THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Marine, bateaux & marins pendant la Grande Guerre
Memgam
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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

Le trois-mâts carré Socoa, 2737 tjb, 3450 tpl, 86,20 x 13,42 x 6,95 m ; a été construit par les chantiers de Penhoët à Saint-Nazaire et lancé le 25 octobre 1901 pour la société Bayonnaise de navigation à Bayonne (francisé le 20 février 1902).

Commandé par les capitaines Le Guyader, Quatreveaux, Lebeau, Couëdel, Catron et Thoumyre.

Sous le pavillon de la société Bayonnaise de navigation, Socoa a connu un grave évènement de mer dont il s'est sorti avec de la chance et le bénéfice d'un temps calme.
Le 31 juillet 1906, par brume et vent de sud-ouest, venant de Stettin (Pologne), chargé de ciment pour San Francisco (pour la reconstruction après le tremblement de terre) Socoa se met au plein à Kildown Point, non loin de Cadgwith, près du cap Lizard, en Cornouailles britanniques. L'équipage est rapatrié à Cherbourg le 7 août.

"Le haut fond sur lequel le navire était échoué n'était recouvert que de dix mètres d'eau. La Western Marine Salvage Company traita le sauvetage à forfait pour 2 120 livres sterling, soit 53 000 francs français. Le contrat était fait à la clause "No cure, no pay", c'est à dire que la société de sauvetage n'avait droit à aucune rémunération en cas d'insuccès. Après avoir aveuglé sommairement les voies d'eau, et jeté à la mer 50 000 sacs de ciment, la plus grande partie de la cargaison, les trois puissants remorqueurs de la société tentèrent vainement, du 20 au 27 août, de décoller le navire du banc de roches sur lequel il reposait. Ce ne fut que le 27 au soir, que le navire commença à glisser sur le plateau de Kildown. On put le maintenir à flot avec quatre pompes de 750 tonneaux l'une, l'eau arrivant presque aux dalots du pont. Perndant ce temps, les remorqueurs le traînaient lentement pour l'échouer à pleine mer, dans la baie tranquille de Cadgwith où il fut mis sur un banc de sable. Là, on put l'aveugler puis le remorquer dans la forme sèche de Falmouth, où de grosses réparations furent faites. La compagnie maritime de Nantes l'acheta à ce moment, le nomma Thiers". (cf Lacroix, opus cité).

"En 1909, Thiers, capitaine Quatrevaux, se trouvait dans le sud des îles Gambier par 24° 25' de latitude nord et 128° 09' de longitude ouest, quant il se trouva tout à coup en face d'une île inconnue, récemment surgie du fond des eaux et composée de roches volcaniques. Cette île de peu d'étendue, absolument nue et sans élévation, se voyait à peine à trois milles de distance malgré le temps clair et aucun brisant ne révélait sa présence…

En décembre 1912, le capitaine Lebeau, mon vieux camarade, officier de port à Saint-Nazaire, ayant reconnu dans la matinée le cap Tillamock, faisait route sur l'entrée de la Columbia river quand son baromètre vint à baisser rapidement. Virant de bord aussitôt, il manoeuvra pour se maintenir à bonne distance de terre, les vents portants à la côte. Malgré la mauvaise apparence du temps un remorqueur était sorti et assura au capitaine que l'on pouvait encore rentrer. Arrivé à peu de distance de la passe, la mer brisant à blanc partout, le remorqueur essaya de gagner le large en attendant une embellie. Le coup de vent s'était déchaîné en furie et, malgré les efforts du vapeur, Thiers tombait peu à peu à terre quand la remorque cassa. Sa perte était à peu près inévitable étant donné la proximité des dangers ; avec l'énergie du désespoir, les six huniers, la misaine et un foc furent établis dans la tourmente. Couché sur tribord sous cette charge de toile trop importante pour le temps, le navire laboura la mer qui le couvrait de bout en bout, mais réusssit à s'éloigner la côte. Arrivé à bout de bord, les vents passèrent au sud et il put gagner le large. Sept jours après seulement il rentra en rivière ; son courtier croyant sa perte certaine avait cablé à ses armateurs qui l'avaient réassuré." (cf Lacroix, opus cité).

