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Bonsoir à tous,
■ Historique.
— Mars à Décembre 1915 : Affecté comme patrouilleur-arraisonneur à la
Flottille des chalutiers de la Manche.
— 1916 : Affecté à la
5e Escadrille de patrouilles de la Méditerranée (3e Section ; Station de Méditerranée orientale).
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— 2 décembre 1917 : Recueille 37 membres de l’équipage de
La Rance, cargo de 2.611 t armé par la
Compagnie générale transatlantique, coulé le même jour par le sous-marin allemand
UC-67 (Oberleutnant zur See Karl NEUMANN), à 22 milles dans le Sud de l’île du Planier, alors qu’il allait de Marseille à Alger. Les débarque le soir à Marseille.
● Patrouilleur auxiliaire Gabriella – alors commandé par l’enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve Francis Julien Marie EVENOU – Journal de navigation n° 3 / 1917 - 17 oct. ~ 20 déc. 1917 – : Service historique de la défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 246, p. num. 661.
«
Journée du 2 décembre 1917.
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Quart de 8 heures à 12 heures.
8 h. 00 – Grosse mer.
11 h. 30 – Route sur bâtiment f. [faisant des] S.O.S.
Quart de 12 heures à 16 heures.
12 h. 15 – Aperçu Rance coulant par l’arrière.
12 h. 30 – Poste de combat. Commencé le feu, pièce avant, 6.000 m, sur le sous-marin au vent de la Rance. Le sous-marin se place parallèlement à la Rance et plonge après le 10e coup.
Aperçu [et] recueilli une embarcation de 4 hommes.
Aperçu à 2 h 30 [14 h 30] une embarcation de 13 hommes.
Quart de 16 heures à 20 heures.
16 h. 00 – Continué les recherches des naufragés.
16 h. 30 – Aperçu un radeau. Reconnu le cadavre d’un naufragé.
17 h. 10 – Aperçu une embarcation avec des naufragés. Embarqué 20 hommes. Fait route sur Marseille. »
● Commandant Émile VEDEL : « Quatre années de guerre sous-marine », éd. Plon-Nourrit, Paris, 1919, p. 276 à 278.
« [...]
Le 2 décembre [1917] au matin, le S.S. français Rance, commandé par le capitaine au long-cours Gaillard, se trouvait à 25 milles au Sud de l’île Planier (atterrages de Marseille), lorsque l'officier de quart vit arriver une torpille, qui, suivant sa direction, devait frapper le navire par le travers des machines. Ayant mis immédiatement la barre toute à gauche, il obtint que la Rance fût atteinte beaucoup plus sur l'arrière, ce qui rendit les conséquences de l'explosion un peu moins foudroyantes. La pièce de poupe se trouvant hors de combat, le commandant ordonna d’armer celle de l'avant, mais le sous-marin ne se montra pas tant que le navire ne fut pas évacué.
Etant chargé de fûts vides, la Rance se maintenait à flots, mais s’enfonçait progressivement par l’arrière. Comme l’eau commençait à gagner les machines, le signal d'abandon fut donné, et l’équipage s'affala dans les embarcations. La mer était très grosse, et un canot où vingt-et-un hommes avaient pris place se défonça contre le bord. Ce que voyant, le commandant Gaillard fit immédiatement pousser la dernière baleinière, avec les 13 marins qu’elle portait, afin qu’il ne leur arrivât pas le même accident. C’était se sacrifier volontairement. Il savait d’ailleurs qu’il restait encore, sur la Rance, un officier mécanicien occupé à faire passer à la baleinière de quoi vider l’eau, et le télégraphiste en train de demander du secours. Tous trois disparurent avec le bâtiment, ayant accompli magnifiquement leur devoir.
