Re: VERDUN Gouvernement français

olivier 12
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Re: VERDUN Gouvernement français

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

VERDUN

Vapeur construit en 1902 au chantier Blumer & Co de Sunderland sous le nom d‘ EMBIRICOS. Pavillon grec.
2769 t Longueur 97 m Largeur 14 m 1 hélice
Rebaptisé PROCONISSOS en 1914
Saisi après les évènements d’Athènes et rebaptisé VERDUN en 1917
Armateur : Gouvernement français

Equipage

Image

Le naufrage du VERDUN. 28 Avril 1918

Rapport du capitaine

Quitté Sidi Abdallah le 27 Avril 1918 à 13h00 pour Sfax avec 25 fûts vides, un lot de 50 madriers et 800 kg de carbonate de soude.
Attendu hors des passes les torpilleurs 361 et 329, par grosse brise de NW. Mer grosse. Violent roulis. Les escorteurs nous rejoignent à 14h30.

A 16h10, le premier escorteur, qui est très loin sur notre arrière hisse un signal. Nous faisons demi-tour pour pouvoir le lire. Il nous indique « Continuez votre route suivant vos instructions », et rallie la terre.

Le 28 Avril à 11h30, aperçu la première bouée du chenal de Kerkenah, puis les suivantes. Ayant passé la bouée n° 4 et alors que nous allons mettre le cap sur la n° 5, à la position 34°49 N et 11°52 E, les hommes de veille crient « Une torpille à tribord ».
Vu le sillage à 200 m et commandé aussitôt « A droite toute ». Mais l’explosion se produit et des débris sont projetés jusqu’à l’arrière du navire. L’ancre bâbord casse ses saisines et la chaîne file jusqu’à l’étalingure. L’antenne TSF est arrachée. Le mât de charge avant est arraché, brisé et tombe dans la cale 2. Monsieur RIVECCI, officier mécanicien de quart stoppe la machine et fermes les portes étanches cale, soute et tunnel.

Fait amener les embarcations à hauteur d’eau. Le youyou tribord ayant ses garants coupés, tombe à la mer des le largage des saisines.
Donné le point au télégraphiste. Très calme et maître de lui, il envoie le message à trois reprises à pleine puissance car l’antenne est tombée.
Effectué une ronde et constaté que les cales 1 et 2 sont pleines d’eau. La cloison entre les deux cales est arrachée et le navire apique de l’avant. Constaté que le poste équipage est vide.
A 15h10, après avoir constaté que tout le monde a évacué, embarqué dans la baleinière tribord. L’hélice du VERDUN est complètement émergée. A 15h20, il plonge brusquement tandis que se dégage une épaisse fumée noire. L’avant touche le fond et l’arrière reste émergé, incliné à 50°.

Le sous-marin émerge alors sur tribord, stoppe près de mon canot et m’ordonne d’accoster. Des hommes sont au canon, lequel est braqué sur l’embarcation. Je monte sur le sous-marin et suis interrogé par le commandant.

Il me demande nom du navire, chargement, port de départ et destination. Puis il me demande la carte que j’avais dans l’embarcation et la consulte longuement. Il me désigne du bout de son crayon un point de la carte, celui où nous avons été coulés. Je lui explique que je venais de passer la bouée n° 4 et allait faire route sur la n° 5. Il me demande si je peux lui donner les instructions que nous recevons des autorités. Je lui réponds que non.
Je lui demande alors un verre d’eau et des pansements pour nos blessés. Il me les accorde de bonne grâce.
Il me demande ensuite « Avez-vous lancé un appel de détresse ? »Je lui réponds que non car l’antenne était tombée et démolie. Il me répond : « C’est une bonne chose pour nous ».
Je lui demande alors si je peux me retirer. Il me répond : « Non, pas encore, un instant… » Il fait mander un timonier qui lui apporte un gros livre rouge qu’il consulte quelques minutes.

Je lui demande alors s’il ne pourrait pas remorquer nos embarcations vers la côte. Son second y paraît tout disposé mais, finalement, le commandant s’y oppose.
Jusque là, l’entretien s’était déroulé en mauvais anglais émaillé de mots français. Mais au moment où je regagne mon embarcation, il m’interpelle en bon français et me demande :
-« Quand pensez-vous que cette guerre va finir ? »
Je lui réponds :
-Je n’en sais rien… Et vous ? »
Il prend alors un air narquois et n’insiste pas davantage.

Le sous-marin fait ensuite route sur le canot du second, Monsieur BOUILLON, qui monte aussi à bord et est interrogé à son tour. Puis nous sommes autorisés à faire route sur la terre.
Nous faisons route pour passer au Sud des bouées de Kerkenah. Petite brise de SSE. Pour éviter la dispersion, j’ai pris en remorque le youyou et l’autre embarcation. Au petit jour du 29, nous faisons route sur la cheminée de l’usine de La Chabbah.
A 15h30 le 29 Avril, nous sommes recueillis par les vedettes 15 et 20 qui nous prennent en remorque et nous ramènent à Sfax à 18h30.

