Destruction des obus

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gizmo02
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Destruction des obus

Message par gizmo02 » jeu. sept. 06, 2018 8:02 pm

Un an de retard pour la destruction des obus de la Première Guerre mondiale

Les obus allemands et anglais seront traités début 2019 dans la chambre de détonation construite dans le camp militaire de Mailly. Les obus français n’y passeront qu’ultérieurement.

C’est à y perdre son latin. Des obus chimiques français, tirés contre les Allemands, que l’on ne peut pas facilement détruire à cause de l’acier américain.

Cela mérite explication, ça justifie en tout cas du retard dans le planning initial du site Secoia construit en bordure du camp militaire de Mailly pour détruire plusieurs centaines de tonnes d’obus de la Première Guerre mondiale. Ou quand l’histoire vient se mêler à la technique… Ce retard serait de l’ordre d’un an et dû à la difficulté de fragmenter les obus chimiques de 75 mm français. Concrètement, la chambre de détonation installée à Secoia affiche un triple objectif : fragmenter la munition en cassant l’enveloppe, produire une onde de choc qui va casser la structure moléculaire des agents chimiques, enfin commencer à brûler ces agents à 1 800 degrés, sachant qu’ils seront ensuite soumis à une torche à plasma à 500 degrés. Pas de problème pour les obus allemands, environ 50 % du stock, mais les charges prévues aujourd’hui ne suffisent pas à fragmenter les obus français.

La raison de ces difficultés ? Un matériau différent pour fabriquer les obus français. Au début du conflit, l’armement français fonctionnait bien. Bien vite, cette guerre est devenue une guerre d’artillerie et elle s’enlise. La France avait prévu de produire 12 000 obus par jour, mais Joffre a rapidement eu besoin de 100 000 obus par jour. Le problème, c’est que les Allemands avaient envahi sept départements dans lesquels se trouvaient les capacités de production, privant la France de 60 % de son acier, et de 80 % de la fonte. Les Français n’ont alors plus rien ou presque à tirer.
Un acier américain de mauvaise qualité

Ils se tournent vers l’étranger, tout d’abord l’Angleterre, mais ça ne suffit pas. Ils vont alors chercher l’acier aux États-Unis. On saura plus tard que les caractéristiques n’étaient pas du tout les mêmes. En Allemagne, on fabriquait les obus avec de la fonte ou bien de la fonte aciérée.

Les nouveaux obus français sont fabriqués avec un acier de moins bonne qualité, très ductile, dit acier mou. Certains obus éclataient même dans le tube du canon. La France avait besoin d’une telle quantité d’obus que la qualité passait au second plan. Les militaires balançaient, quel que soit l’effet à l’impact. Personne ne se préoccupait vraiment des propriétés des aciers. Il faut rappeler que c’est seulement en février 1918 que la production s’est révélée suffisante compte tenu des besoins.

Concrètement, le mode de destruction initialement prévu pour Secoia doit être adapté. « Il faut utiliser d’autres types d’explosifs plus brisants », annonce Patrick Bourreau, le chef du site Secoia pour ArianeGroup. Il ne faut toutefois pas perdre trop de temps car le stock de munition ne cesse de croître. On en compte déjà 300 tonnes à Suippes, dans la Marne. Cinq à quinze tonnes d’obus sont découvertes chaque année. Alors le programme Secoia s’oriente vers la destruction dans un premier temps des munitions allemandes, celles pour lesquelles il n’y a pas de problème. Et cela à partir du début 2019. Les obus français seront traités ultérieurement. Peut-être à partir de 2020.

http://www.lunion.fr/110359/article/201 ... e-mondiale

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