En 1913, il est acquis par la Société Nouvelle d'armement à Nantes.

Le navire passa la guerre sans encombre, faisant notamment escale à Sydney (Australie) le 1er mai 1917, venant de Capetown (Afrique du Sud), avec le capitaine Halluite.
Franchissant le canal de Panama le 4 février 1919, allant de New York à Valparaiso, le Thiers revint du Chili par la même voie et toucha Cristobal le 21 juillet.
Le 13 novembre 1919, Thiers, capitaine Couëdel, venant de New York, ayant perdu ses ancres en mouillant aux Charpentiers, vient s'amarrer aux appontements de Paimboeuf.
Il appareilla de la rade de Saint-Nazaire à la fin avril 1920 à destination de Newport News où il arriva après une longue traversée de 55 jours. Son retour à Dunkerque fut effectué vent sous vergue en 29 jours, plutôt satisfaisant pour ce gros trois-mâts. Reparti pour l'Australie, Thiers quitta Port Germein le 7 mai 1921 et toucha Queenstown le 7 octobre après 153 jours de mer. Arrivé le 24 octobre à Londres, il déchargea sa cargaison de blé et descendit la Tamise dans les premiers jours de décembre, à la traîne du remorqueur Homer qui devait le ramener en France. Lorsque les vents étaient favorables, les voiles d'étai étaient établies, parfois même les huniers fixes. Puis la rade de Saint-Nazaire une fois atteinte, le capitaine Thoumyre conduisit le Thiers au canal de la Martinière le 10 décembre. Il en ressort le 21 janvier 1927 pour la démolition. (Le capitaine Thoumyre commandait le trois-mâts Bayonne le 17 février 1917, lorsqu'il fut coulé par un sous-marin, cf le sujet Bayonne du forum).

Sources : Jean Randier, Grands voiliers français, 1880-1930, Editions des quatre seigneurs, 1974.
Louis Lacroix, Les derniers grands voiliers, histoire des long-courriers nantais de 1893 à 1931, Peyronnet, 1937, photo face à la page 468.
Alan Villiers & Henri Picard, The bounty ships of France, the story of the french cape Horn sailing ships, Patrick Stephen Limited, 1972.
Henri Picard, La fin des cap-horniers, les dernières aventures des long-courriers français, Edita, 1976.
Patrick Ahern, French sailing ships at Australian ports, arrivals and departures 1898-1925, Patrick Ahern, 2010.
Frédéric Grellier, Trésors cap-horniers, O Large éditions, 2010, photo page 99.
Richard Larn and Clive Carter, Cornish shipwrecks, the south coast, Pan Books Ltd, 1976, page 118 et photo face page 96, carte page 105.
Cyril Noall and Graham Farr, Cornish shipwrecks, Tor Mark Press, sans date, photo page 7.

Cordialement.

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Memgam
Rutilius
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THIERS, ex-SOCOA — Trois-mâts carré — Société générale d'armement, Nantes (1913~1921).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,

Le trois-mâts carré Thiers

(Sans lieu ni date)



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National Library of Australia
State Library of Victoria — Malcom Brodie shipping collection
Image H 99.220/3715
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Memgam
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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

La photo présentée par Rutilius a été prise dans le canal de Bristol (Grande-Bretagne). Le navire porte une livrée grise, ayant bien sûr perdu ses faux sabords lorsqu'il était Socoa.

N.B. Il existe sur le site australien d'où a été tirée la photo, en faisant Socoa, un autre cliché montrant Socoa, vu depuis la mer, devant les falaises, toutes voiles carguées, largement enfoncé, et dont la légende manuscrite indique : "on fire". La méprise vient de la confusion de la fumée des quatres pompes à vapeur, avec celles d'un incendie…(sic ! ).

Cordialement.
Memgam
Rutilius
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THIERS, ex-SOCOA — Trois-mâts carré — Société générale d’armement, Nantes (1913~1921).