L’équipage a fait preuve de sang froid et de calme. Je cite particulièrement Monsieur Bouillon, le second capitaine, qui a organisé l’évacuation.
Je signale le matelot Printemps, de veille dans la vigie, qui a été cruellement blessé au visage et à la main droite et a fait preuve d’une grande énergie, ainsi que le matelot Le Floch, sur le pont au moment de l’explosion et qui a été blessé au bras.
Le lieutenant Leleous et le matelot Portanguen, qui étaient de quart, ont été précipités en bas de la passerelle par l’explosion. Ils se sont aussitôt remis sous mes ordres. Le 3e mécanicien, Monsieur Rivecci, a eu des réactions exemplaires.

Description du sous-marin


50 m de long
Pas de numéro
Guibre en dos d’âne, d’une seule pièce
Coupe-filets en dents de scie sur l’avant
Kiosque cylindrique avec deux périscopes
1 canon de 90 mm sur l’avant
Antenne de l’avant à l’arrière

Voici la silhouette dessinée par le 2e capitaine Bouillon


Image

Et celle dessinée par le chef mécanicien Orliange

Image

Commandant
Très jeune, 23 ou 24 ans. Blond, rasé, taille moyenne, allure distinguée, attitude correcte mais physionomie plutôt réservée et renfermée. Tête nue. Pas de galons. Tenue de drap vert comme celle des troupes de terre.
Second
Même âge, même silhouette et plutôt jovial.

Vu aussi un sous-officier, sans doute timonier, l’air dur, barbe rousse mal soignée, vêtu d’un caban bleu.

Commentaire de l’officier enquêteur

Je signale que Sousse, informé de la descente d’un convoi, avait envoyé une reconnaissance à sa rencontre. A cause du temps agité, la section est rentrée sans avoir accompli sa mission. Les torpilleurs ont abandonné VERDUN peu après le départ, ne pouvant le suivre à cause du mauvais temps. Ils en ont averti Bizerte.
C’est le 29 au matin que, ne voyant pas arriver le VERDUN qui aurait du mouiller en fin de nuit, Sfax s’est inquiété. Ils ont alors appris que VERDUN était sans escorte et que de plus, un voilier venait d’être attaqué au canon près de la côte. L’intervention des avions côtiers a sauvé le voilier. Les hydravions ont aperçu le sous-marin en plongée à côté du voilier et lui ont lancé six bombes qui l’ont peut-être mis hors de combat, ou tout au moins simplement contraint à fuir. On ne l’a pas revu sur la côte tunisienne depuis cette époque.
La section des vedettes a rencontré les embarcations du VERDUN au large de La Chabbah quelques heures plus tard.

Il est quand même regrettable que l’information « VERDUN sans escorte » n’ait pas été communiquée à Sousse et Sfax. Des reconnaissances aériennes auraient pu empêcher son torpillage, ou au moins lui assurer une protection. Une section de chalutiers ou de torpilleurs de Sousse aurait fort bien pu prendre la mer.

Le sous-marin attaquant

C’était l’UC 20 de l’OL Heinrich KUKAT dont voici la photo.

Image

Cet officier, originaire de Prusse orientale, venait d’avoir 27 ans. Il paraissait effectivement plus jeune et correspond tout à fait au portrait qu’en fait le capitaine Le Bastard.
Il trouvera la mort le 3 Avril 1920 lors de combats contre les révolutionnaires de la Rhur. Son frère, Hans, était aussi commandant de sous-marin.

Cdlt
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olivier
Rutilius
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VERDUN, ex-Proconissos ― Cargo — État français.

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Bonsoir à tous,

Le vapeur Proconnisos, propriété à 83 % d'un sieur Nicolaos J. Eusthathyades, ressortissant ottoman qui n’avait été naturalisé grec que le 17 août 1915, fut capturé le 29 août 1916 à Bordeaux, le procès-verbal correspondant ayant été établi le même jour par Pierre Édouard LANUX, capitaine au long-cours, inspec-teur de 3e classe de la navigation maritime qui venait d’être affecté au port de Bordeaux (Déc. min. 16 mai 1916, J.O. 19 mai 1916, p. 4.397).

La capture du bâtiment, avec ses agrès, apparaux et accessoires, fut déclarée « bonne et valable » par le Tribunal des prises lors de sa séance du 15 février 1917, au motif que la naturalisation en pays neutre, pour pouvoir être invoquée à bon droit en matière de prises maritimes, devait être antérieure de trois mois au moins à l’ouverture des hostilités (Règl. du 26 juill. 1778, art. 6, remis en vigueur par l’Arr. des Consuls du 29 Frimaire, an VIII). Or, en la circonstance, l’état de guerre entre la France et la Turquie existant en fait depuis le 29 octobre 1914, l’intéressé n’avait pas cessé, à cette date, d’être sujet ottoman, de sorte que le navire lui appartenant pouvait être valablement capturé comme propriété ennemie, quoique bat-tant pavillon grec.

