CECILE Thonier de Groix

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
olivier 12
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CECILE Thonier de Groix

Message par olivier 12 » jeu. sept. 13, 2018 8:04 am

Bonjour à tous,

CECILE

Thonier de Groix
Dundée de 55 tx 21 m Construit en 1908 aux Sables d’Olonne
Immatriculé G 929
Dépecé en 1934. Réarmé en 1941. Fin de carrière en 1945.
Capitaine Gildas Marie TONNERRE en 1917

Sauvetage de 19 hommes de l’équipage du vapeur anglais MARMION

Note envoyée le 5 Septembre 1917 à l’Amirauté britannique par le consulat anglais de Nantes

Voici un rapport du capitaine du S/S MARMION immatriculé G 6108

« Je soussigné Frank BARNES, capitaine du S/S MARMION immatriculé à West Hartlepool certifie que mon navire a été coulé le 26 Août 1917 et que nous avons été récupérés le 29 Août par la bateau de pêche de l’île de Groix CECILE. Nous avons été débarqués à Groix le 31 Août. J’ajoute que le capitaine et l’équipage de CECILE ont immédiatement stoppé leurs opérations de pêche, nous ont donné tout ce qu’ils possédaient en matière de vêtements, nourriture, et logement, ont stoppé la pêche et nous ont ramenés à l’île de Groix. Nous vous laissons le soin de décider des récompenses »

Le consul britannique de Nantes suggère que de la reconnaissance soit montrée envers le capitaine et l’équipage de CECILE.

Naufrage du MARMION

Vapeur anglais de 4066 tx JB Longueur 115,8 m largeur 15,6 m
Construit en 1912 au chantier Irvine de Harbour Dock
Armateur Pyman SS Co Ltd West Hartlepool
Effectue une traversée New York – Bordeaux. Avait quitté New York le 12 Août sans escorte. Chargement : 5164 tonnes d’avoine. 1260 tonnes d’acier en barres. 22 tonnes de bois.

Capitaine Frank Barnes
36 hommes d’équipage dont 34 britanniques, 1 Brésilien et 1 Suédois.
1 canon de 3 pouces. Canonniers William Kemp et Alexander Reid.

Rapport du capitaine

Le 26 Août à 15h15 par environ 46°18 N et 11°40 W aperçu le périscope d’un sous-marin. Augmenté la vitesse et lancé à la mer les appareils fumigènes. Vent fort et mer très forte. Pas vu de torpille, mais le navire s’incline soudain sur tribord, sans qu’il y ait eu choc ou vibration. Il est possible qu’une torpille soit entrée dans la cale 3 qui contenait de l’acier, car elle se remplit d’eau. A 16h00, la gite devient inquiétante.
Un autre navire se trouve dans le Nord, à grande distance, entouré d’un nuage de fumée (Soit en feu, soit ayant employé ses fumigènes).

La cale 3 se remplissant d’eau, l’équipage évacue dans le canot tribord (19 hommes) et dans le canot bâbord (17 hommes). Le capitaine, le chef mécanicien et deux hommes demeurent toutefois à bord.
A 16h20, le sous-marin réapparait et ouvre le feu. 20 obus sont tirés en 10 minutes ainsi qu’un shrapnel. Le tir est précis. 4 coups atteignent le navire dont la soute à munitions explose. Le capitaine et les 3 hommes restés à bord quittent alors le navire et descendent dans le canot tribord.
Tous les documents secrets ont été jetés à la mer dans un sac lesté.
Deux heures trente plus tard, le sous-marin accoste le canot du capitaine, fait monter ce dernier à son bord et le fait descendre dans la chambre de navigation qui est admirablement aménagée. La conversation suivante va se tenir. Le commandant demande nom du navire, tonnage, chargement, provenance et destination. Il dit au capitaine que son canon de 12 (canon pour obus de 12 livres) n’est pas bon pour sa défense.
Le capitaine dit au commandant allemand que son navire a mis déjà deux heures trente pour couler et qu’il ne comprend pas car il n’a entendu aucune explosion de torpille. L’Allemand répond « Oui, c’est moi qui ai fait le trou dans votre bateau ». Le capitaine lui demande alors comment il a fait pour percer la coque. « Je ne peux pas vous le dire » répond celui-ci, tout en faisant une remarque en allemand à l’officier qui était derrière lui. Mais il demande plus précisément quelle était la nature du dommage sur la coque et dans quelle partie du navire la torpille avait frappé.
Ce commandant s’exprimait avec aisance en anglais et s’est conduit très correctement « comme un vrai gentleman ». Il a dit qu’il regrettait énormément mais que c’était la guerre et, avant de faire débarquer le capitaine, l’a salué et lui a souhaité « Bon voyage ». Il avait environ 28 ans.