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Bonsoir à tous,

Socoa — Trois-mâts carré ― Société bayonnaise de navigation, Bayonne (1901~1906)ThiersCom-pagnie maritime française, Nantes (1906~1913)Société générale d’armement, Nantes (1913~1921)Société de navigation transocéanique (1921).


Immatriculations successives au quartier de Nantes


Inscription maritime de Nantes — Matricule des bâtiments de commerce — Matrice de 1902 — f° 229, n° 682 : Archives départementales de Loire-Atlantique, Cote 7 R 4 / 1322.


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A - .JPG (121.66 Kio) Consulté 337 fois

Inscription maritime de Nantes — Matricule des bâtiments de commerce — Matrice de 1921 — f° 16, n° 46 : Archives départementales de Loire-Atlantique, Cote 7 R 4 / 1323.

B - .JPG
B - .JPG (111.07 Kio) Consulté 337 fois
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Memgam
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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

Le dernier commandant de Thiers a été le CLC Thoumire, dont le voilier Bayonne avait été coulé le 17 février 1917 par le sous-marin allemand U 84, comme signalé ci-dessus. Le 25 juin de la même année, Thoumire commande le trois-mâts Normandy et avec l'équipa spéciale embarquée à bord, méne le combat contre l'U 71 (cf sur le forum : combat Normandy contre U 71).

Source : Amiral Lepotier, Bateaux-pièges, éditions France-empire, 1964, pages 277 à 286.
Paul Chack, Jean-Jacques Antier, Histoire maritime de la première guerre mondiale, France-Empire, 1992, chapitre 44, Le bateau-piège Normaandy, pages 642 à 653.

Cordialement.
Memgam
Rutilius
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THIERS, ex-SOCOA — Trois-mâts carré — Société générale d’armement, Nantes (1913~1921).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,

L’échouement du trois-mâts carré Socoa

(2 août 1906)


L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes —, n° 3.433, Vendredi 3 août 1906, p. 5,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce ».


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L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes —, n° 3.437, Mercredi 8 août 1906, p. 4,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce ».


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L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes —, n° 3.442, Lundi 13 août 1906, p. 3,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce ».



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L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes —, n° 3.450, Samedi 25 août 1906, p. 5,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce »
.


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L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes —, n° 3.492, Dimanche 7 octobre 1906, p. 4,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce ».


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L’Ouest–Éclair — éd. de Rennes— , n° 2.902, Vendredi 21 décembre 1906, p. 4,
en rubrique « Dépêches maritimes ~ Marine de commerce ».


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[Image H 99.220/1170 supprimée. Voir la contribution ci-après.]


SOCOA – Trois-mâts carré – IV – .jpg
SOCOA – Trois-mâts carré – IV – .jpg (455.05 Kio) Consulté 328 fois
State Library of Victoria — Malcom Brodie shipping collection
Image H 99.220/3410


Image

State Library of Victoria — Malcom Brodie shipping collection
Image H 99.220/4430


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State Library of Victoria — Malcom Brodie shipping collection
Image H 99.220/1171


SOCOA – Trois-mâts carré – III – .jpg
SOCOA – Trois-mâts carré – III – .jpg (197.53 Kio) Consulté 328 fois
State Library of Western Australia — Jack Edward Miller collection
Réf. slwa_b3648284_1


SOCOA – Trois-mâts carré – V – .jpg
SOCOA – Trois-mâts carré – V – .jpg (836.73 Kio) Consulté 328 fois
State Library of Victoria — Malcom Brodie shipping collection
Image H 99.220/3901
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Memgam
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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

Merci à Rutilius de présenter ces extraits de journaux et ces photos relatives à l'événement de mer subi par Socoa en 1906.

En ce qui concerne ces clichés, outre qu'ils sont en fait d'origine cornouaillaise, bien que présents sur ce riche site australien, on voit bien la dernière photo signalée par Memgam dans un message ci-dessus qui indiquait la légende erronée "on fire" (en feu).