(Conseil des prises, 17 févr. 1917, « Navire Proconnisos » : J.O. 21 mars 1917, p. 2.285 ; Revue générale de droit international public, T. 24, 1917, Jurisprudence des prises, p. 52).

Le recours formé en appel contre cette décision fut rejeté en appel par le Président de la République (V. D. 5 juin 1924, J.O. 22 juin 1924, p. 5.589 ; Revue générale de droit international public, T. 32, 1925, Jurisprudence des prises, p. 29).

Nota : En droit, un navire capturé devient la propriété non point du « Gouvernement français », qui, en tant que tel, n'est pas doté de la personnalité juridique, mais plus exactement de l’ « l’État français ». Au reste, lorsque le Ministre de la Marine saisissait a posteriori le Conseil des prises, et selon la formule alors en usage, il agissait « au nom et comme représentant de l’État français ».
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
olivier 12
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Re: VERDUN Gouvernement français

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Attaque par un sous-marin le 6 Mars 1918

36 hommes d’équipage avec le capitaine.
Navire muni de TSF
Transporte 4100 tonnes de charbon

Rapport du capitaine

Durant la traversée Bizerte – Messine, en convoi avec les navires SUZETTE FRAISSINET, CANADIAN, ALBERGEN et DAITEN MARU, VERDUN a été torpillé sans résultat dans les circonstances suivantes :

Le 6 Mars, VERDUN était depuis 15h00 à l’arrière du convoi à cause de sa vitesse qui avait diminué par la mauvaise qualité du charbon. DAITEN MARU avait lui aussi perdu sa place dans le convoi et se trouvait à 800 m sur la droite de VERDUN. A 17h50, après avoir doublé le cap San Vito (Sicile) DAITEN MARU a été torpillé par bâbord et a coulé. J’ai aussitôt mis l’équipage aux postes de combat. Quelques secondes après l’explosion de la torpille, j’entendis le cri « Un sillage par tribord arrière » poussé par des matelots, dont le canonnier Riou, de la pièce arrière. Mis sans hésitation la barre toute à gauche et le navire obéit immédiatement. Je vis très distinctement le sillage passer à 20 m sur l’arrière. Ce sillage était sans aucun doute celui d’une torpille lancée sur VERDUN par le sous-marin, après qu’il eût lancé la première sur le vapeur japonais. Sans la manœuvre que j’ai faite, VERDUN aurait été torpillé avec succès par tribord arrière, par le travers de la cale 3 ou 4. DAITEN MARU ayant été torpillé par bâbord, le sous-marin se trouvait entre le vapeur japonais et le VERDUN (Schéma ci-joint).

Image

Tout le convoi s’est déporté sur la gauche. Une grenade a été lancée sur le sous-marin par le chalutier HARLE qui se trouvait à 700 m sur l’arrière de VERDUN. Le chef d’escorte MALICIEUSE était sur tribord du convoi, sur notre avant et le chalutier ROCHEBONNE en éclaireur. MALICIEUSE a fait en scott un signal que nous n’avons pas compris. Le Japonais a envoyé un SOS et MALICIEUSE a lancé le « Allo ».

Position de l’attaque 38°24 N 13°02 E à 17h55

En cette circonstance, je n’ai qu’à me louer de la conduite des officiers du bord et de mon équipage, personnel militaire compris, qui a été tout à fait digne d’éloges. Tous ont montré le plus grand sang froid et étaient à leur poste de combat, prêts à défendre chèrement leur navire. J’ai l’honneur de vous demander pour ces humbles travailleurs de la mer, sans cesse à la peine, la récompense que vous jugerez digne de leur faire obtenir.

Signé : Clément CARABIN Capitaine du VERDUN (Lieutenant au Long Cours, inscrit à Marseille)

Déposition du second capitaine BOUILLON

J’ai vu l’explosion du Japonais et entendu l’alerte donnée par le veilleur arrière. Après que le capitaine eut fait mettre au poste de combat, j’ai vu le sillage de la torpille sur l’arrière. J’ai rallié mon poste de combat et ne peux donner d’autres précisions.

Déposition du canonnier breveté Louis RIOU

J’ai aperçu, quelques secondes avant l’explosion du Japonais et sur tribord à une centaine de mètres le sillage d’une torpille venant à 90°. Il venait de la direction du Japonais qui était sur notre tribord. Après avoir donné l’alerte, je me suis occupé de ma pièce et l’ai pointée dans le gisement du but. J’ai alors remarqué que le sillage était passé à une vingtaine de mètres sur l’arrière du VERDUN. L’armement a rallié, mais nous n’avons pas pu tirer car le HARLE s’est porté sur la position supposée du sous-marin ennemi.

Autre homme de l’équipage interrogé : Raoul AUCLAIR, Second Maître fusilier, chef de section, qui était sur la passerelle au moment de l’explosion du Japonais et décrit le même déroulement des faits.

Le sous-marin attaquant

C’était le fameux U 35 du Kptlt LOTHAR von ARNAULD DE LA PERIERE. VERDUN eut ce jour-là beaucoup de chance car Von Arnauld était un redoutable adversaire qui manquait rarement ses cibles.

