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Une fusée japonaises dans l'armée russe

Publié : sam. févr. 21, 2026 8:23 am
par Bernard Plumier
Bonjour

Une trouvaille en brocante peut parfois, sous des airs de banalité, cacher une histoire historiquement intéressante.

J'avais été intrigué par cette inhabituelle fusée à temps et percussion à 3 plateaux transformée en encrier dans cet objet de l'art des tranchées fort oxydé, mais je pensais que je trouverais aisément son identification parmi les types de fusées anglaises auxquelles son profil me faisait penser.

Quelle ne fut pas ma surprise de découvrir en la nettoyant des marquages en japonais sur la coiffe ! que vient faire cette fusée de fabrication japonaise (car oui, le marquage '= *' identifie l'arsenal de Osaka comme son fabricant) et graduée de 0 à 36.6 dans un objet d'art de tranchées vraisembleblement fabriqué par un soldat Français vu le lieu de sa découverte et pendant un après la Grande Guerre, vu le style classique du montage ?

J'ai bien entendu pensé à un bidouillage - toujours possible - mais le filetage de la base de la fusée est vraiment bien adapté à la plaque de laiton, et l''oxydation de l'ensemble me semmblait trop uniforme pour un assemblage disparate.

Une recherche sur internet, et l'aide de spécialistes anglo saxons m'ont permis de comprendre : Il s'agit bien d'une fusée japonaise qui témoigne de l'achat de pièces d'artillerie et de munitions de ce pays par la Russie au début de la Guerre (nations ennemis moins de 10 ans auparavant), fait déjà illustré dans ma base de canons d'artillerie survivants de https://www.passioncompassion1418.com/ par ce Canon de campagne de 42 lignes - Mod. 1905 10cm Type 38 (https://www.passioncompassion1418.com/C ... fiche=1497)

Voici l'identification la plus claire, par 'Irod7' sur ce forum :

Il s'agit d'une version de la fusée japonaise Taisho 5 (1916), mais fabriquée en aluminium et adaptée aux obus à fragmentation russes de 76,2 mm.

Les fusées japonaises Taisho 5 sont courantes dans les régions où les Russes utilisaient les canons de montagne japonais de 75 mm de type 31 (1898) et leurs munitions. Ces fusées sont toujours fabriquées en laiton. Certaines personnes affirment que cette fusée en laiton était également utilisée sur les obus de 76,2 mm, mais jusqu'à présent, rien ne permet de le prouver.

Cependant, ce qui était utilisé à la place sur les obus de 76,2 mm était exactement le même modèle de fusée, mais entièrement fabriqué en aluminium, comme l'exemple que vous avez. Le vôtre est légèrement modifié et incorrect : les deux anneaux en laiton entre le capuchon supérieur et le premier anneau devraient être en acier (il s'agit de rondelles élastiques circulaires) et la languette provenant de l'anneau central est également un ajout ultérieur. De plus, l'anneau triangulaire dans le capuchon supérieur est également un ajout ultérieur (mais je pense que cela était évident).


ImageImageImage

L'histoire de ce souvenir peut alors se deviner en essayant de comprendre où des soldats Fraçais ont bien pu rencontrer ces munitions. A mon sens ce pourrait être par des échanges de souvenirs dans les contacts avec les marins japonais en Méditerranée, ou dans un cas très improbable d'usage de canons de prise Russes de ce type par les Allemands sur le front de l'ouest (gros coup de bol pour le poilu !), ou l'hypothèse qui me semble la plus plausible, le souvenir d'un poilu engagé en 1919 dans les combats contre l'Armée Rouge en Ukraine ,, Pologne ou Crimée.

Qu'en pensez-vous ?

Amicalement

Bernard

Re: Une fusée japonaises dans l'armée russe

Publié : sam. févr. 21, 2026 7:10 pm
par ALVF
Bonsoir,

Il n'y a peut-être pas à chercher trop loin la présence de fusées japonaises dans des mains françaises.
En effet, la Marine française a utilisé des canons japonais pendant la Grande Guerre provenant de sources différentes:

-1: la France a acheté 12 torpilleurs au Japon car nos arsenaux, débordés de commandes et devant achever des grands bâtiments en construction, ne pouvaient construire rapidement les torpilleurs modernes qui manquaient cruellement à notre Marine. Le Japon a construit en moins d'un an ces 12 torpilleurs (un exploit technique!) et nous les a livrés avec leur armement japonais (1 canon de 120 et 5 de 76 mm) accompagnés d'un premier approvisionnement d'obus japonais. Ensuite, ces canons recevront des obus avec amorçage français.

-2: afin d'armer rapidement les navires du commerce pour lutter contre les sous-marins allemands, la Marine a fourni tout ce qu'elle pouvait trouver en canons à tir rapide disponibles mais leur nombre insuffisant a nécessité là encore des achats au Japon. Pour constituer l'AMBC (Armement Militaire des Bâtiments du Commerce), la Marine a donc acheté plusieurs dizaines de canons de 37, 47, 57 et 76 mm de modèles japonais fournis avec des obus japonais (j'ai le chiffre exact quelque part).

Ces pistes ne sont pas à dédaigner car lors de nos incursions en Ukraine, Crimée et Russie du Sud en 1919, je doute que nous ayons trouvé beaucoup de canons japonais provenant de l'armée russe, même si ce n'est pas impossible.
Cordialement,
Guy François.