Les deux embarcations étaient munies de tous les accessoires réglementaires : vivres, compas, huile pour calmer la mer, ancres flottantes… Elles naviguèrent de conserve jusqu’à la nuit et quand le vapeur fut perdu de vue son pont était au ras de l’eau. Elles se perdirent de vue la nuit suivante et le canot bâbord avec le 2e capitaine et 16 hommes est manquant.
Le 29 Août à 10h00 du matin, le canot tribord a rencontré le thonier CECILE.

Description du sous-marin

250 pieds de longueur sur 30 de largeur
Large kiosque pouvant contenir 10 hommes
2 canons, 1 sur l’avant et 1 sur l’arrière.
Pas de mâts et pas d’antennes.
Peinture grise très écaillée et beaucoup de rouille.
Vu 2 officiers et environ 17 hommes sur le pont. Les officiers étaient en uniforme avec casquettes, mais l’équipage avait des vêtements très sales, disparates et usés. Leur tenue n’était pas meilleure que celle des équipages des navires de commerce…Ils avaient tous des ceintures en fil d’acier avec crochet pour se tenir sur le pont du bâtiment dans la tempête.

Le sous-marin attaquant

C’était l’U 93 du Kptlt Helmut GERLACH.

Le 2e navire, vu en feu le même jour, devait être le trois-mâts canadien MINAS QUEEN qui allait de Tonnay-Charente à New York sur lest, et fut coulé par le même sous-marin. Il y eu 6 victimes sur 7 hommes d’équipage. Le seul rescapé fut le 2e officier, A. LEWIS. Tous les autres périrent de froid dans l’embarcation qui ne fut rencontrée que 3 jours plus tard par le HMS MARSHFORT (un Q-ship).

Cdlt
olivier

Rutilius
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CÉCILE — Thonier de Groix.

Message par Rutilius » lun. sept. 17, 2018 9:32 pm

Bonsoir à tous,

Cécile — Dundée de pêche groisillon de 55 tx jb. ; immatriculé G. 929 en 1908 — Armement Maurice Tristan et consorts, Île de Groix.


□ En 1908, étaient quirataires de ce dundée (Michel Perrin : « Les mille et vingt armateurs de l'Île de Groix », Les Cahiers de l'Île de Groix, n° 5/2006, Déc. 2006, Association « La Mouette », p. 79) :

― Pour , Maurice TRISTAN, époux de Marie-Cécile LE DREFF, domicilié à Kêr-Port-Tudy (Île de Groix) ;

― Pour , Joseph BOBINEC, époux de Marie KERSAHO, marin pêcheur, domicilié à La Rochelle (Charente-Inférieure – aujourd’hui Charente-Maritime) ;

― Pour , Laurent Marie BOBINEC, époux de Jeanne MILLOCH, marin pêcheur, domicilié à Kêrrohet (Île de Groix) ;

― Pour , Jeanne Marie-Théotiste MILLOCH, veuve de Noël LAURENT, domiciliée à Kêrrohet (Île de Groix) ;

― Pour , Joséphine MILLOCH (Mle), domiciliée à Kêrrohet (Île de Groix) ;

― Pour , Aimée TRISTAN, épouse de Joseph MILLOCH, domiciliée à Kêrrohet (Île de Groix).