Le DAITEN MARU était l’ancien LANCASHIRE, 4244 t, lancé en 1889 au chantier Harland & Wolf de Belfast et devenu japonais en 1913. Il n’y eut aucune victime. (Voir ce lien : http://www.uboat.net/wwi/ships_hit/1542.html)

Cdlt
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olivier
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VERDUN, ex-Proconissos ― Cargo — État français.

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Bonsoir à tous,

A la suite de la perte du cargo Verdun, lui fut ultérieurement accordé par le Ministre de la Marine un témoignage officiel de satisfaction « pour l’entraînement et le sang-froid dont son personnel a fait preuve, lors d’attaques de ce bâtiment à la torpille. » (J.O. 11 juill. 1918, p. 5.975).
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Dernière modification par Rutilius le jeu. juin 04, 2020 12:23 pm, modifié 3 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.
olivier 12
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Re: VERDUN Gouvernement français

Message par olivier 12 »

Bonjour à tous,

Attaque par un sous-marin le 3 Avril 1918 et le 5 Avril 1918

Vapeur de 2664 t armé d’un canon de 90 mm à l’avant et d’un canon de 95 mm à l’arrière
Indicatif LHNX
Affrété par l’Etat. Sur lest
Capitaine CARABIN Clément
Position de l’attaque du 3 Avril : 33°31 N 22°20 E
Position de l’attaque du 5 Avril : 34°42 N 15°42 E
Escorteurs : 1 chalutier anglais + PAX et LANSQUENET.

Armement des canons :

- AUCLAIR Raoul QM canonnier 26251.1
- DELAM Constant Fusilier breveté Caen 9373
- RIOU Louis Canonnier breveté Le Conquet 418
- GAUBERT Louis Servant Bordeaux 175
- VITO Joseph Aide canonnier Oran 2548
- DOMMANGE Edouard Aide canonnier Martigues 1347
- BOISARIEUX Auguste Aide canonnier Douarnenez 9091

Rapport du capitaine

VERDUN a été torpillé le 3 Avril 1918 puis le 5 Avril 1918. Il a réussi à couler le sous-marin ennemi qui l’a torpillé le 5 Avril. Ces évènements se sont déroulés dans les conditions suivantes.

Le 3 Avril à 08h50 à 50 milles environ du canal de Cerigotto, par beau temps et mer plate, l’homme de barre signale un sillage par bâbord arrière. Etant sur la passerelle basse, je monte d’un bond sur la passerelle haute et je vois nettement la torpille venir à une vitesse vertigineuse à 60° sur bâbord arrière. A cet instant, le 2e capitaine, de quart, et l’homme de barre mettent, en même temps que mon commandement, la barre toute à droite. Le navire obéit aussitôt et je vois de la manière la plus frappante la torpille passer à 15 m de l’avant. Elle coule ensuite à 400 m sur tribord. Je continue à zigzaguer après l’attaque.

Le 5 Avril à 13h20, l’homme de vigie signale qu’il vient de voir un point luisant à 45° sur bâbord avant, dans le soleil. D’un bond, je monte sur la passerelle haute et je vois, en même temps que les hommes de veille le sillage d’une torpille à 400 m sur bâbord avant à 45°. Je commande, ainsi que le lieutenant de quart à ce moment, barre à gauche toute. Mais la torpille a été lancée à 500 m environ du navire et ce dernier, malgré la manœuvre prompte et rapide, n’a pas le temps nécessaire pour abattre du nombre de degrés voulu pour suivre une direction parallèle à celle de la torpille. Celle-ci passe sous l’avant du navire et traverse suivant la diagonale du panneau de la cale 1.
Deux minutes plus tard, je vois par le travers bâbord le sillage du sous-marin, ainsi que son périscope et une masse noire qui apparaît au ras de l’eau. Je fais ouvrir immédiatement le feu par les canonniers des deux pièces qui ont aperçu l’objectif à environ 1500 m. En même temps, je viens à gauche pour foncer sur lui.
Au 2e coup de canon, je vois de la façon la plus nette une masse noire qui est l’avant du sous-marin, émerger en dehors de l’au, et le 3e coup de canon arrive simultanément au but. L’avant disparaît en faisant un angle de 20° avec la surface de l’eau. J’ai la conviction intime que VERDUN a coulé le sous-marin et je l’affirme de la façon la plus formelle, en mon âme et conscience.
Tous les signaux prévus par les instructions ont été faits et toutes les précautions prises pour le salut commun du navire et de l’équipage. Telles sont succinctement les actions d’éclat successives opérées par l’équipage de ce navire. Tous ont fait preuve en ces circonstances d’un courage admirable, d’un grand calme, de beaucoup de sang froid, et ont montré devant le danger le plus grand mépris de la mort, heureux et fiers de se rendre utiles pour leur patrie.
J’ai en conséquence l’honneur de demander pour ces braves gens, travailleurs infatigables de la mer, les récompenses que vous jugerez digne de leur faire obtenir. Ils ont été à la peine et il est juste qu’ils soient à l’honneur.

