PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

alain13
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Re: PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

Message par alain13 »

Bonjour,

Le 8 juin 1917, le petit patrouilleur PAPILLON, ex baleinier norvégien, escorte une flottille de 17 bâteaux de pêche à environ trente milles au sud de Belle-Ile. Il est commandé par le premier-maître de manoeuvre Rideller. Apercevant dans le sud un sous-marin navigant en surface, " il se dirige sur lui à toute vitesse et ouvre le feu à 6.000 mètres avec sa pièce de chasse, en même temps que le dundee armé BERCEAU de l'OCEAN ". Le sous-marin prends la fuite, accompagné par 59 coups de canon.
" Soudain, vers 9h50, Rideller aperçoit par babord un deuxième sous-marin en demi-plongée qui gouverne sur lui...."
Au troisième coup de canon le sous-marin parait touché et plonge.
Pas d'affolement, après quatre jours de pêche sans autre incident, le PAPILLON ramène à Port-Louis tout le groupe de pêcheurs.

Le 4 aout 1917 à 8h25, le même petit PAPILLON maintenant commandé par le maître de timonerie DINOT, escorte à nouveau et dans la même zône la flottille de pêche de Port-Louis.
".... se trouvait à une trentaine de milles à l'ouest de l'île d'Yeu, faisant route au sud, lorsqu'il aperçut, à environ 3 milles de distance par babord, un sous-marin en surface gouvernant au sud-ouest, c'est à dire suivant à peu près la route de la chaussée des Boeufs.
Malgré la brise fraîche et la mer houleuse, le brave petit patrouilleur n'hésite pas à à mettre le cap sur le sous-marin... et ouvre le feu à 5.000 mètres".
Le sous-marin plonge et le PAPILLON rejoint sa flottille.
" Heureusement, car une quarantaine de minutes plus tard, à 9h 8, Dinot aperçoit à quatre quarts par tribord un sous-marin en surface, paraissant plus grand que le premier, sur lequel il ouvre le feu à 7.000 puis 6.000 mètres.
Le tir semble bon, le nouvel adversaire ne répond pas davantage que le premier et plonge au douzième coup, trois minutes après le commencement du feu, bien que les dundees armés COMMANDANT DANYCAN et CALYPSO, trop éloignés, n'aient pu prendre part à l'action."
Après deux jours suppplémentaires de pêche, le PAPILLON ramène son convoi à Lorient.

( L'Apogée de la Guerre Sous-Marine par Marcel Rondeleux, commandant de la 2ème escadrille de patrouille de l'Océan, dont faisait partie le PAPILLON.)

Superbes ces petits bâteaux !!!!

Cordialement,
alain
Memgam
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Re: PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

Message par Memgam »

Papillon, patrouilleur, ex-baleinier norvégien (1916-1919)
chantiers Nylands Vaerksted, Oslo, Norvége, mis à flot en 1907.
171 t, 28,19 x 5,50 x 3,55 m.
Baleinier norvégien Powel, acheté le 7/4/1916, par la Marine française, devient Papillon, basé à Saint-Nazaire
Libéré le 5/4/1919, vendu à la grande entreprise de France, (Le Havre)
1922, vendu à la société d'entreprise du Maroc occidental
1925, vendu aux travaux publics du Maroc.

Source : LV Jean-Michel Roche, Dictionnaire des bâtiments de la flotte de guerre française de Colbert à nos jours, tome II, 1870-2006, Rezotel, 2005.

A noter que le PM Rideller accomplira une action contre un sous-marin (U 86), à bord, cette fois du Baron Léopold Davilliers (voir ce nom dans le forum), ex remorqueur de la Société Centrale des Naufragés, racontée par Marcel Rondeleux, dans ce même livre, L'apogée de la guerre sous-marine, 1917-1918). Rondeleux ne pourra décorer Rideller pour ces faits, que dix huit ans plus tard (page 176).
Memgam
kgvm
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Re: PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

Message par kgvm »

"Papillon" was completed 25.04.10 as Danish whalecatcher "Snorri", yard number 206, 120 GRT. Later Norwegian "Powell".
Accordingly listed in Lloyd's Register 1920/21 as French "Papillon" ex "Powell" ex "Snorri".
In LR until 1936:
http://www.plimsollshipdata.org/pdffile ... 6a0453.pdf
last registered owner (LR 1935):
Direction Générale des Travaux Publics de Maroc, Kenitra:
http://www.plimsollshipdata.org/pdffile ... 5a0451.pdf
alain13
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Re: PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

Message par alain13 »

Bonsoir à tous,

Le PAPILLON récidive.....