Prévenu à 11 h. 25 par le S.O.S. de la Rance, le patrouilleur Gabriella arrivait une heure plus tard, surprenant le sous-marin, qui, maintenant qu’il n’y avait plus de danger, achevait sa victime à coup de canon. A peine la Gabriella avait-elle ouvert le feu sur lui qu’il plongeait. Le patrouilleur manœuvra alors pour recueillir les embarcations, opération rendue très difficile par les lames déferlantes.
Quatre hommes dans un youyou furent les premiers sauvés. A 2 heures de l’après-midi, ce fut le tour de la baleinière et des treize marins qu’elle contenait. A 4 heures, on accostait un radeau sur lequel ne se trouvait qu'un seul naufragé, mais qui glisse entre ses planches, au moment où on va le repêcher. En réalité, il venait de mourir d’épuisement. N’en sachant rien, deux hommes de la Gabriella sautent sur le radeau pris à la remorque, et brisent les planches avec une hache pour en retirer celui qui n’est plus qu’un cadavre. Mais l’amarre casse, et il faut exécuter une manœuvre des plus risquées pour rejoindre le radeau parti à la dérive et rembarquer ses occupants. Enfin, à 5 heures du soir, le dernier canot est atteint, celui qui s’était à moitié brisé contre le bord.
Tels étaient les dangers journellement encourus par nos marins de commerce, pour nous ravitailler, et par nos marins de l’État, pour les protéger et les sauver. Oh ! comme j’espère que cette fraternité dans le péril, la plus vraie de toutes, les aura rapprochés à jamais. [...] »
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— 20 mars 1918 : Recueille le capitaine et 36 hommes d’équipage du cargo italien
Matteo Renato Imbriani, qui, après avoir heurté à midi, à 6 milles dans le Sud-Ouest de l’île du Planier, une mine posée par le sous-marin allemand
UC-67 (Kapitänleutnant Karl NEUMANN), avait coulé à 22 h. 35, à 15 milles au Sud de La Ciotat.
Matteo Renato Imbriani – Cargo de 5.842 t. jb construit en 1911 sous le nom d’
Albany par le chantier naval
J. C. Tecklenborg A.G., de Geestemünde
(Land de Brême, Allemagne) pour le compte de la
Deutsche-Australische Dampfschiffs Gesellschaft, de Hambourg
(Allemagne). Interné en 1914 à Syracuse
(Sicile, Italie), est saisi en 1915 par l’État italien qui le cède en 1918 à la société d’armement
Ferrovie Dello Stato, de Gênes. Alors renommé
Matteo Renato Imbriani.
• Canonnière Impatiente – alors commandée par le lieutenant de vaisseau Olivier Zabulon DIAZ de SORIA –, Correspondance du commandant – 20 mars 1918 ~ 24 déc. 1919 – : Service historique de la Défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 276, p. num. 975.
• Patrouilleur auxiliaire Gabriella – alors commandé par l’enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve Francis Julien Marie EVENOU – Journal de navigation n° 5 / 1918 – 11 févr. ~ 30 mars 1918 – : Service historique de la défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 246, p. num. 737 et 738.
«
Appareillage du 20 mars 1918.
Quart de 4 heures à 8 heures.
7 h. 11 – Largué et appareillé.
7 h. 30 – Passé château d’If et mis à petite vitesse en attendant convoi.
8 h. 00 – Les bâtiments sont en vue. Croisé vapeur Nice dans le chenal de sécurité.
Quart de 8 heures à 12 heures.
8 h. 30 – Pris le chenal de sécurité avec convoi 4 bateaux.
10 h. 00 – Quitté le chenal.
11 h. 30 – Par le travers de Planier.
Quart de 12 heures à 16 heures.
12 h. 00 – Ligne de file ; vapeur italien Matteo Imbriani derrière nous.
12 h. 45 – Aperçu fumée blanche puis noire s’élever au dessus du vapeur italien et perçu détonation. Poste de combat.
Mis en route et venu sur la gauche ; hissé au convoi l’ordre de rentrer à Marseille (appuyé de deux coups de canon). L’équipage du vapeur italien embarque dans les canots de sauvetage. Aucune trace de sous-marin.
