Bonne soirée.
J'ai appris avec grand intérêt les événements tragiques qui ont frappé le vénérable 111e régiment d'infanterie, notamment le 20 mars 1916. Je regrette profondément que ce régiment ait été dissous – à mon sens injustement – après une rencontre décisive avec les troupes bavaroises. Peu savent sans doute que d'anciens camarades du 3e régiment d'infanterie royal bavarois « Prinz Karl » et du 111e régiment d'infanterie 1812 ont combattu ensemble contre la Russie au sein de la Grande Armée.
https://de.wikipedia.org/wiki/K%C3%B6ni ... n%E2%80%9C
https://wiki.genealogy.net/3._IR_(KB)
La situation en 1916 était, bien sûr, différente. Quelques semaines auparavant,
la 11e division d'infanterie royale bavaroise
https://zms.bundeswehr.de/de/mediathek/ ... g--5621748
était revenue du front autrichien de l'Est auréolée de sa victoire éclatante à Przemyśl. Le général Paul von Kneußl (ancien commandant très réputé de la brigade de mon grand-père !), ancien professeur à l'Académie militaire bavaroise, avait remporté de grands succès à l'Est grâce à des tactiques novatrices. La 11e division bavaroise était donc surnommée avec admiration « la division volante ». Parmi les innovations majeures figuraient l'équipement des nouvelles troupes d'assaut en lance-flammes et mortiers, ainsi qu'en mitrailleuses supplémentaires. Kneußl, cependant, insistait particulièrement sur une coordination étroite avec l'artillerie de soutien.
Il est affirmé que Kneußl (qui détestait l'inefficacité et les Prussiens...) s'est inspiré des idées de l'officier français André Laffargue, idées qui auraient été consignées par écrit par les troupes allemandes.

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Les sources bavaroises n'indiquent pas que le 111e régiment d'infanterie (RI 111) n'ait pas utilisé tous les moyens pour se défendre.

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Le 20 mars 1916, à 8 h, notre artillerie ouvrit le feu, auquel l'ennemi répondit avec vigueur. À 16 h précises, la position ennemie située face au flanc droit du 1er Bataillon fut dynamitée.
Les troupes avancèrent aussitôt et, dans une progression rapide, les première et deuxième lignes ennemies furent franchies ; la troisième ligne, qui opposa une résistance plus farouche, tomba également peu après. Le régiment atteignit presque la lisière sud de la forêt d'Avocourt. Sous un feu ennemi nourri, même de nuit et dans des conditions extrêmement difficiles, la position conquise fut tenue.
Les garnisons des trois lignes ennemies, pour autant qu'elles n'aient pas été anéanties, furent capturées avec tout leur état-major ; une quantité considérable de matériel de guerre tomba également entre les mains du régiment. Les pertes furent relativement faibles. Ce succès impressionnant et rapide fut principalement dû à l'action décisive des équipes de grenades à main. Durant la nuit, les bataillons s'installèrent dans leurs positions conquises ou renforcèrent les tranchées ennemies. Le 1er Bataillon s'empara d'un drapeau d'honneur, offert par la ville de Nice au 111e Régiment d'Infanterie Français.
Le lieutenant-colonel Nepf (alors commandant de compagnie) rapporte de manière crédible que la première ligne française fut entièrement rasée par les tirs d'artillerie et la garnison ensevelie. La deuxième ligne était encore protégée par un obstacle de barbelés de 5 mètres de large, autour duquel de violents combats s'engagèrent. Le 111e fut finalement débordé et capitula sous l'effet d'une attaque par l'arrière. La troisième ligne opposa une résistance particulièrement farouche. Elle fut attaquée au lance-flammes.
Nepf mentionne également que les installations de cuisine furent capturées et que la soupe fraîchement préparée et le « vrai café » tombèrent entre les mains des Bavarois.
Le général Kneußl lui-même finit par considérer l'attaque comme un échec. Contrairement à ce qui se passait à l'est, l'artillerie française parvint à stopper l'avancée. Parallèlement, les positions arrière et les dépôts de ravitaillement bavarois étaient constamment bombardés, empêchant ainsi le ravitaillement des troupes combattantes comme prévu.
Cordialement
Joseph