Parcours au sein du 3" régiment des zouaves - Victorin Lagrèze
Publié : ven. janv. 17, 2025 9:24 am
Bonjour à tous,
Je vous écris dans le cadre de mes recherches sur Victorin Lagrèze, soldat lors de la Grande Guerre, classe 1911, mobilisé à Blaye-les-mines (81). J'essaye actuellement de reconstituer sa carrière militaire, ce qui n'est pas une mince affaire.
Victorin a eu un parcours intéressant. Avant guerre, il a participe à la campagne du Maroc au sein du 3e régiment des zouaves. Il est ensuite indiqué sur son matricule qu'il appartenait toujours à ce régiment durant toute sa participation à la Grande guerre.
Or, j'ai cru comprendre que l'existence de ce régiment est purement administrative, comme ses bataillons sont en réalité dispersés pour former, avec des renforts, le 3e RMZ, le 3e bis RMZ et le 8e RMZ. Difficile donc de savoir où il se trouvait, et à quel moment.
Des détails et blessures indiqués sur le matricule peuvent nous aider :
- Il aurait été mobilisé en Algérie le 2 aout 1914. Donc il y a des chances qu'il ai débuté la guerre au sein du 3e RZM, dans le premier bataillon (les autres bataillons ont été mobilisés depuis la métropole ou depuis le Maroc, voir l'historique régimentaire et Chtimiste)
Il a également été blessé à Oret le 24 août. Le 3e RMZ est alors le régiment descendant du 3e RZ présent sur place.
- Il est blessé le 23 décembre 1914 à Ypres. Les choses se compliquent. Le 3e RMZ est alors dans l'Oise, donc il n'en fait plus partie. Serait-il intégré au 8e RMZ, qui se situe alors à Nieuport, non loin d'Ypres ? Il n'est pas mentionné dans les blessés du JMO, qui n'évoque peut-être pas les soldats descendants du 3e RZ.
- Victorin est nommé Caporal le 21 juin 1915 puis il est blessé le lendemain, le 22 juin, à Souchez. Victorin devait donc probablement faire partie du 2e ou du 4e bataillon du 8e RMZ, qui mène cette bataille. Il n'est cependant pas mentionné dans les blessés du JMO du 8e, ni dans celui du 2e bataillon du 8e. Il y a pourtant des colonnes consacrées aux pertes des 2e et 4e bataillon.
- Il est cependant mentionné dans la liste des blessés du 25 septembre 1915 à Bois Sabot. Cet évènement peut être retrouvé dans le JMO du 8e régiment de marche des zouaves, où le nom du caporal Lagrèze est écrit : https://www.memoiredeshommes.sga.defens ... 7f370b55cc
- Victorin est blessé le 24 février 1916 par éclats d'obus dans la cuisse gauche, à la côte du poivre. Puis il est à nouveau blessé le 14 juillet 1916, par des obus qui ont causé des contusions, à Fleury. Il est alors sans doute au 3e RMZ, régiment présent sur place.
- Il est finalement placé en sursis d'appel indéterminé au titre des mines de houille d'Albi le 6 septembre 1917 ; Victorin aurait donc été rapatrié du front afin d'assurer l'économie de guerre en travaillant à nouveau dans les mines.
- Le 6 février 1919, il est mis à la disposition des chemins de fer du Nord, classé affecté spécial (C'est-à-dire, un ouvrier mobilisable en poste au sein d'un secteur stratégique en manque de main-d'œuvre, qui reste soumis à l'autorité militaire et peut être rappelé). Il travaille comme manœuvre à Boulogne-sur-Mer. J'ai demandé aux archives des chemins de fer s'ils possédaient un dossier à son nom et ce n'était pas le cas. Y a-il une source archivistique qui existerait pour étayer son travail sur place ?
Voilà ce que j'ai pu essayer de déduire de sa carrière militaire. Qu'en pensez-vous ? Auriez-vous des conseils, un autre regard à poser sur cette histoire ? J'ai demandé son dossier médical au service de santé des armées, mais je vais devoir attendre plusieurs mois avant de le recevoir.