13 h. 30 – Sauvé première embarcation de 17 hommes. A 14 h. 00, sauvé l’embarcation de 30 hommes, dont le commandant. Aperçu troisième embarcation sauvée par Taronak.
14 h. 30 – Envoyé embarcation avec le second et quatre hommes du Gabriella ainsi que des marins et officiers italiens pour tenter le remorquage. Première remorque casse. 2e essai : Gabriella ne peut déplacer le bateau et se met en travers, puis derrière le Matteo, debout à la lame. Situation critique. Commandant donne l’ordre de couper la remorque ; celle-ci arrache le chaumard et casse la plateforme arrière. L’équipage abandonne le vapeur sur l’ordre du commandant italien.
19 h. 00 – Manœuvré pour les recueillir. Impossible de continuer les essais. Stoppé près du vapeur qui coule lentement.
Quart de 20 heures à 24 heures.
20 h. 00 – On suit le vapeur abandonné qui dérive.
21 h. 00 – La brise tombe.
21 h. 10 – Le Goliath se met à nos ordres.
22 h. 35 – Le navire coule tout à coup en moins de 10 secondes.
23 h. 00 – Le Crabe et le Jean-Doré sont derrière en ligne de file. Liberté de manœuvre au Goliath. »
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— 4 avril 1918 : Recueille les naufragés du cargo
Libéria, de la
Compagnie française de navigation à vapeur (Cyprien Fabre & Cie), torpillé et coulé par le sous-marin allemand
UC-35 (Oberleutnant zur See Hans Paul KORCH), à environ 62 milles dans le S.-E. de Hyères, par 42° 04’ N. et 7° 02’ E – 42° 04’ N. et 7° 00’ E. selon le
Journal de navigation du patrouilleur auxiliaire
Gabriella. Les débarque le 5 avril, à 14 h. 00, au Vieux-Port de Marseille.
Le
Libéria, qui allait de la côte Ouest de l’Afrique à Marseille, naviguait en convoi avec les cargos
Draa (Compagnie de navigation marocaine et arménienne N. Paquet & Cie, Marseille),
Clearpool (Sir Robert Ropner & Sons Ltd., Stockton) et
Gregory [
Booth Steamship C° Ltd. (Booth Line), Liverpool]. Ces bâtiments s’étaient détachés d’un convoi plus important, remontant vers le Nord, escorté notamment par le patrouilleur auxiliaire
Ailly.
Le
Gabriella avait appareillé de Marseille le 3 avril 1918, à 6 h. 00, avec le patrouilleur auxiliaire
Automne (Premier maître de manœuvre Julien Louis JOUÉO, inscrit à Saint-Brieuc, n° 3.300) pour aller au devant du convoi, afin d’escorter ces quatre cargos jusqu’au port de Marseille.
• Patrouilleur auxiliaire Gabriella – alors commandé par l’enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve Francis Julien Marie EVENOU – Journal de navigation n° - / 1918 – 4 avr. ~ 20 mai 1918 – : Service historique de la défense, S.G.A. « Mémoire des hommes », Cote SS Y 246, p. num. 755 à 757.
«
Journée du 4 avril [1918].
Quart de 0 h. à 4 h.
3 h. 10 – Arrivé au point où doit arriver le convoi.
Quart de 4 h. à 8 h.
4 h. 30 – Aperçu le convoi venant du Sud.
5 h. 00 – Communiqué au Colomb avec convoyeur.
6 h. 30 – Quitté convoi pour rejoindre les 4 bâtiments destinés à Marseille : Libéria, Draa, Clearpool, Gregory.
[
En marge : «
L. = 43° 11’ N. ~ G. = 8° 26’ E. »]
Quart de 8 h. à 12 h.
8 h. 00 – Route à bâbord arrière du convoi qui fait des lacets. Automne à tribord, Ailly en éclaireur ; rien de particulier.