Je vous fais aussi savoir que VERDUN avait été torpillé une première fois le 6 Mars 1918 lors d’une traversée Bizerte – Corfou. Il avait dû son salut à la manœuvre faite par nos soins. Enquête faite à Sidi Abdallah le 9 Mars.

Voici le schéma des deux attaques

Image

Conclusions du rapport de la commission d’enquête présidée par le LV DEVILLERS (Attaque du 5 Avril)

VERDUN a ouvert le feu sur le sous-marin et sur les 5 coups, 4 ou 4 ont paru au but. Une masse noire a émergé au dessus de l’eau, puis disparu en faisant un angle de 20° avec la surface. Le capitaine et tous les hommes du bord sont unanimes à déclarer que la masse noire entrevue était l’avant du sous-marin et que celui-ci a coulé par l’arrière.
Mais mis en présence du tableau des silhouettes de sous-marins, les témoins ont dû reconnaître qu’avant et arrière d’un sous-marin, vus de façon imparfaite et pendant peu de temps peuvent être aisément confondus.
Je considère donc l’hypothèse soutenue par le capitaine de VERDUN qu’il a coulé le sous-marin comme très hasardeuse et insuffisamment établie. Me basant sur les renseignements tirés de circonstances analogues, j’estime que le tir de VERDUN est tombé très près du sous-marin, et que peut-être même le kiosque a pu être atteint. Le sous-marin a alors plongé très brusquement avec une pointe d’une vingtaine de degrés, ce qui a fait émerger son arrière un instant avant de disparaître.
Ceci posé, il n’en reste pas moins que la manœuvre du capitaine a été excellente, exécutée rapidement, et que le tir des pièces immédiatement déclenché a été précis. Je demande donc un Témoignage Officiel de Satisfaction pour l’EV Carabin et l’équipage de son bâtiment.

Récompenses

Témoignage Officiel de Satisfaction du Ministre

CARABIN Clément EV de réserve Capitaine

A par son sang froid et sa décision assuré le salut de son bâtiment au cours de trois attaques par des sous-marins ennemis

Equipage du VERDUN

A fait preuve de discipline et de sang froid et coopéré à la conservation du bâtiment au cours de trois attaques par des sous-marins.

Lettre du capitaine CARABIN au CV Chef d’Etat-Major. 18 Juillet 1918

J’ai l’honneur de vous rendre compte que le Ministre de la Marine m’a accordé deux témoignages officiels de satisfaction pour les attaques à la torpille que j’ai eues les 6 Mars, 3 Avril et 5 Avril 1918. Je vous rends compte que le matelot PALANCO, inscrit à Philippeville, qui a signalé la torpille du 3 Avril n’a eu aucune récompense, alors que ses collègues qui ont signalé les torpilles des 6 Mars et 5 Avril ont été récompensés.

D’autre part, dans mon rapport remis au LV DEVILLERS, commandant de l’AMBC à Sidi Abdallah, j’ai relaté sous la foi du serment que j’avais coulé le sous-marin ennemi qui m’avait attaqué à la torpille le 5 Avril à 13h20. Je spécifiais dans ce rapport dans quelles conditions et de quelle façon ce sous-marin avait été coulé, son avant faisant un angle de 30° minimum avec la surface de la mer et sa quille étant hors de l’eau. Il était à 1000 m de mon navire et il faisait calme plat. J’ai fait citer devant le LV Devillers tout mon équipage qui a déclaré de la façon la plus formelle que le sous-marin avait été coulé et, de plus, j’ai remis une déclaration écrite par le matelot timonier LENFANT, embarqué à mon bord de Milo à Malte, et chargé des signaux à faire pendant la traversée. Le sous-marin a été touché à quatre reprises différentes sur l’arrière du kiosque et la façon dont il a coulé ne laisse aucun doute sur le sort qu’il a eu. En mon âme et conscience, devant Dieu et devant les hommes, je jure d’avoir dit la vérité.

En conséquence, je vous demande de bien vouloir transmettre à l’Autorité Supérieure la présente demande afin qu’une enquête soit faite à ce sujet par 3 officiers. La commission d’enquête de Sidi Abdallah n’était représentée que par un seul officier, le LV DEVILLERS.

Note manuscrite du CV Chef d’état-major au bas de la lettre

Transmis au VA Commandant en Chef, Préfet Maritime.
Monsieur l’EV CARABIN est très affirmatif : pour lui, le sous-marin qui le 5 Avril a lancé une torpille contre le VERDUN a été coulé. Il en a la conviction intime fondée sur la position anormale du sous-marin au moment où il a disparu.
Ce n’est pas l’avis de la commission d’enquête qui estime, elle, au contraire, que le sous-marin n’a pas été détruit et qu’il a plongé normalement.
Sans vouloir diminuer les mérites réels du commandant du VERDUN, je crois cependant qu’il y a lieu de s’en tenir à la décision ministérielle qui lui a accordé un Témoignage Officiel de Satisfaction.