Voilà le lien vers sa fiche matricule : https://e-archives.tarn.fr/viewer/serie ... 6_0444.jpg
Au plaisir de vous lire,
Emilie
Je vous écris dans le cadre de mes recherches sur Victorin Lagrèze, soldat lors de la Grande Guerre, classe 1911, mobilisé à Blaye-les-mines (81). J'essaye actuellement de reconstituer sa carrière militaire, ce qui n'est pas une mince affaire.
Victorin a eu un parcours intéressant. Avant guerre, il a participe à la campagne du Maroc au sein du 3e régiment des zouaves. Il est ensuite indiqué sur son matricule qu'il appartenait toujours à ce régiment durant toute sa participation à la Grande guerre.
Or, j'ai cru comprendre que l'existence de ce régiment est purement administrative, comme ses bataillons sont en réalité dispersés pour former, avec des renforts, le 3e RMZ, le 3e bis RMZ et le 8e RMZ. Difficile donc de savoir où il se trouvait, et à quel moment.
Des détails et blessures indiqués sur le matricule peuvent nous aider :
- Il aurait été mobilisé en Algérie le 2 aout 1914. Donc il y a des chances qu'il ai débuté la guerre au sein du 3e RZM, dans le premier bataillon (les autres bataillons ont été mobilisés depuis la métropole ou depuis le Maroc, voir l'historique régimentaire et Chtimiste)
Il a également été blessé à Oret le 24 août. Le 3e RMZ est alors le régiment descendant du 3e RZ présent sur place.
- Il est blessé le 23 décembre 1914 à Ypres. Les choses se compliquent. Le 3e RMZ est alors dans l'Oise, donc il n'en fait plus partie. Serait-il intégré au 8e RMZ, qui se situe alors à Nieuport, non loin d'Ypres ? Il n'est pas mentionné dans les blessés du JMO, qui n'évoque peut-être pas les soldats descendants du 3e RZ.
- Victorin est nommé Caporal le 21 juin 1915 puis il est blessé le lendemain, le 22 juin, à Souchez. Victorin devait donc probablement faire partie du 2e ou du 4e bataillon du 8e RMZ, qui mène cette bataille. Il n'est cependant pas mentionné dans les blessés du JMO du 8e, ni dans celui du 2e bataillon du 8e. Il y a pourtant des colonnes consacrées aux pertes des 2e et 4e bataillon.
- Il est cependant mentionné dans la liste des blessés du 25 septembre 1915 à Bois Sabot. Cet évènement peut être retrouvé dans le JMO du 8e régiment de marche des zouaves, où le nom du caporal Lagrèze est écrit : https://www.memoiredeshommes.sga.defens ... 7f370b55cc
- Victorin est blessé le 24 février 1916 par éclats d'obus dans la cuisse gauche, à la côte du poivre. Puis il est à nouveau blessé le 14 juillet 1916, par des obus qui ont causé des contusions, à Fleury. Il est alors sans doute au 3e RMZ, régiment présent sur place.
- Il est finalement placé en sursis d'appel indéterminé au titre des mines de houille d'Albi le 6 septembre 1917 ; Victorin aurait donc été rapatrié du front afin d'assurer l'économie de guerre en travaillant à nouveau dans les mines.
- Le 6 février 1919, il est mis à la disposition des chemins de fer du Nord, classé affecté spécial (C'est-à-dire, un ouvrier mobilisable en poste au sein d'un secteur stratégique en manque de main-d'œuvre, qui reste soumis à l'autorité militaire et peut être rappelé). Il travaille comme manœuvre à Boulogne-sur-Mer. J'ai demandé aux archives des chemins de fer s'ils possédaient un dossier à son nom et ce n'était pas le cas. Y a-il une source archivistique qui existerait pour étayer son travail sur place ?
Voilà ce que j'ai pu essayer de déduire de sa carrière militaire. Qu'en pensez-vous ? Auriez-vous des conseils, un autre regard à poser sur cette histoire ? J'ai demandé son dossier médical au service de santé des armées, mais je vais devoir attendre plusieurs mois avant de le recevoir.
Voilà le lien vers sa fiche matricule : https://e-archives.tarn.fr/viewer/serie ... 6_0444.jpg
Au plaisir de vous lire,
Emilie