Dans la nuit du 30 au 31 octobre 1917, le Papillon resté plusieurs milles en arrière auprès des retardataires d'un convoi, n'a rien vu ni entendu lorsque le vapeur anglais Estrellano est torpillé à 4h 25 par un sous-marin.
A 4h 45, les hommes de quart et le patron DINOT aperçoivent à 500 mètres sur tribord " l'agresseur de l'Estrellano en demi-plongée, en position d'attaque contre le grand vapeur espagnol Corbetas" en queue de convoi." Sans hésiter, DINOT fait ouvrir le feu, et moins de 15 secondes après son apparition, le premier coup de canon oblige l'ennemi à plonger, abandonnant une proie qu'il croyait assurée."
Il s'agissait de l'UC 71 de l'oberleutnant Ernst Steindorff.

Cordialement,
alain
Rutilius
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PAPILLON — Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Message par Rutilius »

Bonsoir à tous,
alain13 a écrit : dim. nov. 07, 2010 3:22 pm
« Le tir semble bon, le nouvel adversaire ne répond pas davantage que le premier et plonge au dou-zième coup, trois minutes après le commencement du feu, bien que les dundées armés Commandant- Danycan et Calypso, trop éloignés, n’aient pu prendre part à l’action. »
Sur le dundée Commandant-Danycan, garde-pêche armé, V. ici —> viewtopic.php?p=363991#p363991

Sur le dundée Calypso, garde-pêche armé, V. ici —> viewtopic.php?p=523716#p523716
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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PAPILLON — Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Message par Rutilius »

Bonsoir à tous,


Journal officiel du 1er septembre 1917, p. 6.925.

J.O. 1-IX-1917 - .JPG
J.O. 1-IX-1917 - .JPG (46.7 Kio) Consulté 300 fois

Le Temps, n° 20.511, Dimanche 2 septembre 1917,
p. 2, en rubrique « Affaires militaires ~ Marine ».


Image
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
freddoc
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Re: PAPILLON - Patrouilleur, ex-baleinier norvégien.

Message par freddoc »

Existe t-il quelque part une photo ou une illustration du Papillon ?
Mon père a une maquette réalisée par un capitaine au long cours dans les années 30. Il semblerait que ce soit une réplique d'une ancienne baleinière nommée Papillon!
Rutilius
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PAPILLON — Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,

Papillon ― Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Le patrouilleur Papillon — ex-baleinier norvégien Powell — fut administrativement considéré comme bâ-timent armé en guerre du 15 mai 1916 au ... 1919.

[Circulaire du 25 avril 1922 établissant la Liste des bâtiments et formations ayant acquis, du 3 août 1914 au 24 octobre 1919, le bénéfice du double en sus de la durée du service effectif (Loi du 16 avril 1920, art. 10, 12, 13.), §. A. Bâtiments de guerre et de commerce. : Bull. off. Marine 1922, n° 14, p. 720 et 758.]

Par décision du Ministre de la Marine en date du 29 août 1917 (J.O. 1er sept. 1917, p. 6.925), fut décerné à son équipage un témoignage officiel de satisfaction « pour avoir mis en fuite, à deux re-prises, dans la matinée du 4 août 1917, par son attitude énergique et la précision de son tir, un sous-marin ennemi et assuré la protection d’une flottille de pêche à plus de 20 milles au large des côtes. »

Du 1er septembre 1917 au 1er septembre 1918, il appartint à la 4e Escadrille de patrouille de la Divi-sion des patrouilles de Bretagne, puis ensuite à l’Escadrille de patrouille de la Loire, étant basé à Saint- Nazaire.

[• Lieutenant de vaisseau Georges Olivier Léon AUBIN : « Historique des patrouilles de Bretagne et de la Loire du 1er septembre 1917 à la fin de la guerre », École de guerre navale, Session 1923∽1924, 74 p. + V annexes ― Spécialement : p. 42 ; p. 45 et Annexe IV.]