Note du LV DEVILLERS


En réponse à la note ci-dessus j’ai l’honneur d’informer Monsieur le CA Major Général que dans la commission d’enquête du VERDUN, il est exact que les dépositions ont été recueillies par moi seul sur délégation du commandant MARTEL, Président de cette commission. Mais les questionnaires réglementaires ainsi que toutes les pièces du dossier, le rapport de mer du capitaine, les dépositions certifiées des témoins, ont été soumis à la commission d’enquête qui a rédigé ses conclusions en plein accord. Pour mon compte personnel, je ne puis que les maintenir.

En ce qui concerne le matelot PALANCO, son nom n’a pas été mentionné dans le rapport de mer du commandant du VERDUN. Il n’a donc été l’objet d’aucune proposition de récompense de la part de la commission. L’EV CARABIN pourrait fournir une annexe à son rapport de mer du 3 Avril en mentionnant que cet homme à signalé le premier le sous-marin et en le proposant pour une récompense. Le rapport doit être transmis à le DGGSM pour être joint au dossier.

Réponse du Préfet Maritime de l’arrondissement algéro-tunisien, Gouverneur de Bizerte. Amiral GUEPRATTE

J’estime l’incident clos. Je ne transmets cette lettre au Ministre que pour déférer au vœu formulé par l’officier pétitionnaire.

Note du 31 Octobre 1918 du VA SALAUN, Direction Générale de la Guerre sous-marine et du Renseignement

1. Le sous-marin qui a attaqué VERDUN n’a pas été coulé. Il est rentré à sa base le 10 Avril.
2. L’EV Carabin avait déjà adressé une demande le 18 Juillet par la voie hiérarchique pour qu’une nouvelle enquête soit faite.
3. Quel que soit le nombre des membres d’une commission d’enquête, son rôle est de recueillir les dépositions. Elle est incapable de se prononcer sur le sort d’un sous-marin attaqué. Seul le service central de la DGGSM est susceptible de le faire.
4. Monsieur Carabin a reçu un témoignage officiel de satisfaction du Ministre le 9 Juillet 1918.
5. L’affirmation faite sous la foi du serment d’avoir coulé un sous-marin montre que cet officier ne connaît pas la valeur des mots. Ses rapports dénotent chez lui beaucoup d’agitation.
6. L’insistance de ses démarches en vue d’obtenir une récompense dont il n’est pas juge, après la sanction donnée à la première par ses chefs hiérarchiques, est la marque d’une indiscipline qu’il serait regrettable de voir encouragée.

Note de l’Etat Major pour le personnel militaire. Février 1919

Je transmets le dossier ci-joint au Chef du Service du Personnel militaire, accompagné de la note du 31 Octobre 1918 de la DGGSM.
Une nouvelle réclamation est parvenue aujourd’hui au Département, par l’intermédiaire du Chef du Cabinet Civil du Ministre de la Guerre.

L’Etat Major de la 2e section estime que les arguments de la note du 31 Octobre gardent toute leur valeur. Mais Monsieur Carabin n’a aucune tendance à diminuer ses mérites. Même, il n’hésite pas à se décerner des éloges exagérés.
Mais l’attribution de la Croix de Chevalier de la Légion d’Honneur ne saurait se faire d’après les seules déclarations des intéressés.

Les sous-marins attaquants

3 Avril
Le sous-marin n’est pas identifié. On pourrait penser à l’UC 34 de Horst OBERMULLER qui avait semble-t-il l’habitude de croiser dans ces parages. Mais je ne sais s’il s’y trouvait à cette date.

5 Avril
Le sous-marin n’est pas identifié non plus. Mais c’était probablement le sous-marin autrichien KUK U 29 du Kptlt Leo PRASIL, qui lui était bien sur cette zone. Il est évident qu’il n’avait pas été coulé. Peut-être la précision donnée sur un retour du sous-marin à sa base le 10 Avril 1918 pourrait-elle permettre de l’identifier avec plus de certitude.

Cdlt
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Bonjour à tous,


Capitaines successifs du cargo Verdun durant la Grande guerre


— LE BASTARD Eugène Auguste Marie, né le 7 octobre 1891 à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Capitaine au long-cours, inscrit au quartier de Saint-Malo, n° 800 [Initialement Inscrit au même quartier, n° 8.274] ; classe 1911, n° 1.297 au recrutement de Saint-Malo.

• Fils de Charles Louis LE BASTARD, né le 2 avril 1864 à Saint-Malo, commis de négociant, et de Marie Eugénie LAFOURCADE, née le 13 septembre 1867 à L’Île-Saint-Pierre-de-Terre-Neuve (Saint-Pierre-et-Miquelon), « ménagère » ; époux ayant contracté mariage à Saint- Malo, le 8 décembre 1888 (Registre des actes de mariage de la ville de Saint-Malo, Année 1888, f° 38, acte n° 72. ~ Registre des actes de nais-sance de la ville de Saint-Malo, Année 1894, f° 50, acte n° 103.).

