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Le portrait d'un aviateur volé dans le cimetière Saint-Éloi de La Rochelle

Publié : mar. juin 09, 2026 11:37 am
par bruno17
Bonjour,
Dans le cimetière Saint-Éloi de La Rochelle, repose l’adjudant Gaston Vaulet, depuis sa mort accidentelle aux côtés de son coéquipier, le lieutenant Julien Ledeuil, lors du crash de leur biplan en Moselle en 1922.
Depuis quelques semaines, le portrait de Gaston Vaulet, apposé sur sa tombe dans une stèle mémorielle, portrait que j’avais pris il y a quelques années en photo, a lui aussi mystérieusement disparu. Victime d’un collectionneur sans scrupules ?
Revenons sur la vie et le destin de cet aviateur qui participa à la guerre de 14/18.

Gaston René Vaulet est né le 13 mars 1894 dans le quartier de la Monnaie à la Rochelle, fils de Marc Vaulet et de Marie Louise Ernestine Fayot.
Domicilié chez ses parents rue Amos-Barbot, il prend la suite de son père en tant que télégraphiste puis part vivre à Niort, dans les Deux-Sèvres.
Le 11 avril 1912 il s’engage pour cinq ans au 7ème Régiment de Hussards. Nommé brigadier en 1913, lorsque la Première Guerre mondiale éclate il est envoyé sur le front comme éclaireur au 135ème régiment d’infanterie. L’armée française ayant besoin de pilotes, promu maréchal-des-logis, il passe à sa demande à l’Aéronautique militaire le 16 septembre 1916, affecté à l’École de pilotage d’Avord dans le Cher.
Affecté au 1er Groupe d’Aviation il obtient son brevet de pilote militaire à l’École d’Aviation militaire d’Ambérieu le 18 février 1917 puis se retrouve à Lyon-Bron en instance de départ pour la Serbie. Le 1er avril 1917 il rejoint le front d’Orient où il combattra en renfort de l’aviation Serbe jusqu’en juin 1918.
Le 1er juillet 1918 il est nommé adjudant et affecté comme pilote-convoyeur à la base française située en Italie. Il est rapatrié le 4 décembre 1918, affecté au 3ème Groupe d’aviation à la base d’Avord.
Il est décoré de la Médaille militaire, Military cross britannique, Croix de guerre italienne et Croix de guerre française, médaille Interalliée et cité à l’ordre de la division en date du 5 août 1918 :
Bon pilote, très brave, a exécuté de très nombreuses missions de reconnaissances, de photographies et de bombardements au cours desquelles il est entré maintes fois avec son appareil atteint par des balles et des éclats d’obus, notamment le 12 novembre 1917 et le 13 janvier 1918.
Rengagé le 11 juillet 1919 pour deux ans au titre du 1er Groupe d’Aviation, le 1er janvier 1920 il est pilote au 1er Régiment d’Aviation du terrain de Basse-Yutz, situé au sud-est de Thionville en Moselle. Le 1er Régiment de chasse où il sert a été formé avec les groupes de chasse 15, 18 et 19 de la 1ère Escadre de chasse. Ces escadrilles perdent leurs dénominations issues de la Grande Guerre et deviennent les 101ème à 109ème escadrilles du dit-régiment. Toutes ces escadrilles volent sur Spad S.XIII et quelques Spad VII à moteur Hispano-Suiza surcomprimés de 180 chevaux de fin de série sur lesquels volèrent pendant la guerre un certain nombre d’as dont Georges Guynemer et René Fonck.
Bientôt on affecte à l’adjudant Vaulet un nouveau coéquipier, le lieutenant Julien Ledeuil, qui, comme lui, a un lien avec le département de la Charente-Inférieure, La Rochelle pour Gaston Vaulet, Saint-Martin-de-Ré pour Julien Ledeuil où résident sa femme et ses trois enfants.
Le 22 février 1922, après de nombreuses missions en commun, alors qu’ils décollent à bord d'un biplan de type récent qu'il faut tester en vol, atteignant 30 mètres d'altitude, soudainement l'avion part en vrille et s'écrase sur le terrain d'aviation de Basse-Yutz. L'impact au sol provoque la rupture et l'inflammation du réservoir d'essence et la propagation des flammes ayant été très rapide, les deux aviateurs, coincés dans les débris, meurent carbonisés.
Julien Ledeuil laissait alors une veuve et trois garçonnets, Julien, Robert et René, quand Gaston Vaulet lui, vivait une relation avec Andrée Emilienne Lucienne Gavory, originaire de Nice, et devait l’épouser deux semaines plus tard !
Quelques jours plus tard une levée des corps fut ordonnée à l'hôpital militaire de Thionville, une messe fut chantée en la chapelle du foyer du soldat puis les cercueils des deux aviateurs furent acheminés vers La Rochelle. Le mercredi 2 mars 1922 à 9h30 du matin, Gaston Vaulet et Julien Ledeuil, morts en service aérien commandé, étaient inhumés dans le cimetière Saint-Éloi à quelques mètres l’un de l’autre. Les honneurs militaires furent rendus par trois sections : la municipalité, l’armée, et les corps patriotiques.
Gaston Vaulet reçut une nouvelle citation posthume en date du 6 septembre 1922 :
Excellent pilote, a rendu de brillants services pendant la guerre. Tué au cours d’un vol en service commandé sur le terrain de Thionville le 22 février 1922.
(Lire dans le n°33 des Écrits d’Ouest (2025) : « Deux aviateurs dans le cimetière Saint-Éloi de La Rochelle »
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