Avec 17 autres patrouilleurs de type « baleinier » (Ambitieux, Biche, Bouledogue, Bouvreuil, Capri-corne, Chimère, Congre, Couleuvre, Criquet-I, Cygne-I, Dauphin-III, Dragon, Indiscret, Jaguar, Léo-pard, Pélican, Perruche-I, Raie, Rouget, Sauterelle, Soie, Taureau et Tigre), il fut mis en vente le 5 avril 1919 par le Sous-secrétariat à la liquidation des stocks dans les locaux de la Préfecture maritime de Rochefort selon la procédure d’adjudication publique sur soumissions cachetées (J.O. 25 mars 1919, p. 3.100). Ce bâtiment était alors visible à quai dans le port du Havre.
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Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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PAPILLON — Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,


Le commandant par intérim du patrouilleur Papillon
lors de l’engagement du 8 juin 1917


― RIDELLER Guillaume, né le 10 décembre 1871 à Taulé (Finistère), au lieu-dit « Kerreunan », décédé le 4 mars 1956 à Carantec (– d° –). Premier maître de manœuvre, inscrit le 25 janvier 1890 au quartier de Morlaix, f° 729, n° 1.457 ; classe 1891, n° 1.457 au recrutement de Brest

• Fils de François Marie RIDELLER, né le 1er juillet 1840 à Plouénan (Finistère), décédé le 7 mars 1902 à Henvic (– d° –) (Registre des actes de décès de la commune d’Henvic, Année 1902, f° 2, acte n° 5), cultivateur, et de Marie PÉRON, sans profession, son épouse (Registre des actes de naissance de la commune de Taulé, Année 1871, f° 19, acte n° 70).

• Époux d’Élisa BELLEC, née le 1er mai 1885 à Carantec, couturière, avec laquelle il avait contracté mariage dans cette commune, le 10 février 1913 (Registre des actes de mariage de la commune de Ca-rantec, Année 1913, f° 3, acte n° 4). Alors second maître de manœuvre, étant embarqué sur le cuirassé d’escadre Marceau.

Distinctions honorifiques

□ Cité le 20 juin 1917 à l’ordre de la Division des patrouilles de Bretagne, et décoré de la Médaille militaire le 10 juillet suivant.

□ Cité à l’ordre de l’armée (J.O. 26 janv. 1918, p. 955) dans les termes suivants : « RIDELLER Guil-laume, premier maître de manœuvre, Morlaix 1.457 : commandant par intérim un chalutier. Médaillé militaire, déjà cité le 20 juin 1917 à l’ordre de la division pour son attitude vigoureuse dans un enga-gement du patrouilleur qu’il commandait précédemment contre deux sous-marins ennemis. Vient de montrer une fois encore les plus belles qualités militaires au cours de l’engagement de son bâtiment avec un sous-marin ennemi ; a mené et continué le combat avec vigueur malgré la mise hors de combat par le feu de l’ennemi de l’armement de la pièce avant qui, servie par des volontaires, a réussi à mettre l’adversaire en fuite. »

Citation emportant concession de la Croix de guerre avec palme.

□ Par décret du 12 juillet 1935 (J.O. 8 août 1935, p. 8.562), nommé au grade de chevalier dans l’Ordre de la Légion d’honneur dans les termes suivants : « Rideller (Guillaume), ancien officier marinier. 2 ci-tations. Médaillé militaire ; 35 ans de services ans de services dans la marine de guerre et de com-merce. Chasseur de sous-marins et chargé de la protection des groupes de bateaux de pêche, s’est con-duit héroïquement les 10 juillet et 15 décembre 1917 comme commandant des patrouilleurs Papillon et Baron-Léopold-Davilliers. »

Reçu dans l’Ordre le 1er septembre 1935, à Carantec (Finistère), par le capitaine de vaisseau honoraire Marcel Charles Claude RONDELEUX, officier de la Légion d’honneur. Alors domicilié à Carantec, au lieu-dit « Kerdanet ».