Mais il y aussi problème pour la photo référencée 1170, la première des trois présentée par Rutilius, car il ne s'agit pas de l'épave de Socoa.
En effet, la position du navire par rapport à la falaise n'est pas la même que pour le voilier français, le gréement et les voiles ne sont pas disposés de la même manière, les détails de l'aménagement du pont sont très différents et, même si la coque présente des faux sabords le dessin n'est pas identique, avec une très large bande noire supérieure, caractéristique des navires britanniques.
Certes, la similitude vient de l'aspect voisin du site, les hautes falaises de Lizard, car ce navire s'est échoué un peu au sud de Socoa (cf la carte postée ci-dessus par Memgam, c'est le cinquième navire représenté à la côte depuis Socoa). Il s'agit du trois-mâts carré Cromdale, naufragé le 23 mai 1913.

Le trois-mâts Cromdale, de 1903 t, d'Aberdeen, appartenant à D. Rose et construit à Glasgow en 1891 par Barclay Curle & Co avait 124 jours de mer depuis Taltal (Chili) avec une cargaison de nitrate. Il était déjà en retard d'une semaine à Falmouth, quand, approchant de Lizard, il rencontra un banc de brume intense dans l'après-midi du 23 mai 1913. Son commandant, le capitaine Arthur, avait été capable de vérifier sa position, un peu plus tôt avec un un vapeur de passage et n'était pas soucieux à l'excès de ne pas avoir à la vue ou au son, les phares de Lizard ou de Saint Anthony. Ensuite, à 21 h 50, c'est le l'homme de barre et non le veilleur de l'avant qui vit une tache lumineuse dans l'obscurité sur l'avant du navire. Quelques secondes plus tard, des brisants furent vus et avant que la route puisse être modifiée, Cromdale était échoué sur les roches en-dessous de Bass Pointe. Gravement trouée, Cromdale s'enfonça rapidement par l'arrière et dut être abandonné en moins de dix minutes.
La première fusée de détresse, tirée du canot par le maître d'équipage explosa presque devant la vigie des gardes-côtes et les canots de sauvetage de Lizard et de Cadgwith furent immédiatement mis à flot et portèrent assistance. Au matin suivant, quand la brume se leva, Cromdale était un terrifiant spectacle, la poupe sous l'eau, et la proue sur les rochers au bas des hautes falaises, les voiles établies pendant mollement des vergues dans l'air calme. A marée basse, l'équipage revint à bord pour récupérer des affaires personnelles et les instruments du bord. L'épave fut examinée plus tard, mais, avec sa cargaison détruite, elle était de peu de valeur, à part ses voiles et son gréement qui furent achetés pour 41 livres par Harris Brother de Falmouth et revendus à un tiers. Une semaine après l'échouement, l'épave de Cromdale fut détruite dans une forte tempête de sud-sud-ouest et très peu de travail de sauvetage fut entrepris sur les débris qui restaient. (cf Richard Larn & Ciive Carter, opus cité plus haut, page 121 et 122).

Le site du naufrage, au pied d'une haute falaise, d'un navire sous voiles, à la coque presque submergée n'a pas manqué d'attirer l'oeil et l'objectif des photographes restés anonymes et à posteriori les auteurs de livres sur les grands voiliers, dont le capitaine Louis Lacroix et Yves Le Scal (un des pseudonymes de Robert de Chateaubriand).

Source : Richard Larn & Clive Carter, Cornish shipwrecks, the south coast, David & Charles, 1969, réédition Pan Books, photo face page 97.
Louis Lacroix, Les derniers cap-horniers français, imprimerie S. Pacteau, 1940, photo face page 46
Yves Le Scal, Au temps des grands voiliers, 1850-1920, André Barret, 1977, Fortunes de mer, photo n°7.

Cordialement.

N.B. Je laisse le soin à Rutilius, de montrer les autres clichés de Cromdale, à sec de toile, sous voiles, échoué et en cours de destruction, présentes sur le site australien.


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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

Pour revenir à Socoa, la presse australienne n'a pas manqué de s'intéresser à sa perte, surtout pour sa cargaison de ciment perdue et destinée à la ville détruite de San Francisco.

Source : The world's News (Sydney, Australie) du samedi 22 septembre 1906 avec dessin à l'appui.

Cordialement.