□ En 1928, étaient quirataires de ce dundée (Ibid., p. 128) :

― Pour , Maurice TRISTAN, précité ;

― Pour , Joseph BOBINEC, précité ;

― Pour , Laurent Marie BOBINEC, précité ;

— Pour , abbé GUYONVARC’H, professeur au Collège Saint-Louis de Lorient (Morbihan) ;

― Pour , Jeanne Marie-Théotiste MILLOCH, précitée ;

― Pour , Joséphine MILLOCH (Mle), précitée.


□ En 1931, étaient quirataires de ce dundée (Ibid., p. 140) :

― Pour , Maurice TRISTAN, précité ;

― Pour , Joseph BOBINEC, précité ;

― Pour , Laurent Marie BOBINEC, précité ;

― Pour , Sophie MILLOCH (Mle), domiciliée à Kêrrohet (Île de Groix) ;

― Pour , Jeanne Marie-Théotiste MILLOCH, précitée ;

― Pour , Joséphine MILLOCH (Mle), précitée.
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Rutilius
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CÉCILE — Thonier de Groix.

Message par Rutilius » mar. sept. 18, 2018 1:29 pm

Bonjour à tous,

Le patron du dundée Cécile en 1917


— TONNERRE Gildas Marie, né le 1er mars 1878 à Port Tudy, commune de Groix (Morbihan) et décédé le ... à ... (...). Inscrit au quartier de Groix, n° 1.003 ; classe 1898, n° 786 au recrutement de Lorient.

• Fils de Gildas Marie TONNERRE, né le 13 mai 1842 à Groix, marin, et de Marie Célina PASQUER, née le 8 août 1845 à Groix, cultivatrice ; époux ayant contracté mariage à Groix, le 12 juin 1876 (Registre des actes de mariage de la commune de Groix, Année 1876, f° 3, acte n° 3 ~ Registre des actes de naissance de la commune de Groix, Année 1878, f° 8, acte n° 28).

□ En 1908, était quirataire pour ¼ du dundée Les Diamants de la Couronne, construit en 1885 et immatriculé à Groix G. 307 (Michel Perrin : « Les mille et vingt armateurs de l'Île de Groix », Les Cahiers de l'Île de Groix, n° 5/2006, Déc. 2006, Association « La Mouette », p. 82).

□ Par décision du sous-secrétaire d’État chargé des Ports, de la Marine marchande et des Pêches en date du 31 décembre 1923 (J.O. 21 janv. 1924, p. 767 et 770), lui fut conférée la Médaille d’honneur des marins du commerce – créée par la loi du 14 décembre 1901 instituant des médailles d’honneur à décerner, par le Ministre de la Marine, aux marins français après 300 mois de navigation (J.O. 16 déc. 1901, p. 7.777).
Bien amicalement à vous,
Daniel.

Memgam
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Re: CECILE Thonier de Groix

Message par Memgam » sam. sept. 22, 2018 8:54 pm

Bonjour,

En tête de sujet, Olivier 12, indique pour Cécile :

G.929, dundee de 55tjb, construit en 1908 aux Sables d'Olonne, dépecé en 1934, réarmé en 1941, Fin de carrière en 1945.

Même si ces données sont celles indiquées dans la "liste des bateaux pontés à l'île de Groix" de Dominique Duviard, on peut raisonnablement douter qu'un bateau soit dépecé en 1934, ce qui signifie une destruction totale, et le voir ressurgir, tel le Phénix, en 1941. Il est donc probable qu'il a été désarmé en 1934 et réarmé en 1941, en période de guerre et de dénuement ou on récupérait même les épaves.

Source : Dominique Duviard, Groix, l'île des thoniers, chronique maritime d'une île bretonne, Editions des 4 Seigneurs, 1978, page 393.

Cordialement.
Memgam

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