le 296e Régiment d’Infanterie, parti du cantonnement de Traubach-le-Haut le 19 août à 5 h. 30, a pris une formation de combat à 300 m. au Sud de Hochstatt, sur la route de Hochstatt à Zillisheim ; le régiment s’est déployé sur les pentes qui dominent la rive gauche de l’Ill, et s’est dirigé sur Didenheim.
A 17 h. 30, le sixième bataillon a reçu l’ordre de se porter sur Zillisheim par le fond de la vallée de l’Ill et d’aller occuper les crêtes au Sud-est de Zillisheim, mouvement qui s’est terminé à 19 h. 30, à la nuit.
Les ordres donnés au personnel médical à midi et les dispositions prises ont été les suivants : un médecin auxiliaire marche avec chaque bataillon, deux brancardiers munis de leur musette à pansement et d’un brancard suivent chaque compagnie ; deux infirmiers avec leur équipement réglementaire suivent chaque bataillon. Le personnel disponible dans chaque bataillon suit la voiture de son bataillon, soit un médecin, huit brancardiers et deux infirmiers par bataillon.
La voiture médicale du sixième bataillon reste en réserve à Hochstatt avec le train de combat de son unité ; celle du cinquième bataillon s’engage derrière le régiment dans les sentiers qui montent vers Didenheim, mais l’insuffisance de ces routes l’obligeait vers 17 h. à regagner Hochstatt et plus tard, à 19 h., cette voiture est amenée à Zillisheim.
Le régiment a eu 19 hommes blessés et 2 tués.
Les blessés ont été secourus sur la ligne de feu par le personnel attaché à leurs unités et dirigés soit sur Didenheim (église), soit sur Hochstatt (école), soit directement sur l’ambulance du Séminaire de Zillisheim, désignée au médecin-chef de service par le médecin divisionnaire.
Le petit nombre de blessés du régiment, leur dissémination sur l’emplacement occupé pendant la journée par la troupe, font que le médecin-chef n’a pas eu à installer de poste de secours, dont l’emplacement avait été prévu à Hochstatt.
La maison d’école de ce village a été néanmoins le point de rassemblement de 18 blessés, tant du 296e que de différents corps de troupe, qui y ont reçu les premiers soins des médecins du régiment.
Deux blessés n’ont pu être ramenés à Hochstatt que le 20 août au lever du jour ; ils avaient été pansés sur place à 100 m. au Sud-ouest de la cote 354 par des infirmiers n’appartenant pas au 296e.
A 19 h. 30, le médecin-chef de service s’est porté à Zillisheim entre les deux portions du régiment, dont l’une occupait Hochstatt (5ème bataillon), l’autre les avant-postes au Sud-ouest de Zillisheim (6ème bataillon).
Le médecin-major chef de service tient à signaler la belle attitude de M. le médecin-major de 2e classe de réserve Lautier, du 5ème bataillon, qui s’est tenu toute la journée sur la ligne de feu avec différentes unités du régiment, et a pu panser lui-même sur place un certain nombre de blessés. »
Source : cote SHD 24 N 1629
Bien cordialement,
Eric Mansuy
Re: Alsace, 19 août 1914
Publié : jeu. déc. 09, 2021 9:49 am
par jef herzog
Bonjour
J'ai le souvenir enfant de cette commémoration de la bataille du 19 août 1914 lorsque "déguisés" en petits Alsaciens et peu conscients vu notre âge de la raison de cet événement, nous nous étions rendus au monument à la mémoire des combattants de ces engagements.
Le témoignage de "troisième main" que je voudrais laisser sur ce forum est le suivant : il n'a que valeur d'une transmission orale dans l'histoire familiale, aussi peut être soumis à questionnement et les historiens pourront éventuellement en vérifier la pertinence:
Mon grand-père paternel, Louis HERZOG (Zillisheim), âgé de 16 ans au moment des faits éprouva toute sa vie une haine tenace à l'égard des "Boches". Je me souviens de cette scène où le curé lui présenta des Allemands et de ses propos : "Voyez ce noyer : tout juste bon pour les pendre !" Il nous en voulut à moi et à mon père lorsque nous avons participé à des échanges franco-allemands.
La raison de cette haine : ses parents avaient hébergé et restauré, avant les engagements, le général français qui semblait avoir apprécié le vin local. Les Allemands avaient eu connaissance de ces faits, ce qui lui avait valu à lui et sa famille quelques heures en face d'un peloton d'exécution. On peut comprendre le traumatisme ! L'autre élément qu'il nous contait est qu'il avait ramassé avec son père les cadavres des soldats français, transportés sur une charrette tirée par des chevaux. Mon autre grand-père engagé, lui, dans l'armée allemande a été fait prisonnier sur le front russe à l'âge de 18 ans, ce qui lui a valu quelques années de captivité à Sumy (Ukraine ?)