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Re: THIERS ex SOCOA, Trois-mâts carré, Société nouvelle d'armement

Message par Memgam »

Bonjour,

"Le Socoa quitte Londres en 1901 pour se rendre à San Francisco (Californie), il fait ensuite voile pour la Nouvelle Calédonie, En janvier 1902, il arrive au travers de Bourail à la tombée du jour ; c'est soudain le calme plat. On entend la houle qui se brise sur les récifs, Le capitaine décide de faire remorquer le navire par l'équipage qui descend dans les baleinières. Après plusieurs d'efforts, le Socoa est sauvé et, le surlendemain, il mouille dans la rade de Gomen. Il y charge du minerai pour Emdem en Belgique.

Source : Patrick Métayer, Les voiliers du nickel, voyages en Nouvelle-Calédonie, Alan Sutton, 2003.

Cordialement.
Memgam
Rutilius
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THIERS, ex-SOCOA — Trois-mâts carré — Société générale d’armement, Nantes (1913~1921).

Message par Rutilius »

Bonsoir à tous,


Le capitaine du trois-mâts carré Thiers de Juin 1911 à Novembre 1914


— LEBEAU Ernest François, né le 22 mars 1877 à Piriac (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique) et y décédé, le 2 août 1961.

• Fils de Pierre Marie LEBEAU et de Jeanne Marie LEBLAIN, son épouse.

• Époux d’Anna Marie CHAUVEL, née le 1er novembre 1887 à Mesquer (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique), avec laquelle il avait contracté mariage dans cette commune, le 19 octobre 1910 (Re-gistre des actes de mariage de la commune de Mesquer, Année 1910, f° 7, acte n° 11).

Fille de Pierre Marie CHAUVEL, né vers 1850, maître au cabotage, et d’Anne Marie BERTHO, née vers 1857, sans profession, son épouse (Registre des actes de naissance de la commune de Mesquer, Année 1887, f° 7, acte n° 39).

**********

Classe 1897, n° 2.361 au recrutement de Nantes. Capitaine au long-cours inscrit au quartier du Croisic, f° et n° 63 ; nommé par brevet du 24 avril 1901. Enseigne de vaisseau auxiliaire (4 avril 1918).

Lieutenant de port de 2e classe à Saint-Nazaire en 1927 (D. 15 avr. 1927, J.O. 17 avr. 1927, p. 4.349).

[Archives départementales de Loire-Atlantique — Quartier du Croisic — Matricule des capitaines de la Marine mar-chande — Capitaines au long-cours — 1883~1927, n° 10063, Cote 7 R 3/405, p. num. 37 et 38.]

Principaux embarquements antérieurs

— Trois-mâts La Tour-d’Auvergne (Compagnie maritime française, Nantes). Armé au long-cours à Nantes, n° 492 ; désarmé à Nantes, n° 445. Embarqué à Nantes, le 28 juin 1908 ; débarqué à Nantes, le 12 juillet 1909. Second capitaine.

— Trois-mâts La Pérouse (Société générale d’armement, Saint-Nazaire). Armé au long-cours à Nantes, n° 583 ; désarmé à Nantes, n° 167. Embarqué à Nantes, le 8 septembre 1909 ; débarqué à Nantes, le 31 juillet 1910. Second capitaine.

Embarquements sur le trois-mâts carré Thiers

— Trois-mâts Thiers (Compagnie maritime française, Nantes). Armé au long-cours à Nantes, n° 684 ; désarmé à Nantes, n° 391. Embarqué à Belfast, le 11 juin 1911 ; débarqué à Nantes, le 11 mai 1912. Capitaine.

— Le même (Compagnie maritime française, Nantes). Armé au long-cours à Nantes, n° 604 ; désarmé à Nantes, n° 536. Embarqué à Hull, le 5 juin 1912 ; débarqué à Nantes, le 7 juillet 1913. Capitaine.

— Le même (Compagnie maritime française, Nantes) (*). Armé au long-cours le 5 juin 1912 à Nantes, n° 604 ; désarmé à Nantes le 7 juillet 1913, n° 536. Capitaine.

— Le même (Société nouvelle d’armement, Nantes). Armé au cabotage international à Nantes, n° 621 ; désarmé à Nantes, n° 692. Embarqué à Bristol, le 16 août 1913 ; débarqué à Southampton, le 28 novembre 1914. Capitaine.