• Époux de Marcelle Marie Françoise BLANDIN, née le 20 juillet 1893 à Saint-Servan (Ille-et-Vilaine), employée des postes, avec laquelle il avait contracté mariage dans cette commune, le 23 juillet 1917 (Registre des actes de mariage de la commune de Saint-Servan, Année 1917, f° 27, acte n° 50).


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Capitaine au long-cours, inscrit au quartier de Saint-Malo, n° 800 [Initialement inscrit au même quartier, n° 8.274] ; classe 1911, n° 1.297 au recrutement de Saint-Malo.

En 1915, embarqué en qualité de lieutenant sur le ravitailleur de l’armée d’Orient Saint-Louis-V, ex-cargo de la Société de navale de l’Ouest (S.N.O.), du Havre.

Disparu le 3 octobre 1918 avec le cargo Saint-Luc, propriété de la même société, à bord duquel il était embarqué en qualité de second capitaine. Bâtiment coulé par le sous-marin allemand UB-105 (Oberleut-nant zur See Rudolf PETERSEN) dans le N.W. d’Alger, à 48 milles dans le Nord du cap Tenès, alors qu’il allait de Sfax (Tunisie) à Rouen.

Distinction honorifique

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 20 mars 1922 (art. 1er ; J.O. 2 avr. 1922, p. 3.653 et 3.654), inscrit à titre posthume au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier dans les termes suivants :

« Disparu en mer, le 3 octobre 1918, au cours d’une attaque de son bâtiment par l’ennemi. Croix de guerre avec étoile de bronze. »

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— CARABIN Clément Marius Philippe, né le 14 août 1887 à Bastia (Corse) et décédé le 27 mars 1971 à Paris (XVe Arr.). Capitaine au long-cours, inscrit au quartier de Marseille, n° 7.097 ; enseigne de vaisseau de 1re classe de réserve ; classe 1907, n° 500 au recrutement de Bastia.

• Fils de Charles Joseph Antoine César CARABIN, né le 7 septembre 1859 à Calvi (Corse), pharmacien aide-major [En 1915, pharmacien principal de 2e classe, attaché à l’Hôpital Villemin, à Paris], et de Tomasina MARCANTONI, née vers 1858, sans profession ; époux ayant contracté mariage à ... (...), le 16 octobre 1879 (Registre des actes de naissance de la ville de Bastia, Année 1887, f° 111, acte n° 435).

• Époux de Charlotte Calixte RIBS, née le 14 octobre 1879 à Mustapha (Département d’Alger, Algérie), avec laquelle il avait contracté mariage à Alger, le 22 mai 1920.

Fille de Jacques RIBS, né le 9 novembre 1846 à Monswiller (Bas-Rhin), employé d'une compagnie de chemin de fer, et de Barbe Brigitte ROBERT, née le 4 décembre 1858 à Kouba (Département d’Alger, Algérie), repasseuse ; époux ayant contracté mariage à Mustapha, le 29 juin 1878 (Registre des actes de mariage de la commune de Mustapha, Année 1878, f° 39, acte n° 39. ~ Registre des actes de naissance de la commune de Musta-pha, Année 1879, f° 85, acte n° 334.).

Carrière maritime

Capitaine au long-cours, inscrit au quartier de Marseille, n° 7.097, puis, après-guerre, au quartier d’Alger, n° 33.

A également commandé le patrouilleur auxiliaire (arraisonneur) Jean-Bart-II (1914~1916), ex-cargo de la Compagnie des bateaux à vapeur du Nord, de Dunkerque.

En Février 1917, nommé enseigne de vaisseau de 2e classe dans la réserve de l’armée de mer (J.O. 14 févr. 1917, p. 1.204) ; rattaché au port de Toulon (J.O. 18 févr. 1917, p. 1.324).

Par décret du 9 avril 1918 (J.O. 14 avr. 1918, p. 3.132), promu au grade d’enseigne de vaisseau de 1re classe dans la réserve de l’armée de mer.

Par décret du 27 janvier 1925 (J.O. 7 févr. 1925, p. 1.480), promu au grade de lieutenant de vaisseau dans la réserve de l’armée de mer, demeurant rattaché au port de Toulon.

Rayé de la matricule des gens de mer le 28 janvier 1934.

Distinctions honorifiques

□ Par arrêté du Ministre de la Marine en date du 7 novembre 1920 (J.O. 9 nov. 1920, p. 17.939 et 17.946), inscrit au tableau spécial de la Légion d’honneur pour le grade de chevalier dans les termes suivants :

« Carabin (Clément-Marius-Philippe), enseigne de vaisseau de 1re classe auxiliaire : commandant l’arraisonneur Jean-Bart et le Verdun, a fait preuve en maintes circonstances de sang-froid et de qualités de marin ; a mérité à trois reprises des témoignages de satisfaction du ministre. »

□ Par décret du Président de la République en date du 3 février 1923 (J.O. 26 févr. 1923, p. 1.267 et 1.268), lui fut attribuée la mention honorable « pour services exceptionnels rendus à la mutualité en Algérie ». Alors administrateur de la société La Corse, à Alger.