Quart de 12 h. à 16 h.
14 h. 00 – Deux bâtiments du convoi signalent un sous-marin en vue par tribord. L’Ailly met le cap sur le sous-marin et le convoi fait route au Sud. Après pourparlers avec Draa et Liberia, on envoie un allo. C’est bien un sous-marin qu’ils ont aperçu.
Ailly rejoint le convoi.
[
En marge :
«
13 h. 30 – L. = 42° 44’ N. ~ G. = 7° 47’ E.
13 h. 00 – L. = 42° 38’ N. ~ G. = 7° 43’ E.
14 h. 15 – L. = 42° 38’ N. ~ G. = 7° 30’ E. »]
Quart de 16 h. à 20 h.
19 h. 30 – Le Libéria est torpillé. En route toute. Poste de combat.
19 h. 35 – Jeté deux grenades qui explosent.
[
En marge : «
L. = 42° 04’ N. ~ G. = 7° 00’ E. » ].
19 h. 45 – Recueilli une embarcation avec naufragés. Recueilli une deuxième embarcation.
20 h. 00 – Le Libéria coule. Nous recueillons une troisième embarcation et continuons à patrouiller sur les lieux.
Quart de 20 h. à 24 h.
20 h. 00 – Décrit des cercles sur les lieux du torpillage. Aperçu plusieurs fois des embarcations et radeaux vides ainsi que des épaves.
22 h. 30 – Route sur le Cap d’Armes.
24 h. 00 – Nuit noire, temps pluvieux, forte houle.
Journée du 5 avril.
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Quart de 12 h. à 16 h.
12 h. 00 – Donné dans le chenal de sécurité [du port de Marseille] suivi du Grégory et un vapeur norvégien.
14 h. 00 – Manœuvre terminée. Amarré au Vieux Port. »
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— 7 octobre 1918 : Recueille l’équipage du cargo mixte
Madeira, bâtiment de 4.792 t. armé par l’État portugais, torpillé par le sous-marin allemand
UB-105 (Oberleutnant zur See Rudolf PETERSEN), à 8 milles au large de l’île de San-Pietro
(Sardaigne), alors qu’il allait de Milo à Marseille,
via Bizerte.
Sauvetage de l’équipage et des passagers
du cargo mixte Madeira par le patrouilleur auxiliaire Gabriella
[7 octobre 1918]
I. — Patrouilleur auxiliaire Gabriella — alors commandé par l’enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve Francis Julien Marie ÉVENOU —, Journal de navigation n° - / 1918 — 7 oct. ~ 20 déc. 1918 — (Service historique de la Défense, Cote SS Y 246, p. num. 793 à 795 —Extraits).
« Journée du 7 octobre 1918.
De 4 h. 00 à 8 h. 00
Poste arrière du convoi. Rien de particulier.
De 8 h. 00 à 12 h. 00
9 h. 30 — Changé de route. Venu au N. vrai. Loch 59.2
De 12 h. 00 à 16 h. 00
12 h. 30 — Point par 38° 16’ de latitude et 7° 26’ de longitude.
16 h. 30 — Diminué de vitesse et cessé les zigzags pour attendre le Saint-Barnabé qui est en avarie de l’appareil à gouverner. Mis à 80 tours. Poste avant du convoi.
De 16 h. 00 à 20 h. 00
Madeira guide de navigation.
17 h. 47 — Saint-Barnabé guide de navigation. Prenez vos postes.
17 h. 50 — Poste derrière le convoi.
De 20 h. 00 à 24 h. 00
Saint-Barnabé torpillé par tribord.
[En marge : « P.V. — Une ligne de loch s’est cassée aux environs du couronnement. Cette ligne [qui] était usagée a été complètement perdue avec son hélice. »]
Journée du 8 octobre 1918.
De 0 h. 00 à 4 h. 00
Continué le sauvetage des naufragés du Madeira par les embarcations armées par l’équipage du bord.