_________________________________________________________________________________________


Recommandé dans les termes suivants au Grand Chancelier de l'Ordre de la Légion d'honneur
par François PIETRI, Ministre de la Marine


(Lettre n° 167 Cab. 0. en date du 3 mars 1935)


« Monsieur le Grand Chancelier,

J’ai l’honneur d’appeler votre bienveillante attention sur la cas du premier-maître de manœuvre en retraite Rideller, Guillaume, inscrit à Morlaix n° 1.457, actuellement retiré à Kerdanet, par Carantec (Finistère).
Cet ancien officier-marinier s’est distingué à deux reprises pendant la guerre comme commandant de l’un des patrouilleurs de la 4e Escadrille de patrouilles de la Loire.
Le 8 juin 1917, il commandait par intérim le Papillon et se trouvait avec un groupe de 17 bateaux de pêche dont il assurait la protection, à environ 20 milles dans l’Ouest de l’île d’Yeu, lorsqu’il aperçut un sous-marin en surface menaçant son convoi.
Grâce à sa vigilance et à une vigoureuse offensive, le premier-maître Rideller réussit à mettre l’en-nemi en fuite et le poursuivit pendant 50 minutes durant lesquelles il tira 39 coups de canon. Tandis qu’il était engagé avec le premier sous-marin, il aperçut un second en position offensive, changea aussitôt d’objectif et obligea le nouvel arrivant à plonger au 3e coup de canon. Sans se laisser émou-voir par le voisinage de ces deux adversaires, le commandant du Papillon resta pendant trois jours sur les lieux de pêche et ne ramena son groupe à Lorient qu’à la date prévue par ses instructions : le 12 juin.
A la suite de ce fait de guerre, le premier-maître Rideller fut cité le 20 juin à l’ordre de la Division des patrouilles de Bretagne, et décoré de la Médaille militaire le 10 juillet 1917.
Le 15 décembre suivant, le premier-maître Rideller commandant par intérim le patrouilleur Baron-Léopold-Davilliers se trouvait à environ 25 milles dans l’Ouest de l’île d’Yeu avec un convoi de 41 pêcheurs de Port-Louis, lorsqu’il fut attaqué par un sous-marin ennemi, situé à environ 4.000 mètres de distance, auquel il riposta aussitôt. Le 4e coup tiré par le sous-marin atteignit le patrouilleur et éclata en dispersant de nombreux fragments dont l’un tua sur le coup l’un des pourvoyeurs de la pièce de 75 du Baron-Léopold-Davilliers, d’autres blessèrent les trois servants de la pièce qu’ils mirent hors de combat et quelques uns se perdirent dans la ceinture de sauvetage du premier-maître Rideller qui fut étourdi sur le coup. Mais reprenant rapidement ses esprits, le commandant du patrouilleur, admira-blement secondé par le reste de l’équipage, fit aussitôt reprendre le feu, tandis qu’il déréglait le tir de son adversaire par des embardées successives et obligea celui-ci à plonger une vingtaine de minutes après le début de l’engagement, au cours duquel 11 coups avaient été tirés par le patrouilleur et 7 par le sous-marin. Avec le même sang-froid qu’au mois de Juin précédent, Rideller resta sur les lieux pendant vingt-quatre heures jusqu’à ce que le Bouvreuil vint le relever et prendre la protection du convoi.
A la suite de ce dernier fait de guerre, le premier-maître Rideller fut cité à l’ordre de l’armée (J.O. du 26 janvier 1918, page 955) et fût l’objet, le 5 janvier, d’une proposition extraordinaire pour le grade de chevalier de la Légion d’honneur. Cette proposition fût renouvelée le 1er mars et le 1er septembre 1918.
Outre les deux faits de guerre ci-dessus relatés, dont le récit est emprunté aux archives du Service Historique de la Marine, il convient d’ajouter que le premier-maître Rideller, étant second du pa-trouilleur-dragueur Albatros, a pris part à toutes les opérations de dragage de mines effectuées par ce petit navire (relevage ou destruction d’une quarantaine de ces engins) et qui ont valu au dragueur une citation à l’ordre de l’armée.
Rideller a pris sa retraite le 16 avril 1919 sans avoir été décoré.
Mal renseigné, il ne songea à faire renouveler ses propositions pour la Légion d’honneur qu’en 1935 : bien que possédant les plus beaux titres, il ne sut donc pas profiter des mesures prises après guerre pour récompenser les plus méritants (Commission Fayolle).
A l’heure actuelle, il est rayé des réserves de l’armée de mer et je ne puis, à mon grand regret, le décorer au titre de la Marine.
Je me permets donc de vous soumettre ce cas exceptionnellement intéressant et de solliciter de votre bienveillance réparation de l’oubli dont ce serviteur hors ligne, au dévouement absolu, a été la vic-time.