□ Par décision du Ministre de la Marine en date du 27 novembre 1925 (J.O. 31 mars 1926, p. 3.961), lui fut attribuée une médaille de sauvetage en argent de 2e classe « pour s’être jeté à la mer, le 4 décembre 1915, dans le port d’Oran, et avoir sauvé un matelot belge en danger de se noyer ».

□ Par arrêté du Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-arts en date du 20 février 1929 (J.O. 13 févr. 1929, p. 2.252 et 2.124), nommé officier de l’instruction publique pour « services rendus à l’ensei-gnement professionnel ». Alors domicilié à Alger.

□ Par décret du 11 août 1930 (J.O. 15 août 1930, p. 9.482), nommé au grade d’officier dans l’Ordre du Mérite maritime.

□ Par décret du 11 août 1930 (J.O. 14 août 1933, p. 8.830), promu au grade de commandeur dans l’Ordre du Mérite maritime.
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Dernière modification par Rutilius le jeu. juin 04, 2020 1:52 pm, modifié 3 fois.
Bien amicalement à vous,
Daniel.
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VERDUN, ex-Proconissos ― Cargo — État français.

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,


□ Après sa capture dans le port de Bordeaux, le 29 août 1916, le cargo Proconnisos, fut, pour le compte de l’État, immatriculé dans ce quartier sous le nom de Verdun, f° 1.598, n° 4.622. Il jaugeait officiellement 2.609 tx bruts et 1.664,44 tx nets ; son indicatif d’appel était L.H.X.N.

Au vu d’un congé provisoire délivré le 6 septembre 1916 par l’administration des Douanes de Bordeaux, ce bâtiment fut armé dès le lendemain pour un premier voyage au cabotage, n° 460 ; il fut désarmé le 7 octobre 1917 au Havre, n° 245. A son départ de Bordeaux, son état-major était ainsi constitué :

Capitaine : NOLLENT Paul Gustave Jules, né le 25 juillet 1872 à Béthune (Pas-de-Calais). Capitaine au long-cours, inscrit au quartier de Calais, n° 22. Classe 1892, n° 1.531 au recrutement de Béthune.

Capitaine en second : BERTHO Gabriel, né le 22 novembre 1874 à Mesquer (Loire-Inférieure — aujourd’hui Loire-Atlantique). Capitaine au long-cours [Nommé par brevet du 9 avril 1902], inscrit au quartier du Croisic, n° 54. Classe 1894, n° 3.297 au recrutement de Nantes.

[Débarqué le 28 avril 1917 à Bordeaux après avoir été condamné le 28 mars précédent à 8 jours d’arrêt simple, avec service, pour « attitude incorrecte à l’égard de son commandant, négligence et paresse en service ». Du 19 mai 1918 au 3 août 1919, a exercé le commandement du quatre-mâts barque Pacifique, ex-Barmbek allemand, de la Compagnie navale de l’Océanie.]

Lieutenant : LALÉOUS Joseph François, né le 12 avril 1883 à Bangor (Belle-Île, Morbihan), officier de la Marine marchande, inscrit au quartier de Belle-Île, f° 228, n° 128. Classe 1900, n° 3.615 au recrutement de Lorient.

Chef mécanicien : GOUDIER Ernest, né le 25 août 1867 à Condé-sur-Noireau (Calvados), officier mécanicien breveté de 1re classe, inscrit le 2 décembre 1891 au quartier du Havre, f° et n° 3.415. Classe 1887, n° 648 au recrutement de Falaise.

[Débarqué le 28 avril 1917 à Bordeaux. D’Août 1903 à Mai 1905, chef mécanicien du Français, navire de la première expédition antarctique française dirigée par le docteur Jean-Baptiste CHARCOT.]

Deuxième mécanicien : BROUQUIÈRE Eugène Henri Georges, né le 30 avril 1873 à Belmonte (Californie, États-Unis), officier mécanicien breveté de 1re classe, inscrit le 30 mai 1898 au quartier du Havre, f° et n° 4.301. Classe 1893, n° 1.142 au recrutement de Tarbes.

[Débarqué le 15 octobre 1916 à Bizerte.]

Troisième mécanicien : ORLAINGE Jean-Louis, né le 23 juin 1882 à Bordeaux (Gironde), officier mécani-cien breveté de 1re classe, inscrit le 27 juillet 1904 au quartier de Bordeaux, f° et n° 9.068. Classe 1904, n° 2.615 au recrutement de Bordeaux.

[Passé deuxième mécanicien le 15 octobre 1916. Passé chef mécanicien le 29 avril 1917.]

Le cargo Verdun avait été armé défensivement d’un canon de 65 mm à tir rapide, doté d’une provision de 150 obus.

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Inscription maritime du Havre — Désarmement des bâtiments de commerce, n° 245, 7 octobre 1917 : Archives départementales de la Seine-Maritime, Cote 6P6_781, p. num. 302 et s.
Bien amicalement à vous,
Daniel.
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