[En marge : « P.V. : Pendant le sauvetage des naufragés du Madeira, par nuit noire et grosse mer, une touline en filin de 80 mm et de 50 mètres de long s’est engagée dans l’hélice et s’est perdue. »]
De 4 h. 00 à 8 h. 00
Continué le sauvetage des naufragés.
7 h. 00 — Le sauvetage est terminé.
De 8 h. 00 à 12 h. 00
Route sur Bizerte avec le Bleuet.
De 12 h. 00 à 16 h. 00
Continué la route sur Bizerte avec le Bleuet.
De 16 h. 00 à 20 h. 00
Continué la route sur Bizerte avec le Bleuet.
18 h. 10 — Aperçu la Galite au Sud.
19 h. 30 — Aperçu un feu à éclats devant. Loch 2. Continué la route.
De 20 h. 00 à 24 h. 00
Continué la route sur Bizerte avec le Bleuet.
23 h. 25 — Par le travers du cap Serrat. Loch 22.
Journée du 9 octobre 1918.
0 h. 20 — Avarie de machine.
1 h. 00 — Donné la remorque au Bleuet.
De 4 h. 00 à 8 h. 00
Route sur Bizerte, remorqué par le Bleuet.
7 h. 20 — La remorque casse.
7 h. 40 — Donné une deuxième remorque au Bleuet.
De 8 h. 00 à 12 h. 00
Continué la route sur Bizerte.
8 h. 45 — Embarqué la remorque pour franchir l’entrée des jetées. Mouillé dans la baie de Sebra.
9 h. 50 — Débarqué les naufragés au quai de la gare. »
II. —Société centrale de sauvetage des naufragés ― Annales du sauvetage maritime, 1er et 2e trim. 1919 : Bâtonnier Busson-Billaut et Commandant de Larosière, « Rapport sur les récompenses at-tribuées aux sauveteurs de la mer », p. 47 et 48.
« SAUVETAGE DES ÉQUIPAGES DES VAPEURS " MADEIRA "
ET " RANCE " TORPILLÉS
Médaille d'or de Mme Pauline Camps et prix de 300 francs à l’enseigne de vaisseau auxiliaire Évenou, commandant le patrouilleur Gabriella.
Médaille d'or au 1er maître Lemée, du chalutier Bleuet, et prix de 400 francs à répartir entre l’équi-page.
Plaquette d’Honneur au chalutier Gabriella, et prix de 600 francs à répartir entre l’équipage.
Prix de 350 francs, à répartir également entre : MM. Le Gars, 2e maître de timonerie ; — Bailly, ma-telot canonnier ; — Marchadour, matelot sans spécialité ; — Queré, fusilier ; — Tromeur, second-maî-tre de timonerie; — Fauquenbergue, chauffeur ; — Le Pape, chauffeur.
Dans la nuit du 6 octobre, les chalutiers Gabriella, capitaine Évenou, enseigne de vaisseau, et Bleuet, capitaine Lemée, 1er maître de manœuvre, accompagnaient un convoi dont deux bâtiments furent tor-pillés coup sur coup. Pendant que le Bleuet assure le sauvetage de l’équipage du Saint-Barnabé, le Gabriella opère celui des hommes du Madeira. L'obscurité et l’état de la mer rendent sa tâche et celle de ses embarcations difficiles ; il est obligé de se guider sur les cris et les appels des naufragés, sous la menace constante d’un ennemi invisible et qui a suffisamment prouvé son acharnement. Enfin, à 6 heures du matin, il achève sa noble tâche, qui a consisté à recueillir 200 survivants, dont 4 blessés. Déjà, le 3 décembre 1917, le Gabriella, même capitaine, a sauvé par coup de vent, en combattant un sous-marin ennemi, les survivants du vapeur Rance. »
**********
• Journal officiel du 24 décembre 1918, p. 11.086.