Embarquements postérieurs

— Cargo charbonnier Charles-Le Cour (Société anonyme des chargeurs de l’Ouest, Nantes). Armé au cabotage à Nantes, n° 586 ; désarmé à Brest, n° 45. Embarqué à Saint-Nazaire, le 14 avril 1915 ; débarqué à Brest, le 25 novembre 1915. Second capitaine.

— Cargo Les Baléares (Compagnie des chargeurs algériens réunis). Armé au cabotage international à Alger, n° 317 ; désarmé à Alger, n° 315. Embarqué à Nantes, le 26 avril 1916 ; débarqué à Bordeaux, le 16 juillet 1916. Second capitaine.

— Goélette Saint-Bernard (Armement Plisson, Bayonne). Armée au cabotage à Saint-Malo, n° 276 ; désarmée à Bayonne, n° 214. Embarqué à Saint-Malo, le 7 août 1916 ; débarqué à Bordeaux, le 21 septembre 1916. Capitaine.

— Goélette Saint-Bernard (Armement Plisson, Bayonne). Armée au cabotage à Saint-Malo, n° 276 ; désarmée à Bayonne, n° 214. Embarqué à Saint-Malo, le 7 août 1916 ; débarqué à Bordeaux, le 21 septembre 1916. Capitaine.

— Trois-mâts barque Jean-Pierre (Société en nom collectif C. Daniau fils aîné et Cie, Bordeaux). Armé au long-cours au Havre, n° 28 ; désarmé à Bordeaux, n° 76. Embarqué à Bordeaux, le 27 septembre 1916. Capitaine.

Bâtiment de 469 tx jb arraisonné et coulé le 18 février 1917 par le sous-marin allemand U-50 (Kapi-tänleutnant Gerhard Berger) à 95 milles dans le N. 80 W. du phare de La Coubre, par 45° 48’ N. et 3° 5’ W., alors qu’il allait de Sainte-Lucie à Bordeaux avec un chargement constitué de 350 t. de bois de campêche, 50 t. de bois d’acajou et 75 fûts de rhum. Équipage sauvé.

— Trois-mâts Masséna (..., ...). Armé au cabotage à Fécamp, n° 85 ; désarmé à ..., n° ... Embarqué à Fécamp, le 23 mai 1917 ; débarqué à Bordeaux, le 9 août 1917. Capitaine.

— Cargo charbonnier Alice-Depeaux (Armement François Depeaux, Rouen. Bâtiment réquisitionné par l’État français le 1er septembre 1916). Armé au cabotage à Saint-Nazaire, n° 142 ; désarmé à Saint-Nazaire, n° 132. Embarqué à Saint-Nazaire, le 4 janvier 1918 ; débarqué à Saint-Nazaire, le 16 février 1918. Second capitaine.

— ... Sapajou (..., ...). Armé au long-cours à Saint-Malo, n° 46 ; désarmé à Pointe-à-Pître, n° ... Embarqué à Saint-Malo, le 16 mars 1918 ; débarqué à Pointe-à-Pître, le 8 octobre 1918. Capitaine.

— Cinq-mâts schooner Dannemarie (..., ...). Armé au long-cours à La Rochelle, n° 36 ; désarmé à Oran, n° 16. Embarqué à La Pallice, le 24 janvier 1919 ; débarqué à Marseille, le 27 septembre 1919. Capitaine.

— ... / ...

Distinctions honorifiques

□ Médaille d’honneur des marins du commerce.

□ Par décret du 22 juillet 1937 (J.O. 28 juill. 1937, p. 8.512), nommé au grade de chevalier dans l’Ordre du Mérite maritime.

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(*) Formée pour 20 ans le 31 janvier 1899 à Paris, la société anonyme dite « Compagnie maritime française » fut dissoute par anticipation le 12 juin 1913 (Archives commerciales de la France, n° 25, Mercredi 8 avril 1914, p. 471). Son siège social était alors établi à Paris, au 33, rue Vivienne (IIe Arr.).
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
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