Signé : François PIETRI, Ministre de la Marine. »

_________________________________________________________________________________________


Lettre adressée le 22 mars 1935 par Guillaume Rideller au Grand Chancelier
de l'Ordre de la Légion d’honneur

« Carantec (Finistère), le 22 mars 1935.

Le 1er maître de manœuvre en retraite Rideller Guillaume, inscrit à Morlaix sous le n° 1.457,
à Monsieur le Grand Chancelier de la Légion d’honneur

Monsieur le Grand Chancelier,

J’ai l’honneur d’appeler votre bienveillante attention sur mon cas particulier.
J’ai été décoré de la Médaille militaire le 10 juillet 1917 à la suite de l’engagement du patrouilleur Papillon, que je commandais par intérim, avec deux sous-marins ennemis, survenu le 8 juin au large de l’île d’Yeu.
Le 26 janvier 1918, j’ai été cité à l’ordre de l’armée à la suite d’un nouvel engagement survenu dans les mêmes parages, le 15 décembre 1917, entre le patrouilleur Baron-Léopold-Davilliers, que je com-mandais également par intérim, et un sous-marin ennemi. Au cours de ce combat, j’eus un homme tué, trois blessés, et je fus moi-même atteint par des éclats d’obus qui se perdirent dans ma ceinture de sauvetage. Étourdi sur le coup, il m’en est résulté une surdité partielle de l’oreille droite, d’où je n’entends presque plus.
En même temps qu’il me proposait pour cette citation, Monsieur le capitaine de frégate Rondeleux, commandant la 2e Escadrille de patrouilles de la Loire, me proposait pour le grade de chevalier de la Légion d’honneur, ce qui me valut une proposition extraordinaire en date du 5 janvier 1918, qui fut renouvelée les 1er mars et 1er septembre suivants.
Ayant été obligé de prendre ma retraite pour raisons de santé aussitôt après la guerre, je n’ai pas eu connaissance de la commission Fayolle chargée d’examiner les titres de ceux qui avaient été oubliés de la distribution des récompenses honorifiques, et ce n’est qu’en 1923 que j’ai pensé à faire renouveler mes propositions.
Mais, ayant été depuis rayé de la réserve de l’armée de mer, il n’a pu y être donné suite par le Ministère de la Marine.
A la suite d’un article de la
"Dépêche de Brest", dans lequel mon ancien commandant relatait ces deux engagements, un de mes concitoyens m’a mis en relation avec le commandant Rondeleux, qui a adres-sé à Monsieur le Ministre de la Marine, le 15 janvier dernier, une lettre demandant de me faire décer-ner la croix de la Légion d’honneur. Les faits allégués dans cette lettre ayant été reconnus exacts, Monsieur le Ministre de la Marine vous a écrit le 3 mars courant pour solliciter en ma faveur la répa-ration de l’oubli dont j’ai été victime.
C’est pour permettre de constituer un dossier de proposition que je prends la liberté de vous adresser la présente demande, en vue d’obtenir une distinction à laquelle j’attache d’autant plus de prix qu’elle commémorerait, aux yeux de mes enfants, le souvenir des faits de guerre auxquels j’ai pris part.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Grand Chancelier, l’hommage de mes sentiments les plus respec-tueux.


Signé : Rideller ».

[Source : Base Léonore, Dossier 19800035/1306/50942]
Bien amicalement à vous,
Daniel.
Rutilius
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PAPILLON — Patrouilleur, ex-baleinier norvégien Powell (1916~1919).

Message par Rutilius »

Bonjour à tous,

La Dépêche de Brest, n° 18.879, Mardi 4 septembre 1935, p. 5.


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Bien amicalement à vous,
Daniel.
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